{"id":151249,"date":"2011-03-01T12:00:00","date_gmt":"2011-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/03\/schluep-campo-4\/"},"modified":"2023-08-24T00:54:03","modified_gmt":"2023-08-23T22:54:03","slug":"schluep-campo-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/03\/schluep-campo-4\/","title":{"rendered":"L\u2019impact \u00e9conomique des r\u00e9seaux \u00e9lectroniques: l\u2019exemple des projets de cyberadministration"},"content":{"rendered":"<p>Les r\u00e9seaux \u00e9lectroniques \u2013 cons\u00e9quence de la place prise par les technologies de l\u2019information et de la communication (TIC) \u2013 ont envahi notre quotidien professionnel et priv\u00e9. La croissance \u00e9conomique peut \u00e9galement profiter de fa\u00e7on importante des \u00e9changes \u00e9lectroniques avec les autorit\u00e9s. L\u2019\u00c9tat joue \u00e0 ce sujet un r\u00f4le essentiel. L\u2019article ci-contre traite des avantages, mais aussi des co\u00fbts et des risques li\u00e9s aux projets de cyberadministration, tous ne rencontrant pas le succ\u00e8s escompt\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201103_05_Schluep-Campo_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"265\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes TIC et de plus en plus les r\u00e9seaux \u00e9lectroniques ont des r\u00e9percussions directes et indirectes sur l\u2019\u00e9volution \u00e9conomique et sociale. Ils permettent de fournir des services depuis un lieu quelconque. Ils rendent \u00e9galement possibles la d\u00e9localisation et l\u2019externalisation de certaines activit\u00e9s de l\u2019entreprise (centres d\u2019appel au Caire ou de comptabilit\u00e9 en Inde). Les personnes priv\u00e9es profitent de co\u00fbts commerciaux r\u00e9duits, tandis que les autorit\u00e9s informent et communiquent par Internet. Plus r\u00e9cemment sont apparus les r\u00e9seaux sociaux et le Web 2.0. L\u2019article traite des cons\u00e9quences \u00e9conomiques des r\u00e9seaux \u00e9lectroniques et plus particuli\u00e8rement des projets de cyberadministration.&#13;<\/p>\n<h2>Acteurs et utilisateurs des r\u00e9seaux \u00e9lectroniques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour tenter de cataloguer l\u2019utilisation des r\u00e9seaux \u00e9lectroniques, on part des principaux acteurs concern\u00e9s par les interactions \u00e9lectroniques: entreprises, individus (qu\u2019ils soient consommateurs ou citoyens) et gouvernements. Les interactions \u00e9lectroniques entre ces diff\u00e9rents groupes, pr\u00e9sent\u00e9es dans le <i>tableau 1<\/i>, peuvent \u00eatre class\u00e9es dans une matrice qui inclut les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d\u2019interactions classiques en mati\u00e8re de commerce \u00e9lectronique, par exemple le B2B (\u00abbusiness-to-business\u00bb) ou le B2C (\u00abbusiness-to-consumer\u00bb). Le tableau comprend 6 cases; comme on n\u2019identifie que les relations entre acteurs mais pas leur sens (la case B2C est \u00e9quivalente \u00e0 la case C2B), ces cases repr\u00e9sentent toutes les combinaisons possibles entre les trois acteurs. Remarquons que les fronti\u00e8res qui s\u00e9parent ces cases sont de plus en plus floues, car les nouvelles applications sont utilis\u00e9es \u00e0 la fois par les consommateurs (C2C) et par les entreprises (B2B, B2C); par exemple, l\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique SuisseID peut \u00eatre utilis\u00e9e dans les relations avec le gouvernement mais aussi dans celles que nouent les entreprises entre elles ou avec les personnes priv\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h2>Exploiter le potentiel des nouvelles technologies<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe r\u00f4le de l\u2019\u00c9tat est de rendre possible l\u2019existence d\u2019une desserte de base constitu\u00e9e d\u2019une infrastructure bon