{"id":151174,"date":"2011-04-01T12:00:00","date_gmt":"2011-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/04\/peter-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:53:47","modified_gmt":"2023-08-23T22:53:47","slug":"peter-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/04\/peter-2\/","title":{"rendered":"Les effets \u00e9conomiques de la hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>En Suisse, les d\u00e9penses de sant\u00e9 ont continuellement augment\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Est-ce pour le meilleur ou pour le pire? Du point de vue \u00e9conomique, les cons\u00e9quences d\u2019une telle \u00e9volution tendent \u00e0 \u00eatre positives, puisque tant le produit int\u00e9rieur brut que l\u2019emploi progressent \u00e0 court et \u00e0 moyen terme lorsque les d\u00e9penses de sant\u00e9 augmentent. \u00c0 long terme \u00e9galement, cette hausse a des effets b\u00e9n\u00e9fiques sur la croissance et le bien-\u00eatre. Des r\u00e9ductions de primes permettent de compenser sensiblement les \u00e9carts de charge financi\u00e8re entre les m\u00e9nages. Pour autant, ces effets positifs ne justifient nullement un accroissement incontr\u00f4l\u00e9 des d\u00e9penses de sant\u00e9. Il importe d\u2019utiliser les fonds de mani\u00e8re cibl\u00e9e et efficace et de tenir compte des co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 qui se pr\u00e9sentent en cas de r\u00e9duction ou de suppression d\u2019autres d\u00e9penses.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201104_15_Peter_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"244\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe secteur de la sant\u00e9 est l\u2019une des branches les plus importantes de l\u2019\u00e9conomie helv\u00e9tique. En 2008, les d\u00e9penses de sant\u00e9 ont atteint quelque 58 milliards de francs&#13;<br \/>\nVoir <a href=\"http:\/\/www.bfs.admin.ch\">http:\/\/www.bfs.admin.ch<\/a>, rubriques \u00abTh\u00e8mes\u00bb, \u00abCo\u00fbt, financement\u00bb, \u00abDonn\u00e9es, indicateurs\u00bb, \u00abVue d\u2019ensemble\u00bb., ce qui correspond \u00e0 pr\u00e8s de 11% du produit int\u00e9rieur brut (PIB), lequel est \u00e9gal \u00e0 520 milliards de francs. Ces d\u00e9penses progressent sans discontinuer&#13;<br \/>\nLa quote-part du PIB est rest\u00e9e stable, ou a l\u00e9g\u00e8rement recul\u00e9, au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es (2004\u20132008).: elles ont, ainsi, cr\u00fb de plus de 40% entre 1999 et 2008. Pas \u00e9tonnant, d\u00e8s lors, qu\u2019elles fassent r\u00e9guli\u00e8rement la une des m\u00e9dias et reviennent sans cesse dans le d\u00e9bat politique et public.Des d\u00e9penses de sant\u00e9 de 58 milliards de francs sont-elles positives ou n\u00e9gatives? \u00c0 quoi servent-elles? Notre \u00e9conomie se porte-t-elle mieux quand elles augmentent? Qui sont les gagnants et les perdants? C\u2019est \u00e0 ces questions que notre enqu\u00eate s\u2019est attach\u00e9e \u00e0 r\u00e9pondre. La hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e sous divers angles; son effet \u00e9conomique structurel \u00e0 court et moyen termes a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9 au m\u00eame titre que son dynamisme \u00e0 long terme avec son impact sur la croissance, le bien-\u00eatre et la charge financi\u00e8re des m\u00e9nages.