{"id":151599,"date":"2010-10-01T12:00:00","date_gmt":"2010-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/10\/walker-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:56:58","modified_gmt":"2023-08-23T22:56:58","slug":"walker-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/10\/walker-2\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9volution des emplois atypiques et pr\u00e9caires en Suisse"},"content":{"rendered":"<p>En 2008, 3,3% de la population active suisse \u00e9taient li\u00e9s par des contrats de travail atypiques et pr\u00e9caires (par la suite: atypiques-pr\u00e9caires). En 2002, ce taux \u00e9tait encore de 2,9%. Ce sont surtout les emplois \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e et le travail sur appel qui ont progress\u00e9 en nombre. Les emplois atypiques-pr\u00e9caires sont le plus souvent occup\u00e9s par des femmes, de jeunes adultes, des \u00e9trangers et des travailleurs ayant un faible niveau d\u2019instruction. Gr\u00e2ce, toutefois, \u00e0 la forte perm\u00e9abilit\u00e9 du march\u00e9 du travail, la plupart de ces personnes ne restent pas longtemps dans cette situation.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDepuis d\u00e9j\u00e0 de nombreuses ann\u00e9es, diverses formes non traditionnelles de travail flexible comme le travail \u00e0 temps partiel, les contrats de travail \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, le travail sur appel et le travail temporaire sont des r\u00e9alit\u00e9s indissociables du march\u00e9 suisse de l\u2019emploi. Ces nouvelles formules permettent au monde du travail de r\u00e9agir avec davantage de rapidit\u00e9 et de souplesse aux mutations de l\u2019\u00e9conomie et de la soci\u00e9t\u00e9. Du point de vue soci\u00e9tal, elles ne sont pas n\u00e9cessairement critiquables puisqu\u2019elles sont susceptibles d\u2019offrir une certaine libert\u00e9 aux employeurs comme aux travailleurs. Certaines activit\u00e9s comme le travail \u00e0 temps partiel jouissent m\u00eame d\u2019une excellente r\u00e9putation.Les contrats de travail qui exposent le personnel \u00e0 une grande ins\u00e9curit\u00e9 sans l\u2019indemniser correctement sont, en revanche, tr\u00e8s discutables. La litt\u00e9rature qualifie de pr\u00e9caires ou d\u2019atypiques-pr\u00e9caires les rapports de travail non traditionnels et incertains. Les emplois dits atypiques-pr\u00e9caires sont ceux qui pr\u00e9sentent un certain degr\u00e9 d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 pour le travailleur (voir <i>encadr\u00e9s 1<\/i> et <i>2<\/i>) et lui procurent un revenu inf\u00e9rieur \u00e0 un minimum d\u00e9termin\u00e9. Les premiers travaux empiriques portant sur la diffusion des emplois atypiques-pr\u00e9caires en Suisse ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s en 2001 par Caritas&#13;<br \/>\nCaritas (2001). et en 2003 par Ecoplan&#13;<br \/>\nEcoplan (2003).. Dans une r\u00e9cente \u00e9tude command\u00e9e par le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), Ecoplan a analys\u00e9 leur \u00e9volution depuis 2001.&#13;<\/p>\n<h2>Les emplois atypiques-pr\u00e9caires en 2008<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuelque 140&nbsp;000 personnes, soit 3,3% de la population active, avaient en 2008 un emploi atypique-pr\u00e9caire. Les formes les plus fr\u00e9quentes sont le travail sur appel et les contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e (au maximum un an). Au total, pr\u00e8s de 56&nbsp;000 personnes travaillent sur appel et 59&nbsp;000 sont soumis \u00e0 des contrats de travail \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e. Le travail \u00e0 domicile (20 000 personnes), les situations de sous-emploi (14 000), les emplois temporaires (9000) ainsi que les nouvelles formes d\u2019ind\u00e9pendance (7000) sont, en revanche, moins r\u00e9pandus. Notons qu\u2019un contrat de travail peut rev\u00eatir plusieurs formes atypiques et que les chiffres correspondant aux divers cas pass\u00e9es en revue peuvent dissimuler des comptages multiples.