{"id":151469,"date":"2010-11-01T12:00:00","date_gmt":"2010-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/11\/collier-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:56:07","modified_gmt":"2023-08-23T22:56:07","slug":"collier-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/11\/collier-2\/","title":{"rendered":"Comment les politiques commerciales mondiales peuvent aider les pays les plus pauvres"},"content":{"rendered":"<p>Certains pays en d\u00e9veloppement doivent s\u2019int\u00e9grer dans l\u2019\u00e9conomie mondiale par d\u2019autres moyens que par leurs seules exportations en ressources naturelles. La bonne gouvernance est essentielle, mais aussi la politique commerciale des pays avanc\u00e9s. Celle-ci doit s\u2019adapter aux besoins sp\u00e9cifiques des pays les plus pauvres, si l\u2019on veut qu\u2019ils s\u2019ouvrent \u00e0 la diversification industrielle et profitent des b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 long terme du syst\u00e8me commercial mondial. L\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) joue un r\u00f4le-cl\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard. Cet article se penche sur deux aspects centraux de la question: les accords concernant l\u2019extraction de ressources et l\u2019utilisation des pr\u00e9f\u00e9rences commerciales. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201011_12_Collier_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"240\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Tirer un profit maximum des ressources naturelles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nHistoriquement, la plupart des pays \u00e0 bas revenus n\u2019on pas su g\u00e9rer leurs ressources naturelles non renouvelables pour les mettre au service de leur \u00e9conomie et de sa transformation. D\u2019autres, autrefois pauvres, l\u2019ont fait: une croissance bas\u00e9e sur l\u2019extraction de mati\u00e8res premi\u00e8res n\u2019est pas obligatoirement vici\u00e9e, bien au contraire. Si on consid\u00e8re le niveau \u00e9lev\u00e9 auquel semble vouloir se maintenir leur prix, il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une chance consid\u00e9rable pour de nombreux pays \u00e0 bas revenus. L\u2019extraction des ressources naturelles domine l\u2019\u00e9conomie de 50 pays, h\u00e9bergeant 1,4 milliard d\u2019individus. Elle repr\u00e9sente plus de 75% des exportations pour 24 d\u2019entre eux et plus de 40% du PIB pour 13 d\u2019entre eux. Leur apport aux budgets gouvernementaux est \u00e9norme: dans 18 pays, plus de 50% de leur masse provient de cette rente. Le <i>tableau 1<\/i> r\u00e9pertorie quelques unes parmi les meilleures et les pires \u00e9conomies du monde en ce domaine. Le revenu par habitant du Botswana \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la Zambie dans les ann\u00e9es soixante; il lui est maintenant dix fois sup\u00e9rieur. Alors que les diamants ont profit\u00e9 au Botswana, ils ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des conflits en Sierra Leone.L\u2019extraction des ressources naturelles provoque une croissance qui demande une forte gouvernance; or, les pays \u00e0 bas revenus bien dot\u00e9s dans le premier cas sont d\u00e9savantag\u00e9s au plus haut point dans le second. Les lacunes sont pour beaucoup internes, mais certaines d\u2019entre elles sont li\u00e9es aux investissements et au commerce international: c\u2019est sur ces points que l\u2019OMC a un r\u00f4le \u00e0 jouer. Ce n\u2019est actuellement pas le cas. Les pays \u00e0 bas revenus qui d\u00e9pendent des exportations de mati\u00e8res premi\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 collectivement marginalis\u00e9s au sein de l\u2019institution et sont, eux-m\u00eames, divis\u00e9s, certains faisant cavalier seul. Aucun gouvernement n\u2019est donc tent\u00e9 de s\u2019investir pleinement dans de nouvelles priorit\u00e9s. \u00c0 quoi celles-ci ressembleraientelles?