&#13;<\/p>\n<h2>Hausse \u00e0 court et \u00e0 moyen termes du produit int\u00e9rieur brut et de l\u2019emploi<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nNous nous sommes d\u2019abord pench\u00e9s sur les effets de la hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 sur l\u2019\u00e9conomie. \u00c0 l\u2019aide d\u2019un mod\u00e8le intrants-r\u00e9sultats, qui reproduit la situation \u00e9conomique de la Suisse et les interd\u00e9pendances entre les prestations interm\u00e9diaires dans les diff\u00e9rents secteurs, nous avons simul\u00e9 une hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 de 5 milliards de francs induite par la demande et non par les prix. Le budget des m\u00e9nages \u00e9tant limit\u00e9, nous avons par ailleurs r\u00e9duit lin\u00e9airement de 5 milliards de francs les d\u00e9penses affect\u00e9es \u00e0 tous les autres biens et services. Le mod\u00e8le fonctionne comme une comparaison statique, c\u2019est-\u00e0-dire que les r\u00e9sultats correspondent \u00e0 une photographie de deux \u00e9tats diff\u00e9rents, sans prise en compte des effets dynamiques (voir ci-dessous). Le mod\u00e8le et les r\u00e9sultats ne tiennent pas compte d\u2019\u00e9ventuels changements structurels \u00e0 venir au sein du syst\u00e8me de sant\u00e9, par exemple entre soins aigus et traitements de longue dur\u00e9e.Les d\u00e9penses de sant\u00e9 sont vers\u00e9es \u00e0 toute une s\u00e9rie d\u2019institutions, comme les h\u00f4pitaux, EMS, cabinets m\u00e9dicaux, pharmacies et soci\u00e9t\u00e9s pharmaceutiques. Si elles augmentent en raison d\u2019une demande accrue en prestations de sant\u00e9, ce qu\u2019il faut avant tout, c\u2019est plus de m\u00e9decins, de personnel soignant et de personnel de cabinets m\u00e9dicaux.Les prestations de sant\u00e9 sont plus inten-sives en termes de valeur ajout\u00e9e et de main-d\u2019\u0153uvre que la moyenne des branches suisses. Il est donc logique que la hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 entra\u00eene une augmentation de l\u2019emploi lorsque, simultan\u00e9ment, la demande diminue pour tous les autres biens. \u00c9tant donn\u00e9 que le secteur de la sant\u00e9 pr\u00e9sente un coefficient d\u2019emploi et de valeur ajout\u00e9e sup\u00e9rieur et qu\u2019il importe moins de prestations interm\u00e9diaires de l\u2019\u00e9tranger que la moyenne des autres branches suisses, il fait aussi progresser le PIB. Lorsque les d\u00e9penses de sant\u00e9 augmentent de 5 milliards de francs, tandis que toutes les autres d\u00e9penses diminuent d\u2019autant, les mod\u00e8les de calculs font appara\u00eetre une hausse du PIB de 0,30% ou de plus de 1 milliard de francs; en termes de main-d\u2019\u0153uvre, la progression est de 0,53% ou de 17&nbsp;000 emplois \u00e0 plein temps environ. Cette hausse profite principalement aux entreprises du secteur de la sant\u00e9 ainsi qu\u2019aux secteurs connexes de prestations interm\u00e9diaires, par exemple l\u2019industrie de pr\u00e9cision et les assurances. D\u2019autres secteurs enregistrent, par contre, un recul, qui reste toutefois limit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 les d\u00e9penses consacr\u00e9es aux autres biens et services sont r\u00e9duites lin\u00e9airement et que les effets correspondants se r\u00e9partissent largement sur les diff\u00e9rentes branches (voir <i>graphique 1<\/i>). Au sein du secteur de la sant\u00e9, la situation est comparable: les sous-secteurs tels que les h\u00f4pitaux, les soins \u00e0 domicile (Spitex) et les cabinets m\u00e9dicaux, qui produisent presque exclusivement pour la demande finale nationale, r\u00e9agissent par une nette progression de la valeur ajout\u00e9e et de l\u2019emploi. En revanche, dans le sous-secteur de l\u2019industrie pharmaceutique, qui est fortement ax\u00e9 sur l\u2019exportation et qui, de ce fait m\u00eame, ne profite gu\u00e8re du renforcement de la demande finale nationale, laugmentation de la valeur ajout\u00e9e et de l\u2019emploi est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne.