{"id":151219,"date":"2011-03-01T12:00:00","date_gmt":"2011-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/03\/hauri-10\/"},"modified":"2023-08-24T00:54:00","modified_gmt":"2023-08-23T22:54:00","slug":"hauri-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/03\/hauri-10\/","title":{"rendered":"La cyber\u00e9conomie: situation et potentiel du point de vue \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"<p>La num\u00e9risation de la soci\u00e9t\u00e9 progresse inexorablement. La transformation de l\u2019\u00e9conomie qui en d\u00e9coule rec\u00e8le un \u00e9norme potentiel. Il s\u2019agit d\u2019en tirer parti afin de pr\u00e9server l\u2019attrait de la Suisse en tant que lieu de vie et place \u00e9conomique. Cet article pr\u00e9sente une analyse de la situation et montre quels sont les possibilit\u00e9s de la cyber\u00e9conomie en Suisse. Quoi qu\u2019en disent les oiseaux de mauvais augure, presque rien n\u2019indique que la capacit\u00e9 d\u2019adaptation de la Suisse aux nouvelles technologies soit globalement insuffisante. Il existe, toutefois, divers domaines dans lesquels de meilleures conditions-cadres faciliteraient l\u2019exploitation rapide et compl\u00e8te du potentiel sp\u00e9cifique des TIC&#13;<br \/>\nCette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 soutenue financi\u00e8rement par le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco).. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201103_04_Hauri_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"248\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Les effets \u00e9conomiques de la num\u00e9risation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes technologies de l\u2019information et de la communication (TIC) sont sur le point de transformer durablement l\u2019\u00e9conomie et la soci\u00e9t\u00e9. Les possibilit\u00e9s qu\u2019elles offrent, en mati\u00e8re de stockage, de traitement et de diffusion des donn\u00e9es, permettent de concevoir avec davantage d\u2019efficacit\u00e9 toutes sortes de processus \u00e9conomiques, de satisfaire de nouveaux besoins et d\u2019accro\u00eetre le bien-\u00eatre de la population. En ce qui concerne la productivit\u00e9 du travail, les TIC d\u00e9ploient leurs effets par <i>trois canaux<\/i>, pr\u00e9sent\u00e9s sch\u00e9matiquement dans le <i>graphique 1<\/i>. Les <i>rapides progr\u00e8s techniques dont profitent les TIC<\/i> sont le point de d\u00e9part et le moteur de l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la productivit\u00e9. Depuis plusieurs d\u00e9cennies, ce secteur parvient \u00e0 \u00e9laborer des produits et des services toujours plus performants. Sur le plan \u00e9conomique, cela se refl\u00e8te dans l\u2019augmentation de la productivit\u00e9 totale des facteurs \u2013 un concept qui mesure l\u2019efficience de l\u2019injection de capital humain et physique \u2013 \u00e0 partir du secteur des TIC (1er canal). Le progr\u00e8s technique est symbolis\u00e9 par la fameuse loi de Moore, selon laquelle la puissance des puces d\u2019ordinateurs double tous les 18 ou 24 mois. On cite souvent cette th\u00e9orie \u00e9nonc\u00e9e en 1965, parce qu\u2019elle d\u00e9crit bien l\u2019\u00e9volution des derni\u00e8res d\u00e9cennies et que pour l\u2019instant rien n\u2019annonce un ralentissement de cette tendance exponentielle.Le progr\u00e8s technique entra\u00eene une <i>baisse continue du prix des TIC<\/i>. Un ordinateur qui se vendait plusieurs milliers de francs il y a dix ans ne co\u00fbte plus que quelques centaines de francs aujourd\u2019hui. Cette \u00e9volution pousse les entreprises \u00e0 renouveler et \u00e0 augmenter leur stock de capital non financier. La productivit\u00e9 par t\u00eate s\u2019en trouve accrue dans les industries utilisant les TIC (2e canal).Le 3e canal fait l\u2019objet d\u2019une attention particuli\u00e8rement soutenue et durable dans la litt\u00e9rature. Il d\u00e9crit les <i>hausses d\u2019efficience<\/i> qu\u2019entra\u00eene pour l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie <i>l\u2019utilisation toujours plus cibl\u00e9 des TIC<\/i>: ces technologies permettent aux entreprises d\u2019introduire des processus novateurs, d\u2019imaginer de nouveaux mod\u00e8les d\u2019affaires, d\u2019am\u00e9liorer constamment leurs produits, etc. Les effets de r\u00e9seau jouent un r\u00f4le important dans ce contexte \u2013 les avantages des