march\u00e9, fiable et de haute qualit\u00e9 technique ainsi que d\u2019une offre de services suffisante. Il doit garder un \u0153il sur la concurrence et veiller \u00e0 ce que les barri\u00e8res \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du march\u00e9 soient r\u00e9duites \u00e0 leur minimum, afin que le potentiel de productivit\u00e9 puisse \u00eatre exploit\u00e9. Si la concurrence \u2013 que ce soit pour des raisons priv\u00e9es (dysfonctionnement d\u00fb aux cartels, standards anticomp\u00e9titifs, etc) ou d\u2019\u00c9tat (r\u00e9glementation fautive, obstacles \u00e0 l\u2019innovation, etc.) \u2013 n\u2019est pas efficace, l\u2019utilisation des TIC risque de ne pas \u00eatre optimale. L\u2019\u00c9tat doit plus particuli\u00e8rement instituer des conditions-cadres qui permettent une utilisation optimale des TIC. Cela signifie que, en dehors de la politique de la concurrence d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e, il faut notamment une r\u00e9glementation adapt\u00e9e aux TIC (en mati\u00e8re de normes et de standards par exemple) et qui permette l\u2019interop\u00e9rabilit\u00e9 des composants fournis par les diff\u00e9rents producteurs et la lutte contre la cybercriminalit\u00e9. L\u2019\u00c9tat devrait activement s\u2019impliquer lorsqu\u2019il s\u2019agit de normes et de standards qui pr\u00e9sentent le caract\u00e8re de biens publics.Afin de ne pas figer ou m\u00eame renforcer les exclusions \u00e9conomiques et sociales ainsi que les in\u00e9galit\u00e9s qui marquent l\u2019acc\u00e8s aux TIC (\u00abfracture num\u00e9rique\u00bb), l\u2019\u00c9tat pourrait \u00e9tudier des mesures concernant la formation et les capacit\u00e9s de la population dans ce domaine. Il convient, entre autres, de minimiser les risques en mati\u00e8re de protection des donn\u00e9es, de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019information ou de s\u00e9curit\u00e9 publique. L\u2019\u00c9tat est \u00e9galement indispensable pour lutter contre les abus et faire appliquer le droit. Quand il est lui-m\u00eame directement impliqu\u00e9 \u2013 la question concerne autant la Conf\u00e9d\u00e9ration, les cantons que les communes \u2013, il doit directement chercher \u00e0 mettre en place des TIC optimales.Une telle politique permet d\u2019exploiter le potentiel de productivit\u00e9 des TIC ainsi que celui des r\u00e9seaux \u00e9lectroniques. Les canaux \u00e0 travers lesquels passent les progr\u00e8s de la productivit\u00e9 sont \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans l\u2019article de D. Hauri et M. Saurer (voir page 4). L\u2019<i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>L\u2019impact quantitatif des TIC sur la croissance \u00e9conomique<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nQuantifier les r\u00e9percussions des TIC sur la croissance \u00e9conomique est difficile. Cela provient d\u2019abord du fait qu\u2019elles peuvent en m\u00eame temps \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des biens immat\u00e9riels (par exemple les logiciels). Nombre d\u2019entre eux sont r\u00e9alis\u00e9s avec l\u2019aide des TIC, qui en retour leur permettent d\u2019avoir un effet sur la productivit\u00e9 et la croissance. L\u2019impact \u00e9conomique est, en outre, bien plus grand si, au lieu d\u2019orienter lanalyse sur les seuls investissements li\u00e9s aux TIC, on leur associe les changements et les innovations qu\u2019ils entra\u00eenent. Ces derni\u00e8res ont alors un impact \u00e9conomique consid\u00e9rable, comme la r\u00e9organisation et la rationalisation des pratiques commerciales existantes ou m\u00eame la r\u00e9forme structurelle d\u2019un secteur \u00e9conomique entier. On ne sait, en outre, pas comment mod\u00e9liser l\u2019interaction entre les TIC et les autres variables, comme la capacit\u00e9 des employ\u00e9s \u00e0 entraver la