{"id":151474,"date":"2010-11-01T12:00:00","date_gmt":"2010-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/11\/duttweiler-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:55:30","modified_gmt":"2023-08-23T22:55:30","slug":"duttweiler-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/11\/duttweiler-2\/","title":{"rendered":"La situation des jeunes sur le march\u00e9 du travail lors de la derni\u00e8re r\u00e9cession"},"content":{"rendered":"<p>Quand le march\u00e9 de l\u2019emploi marque le pas, le ch\u00f4mage touche particuli\u00e8rement les jeunes, car nombre d\u2019entre eux doivent surmonter la transition entre formation et vie professionnelle. Dans ce contexte, l\u2019offre de places d\u2019apprentissage et le passage du syst\u00e8me de formation au march\u00e9 du travail rev\u00eatent une importance cruciale. L\u2019article ci-contre examine les effets de la derni\u00e8re r\u00e9cession sur l\u2019emploi des jeunes et d\u00e9crit l\u2019\u00e9volution \u00e0 laquelle il faut s\u2019attendre dans ce domaine.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201011_13_Duttweiler_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn 2009, l\u2019\u00e9conomie suisse a travers\u00e9 sa pire r\u00e9cession depuis les ann\u00e9es septante. Le produit int\u00e9rieur brut a recul\u00e9 de 1,9% en termes r\u00e9els; les entreprises des services financiers et de l\u2019industrie ont \u00e9t\u00e9 lourdement frapp\u00e9es par l\u2019effondrement de la demande. Un revers \u00e9conomique de cette ampleur ne pouvait pas rester sans cons\u00e9quences pour l\u2019emploi: le taux de ch\u00f4mage, qui atteignait 2,6% en automne 2008, a grimp\u00e9 \u00e0 4,2% fin 2009 (en donn\u00e9es corrig\u00e9es des variations saisonni\u00e8res). La hausse aurait \u00e9t\u00e9 encore beaucoup plus marqu\u00e9e si de nombreuses entreprises industrielles n\u2019avaient pas r\u00e9duit leurs horaires.Le ch\u00f4mage a commenc\u00e9 \u00e0 se replier d\u00e8s le d\u00e9but de 2010, ce qui a constitu\u00e9 une relative surprise. Apr\u00e8s le tassement conjoncturel de 2009, l\u2019\u00e9conomie a red\u00e9marr\u00e9 beaucoup plus vite et avec nettement plus de vigueur que pr\u00e9vu. La reprise a \u00e9t\u00e9 largement favoris\u00e9e par les mesures de politique mon\u00e9taire et budg\u00e9taire qui ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre \u00e0 grande \u00e9chelle dans le monde entier. \u00c0 l\u2019automne 2009, la plupart des experts suisses pr\u00e9voyaient encore que la reprise resterait tr\u00e8s h\u00e9sitante en 2010 et que le taux de ch\u00f4mage d\u00e9passerait largement les 5%. En r\u00e9alit\u00e9, celui-ci devrait \u00eatre de 3,9% en moyenne annuelle.&#13;<\/p>\n<h2>Le ch\u00f4mage des jeunes r\u00e9agit fortement \u00e0 la conjoncture<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019exp\u00e9rience montre que le ch\u00f4mage des jeunes est particuli\u00e8rement sensible aux fluctuations conjoncturelles. Ainsi, entre d\u00e9but 2000 et septembre 2010, toute hausse ou baisse de 10% en moyenne du nombre total de ch\u00f4meurs s\u2019est traduite par une variation correspondante de 12,6% parmi les jeunes ch\u00f4meurs. Cette relation statistique, observ\u00e9e sur le long terme, s\u2019est \u00e9galement v\u00e9rifi\u00e9e lors de la derni\u00e8re r\u00e9cession (voir <i>graphique 1<\/i>).La forte sensibilit\u00e9 du ch\u00f4mage des jeunes \u00e0 la conjoncture r\u00e9pond \u00e0 trois grands facteurs: 1. Beaucoup de jeunes se trouvent dans une situation transitoire entre la formation et le march\u00e9 du travail. De nombreuses entreprises r\u00e9agissent \u00e0 la baisse des commandes en stoppant l\u2019engagement de collaborateurs, avant de diminuer leurs effectifs. De ce fait, les d\u00e9pressions