{"id":151589,"date":"2010-10-01T12:00:00","date_gmt":"2010-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/10\/schluep-campo-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:57:07","modified_gmt":"2023-08-23T22:57:07","slug":"schluep-campo-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/10\/schluep-campo-2\/","title":{"rendered":"Qu\u2019est-ce que la mondialisation, et comment s\u2019est-elle d\u00e9velopp\u00e9e?"},"content":{"rendered":"<p>Le pr\u00e9sent article aborde, sous l\u2019angle historique, des questions fondamentales en lien avec la mondialisation. Il faut savoir que des relations \u00e9conomiques entre r\u00e9gions du monde ont exist\u00e9 bien avant l\u2019\u00e8re de la mondialisation, mais aussi qu\u2019un repli peut avoir des cons\u00e9quences dramatiques pour les \u00e9conomies nationales. La crise financi\u00e8re et \u00e9conomique de 2008\u20132009 a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 le d\u00e9placement du centre de gravit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie mondiale vers les pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement. Les pays industrialis\u00e9s traditionnels font face \u00e0 un d\u00e9fi de taille: maintenir leur politique d\u2019ouverture \u00e9conomique, malgr\u00e9 le risque de perdre leur influence et leur prosp\u00e9rit\u00e9.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201010_04_Schluep-Campo_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"260\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe terme <i>mondialisation<\/i> fait aujourd\u2019hui partie du langage courant et il est devenu incontournable dans le d\u00e9bat public. Bien qu\u2019il soit complexe, ambivalent et politiquement controvers\u00e9, il permet d\u2019expliquer certains probl\u00e8mes actuels ou \u00e0 tout le moins de les d\u00e9limiter. Cela dit, les opinions divergent sur les r\u00e9alit\u00e9s qu\u2019il recouvre. Nous nous en tiendrons \u00e0 la d\u00e9finition de <i>Dieter<\/i>&#13;<br \/>\nDieter Heribert, \u00abChancen und Risiken f\u00fcr Entwicklungsl\u00e4nder\u00bb, Informationen zur politischen Bildung, no 280, 2003, pp. 34\u201338., qui consid\u00e8re la mondialisation comme un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019accroissement exceptionnel des interactions dans une dimension transnationale. Il entend par l\u00e0 l\u2019augmentation du volume et de la fr\u00e9quence des mouvements de personnes, de biens, de capitaux et d\u2019id\u00e9es au-del\u00e0 des fronti\u00e8res des \u00c9tats. Cette interd\u00e9pendance mondiale croissante concerne tous les domaines (\u00e9conomie, politique, culture, environnement, communication, etc.) et s\u2019observe \u00e0 tous les niveaux (individus, soci\u00e9t\u00e9, institutions et \u00c9tats). Les principales causes de la mondialisation sont les progr\u00e8s techniques (notamment dans la communication et les transports) et les d\u00e9cisions politiques tendant \u00e0 lib\u00e9raliser le commerce mondial. L\u2019internationalisation est le premier degr\u00e9 de la mondialisation. Cette derni\u00e8re en constitue une forme plus aboutie et plus complexe qui se caract\u00e9rise par une interd\u00e9pendance croissante dans tous les domaines.&#13;<\/p>\n<h2>Avant la mondialisation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes d\u00e9buts de l\u2019internationalisation marqu\u00e9e par des \u00e9changes \u00e9conomiques au niveau suprar\u00e9gional sont bien ant\u00e9rieurs \u00e0 la naissance du Christ&#13;<br \/>\nPour une introduction sur le sujet, voir Kutschker Michael et Schmid Stefan, \u00abInternationalisierung der Wirtschaft als historisches Ph\u00e4nomen\u00bb, Internationales Management, Munich, 2008, Oldenbourg Wissenschaftsverlag.. Les Assyriens, les \u00c9gyptiens, les Grecs et les Romains \u00e9taient connus pour leurs activit\u00e9s marchandes&#13;<br \/>\nLes connaissances m\u00e9dicales se transmettaient elles aussi le long des voies commerciales. Ainsi, dans