{"id":151269,"date":"2011-01-01T12:00:00","date_gmt":"2011-01-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2011\/01\/aeberhardt-8\/"},"modified":"2023-08-24T00:54:23","modified_gmt":"2023-08-23T22:54:23","slug":"aeberhardt-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2011\/01\/aeberhardt-8\/","title":{"rendered":"Un march\u00e9 du travail qui fonctionne bien garantit-il le financement durable des assurances sociales?"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est une lapalissade: les pays riches qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un march\u00e9 du travail d\u00e9velopp\u00e9, d\u2019un taux d\u2019activit\u00e9 et d\u2019une productivit\u00e9 \u00e9lev\u00e9s peuvent disposer de meilleurs syst\u00e8mes sociaux que ceux qui offrent de moins bonnes places de travail et poss\u00e8dent un grand secteur informel. Il est, toutefois, plus difficile de r\u00e9pondre \u00e0 la question suivante: une acc\u00e9l\u00e9ration de la croissance est-elle en mesure de contenir voire de r\u00e9soudre le probl\u00e8me du financement des assurances sociales dans une \u00e9conomie comme celle de la Suisse? Le pr\u00e9sent article tente d\u2019\u00e9valuer dans quelle mesure, sur la base des conditions institutionnelles actuelles, une croissance \u00e9conomique \u00e9lev\u00e9e et un march\u00e9 du travail solide peuvent contribuer \u00e0 relever les d\u00e9fis d\u00e9mographiques.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201101_05_Aeberhardt_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPar \u00abmarch\u00e9 du travail qui fonctionne bien\u00bb, nous entendons un nombre suffisant de postes susceptibles d\u2019accro\u00eetre le niveau de vie de la population, ce qui va dans le sens de l\u2019OCDE, qui souhaite \u00abdes emplois plus nombreux et de meilleure qualit\u00e9\u00bb. Il faut pour cela que la croissance \u00e9conomique et la productivit\u00e9 soient \u00e9lev\u00e9es et que la population apte \u00e0 travailler participe largement au march\u00e9 du travail.&#13;<\/p>\n<h2>Des d\u00e9fis \u00e0 relever<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCes prochaines ann\u00e9es, les pays riches seront confront\u00e9s \u00e0 deux ph\u00e9nom\u00e8nes qui affecteront les finances publiques, les assurances sociales et surtout le budget des m\u00e9nages: le vieillissement d\u00e9mographique (avec pour corollaire une hausse de la proportion de personnes \u00e2g\u00e9es) et l\u2019\u00e9volution des co\u00fbts de la sant\u00e9.1. Le <i>vieillissement d\u00e9mographique<\/i> r\u00e9sulte d\u2019une baisse de la f\u00e9condit\u00e9 combin\u00e9e \u00e0 une hausse de l\u2019esp\u00e9rance de vie. Il s\u2019ensuit une augmentation de la proportion de personnes \u00e2g\u00e9es: alors qu\u2019en 2010, on comptait encore 3,5 personnes pour assurer l\u2019entretien d\u2019un retrait\u00e9, en 2030, il n\u2019y en aura plus que 2,2&#13;<br \/>\nSur la base du sc\u00e9nario d\u00e9mographique A-00\u20132010, \u00e2ge de la retraite 64\/65 ans..2. Les <i>co\u00fbts de la sant\u00e9<\/i> ne sont pas seulement creus\u00e9s par le vieillissement d\u00e9mographique. Ils r\u00e9sultent aussi, dans une large mesure, de l\u2019am\u00e9lioration des possibilit\u00e9s de traitement m\u00e9dical et dune demande croissante en soins de sant\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019augmentation des revenus. Les soins de longue dur\u00e9e, qui n\u00e9cessiteront des moyens consid\u00e9rables dans les prochaines ann\u00e9es, jouent un r\u00f4le particulier en ce domaine.Nous devons donc nous poser cette question: dans quelle mesure une croissance \u00e9conomique forte et un march\u00e9 du travail