&#13;<\/p>\n<h2>Des effets qui tendent \u00e0 \u00eatre positifs \u00e0 long terme sur la sant\u00e9, la croissance et le bien-\u00eatre<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nNous avons \u00e9tudi\u00e9 les effets que pr\u00e9sente le dynamisme des d\u00e9penses de sant\u00e9 \u00e0 long terme, d\u2019une part, sur la croissance \u00e9cono-mique \u2013 mesur\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution du PIB \u2013 et, d\u2019autre part, sur le bien-\u00eatre, notion qui recouvre aussi des aspect immat\u00e9riels tels que la qualit\u00e9 et l\u2019esp\u00e9rance de vie. Pour bien saisir les effets des d\u00e9penses sociales en termes de croissance et de bien-\u00eatre, il faut porter un regard diff\u00e9renci\u00e9 sur les liens de cause \u00e0 effet: la relation entre les d\u00e9penses de sant\u00e9 et la sant\u00e9 de la population doit d\u2019abord \u00eatre examin\u00e9e avant de se poser la question de l\u2019impact qu\u2019a la sant\u00e9 sur la croissance \u00e9conomique et le bien-\u00eatre. En tant que bien de consommation, la sant\u00e9 permet aux individus d\u2019accro\u00eetre leur bien-\u00eatre et leur donne la libert\u00e9 de r\u00e9aliser leurs d\u00e9sirs. En tant que capital, elle leur permet d\u2019obtenir un revenu sur le march\u00e9 du travail. Les effets \u00e0 long terme des variations de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 sur la productivit\u00e9 du travail et, par voie de cons\u00e9quence, sur la croissance \u00e9conomique, jouent \u00e0 cet \u00e9gard un r\u00f4le consid\u00e9rable.D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, nous avons cherch\u00e9 \u00e0 savoir comment les divers m\u00e9canismes de cause \u00e0 effet li\u00e9s \u00e0 une hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 influent conjointement sur la croissance et le bien-\u00eatre. \u00c0 cet effet, nous avons proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une analyse syst\u00e9matique des r\u00e9sultats empiriques obtenus dans le cadre d\u2019\u00e9tudes suisses ou \u00e9trang\u00e8res existantes. Les auteurs de ces \u00e9tudes ont examin\u00e9 divers liens de causalit\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de m\u00e9thodes (statistiques) diff\u00e9rentes&#13;<br \/>\nSuhrcke et al. (2005) fournit une bonne vue d\u2019ensemble des divers liens de causalit\u00e9. et obtenu des r\u00e9ponses plus ou moins univoques suivant les liens analys\u00e9s (voir <i>graphique 2<\/i>). <i>Une augmentation des d\u00e9penses de sant\u00e9 a des effets qui tendent \u00e0 \u00eatre positifs sur la sant\u00e9<\/i> (1), avec toutefois un b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire d\u00e9croissant. Ce r\u00e9sultat est significatif pour la Suisse, o\u00f9 le niveau des d\u00e9penses est d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9. Selon de r\u00e9centes \u00e9tudes empiriques, il semble, cependant, que le potentiel en mati\u00e8re de d\u00e9penses de sant\u00e9 ne soit pas encore \u00e9puis\u00e9 dans notre pays. Aussi est-il important de bien cibler les d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires. D\u2019autres \u00e9tudes montrent aussi que l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de la population n\u2019est pas uniquement influenc\u00e9 par les d\u00e9penses de sant\u00e9 mais aussi, et dans une mesure non n\u00e9gligeable, par des facteurs tels que le revenu ou la formation. Lorsqu\u2019il s\u2019agit de trancher entre des d\u00e9penses de sant\u00e9 suppl\u00e9mentaires et d\u2019autres d\u00e9penses, il convient donc de mettre en balance l\u2019efficience des diverses options en termes de co\u00fbts. Notre analyse r\u00e9v\u00e8le aussi que la hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 peut avoir des effets tout \u00e0 fait positifs sur