&#13;<\/p>\n<h2>Progression depuis 2002<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes contrats de travail \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e et le travail sur appel sont largement responsables de l\u2019augmentation du nombre d\u2019emplois atypiques-pr\u00e9caires observ\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es. En 2002, le nombre de personnes occupant de tels emplois correspondait \u00e0 2,9% de la population active totale. Apr\u00e8s une l\u00e9g\u00e8re progression en 2003, cette proportion est redescendue \u00e0 2,7% en 2004. Elle a ensuite recommenc\u00e9 \u00e0 augmenter, pour atteindre 3,3% en 2008. La hausse observ\u00e9e depuis 2004 est imputable \u00e0 la multiplication des emplois sur appel (+15% entre 2004 et 2008) et des contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e (+50% sur la m\u00eame p\u00e9riode).&#13;<\/p>\n<h2>Les stages de plus en plus nombreux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUn examen plus pr\u00e9cis des diverses formes d\u2019emplois \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e montre qu\u2019il y a particuli\u00e8rement lieu de consid\u00e9rer comme atypiques-pr\u00e9caires les places de stage (y compris de volontariat). Celles-ci repr\u00e9sentent, en valeur absolue, la principale forme d\u2019emplois atypiques-pr\u00e9caires \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e; elles sont, en outre, en forte progression ces derni\u00e8res ann\u00e9es. D\u00e9j\u00e0 en 2004, un poste atypique-pr\u00e9caire \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e sur trois \u00e9tait un stage; entre-temps, cette proportion est pass\u00e9e \u00e0 43%. Au total, selon nos \u00e9valuations, environ 13&nbsp;000 nouvelles places de stage r\u00e9pondant \u00e0 la d\u00e9finition \u00abatypique-pr\u00e9caire\u00bb ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es depuis 2004. Par cons\u00e9quent, pr\u00e8s des deux tiers des nouveaux emplois atypiques-pr\u00e9caires \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e sont des stages.&#13;<\/p>\n<h2>Qui est le plus souvent touch\u00e9 par des emplois atypiques-pr\u00e9caires?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes populations qui exercent le plus fr\u00e9quemment de tels emplois ainsi que les facteurs de probabilit\u00e9 de les occuper (profils de risque) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s \u00e0 partir d\u2019une analyse descriptive des donn\u00e9es de l\u2019Enqu\u00eate suisse sur la population active (Espa) effectu\u00e9e par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), sur la base d\u2019une estimation \u00abpanel probit\u00bb.&#13;<\/p>\n<h2>Facteurs principaux: l\u2019\u00e2ge et le sexe<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e2ge et le sexe jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant. Au total, 4,5% des femmes actives et 2% des hommes actifs ont un emploi atypique-pr\u00e9caire. Les jeunes de 15 \u00e0 24 ans se trouvent plus souvent dans ce cas que les autres cat\u00e9gories d\u2019\u00e2ge, puisque la proportion de ceux qui exercent un travail atypiques-pr\u00e9caires est pass\u00e9e, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, de 6% \u00e0 plus de 9%. Chez les <i>hommes<\/i>, cette forme d\u2019emploi est surtout r\u00e9pandue chez les jeunes et les c\u00e9libataires. Elle offre aux jeunes gens la possibilit\u00e9 de planifier plus librement leur existence. Les emplois temporaires leur permettent de remplir utilement certaines p\u00e9riodes d\u2019attente les s\u00e9parant par exemple d\u2019un stage de formation continue, d\u2019une instruction militaire ou d\u2019autres projets, quand ce n\u2019est pas de sortir du ch\u00f4mage. D\u00e8s qu\u2019un homme fonde une famille, les observations empiriques montrent que son d\u00e9sir d\u2019un revenu assur\u00e9 l\u2019emporte nettement sur les avantages de la flexibilit\u00e9.Les raisons pour lesquelles les jeunes <i>femmes<\/i> acceptent un travail atypique-pr\u00e9caire sont g\u00e9n\u00e9ralement les m\u00eames que pour les jeunes hommes. Toutefois, contrairement \u00e0 ceux-ci, elles ont une probabilit\u00e9 relativement forte de perp\u00e9tuer cette situation, m\u00eame apr\u00e8s leur mariage et la fondation d\u2019une famille. Cela s\u2019explique par le fait qu\u2019un certain nombre d\u2019entre elles estiment manquer de possibilit\u00e9s mat\u00e9rielles de retourner \u00e0 la vie professionnelle apr\u00e8s la naissance d\u2019un enfant. Le recours r\u00e9gulier \u00e0 des structures ext\u00e9rieures d\u2019accueil pour enfants augmente, n\u00e9anmoins, leur marge de man\u0153uvre et facilite leur int\u00e9gration dans des emplois traditionnels.