conjoncturelles frappent d\u2019abord et surtout les personnes \u00e0 la recherche d\u2019un premier emploi.2. Parmi les jeunes salari\u00e9s, la proportion de ceux qui sont engag\u00e9s pour une dur\u00e9e limit\u00e9e ou employ\u00e9s par une agence de travail temporaire est sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne. Or, les contrats de ce type sont g\u00e9n\u00e9ralement les premiers \u00e0 \u00eatre d\u00e9nonc\u00e9s ou non reconduits.3. Les personnes hautement qualifi\u00e9es n\u2019arrivent g\u00e9n\u00e9ralement pas sur le march\u00e9 du travail avant l\u2019\u00e2ge de 25 ans, mais seulement apr\u00e8s avoir achev\u00e9 une formation de niveau tertiaire.En raison de sa forte r\u00e9activit\u00e9 \u00e0 la conjoncture, on s\u2019attendait il y a environ un an \u00e0 voir le ch\u00f4mage des jeunes augmenter fortement en 2010 et largement d\u00e9passer 7%. \u00c0 pr\u00e9sent, on estime que sa moyenne annuelle sera denviron 4,5%: l\u2019\u00e9volution de ces derniers mois a confirm\u00e9 que le taux de ch\u00f4mage des 1524 ans recule beaucoup plus vite que celui de la population globale durant les phases d\u2019expansion. Ainsi, leur nombre a diminu\u00e9 de 20% entre septembre 2009 et septembre 2010 \u2013 soit deux fois plus que le ch\u00f4mage g\u00e9n\u00e9ral.En septembre dernier, 24&nbsp;035 jeunes de 15 \u00e0 24 ans \u00e9taient inscrits au ch\u00f4mage. Cela repr\u00e9sente un taux de 4,1% pour cette classe d\u2019\u00e2ge, en donn\u00e9es corrig\u00e9es des variations saisonni\u00e8res et al\u00e9atoires, alors que le ch\u00f4mage global atteignait 3,7%. Une ann\u00e9e auparavant, les pourcentages \u00e9taient respectivement de 5,1 et 4,1%.Le ch\u00f4mage des jeunes pr\u00e9sente encore une autre caract\u00e9ristique: si le risque de perdre son emploi est nettement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne, la p\u00e9riode dinactivit\u00e9 individuelle est en revanche beaucoup plus courte. Entre 2004 et 2010, les personnes de 15 \u00e0 24 ans sont rest\u00e9es en moyenne au ch\u00f4mage pendant 4,3 mois, contre 6,7 mois pour celles de 25 \u00e0 54 ans.&#13;<\/p>\n<h2>Les diff\u00e9rentes transitions jusqu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9gration sur le march\u00e9 du travail<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSelon la fili\u00e8re choisie, les jeunes sont appel\u00e9s \u00e0 ma\u00eetriser diff\u00e9rentes transitions jusqu\u2019\u00e0 leur int\u00e9gration sur le march\u00e9 du travail. Le premier passage intervient apr\u00e8s la fin de l\u2019\u00e9cole obligatoire. En 2008, pr\u00e8s de 49% des jeunes ont entam\u00e9 imm\u00e9diatement une formation professionnelle initiale. Environ 15% ont suivi une formation tran-sitoire, comme une dixi\u00e8me ann\u00e9e scolaire ou une autre offre de ce type. Quelque 26% ont opt\u00e9 pour une \u00e9cole de formation g\u00e9n\u00e9rale. Les 10% restants \u00e9taient pour la plupart des candidats potentiels \u00e0 l\u2019entr\u00e9e sur le march\u00e9 du travail ordinaire apr\u00e8s l\u2019\u00e9cole obligatoire&#13;<br \/>\nSource: Statistique des \u00e9l\u00e8ves et des \u00e9tudiants, OFS.. Pour la politique de la formation et de l\u2019emploi, le d\u00e9fi de cette premi\u00e8re phase transitoire consiste \u00e0 fournir \u00e0 un maximum de jeunes qui le souhaitent une place d\u2019apprentissage ou de formation appropri\u00e9e.Le deuxi\u00e8me passage se produit au terme du degr\u00e9 secondaire II. Alors qu\u2019une partie des nouveaux dipl\u00f4m\u00e9s souhaitent poursuivre imm\u00e9diatement des \u00e9tudes tertiaires, d\u2019autres aimeraient s\u2019int\u00e9grer sur le march\u00e9 du travail. Les jeunes ayant achev\u00e9 leur formation professionnelle initiale sont particuli\u00e8rement nombreux \u00e0 