la croissance \u00e9conomique. Suivant la m\u00e9thodologie appliqu\u00e9e, toutefois, les liens de causalit\u00e9 sont plus ou moins \u00e9vidents. Par exemple, alors que l\u2019\u00e9tude du rapport entre sant\u00e9 et productivit\u00e9 du travail individuelle d\u00e9bouche sur un r\u00e9sultat nettement positif, <i>les \u00e9tudes consacr\u00e9es aux effets directs de la sant\u00e9 de la population sur la croissance \u00e9conomique ne rel\u00e8vent en revanche qu\u2019un impact faible, voire nul<\/i> (2). Il est possible que l\u2019effet mesur\u00e9 soit att\u00e9nu\u00e9 par le vieillissement d\u00e9mographique dans la mesure o\u00f9, d\u2019une part, les personnes retrait\u00e9es d\u2019un certain \u00e2ge ne contribuent plus directement \u00e0 l\u2019augmentation du PIB et o\u00f9, d\u2019autre part, la charge financi\u00e8re de la population active augmente du fait des co\u00fbts salariaux annexes. Les r\u00e9sultats donnent, toutefois, \u00e0 penser que l\u2019impact de la sant\u00e9 sur la croissance \u00e9conomique serait plus fort si l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 \u00e9tait mesur\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019indicateurs plus pointus, ceux de la morbidit\u00e9, par exemple. Ce point requiert des recherches compl\u00e9mentaires.D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, <i>une hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 tend \u00e0 avoir des effets positifs sur la croissance \u00e9conomique<\/i> (3). Le r\u00f4le des co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 li\u00e9s \u00e0 une hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 ainsi que leurs cons\u00e9quences sur la croissance \u00e9conomique m\u00e9ritent un examen plus approfondi.<i>L\u2019impact de la sant\u00e9 sur le bien-\u00eatre est \u00e0 l\u2019\u00e9vidence positif<\/i> (4): les individus en bonne sant\u00e9 en retirent un b\u00e9n\u00e9fice non seulement financier, sous la forme d\u2019un revenu sup\u00e9rieur en raison de leur productivit\u00e9, mais aussi non mon\u00e9taire, sous la forme d\u2019une meilleure qualit\u00e9 de vie. On constate dans la population suisse une forte propension \u00e0 d\u00e9penser pour am\u00e9liorer son \u00e9tat de sant\u00e9 et b\u00e9n\u00e9ficier, par exemple, d\u2019une meilleure esp\u00e9rance de vie. L\u00e9tude permet aussi de conclure que les effets plut\u00f4t positifs des d\u00e9penses de sant\u00e9 sur la croissance \u00e9conomique s\u2019observent \u00e9galement sous la forme d\u2019une am\u00e9lioration du bien-\u00eatre. On est donc port\u00e9 \u00e0 conclure <i>qu\u2019une hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 a globalement des effets positifs sur le bien-\u00eatre<\/i> (5). L\u00e0 aussi, cependant, il n\u2019existe pratiquement aucun indice empirique qui permette de se prononcer de mani\u00e8re claire et d\u00e9finitive sur le r\u00f4le des co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 dans les d\u00e9penses de sant\u00e9 croissantes.&#13;<\/p>\n<h2>Des r\u00e9ductions de primes compensent partiellement les \u00e9carts de charge entre les m\u00e9nages<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 est souvent mise en relation avec la charge financi\u00e8re croissante des m\u00e9nages. Elle se traduit par une augmentation des primes d\u2019assurance maladie pour les assur\u00e9s, mais aussi par des d\u00e9penses accrues pour les pouvoirs publics, ces derni\u00e8res \u00e9tant couvertes par l\u2019imp\u00f4t et, au bout du compte, r\u00e9percut\u00e9es sur les m\u00e9nages. Il s\u2019agit donc de d\u00e9terminer les cat\u00e9gories de m\u00e9nages pour lesquelles le poids des d\u00e9penses de sant\u00e9 est le plus lourd.Nous avons examin\u00e9 \u00e0 