l\u2019Antiquit\u00e9, les m\u00e9decines indienne, perse et grecque s\u2019influen\u00e7aient r\u00e9ciproquement.. L\u2019or, l\u2019argent et l\u2019apparition de la monnaie permirent d\u2019\u00e9changer des biens en faisant appel \u00e0 une valeur interm\u00e9diaire, ce qui supplanta le troc. Apr\u00e8s la chute de l\u2019Empire romain, les transactions commerciales diminu\u00e8rent fortement. En Europe, ce n\u2019est qu\u2019au XIIe si\u00e8cle que le commerce suprar\u00e9gional connut un nouvel essor, ce qui conduisit notamment \u00e0 la cr\u00e9ation de la Hanse. Au XVIe si\u00e8cle, certains marchands avaient \u00e9tendu leur activit\u00e9 \u00e0 l\u2019Europe tout enti\u00e8re, \u00e0 l\u2019instar des Fugger, qui faisaient le commerce des tissus, du cuivre ou des bijoux et exploitaient des mines dans plusieurs pays europ\u00e9ens. Il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019une forme pr\u00e9coce d\u2019investissement direct \u00e9tranger. D\u2019autres grandes familles sont pass\u00e9es dans la post\u00e9rit\u00e9: les M\u00e9dicis, c\u00e9l\u00e8bre dynastie de banquiers italiens, accompagn\u00e8rent l\u2019expansion du commerce. C\u2019est, au plus tard, lors des grandes explorations effectu\u00e9es \u00e0 partir du XVe si\u00e8cle et de l\u2019\u00e9poque coloniale que le commerce international s\u2019institutionnalisa par le biais des grandes compagnies maritimes comme la Compagnie anglaise des Indes orientales, fond\u00e9e \u00e0 l\u2019aube du XVIIe si\u00e8cle.&#13;<\/p>\n<h2>La premi\u00e8re mondialisation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mondialisation \u2013 d\u00e9finie par des mouvements de capitaux relativement \u00e9lev\u00e9s, une forte migration et un commerce ext\u00e9rieur assez important \u2013 s\u2019observait d\u00e9j\u00e0 dans les ann\u00e9es 1870&#13;<br \/>\nVoir Welfens Paul J. J., Grundlagen der Wirtschaftspolitik, Institutionen \u2013 Makro\u00f6konomik \u2013 Politikkonzepte, Berlin et Heidelberg, 2008, Springer-Verlag.. En 1860, l\u2019Angleterre et la France sign\u00e8rent le trait\u00e9 Cobden-Chevalier, qui lib\u00e9ralisait le commerce franco-britannique, et d\u2019autres pays les suivirent bient\u00f4t dans la voie du libre-\u00e9change. Aux alentours de 1900, la Grande-Bretagne, avec sa banque centrale et son centre bancaire de renomm\u00e9e internationale, \u00e9tait la premi\u00e8re puissance \u00e9conomique mondiale. Dans les ann\u00e9es 1870, deux pays importants, l\u2019Allemagne et les \u00c9tats-Unis, adopt\u00e8rent l\u2019\u00e9talon-or. L\u2019\u00e9mission de leur monnaie \u00e9tait ainsi soumise aux r\u00e9serves d\u2019or disponibles, et les d\u00e9s\u00e9quilibres bilat\u00e9raux des balances des paiements (p. ex. lorsqu\u2019un pays exportait, en valeur, plus de marchandises qu\u2019il n\u2019en importait) \u00e9taient compens\u00e9s par un transfert d\u2019or du pays d\u00e9ficitaire vers le pays exc\u00e9dentaire. La parit\u00e9-or excluait pratiquement toute politique inflationniste, ce qui contribua \u00e0 instaurer, chez les investisseurs, une grande confiance dans les pays op\u00e9rant sous ce r\u00e9gime. Cette situation donna lieu \u00e0 d\u2019importants mouvements internationaux de capitaux, tant \u00e0 court qu\u2019\u00e0 long termes. Entre la fin du XIXe si\u00e8cle et 1914, plus de la moiti\u00e9 des investissements directs s\u2019effectuaient \u2013 contrairement \u00e0 aujourd\u2019hui \u2013 dans le secteur des mati\u00e8res premi\u00e8res; quelque 30% des investissements directs effectu\u00e9s dans le monde se concentraient dans le secteur des services, contre seulement 15% environ dans la production&#13;<br \/>\nLes chiffres sur les investissements directs sont tir\u00e9s de Kutschker et Schmid.. La tendance \u00e0 l\u2019accroissement des investissements directs ne fit pas diminuer le commerce mondial. Entre 1870 et l\u2019\u00e9clatement de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la progression du volume des \u00e9changes dans le