{"id":151349,"date":"2010-12-01T12:00:00","date_gmt":"2010-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/12\/ambuehl-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:55:23","modified_gmt":"2023-08-23T22:55:23","slug":"ambuehl-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/12\/ambuehl-2\/","title":{"rendered":"\u00abToo big to fail\u00bb: les enjeux pour la Suisse"},"content":{"rendered":"<p>Les deux grandes banques jouent un r\u00f4le important pour la place financi\u00e8re suisse. Elles sont si cruciales pour la stabilit\u00e9 financi\u00e8re que l\u2019\u00c9tat ne peut se permettre de les laisser dispara\u00eetre en cas de crise. Ces banques b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e8s lors d\u2019une garantie implicite de l\u2019\u00c9tat. Elles sont trop grandes pour \u00eatre mises en faillite (\u00abtoo big to fail\u00bb, TBTF). Or, comme l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 la r\u00e9cente crise financi\u00e8re, cette \u00abgarantie\u00bb comporte des risques consid\u00e9rables pour le contribuable. C\u2019est pourquoi la Suisse doit se doter d\u2019un train de mesures efficaces pour limiter ces risques. Leur mise en \u0153uvre constitue un enjeu de taille. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201012_05_Ambuehl_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Deux banques de premi\u00e8re importance<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes grandes banques \u2013 Credit Suisse et UBS \u2013 sont des acteurs majeurs de la place financi\u00e8re suisse et jouent aussi un r\u00f4le important au niveau international. Elles d\u00e9tiennent \u00e0 elles seules un tiers environ du march\u00e9 domestique des cr\u00e9dits et des d\u00e9p\u00f4ts et sont essentielles pour le trafic des paiements dans le pays ainsi qu\u2019avec l\u2019\u00e9tranger. Au plan international, les deux banques sont, par exemple, leaders dans la gestion de fortune. Elles assument donc des fonctions importantes dans le syst\u00e8me financier d\u2019autres \u00c9tats.La taille des grandes banques est parti-culi\u00e8rement prononc\u00e9e en Suisse par rapport aux indicateurs \u00e9conomiques du pays. Avant la crise, la somme de leurs bilans d\u00e9passait de 4,5 fois environ le produit int\u00e9rieur brut. Il \u00e9tait m\u00eame 40 fois sup\u00e9rieur aux recettes de la Conf\u00e9d\u00e9ration. M\u00eame si ces rapports sont pass\u00e9s \u00e0 2,5 et 21 \u00e0 la fin 2009&#13;<br \/>\nSource: AFF, BNS et Seco., ils demeurent impressionnants et illustrent la taille de ces banques au regard de l\u2019\u00e9conomie suisse.Cette d\u00e9mesure souvent mentionn\u00e9e ne d\u00e9crit, pourtant, pas int\u00e9gralement le probl\u00e8me TBTF. Il faut d\u2019abord savoir si la d\u00e9faillance d\u2019une banque menacerait la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier et, par cons\u00e9quent, l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. La taille de la banque est donc un indice de son importance syst\u00e9mique, mais tant que les cons\u00e9quences d\u2019une insolvabilit\u00e9 peuvent \u00eatre compens\u00e9es par un plan d\u2019urgence appropri\u00e9, elle ne constitue pas un risque en elle-m\u00eame.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c0 partir de quand une banque est-elle d\u2019importance syst\u00e9mique?