{"id":151179,"date":"2011-04-01T12:00:00","date_gmt":"2011-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/04\/sacchi-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:54:09","modified_gmt":"2023-08-23T22:54:09","slug":"sacchi-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/04\/sacchi-2\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9volution du march\u00e9 du travail pour les jeunes entrant dans la vie active"},"content":{"rendered":"<p>Une des tendances majeures du march\u00e9 actuel du travail est la hausse d\u00e9j\u00e0 ancienne et constante des qualifications exig\u00e9es des collaborateurs. Les dipl\u00f4m\u00e9s en qu\u00eate d\u2019un premier emploi jouissent certes de bonnes conditions de d\u00e9part, mais se voient de plus en plus confront\u00e9s \u00e0 des exigences suppl\u00e9mentaires en mati\u00e8re d\u2019exp\u00e9rience professionnelle ou de formation continue qu\u2019ils ne peuvent pas remplir. Le nombre de postes \u00e0 leur port\u00e9e diminue donc, tandis que leur risque de tomber au ch\u00f4mage augmente beaucoup plus vite, \u00e0 long terme, que pour les sp\u00e9cialistes plus \u00e2g\u00e9s et d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9s.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201104_09_Sacchi_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPour beaucoup de jeunes arriv\u00e9s au terme de leur formation professionnelle, l\u2019entr\u00e9e dans le monde du travail est une \u00e9tape difficile. \u00c9tant donn\u00e9 l\u2019immense importance de la formation professionnelle en Suisse, le march\u00e9 du travail ouvert aux d\u00e9butants joue un r\u00f4le d\u00e9cisif dans la vie professionnelle, tout comme le march\u00e9 des apprentissages pour ce qui est de l\u2019int\u00e9gration des g\u00e9n\u00e9rations montantes. Les difficult\u00e9s qui se pr\u00e9sentent lors du passage de la formation au march\u00e9 du travail sont sans doute la raison principale pour laquelle les jeunes en Suisse \u2013 comme dans d\u2019autres pays \u2013 sont nettement plus frapp\u00e9s par le ch\u00f4mage que la moyenne&#13;<br \/>\nWeber, 2007.. Sur ce point, la Suisse ne constitue pas une exception, m\u00eame si le taux de ch\u00f4mage y est g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s faible. Il est bien av\u00e9r\u00e9, en outre, que dans la classe d\u2019\u00e2ge des d\u00e9butants, le ch\u00f4mage r\u00e9agit aux variations conjoncturelles de fa\u00e7on tr\u00e8s sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne par rapport \u00e0 l\u2019ensemble de la population active. Au d\u00e9but d\u2019une phase r\u00e9cessive, les chiffres du ch\u00f4mage augmentent tr\u00e8s rapidement, pour se rapprocher ensuite de la moyenne&#13;<br \/>\nDuttweiler et Weber, 2010.. On sait peu de chose, en revanche, de l\u2019\u00e9volution \u00e0 long terme (sur plus d\u2019un cycle conjoncturel) des chances des jeunes d\u2019acc\u00e9der au march\u00e9 du travail. Il est possible qu\u2019ils se heurtent \u00e0 des obstacles de plus en plus \u00e9lev\u00e9s \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la vie active en raison des mutations structurelles de l\u2019\u00e9conomie, mais ce n\u2019est gu\u00e8re prouv\u00e9 empiriquement&#13;<br \/>\nCS Economic Research, 2006..La fa\u00e7on dont les offres d\u2019emploi ont \u00e9volu\u00e9 \u00e0 long terme pour les titulaires d\u2019un dipl\u00f4me professionnel fera l\u2019objet d\u2019une premi\u00e8re \u00e9tude. On analysera, ensuite, dans quelle mesure cette \u00e9volution a contribu\u00e9 \u00e0 creuser le foss\u00e9 croissant entre le ch\u00f4mage des jeunes et le ch\u00f4mage global&#13;<br \/>\nCet article se fonde sur la version compl\u00e8te du Barom\u00e8tre 2010 des jeunes arrivant sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s une formation professionnelle initiale (Sacchi &amp; Salvisberg, 2011, voir encadr\u00e9 2). Les auteurs en assument lenti\u00e8re responsabilit\u00e9..