r\u00e9organisation de l\u2019entreprise apr\u00e8s l\u2019introduction de TIC ou les facteurs qui influencent g\u00e9n\u00e9ralement leur emploi. Les progr\u00e8s technologiques tr\u00e8s rapides modifient \u00e9galement l\u2019influence des TIC dans le temps. Van Reenen et al. (2010) plaident pour une approche qui saisisse leur impact au niveau de l\u2019entreprise, les r\u00e9sultats \u00e9tant ensuite agr\u00e9g\u00e9s au niveau macro\u00e9conomique (\u00abmicro to macro\u00bb)a.Pour se faire une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, il faut se rapporter aux chiffres de l\u2019OCDEb qui a montr\u00e9 que, entre 1985 et 2008, l\u2019apport des TIC \u00e0 la croissance du produit int\u00e9rieur brut (PIB) des \u00c9tats membres de l\u2019organisation se si-tuait entre 0,2 et 0,6 point de pourcentage par an.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\na Van Reenen John, Bloom Nicholas, Draka Mirko, Kretschmer Tobias et Sadun Raffaella, The Economic Impact of ICT, Centre for Economic Performance, London School of Economics, Londres, 2010.b OCDE, OECD Compendium of Pruductivity Indicators, Paris, 2008. discute de l\u2019impact des TIC sur la croissance \u00e9conomique et de leur mesure.&#13;<\/p>\n<h2>Qu\u2019est-ce qu\u2019une cyberadministration?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe <i>tableau 1<\/i> permet de pr\u00e9ciser ce qu\u2019on entend par cyberadministration: dans le cadre de cet article, il s\u2019agit des interactions \u00e9lectroniques entre le gouvernement et d\u2019autres acteurs (G2B, B2G, G2C, C2G) ainsi que des interactions \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du gouvernement lui-m\u00eame (G2G), autrement dit toute la colonne \u00abgouvernement\u00bb du tableau. Cette notion doit \u00eatre comprise \u00e0 tous les niveaux, de la commune \u00e0 l\u2019\u00e9chelon supranational.Le tableau pr\u00e9sente un certain nombre d\u2019applications pour la cyberadministration. Les principaux stades d\u2019\u00e9volution mentionn\u00e9s ci-apr\u00e8s (du plus simple au plus compliqu\u00e9) permettent de juger de leur niveau de sophistication:1. L\u2019<i>information:<\/i> des donn\u00e9es sont disponibles sur Internet.2. La <i>communication \u00e0 sens unique:<\/i> un formulaire peut \u00eatre t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 sur Internet.3. La <i>communication dans les deux sens:<\/i> le formulaire peut \u00eatre rempli et envoy\u00e9 par Internet.4. La possibilit\u00e9 <i>d\u2019effectuer toute la transaction de mani\u00e8re \u00e9lectronique.<\/i>5. Le dernier stade est celui de la <i>personnalisation (\u00abtargetisation\u00bb):<\/i> les donn\u00e9es sont r\u00e9utilis\u00e9es, personnalis\u00e9es et l\u2019\u00c9tat anticipe les besoins des utilisateurs. Ce cadre de r\u00e9f\u00e9rence permet de juger du degr\u00e9 de sophistication des applications Internet d\u2019un pays et de le comparer aux autres, ce que fait, par exemple, chaque ann\u00e9e <i>The eGovernment Benchmark Report<\/i> de la soci\u00e9t\u00e9 Capgemini. Dans ces enqu\u00eates, la Suisse est en g\u00e9n\u00e9ral bien positionn\u00e9e en ce qui concerne les infrastructures, beaucoup moins en mati\u00e8re de services cyberadministratifs.La <i>Strat\u00e9gie suisse de cyberadministration (2006)<\/i> repr\u00e9sente une importante \u00e9tape pour faire avancer sur cette voie les diff\u00e9rents \u00e9chelons f\u00e9d\u00e9raux, d\u2019un m\u00eame pas et de mani\u00e8re coordonn\u00e9e. Dans ce contexte, les services offerts aux entreprises par les administrations jouent un r\u00f4le crucial.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019impact \u00e9conomique de la cyberadministration<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa cyberadministration entra\u00eene souvent des modifications en profondeur des processus \u00e9tatiques. Son impact r\u00e9el tout comme les applications retenues d\u00e9pendent des co\u00fbts et des b\u00e9n\u00e9fices, ainsi que des risques qui leur sont li\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Des co\u00fbts r\u00e9duits?