produits bas\u00e9s sur des plateformes comme Internet augmentent avec le nombre d\u2019utilisateurs. Ainsi, le cybercommerce ne devient un mod\u00e8le d\u2019affaires int\u00e9ressant qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 le nombre d\u2019internautes a franchi un seuil critique. La transformation des nouvelles possibilit\u00e9s techniques en gains d\u2019efficience exige des efforts d\u2019apprentissage et d\u2019adaptation de la part des entreprises et de la soci\u00e9t\u00e9. La capacit\u00e9 d\u2019une \u00e9conomie \u00e0 raccourcir autant que possible ce processus, qui prend passablement de temps, est un facteur cl\u00e9 de succ\u00e8s dans la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information.&#13;<\/p>\n<h2>Un paradoxe suisse?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9conomiste Robert Solow, connu pour ses travaux sur la croissance, constatait ironiquement en 1987 que l\u2019on voit des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de la productivit\u00e9. De fait, il s\u2019av\u00e8re difficile, en-core aujourd\u2019hui, d\u2019en trouver une preuve empirique, en particulier au niveau agr\u00e9g\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie&#13;<br \/>\nCela est d\u00fb notamment \u00e0 des d\u00e9fis d\u2019ordre m\u00e9thodologique et au manque de donn\u00e9es de base.. Toutefois, des indices clairs montrent que si un \u00e9cart de productivit\u00e9 s\u2019est creus\u00e9 d\u00e8s le milieu des ann\u00e9es nonante entre l\u2019Europe et les \u00c9tats-Unis, c\u2019est en grande partie \u00e0 cause d\u2019une utilisation plus efficiente des TIC dans ce dernier pays. Selon des analyses sectorielles, la productivit\u00e9 a notamment augment\u00e9 aux \u00c9tats-Unis dans les branches dont on peut supposer, vu leur domaine d\u2019activit\u00e9, qu\u2019elles font un usage intensif des TIC. En ce qui concerne la Suisse, aucune analyse n\u2019a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur le plan \u00e9conomique, \u00e0 notre connaissance.Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, on a maintes fois remis en question la capacit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie suisse \u00e0 convertir la num\u00e9risation croissante de la soci\u00e9t\u00e9 en gains de productivit\u00e9 et en avantages comp\u00e9titifs. Ce scepticisme d\u00e9coule du constat suivant: il est ind\u00e9niable que la Suisse a massivement investi dans les nouvelles technologies; pourtant, son secteur des TIC n\u2019est pas particu-li\u00e8rement important et les taux de croissance de la productivit\u00e9 restent limit\u00e9s&#13;<br \/>\nComtesse (2005) a utilis\u00e9 \u00e0 ce propos le terme de \u00abparadoxe suisse\u00bb.. On d\u00e9-plore \u00e9galement le fait que la Suisse ne se soit pas dot\u00e9e d\u2019une strat\u00e9gie int\u00e9grale de promotion des TIC, une lacune consid\u00e9r\u00e9e comme une menace pour la comp\u00e9titivit\u00e9 de la place \u00e9conomique. \u00c0 l\u2019\u00e9tranger, de tels programmes ont vu le jour un peu partout ces derni\u00e8res ann\u00e9es. C\u2019est le cas par exemple de \u00abDigital Europe\u00bb et \u00abi2010\u00bb au niveau europ\u00e9en, ainsi que de \u00abFrance Num\u00e9rique\u00bb, \u00abDigital Britain\u00bb et \u00abUS Broadband Plan\u00bb.Dans ce contexte, le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) a confi\u00e9 un mandat \u00e0 l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes \u00e9conomiques de B\u00e2le (IWSB). Il l\u2019a charg\u00e9 d\u2019examiner si les conditionscadres \u00e9tatiques tendent \u00e0 promouvoir ou \u00e0 entraver l\u2019\u00e9laboration, la mise en \u0153uvre et l\u2019usage de produits et de services TIC. L\u2019IWSB devait \u00e9galement d\u00e9terminer quelles incitations permettraient de mieux exploiter le potentiel inutilis\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9sultats de l\u2019analyse sectorielle<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOn dispose de plus en plus d\u2019\u00e9tudes \u00abe-readiness\u00bb, qui classent les \u00c9tats en fonction de leur capacit\u00e9 \u00e0 entrer dans l\u2019\u00e8re num\u00e9rique. L\u2019analyse de ces travaux et des donn\u00e9es statistiques officielles sur la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information confirme l\u2019impression qu\u2019en comparaison internationale, la Suisse n\u2019a pris