&#13;<\/p>\n<h2>Une contraction des offres d\u2019emploi pour d\u00e9butants<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe <i>Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi<\/i> (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Le Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<i>Le Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi de l\u2019Institut sociologique de l\u2019Universit\u00e9 de Zurich a pour but d\u2019\u00e9largir syst\u00e9matiquement les connaissances scientifiques du march\u00e9 de l\u2019emploi et de contribuer \u00e0 en am\u00e9liorer la transparence. Il renseigne un large public sur son \u00e9volution courante. La base de donn\u00e9es des analyses pr\u00e9sent\u00e9es ici est constitu\u00e9e des sondages al\u00e9atoires annuels des offres d\u2019emploi publi\u00e9es dans la presse, des portails Internet consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019emploi et des sites Web des entreprises. Chaque ann\u00e9e, ces offres sont saisies en plein texte pendant une semaine de mars, puis trait\u00e9es pour en permettre l\u2019analyse statistique. La s\u00e9rie de relev\u00e9s \u2013 dont le d\u00e9veloppement s\u2019est achev\u00e9 en 2006 \u2013 couvre tous les canaux de communication d\u2019une certaine importance sur Internet (sites d\u2019entreprises, portails d\u2019emploi) et dans la presse (journaux et cahiers d\u2019annonces) de toute la Suisse. \u00c0 l\u2019origine, cette base de donn\u00e9es provenait d\u2019un relev\u00e9 r\u00e9trospectif (jusqu\u2019\u00e0 1950) des offres d\u2019emploi publi\u00e9es dans la presse suisse al\u00e9manique; celui-ci a fait place \u00e0 un observatoire permanent du march\u00e9 de l\u2019emploi et a \u00e9t\u00e9 fortement d\u00e9velopp\u00e9e. Pour plus d\u2019informations, consulter <a href=\"http:\/\/www.stellenmarktmonitor.uzh.ch\">http:\/\/www.stellenmarktmonitor.uzh.ch<\/a>.<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n) effectue chaque ann\u00e9e des sondages parmi les offres d\u2019emploi publi\u00e9es dans la presse (depuis 1950) et sur Internet (depuis 2001). Ceux-ci permettent d\u2019analyser l\u2019\u00e9volution des qualifications exig\u00e9es sur le march\u00e9 de l\u2019emploi. Dans la suite de cet article, nous nous concentrerons sur les postes offerts aux sp\u00e9cialistes titulaires d\u2019un dipl\u00f4me de formation professionnelle initiale. Les emplois propos\u00e9s aux d\u00e9butants ne comprennent donc que ceux s\u2019adressant \u00e0 des sp\u00e9cialistes et entrant en ligne de compte pour des d\u00e9butants qui viennent de terminer une premi\u00e8re formation professionnelle. Selon cette d\u00e9finition, de telles offres sont celles qui n\u2019exigent ni exp\u00e9rience ni formation continue, ne mentionnent pas de t\u00e2ches de cadre et n\u2019excluent pas non plus les d\u00e9butants en raison de leur \u00e2ge. \u00c9num\u00e9r\u00e9es dans les mises au concours, ces exigences renseignent sur les pr\u00e9f\u00e9rences de l\u2019entreprise qui cherche du personnel. Elles ne disent, en revanche, pas si les postes vacants ont finalement \u00e9t\u00e9 pourvus de mani\u00e8re satisfaisante, ni comment. Il est toutefois de l\u2019int\u00e9r\u00eat primordial des entreprises de r\u00e9diger leurs offres d\u2019emploi de telle mani\u00e8re qu\u2019elles n\u2019atteignent que les personnes entrant effectivement en ligne de compte pour le poste \u00e0 pourvoir. De ce fait, les d\u00e9butants n\u2019auront gu\u00e8re de chances d\u2019\u00eatre s\u00e9lectionn\u00e9s si une ou plusieurs des exigences cit\u00e9es figurent dans l\u2019annonce.Consid\u00e9rons pour commencer la courbe rouge du <i>graphique 1<\/i>, fond\u00e9 sur le relev\u00e9 des offres d\u2019emploi dans la presse et sur Internet. Elle montre que ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, le pourcentage des postes de sp\u00e9cialistes d\u00e9butants a presque diminu\u00e9 de moiti\u00e9. Aujourd\u2019hui, seuls 20% des postes r\u00e9serv\u00e9s aux sp\u00e9cialistes sont mis au concours de mani\u00e8re \u00e0 