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa cyberadministration a un co\u00fbt pour les administrations publiques, mais aussi pour les entreprises et les citoyens. S\u2019il est en g\u00e9n\u00e9ral bien connu dans le premier cas, puisqu\u2019il doit figurer au budget de l\u2019\u00c9tat, il l\u2019est souvent beaucoup moins, ou m\u00eame pas du tout, pour les entreprises. Les implications peuvent \u00eatre de l\u2019ordre suivant:1. Des <i>co\u00fbts d\u2019investissement suppl\u00e9mentaires<\/i> au d\u00e9but du projet (mat\u00e9riel, logiciels, consultants, apprentissage du nouveau syst\u00e8me), auxquels il faut ajouter les co\u00fbts d\u2019entretien.2. Une <i>baisse des co\u00fbts de transaction,<\/i> notamment des co\u00fbts administratifs (\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du gouvernement, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des entreprises ou dans les \u00e9changes entre les deux).3. Une <i>baisse des co\u00fbts de transport et de communication,<\/i> notamment quand la communication \u00e9lectronique remplace une pr\u00e9sence physique.4. Une <i>r\u00e9duction des retards et des temps d\u2019attente<\/i> (pour transmettre un document, recevoir une autorisation, etc.) <i>et de leurs co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9.<\/i>Il existe des cas o\u00f9 une baisse des co\u00fbts n\u2019est pas toujours garantie. Si l\u2019\u00c9tat doit permettre \u00e0 toute la population d\u2019utiliser ses services, y compris \u00e0 ceux qui ne sont pas connect\u00e9s, il faut un double acc\u00e8s aux prestations \u00e9tatiques (cyberadministration et classique). Pour que les co\u00fbts baissent effectivement pour les entreprises, il importe aussi que les syst\u00e8mes soient facilement accessibles et bon march\u00e9; dans le cas contraire, seules les grandes entreprises pourront en profiter et les PME n\u2019auront pas les moyens d\u2019acc\u00e9der au nouveau syst\u00e8me.L\u2019<i>encadr\u00e9 2<\/i>&#13;<\/p>\n<h3>E-Cites<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces de faune et de flore sauvages menac\u00e9es d\u2019extinction (Cites) ou Convention de Washington a pour but de contr\u00f4ler le commerce international des sp\u00e9cimens d\u2019animaux et de plantes sauvages menac\u00e9es d\u2019extinction ainsi que leurs produits d\u00e9riv\u00e9s.En Suisse, c\u2019est l\u2019Office v\u00e9t\u00e9rinaire f\u00e9d\u00e9ral (OVF) qui est responsable de l\u2019application de la convention. En raison des besoins importants de l\u2019industrie horlog\u00e8re et du luxe en produits soumis \u00e0 autorisation, c\u2019est l\u2019OVF qui d\u00e9livre de loin le plus grand nombre d\u2019autorisations dans le monde. E-Cites dispose de plusieurs types de saisies suivant les demandes. L\u2019exportateur (client) se connecte au syst\u00e8me via un certificat \u00e9lectronique et un nom d\u2019utilisateur et acc\u00e8de directement au compte de son entreprise. Il g\u00e8re ce compte de mani\u00e8re largement autonome sous la surveillance de l\u2019OVF. Il introduit lui-m\u00eame les donn\u00e9es relatives \u00e0 ses exportations et y d\u00e9pose ses demandes de certificat de r\u00e9exportation. Les autorisations sont imprim\u00e9es et sign\u00e9es soit \u00e0 l\u2019OVF soit dans une chambre de commerce accr\u00e9dit\u00e9es.Cette proc\u00e9dure permet de gagner du temps, puisque la dur\u00e9e entre le moment de l\u2019importation et celui de l\u2019impression du permis d\u2019exportation ou du certificat de r\u00e9exportation peut \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 24 heures dans le meilleur des cas. L\u2019OVF a d\u00e9livr\u00e9 