aucun retard dans la plupart des domaines pertinents (infrastructures, utilisation des TIC, etc.). Il faut, toutefois, interpr\u00e9ter avec prudence ces statistiques et les classements \u00abe-readiness\u00bb. En fin de compte, seule une analyse concr\u00e8te des diff\u00e9rents domaines permet de d\u00e9terminer de mani\u00e8re fiable o\u00f9 se trouvent en Suisse les potentiels non exploit\u00e9s.Lors de la s\u00e9lection des domaines \u00e0 analyser, nous avons formul\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se suivante: l\u2019utilisation des TIC ne peut s\u2019av\u00e9rer inefficiente \u00e0 long terme que si le march\u00e9 n\u2019existe pas, s\u2019il est prot\u00e9g\u00e9 ou si des r\u00e8glements le faussent. Les entreprises actives dans un environnement (international) concurrentiel ne peuvent pas se permettre d\u2019utiliser \u00e0 mauvais escient leurs facteurs de production. Les r\u00e9sultats succincts de quelques-uns des domaines analys\u00e9s sont pr\u00e9sent\u00e9s ci-dessous&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9tude compl\u00e8te est disponible \u00e0 l\u2019adresse: http:\/\/e-economy.ch\/dokumentation..&#13;<\/p>\n<h2>Formation et comp\u00e9tences<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9conomie ne peut exploiter pleinement le potentiel des TIC que si tous les habitants poss\u00e8dent des comp\u00e9tences (minimales) en la mati\u00e8re et sont dispos\u00e9s \u00e0 les utiliser. Sinon, cela conduit \u00e0 des doublets, car il faut maintenir en parall\u00e8le les m\u00e9thodes traditionnelles (par exemple dans le domaine des services administratifs). En comparaison internationale, le \u00abfoss\u00e9 num\u00e9rique\u00bb ne semble pas particuli\u00e8rement profond en Suisse, m\u00eame si on y trouve aussi des groupes de population dont le taux d\u2019utilisation des TIC reste nettement au-dessous de la moyenne. Le niveau d\u2019\u00e9ducation joue \u00e0 cet \u00e9gard un r\u00f4le central. Les mesures les plus prometteuses sont celles qui visent les \u00e9coles, car elles ont un effet pr\u00e9ventif. En revanche, il est difficile d\u2019identifier et de mobiliser les adultes concern\u00e9s. Cette d\u00e9marche conna\u00eet souvent un succ\u00e8s limit\u00e9. Malgr\u00e9 tout, on ne devrait pas rejeter compl\u00e8tement les mesures de \u00ablutte contre les sympt\u00f4mes\u00bb. Il s\u2019agit plut\u00f4t de les planifier soigneusement et d\u2019\u00e9valuer en permanence leurs r\u00e9sultats.&#13;<\/p>\n<h2>Cyberadministration<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDes \u00e9tudes comparatives europ\u00e9ennes montrent que la Suisse accuse un retard consid\u00e9rable en mati\u00e8re d\u2019administration \u00e9lectronique (voir <i>graphique 2<\/i>). Cela con-cerne aussi bien le nombre de services disponibles que leur sophistication. Par cons\u00e9quent, des mesures \u00e9tatiques claires sont n\u00e9cessaires pour assurer la qualit\u00e9 et l\u2019efficacit\u00e9 des contacts avec les autorit\u00e9s. La Conf\u00e9d\u00e9ration a reconnu ce besoin. Elle a plac\u00e9 le d\u00e9veloppement de la cyberadministration au centre de sa strat\u00e9gie pour une soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information en Suisse. Les actions entreprises correspondent \u00e0 des priorit\u00e9s bien d\u00e9finies et vont dans la bonne direction. Un d\u00e9fi majeur consiste \u00e0 trouver le degr\u00e9 ad\u00e9quat de coordination au sein des autorit\u00e9s et des instances administratives pour que le f\u00e9d\u00e9ralisme n\u2019entrave pas cette \u00e9volution mais qu\u2019il en devienne un moteur.&#13;<\/p>\n<h2>Cybersant\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe syst\u00e8me de sant\u00e9 est en quelque sorte pr\u00e9destin\u00e9 \u00e0 profiter des nouvelles possibilit\u00e9s offertes par les TIC, car l\u2019information et la communication y sont davantage pr\u00e9sentes que dans presque toutes les autres branches. La palette des applications disponibles est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s large. \u00c0 long terme, elle promet aussi bien des am\u00e9liorations qualitatives que des \u00e9conomies de co\u00fbts. La situation montre, toutefois, que la Suisse est loin d\u2019occuper une position de leader dans les services de sant\u00e9 \u00e9lectroniques. En outre, le recours aux TIC suscite de s\u00e9rieuses r\u00e9serves parmi les