ce que les d\u00e9butants puissent esp\u00e9rer avoir leur chance s\u2019ils postulent. Le recul a surtout eu lieu durant la p\u00e9riode de faiblesse conjoncturelle (2003\u20132006)&#13;<br \/>\nDans le graphique 1, les phases de ch\u00f4mage sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne sont tram\u00e9es en sombre.. Depuis lors, le pourcentage des postes offerts aux d\u00e9butants s\u2019est stabilis\u00e9 \u00e0 un niveau m\u00e9diocre, sans qu\u2019on d\u00e9c\u00e8le le moindre signe de r\u00e9tablissement.Le fl\u00e9chissement net observ\u00e9 dans les ann\u00e9es de crise rel\u00e8ve cependant d\u2019une tendance plus ancienne. La courbe bleue du <i>graphique 1<\/i> (emplois mis au concours dans la presse suisse al\u00e9manique)&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9cart croissant entre les courbes du graphique 1 r\u00e9sulte de ce qu\u2019\u00e0 la suite de l\u2019importance croissante d\u2019Internet, d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, la recherche de sp\u00e9cialistes pour les postes sup\u00e9rieurs a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e sur Internet plus vite que la moyenne des offres d\u2019emploi. montre qu\u2019en p\u00e9riode de crise (trame sombre), le pourcentage de postes offerts aux d\u00e9butants se tasse nettement, sans se r\u00e9tablir dans la phase de haute conjoncture qui suit. Au lieu de remonter, il se stabilise simplement \u00e0 un niveau nettement inf\u00e9rieur. En cons\u00e9quence, on observe sur l\u2019ensemble des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es un recul successif du pourcentage de postes offerts aux sp\u00e9cialistes d\u00e9butants. Chose \u00e9tonnante, on peut dire que face \u00e0 cette tendance d\u00e9j\u00e0 ancienne, le march\u00e9 du premier emploi s\u2019est au fond bien maintenu depuis la derni\u00e8re r\u00e9cession (2009); contrairement aux r\u00e9cessions ant\u00e9rieures, il n\u2019a en effet pas donn\u00e9 de nouveau signe de recul.&#13;<\/p>\n<h2>Croissance des exigences du march\u00e9 de l\u2019emploi<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa baisse du pourcentage de postes offerts aux sp\u00e9cialistes d\u00e9butants soul\u00e8ve la question de la nature des obstacles auxquels ces derniers sont de plus en plus confront\u00e9s. Examinons donc de plus pr\u00e8s l\u2019\u00e9volution des exigences qui entravent leur candidature.Comme il ressort du <i>graphique 2<\/i>, sept offres d\u2019emploi sp\u00e9cialis\u00e9 sur dix exigent aujourd\u2019hui de l\u2019<i>exp\u00e9rience professionnelle<\/i> en plus du dipl\u00f4me de formation initiale. Le manque d\u2019exp\u00e9rience devient ainsi l\u2019obstacle principal sur la voie des d\u00e9butants. Ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, le pourcentage de postes r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 des sp\u00e9cialistes exp\u00e9riment\u00e9s a pass\u00e9 de 55 \u00e0 70%. Les <i>formations continues<\/i> ont \u00e9galement gagn\u00e9 en importance et sont d\u00e9j\u00e0 exig\u00e9es dans environ un tiers des offres d\u2019emploi sp\u00e9cialis\u00e9, contre tout juste un cinqui\u00e8me au d\u00e9but de la s\u00e9rie de relev\u00e9s. Le pourcentage de postes sp\u00e9cialis\u00e9s de niveau <i>cadre<\/i> n\u2019a \u00e9galement pas cess\u00e9 d\u2019augmenter. Enfin, les sp\u00e9cialistes d\u00e9butants sont exclus de quelque 8% des postes mis au concours en raison de leur \u00e2ge. Il n\u2019y a que sur le plan de l\u2019<i>\u00e2ge minimal<\/i> qu\u2019on n\u2019observe pas d\u2019augmentation \u00e0 long terme sur la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e. Relevons, enfin, une autre augmentation remarquable dans la dur\u00e9e: celle des postes cumulant plusieurs des exigences mentionn\u00e9es. Le cas le plus fr\u00e9quent est celui o\u00f9 les entreprises demandent \u00e0 la fois exp\u00e9rience et formation continue. Dans le <i>graphique 2<\/i>, le recul successif des postes de d\u00e9butants observable dans le <i>graphique 1<\/i> se refl\u00e8te dans la nette augmentation des exigences pendant le fl\u00e9chissement conjoncturel 2003\u20132006. M\u00eame \u00e0 long terme, ce sont la mont\u00e9e, en p\u00e9riode de faible conjoncture, des exigences en mati\u00e8re d\u2019exp\u00e9rience et de formation continue, puis leur non-redes-cente au retour de la conjoncture qui sont les premi\u00e8res responsables du recul successif des emplois propos\u00e9s aux d\u00e9butants.