chercher un emploi durant cette phase. En moyenne pluriannuelle, environ 40% des apprentis restent dans l\u2019entreprise formatrice apr\u00e8s avoir obtenu leur dipl\u00f4me&#13;<br \/>\nVoir le Moniteur suisse du march\u00e9 de l\u2019emploi de l\u2019universit\u00e9 de Zurich (2010), Barom\u00e8tre des premiers emplois 2010, r\u00e9sum\u00e9 du rapport r\u00e9dig\u00e9 sur mandat de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT).. Les autres se mettent en qu\u00eate d\u2019un emploi, entament une nouvelle formation ou se retirent de la vie active. On sait que ce passage entra\u00eene un risque particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 de ch\u00f4mage, dont la dur\u00e9e est cependant assez br\u00e8ve dans la plupart des cas.Les personnes qui ont achev\u00e9 des \u00e9tudes de niveau tertiaire doivent elles aussi r\u00e9ussir leur int\u00e9gration sur le march\u00e9 du travail. Alors que les jeunes ayant suivi un apprentissage ont, en principe, d\u00e9j\u00e0 plusieurs ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience professionnelle, nombre de ceux qui ont fr\u00e9quent\u00e9 les \u00e9coles de formation g\u00e9n\u00e9rale n\u2019entrent \u00abvraiment\u00bb sur le march\u00e9 de l\u2019emploi qu\u2019apr\u00e8s leurs \u00e9tudes&#13;<br \/>\nEnviron 92% des bacheliers ayant obtenu une maturit\u00e9 en 2006 ont poursuivi leurs \u00e9tudes dans une haute \u00e9cole. Parmi eux, 94% sont entr\u00e9s \u00e0 l\u2019universit\u00e9 la m\u00eame ann\u00e9e ou l\u2019ann\u00e9e suivante. Source: Maturit\u00e9s et passages vers les hautes \u00e9coles 2009, OFS, Neuch\u00e2tel, 2010..&#13;<\/p>\n<h2>La situation sur le march\u00e9 des places d\u2019apprentissage en 2010<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves ayant achev\u00e9 leur scolarit\u00e9 obligatoire (secondaire I) n\u2019avait pas cess\u00e9 de progresser ces derni\u00e8res ann\u00e9es; il s\u2019inscrit, d\u00e9sormais, \u00e0 la baisse (voir <i>graphique 2<\/i>). Selon les pr\u00e9visions de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), il faut s\u2019attendre \u00e0 ce qu\u2019il diminue de 18% d\u2019ici 2018, ce qui ferait chuter la demande de places d\u2019apprentissage. Cela devrait d\u00e9tendre le march\u00e9 et b\u00e9n\u00e9ficier aux jeunes; en revanche, les entreprises risquent d\u2019avoir plus de difficult\u00e9s \u00e0 recruter les candidats appropri\u00e9s.L\u2019offre de places d\u2019apprentissage s\u2019est accrue de 18% depuis 2004. La derni\u00e8re r\u00e9cession n\u2019a stopp\u00e9 que temporairement, semble-t-il, cette tendance. Apr\u00e8s une l\u00e9g\u00e8re baisse en 2009, le Barom\u00e8tre des places d\u2019apprentissage pr\u00e9voit une nouvelle augmentation: leur nombre devrait atteindre 90&nbsp;000 cette ann\u00e9e (contre 74&nbsp;000 en 2004).La quantit\u00e9 de contrats sign\u00e9s a \u00e9galement progress\u00e9 depuis 2003. Cest surtout en 2008, une ann\u00e9e de haute conjoncture, que l\u2019offre de places d\u2019apprentissage a augment\u00e9 plus vite que l\u2019engagement d\u2019apprentis. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le nombre de places occup\u00e9es a recul\u00e9 pratiquement dans la m\u00eame mesure que la population \u00e2g\u00e9e de 16 ans en Suisse.Tourn\u00e9e vers le march\u00e9 du travail, la formation professionnelle est plus expos\u00e9e aux al\u00e9as conjoncturels que les \u00e9coles de formation g\u00e9n\u00e9rale du niveau secondaire II. Toutefois, les revers de l\u2019\u00e9conomie p\u00e8sent de fa\u00e7on limit\u00e9e sur le nombre de places d\u2019apprentissage attribu\u00e9es. Cela s\u2019est v\u00e9rifi\u00e9 une fois de plus lors de la derni\u00e8re r\u00e9cession. Les entreprises formatrices r\u00e9agissent davantage aux facteurs