&#13;<\/p>\n<h2>De nouvelles priorit\u00e9s dans le syst\u00e8me international du commerce<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl existe de nombreuses lacunes dans le syst\u00e8me qui r\u00e9git le commerce et les investissements dans les ressources naturelles: elles les emp\u00eachent de servir le d\u00e9veloppement avec toute l\u2019efficacit\u00e9 voulue. Les projets qui touchent aux mati\u00e8res premi\u00e8res sont particuliers, car les investisseurs se lient \u00e0 long terme avec le gouvernement du pays h\u00f4te. Les relations s\u2019appuient sur des contrats qui sont sign\u00e9s lorsque les autorisations de sondage et d\u2019extraction sont accord\u00e9es et que le r\u00e9gime fiscal sous lequel les investisseurs op\u00e8rent est clarifi\u00e9.Ces r\u00e9gimes contractuels et fiscaux doivent laisser une rente au gouvernement tout en \u00e9tant suffisamment stimulants pour permettre une extraction efficiente et encourager les investissements dans l\u2019exploration et la mise en valeur de nouveaux gisements. Les deux formalit\u00e9s n\u2019ont pas souvent \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien remplies. L\u2019Afrique a, ainsi, \u00e9t\u00e9 nettement moins bien prospect\u00e9e que l\u2019OCDE. En l\u2019an 2000, chaque kilom\u00e8tre carr\u00e9 de sous-sol dans l\u2019OCDE recelait pour 114&nbsp;000 USD de richesses; en Afrique: 23&nbsp;000 USD. Le probl\u00e8me fondamental r\u00e9side dans le fait que les incitations \u00e0 prospecter et \u00e0 d\u00e9velopper de nouvelles sources d\u2019approvisionnement peuvent \u00eatre min\u00e9es par le processus d\u2019allocation et de respect des contrats. Lorsque ceux-ci sont fauss\u00e9s, ils peuvent se retourner contre les producteurs et les consommateurs; des r\u00e8gles supranationales peuvent att\u00e9nuer de tels probl\u00e8mes.Les contrats qui concernent les ressources peuvent laisser de part et d\u2019autre le sentiment d\u2019un probl\u00e8me grave qui s\u2019apparente au \u00abhold-up\u00bb; les gouvernements sont incapables de s\u2019engager \u00e0 ne pas ren\u00e9gocier les termes d\u2019un contrat d\u00e9j\u00e0 scell\u00e9, ce qui tend \u00e0 dissuader les investisseurs \u00e0 courir un tel risque. Une telle ren\u00e9gociation a toutes les chances de se produire si les r\u00e9sultats sont meilleurs que pr\u00e9vus, ce qui entra\u00eenera une r\u00e9duction du retour sur investissement. L\u2019expropriation en sera l\u2019expression ultime; plus simplement, on assistera \u00e0 des r\u00e9ajustements dans la r\u00e9partition de la production, les \u00abroyalties\u00bb et le r\u00e9gime fiscal auquel est soumise l\u2019entreprise.Les processus dans la prospection et la mise en valeur des gisements perdent \u00e9galement de leur efficience lorsque de nombreux droits d\u2019extraction sont vendus en sous-main plut\u00f4t qu\u2019en faisant appel \u00e0 des modes de n\u00e9gociation reconnus par le march\u00e9 international. Comme chaque droit de prospection est unique, il n\u2019est pas possible de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un prix international pour chiffrer les transactions. Les m\u00e9canismes institutionnels ordinaires traitent les cas uniques en cr\u00e9ant un march\u00e9 qui fait appel aux adjudications et aux mises aux ench\u00e8res. Les n\u00e9gociations bilat\u00e9rales secr\u00e8tes avantagent, toutefois, les deux parties, ce qui les incite \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer cette m\u00e9thode aux mises aux ench\u00e8res. Elles peuvent, en effet, d\u00e9tourner une partie des revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s \u00e0 des fins propres et en priver la soci\u00e9t\u00e9, tout en accordant des contrats sur d\u2019autres crit\u00e8res que celui de l\u2019efficience.