&#13;<\/p>\n<h2>Autres diff\u00e9rences<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn mati\u00e8re d\u2019emplois atypiques-pr\u00e9caires, on peut \u00e9galement observer les diff\u00e9rences suivantes:1. <i>Nationalit\u00e9:<\/i> les \u00e9trangers \u00e9tablis en Suisse ne sont que l\u00e9g\u00e8rement plus nombreux que les ressortissants du pays \u00e0 occuper des emplois de ce type (3,5\u20134% contre 2,5\u20133%). Relevons, toutefois, que les bases de donn\u00e9es utilis\u00e9es ne comprennent ni les s\u00e9jours de courte dur\u00e9e, ni les frontaliers, ni les requ\u00e9rants d\u2019asile. Or, les situations de travail atypiques-pr\u00e9caires sont particuli\u00e8rement nombreuses parmi les titulaires de permis de s\u00e9jour de courte dur\u00e9e. 2. <i>Niveau d\u2019\u00e9ducation:<\/i> plus leur formation est pouss\u00e9e, moins les personnes actives ont de probabilit\u00e9 de se retrouver dans des emplois atypiques-pr\u00e9caires. Alors qu\u2019en 2008, pr\u00e8s de 6,7% des personnes n\u2019ayant qu\u2019une formation du degr\u00e9 secondaire I occupaient des emplois de cette cat\u00e9gorie, la proportion correspondante n\u2019\u00e9tait que de 1,7% chez les titulaires d\u2019un dipl\u00f4me du degr\u00e9 tertiaire. On notera, toutefois, qu\u2019elle est pass\u00e9e d\u2019un peu plus de 1% en 2002 \u00e0 2% en 2008 parmi les jeunes ayant re\u00e7u une formation tertiaire. 3. <i>R\u00e9gions linguistiques:<\/i> la part des personnes soumises \u00e0 des contrats de travail atypiques-pr\u00e9caires ne varie pas de mani\u00e8re significative d\u2019une r\u00e9gion linguistique \u00e0 l\u2019autre.4. <i>\u00c9tat-civil:<\/i> \u00e0 premi\u00e8re vue, on trouve davantage de c\u00e9libataires que de personnes mari\u00e9es dans des emplois atypiques-pr\u00e9caires. Cela tient au fait que les c\u00e9libataires sont en moyenne plus jeunes que les autres. Dans la tranche des 30\u201350 ans, les femmes mari\u00e9es sont plus souvent dans une situation atypique (4,5\u20135% de la totalit\u00e9 des femmes actives mari\u00e9es) que les c\u00e9libataires. Parmi les hommes d\u2019une m\u00eame tranche d\u2019\u00e2ge, on trouve davantage de c\u00e9libataires dans des r\u00e9gimes atypiques, bien que la proportion correspondante (entre 0,7% et 1,4%) ne soit que marginalement sup\u00e9rieure \u00e0 celle des hommes mari\u00e9s.5. <i>Secteurs \u00e9conomiques:<\/i> la proportion d\u2019emplois atypiques-pr\u00e9caires varie beaucoup selon les branches. Elle est sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne dans le secteur de l\u2019h\u00f4tellerie et de la restauration, des services personnels et des services priv\u00e9s aux m\u00e9nages, mais remarquablement basse dans les branches du cr\u00e9dit et des assurances. Cela dit, les engagements de type atypique-pr\u00e9caire ont eu tendance \u00e0 augmenter dans toutes les branches. La proportion de ces emplois dans l\u2019agriculture et la sylviculture, l\u2019h\u00f4tellerie et la construction est sous-\u00e9valu\u00e9e par la statistique de l\u2019Espa, qui n\u2019englobe pas les titulaires de permis de courte dur\u00e9e, particuli\u00e8rement nombreux dans ces domaines.Les r\u00e9sultats de l\u2019estimation multivari\u00e9e confirment les observations de la statistique descriptive. Tous les indicateurs mentionn\u00e9s plus haut font \u00e9tat d\u2019une influence significative des divers param\u00e8tres sur la probabilit\u00e9 qu\u2019une personne active se retrouve dans un emploi atypique-pr\u00e9caire. En 2008, cette probabilit\u00e9 \u00e9tait voisine de 1% pour un homme c\u00e9libataire suisse de 40 \u00e0 54 ans, sans enfant, habitant la Suisse al\u00e9manique, ayant un niveau de formation moyen et travaillant dans l\u2019administration publique. Elle \u00e9tait de 2,7% pour une femme pr\u00e9sentant les m\u00eames caract\u00e9ristiques (atteignant 3,5% pour une \u00e9trang\u00e8re, contre 1,4% pour un \u00e9tranger). En d\u2019autres termes, les femmes, les jeunes, les \u00e9trangers et les personnes dont la formation nexc\u00e8de pas le degr\u00e9 secondaire I sont particuli\u00e8rement expos\u00e9s au risque d\u2019un travail atypique-pr\u00e9caire.