monde atteignait, selon les estimations, 3,5% par an en moyenne. Au cours des cinq d\u00e9cennies qui pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent la Grande Guerre, pr\u00e8s de 60 millions d\u2019Europ\u00e9ens, attir\u00e9s, entre autres, par la perspective d\u2019une vie meilleure, \u00e9migr\u00e8rent vers le Nouveau Monde. La p\u00e9riode allant du milieu du XIXe si\u00e8cle \u00e0 1914 est connue sous le nom de \u00abpremi\u00e8re mondialisation\u00bb. Celle-ci suscita, d\u00e8s la fin du XIXe si\u00e8cle, des r\u00e9sistances et des tiraillements. Le protectionnisme agricole sous le r\u00e9gime de l\u2019empereur Guillaume II en est un exemple.&#13;<\/p>\n<h2>La crise de la mondialisation apr\u00e8s 1914<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Premi\u00e8re Guerre mondiale interrompit une longue p\u00e9riode d\u2019expansion de l\u2019\u00e9conomie mondiale. Le syst\u00e8me de l\u2019\u00e9talon-or prit brutalement fin avec le passage des pays europ\u00e9ens \u00e0 un financement inflationniste de l\u2019effort de guerre. Alors que le lien entre l\u2019\u00e9mission mon\u00e9taire et les r\u00e9serves d\u2019or \u00e9tait un gage de stabilit\u00e9, il fut abandonn\u00e9. L\u2019entre-deux-guerres a, d\u00e8s lors, \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par le protectionnisme et la course \u00e0 la d\u00e9valuation. La part des exportations de la Grande-Bretagne connut une forte diminution. Ce n\u2019est que dans les ann\u00e9es septante que celle de bon nombre de pays europ\u00e9ens retrouva le niveau atteint lors de la premi\u00e8re mondialisation. L\u2019apr\u00e8s-guerre connut un \u00abboom\u00bb de courte dur\u00e9e suivie d\u2019une crise \u00e9conomique mondiale (1921\u20131922) puis d\u2019une nouvelle phase d\u2019expansion qui dura jusqu\u2019en 1929. La gravit\u00e9 et la dur\u00e9e inhabituelles de la crise \u00e9conomique mondiale de 1929\u20131939 s\u2019expliquent dans une large mesure par l\u2019effondrement du commerce mondial. D\u00e8s les premiers signes de retournement conjoncturel, de nombreux gouvernements tent\u00e8rent de stabiliser la production et l\u2019emploi en menant une politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure active fond\u00e9e sur la restriction des importations et la promotion des exportations. L\u2019augmentation des droits de douane et les d\u00e9valuations mon\u00e9taires comp\u00e9titives pr\u00e9valurent d\u00e9sormais. Le protectionnisme, combin\u00e9 \u00e0 des facteurs conjoncturels et \u00e0 la crise de la dette, conduisit \u00e0 l\u2019effondrement du commerce mondial. Dans les ann\u00e9es vingt, les exportations am\u00e9ricaines de capitaux \u00e9taient devenues l\u2019\u00abancre\u00bb du syst\u00e8me mon\u00e9taire international, \u00e0 l\u2019instar des exportations britanniques de capitaux au XIXe si\u00e8cle. L\u2019Allemagne en a tr\u00e8s largement profit\u00e9, ce qui lui a permis de payer ses r\u00e9parations. Leurs b\u00e9n\u00e9ficiaires utilis\u00e8rent ces recettes extraordinaires pour rembourser leurs propres dettes de guerre aux \u00c9tats-Unis. La hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat am\u00e9ricains g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par le \u00abboom\u00bb de la Bourse et le krach de 1929 paralysa compl\u00e8tement les exportations am\u00e9ricaines de capitaux, ce qui d\u00e9clencha une crise g\u00e9n\u00e9rale qui n\u00e9pargna pas la dette, les banques et la balance des paiements, et aboutit \u00e0 un recul du commerce ext\u00e9rieur. La faillite du syst\u00e8me \u00e9conomique international entra\u00eena celle du syst\u00e8me politique international. Cette situation favorisa les mouvements nationalistes, les tentatives d\u2019autarcie et les manifestations d\u2019hostilit\u00e9.Malgr\u00e9 les crises et les revers, il y eut quand m\u00eame, dans l\u2019entre-deux-guerres, des processus d\u2019int\u00e9gration \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire, allant