&#13;<\/p>\n<h2>Des r\u00e8gles internationales pour les contrats concernant l\u2019exploitation de ressources naturelles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nBien qu\u2019elles ne concernent pas directement les politiques commerciales traditionnelles, ces anomalies dans la fa\u00e7on de passer les contrats et de les faire respecter r\u00e9sultent de failles dans le march\u00e9 qui pourraient \u00eatre corrig\u00e9es par des r\u00e8gles internationales. Il est d\u00e9j\u00e0 courant dexternaliser le respect des contrats en les soumettant \u00e0 des proc\u00e9dures ad hoc, telles que les cours \u00e9trang\u00e8res et les arbitrages, qui r\u00e9pondent aux besoins de lindustrie dextraction. Les gouvernements des pays \u00e0 bas revenus ne leur font, toutefois, pas confiance, alors qu\u2019ils ne disposent pas, eux-m\u00eames, de m\u00e9canismes appropri\u00e9s, ce qui ne rassure pas les investisseurs.L\u2019OMC pourrait \u00e9tendre ses comp\u00e9tences pour que les accords pass\u00e9s entre \u00c9tats souverains soient respect\u00e9s, ce qui permettrait aux gouvernements de s\u2019engager dans de tels accords ayant pour fin l\u2019extraction de ressources naturelles. Tenter de pr\u00e9venir tout changement apr\u00e8s coup dans les termes contractuels et fiscaux est une chim\u00e8re et n\u2019est pas souhaitable: on ne peut pr\u00e9voir certains \u00e9v\u00e9nements qui rendent le changement n\u00e9cessaire. On peut, toutefois, le circonscrire dans son ampleur et ses formes, que ce soit \u00e0 travers des codes de conduite agr\u00e9\u00e9s ou des m\u00e9canismes de r\u00e9solution des conflits contraignants. De telles pratiques pourraient \u00e9galement am\u00e9liorer l\u2019architecture des contrats et des r\u00e9gimes fiscaux; l\u2019OMC peut raisonnablement demander que les contrats qui se fondent sur ses formalit\u00e9s dengagement soient con\u00e7us pour r\u00e9sister \u00e0 toute \u00e9ventualit\u00e9 perceptible.Les contrats qui concernent l\u2019attribution des ressources devraient suivre la clause de la nation la plus favoris\u00e9e (NPF), qui est un principe de base \u00e0 l\u2019OMC. Son pendant serait une r\u00e8gle imposant ou encourageant un processus ouvert d\u2019attribution des droits d\u2019extraction, comme dans le cas des mises aux ench\u00e8res.&#13;<\/p>\n<h2>Les pr\u00e9f\u00e9rences commerciales favorisent la diversification<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes pays en d\u00e9veloppement qui ne poss\u00e8dent pas de ressources naturelles en grande quantit\u00e9 doivent se diversifier dans la fabrication et s\u2019ins\u00e9rer dans les circuits d\u2019\u00e9changes de produits manufactur\u00e9s \u00e0 forte consommation de main-d\u2019\u0153uvre, une m\u00e9thode qui a profit\u00e9 \u00e0 une grande partie de l\u2019Asie. Si on consid\u00e8re lavance de cette derni\u00e8re, comment est-il possible de promouvoir une telle diversification dans le reste du monde en d\u00e9veloppement? La th\u00e9orie des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle sur laquelle se basent les processus d\u2019industrialisation modernes a de profondes implications pour les pays qui cherchent \u00e0 se lancer dans ce type dactivit\u00e9s. L\u2019industrie de fabrication mondiale se caract\u00e9rise de deux fa\u00e7ons: les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle et la sp\u00e9cialisation des t\u00e2ches. Les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle n\u2019interviennent g\u00e9n\u00e9ralement pas au niveau de l\u2019usine, mais de la ville. En se regroupant dans la m\u00eame ville, les entreprises qui pratiquent des activit\u00e9s similaires tendent \u00e0 s\u2019entraider pour r\u00e9duire leurs co\u00fbts. Il existe, par exemple, un large march\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9 pour les entreprises qui entretiennent les machines utilis\u00e9es dans l\u2019industrie, ce qui permet de r\u00e9duire les temps morts en cas de panne. Cest ainsi que, durant plus d\u2019un si\u00e8cle, les villes ont eu tendance \u00e0 se sp\u00e9cialiser dans des produits manufactur\u00e9s pr\u00e9cis. Ceux-ci refl\u00e8tent les avantages comparatifs du lieu d\u2019implantation, tels que le niveau des revenus et la proximit\u00e9 des march\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Au seuil de l\u2019expansion industrielle<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCeci implique que l\u2019industrialisation ne sera pas uniforme, que ce soit au niveau g\u00e9ographique ou temporel. G\u00e9ographiquement, les