cette fin des donn\u00e9es issues de <i>l\u2019enqu\u00eate sur le budget des m\u00e9nages (EBM)<\/i>&#13;<br \/>\nLes donn\u00e9es EBM sont recens\u00e9es chaque ann\u00e9e par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS).. Ces donn\u00e9es pr\u00e9sentent n\u00e9anmoins des lacunes, elles sont notamment peu fiables pour ce qui concerne les r\u00e9ductions de primes. Il convient donc, pour l\u2019instant, d\u2019interpr\u00e9ter avec prudence les r\u00e9sultats obtenus sur cette base. Si l\u2019on classe les m\u00e9nages en fonction du revenu, c\u2019est dans les cat\u00e9gories inf\u00e9rieures que la charge financi\u00e8re apr\u00e8s r\u00e9duction des primes p\u00e8se le plus (17 \u00e0 22% du revenu disponible). Dans les cat\u00e9gories de revenu \u00e9lev\u00e9es, la charge relative apr\u00e8s r\u00e9duction des primes se situe encore entre 11 et 14%. Les \u00e9carts seraient nettement plus importants sans les r\u00e9ductions de primes. Si l\u2019on examine la charge financi\u00e8re selon le type de m\u00e9nage \u2013 p. ex.: personnes seules, couples ou familles \u2013, le r\u00e9sultat apr\u00e8s r\u00e9duction des primes est \u00e9quilibr\u00e9 et se situe entre 12 et 13%. En moyenne, les d\u00e9penses de sant\u00e9 repr\u00e9sentent 14% du budget des m\u00e9nages, ce qui correspond \u00e0 une part non n\u00e9gligeable du revenu disponible.&#13;<\/p>\n<h2>Pas de feu vert \u00e0 une hausse incontr\u00f4l\u00e9e des d\u00e9penses de sant\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 n\u2019est pas une mauvaise chose en soi. Au contraire, elle d\u00e9ploie des effets positifs sur la sant\u00e9, l\u2019esp\u00e9rance de vie, la qualit\u00e9 de vie et la croissance \u00e9conomique. \u00c0 court et \u00e0 moyen termes, ses effets sont clairement positifs en termes de PIB et d\u2019emploi&#13;<br \/>\nEn cas de recul simultan\u00e9 et de m\u00eame ampleur de la demande d\u2019autres biens et dans la structure \u00e9conomique actuelle de la Suisse.. \u00c0 plus long terme aussi, on observe sur la base de divers m\u00e9canismes de cause \u00e0 effet (d\u00e9penses de sant\u00e9 \u2192 sant\u00e9 \u2192 croissance\/bien-\u00eatre) que les effets tendent \u00e0 \u00eatre positifs. Une analyse diff\u00e9renci\u00e9e des connaissances actuellement disponibles fait appara\u00eetre des r\u00e9sultats plus ou moins \u00e9tay\u00e9s, suivant le lien de cause \u00e0 effet examin\u00e9. Si la relation entre un meilleur \u00e9tat de sant\u00e9 et le bien-\u00eatre est de toute \u00e9vidence positive, les autres liens (p. ex. entre d\u00e9penses de sant\u00e9 et croissance) ne peuvent pas \u00eatre \u00e9tablis de mani\u00e8re scientifiquement concluante. Un examen rapproch\u00e9 montre que des d\u00e9penses de sant\u00e9 croissantes p\u00e8sent plus ou moins lourdement sur le budget des m\u00e9nages. Les r\u00e9ductions de primes permettent d\u2019att\u00e9nuer cette charge financi\u00e8re pour les revenus les plus modestes et les familles.Comment faut-il d\u00e8s lors interpr\u00e9ter ces r\u00e9sultats? Devons-nous investir aveugl\u00e9ment dans notre syst\u00e8me de sant\u00e9? La r\u00e9ponse est non, bien entendu. Car une hausse du PIB et de l\u2019emploi ne saurait justifier une augmentation constante et illimit\u00e9e des d\u00e9penses de sant\u00e9. Notre syst\u00e8me pr\u00e9sente d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 un niveau de qualit\u00e9 \u00e9lev\u00e9 et l\u2019offre de soins m\u00e9dicaux est chez nous excellente. La population suisse jouit d\u2019une tr\u00e8s longue esp\u00e9rance de vie et d\u2019un \u00e9tat de sant\u00e9 meilleur que la moyenne. S\u2019il n\u2019est gu\u00e8re possible de d\u00e9terminer empiriquement le niveau de d\u00e9penses