fournisseurs de prestations. C\u2019est pourquoi la Conf\u00e9d\u00e9ration a fait de la promotion de la cybersant\u00e9 l\u2019une de ses deux priorit\u00e9s \u2013 avec la cyberadministration \u2013 sur le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information. Ce choix para\u00eet judicieux au regard de la forte densit\u00e9 normative qui caract\u00e9rise le domaine de la sant\u00e9. Cependant, les d\u00e9fis sont nombreux. Ils vont de la protection des donn\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de normes compatibles, en passant par la cr\u00e9ation d\u2019incitations \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 des prestations. Une strat\u00e9gie de cybersant\u00e9 ne suffira pas \u00e0 les relever. Il faut un d\u00e9bat approfondi sur le d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9ral du syst\u00e8me de sant\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9seaux \u00e9lectriques intelligents<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9seaux \u00e9lectriques intelligents \u2013 autrement dit bas\u00e9s sur les TIC restent de la musique d\u2019avenir, bien que les moyens techniques soient largement disponibles. On pourrait, par exemple, pr\u00e9programmer la centrale de pilotage d\u2019un tel r\u00e9seau de mani\u00e8re \u00e0 ce que les appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers en mode \u00abveille\u00bb s\u2019\u00e9teignent automatiquement sur impulsion \u00e9lectrique durant les pics de consommation et qu\u2019ils se rallument apr\u00e8s. Les r\u00e9seaux \u00e9lectriques intelligents permettent de r\u00e9aliser d\u2019importantes \u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie et de r\u00e9duire sensiblement les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. L\u2019analyse de la situation montre, toutefois, que le cadre r\u00e9glementaire n\u2019est pas favorable \u00e0 leur d\u00e9veloppement en Suisse. Le principal obstacle est le morcellement de l\u2019approvisionnement en une multitude de petites, voire minuscules, centrales \u00e9lectriques. D\u2019autres facteurs freinent \u00e9galement le mouvement. \u00c9tant donn\u00e9 que la cr\u00e9ation de r\u00e9seaux bas\u00e9s sur les TIC prend beaucoup de temps, les strat\u00e9gies d\u2019impulsion \u00e0 court terme ne sont pas adapt\u00e9es. Il importe de formuler au niveau politique des objectifs et des exigences concernant les r\u00e9seaux \u00e9lectriques intelligents, puis de les int\u00e9grer dans la r\u00e9vision de la loi sur l\u2019approvisionnement en \u00e9lectricit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Maisons et immeubles intelligents<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 l\u2019instar des r\u00e9seaux \u00e9lectriques, les maisons et immeubles peuvent aussi \u00eatre intelligents. La diff\u00e9rence est que les \u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie vont ici du bas vers le haut, et non l\u2019inverse. Depuis des d\u00e9cennies, les thermostats r\u00e9gulent le chauffage de mani\u00e8re pour ainsi dire thermom\u00e9canique. Par analogie, les capteurs de luminosit\u00e9 et d\u2019humidit\u00e9, les d\u00e9tecteurs de mouvements et autres sondes pourraient, gr\u00e2ce aux TIC, enclencher les lampes, l\u2019a\u00e9ration, les humidificateurs, les stores ou encore le syst\u00e8me d\u2019arrosage uniquement lorsque cela s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire. Ils veilleraient \u00e0 ce que ces appareils restent en marche le temps n\u00e9cessaire et en r\u00e9gleraient l\u2019intensit\u00e9. Les technologies de la domotique sont d\u00e9j\u00e0 souvent pr\u00e9sentes dans les immeubles administratifs et industriels, les grands lotissements, les h\u00f4pitaux et les \u00e9tablissements m\u00e9dicalis\u00e9s. Des entreprises suisses proposent d\u2019ailleurs ce type de prestations au niveau national et international. Cependant, aussi longtemps que la gestion de l\u2019habitat ne peut b\u00e9n\u00e9ficier des services et des informations fournies par des r\u00e9seaux intelligents, son potentiel sur le plan \u00e9nerg\u00e9tique et environnemental reste limit\u00e9. On peut s\u2019attendre \u00e0 ce que le nombre d\u2019habitations automatis\u00e9es augmente fortement avec la cr\u00e9ation de r\u00e9seaux fond\u00e9s sur les TIC. Pour promouvoir les maisons et immeubles intelligents, la meilleure politique consiste donc \u00e0 activer le d\u00e9veloppement des r\u00e9seaux intelligents.