entreprises fabriquant les m\u00eames produits sont fortement tent\u00e9es de se regrouper, tandis que l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique continue de se concentrer dans les grandes villes. Les d\u00e9calages temporels repr\u00e9sentent, toutefois, un probl\u00e8me: d\u00e8s qu\u2019une \u00e9conomie a d\u00e9pass\u00e9 le seuil de comp\u00e9titivit\u00e9, son expansion industrielle explose, comme en Chine. En dessous de ce seuil, l\u2019industrialisation marque le pas et demeure proche de z\u00e9ro, comme on le voit en Afrique subsaharienne.L\u2019existence d\u2019un tel seuil implique que les efforts marginaux produits par les pays qui ne l\u2019ont pas atteint risquent d\u2019\u00eatre vains. Ceux-ci doivent \u00e0 la fois \u00eatre concentr\u00e9s et coordonn\u00e9s afin de hisser l\u2019\u00e9conomie jusqu\u2019\u00e0 ce niveau. Le plus \u00e9tonnant demeure, toutefois, que ces efforts sont seulement temporaires. Les d\u00e9bats sur le d\u00e9veloppement sont tellement obnubil\u00e9s par la \u00abdurabilit\u00e9\u00bb que si les efforts produits ne sont pas durables, ils doivent \u00eatre rejet\u00e9s en bloc. Or, il suffit de fournir des efforts limit\u00e9s dans le temps pour amorcer la pompe et pour que l\u2019industrialisation devienne une r\u00e9ussite. L\u2019explication tient au fait que, une fois le seuil fatidique franchi, le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019acc\u00e9l\u00e8re brusquement et les co\u00fbts se r\u00e9duisent rapidement. L\u2019avantage temporaire vient-il \u00e0 dispara\u00eetre que les industries demeurent comp\u00e9titives.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019importance de l\u2019AMF au Bangladesh et \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa r\u00e9cente exp\u00e9rience du Bangladesh montre \u00e0 la fois le potentiel et les limites d\u2019une telle politique d\u2019amor\u00e7age. Dans ce pays, l\u2019industrialisation a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019arrangement multifibres (AMF). Les entreprises se sont tr\u00e8s vite r\u00e9pandues, cr\u00e9ant 2,5 millions d\u2019emplois. Actuellement, le Bangladesh repr\u00e9sente \u00e0 lui seul la quasi-totalit\u00e9 du parc industriel des pays les moins avanc\u00e9s (PMA). La fin de l\u2019AMF a bien pes\u00e9 sur ce secteur, mais le niveau atteint \u00e9tait tel qu\u2019il a surv\u00e9cu et m\u00eame grandi sans pr\u00e9f\u00e9rences. Pr\u00e9cisons, en outre, que le Bangladesh ne facilite pas les exportations de produits manufactur\u00e9s, et ce dans de nombreux domaines. Pour Transparency International, la corruption de son administration est une des plus \u00e9lev\u00e9es du monde.L\u2019AMF a \u00e9galement aid\u00e9 \u00e0 amorcer l\u2019industrialisation de l\u2019\u00eele Maurice. L\u2019histoire diff\u00e8re, cependant. Le gouvernement a soutenu le mouvement et la qualit\u00e9 des produits fabriqu\u00e9s s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e. M\u00eame si la fin de l\u2019AMF a laiss\u00e9 des traces, il a permis \u00e0 l\u2019\u00e9conomie mauricienne de se propulser, en termes de qualifications et d\u2019infrastructures, au niveau des pays \u00e0 moyens revenus et de ne plus d\u00e9pendre dangereusement des pr\u00e9f\u00e9rences commerciales.&#13;<\/p>\n<h2>Les faiblesses du syst\u00e8me actuel de pr\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa fin de l\u2019AMF n\u2019a pas marqu\u00e9 celle des pr\u00e9f\u00e9rences commerciales pour les pr\u00e9tendants \u00e0 l\u2019industrialisation. Les \u00c9tats-Unis et l\u2019Union europ\u00e9enne ont introduit de nou.velles possibilit\u00e9s en 2001. Le projet des premiers \u2013 the <i>Africa Growth and Opportunity Act (Agoa)<\/i> \u2013 diff\u00e8re de celui de la seconde \u2013 initiative <i>Tout sauf les armes (TSA)<\/i> \u2013 en deux points principaux. Les pays couverts n\u2019\u00e9taient pas les m\u00eames: l\u2019Agoa se limitait \u00e0 l\u2019Afrique en incluant plusieurs pays comme le Kenya et le Ghana qui, bien que ne faisant pas officiellement partie des PMA, figuraient parmi