d\u00e9mographiques qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9volution de la conjoncture. Selon une \u00e9tude de l\u2019universit\u00e9 de Berne, l\u2019offre de places d\u2019apprentissage ne diminue toutefois pas au m\u00eame rythme que le nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves. Par cons\u00e9quent, le march\u00e9 les concernant peut se d\u00e9tendre m\u00eame dans des phases de marasme \u00e9conomique&#13;<br \/>\nVoir M\u00fchlemann Samuel, Wolter Stefan C. et W\u00fcest Adrian, \u00abApprenticeship Training and the Business Cycle\u00bb, dans Empirical Research in Vocational Education and Training, 1(2), 2009, p. 173\u2013186..Une nouvelle am\u00e9lioration se dessine pour l\u2019ann\u00e9e en cours. Tandis que l\u2019offre devrait augmenter d\u2019environ 3%, les jeunes pourraient \u00eatre l\u00e9g\u00e8rement moins nombreux \u00e0 rechercher une place d\u2019apprentissage. Compte tenu de ces deux tendances oppos\u00e9es, le nombre de contrats sign\u00e9s devrait rester stable.Les pouvoirs publics jouent un r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire sur le march\u00e9 des places d\u2019apprentissage. Les offices cantonaux de la formation professionnelle connaissent bien la situation sur le terrain et entretiennent des contacts avec les entreprises locales. Ils sont les mieux plac\u00e9s pour appr\u00e9cier l\u2019\u00e9volution de l\u2019offre, prendre \u00e0 temps les mesures n\u00e9cessaires et aider individuellement les jeunes qui souhaitent accomplir une formation professionnelle initiale. Quant \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration, elle propose son appui aux cantons. En outre, la Conf\u00e9rence nationale sur les places d\u2019apprentissage, qui se r\u00e9unit chaque ann\u00e9e au niveau des ex\u00e9cutifs et des organisations fa\u00eeti\u00e8res, peut au besoin adopter des mesures strat\u00e9giques communes.Toute une s\u00e9rie de dispositions se sont av\u00e9r\u00e9es efficaces pour int\u00e9grer les jeunes dans la formation professionnelle: l\u2019engagement de promoteurs de places d\u2019apprentissage, les r\u00e9seaux d\u2019entreprises formatrices, l\u2019accompagnement, le mentorat, les offres transitoires ou encore le suivi individualis\u00e9 (\u00abcase mana-gement\u00bb de la formation professionnelle). Il est possible de renforcer rapidement ces dispositions si la situation se d\u00e9t\u00e9riore sur le march\u00e9. Le Barom\u00e8tre des places d\u2019apprentissage (voir encadr\u00e9 1) et les analyses men-suelles de tendances dans les cantons permettent de reconna\u00eetre \u00e0 temps les menaces de p\u00e9nurie.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019int\u00e9gration au march\u00e9 du travail apr\u00e8s la formation professionnelle initiale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019entr\u00e9e sur le march\u00e9 du travail apr\u00e8s la formation professionnelle initiale est souvent li\u00e9e, pour les jeunes adultes, \u00e0 un risque \u00e9lev\u00e9 de ch\u00f4mage. Or, une interruption involontaire de longue dur\u00e9e apr\u00e8s la formation peut entra\u00eener une perte de connaissances professionnelles, qui aura des r\u00e9percussions n\u00e9- fastes sur l\u2019activit\u00e9 ult\u00e9rieure. \u00c9tant donn\u00e9 l\u2019importance de ce facteur et la crise qui mena\u00e7ait alors le march\u00e9 du travail, la Conf\u00e9rence nationale sur les places d\u2019apprentissage a d\u00e9cid\u00e9 en 2009 d\u2019examiner en d\u00e9tail l\u2019offre de premiers emplois pour les jeunes ayant termin\u00e9 leur formation professionnelle. Une premi\u00e8re analyse a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie en 2010 par le Moniteur du march\u00e9 suisse de l\u2019emploi de l\u2019universit\u00e9 de Zurich; les