&#13;<\/p>\n<h2>Transports intelligents<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe recours aux TIC pour assurer le pilotage int\u00e9gr\u00e9 du trafic (route et transports publics) rec\u00e8le un grand potentiel en termes de productivit\u00e9, d\u2019\u00e9nergie et d\u2019environnement. Dans ce domaine, des pays asiatiques comme le Japon et la Cor\u00e9e du Sud devancent tous les autres. La Suisse, en revanche, exploite encore tr\u00e8s peu ces possibilit\u00e9s. Or, en tant que carrefour europ\u00e9en et place \u00e9conomique importante, elle devra de plus en plus compter sur une conception efficace des transports. En Suisse, comme dans les pays voisins, on m\u00e8ne actuellement diverses recherches et projets dans le domaine du trafic routier bas\u00e9 sur les TIC. Toutefois, ces travaux n\u2019ont pas encore d\u00e9bouch\u00e9 sur des strat\u00e9gies ou des plans contraignants. Il s\u2019agit en priorit\u00e9 d\u2019\u00e9valuer ce que la Suisse peut r\u00e9aliser par elle-m\u00eame et dans quels domaines une coordination avec l\u2019\u00e9tranger s\u2019impose.&#13;<\/p>\n<h2>Remarques finales et recommandations politiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuelles conclusions peut-on tirer de cette analyse? L\u00e0 o\u00f9 le march\u00e9 fonctionne, on ne trouve gu\u00e8re d\u2019\u00e9l\u00e9ments indiquant que l\u2019utilisation des TIC soit insuffisante ou inefficace. La Conf\u00e9d\u00e9ration peut apporter une contribution cruciale \u00e0 la promotion de la cyber\u00e9conomie en veillant \u00e0 maintenir un environnement \u00e9conomique comp\u00e9titif. Elle ne devrait pas non plus h\u00e9siter \u00e0 utiliser la possibilit\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9tat de participer \u00e0 l\u2019organisation de certains secteurs \u2013 tout en respectant les r\u00e8gles de l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale. La situation est insatisfaisante notamment dans les domaines de la cyberadministration, de la cybersant\u00e9 et des transports intelligents, o\u00f9 il faut bien constater en l\u2019\u00e9tat actuel des choses que la r\u00e9gulation a \u00e9chou\u00e9. Cependant, le reproche d\u2019un \u00abparadoxe suisse\u00bb sp\u00e9cifiquement li\u00e9 aux TIC rel\u00e8ve plut\u00f4t de la pol\u00e9mique.Outre les recommandations d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es, il importe de mettre en place un suivi coh\u00e9rent qui permette d\u2019\u00e9valuer en permanence l\u2019\u00e9volution de la cyber\u00e9conomie en Suisse. Par ailleurs, la Conf\u00e9d\u00e9ration devrait servir de mod\u00e8le en mati\u00e8re de TIC. Il serait judicieux d\u2019adopter une directive qui obligerait les autorit\u00e9s requ\u00e9rantes \u00e0 examiner attentivement les cons\u00e9quences de tout nouveau projet de loi ou d\u2019ordonnance sur l\u2019utilisation des TIC et \u00e0 porter ces r\u00e9flexions \u00e0 la connaissance des autorit\u00e9s de d\u00e9cision. La Conf\u00e9d\u00e9ration et les autorit\u00e9s sont souvent les interlocuteurs des consommateurs et des entreprises. De ce fait, elles ont la chance de promouvoir l\u2019acceptation des processus \u00e9lectroniques dans l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie \u2013 y compris les transactions B2C et B2B \u2013 en utilisant elles-m\u00eames activement les instruments appropri\u00e9s.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abCanaux par lesquels les TIC influencent la productivit\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abCyberadministration: disponibilit\u00e9 en ligne de vingt services publics de base (en&nbsp;%)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Indications bibliographiques&#13;<\/p>\n<h3>Indications bibliographiques<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u2212 Capgemini, <i>Smarter, Faster, Better eGovernment \u2013 8th Benchmark Measurement,<\/i> 2009, <i><a href=\"http:\/\/ec.europa.eu\/\">http:\/\/ec.europa.eu\/<\/a> information_society\/eeurope\/i2010\/ pc_post-i2010\/index_en.<\/i>\u2212 Comtesse Xavier \/ Avenir Suisse, <i>Dartfish, Logitech, Swissquote und Co.,<\/i> Gen\u00e8ve, 2005, \u00e9d. du Tricorne.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La num\u00e9risation de la soci\u00e9t\u00e9 progresse inexorablement. 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