les \u00c9tats les moins industrialis\u00e9s au monde. L\u2019initiative TSA \u00e9tait, quant \u00e0 elle, r\u00e9serv\u00e9e aux PMA africains reconnus.Les r\u00e8gles dorigine de l\u2019initiative TSA se basait, par ailleurs, sur le mod\u00e8le traditionnel de politique industrielle, qui encourage l\u2019int\u00e9gration verticale. Elles demandaient donc qu\u2019une partie importante des intrants n\u00e9cessaires soient produits dans le pays. L\u2019Agoa s\u2019accordait davantage au nouveau mod\u00e8le de commerce des t\u00e2ches, tout au moins dans un type de produits: les v\u00eatements. Les exigences en termes de pi\u00e8ces originaires du pays \u00e9taient dans ce cas nettement abaiss\u00e9es. En termes d\u2019efficacit\u00e9, l\u2019Agoa a permis \u00e0 l\u2019Afrique de multiplier par sept ses exportations vers les \u00c9tats-Unis en cinq ans, tandis que, durant la m\u00eame p\u00e9riode, les exportations africaines vers l\u2019Europe d\u00e9clinaient nettement avec l\u2019initiative TSA.&#13;<\/p>\n<h2>Quatre implications importantes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes d\u00e9monstrations qui pr\u00e9c\u00e8dent d\u00e9-bouchent sur quatre implications importantes:1. Lorsqu\u2019un pays s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019industrialisation, le commerce des t\u00e2ches est pr\u00e9f\u00e9- rable \u00e0 l\u2019int\u00e9gration verticale.2. La classification des Nations Unies m\u00e9-rite d\u2019\u00eatre affin\u00e9e en ce qui concerne les PMA. Des pays comme le Kenya, le Ghana et la C\u00f4te d\u2019Ivoire, bien que n\u2019\u00e9tant pas des PMA, manquent de p\u00f4les manufacturiers et profiteraient pleinement de pr\u00e9f\u00e9rences commerciales pour amorcer la pompe. \u00c0 pr\u00e9sent, de telles pr\u00e9f\u00e9rences pourraient th\u00e9oriquement \u00eatre contest\u00e9es devant l\u2019OMC, \u00e9tant donn\u00e9 que seuls les pays sur la liste des PMA \u00e9tablie par les Nations Unies peuvent les revendiquer. Une possibilit\u00e9 pourrait \u00eatre de d\u00e9finir \u00e0 l\u2019ONU une liste de PMA industrialis\u00e9s, qui servirait \u00e0 l\u2019OMC en cas de restriction des \u00e9changes concernant les biens manufactur\u00e9s. L\u2019OMC pourrait \u00e9galement demander que tous les pays ayant sign\u00e9 un accord commercial r\u00e9gional soient soumis \u00e0 un traitement indiff\u00e9renci\u00e9: ainsi, dans un groupe o\u00f9 les PMA domineraient, les autres pays associ\u00e9s pourraient profiter du syst\u00e8me de pr\u00e9f\u00e9rences.3. Certains pays africains sont suffisamment proches du seuil de comp\u00e9titivit\u00e9 mondiale. Si on leur facilitait, m\u00eame modestement, l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9, cela suffirait pour leur faire franchir le palier et d\u00e9clencher un m\u00e9canisme de croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e.4. Tous les producteurs \u00e9tablis, sp\u00e9cialement ceux qui ne font pas partie des pays \u00e0 bas revenus sur le plan technique, devraient \u00eatre exclus des pr\u00e9f\u00e9rences commerciales. Si un \u00c9tat comme le Bangladesh y a droit, les pr\u00e9tendants \u00e0 l\u2019industrialisation ne peuvent pas concurrencer ses produits qui ont d\u00e9j\u00e0 profit\u00e9 d\u2019\u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle.Il serait donc raisonnable d\u2019adopter une approche globale concert\u00e9e permettant d\u2019utiliser les pr\u00e9f\u00e9rences commerciales pour int\u00e9grer les PMA industrialis\u00e9s dans le march\u00e9 mondial. Diff\u00e9rents pays de l\u2019OCDE ont \u00e9difi\u00e9 des strat\u00e9gies en la mati\u00e8re, mais la plupart ne sont pas assez bien con\u00e7ues pour \u00eatre efficaces. De toutes fa\u00e7ons, leur multiplication sans fin est un foyer de complications inutiles.Une telle approche comporte un aspect particuli\u00e8rement positif: si elle \u00e9choue, cela ne co\u00fbte rien. Lorsque les autres politiques dassistance au d\u00e9veloppement \u00e9chouent, cela se traduit par des gaspillages financiers. Les pr\u00e9f\u00e9rences commerciales temporaires sont diff\u00e9rentes: en cas d\u2019\u00e9chec, elles n\u2019ont litt\u00e9ralement aucunes cons\u00e9quences. L\u2019adoption de nouvelles strat\u00e9gies de ce type est r\u00e9ellement s\u00e9duisante, que ce soit en termes de risques ou d\u2019attentes.