&#13;<\/p>\n<h2>Dur\u00e9e d\u2019occupation d\u2019un emploi atypique-pr\u00e9caire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019enqu\u00eate Espa interroge les m\u00eames personnes cinq ann\u00e9es de suite. On peut avoir ainsi une indication de la dur\u00e9e moyenne d\u2019occupation d\u2019un poste atypique-pr\u00e9caire. Il ressort de l\u2019analyse que sur les cinq ann\u00e9es consid\u00e9r\u00e9es, pas plus de 12 \u00e0 17% des personnes occupant un tel poste y demeurent plus d\u2019une ann\u00e9e durant. La proportion des personnes actives effectuant au moins trois ann\u00e9es cons\u00e9cutives un travail atypiquepr\u00e9caire est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 4%.L\u2019analyse montre aussi qu\u2019un travailleur ayant une activit\u00e9 atypique-pr\u00e9caire l\u2019exerce le plus souvent \u00e0 titre transitoire en attendant de trouver ou de retrouver un emploi non pr\u00e9caire (ou pour sortir du ch\u00f4mage). Plus de 60% des personnes contractant un emploi atypique-pr\u00e9caire apr\u00e8s avoir perdu leur travail finissent par retrouver des conditions professionnelles normales. Les travailleurs qui avaient une occupation traditionnelle avant de devoir prendre un emploi atypique-pr\u00e9caire sont m\u00eame plus de 80% \u00e0 retrouver une situation normale. Ces chiffres soulignent la grande perm\u00e9abilit\u00e9 du march\u00e9 suisse du travail.&#13;<\/p>\n<h2>Baisse d\u2019influence du facteur conjoncturel<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour la politique du march\u00e9 de l\u2019emploi, la question est de savoir si la proportion de contrats de travail atypiques-pr\u00e9caires augmente \u00e0 long terme et quelle est l\u2019influence de la conjoncture dans cette \u00e9volution. Les chiffres des ann\u00e9es nonante mettent cette influence en \u00e9vidence. On observe ainsi, jusqu\u2019aux environs de 2002, un parall\u00e9lisme entre le d\u00e9veloppement du ch\u00f4mage et le nombre d\u2019emplois atypiques-pr\u00e9caires; ce n\u2019est plus le cas apr\u00e8s cette date. Depuis 2004 en effet, malgr\u00e9 le redressement conjoncturel, les emplois atypiques-pr\u00e9caires non seulement ne diminuent plus, mais ils augmentent encore, bien qu\u2019\u00e0 un rythme l\u00e9g\u00e8rement att\u00e9nu\u00e9. Cette \u00e9volution provient essentiellement du nombre croissant de places de stage et de contrats de travail sur appel. Signalons quen Allemagne, par exemple, le nombre d\u2019emplois atypiques-pr\u00e9caires et notamment de stages tend \u00e0 progresser depuis quelque temps. Les donn\u00e9es statistiques disponibles ne permettent pas de tirer aujourd\u2019hui des conclusions d\u00e9finitives sur l\u2019existence d\u2019une tendance analogue dans nos fronti\u00e8res.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019\u00e9tude pr\u00e9sent\u00e9e dans cet article fournit encore d\u2019autres bases de r\u00e9f\u00e9rence empiriques importantes sur la diffusion et l\u2019\u00e9vo-lution des contrats de travail atypiquespr\u00e9caires en Suisse. En soi, les donn\u00e9es recueillies ne permettent pas de dire si ceux-ci sont souhaitables du point de vue social ou \u00e9conomique. Eles doivent, cependant, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme critiquables lorsque des personnes s\u2019y trouvent \u00abconfin\u00e9es\u00bb faute dalternative. On peut, par exemple, se demander dans quelle mesure la forte proportion d\u2019emplois atypiques-pr\u00e9caires parmi les jeunes est li\u00e9 au fort taux de ch\u00f4mage qui affecte ce groupe. Du fait de leur souplesse, ces types d\u2019emplois peuvent, n\u00e9anmoins, constituer pour certains groupes de population une forme d\u2019occupation appr\u00e9ci\u00e9e, en tant que telle ou parce qu\u2019elle leur permet d\u2019entrer ou de reprendre pied dans le monde professionnel. \u00c0 cet \u00e9gard, gardons \u00e0 l\u2019esprit le haut degr\u00e9 de perm\u00e9abilit\u00e9 que l\u2019on ob-serve entre emplois atypiques-pr\u00e9caires et contrats de travail ordinaires.