passages qui suivent se basent sur les \u00e9valuations de ce Barom\u00e8tre des premiers emplois&#13;<br \/>\nMoniteur du march\u00e9 suisse de l\u2019emploi de l\u2019universit\u00e9 de Zurich (2010), Barom\u00e8tre des premiers emplois 2010, r\u00e9sum\u00e9 du rapport r\u00e9dig\u00e9 sur mandat de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT)..Le <i>graphique 3<\/i> montre l\u2019\u00e9volution du taux de ch\u00f4mage chez les jeunes de 18 \u00e0 25 ans qui ont termin\u00e9 un apprentissage et viennent de commencer une activit\u00e9 professionnelle, en comparaison avec deux groupes de r\u00e9f\u00e9rence. On y voit clairement que les personnes en d\u00e9but de carri\u00e8re affichent un taux de ch\u00f4mage environ deux fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui des employ\u00e9s int\u00e9gr\u00e9s depuis plus longtemps dans la vie active. Cela refl\u00e8te la probl\u00e9matique de la transition au terme de la formation professionnelle initiale. Les chiffres mettent aussi en \u00e9vidence une nette diff\u00e9rence au sein du groupe des 18\u201325 ans: les personnes au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une formation professionnelle connaissent un taux de ch\u00f4mage nettement moins \u00e9lev\u00e9 que celles du m\u00eame \u00e2ge qui ne disposent d\u2019aucune formation post-obligatoire. Depuis 2004, ces derni\u00e8res affichent en moyenne un taux de ch\u00f4mage de 90% sup\u00e9rieur \u00e0 celui des jeunes ayant achev\u00e9 un apprentissage. On voit ainsi une fois de plus \u00e0 quel point la formation professionnelle prot\u00e8ge du ch\u00f4mage.Ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, on a pu observer la fa\u00e7on dont le passage de l\u2019apprentissage \u00e0 la vie active se traduisait par un ch\u00f4mage des jeunes hautement sensible \u00e0 la conjoncture. En termes relatifs, la situation des employ\u00e9s non qualifi\u00e9s semble s\u2019\u00eatre l\u00e9g\u00e8rement am\u00e9lior\u00e9e par rapport \u00e0 celle des professionnels. Ainsi, leur taux de ch\u00f4mage n\u2019a pas retrouv\u00e9 lors de la derni\u00e8re r\u00e9cession son niveau \u00e9lev\u00e9 de 2004. Il est m\u00eame rest\u00e9 inf\u00e9rieur d\u2019un quart environ \u00e0 ce qu\u2019il \u00e9tait alors. L\u2019explication pourrait \u00eatre la suivante: l\u2019industrie, qui emploie un grand nombre de professionnels, a \u00e9t\u00e9 fortement affect\u00e9e par la crise, tandis que des branches comme la construction, la restauration ou le commerce de d\u00e9tail, o\u00f9 la proportion de personnel peu qualifi\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e, en ont relativement peu souffert jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent.&#13;<\/p>\n<h2>La transition apr\u00e8s des \u00e9tudes de degr\u00e9 tertiaire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl n\u2019existe aucune \u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e sur la situation des nouveaux dipl\u00f4m\u00e9s des hautes \u00e9coles. Par analogie avec l\u2019analyse des premiers emplois, on peut cependant calculer le taux de ch\u00f4mage des personnes titulaires d\u2019un dipl\u00f4me de niveau tertiaire qui se trouvent en d\u00e9but de carri\u00e8re (il s\u2019agit en l\u2019occurrence de personnes \u00e2g\u00e9es de 25 \u00e0 34 ans): celui-ci s\u2019\u00e9levait \u00e0 2,5% en janvier 2004 et \u00e0 2% en janvier 2010&#13;<br \/>\nLe calcul de ces taux de ch\u00f4mage tient compte de la forte hausse de la population active titulaire d\u2019un dipl\u00f4me de degr\u00e9 tertiaire. Il s\u2019est bas\u00e9 sur les donn\u00e9es des enqu\u00eates Espa de 2004 et 2009 relatives \u00e0 la population active. Le nombre de ch\u00f4meurs \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 34 ans et