de la naissance d\u2019une industrie mondiale des m\u00e9dias aux tentatives d\u2019instaurer, par l\u2019interm\u00e9diaire de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations, un ordre mondial multipolaire reposant sur la coop\u00e9ration pacifique et les \u00e9changes \u00e9conomiques. <i>Welfens<\/i> conclut que la le\u00e7on qui se d\u00e9gage des relations \u00e9conomiques internationales de la p\u00e9riode 1860\u20132000 est claire: l\u2019entre-deux-guerres et son amalgame de protectionnisme, de course \u00e0 la d\u00e9valuation et de nationalisme \u2013 et l\u2019absence d\u2019organisations internationales actives dans le monde entier \u2013 ont fait na\u00eetre d\u00e9tresse et mis\u00e8re et, en fin de compte, contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9closion de la Seconde Guerre mondiale.&#13;<\/p>\n<h2>La mondialisation et ses probl\u00e8mes actuels<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nD\u2019un point de vue temporel, la premi\u00e8re crise de la mondialisation \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle d\u2019aujourd\u2019hui. Il ne s\u2019agit, en effet, plus d\u2019une crise compacte de longue dur\u00e9e, mais d\u2019une succession de crises \u00e9conomiques enchev\u00eatr\u00e9es et de d\u00e9stabilisations touchant alternativement plusieurs r\u00e9gions du monde, avec une intensit\u00e9 variable. La crise financi\u00e8re et \u00e9conomique de 2008\u20132009 a atteint une dimension g\u00e9ographique sans pr\u00e9c\u00e9dent et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 le d\u00e9placement du centre de gravit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie mondiale. D\u2019une part, les pays \u00e9mergents et certains pays en d\u00e9veloppement enregistrent toujours des taux de croissance \u00e9lev\u00e9s et des r\u00e9serves de devises confortables. D\u2019autre part, si les pays industrialis\u00e9s demeurent les principaux bailleurs de fonds \u2013 entre autres du Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et de la Banque mondiale \u2013, bon nombre d\u2019entre eux connaissent un recul de leur performance \u00e9conomique et d\u00e9tiennent des r\u00e9serves de change modestes \u2013 compar\u00e9es \u00e0 celles de la Chine, du Br\u00e9sil ou de l\u2019Inde. Cela s\u2019explique aussi par leurs taux de croissance d\u00e9j\u00e0 faibles avant la crise. Dans plusieurs pays industrialis\u00e9s, la situation budg\u00e9taire est, en outre, beaucoup plus mauvaise que dans les pays \u00e9mergents. Dans ces derniers pays comme dans ceux en d\u00e9veloppement, la croissance permet de r\u00e9duire la pauvret\u00e9. \u00c0 l\u2019avenir, les pays industrialis\u00e9s devront composer avec une perte d\u2019influence et de prosp\u00e9rit\u00e9, ce qui risque fort de susciter des r\u00e9actions protectionnistes.Il s\u2019agit maintenant de chercher une solution \u00e0 d\u2019innombrables d\u00e9fis cruciaux \u2013 qui concernent aussi les pays industrialis\u00e9s \u2013 pour l\u2019\u00e9volution future de l\u2019\u00e9conomie mondiale et la prosp\u00e9rit\u00e9. En voici quelques exemples: la coexistence de changes flexibles et fixes dans une \u00e9conomie mondiale ouverte, le faible niveau de croissance attendu aux \u00c9tats-Unis, les probl\u00e8mes qui secouent la zone euro, les difficult\u00e9s budg\u00e9taires, le vieillissement d\u00e9mographique et les incertitudes qui y sont li\u00e9es quant au financement des assurances sociales, la n\u00e9cessaire r\u00e9forme du syst\u00e8me de sant\u00e9, pour ne citer que quelques exemples. Dans le cas du Japon, la politique d\u2019argent bon march\u00e9 a \u00e9chou\u00e9 pendant plus de vingt ans \u00e0 sortir le pays de l\u2019orni\u00e8re d\u2019une croissance faible. Ce n\u2019est qu\u2019en menant des r\u00e9formes structurelles en profondeur que les pays industrialis\u00e9s pourront \u00e9carter la menace d\u2019une perte d\u2019influence et de prosp\u00e9rit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Qu\u2019en serait-il sans la mondialisation?