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa commission d\u2019experts institu\u00e9e par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral en vue d\u2019examiner la limitation des risques que les grandes entreprises font courir \u00e0 l\u2019\u00e9conomie nationale&#13;<br \/>\nCommuniqu\u00e9 de presse du Conseil f\u00e9d\u00e9ral du 4 novembre 2009. (ci-apr\u00e8s \u00abcommission d\u2019experts\u00bb) a d\u00e9fini deux con-ditions: la banque&#13;<br \/>\nSur la base de son analyse, la commission d\u2019experts restreint la probl\u00e9matique TBTF en Suisse au secteur bancaire. Nous renon\u00e7ons donc \u00e0 consid\u00e9rer d\u2019autres domaines du secteur financier ou de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. fournit des prestations dont <i>l\u2019\u00e9conomie ne peut se passer<\/i> et <i>qu\u2019aucun autre acteur du march\u00e9 n\u2019est en mesure de remplacer \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance.<\/i> Or les prestations bancaires, notamment dans le domaine des affaires domestiques de cr\u00e9dit et de d\u00e9p\u00f4t ainsi que dans le trafic des paiements, peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme indispensables pour l\u2019\u00e9conomie suisse. Elles sont particuli\u00e8rement difficiles \u00e0 remplacer si la banque d\u00e9tient une part de march\u00e9 importante ou est fortement impliqu\u00e9e dans le fonctionnement d\u2019autres agents \u00e9conomiques.Donner \u00e0 une banque une importance syst\u00e9mique est difficile dans l\u2019absolu. Tandis que les deux grands \u00e9tablissements cit\u00e9s sont clairement dans ce cas en raison de leur importance fondamentale dans l\u2019\u00e9conomie nationale, d\u2019autres banques suisses exercent \u00e9galement des fonctions syst\u00e9miques et d\u00e9tiennent des parts de march\u00e9 significatives, tout au moins au niveau r\u00e9gional. En outre, l\u2019importance syst\u00e9mique est fonction du contexte. En cas de crise \u2013 autrement dit lorsque de nombreux op\u00e9rateurs \u00e9conomiques sont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9sorient\u00e9s \u2013 m\u00eame de petites banques peuvent pr\u00e9senter des risques syst\u00e9miques. Leur d\u00e9faillance peut, en effet, d\u00e9clencher la panique sur le march\u00e9. Dans ce contexte, la question de l\u2019importance syst\u00e9mique d\u2019une banque doit constamment \u00eatre analys\u00e9e par les autorit\u00e9s de surveillance.Une banque d\u2019importance syst\u00e9mique n\u2019est pas forc\u00e9ment trop grande pour \u00eatre mise en faillite en th\u00e9orie, mais elle l\u2019est dans la r\u00e9alit\u00e9 actuelle. Ce n\u2019est que si le maintien des fonctions d\u2019importance syst\u00e9mique peut \u00eatre garanti en cas de crise que l\u2019\u00c9tat est lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019obligation implicite de soutenir l\u2019\u00e9tablissement financier. Or, le maintien de ces fonctions n\u2019est pas garanti actuellement pour les grandes banques suisses ni d\u2019ailleurs pour la plupart de leurs concurrents internationaux. Cette appr\u00e9ciation est autant valable aujourd\u2019hui qu\u2019au moment du soutien apport\u00e9 \u00e0 l\u2019UBS en 2008. Le pouvoir l\u00e9gislatif, la Conf\u00e9d\u00e9ration et les autorit\u00e9s de surveillance se trouvent donc devant un d\u00e9fi qui consiste \u00e0 \u00e9laborer un dispositif afin de lib\u00e9rer l\u2019\u00c9tat de son obligation de soutenir une banque. Cela est \u00e9galement dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des march\u00e9s financiers, puisque la garantie gratuite de l\u2019\u00c9tat fausse la concurrence.