titulaires d\u2019un dipl\u00f4me de niveau tertiaire a augment\u00e9 de plus de 20% entre 2004 et 2010. Cependant, comme la population active correspondante s\u2019est accrue d\u2019un tiers, le taux de ch\u00f4mage a recul\u00e9.. Au plus fort de la derni\u00e8re r\u00e9cession, il est donc rest\u00e9 en dessous du niveau atteint lors du pr\u00e9c\u00e9dent tassement conjoncturel. Selon des estimations, il s\u2019\u00e9levait \u00e0 1,8% fin septembre 2010. On peut donc constater que la situation globale des nouveaux dipl\u00f4m\u00e9s n\u2019est pas dramatique en Suisse. Ces taux exceptionnellement bas semblent plut\u00f4t indiquer qu\u2019une p\u00e9nurie de sp\u00e9cialistes pourrait rapidement appara\u00eetre en cas de relance \u00e9conomique. Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, c\u2019est surtout l\u2019immigration qui a permis d\u2019att\u00e9nuer ce ph\u00e9no-m\u00e8ne.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa majeure partie des exp\u00e9riences faites par la Suisse en mati\u00e8re de ch\u00f4mage des jeunes se sont v\u00e9rifi\u00e9es lors de la derni\u00e8re r\u00e9cession. Une fois de plus, il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 clairement que celui-ci est particuli\u00e8rement sensible \u00e0 la conjoncture. C\u2019est pourquoi il \u00e9tait juste de r\u00e9activer imm\u00e9diatement des instruments \u00e9prouv\u00e9s pour lutter contre le ch\u00f4mage des jeunes et de les compl\u00e9ter, en fonction des besoins, dans le cadre des mesures de stabilisation conjoncturelle. Heureusement, la crise du march\u00e9 du travail n\u2019a pas eu l\u2019ampleur que l\u2019on craignait encore \u00e0 la mi-2009.La situation des personnes qui entrent sur le march\u00e9 du travail et celle des jeunes en qu\u00eate d\u2019une place d\u2019apprentissage se sont beaucoup am\u00e9lior\u00e9es durant l\u2019ann\u00e9e en cours. Dans les deux cas, on peut consid\u00e9rer que les mesures prises ont eu un impact positif. Celles-ci avaient pour but de stabiliser l\u2019offre de places d\u2019apprentissage (par ex. en mati\u00e8re de promotion), de favoriser l\u2019int\u00e9gration des jeunes (par ex. l\u2019accompagnement et le suivi individualis\u00e9s) et d\u2019aider ceux qui ne trouvent pas d\u2019emploi \u00e0 l\u2019issue de leur formation (par ex. semestres de motivation, stages en entreprise).Il serait, toutefois, pr\u00e9matur\u00e9 d\u2019affirmer que la situation s\u2019est compl\u00e8tement d\u00e9tendue. De plus, les perspectives conjoncturelles font \u00e9tat d\u2019un net affaiblissement de l\u2019\u00e9conomie, ce qui devrait de nouveau freiner le recul du ch\u00f4mage, entre autres celui des jeunes. Si ces pr\u00e9visions se confirment, les mesures contre le ch\u00f4mage des jeunes devraient \u00eatre reconduites l\u2019ann\u00e9e prochaine. Il s\u2019agira aussi de suivre tr\u00e8s attentivement l\u2019\u00e9volution de ce secteur.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abTaux de ch\u00f4mage par classes d\u2019\u00e2ge, corrig\u00e9s des variations saisonni\u00e8res et al\u00e9atoires, janvier 2000\u2013septembre 2010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abOffre de places d\u2019apprentissage, places attribu\u00e9es et effectif de la population \u00e2g\u00e9e de 16 ans, 2000\u20132010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abTaux de ch\u00f4mage par classes d\u2019\u00e2ge, situation actuelle sur le march\u00e9 du travail et situation avant le d\u00e9but de la recherche d\u2019emploi, 2e trimestre 2009\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4: \u00abTaux de sans-emploi par classes d\u2019\u00e2ge, situation actuelle sur le march\u00e9 du travail et situation avant le d\u00e9but de la recherche d\u2019emploi, 2e trimestre 