plus de 100&nbsp;000 permis d\u2019exportation en 2010 contre 75&nbsp;000 en 2006. Leur gestion n\u00e9cessitait quatre postes \u00e0 temps complet en 2010 contre cinq et demi en 2006. L\u2019investissement dans le nouveau syst\u00e8me \u00e9tait donc amorti en 2,4 ans.L\u2019efficience et la rapidit\u00e9 du syst\u00e8me sont int\u00e9ressantes pour une entreprise qui distribue de tels biens depuis la Suisse. Du reste, E-Cites contente tout le monde:\u2212 l\u2019\u00e9conomie suisse et le consommateur profitent d\u2019un service am\u00e9lior\u00e9 et surtout plus rapide;\u2212 l\u2019administration en fait plus en moins de temps et en utilisant moins de ressources;\u2212 la Suisse se dote d\u2019un avantage \u00e9conomique par rapport \u00e0 ses voisins.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nd\u00e9crit un exemple de cyberadministration r\u00e9ussie, qui montre la fa\u00e7on dont les TIC peuvent avantager la place \u00e9conomique suisse. Elles en accroissent l\u2019attrait aux yeux des investisseurs \u00e9trangers et du personnel qualifi\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Des b\u00e9n\u00e9fices en hausse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDes projets bien g\u00e9r\u00e9s, aboutissant \u00e0 des applications qui fonctionnent bien, peuvent pr\u00e9senter des b\u00e9n\u00e9fices importants:1. <i>Am\u00e9lioration de la qualit\u00e9, de la flexibilit\u00e9, de l\u2019image:<\/i> un guichet ouvert 24h\/24 permet d\u2019\u00e9viter de se heurter \u00e0 des horaires peu conviviaux et peut augmenter la qualit\u00e9 de vie. Les erreurs peuvent \u00eatre r\u00e9duites, avec notamment la d\u00e9claration d\u2019imp\u00f4ts \u00e9lectronique et le num\u00e9ro d\u2019identification des entreprises IDE, ainsi que l\u2019incertitude, ce qui satisfait les partenaires et fournisseurs.2. La baisse des co\u00fbts peut <i>am\u00e9liorer les politiques publiques<\/i> (hausse de la quantit\u00e9 de services publics pour un budget donn\u00e9). La cyberadministration peut, par exemple, r\u00e9duire les co\u00fbts des achats publics, \u00e0 travers \u00e0 la fois des gains d\u2019efficacit\u00e9 et une concurrence accrue. Les \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es peuvent servir \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des services publics. 3. <i>Am\u00e9lioration de la gouvernance:<\/i> les transactions \u00e9lectroniques sont souvent plus transparentes que les processus classiques. Les projets de vote \u00e9lectronique peuvent entra\u00eener une hausse de la participation d\u00e9mocratique et la transparence peut aider \u00e0 diminuer la corruption, notamment dans les pays en d\u00e9veloppement. 4. L\u2019investissement dans le capital, les progr\u00e8s technologiques et l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie peuvent provoquer une <i>hausse de l\u2019innovation, de la productivit\u00e9<\/i> et, en fin de compte, <i>de la croissance \u00e9conomique.<\/i> L\u2019acc\u00e9l\u00e9ration et le meilleur acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information permettent \u00e9galement un d\u00e9veloppement plus rapide de l\u2019innovation.Ces b\u00e9n\u00e9fices ne sont pas toujours faciles \u00e0 quantifier, en particulier ceux qui sont non mon\u00e9taires, mais ils sont bien tangibles. Un mod\u00e8le qualitatif (Utilitas&#13;<br \/>\nEgovernment suisse, Portefeuille des projets prioritaires, Rapport final d\u2019\u00e9valuation fond\u00e9e sur des crit\u00e8res qualitatifs avec le mod\u00e8le \u00abUtilitas\u00bb, 2010.) a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 en Suisse afin d\u2019\u00e9valuer les projets prioritaires de la strat\u00e9gie de cyberadministration.