&#13;<\/p>\n<h2>Le train de mesures suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDeux approches fondamentales permettent de limiter sensiblement les risques inh\u00e9rents aux banques d\u2019importance syst\u00e9mique:1. Les mesures \u00e0 prendre doivent garantir le maintien des fonctions d\u2019importance syst\u00e9mique de la banque sans que l\u2019\u00c9tat soit oblig\u00e9 d\u2019intervenir en cas de d\u00e9faillance. Cette d\u00e9marche suffirait en principe \u00e0 r\u00e9soudre le probl\u00e8me TBTF, puisque l\u2019\u00c9tat serait lib\u00e9r\u00e9 de sa responsabilit\u00e9 involontaire.2. Comme le d\u00e9roulement de la prochaine crise reste incertain, on ne peut en aucune fa\u00e7on garantir que ces mesures seront pleinement efficaces en cas de besoin. Le dispositif adopt\u00e9 aura, d\u00e8s lors, pour premier r\u00f4le d\u2019att\u00e9nuer la probabilit\u00e9 de d\u00e9faillance d\u2019une banque d\u2019importance syst\u00e9mique. Il incombe au l\u00e9gislateur de d\u00e9terminer \u2013 et le cas \u00e9ch\u00e9ant aux auto-rit\u00e9s de surveillance de pr\u00e9ciser \u2013 quel risque de d\u00e9faillance peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme acceptable. Cette appr\u00e9ciation est, cependant, grev\u00e9e d\u2019une grande incerti-tude. Les donn\u00e9es empiriques historiques et les simulations mod\u00e9lis\u00e9es peuvent aider \u00e0 recenser les risques, mais elles ne permettent pas de pr\u00e9dire l\u2019\u00e9volution de la prochaine crise.En combinant les deux approches en un train de mesures harmonis\u00e9es, l\u2019on peut compl\u00e9ter les diverses dispositions pour en faire un cadre r\u00e9glementaire efficace. Le 30 septembre 2010, la commission d\u2019experts a pr\u00e9sent\u00e9 un rapport final, sur lequel se base le train de mesures. Le 13 octobre 2010, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, apr\u00e8s avoir \u00e9valu\u00e9 les propositions et les avoir approuv\u00e9es, a charg\u00e9 le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des finances d\u2019\u00e9laborer un projet destin\u00e9 \u00e0 la consultation d\u2019ici le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2011&#13;<br \/>\nCommuniqu\u00e9 de presse du Conseil f\u00e9d\u00e9ral du 13 octobre 2010..Ce projet s\u2019inspirera des propositions de la commission d\u2019experts, qui pr\u00e9voient de renforcer les exigences pour les banques d\u2019importance syst\u00e9mique dans les domaines de l\u2019organisation, des fonds propres, des liquidit\u00e9s et de la r\u00e9partition des risques. Il faudra, cependant, tenir compte des nouvelles propositions formul\u00e9es au niveau international en mati\u00e8re de r\u00e9gulation. Les mesures organisationnelles et le concept concernant les fonds propres pr\u00e9vu dans le train de mesures sont bri\u00e8vement comment\u00e9s ci-apr\u00e8s. Ces deux \u00e9l\u00e9ments novateurs sont les plus int\u00e9ressants sur le plan conceptuel.&#13;<\/p>\n<h2>Mesures organisationnelles \u2013 Plans d\u2019urgence<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAu c\u0153ur des mesures organisationnelles se trouvent les plans d\u2019urgence que les banques d\u2019importance syst\u00e9mique sont charg\u00e9es d\u00e9laborer. Les banques doivent ainsi prouver qu\u2019elles sont en mesure de garantir le maintien des fonctions d\u2019importance syst\u00e9mique sans soutien de l\u2019\u00c9tat en cas de crise. Pour cela, il faut s\u2019assurer que ces fonctions puissent \u00eatre dissoci\u00e9es de la banque et transf\u00e9r\u00e9es dans une entit\u00e9 juridique autonome. Pour atteindre ce but, la banque devra, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, adapter son organisation actuelle.