fonctionnel peuvent-ils r\u00e9soudre cette probl\u00e9matique? Compte tenu de la r\u00e9glementation en vigueur, un nouvel accroissement de la participation au march\u00e9 du travail en Suisse n\u2019est gu\u00e8re possible, tout au plus en am\u00e9liorant la compatibilit\u00e9 entre vies familiale et professionnelle. Si, dans les autres pays europ\u00e9ens, il existe des r\u00e9serves importantes de travailleurs \u00e2g\u00e9s mobilisables \u00e0 long terme, ce n\u2019est pas le cas en Suisse, o\u00f9 leur taux d\u2019activit\u00e9 est nettement plus \u00e9lev\u00e9 (sous lhypoth\u00e8se que l\u00e2ge de la retraite demeure constant). La seule option restante est l\u2019accroissement de la productivit\u00e9, mais celle-ci suffira-t-elle \u00e0 financer le surcro\u00eet de charge? Nous examinerons ci-apr\u00e8s les diverses assurances sociales et nous efforcerons de montrer de mani\u00e8re synth\u00e9tique dans quelle mesure la croissance \u00e9conomique influe sur leur financement.&#13;<\/p>\n<h2>Tour d\u2019horizon des assurances sociales<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nR\u00e9pondant \u00e0 un postulat&#13;<br \/>\nConseil f\u00e9d\u00e9ral, Rapport sur l\u2019\u00e9volution des assurances sociales et sur la stabilisation de la charge sociale en r\u00e9ponse au postulat 00.3743 Baumann J. Alexander du 15 d\u00e9cembre 2000, 17 mars 2006., le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a pr\u00e9sent\u00e9 en 2006 un rapport sur l\u2019\u00e9volution du financement des assurances sociales. Trois sc\u00e9narios ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s: \u00ab\u00e9volution d\u00e9favorable\u00bb, \u00absc\u00e9nario de base\u00bb et \u00ab\u00e9volution favorable\u00bb. Les variables qui ont permis de les diff\u00e9rencier sont la d\u00e9mographie, la croissance r\u00e9elle des salaires, le taux de ch\u00f4mage et la hausse des d\u00e9penses des assurances sociales:1. Le <i>sc\u00e9nario de base<\/i> s\u2019est fond\u00e9, en mati\u00e8re d\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique, sur l\u2019hypoth\u00e8se A-00-2000, \u00abTendance\u00bb. Une hausse des salaires r\u00e9els de 1%, une \u00e9volution des d\u00e9penses pour l\u2019assurance obligatoire des soins (AOS) conforme \u00e0 la tendance des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes (pas d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la hausse) et un taux de ch\u00f4mage moyen de 2,6% ont \u00e9t\u00e9 les hypoth\u00e8ses retenues. Ce sc\u00e9nario a mis en lumi\u00e8re un besoin de financement suppl\u00e9mentaire relatif de 2,5 points de pourcentage du PIB jusqu\u2019\u00e0 2030. 2. Le <i>sc\u00e9nario \u00ab\u00e9volution favorable\u00bb<\/i> table sur une croissance des salaires r\u00e9els de 1,5% par an, un vieillissement att\u00e9nu\u00e9, une augmentation inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne des co\u00fbts AOS et un taux de ch\u00f4mage de seulement 2,2%. Ce sc\u00e9nario \u00e9value le besoin de financement suppl\u00e9mentaire jusqu\u2019\u00e0 2030 \u00e0 0,5% du PIB.3. Le <i>sc\u00e9nario \u00ab\u00e9volution d\u00e9favorable\u00bb<\/i> envisage une croissance des salaires r\u00e9els de 0,5%, une acc\u00e9l\u00e9ration des d\u00e9penses AOS et un taux de ch\u00f4mage de 3,2%. Le besoin de financement suppl\u00e9mentaire serait alors de 5,5 points de pourcentage du PIB jusqu\u2019\u00e0 2030.M\u00eame si de l\u2019eau a coul\u00e9 sous les ponts et que de nouveaux sc\u00e9narios pr\u00e9voient une \u00e9volution l\u00e9g\u00e8rement plus favorable du taux de population active, les r\u00e9sultats de 2006 peuvent toujours \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des