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mondialisation actuelle est d\u2019une ampleur sans pr\u00e9c\u00e9dent. Elle touche non seulement l\u2019\u00e9conomie, mais aussi la politique, la culture, l\u2019environnement, la communication, les habitudes alimentaires. Cela ne signifie pas, pour autant, que le global prenne le pas sur le local. Une \u00e9tude portant sur la musique pop montre que le commerce international de la musique (et notamment des titres am\u00e9ricains) n\u2019a supplant\u00e9 ni la production ni la consommation locale de musique. Au contraire: les petits pays, par exemple la Su\u00e8de, tirent davantage parti que les autres du commerce de la musique&#13;<br \/>\nFerreira Fernando et Waldfogel Joel, Pop Internationalism: Has A Half Century of World Music Trade Displaced Local Culture? NBER Working Papers 15964, mai 2010.. De m\u00eame, les notions de la m\u00e9decine officielle sont interpr\u00e9t\u00e9es de mani\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9rente selon les pays et, de ce fait, ajust\u00e9es aux particularit\u00e9s locales. Aussi bien la politique chinoise en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique, orient\u00e9e sur l\u2019int\u00e9gration de la m\u00e9decine traditionnelle et de la m\u00e9decine officielle occidentale, que la nouvelle strat\u00e9gie de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 concernant l\u2019utilisation de la m\u00e9decine indig\u00e8ne sont \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 d\u2019une culture m\u00e9dicale standardis\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale&#13;<br \/>\nFrank Robert, Globalisierung \u00abalternativer\u00bb Medizin. Hom\u00f6opathie und Ayurveda in Deutschland und Indien. 2004, Transcript Verlag, 307 p.. Le r\u00f4le des technologies de l\u2019information est particuli\u00e8rement d\u00e9terminant dans la vague actuelle de mondialisation (internet, t\u00e9l\u00e9phone portable, vari\u00e9t\u00e9 des services en ligne, etc.). Pourtant, la mondialisation n\u2019est pas irr\u00e9versible. Elle est davantage l\u2019expression du choix individuel des \u00c9tats. Il existe des pays, comme le Myanmar, qui ont volontairement opt\u00e9 pour l\u2019isolement, avec des cons\u00e9quences in\u00e9luctables pour la population. Ainsi, la plupart des \u00e9conomies autarciques connaissent en m\u00eame temps la p\u00e9nurie, le faible niveau des revenus limite les possibilit\u00e9s de voyage, l\u2019acc\u00e8s aux m\u00e9dias universels comme Internet est souvent l\u2019objet de restrictions, tandis que le recours \u00e0 des technologies d\u00e9su\u00e8tes ou la pollution de l\u2019environnement repr\u00e9sentent des menaces pour la sant\u00e9 publique. Cela ne veut, cependant, pas dire que les pays ouverts \u00e0 la mondialisation soient prosp\u00e8res, ni que la population des zones p\u00e9riph\u00e9riques profite de cette ouverture. Plusieurs conditions doivent \u00eatre remplies pour que la mondialisation porte ses fruits. L\u2019article d\u2019<i>Awudu Abdulai et Jan Dithmer<\/i> d\u00e9finit les conditions-cadres d\u2019une mondialisation r\u00e9ussie. Par ailleurs, <i>Hauser<\/i>&#13;<br \/>\nHauser Heinz, \u00abAussenhandel: Unabh\u00e4ngigkeit als Marktvorteil\u00bb, dans La souverainet\u00e9 en cause, 2010, Avenir Suisse. rel\u00e8ve que la mondialisation et, avec elle, la mobilit\u00e9 des activit\u00e9s des entreprises, des capitaux et de la main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e augmentent plut\u00f4t qu\u2019elles r\u00e9duisent l\u2019importance d\u2019une bonne politique \u00e9conomique nationale pour l\u2019\u00e9volution future. \u00c0 condition qu\u2019ils fassent ce qu\u2019il faut sur le plan national, les \u00c9tats prendront une plus grande importance avec la mondialisation. \u00c0 cet \u00e9gard, la concurrence en mati\u00e8re de facteurs mobiles a une grande importance.Si les pays industrialis\u00e9s ne