\u00c9conomiquement parlant, il est judicieux de confier l\u2019\u00e9laboration du plan d\u2019urgence \u00e0 la banque. Cette derni\u00e8re peut, ainsi, d\u00e9velopper une solution r\u00e9pondant \u00e0 ses exigences sp\u00e9cifiques. En outre, toute intervention dans la structure organisationnelle restreint consid\u00e9rablement l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et devrait donc se limiter au minimum.Les directives devraient, cependant, fixer des exigences claires en mati\u00e8re de plans d\u2019urgence et toujours \u00eatre \u00e9valu\u00e9es sous l\u2019angle de l\u2019applicabilit\u00e9 en cas de crise. En particulier, il faut suffisamment s\u00e9parer les structures organisationnelles de la banque pour que les fonctions d\u2019importance syst\u00e9mique puissent \u00eatre dissoci\u00e9es. Cela implique une certaine standardisation des processus commerciaux et la saisie compl\u00e8te des cr\u00e9ances et des engagements envers toutes les contreparties. Le plan d\u2019urgence doit pouvoir r\u00e9sister \u00e0 une faillite en garantissant l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les cr\u00e9anciers de la banque et ceux de l\u2019entit\u00e9 juridique autonome exer\u00e7ant les fonctions d\u2019importance syst\u00e9mique. Le moment opportun et le temps requis pour mettre en \u0153uvre les mesures d\u2019urgence doivent \u00eatre clairement pr\u00e9sent\u00e9s. Enfin, le plan d\u2019urgence doit garantir qu\u2019au moment de la mise en \u0153uvre, les fonds n\u00e9cessaires seront disponibles pour capitaliser l\u2019entit\u00e9 juridique autonome, absorber les pertes enregistr\u00e9es durant la phase de mise en \u0153uvre et assurer une liquidation en r\u00e8gle de la banque.&#13;<\/p>\n<h2>Fonds propres<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour que ce capital soit disponible en temps de crise, il faut fixer des exigences appropri\u00e9es concernant les fonds propres. Actuellement, trois composantes sont pr\u00e9vues (voir <i>graphique 1<\/i>). La premi\u00e8re (exigence minimale) correspond au minimum r\u00e9glementaire sur le plan international et doit \u00eatre couverte par les fonds propres de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure (\u00abcommon equity\u00bb).La deuxi\u00e8me composante consiste en un volant dit de s\u00e9curit\u00e9 permettant d\u2019absorber un suppl\u00e9ment de pertes. Pour les grandes banques suisses, ce volant devrait \u00eatre nettement plus \u00e9lev\u00e9 que le pr\u00e9voient les normes internationales, afin de contribuer \u00e0 la stabilit\u00e9 particuli\u00e8re de la place financi\u00e8re suisse. Pour compenser d\u2019\u00e9ventuels inconv\u00e9nients concurrentiels, les grandes banques peuvent d\u00e9tenir une partie du volant de s\u00e9curit\u00e9 sous forme d\u2019emprunts \u00e0 conversion obligatoire sous certaines conditions (\u00abcontingent con-vertible bonds\u00bb, CoCos). Ces emprunts pr\u00e9voient la conversion des capitaux de tiers en fonds propres si la banque a utilis\u00e9 de grandes parties de son volant de s\u00e9curit\u00e9 et que le ratio de fonds propres de base (\u00abcommon equity ratio\u00bb) tombe au-dessous d\u2019un seuil critique. Ce nouvel instrument de capital fait automatiquement participer les cr\u00e9anciers d\u2019emprunts \u00e0 la stabilit\u00e9 de la banque. Parall\u00e8lement, l\u2019on peut s\u2019attendre \u00e0 ce que ces instruments co\u00fbtent moins chers \u00e0 la banque que la mise en place de fonds propres de base, puisqu\u2019il est, par exemple, possible de d\u00e9duire les charges d\u2019int\u00e9r\u00eats des imp\u00f4ts.Un suppl\u00e9ment auquel doivent satisfaire les \u00e9tablissements d\u2019importance syst\u00e9mique compl\u00e8te le concept des fonds propres (troisi\u00e8me composante). Les exigences augmentent progressivement au fur et \u00e0 mesure que l\u2019importance syst\u00e9mique de la banque \u2013 qui se mesure au total du bilan et \u00e0 la part d\u00e9tenue dans les march\u00e9s d\u2019importance syst\u00e9mique \u2013 saccro\u00eet&#13;<br \/>\nDans le graphique 1, le suppl\u00e9ment propos\u00e9 par la commission d\u2019experts