{"id":151664,"date":"2010-09-01T12:00:00","date_gmt":"2010-09-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/09\/egger-12\/"},"modified":"2023-08-24T00:57:29","modified_gmt":"2023-08-23T22:57:29","slug":"egger-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/09\/egger-12\/","title":{"rendered":"Produire plus avec moins de moyens"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019alimentation de la population de notre plan\u00e8te constitue un des d\u00e9fis prioritaires: il faudra produire en plus grande quantit\u00e9, avec moins de moyens, c\u2019est \u00e0 dire moins d\u2019eau, moins d\u2019\u00e9nergie, moins d\u2019intrants (engrais min\u00e9raux et produits phytosanitaires). Il est \u00e9galement fort possible que les habitudes de consommation doivent \u00e9voluer sous la pression des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques. L\u2019agriculture suisse doit contribuer, \u00e0 l\u00e9chelle locale, \u00e0 relever ce d\u00e9fi, notamment en assurant une part importante de l\u2019approvisionnement alimentaire des habitants du pays, tout en respectant des crit\u00e8res de production \u00e9lev\u00e9s aux niveaux \u00e9cologiques et \u00e9thologiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nUn syst\u00e8me global d\u2019alimentation est principalement constitu\u00e9 de la somme des situations locales, partiellement autonomes et entre lesquelles existent des \u00e9changes et des interactions. Selon la FAO, seuls quelque 10% des denr\u00e9es agricoles voyagent entre les diff\u00e9rents pays. La dimension locale et r\u00e9gionale est difficile \u00e0 d\u00e9finir: il peut s\u2019agir d\u2019une r\u00e9gion comme le Haut-Adige, d\u2019un pays, voire m\u00eame d\u2019un continent comme l\u2019Europe. La Suisse, qui constitue un de ces march\u00e9s locaux, se distingue par le fait que plus de 40% de ses besoins alimentaires sont satisfaits gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019agriculture d\u2019autres pays.&#13;<\/p>\n<h2>Un taux d\u2019auto-approvisionnement stable de 60%<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nMalgr\u00e9 l\u2019augmentation d\u00e9mographique et les contraintes de production \u00e9lev\u00e9es en Suisse, notamment dans les domaines de l\u2019\u00e9cologie et de l\u2019\u00e9thologie, l\u2019agriculture suisse a r\u00e9ussi \u00e0 conserver un taux d\u2019autoapprovisionnement d\u2019environ 60% au cours de ces 40 derni\u00e8res ann\u00e9es. L\u2019exigu\u00eft\u00e9 de son territoire et les conditions de production difficiles (topographie et altitude) l\u2019obligent \u00e0 importer une partie de son alimentation, qui d\u00e9passe les seuls produits exotiques non productibles dans le pays. Ces \u00e9changes commerciaux sont surtout redevables \u00e0 la bonne situation \u00e9conomique du pays, qui en fait un acheteur solvable et consommant des produits \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e. Cette d\u00e9pendance constitue, cependant, un risque pour la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement en denr\u00e9es alimentaires du pays, qui pourrait saggraver en cas de probl\u00e8mes politiques, \u00e9conomiques ou encore climatiques.&#13;<\/p>\n<h2>Le principe de souverainet\u00e9 alimentaire en Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nParadoxalement, la Suisse sera probablement un des premiers pays occidentaux \u00e0 introduire dans sa l\u00e9gislation le principe de souverainet\u00e9 alimentaire, si l\u2019initiative parlementaire du conseiller national J. Bourgeois est retenue. Non sans peine, car ce principe qui doit sa d\u00e9finition d\u2019origine \u00e0 La Via Campesina (d\u00e9claration du Forum des ONG adress\u00e9e au sommet mondial de l\u2019alimentation de 1996) est sujet \u00e0 toute sorte d\u2019interpr\u00e9tation et doit \u00eatre adapt\u00e9 au contexte helv\u00e9tique. La souverainet\u00e9 alimentaire nimplique ni autarcie ni isolement et n\u2019interdit pas non plus la conclusion d\u2019accords internationaux d\u00e9cid\u00e9s d\u00e9mocratiquement et en toute souverainet\u00e9. Elle oblige, toutefois, \u00e0 se projeter dans le futur et constitue par l\u00e0 un principe de d\u00e9veloppement durable. Elle implique une certaine autonomie de d\u00e9cision en mati\u00e8re de politique agricole pour r\u00e9pondre \u00e0 des conditions sp\u00e9cifiques du pays et pose la question suivante: que devons-nous faire aujourd\u2019hui pour assurer notre syst\u00e8me d\u2019alimentation \u00e0 lavenir, lorsque les bouches seront plus nombreuses \u00e0 nourrir, que les changements climatiques se feront sentir et que les ressources telles que l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie et le sol devront \u00eatre \u00e9conomis\u00e9es? Cette question autorise plusieurs axes de r\u00e9flexions.&#13;<\/p>\n<h2>Maintenir les comp\u00e9tences et le savoir\u2013faire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nTout d\u2019abord, il faut permettre aux acteurs de cette production agricole, les paysans, de pouvoir vivre de leur travail et par cons\u00e9quent leur assurer un revenu d\u00e9cent, de mani\u00e8re \u00e0 conserver des savoir-faire et des comp\u00e9tences. Or, les comp\u00e9tences et les savoir-faire ne sont pas statiques, mais \u00e9voluent constamment. La recherche, la vulgarisation et la formation repr\u00e9sentent trois piliers de premi\u00e8re importance pour assurer la durabilit\u00e9 de la production agricole. C&#8217;est d\u2019autant plus vrai que la Suisse ne peut miser que sur des biens de haute qualit\u00e9, dot\u00e9s dune forte valeur ajout\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>Pr\u00e9server les surfaces agricoles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl faut, ensuite, pr\u00e9server l\u2019outil principal de la production agricole, soit le sol, aussi bien qualitativement que quantitativement. Chaque jour, plus de 10 hectares de surfaces agricoles disparaissent en Suisse. Le sol agricole ne doit plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme celui qui a la plus faible valeur intrins\u00e8que. Il est indispensable d\u2019\u00e9viter tout gaspillage et d\u2019\u00e9tablir des priorit\u00e9s dans ce qu\u2019il y a lieu de conserver.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019alimentation de la population de notre plan\u00e8te constitue un des d\u00e9fis prioritaires: il faudra produire en plus grande quantit\u00e9, avec moins de moyens, c\u2019est \u00e0 dire moins d\u2019eau, moins d\u2019\u00e9nergie, moins d\u2019intrants (engrais min\u00e9raux et produits phytosanitaires). Il est \u00e9galement fort possible que les habitudes de consommation doivent \u00e9voluer sous la pression des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques. 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