&#13;<\/p>\n<h2>Un ch\u00f4mage croissant, \u00e0 long terme, pour les jeunes en fin d\u2019apprentissage<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est donc d\u00e9sormais tout \u00e0 fait plausible que la contraction de l\u2019offre de postes pour d\u00e9butants ait aussi un effet sur le ch\u00f4mage des jeunes en fin de formation, mais peut-on vraiment constater une telle augmentation?Le <i>graphique 3<\/i> montre l\u2019\u00e9volution \u00e0 long terme du ch\u00f4mage parmi les jeunes en fin d\u2019apprentissage&#13;<br \/>\nCette longue s\u00e9rie se fonde sur les statistiques du ch\u00f4mage des personnes en fin d\u2019apprentissage du Seco (Plasta), qui ne tiennent cependant pas compte des autres fili\u00e8res de formation professionnelle. Les constats expos\u00e9s se confirment pourtant pour la p\u00e9riode 2001\u20132010 en ce qui concerne le risque de ch\u00f4mage pour les 15\u201324 ans ayant termin\u00e9 une formation professionnelle initiale (voir Barom\u00e8tre des premiers emplois 2010).. La premi\u00e8re chose qui frappe est l\u2019importante variation saisonni\u00e8re et conjoncturelle, beaucoup plus marqu\u00e9e que pour l\u2019ensemble des personnes actives. Cette longue s\u00e9rie de mesures va dans le sens dune d\u00e9gradation sensible de la situation des jeunes en fin d\u2019apprentissage au cours des cycles conjoncturels \u00e9tudi\u00e9s. Leur taux de ch\u00f4mage a grimp\u00e9 (en moyenne annuelle) de 2,0 \u00e0 4,9% entre les deux ann\u00e9es de haute conjoncture 2001 et 2008. Cela para\u00eet dautant plus remarquable si lon consid\u00e8re le fait que celui-ci \u00e9tait tr\u00e8s faible (0,3%) durant l\u2019ann\u00e9e 1991, elle aussi de haute conjoncture. Les donn\u00e9es qui concernent les ann\u00e9es nonante sont, toutefois empreintes dincertitude&#13;<br \/>\nAvant 1993, la saisie des donn\u00e9es dans le syst\u00e8me Plasta n\u00e9tait pas unifi\u00e9e. Le pic conjoncturel 1990\u201391 dure jusqu\u2019\u00e0 juin 1991 compris.. Il faut \u00e9galement remarquer que le taux de ch\u00f4mage des jeunes en fin dapprentissage a nettement plus vite augment\u00e9 que celui de la population active en g\u00e9n\u00e9ral. Au pic conjoncturel de 2001, le taux de ch\u00f4mage des jeunes en fin d\u2019apprentissage \u00e9tait encore 1,2 fois plus \u00e9lev\u00e9 que celui de l\u2019ensemble de la population active, en moyenne annuelle, et au pic de 2008, il en a atteint largement le double. Les donn\u00e9es disponibles pour 1990\/1991 laissent supposer que les jeunes en fin dapprentissage \u00e9taient en moyenne moins touch\u00e9s par le ch\u00f4mage que lensemble de la population active. Il a donc d\u00fb grimper, entre 1991 et 2001, plus vite que la moyenne. En fait, les donn\u00e9es prouvent surtout qu\u00e0 partir de 2001, la croissance du ch\u00f4mage des jeunes en fin d\u2019apprentissage a \u00e9t\u00e9 nettement disproportionn\u00e9e lors des p\u00e9riodes de bonne conjoncture. Si l\u2019on compare les deux phases r\u00e9cessives, le niveau du ch\u00f4mage des apprentis ne s\u2019est en revanche gu\u00e8re modifi\u00e9; il a m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement baiss\u00e9 par rapport aux pics du milieu des ann\u00e9es nonante. Nous supposons que cela provient du d\u00e9veloppement progressif des mesures du march\u00e9 du travail en faveur des d\u00e9butants et aussi en partie d\u2019un changement dans l\u2019attitude vis-\u00e0-vis des d\u00e9clarations aux offices de placement.Dans l\u2019ensemble, nos constatations confirment la forte