&#13;<\/p>\n<h2>Les risques possibles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne baisse des co\u00fbts et une hausse de la qualit\u00e9, voil\u00e0 une configuration id\u00e9ale pour d\u00e9marrer un projet. Il faut, toutefois, prendre garde \u00e0 ne pas \u00eatre victime d\u2019un \u00abenthousiasme dangereux\u00bb&#13;<br \/>\nThe Economist, \u00abA special report on technology and government\u00bb, 16 f\u00e9vrier 2008., car tout ce qui est li\u00e9 aux r\u00e9seaux \u00e9lectroniques n\u2019est pas rose pour autant. Si l\u2019on veut que les projets en mati\u00e8re de cyberadministration r\u00e9ussissent il ne faut jamais perdre de vue les \u00e9cueils et contraintes qui leurs sont li\u00e9s:1. Les risques li\u00e9s au <i>projet:<\/i> les projets complexes au niveau technologique, co\u00fbteux ou qui prennent beaucoup de temps sont par nature risqu\u00e9s; la gestion de projets complexes peut constituer un d\u00e9fi pour l\u2019administration, ce qui rend particuli\u00e8rement n\u00e9cessaire un monitorage efficace. De plus, certains projets de cyberadministration n\u2019aboutissent pas parce que leur utilit\u00e9 n\u2019est pas av\u00e9r\u00e9e: certains exercices \u00abalibi\u00bb ne r\u00e9pondent pas \u00e0 un v\u00e9ritable besoin du public-cible. On risque alors d\u2019aboutir \u00e0 un gaspillage de fonds publics. Un suppl\u00e9ment du magazine The Economist sur le sujet&#13;<br \/>\nThe Economist, op.cit. remarquait ainsi: \u00abThe failure of government computerisation projects is so routine that it no longer excites much comment\u00bb (En mati\u00e8re de cyberadministration, les \u00e9checs font tellement partie de l\u2019ordre des choses qu\u2019ils ne suscitent plus gu\u00e8re de commentaires), ou encore: \u00abOnly rarely do the promised benefits materialise\u00bb (il est rare que les b\u00e9n\u00e9fices promis se concr\u00e9tisent).2. Une r\u00e9vision des <i>processus administratifs<\/i> est n\u00e9cessaire pour b\u00e9n\u00e9ficier pleinement du potentiel de la cyberadministration. Il est souvent peu utile de d\u00e9velopper une nouvelle application Internet sans r\u00e9former les processus sous-jacents; cela peut heurter des int\u00e9r\u00eats \u00e9tablis, que ce soit dans l\u2019administration ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Il arrive ainsi r\u00e9guli\u00e8rement que des groupes concern\u00e9s fassent valoir leurs pr\u00e9rogatives et arrivent \u00e0 imposer des solutions qui ne permettent pas de b\u00e9n\u00e9ficier du plein potentiel des investissements r\u00e9alis\u00e9s. Certaines applications qui pourraient avoir un potentiel important ne d\u00e9passent alors pas le stade de la machine \u00e0 \u00e9crire \u00e9lectronique, autrement dit le stade 2 ou 3 de d\u00e9veloppement (voir plus haut). Ce type d\u2019obstacles fait dire \u00e0 l\u2019OCDE que \u00abl\u2019administration \u00e9lectronique est plus une affaire d\u2019administration que d\u2019\u00e9lectro-nique\u00bb&#13;<br \/>\nAnne de Chambrier, \u00abSimplification administrative et administration \u00e9lectronique: une collaboration indispensable\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 12-2007, p. 61ss..3. Les risques au niveau de la <i>s\u00e9curit\u00e9 et de la protection des donn\u00e9es:<\/i> l\u2019augmentation des donn\u00e9es disponibles ainsi que la facilit\u00e9 de leur copie et transmission cr\u00e9e un risque nouveau au niveau de la s\u00e9curit\u00e9. De nouvelles possibilit\u00e9s de contr\u00f4le des citoyens par l\u2019\u00c9tat apparaissent, mais \u00e9galement de nouvelles possibilit\u00e9s de fuites (Wikileaks) ou d\u2019utilisation frauduleuse. Les cons\u00e9quences de donn\u00e9es introduites de mani\u00e8re incorrecte dans un syst\u00e8me peuvent, en outre, \u00eatre d\u00e9sagr\u00e9ables.4. Souvent, dans les projets de cyberadministration, il faut une <i>masse critique d\u2019utilisateurs<\/i> pour b\u00e9n\u00e9ficier pleinement du potentiel du projet (\u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle et externalit\u00e9s de r\u00e9seau). C\u2019est ce qu\u2019on constate par exemple dans les projets de cybersant\u00e9. Si cette masse critique n\u2019est pas atteinte, le projet risque d\u2019aboutir \u00e0 un \u00e9chec. Ceci repr\u00e9sente un d\u00e9fi particulier pour la Suisse, puisqu\u2019au probl\u00e8me que repr\u00e9sente sa taille r\u00e9duite s\u2019ajoutent la diversit\u00e9 linguistique et le f\u00e9d\u00e9ralisme.