indicateurs s\u00e9rieux. Une \u00e9volution d\u00e9mographique l\u00e9g\u00e8rement plus favorable est en effet \u00e0 mettre en regard, dans les tout derniers sc\u00e9narios, d\u2019une \u00e9volution moins favorable de l\u2019assurance-maladie \u2013 principalement en ce qui concerne les soins de longue dur\u00e9e \u2013 et du nombre de ch\u00f4meurs. Il en ressort qu\u2019une \u00e9volution favorable de l\u2019\u00e9conomie et du march\u00e9 du travail ne r\u00e9soudra pas la question du financement. La conjonction de tous les facteurs b\u00e9n\u00e9fiques du sc\u00e9nario \u00ab\u00e9volution favorable\u00bb ne se profile pas \u00e0 l\u2019horizon.Nous examinerons ci-apr\u00e8s les principaux maillons du syst\u00e8me social et d\u00e9gagerons l\u2019impact qu\u2019une \u00e9volution \u00e9conomique favorable peut avoir sur leur financement.&#13;<\/p>\n<h2>Assurance-ch\u00f4mage<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019assurance-ch\u00f4mage (AC) est majoritairement financ\u00e9e par les cotisations salariales. Compte tenu du fait que les prestations de l\u2019AC fluctuent selon la conjoncture, les cotisations salariales correspondent au financement d\u2019un taux de ch\u00f4mage moyen d\u2019un cycle conjoncturel. Dans le cadre de la 4e r\u00e9vision de l\u2019AC, les cotisations ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9es \u00e0 2,2% du salaire, en prenant pour hypoth\u00e8se un taux de ch\u00f4mage moyen de 3,3%. Dans un march\u00e9 du travail qui fonctionne correctement, les ch\u00f4meurs se r\u00e9ins\u00e8rent rapidement dans la vie active. Leur p\u00e9riode d\u2019inactivit\u00e9 se trouve donc raccourcie, ce qui r\u00e9duit les co\u00fbts de l\u2019AC. D\u00e8s lors, une forte croissance r\u00e9elle facilite le financement de deux mani\u00e8res: les recettes augmentent et les d\u00e9penses reculent.Ce constat r\u00e9jouissant doit \u00eatre relativis\u00e9 pour deux raisons: premi\u00e8rement, l\u2019endettement actuel du fonds de compensation de l\u2019AC avoisine les 6 milliards de francs et, deuxi\u00e8mement, l\u2019assurance-ch\u00f4mage est un domaine o\u00f9 la dynamique des co\u00fbts n\u2019est pas li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique.&#13;<\/p>\n<h2>AVS<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019AVS est en grande partie financ\u00e9e par les cotisations salariales, par la part f\u00e9d\u00e9rale aux d\u00e9penses et par le pour-cent de TVA li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique. L\u2019augmentation de la masse salariale s\u2019accompagne d\u2019une hausse des recettes. Les prestations de l\u2019AVS sont fonction du nombre des retrait\u00e9s, mais aussi du rench\u00e9rissement et de la progression des salaires r\u00e9els. En Suisse, on utilise un indice mixte, qui correspond \u00e0 la moyenne arithm\u00e9tique entre l\u2019indice suisse des salaires (ISS) et l\u2019indice des prix \u00e0 la consommation (IPC). Il en r\u00e9sulte que la moiti\u00e9 des gains de productivit\u00e9 \u2013 rapport\u00e9s \u00e0 l\u2019ISS \u2013 sont vers\u00e9s sous forme d\u2019une augmentation des rentes. En mati\u00e8re de financement, qui dit productivit\u00e9 accrue dit, outre recettes plus importantes, rentes plus \u00e9lev\u00e9es.Ces rapports se complexifient du fait que si les rentes sont plafonn\u00e9es les cotisations ne le sont pas. D\u00e8s lors, seule une partie du salaire g\u00e9n\u00e8re des rentes, tandis que l\u2019autre, la strate sup\u00e9rieure, ne donne aucun droit en ce domaine. La hausse de cotisations non formatrices de rentes a, dans tous les cas, un impact favorable sur le financement de l\u2019AVS&#13;<br \/>\n\u00c0 ceci s\u2019ajoute une donn\u00e9e technique: l\u2019\u00e9volution de l\u2019ISS est g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieure \u00e0 celle de la masse salariale r\u00e9elle. Les causes de ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne sont pas totalement expliqu\u00e9es et pourraient \u00eatre li\u00e9es aux changements structurels de l\u2019\u00e9conomie (davantage de postes mieux class\u00e9s, impact des salaires \u00e0 l\u2019anciennet\u00e9). Cela fait que l\u2019AVS profite de la croissance \u00e9conomique; toutefois, il n\u2019est pas certain qu\u2019il continue \u00e0 en \u00eatre de m\u00eame \u00e0 l\u2019avenir..Dans les prochaines ann\u00e9es, la croissance du nombre d\u2019actifs ralentira nettement. L\u2019augmentation des cotisations salariales sera donc, en premier lieu, aliment\u00e9e par les gains de productivit\u00e9. Ces derniers ont, au plan purement m\u00e9canique, une influence favorable sur le financement et sont donc en mesure d\u2019amortir une partie de la charge d\u00e9mographique suppl\u00e9mentaire. Leur capacit\u00e9 de r\u00e9solution des probl\u00e8mes est toutefois limit\u00e9e, car les r\u00e9sultats de r\u00e9partition n\u00e9gatifs pr\u00e9vus p\u00e8seront tr\u00e8s lourd. En outre, en cas de fort accroissement de la productivit\u00e9 sur la dur\u00e9e, l\u2019indice mixte aurait l\u2019effet suivant: les rentes AVS contribueraient \u00e0 r\u00e9duire le taux de remplacement et affaibliraient le syst\u00e8me des trois piliers. Face \u00e0 une telle divergence, il pourrait \u00eatre de nouveau tentant de proc\u00e9der \u00e0 une adaptation totale, autrement dit d\u2019effectuer une compensation p\u00e9riodique, y compris en ce qui concerne l\u2019\u00e9volution globale de la productivit\u00e9.Une autre question m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y int\u00e9resse: que se passerait-il si la situation favo-rable du march\u00e9 du travail incitait les gens \u00e0 rester plus longtemps dans la vie active? Pour ce qui est des rentes inf\u00e9rieures \u00e0 la rente maximale, l\u2019AVS n\u2019en tirerait pas pleinement profit, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019en cas de d\u00e9part tardif \u00e0 la retraite, la rente allou\u00e9e serait m\u00e9caniquement sup\u00e9rieure. La partie des hauts revenus non formatrice de rentes tomberait, en revanche, enti\u00e8rement dans l\u2019escarcelle du financement de l\u2019AVS.Dans l\u2019ensemble, le bilan est nuanc\u00e9. Un march\u00e9 du travail dynamique caract\u00e9ris\u00e9 par une productivit\u00e9 accrue favoriserait quelque peu l\u2019AVS, mais ne r\u00e9soudrait pas le probl\u00e8me d\u00e9mographique. Inversement, une \u00e9volution \u00e9conomique d\u00e9favorable \u00e0 long terme affaiblirait le financement de l\u2019AVS mais celui-ci ferait preuve d\u2019une certaine r\u00e9sistance.&#13;<\/p>\n<h2>Pr\u00e9voyance professionnelle<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa pr\u00e9voyance professionnelle fonctionne selon le principe de la capitalisation. Les montants vers\u00e9s constituent un capital, qui sert \u00e0 financer les rentes. En principe, les uns et les autres s\u2019\u00e9quilibrent. La pr\u00e9voyance professionnelle est tributaire des possibilit\u00e9s de placement et de l\u2019int\u00e9r\u00eat que porte le capital accumul\u00e9. Les placements peuvent s\u2019effectuer sur le territoire suisse ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Une \u00e9volution favorable dans les pays o\u00f9 le placement intervient a un impact favorable sur le capital et donc sur les rentes esp\u00e9r\u00e9es. Une inconnue demeure: quel impact aura le vieillissement d\u00e9mographique mondial sur le rendement des placements effectu\u00e9s au titre de la pr\u00e9voyance professionnelle?