2009\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Stabilit\u00e9 du barom\u00e8tre des places d\u2019apprentissage&#13;<\/p>\n<h3>Stabilit\u00e9 du barom\u00e8tre des places d\u2019apprentissage<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nMalgr\u00e9 le contexte \u00e9conomique tendu, la situation sur le march\u00e9 des places d\u2019apprentissage est rest\u00e9e stable. Les chiffres du barom\u00e8tre des places d\u2019apprentissage, relev\u00e9s par l\u2019Institut Link depuis 1997 sur mandat de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) et publi\u00e9s lors de la Conf\u00e9rence sur les places d\u2019apprentissage le 25 octobre \u00e0 Bienne, l\u2019attestent: les actions men\u00e9es sur le front des places d\u2019apprentissage par la Conf\u00e9d\u00e9ration, les cantons et l\u2019\u00e9conomie ont port\u00e9 leurs fruits et le nombre de places propos\u00e9es a \u00e9volu\u00e9 favorablement.En ao\u00fbt 2010, les entreprises ont attribu\u00e9 83&nbsp;000 places d\u2019apprentissage, contre 82&nbsp;000 en 2009. Le 31 ao\u00fbt 2010 (jour de r\u00e9f\u00e9rence), 7000 places \u00e9taient encore libres. Les entreprises esp\u00e8rent en pourvoir encore 2500. Le nombre total de places offertes (90 000) a augment\u00e9 de 3000 par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Il s\u2019agit donc d\u2019une ann\u00e9e record depuis 2000 (79 500), qui d\u00e9passe m\u00eame le nombre atteint en 2008 (88 000).Sur les 149&nbsp;000 jeunes qui devaient choisir une formation en 2010, environ 73&nbsp;500 (75 000 en 2009) ont entam\u00e9 une formation professionnelle initiale. La majorit\u00e9 dentre eux d\u00e9clarent avoir trouv\u00e9 au moins une solution provisoire. 5% (6% en 2009) se disent au ch\u00f4mage ou sans activit\u00e9, ce qui repr\u00e9sente environ 7500 personnes (9000 en 2009).La \u00abliste d\u2019attente\u00bb, autrement dit les jeunes \u00e0 la recherche d\u2019une place en 2011, a diminu\u00e9 de 14 \u00e0 13&nbsp;% par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Ils repr\u00e9sentent un total denviron 20&nbsp;500 jeunes. Ainsi, pour la troisi\u00e8me ann\u00e9e de suite, le nombre de jeunes sur cette liste a diminu\u00e9 (21 000 en 2009; 21&nbsp;500 en 2008).Le renforcement des mesures qui ont fait leurs preuves, comme la promotion des places d\u2019apprentissage, l\u2019accompagnement, le mentorat et le suivi individualis\u00e9, permet d\u2019\u00e9viter que les tensions que suscitent la situation \u00e9conomique se r\u00e9percutent sur l\u2019offre de places d\u2019apprentissage. Autre \u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant: le r\u00f4le jou\u00e9 par les entreprises qui investissent dans la formation professionnelle en d\u00e9pit de la conjoncture d\u00e9favorable en cr\u00e9ant des places suppl\u00e9mentaires. Les participants \u00e0 la Conf\u00e9rence ont d\u00e9cid\u00e9, afin de maintenir en 2011 la stabilit\u00e9 du march\u00e9 des places d\u2019apprentissage, d\u2019assurer le suivi des mesures existantes et de les renforcer si n\u00e9cessaire. Les r\u00e9sultats d\u00e9taill\u00e9s du barom\u00e8tre des places d\u2019apprentissage d\u2019ao\u00fbt 2010 sont publi\u00e9s sur <i><a href=\"http:\/\/www.bbt.admin.ch\">http:\/\/www.bbt.admin.ch<\/a>.