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDes progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s dans l\u2019ouverture des march\u00e9s aux exportations, mais les pays en d\u00e9veloppement ne sont toujours pas capables d\u2019exploiter l\u2019ensemble des b\u00e9n\u00e9fices que rec\u00e8le le syst\u00e8me commercial mondial. Nous avons mis en lumi\u00e8re deux domaines o\u00f9 de nouvelles initiatives pourraient avoir des retomb\u00e9es positives. Les r\u00e8gles internationales pourraient surmonter les probl\u00e8mes li\u00e9s aux engagements gouvernementaux, compenser les d\u00e9fauts de gouvernance et permettre aux \u00c9tats de mieux profiter de leurs ressources naturelles. Par ailleurs, la diversification passe par l\u2019exportation de produits manufactur\u00e9s et peut \u00eatre promue en repensant les pr\u00e9f\u00e9rences commerciales. Ce processus doit prendre en compte l\u2019importance des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle croissantes, du commerce des t\u00e2ches et du potentiel que repr\u00e9sente les accords pr\u00e9f\u00e9rentiels pour permettre \u00e0 l\u2019Afrique de d\u00e9coller et de riva-liser avec les autres continents avec succ\u00e8s.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1: \u00abRessources non renouvelables, revenus fiscaux et exportations, 2000\u20132005\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certains pays en d\u00e9veloppement doivent s\u2019int\u00e9grer dans l\u2019\u00e9conomie mondiale par d\u2019autres moyens que par leurs seules exportations en ressources naturelles. La bonne gouvernance est essentielle, mais aussi la politique commerciale des pays avanc\u00e9s. Celle-ci doit s\u2019adapter aux besoins sp\u00e9cifiques des pays les plus pauvres, si l\u2019on veut qu\u2019ils s\u2019ouvrent \u00e0 la diversification industrielle et profitent [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3520,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[106],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3520,"seco_co_author":[3521,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Professor f\u00fcr \u00d6konomie, Director des Centre for the Study of African Economies, Oxford University","seco_author_post_occupation_fr":"Professeur d\u2019\u00e9conomie et directeur du Centre for the Study of African Economies, universit\u00e9 d\u2019Oxford","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":3521,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Professor f\u00fcr \u00d6konomie, Director des Oxford Centre for the Analysis of Resource Rich Economies","seco_co_author_post_occupation_fr":"Professeur d\u2019\u00e9conomie et directeur du Oxford Centre for the Analysis of Resource Rich Economies"}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":151472,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"8504","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/559cf2c10876e"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151469"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3520"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=151469"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151469\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189458,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151469\/revisions\/189458"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3521"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3520"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=151469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=151469"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=151469"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=151469"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=151469"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=151469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}