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00ab\u00c9volution des emplois atypiques-pr\u00e9caires, 1992-2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2: \u00abNombre d\u2019emplois atypiques-pr\u00e9caires et pourcentage dans la population active, 2001-2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3: \u00abPerm\u00e9abilit\u00e9 du march\u00e9 de l\u2019emploi: le statut d\u2019activit\u00e9 des travailleurs avant et apr\u00e8s un emploi atypique et pr\u00e9caire\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: D\u00e9finition et identification des relations de travail atypiques-pr\u00e9caires&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nSi la litt\u00e9rature n\u2019offre pas de d\u00e9finition uniforme d\u2019un emploi atypique-pr\u00e9caire, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 semble en \u00eatre la caract\u00e9ristique principale pour la plupart des textes. Par analogie, nous qualifions d\u2019atypiquespr\u00e9caires des rapports de travail qui comportent une ins\u00e9curit\u00e9 relative non souhait\u00e9e.Pour identifier des relations atypiques-pr\u00e9caires dans les donn\u00e9es disponibles, il faut op\u00e9rationnaliser cette d\u00e9finition en cons\u00e9quence. Les ins\u00e9curit\u00e9s sont d\u00e9finies en fonction des diff\u00e9rents types de contrats atypiques (voir <i>encadr\u00e9 2<\/i>). C\u2019est le revenu qui peut les classer comme \u00abind\u00e9sirables\u00bb. Autrement dit, on consid\u00e8re que le travailleur accepte l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 du travail \u00e0 partir d\u2019un revenu d\u00e9termin\u00e9. Concr\u00e8tement, la pr\u00e9sente \u00e9tude estime qu\u2019un emploi est atypique-pr\u00e9caire s\u2019il comporte une forme d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 en fournissant un revenu inf\u00e9rieur \u00e0 60% du salaire m\u00e9dian ou s\u2019il pr\u00e9sente plusieurs formes d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 pour un revenu inf\u00e9rieur au salaire m\u00e9dian.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Trois ins\u00e9curit\u00e9s majeures dans les emplois atypiques-pr\u00e9caires&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nIncertitude accrue face \u00e0 l\u2019avenir en raison d\u2019un emploi limit\u00e9 dans le temps ou d\u2019un plan d\u2019engagement incertain. Exemples: le travail temporaire, les relations de travail limit\u00e9es dans le temps.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nIns\u00e9curit\u00e9 quant \u00e0 l\u2019avenir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nRevenu incertain en raison d\u2019un sous-emploi ou de salaires variables (li\u00e9s p.ex. \u00e0 des volumes de travail incertains). Exemples: le travail sur appel, le travail \u00e0 domicile (sans stipulation contractuelle d\u2019un nombre fixe d\u2019heures), le sous-emploi dans le cadre du travail \u00e0 temps partiel.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nIns\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDispositions de protection insuffisantes ou inexistantes. Exemple: la pseudo-ind\u00e9pendance.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: Bibliographie&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u2013 Caritas Suisse, <i>Rapports de travail pr\u00e9caires en Suisse,<\/i> prise de position 9, Lucerne, 2001.\u2013 Ecoplan, <i>Prek\u00e4re Arbeitsverh\u00e4ltnisse in der Schweiz,<\/i> Berne, 2003 (avec r\u00e9sum\u00e9 en fran\u00e7ais).\u2013 Ecoplan, <i>Die Entwicklung atypisch-prek\u00e4rer Arbeitsverh\u00e4ltnisse in der Schweiz. \u00dcberarbeitung und Aufdatierung der Studie \u00abPrek\u00e4re Arbeitsverh\u00e4ltnisse in der Schweiz\u00bb vom September 2003,<\/i> Berne, 2010.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2008, 3,3% de la population active suisse \u00e9taient li\u00e9s par des contrats de travail atypiques et pr\u00e9caires (par la suite: atypiques-pr\u00e9caires). En 2002, ce taux \u00e9tait encore de 2,9%. Ce sont surtout les emplois \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e et le travail sur appel qui ont progress\u00e9 en nombre. 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