&#13;<\/p>\n<h2>Pourquoi analyser les impacts \u00e9conomiques&nbsp;?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe num\u00e9ro de <i>La Vie \u00e9conomique<\/i> pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de plusieurs analyses d\u2019impact dans le domaine de la cyberadministration. Une des principales raisons de leur choix est quils impliquent d\u2019investir d\u00e8s le d\u00e9but, pour des gains qui ne se produisent qu\u2019\u00e0 moyen et long termes, Ces investissements additionnels n\u2019\u00e9tant pas pr\u00e9vus dans les budgets courants, il faut pouvoir les justifier ex ante.En plus de ce d\u00e9calage temporel somme toute assez classique, un probl\u00e8me plus s\u00e9rieux r\u00e9side dans le fait que les b\u00e9n\u00e9fices et les co\u00fbts n\u2019apparaissent souvent pas au m\u00eame endroit. Par exemple, les co\u00fbts surviennent au niveau de l\u2019\u00c9tat et les b\u00e9n\u00e9fices dans l\u2019\u00e9conomie priv\u00e9e, comme c\u2019est le cas dans de nombreux projets G2B. Dans les projets G2G, les co\u00fbts peuvent appara\u00eetre dans une institution (un office f\u00e9d\u00e9ral, un canton) et les b\u00e9n\u00e9fices dans une autre, ce qui n\u00e9cessite de d\u00e9passer les barri\u00e8res administratives et de r\u00e9organiser tout le processus. Dans ce genre de contexte, les blocages sont fr\u00e9quents; une analyse compl\u00e8te des b\u00e9n\u00e9fices et des co\u00fbts peut permettre de les d\u00e9passer. L\u2019identification des b\u00e9n\u00e9ficiaires permet \u00e9galement de pr\u00e9voir une redistribution des b\u00e9n\u00e9fices entre tous les milieux concern\u00e9s, ce qui favorise l\u2019acceptation du projet.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abExemples d\u2019utilisation des r\u00e9seaux \u00e9lectroniques\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: L\u2019impact quantitatif des TIC sur la croissance \u00e9conomique&#13;<\/p>\n<h3>L\u2019impact quantitatif des TIC sur la croissance \u00e9conomique<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nQuantifier les r\u00e9percussions des TIC sur la croissance \u00e9conomique est difficile. Cela provient d\u2019abord du fait qu\u2019elles peuvent en m\u00eame temps \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des biens immat\u00e9riels (par exemple les logiciels). Nombre d\u2019entre eux sont r\u00e9alis\u00e9s avec l\u2019aide des TIC, qui en retour leur permettent d\u2019avoir un effet sur la productivit\u00e9 et la croissance. L\u2019impact \u00e9conomique est, en outre, bien plus grand si, au lieu d\u2019orienter lanalyse sur les seuls investissements li\u00e9s aux TIC, on leur associe les changements et les innovations qu\u2019ils entra\u00eenent. Ces derni\u00e8res ont alors un impact \u00e9conomique consid\u00e9rable, comme la r\u00e9organisation et la rationalisation des pratiques commerciales existantes ou m\u00eame la r\u00e9forme structurelle d\u2019un secteur \u00e9conomique entier. On ne sait, en outre, pas comment mod\u00e9liser l\u2019interaction entre les TIC et les autres variables, comme la capacit\u00e9 des employ\u00e9s \u00e0 entraver la r\u00e9organisation de l\u2019entreprise apr\u00e8s l\u2019introduction de TIC ou les facteurs qui influencent g\u00e9n\u00e9ralement leur emploi. Les progr\u00e8s technologiques tr\u00e8s rapides modifient \u00e9galement l\u2019influence des TIC dans le temps. Van Reenen et al. (2010) plaident pour une approche qui saisisse leur impact au niveau de l\u2019entreprise, les r\u00e9sultats \u00e9tant ensuite agr\u00e9g\u00e9s au niveau macro\u00e9conomique (\u00abmicro to macro\u00bb)a.Pour se faire une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, il faut se rapporter aux chiffres de l\u2019OCDEb qui a montr\u00e9 que, entre 1985 et 2008, l\u2019apport des TIC \u00e0 la croissance du produit int\u00e9rieur brut (PIB) des \u00c9tats membres de l\u2019organisation se si-tuait entre 0,2 et 0,6 point de pourcentage par an.