sensibilit\u00e9 \u00e0 la conjoncture du ch\u00f4mage des jeunes en fin d\u2019apprentissage. Nos r\u00e9sultats ne suffisent cependant pas pour expliquer l\u2019\u00e9volution \u00e0 long terme par ce seul argument. Divers indices donnent plut\u00f4t \u00e0 penser qu\u2019une partie de la mont\u00e9e disproportionn\u00e9e, \u00e0 long terme, du ch\u00f4mage des jeunes en fin d\u2019apprentissage est dorigine <i>structurelle<\/i>&#13;<br \/>\nSacchi &amp; Salvisberg, 2011.. Cela vaut notamment pour la p\u00e9riode apr\u00e8s l\u2019an 2000, o\u00f9 l\u2019on peut prouver que le ch\u00f4mage des d\u00e9butants a augment\u00e9 beaucoup plus fortement que celui des sp\u00e9cialistes plus \u00e2g\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Explications possibles aux difficult\u00e9s accrues rencontr\u00e9es \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la vie active<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans le cadre du <i>Barom\u00e8tre des jeunes arrivant sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s une formation professionnelle initiale<\/i> (voir <i>encadr\u00e9 2<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>Le Barom\u00e8tre des jeunes arrivant sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s une formation professionnelle initiale<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n<i>R\u00e9dig\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 2010 \u00e0 la demande de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT), le Barom\u00e8tre des jeunes arrivant sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s une formation professionnelle initiale se penche sur la situation des jeunes en qu\u00eate d\u2019un premier emploi apr\u00e8s l\u2019ach\u00e8vement de leur formation. Il montre, d\u2019une part, l\u2019\u00e9volution de la taille et de la composition des dipl\u00f4m\u00e9s et analyse, de l\u2019autre, le ch\u00f4mage des d\u00e9butants et ses variations d\u2019ordre conjoncturel, saisonnier et \u00e0 long terme. L\u2019\u00e9tude porte aussi \u2013 \u00e0 travers une analyse des annonces publi\u00e9es dans la presse et sur Internet \u2013 sur la demande g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par le march\u00e9 du travail et montre comment les postes offerts aux d\u00e9butants ont chang\u00e9 ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es. Le Barom\u00e8tre peut \u00eatre t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 en version courte ou longue (Sacchi &amp;amp; Salvisberg, 2010\/2011) sur le site Internet du Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi (<a href=\"http:\/\/www.stellenmarktmonitor.uzh.ch\">http:\/\/www.stellenmarktmonitor.uzh.ch<\/a>).<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n), nous avons examin\u00e9 de plus pr\u00e8s diverses explications structurelles pour la mont\u00e9e \u00e0 long terme du ch\u00f4mage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans la vie active. Il appara\u00eet <i>primo<\/i> que les changements de <i>taille<\/i> et de <i>composition<\/i> des effectifs arrivant sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s une formation professionnelle initiale sont trop faibles pour expliquer de fa\u00e7on plausible la hausse observ\u00e9e. <i>Secundo,<\/i> nous ne trouvons pas le moindre indice comme quoi le <i>nombre de jeunes qui restent dans l\u2019entreprise o\u00f9 ils ont fait leur apprentissage<\/i> diminuerait, ce qui laisse supposer que le nombre des jeunes qui d\u00e9bouchent chaque ann\u00e9e sur le march\u00e9 du travail est rest\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s constant dans la dur\u00e9e. <i>Tertio,<\/i> les indices disponibles pour la p\u00e9riode depuis 2004 prouvent eux aussi que le ch\u00f4mage croissant des jeunes n\u2019est pas d\u00fb \u00e0 une <i>incompatibilit\u00e9 professionnelle,<\/i> autrement dit \u00e0 un foss\u00e9 croissant entre les formations acquises et celles recherch\u00e9es par le march\u00e9 de l\u2019emploi. <i>Quarto,<\/i> le