de sant\u00e9 optimal en termes de bien-\u00eatre, il ressort clairement de la litt\u00e9rature sp\u00e9cifique que le b\u00e9n\u00e9fice marginal diminue \u00e0 mesure que les d\u00e9penses de sant\u00e9 augmentent. Cependant, m\u00eame dans un pays comme la Suisse qui dispose d\u00e9j\u00e0 d\u2019un niveau de prestations sanitaires \u00e9lev\u00e9, une mise en \u0153uvre cibl\u00e9e et efficace des ressources peut apporter un b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire appr\u00e9ciable.Dans ce contexte, il convient aussi de souligner que la Suisse affiche des d\u00e9penses de sant\u00e9 \u00e9lev\u00e9es par rapport \u00e0 d\u2019autres pays. Il est donc int\u00e9ressant de s\u2019interroger sur l\u2019efficience du syst\u00e8me de sant\u00e9 et le r\u00f4le des facteurs de hausse des co\u00fbts, tels les incitations inopportunes ou les prix administr\u00e9s. Il faut savoir par ailleurs qu\u2019une hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 va toujours de pair avec des co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 \u00e9conomiques. En effet, les ressources consacr\u00e9es \u00e0 la sant\u00e9 ne vont pas aux autres secteurs, d\u2019o\u00f9 l\u2019importance d\u2019utiliser les moyens \u00e0 disposition aussi efficacement que possible. L\u2019efficience des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires en purs termes de co\u00fbts (que ce soit pour des mesures de pr\u00e9vention ou de m\u00e9decine curative) ainsi que les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 (p. ex. parce qu\u2019on renonce \u00e0 des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires pour la formation) m\u00e9ritent donc un examen attentif. Afin de pouvoir garantir une utilisation efficace des ressources dans le secteur de la sant\u00e9, qui tienne compte aussi du facteur de la r\u00e9partition, il nous para\u00eet finalement indispensable d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des bases de donn\u00e9es disponibles (relatives \u00e0 l\u2019efficience en termes de co\u00fbts et \u00e0 la charge financi\u00e8re des m\u00e9- nages, par exemple).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abImpact de la hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9 sur la valeur ajout\u00e9e et l\u2019emploi\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abLiens de cause \u00e0 effet dans une perspective \u00e0 long terme\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 Infras, Les effets \u00e9conomiques de la hausse des d\u00e9penses de sant\u00e9, 2009. R\u00e9dig\u00e9 par Iten R., A. Vettori, J. Trageser, C. Marti et M. Peter sur mandat de l\u2019Association des entreprises pharmaceutiques en Suisse (Vips). Zurich.\u2212 Kirchg\u00e4ssner G. et Gerritzen B., Leistungsf\u00e4higkeit und Effizienz von Gesundheitssystemen: Die Schweiz im internationalen Vergleich, 2011. Expertise r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 l\u2019attention du Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie SECO.\u2212 Suhrcke M., McKee M., Sauto Arce R., Tsolova S. et Mortensen J:, The Contribution of Health to the Economy in the European Union, Luxembourg, 2005, Office des publications de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Suisse, les d\u00e9penses de sant\u00e9 ont continuellement augment\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Est-ce pour le meilleur ou pour le pire? Du point de vue \u00e9conomique, les cons\u00e9quences d\u2019une telle \u00e9volution tendent \u00e0 \u00eatre positives, puisque tant le produit int\u00e9rieur brut que l\u2019emploi progressent \u00e0 court et \u00e0 moyen terme lorsque les d\u00e9penses de sant\u00e9 augmentent. 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