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\na Van Reenen John, Bloom Nicholas, Draka Mirko, Kretschmer Tobias et Sadun Raffaella, The Economic Impact of ICT, Centre for Economic Performance, London School of Economics, Londres, 2010.b OCDE, OECD Compendium of Pruductivity Indicators, Paris, 2008.&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: E-Cites&#13;<\/p>\n<h3>E-Cites<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces de faune et de flore sauvages menac\u00e9es d\u2019extinction (Cites) ou Convention de Washington a pour but de contr\u00f4ler le commerce international des sp\u00e9cimens d\u2019animaux et de plantes sauvages menac\u00e9es d\u2019extinction ainsi que leurs produits d\u00e9riv\u00e9s.En Suisse, c\u2019est l\u2019Office v\u00e9t\u00e9rinaire f\u00e9d\u00e9ral (OVF) qui est responsable de l\u2019application de la convention. En raison des besoins importants de l\u2019industrie horlog\u00e8re et du luxe en produits soumis \u00e0 autorisation, c\u2019est l\u2019OVF qui d\u00e9livre de loin le plus grand nombre d\u2019autorisations dans le monde. E-Cites dispose de plusieurs types de saisies suivant les demandes. L\u2019exportateur (client) se connecte au syst\u00e8me via un certificat \u00e9lectronique et un nom d\u2019utilisateur et acc\u00e8de directement au compte de son entreprise. Il g\u00e8re ce compte de mani\u00e8re largement autonome sous la surveillance de l\u2019OVF. Il introduit lui-m\u00eame les donn\u00e9es relatives \u00e0 ses exportations et y d\u00e9pose ses demandes de certificat de r\u00e9exportation. Les autorisations sont imprim\u00e9es et sign\u00e9es soit \u00e0 l\u2019OVF soit dans une chambre de commerce accr\u00e9dit\u00e9es.Cette proc\u00e9dure permet de gagner du temps, puisque la dur\u00e9e entre le moment de l\u2019importation et celui de l\u2019impression du permis d\u2019exportation ou du certificat de r\u00e9exportation peut \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 24 heures dans le meilleur des cas. L\u2019OVF a d\u00e9livr\u00e9 plus de 100&nbsp;000 permis d\u2019exportation en 2010 contre 75&nbsp;000 en 2006. Leur gestion n\u00e9cessitait quatre postes \u00e0 temps complet en 2010 contre cinq et demi en 2006. L\u2019investissement dans le nouveau syst\u00e8me \u00e9tait donc amorti en 2,4 ans.L\u2019efficience et la rapidit\u00e9 du syst\u00e8me sont int\u00e9ressantes pour une entreprise qui distribue de tels biens depuis la Suisse. Du reste, E-Cites contente tout le monde:\u2212 l\u2019\u00e9conomie suisse et le consommateur profitent d\u2019un service am\u00e9lior\u00e9 et surtout plus rapide;\u2212 l\u2019administration en fait plus en moins de temps et en utilisant moins de ressources;\u2212 la Suisse se dote d\u2019un avantage \u00e9conomique par rapport \u00e0 ses voisins.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les r\u00e9seaux \u00e9lectroniques \u2013 cons\u00e9quence de la place prise par les technologies de l\u2019information et de la communication (TIC) \u2013 ont envahi notre quotidien professionnel et priv\u00e9. La croissance \u00e9conomique peut \u00e9galement profiter de fa\u00e7on importante des \u00e9changes \u00e9lectroniques avec les autorit\u00e9s. L\u2019\u00c9tat joue \u00e0 ce sujet un r\u00f4le essentiel. 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