ch\u00f4mage croissant dans la classe d\u2019\u00e2ge des d\u00e9butants n\u2019est pas non plus d\u00fb, d\u2019apr\u00e8s nos r\u00e9sultats, au fait qu\u2019ils seraient <i>licenci\u00e9s plus souvent<\/i> que leurs a\u00een\u00e9s les premiers temps de leur engagement, suivant lhypoth\u00e8se du dernier entr\u00e9, premier sorti (\u00ablast in first out\u00bb). Cela \u00e9taie indirectement l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle c\u2019est surtout le risque de ch\u00f4mage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e m\u00eame dans la profession qui a augment\u00e9. Dans le contexte des r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s, les exigences accrues et croissantes en mati\u00e8re d\u2019exp\u00e9rience et de formation continue constituent en fin de compte l\u2019explication la plus plausible de l\u2019augmentation \u00e0 long terme du ch\u00f4mage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans la vie active. Si l\u2019offre d\u2019emplois appropri\u00e9s baisse, les obstacles \u00e0 la recherche d\u2019un premier emploi apr\u00e8s la fin de la formation augmenteront corollairement. N\u00e9anmoins, le recul de l\u2019offre ne se traduira pas par un accroissement proportionnel du risque de ch\u00f4mage. Ainsi, de nombreux d\u00e9butants entameront plut\u00f4t une formation continue ou choisiront un emploi non qualifi\u00e9 avant de se pr\u00e9senter aux offices de placement.Dans le fl\u00e9chissement actuel de la conjoncture, on n\u2019observe cependant pas de baisse parall\u00e8le des offres d\u2019emploi pour d\u00e9butants, contrairement aux r\u00e9cessions ant\u00e9rieures, ce qui peut surprendre si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re au sch\u00e9ma habituel. En cons\u00e9quence, il n\u2019est gu\u00e8re possible d\u2019avancer des pronostics quant \u00e0 l\u2019\u00e9volution future. Toutefois, la hausse continuelle depuis des d\u00e9cennies des exigences sur le march\u00e9 de l\u2019emploi rend plut\u00f4t improbable une diminution des obstacles rencontr\u00e9s par les d\u00e9butants&#13;<br \/>\nSacchi, Salvisberg &amp; Buchmann, 2005.. Dans l\u2019\u00e9conomie mondialis\u00e9e et hypertechnologique du savoir du XXIe si\u00e8cle, une bonne formation professionnelle initiale est de plus en plus indispensable. On le voit en particulier au fait que les jeunes sans formation post-obligatoire risquent nettement plus de se retrouver au ch\u00f4mage que les sp\u00e9cialistes d\u00e9butants. Cela dit, la formation professionnelle initiale garantit de moins en moins une entr\u00e9e facile sur le march\u00e9 de l\u2019emploi.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abOffres d\u2019emploi pour d\u00e9butants 1970\u20132010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abExigences excluant les d\u00e9butants\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abCh\u00f4mage des jeunes en fin d\u2019apprentissage (s\u00e9ries mensuelles 1990\u20132009)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Le Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi&#13;<\/p>\n<h3>Le Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe <i>Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi<\/i> de l\u2019Institut sociologique de l\u2019Universit\u00e9 de Zurich a pour but d\u2019\u00e9largir syst\u00e9matiquement les connaissances scientifiques du march\u00e9 de l\u2019emploi et de contribuer \u00e0 en am\u00e9liorer la transparence. Il renseigne un large public sur son \u00e9volution courante. La base de donn\u00e9es des analyses pr\u00e9sent\u00e9es ici est constitu\u00e9e des sondages al\u00e9atoires annuels des offres d\u2019emploi publi\u00e9es dans la presse, des portails Internet consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019emploi et des sites Web des entreprises. Chaque ann\u00e9e, ces offres sont saisies en plein texte pendant une semaine de mars, puis trait\u00e9es pour en permettre l\u2019analyse statistique. La s\u00e9rie de relev\u00e9s \u2013 