a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 en fonction de l\u2019importance syst\u00e9mique actuelle des deux grandes banques.. Ce volet engage les banques \u00e0 limiter leurs risques sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire de restreindre explicitement leur taille. Ce suppl\u00e9ment permet d\u2019avoir sous la main les fonds requis lors du d\u00e9clenchement des plans d\u2019urgence en cas de crise. Ici aussi, l\u2019utilisation de CoCos est pr\u00e9vue: si le ratio de fonds propres de base de la banque est tout juste sup\u00e9rieur au minimum requis, des fonds propres suppl\u00e9mentaires seront automatiquement inject\u00e9s pour assurer la mise en \u0153uvre du plan d\u2019urgence&#13;<br \/>\nLe seuil du ratio de fonds propres de base d\u00e9clenchant une conversion est donc diff\u00e9rent pour les CoCos du volant de s\u00e9curit\u00e9 ou ceux qui composent le suppl\u00e9ment..&#13;<\/p>\n<h2>La mise en \u0153uvre du train de mesures<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 premi\u00e8re vue, la mise en \u0153uvre du train de mesures semble simple. La commission d\u2019experts a \u00e9labor\u00e9 une proposition de base mat\u00e9rielle qui a pu \u00eatre approuv\u00e9e \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 \u2013 autrement dit avec le consentement des grandes banques. \u00c0 y voir de plus pr\u00e8s, l\u2019on constate que la pr\u00e9sence d\u2019une multitude d\u2019interfaces oblige \u00e0 harmoniser intensivement les mesures entre elles. L\u2019objectif fix\u00e9 \u2013 \u00e0 savoir l\u2019\u00e9laboration d\u2019un projet destin\u00e9 \u00e0 la consultation d\u2019ici \u00e0 fin 2011 \u2013 oblige donc \u00e0 relever de nombreux d\u00e9fis.L\u2019un d\u2019entre eux consiste \u00e0 mettre sur pied le march\u00e9 des CoCos, un \u00e9l\u00e9ment central du train de mesures. Ce type demprunt permet \u00e0 la Suisse dinnover, ce qui implique \u00e0 la fois des chances et des risques. D\u2019une part, les grandes banques suisses peuvent profiter d\u2019\u00eatre parmi les premi\u00e8res \u00e0 \u00e9mettre ces instruments. Elles peuvent \u00e9ventuellement conqu\u00e9rir un nouveau cr\u00e9neau du march\u00e9 et faire face \u00e0 une forte demande. En outre, elles rassembleront, avant la concurrence internationale, des exp\u00e9riences importantes lors de l\u2019\u00e9mission. D\u2019autre part, on peut craindre que les CoCos ne r\u00e9ussissent pas \u00e0 simposer comme norme au niveau international. En cas de faible demande, il pourrait s\u2019av\u00e9rer quils ne puissent \u00eatre plac\u00e9s que s\u2019ils d\u00e9gagent un rendement \u00e9lev\u00e9. La mise en \u0153uvre du train de mesures doit prendre les deux sc\u00e9narios en consid\u00e9ration. Du point de vue r\u00e9glementaire, les emprunts devraient, dans l\u2019id\u00e9al, \u00eatre \u00e9mis en Suisse pour \u00eatre soumis au droit f\u00e9d\u00e9ral. C\u2019est la seule fa\u00e7on de garantir qu\u2019une conversion ordonn\u00e9e par l\u2019autorit\u00e9 de surveillance ne puisse \u00eatre bloqu\u00e9e par des recours \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Par cons\u00e9quent, il faut analyser la possibilit\u00e9 de supprimer les entraves fiscales existantes en Suisse, telles que le droit d\u2019\u00e9mission et l\u2019imp\u00f4t anticip\u00e9. En outre, il importe de pr\u00e9voir des d\u00e9lais transitoires suffisants pour permettre une mise en place ordonn\u00e9e des CoCos. Si malgr\u00e9 tout, ces derniers ne parviennent pas \u00e0 s\u2019imposer, il conviendra d\u2019imposer une limitation des risques syst\u00e9-miques. Dans ce cas, il faudrait pr\u00e9voir d\u2019augmenter les fonds propres par du capital propre de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure et de renforcer les exigences concernant les plans d\u2019urgence.