parviennent pas \u00e0 r\u00e9gler leurs probl\u00e8mes internes, ils risquent de voir leur comp\u00e9titivit\u00e9 diminuer. Cela ne signifierait pas pour autant que la mondialisation serait finie pour eux. Il n\u2019est gu\u00e8re pensable que nous tombions dans une situation comparable \u00e0 la Grande D\u00e9pression (marqu\u00e9e par la faillite tant du syst\u00e8me \u00e9conomique que du syst\u00e8me politique). L\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) s\u2019attache quant \u00e0 elle \u00e0 limiter l\u2019extension du protectionnisme. Avec le trait\u00e9 de Maastricht, la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne a fait place \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne, qui ne cesse de s\u2019agrandir. Les accords de libre-\u00e9change \u2013 comme l\u2019Accord de libre-\u00e9change nord-am\u00e9ricain (Alena) ou l\u2019Association europ\u00e9enne de libre-\u00e9change (AELE) \u2013 et les Nations Unies contribuent \u00e0 renforcer l\u2019\u00abossature\u00bb \u00e9conomique et politique internationale. Si les pays industrialis\u00e9s \u00e9chouent \u00e0 ma\u00eetriser les probl\u00e8mes mentionn\u00e9s ci-dessus, ils risquent notamment une perte de prosp\u00e9rit\u00e9. Il est peu probable que tous les progr\u00e8s accomplis jusqu\u2019ici soient r\u00e9duits \u00e0 n\u00e9ant si les pays pers\u00e9v\u00e8rent sur la voie de l\u2019ouverture. Un monde sans caf\u00e9 ou cacao le matin, sans ordinateurs, t\u00e9l\u00e9phones portables et textiles fabriqu\u00e9s en Extr\u00eame-Orient, sans d\u00e9bouch\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour nos montres et nos produits pharmaceutiques, sans prestations bancaires ni services de transport internationaux, sans main-d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re dans nos h\u00f4pitaux est inconcevable; qu\u2019en pensez-vous?<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pr\u00e9sent article aborde, sous l\u2019angle historique, des questions fondamentales en lien avec la mondialisation. Il faut savoir que des relations \u00e9conomiques entre r\u00e9gions du monde ont exist\u00e9 bien avant l\u2019\u00e8re de la mondialisation, mais aussi qu\u2019un repli peut avoir des cons\u00e9quences dramatiques pour les \u00e9conomies nationales. La crise financi\u00e8re et \u00e9conomique de 2008\u20132009 a [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3350,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[106],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3350,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Dr. sc. tech., Leiterin Bereich Nachhaltige Wirkung, Zentrum f\u00fcr Unternehmensverantwortung und Nachhaltigkeit (CCRS) an der Universit\u00e4t Z\u00fcrich","seco_author_post_occupation_fr":"Responsable du secteur Impact durable, Centre pour la responsabilit\u00e9 entrepreneuriale et la durabilit\u00e9 (CCRS) \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Zurich","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":151592,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"8488","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/559e1d2a91b02"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151589"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3350"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=151589"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151589\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189484,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151589\/revisions\/189484"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3350"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=151589"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=151589"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=151589"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=151589"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=151589"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=151589"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}