<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: La saisie statistique du ch\u00f4mage des jeunes&#13;<\/p>\n<h3>La saisie statistique du ch\u00f4mage des jeunes<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDeux s\u00e9ries de donn\u00e9es diff\u00e9rentes \u2013 la statistique du ch\u00f4mage du Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) et l\u2019enqu\u00eate suisse sur la population active (Espa) \u2013 permettent de chiffrer le ch\u00f4mage ou l\u2019inactivit\u00e9 professionnelle en Suisse. Elles pr\u00e9sentent chacune des avantages et des inconv\u00e9nients sp\u00e9cifiques pour l\u2019analyse de la situation des jeunes sur le march\u00e9 du travail.La statistique du ch\u00f4mage du Seco comptabilise toutes les personnes qui se sont annonc\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019un Office r\u00e9gional de placement (ORP) pour rechercher un emploi. Son atout r\u00e9side dans le fait qu\u2019elle est \u00e9tablie chaque mois et qu\u2019elle permet des \u00e9valuations tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9es. Son d\u00e9savantage est que le calcul du taux du ch\u00f4mage d\u00e9pend essentiellement de la propension des demandeurs d\u2019emploi \u00e0 s\u2019annoncer. Chez les jeunes en particulier, la proportion des personnes sans travail qui ne sont pas enregistr\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019un ORP est relativement \u00e9lev\u00e9e.L\u2019Espa, r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), recense syst\u00e9matiquement les ch\u00f4meurs selon les normes internationales. Elle est la seule \u00e0 permettre des comparaisons directes avec d\u2019autres pays. La d\u00e9finition de l\u2019inactivit\u00e9 professionnelle est plus large, dans la mesure o\u00f9 cette statistique englobe \u00e9galement les personnes qui ne sont pas ou plus annonc\u00e9es comme demandeuses d\u2019emploi aupr\u00e8s d\u2019un ORP. L\u2019inconv\u00e9nient de cette d\u00e9finition \u00e9tendue est qu\u2019elle couvre une multitude de formes et de degr\u00e9s d\u2019inactivit\u00e9 et que les crit\u00e8res du ch\u00f4mage (recherche active d\u2019emploi, disponibilit\u00e9 imm\u00e9diate, absence de travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9) ne peuvent pas \u00eatre soumis \u00e0 un examen objectif. Cet \u00e9l\u00e9ment est particuli\u00e8rement important pour l\u2019interpr\u00e9tation des taux de ch\u00f4mage des jeunes, comme le montre l\u2019\u00e9valuation suivante.Le graphique 4 illustre le taux de sans-emploi de trois classes d\u2019\u00e2ge selon l\u2019OFS (Espa). Au deuxi\u00e8me trimestre de 2009, le ch\u00f4mage des jeunes s\u2019\u00e9levait \u00e0 8,2%, soit 3,5 points au-dessus du taux qui concerne les personnes \u00e2g\u00e9es de 25 \u00e0 39 ans. Si l\u2019on d\u00e9duit du nombre des demandeurs d\u2019emploi les personnes qui suivent simultan\u00e9ment une formation, le taux atteint encore 5,6% chez les 15\u201324 ans, soit 1,3 point de plus que chez les 25\u201339 ans. Ces chiffres montrent aussi clairement l\u2019acuit\u00e9 du probl\u00e8me pos\u00e9 par la transition vers la vie professionnelle. Pr\u00e8s d\u2019un tiers des jeunes ch\u00f4meurs indiquent qu\u2019ils \u00e9taient en formation avant de commencer \u00e0 chercher du travail. Cette forte proportion laisse supposer que la probl\u00e9matique de la transition constitue une cause importante du ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9 des jeunes.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand le march\u00e9 de l\u2019emploi marque le pas, le ch\u00f4mage touche particuli\u00e8rement les jeunes, car nombre d\u2019entre eux doivent surmonter la transition entre formation et vie professionnelle. Dans ce contexte, l\u2019offre de places d\u2019apprentissage et le passage du syst\u00e8me de formation au march\u00e9 du travail rev\u00eatent une importance cruciale. L\u2019article ci-contre examine les effets de [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3522,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[90],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3522,"seco_co_author":[2704,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Leiter Ressort Berufsbildungspolitik, stv. 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