\u00c0 l\u2019\u00e9chelon international, les travaux du <i>Comit\u00e9 de B\u00e2le sur le contr\u00f4le bancaire (CBCB)<\/i> et du <i>Conseil de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (CSF),<\/i> notamment, sont d\u00e9terminants pour la r\u00e9gulation des banques d\u2019importance syst\u00e9mique. Le CBCB r\u00e9vise actuellement les exigences internationales concernant les fonds propres (\u00abB\u00e2le III\u00bb) et d\u00e9terminera comment calculer \u00e0 l\u2019avenir les actifs pond\u00e9r\u00e9s en fonction des risques. Les ratios de fonds propres exig\u00e9s par les banques correspondent au quotient des fonds propres divis\u00e9 par ces actifs. Comme il faut s\u2019attendre \u00e0 des modifications consid\u00e9rables de cette base de calcul, les exigences suisses concernant les fonds propres doivent \u00eatre assez flexibles pour qu\u2019il soit possible de r\u00e9agir \u00e0 des r\u00e9sultats inattendus lors de n\u00e9gociations au sein du CBCB.En parall\u00e8le, le CSF a \u00e9mis des recommandations concernant la structure de la r\u00e9gulation des banques d\u2019importance syst\u00e9mique aux plans national et international. Le train de mesures pr\u00e9vu par la Suisse tient compte de ces recommandations et est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s avanc\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Le CSF conseille en outre d\u2019intensifier la collaboration transfronti\u00e8re des autorit\u00e9s de surveillance. L\u2019objectif fix\u00e9 est de d\u00e9velopper des plans d\u2019urgence internationaux harmonis\u00e9s en vue de stabiliser ou de liquider les banques d\u2019importance syst\u00e9mique actives dans le monde entier. Cette dimension internationale refl\u00e8te l\u2019activit\u00e9 globale des grandes banques suisses. Elle accro\u00eet, toutefois, consid\u00e9rablement la complexit\u00e9 des plans d\u2019urgence \u00e0 \u00e9laborer. En outre, elle exige d\u2019examiner r\u00e9guli\u00e8rement le droit suisse des faillites pour assurer une coordination sans probl\u00e8mes avec l\u2019\u00e9tranger. Si l\u2019harmonisation internationale facilitait une \u00e9ventuelle proc\u00e9dure d\u2019assainissement ou de liquidation des grandes banques suisses, il faudrait assouplir les exigences concernant les fonds propres. Ces aspects doivent figurer dans la nouvelle r\u00e9glementation.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAvec le train de mesures pr\u00e9vu, la Suisse joue un r\u00f4le de pionnier au niveau mondial. Sa volont\u00e9 d\u2019innover refl\u00e8te l\u2019importance des risques que pr\u00e9sentent les \u00e9tablissements TBTF dans le secteur bancaire. Au niveau mat\u00e9riel, le train de mesures est \u00e9galement efficace et va probablement plus loin que celui de la plupart des autres \u00c9tats. Ce cadre r\u00e9glementaire, particuli\u00e8rement ax\u00e9 sur la stabilit\u00e9, tient compte de l\u2019importance et des caract\u00e9ristiques de la place financi\u00e8re suisse.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abExigences concernant les fonds propres en&nbsp;% des actifs pond\u00e9r\u00e9s en fonction des risques\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les deux grandes banques jouent un r\u00f4le important pour la place financi\u00e8re suisse. Elles sont si cruciales pour la stabilit\u00e9 financi\u00e8re que l\u2019\u00c9tat ne peut se permettre de les laisser dispara\u00eetre en cas de crise. Ces banques b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e8s lors d\u2019une garantie implicite de l\u2019\u00c9tat. 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