&#13;<\/p>\n<h2>Assurance-invalidit\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019AI est financ\u00e9e par les cotisations salariales et par les recettes fiscales. Une bonne \u00e9volution \u00e9conomique tend \u00e0 favoriser ses recettes. La croissance \u00e9conomique ne pourra certainement pas combler ses d\u00e9ficits lorsqu\u2019elle ne b\u00e9n\u00e9ficiera plus du financement additionnel.&#13;<\/p>\n<h2>Aide sociale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes prestations de l\u2019aide sociale d\u00e9pendent en partie de l\u2019\u00e9volution conjoncturelle. Malgr\u00e9 ses al\u00e9as, la tendance est g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la hausse. On ne sait pas dans quelle mesure elle pourrait s\u2019enrayer si la situation \u00e9conomique demeurait favorable. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments militent en faveur d\u2019une r\u00e9ponse contrast\u00e9e:1. Le niveau de prestations de l\u2019aide sociale ne couvre pas seulement le minimum vital mais constitue un minimum consensuel. De l\u2019avis g\u00e9n\u00e9ral, les b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019aide sociale doivent aussi avoir leur part de la prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9. Le niveau de prestations augmente donc aussi \u00e0 long terme avec les salaires r\u00e9els. 2. Les raisons qui conduisent \u00e0 percevoir l\u2019aide sociale sont multiples. Elles peuvent d\u00e9couler de la situation familiale, de lacunes dans la formation ou de probl\u00e8mes multiples. Tous ces motifs n\u2019ont qu\u2019un rapport tr\u00e8s indirect avec les fonctions du march\u00e9 du travail.Il convient de citer \u00e0 cet \u00e9gard les travailleurs pauvres. Ce sont des personnes dont le revenu ne suffit pas \u00e0 subvenir \u00e0 leurs besoins. Le nombre de travailleurs pauvres peut servir, dans le cadre de comparaisons internationales, d\u2019indicateur grossier du niveau de formation de la population en \u00e2ge de travailler et du fonctionnement du march\u00e9 du travail. Dans l\u2019ensemble, un contexte \u00e9conomique durablement favorable tendrait \u00e0 avoir un impact positif. Un march\u00e9 du travail sain pourrait en outre faciliter la r\u00e9insertion dans des postes mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Sant\u00e9 publique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDepuis 1970, les d\u00e9penses de sant\u00e9 compar\u00e9es au produit int\u00e9rieur brut ont progress\u00e9 de 5 points de pourcentage. Un sc\u00e9nario de l\u2019Administration f\u00e9d\u00e9rale des finances (AFF) pr\u00e9voit que cette tendance se poursuivra et que la progression sera, d\u2019ici 2050, de 4 autres points de pourcentage par rapport au PIB&#13;<br \/>\nAFF, Sc\u00e9narios pr\u00e9visionnels pour le domaine de la sant\u00e9, Extrait du rapport sur le plan financier 2009\u20132011 de la l\u00e9gislature du 23 janvier 2008.:1. Dans le domaine de la sant\u00e9 (sans les soins de longue dur\u00e9e), la hausse des d\u00e9penses pr\u00e9vue dans la projection est imputable, dans une tr\u00e8s large mesure, \u00e0 des facteurs de co\u00fbts non influenc\u00e9s par la d\u00e9mographie.2. La plus forte progression des d\u00e9penses concerne les soins de longue dur\u00e9e, dont la quote-part dans les d\u00e9penses globales de sant\u00e9 bondirait de 15% durant l\u2019ann\u00e9e de base \u00e0 25% en 2050. Cette hausse des d\u00e9penses pour les soins de longue dur\u00e9e s\u2019explique avant tout par le vieillissement de la soci\u00e9t\u00e9 et par la conjonction entre une esp\u00e9rance de vie accrue et l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de la population.Une croissance \u00e9conomique \u00e9lev\u00e9e ne b\u00e9n\u00e9ficiera gu\u00e8re au secteur de la sant\u00e9. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la demande de soins cro\u00eetra avec la hausse des revenus, de l\u2019autre, le secteur de la sant\u00e9 devra faire face \u00e0 une augmentation des co\u00fbts salariaux, sa structure demandant un personnel nombreux.&#13;<\/p>\n<h2>Qu\u2019attendre de la croissance \u00e9conomique?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe tour d\u2019horizon montre clairement que si l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la croissance \u00e9conomique peut faciliter le financement des assurances sociales, elle ne saurait remplacer les r\u00e9formes. Les forces qui concourent \u00e0 ce constat quelque peu paradoxal, surtout si l\u2019on effectue une comparaison avec des pays moins riches, sont les suivantes: 1. Les importants d\u00e9couverts de l\u2019AC et de l\u2019AI devront \u00eatre combl\u00e9s ces prochaines ann\u00e9es, qui plus est dans un contexte d\u00e9mographique d\u00e9favorable. 2. On s\u2019attend \u00e0 ce que le domaine de la sant\u00e9 affiche une dynamique des co\u00fbts plus forte que la croissance \u00e9conomique. Il n\u2019est pas exclu que d\u2019autres branches des assurances sociales suivent la m\u00eame pente.3. Certaines assurances sociales couvrent des niveaux de prosp\u00e9rit\u00e9 relatifs. Cela signifie que les pr\u00e9tentions augmentent aussi avec la prosp\u00e9rit\u00e9. Cela concernerait surtout les institutions de pr\u00e9voyance pour lesquelles il tend \u00e0 exister un \u00e9quilibre en termes de revenus entre la masse des retrait\u00e9s et celle de la population active. En Suisse, cette notion se traduit essentiellement par des promesses de prestations sous forme de taux de remplacement fixes. \u00c0 l\u2019avenir, un certain nombre de priorit\u00e9s devront \u00eatre fix\u00e9es dans le domaine social. Les r\u00e9visions de l\u2019AI et de l\u2019AC constituent les premiers pas dans cette direction. Les r\u00e9formes engag\u00e9es dans le domaine de la sant\u00e9 poursuivent le m\u00eame objectif.Ces prochaines ann\u00e9es, la tendance sera \u00e0 l\u2019augmentation des moyens engag\u00e9s dans le secteur social. Des r\u00e8gles budg\u00e9taires sur le financement pourraient garantir la transparence lors de la prise de d\u00e9cision. Confor-m\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9cision du Conseil f\u00e9d\u00e9ral du 19 septembre 2008 prise \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019adoption du message relatif \u00e0 une r\u00e8gle compl\u00e9mentaire au frein \u00e0 l\u2019endettement, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral examine l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019introduire, pour toutes les r\u00e9formes \u00e0 venir concernant les assurances sociales, des r\u00e8gles budg\u00e9taires susceptibles d\u2019assurer la p\u00e9rennit\u00e9 du financement&#13;<br \/>\nVoir larticle de P,-A, Bruchez et E. Matter Schaffner, p. 27 de ce num\u00e9ro..<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est une lapalissade: les pays riches qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un march\u00e9 du travail d\u00e9velopp\u00e9, d\u2019un taux d\u2019activit\u00e9 et d\u2019une productivit\u00e9 \u00e9lev\u00e9s peuvent disposer de meilleurs syst\u00e8mes sociaux que ceux qui offrent de moins bonnes places de travail et poss\u00e8dent un grand secteur informel. 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