dont le d\u00e9veloppement s\u2019est achev\u00e9 en 2006 \u2013 couvre tous les canaux de communication d\u2019une certaine importance sur Internet (sites d\u2019entreprises, portails d\u2019emploi) et dans la presse (journaux et cahiers d\u2019annonces) de toute la Suisse. \u00c0 l\u2019origine, cette base de donn\u00e9es provenait d\u2019un relev\u00e9 r\u00e9trospectif (jusqu\u2019\u00e0 1950) des offres d\u2019emploi publi\u00e9es dans la presse suisse al\u00e9manique; celui-ci a fait place \u00e0 un observatoire permanent du march\u00e9 de l\u2019emploi et a \u00e9t\u00e9 fortement d\u00e9velopp\u00e9e. Pour plus d\u2019informations, consulter <i><a href=\"http:\/\/www.stellenmarktmonitor.uzh.ch\">http:\/\/www.stellenmarktmonitor.uzh.ch<\/a><\/i>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Le Barom\u00e8tre des jeunes arrivant sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s une formation professionnelle initiale&#13;<\/p>\n<h3>Le Barom\u00e8tre des jeunes arrivant sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s une formation professionnelle initiale<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nR\u00e9dig\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 2010 \u00e0 la demande de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT), le <i>Barom\u00e8tre des jeunes arrivant sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s une formation professionnelle initiale<\/i> se penche sur la situation des jeunes en qu\u00eate d\u2019un premier emploi apr\u00e8s l\u2019ach\u00e8vement de leur formation. Il montre, d\u2019une part, l\u2019\u00e9volution de la taille et de la composition des dipl\u00f4m\u00e9s et analyse, de l\u2019autre, le ch\u00f4mage des d\u00e9butants et ses variations d\u2019ordre conjoncturel, saisonnier et \u00e0 long terme. L\u2019\u00e9tude porte aussi \u2013 \u00e0 travers une analyse des annonces publi\u00e9es dans la presse et sur Internet \u2013 sur la demande g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par le march\u00e9 du travail et montre comment les postes offerts aux d\u00e9butants ont chang\u00e9 ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es. Le <i>Barom\u00e8tre<\/i> peut \u00eatre t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 en version courte ou longue <i>(Sacchi &amp; Salvisberg, 2010\/2011)<\/i> sur le site Internet du Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi <i>(<a href=\"http:\/\/www.stellenmarktmonitor.uzh.ch\">http:\/\/www.stellenmarktmonitor.uzh.ch<\/a>).<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: Bibliographie&#13;<\/p>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 CS Economic Research, \u00abJugendarbeitslosigkeit als Ergebnis einer ver\u00e4nderten Nachfrage nach Arbeit?\u00bb, <i>Swiss Issues: Wirtschaftspolitik,<\/i> Credit Suisse, Zurich, 2006.\u2212 Duttweiler Daniel &amp; Weber Bernhard, \u00abLa situation des jeunes sur le march\u00e9 du travail lors de la derni\u00e8re r\u00e9cession\u00bb, <i>La Vie \u00e9conomique,<\/i> 11-2010, pp. 47\u201351.\u2212 Sacchi Stefan, Salvisberg Alexander et Buchmann Marlis, \u00abLong-Term Dynamics of Skill Demand in Switzerland from 1950\u20132000\u00bb, pp. 105-134, dans Kriesi Hanspeter, Farago Peter, Kohli Martin et Zarin-Nejadan Milad (\u00e9d.), <i>Contemporary Switzerland: Revisiting the Special Case,<\/i> Houndmills, 2005, Palgrave Macmillan.\u2212 Sacchi Stefan et Salvisberg Alexander, <i>Berufseinsteiger-Barometer 2010. Report im Auftrag des Bundesamtes f\u00fcr Berufsbildung und Technologie (BBT),<\/i> SMM, 2010\/2011, universit\u00e9 de Zurich.\u2212 Weber Bernhard, \u00abLa situation des jeunes sur le march\u00e9 suisse du travail\u00bb, <i>La Vie \u00e9conomique,<\/i> 03-2007, pp. 52\u201354.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une des tendances majeures du march\u00e9 actuel du travail est la hausse d\u00e9j\u00e0 ancienne et constante des qualifications exig\u00e9es des collaborateurs. 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