{"id":151669,"date":"2010-09-01T12:00:00","date_gmt":"2010-09-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/09\/egler-8\/"},"modified":"2023-08-24T00:56:54","modified_gmt":"2023-08-23T22:56:54","slug":"egler-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/09\/egler-8\/","title":{"rendered":"La consommation durable en Suisse et l\u2019am\u00e9lioration de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans les pays producteurs"},"content":{"rendered":"<p>Un syst\u00e8me alimentaire mondial durable commence par une utilisation plus efficiente des ressources. Dans le cadre de la promotion commerciale en faveur des pays en d\u00e9veloppement, le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) soutient la mise en place et l\u2019application de labels destin\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper un comportement respectueux des producteurs et des consommateurs sur les plans \u00e9conomique, \u00e9cologique et social. Une premi\u00e8re analyse comparative montre que l\u2019application de crit\u00e8res labellis\u00e9s contribue, gr\u00e2ce aux progr\u00e8s effectu\u00e9s dans les processus de production, \u00e0 r\u00e9duire les incidences n\u00e9gatives sur l\u2019environnement, \u00e0 am\u00e9liorer les conditions sociales, \u00e0 \u00e9lever les revenus nets et, enfin, \u00e0 accro\u00eetre la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des producteurs. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201009_09_Egler_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes diff\u00e9rentes crises \u2013 alimentaire, \u00e9conomique et climatique \u2013 ont focalis\u00e9 notre attention sur l\u2019utilisation durable et efficiente des ressources et sur la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement en mati\u00e8res premi\u00e8res et en denr\u00e9es alimentaires.Il est de plus en plus important de coordonner les d\u00e9marches au niveau mondial et d\u2019assurer la coh\u00e9rence entre les r\u00e9glementations commerciales, sociales et environnementales. La mondialisation et la complexit\u00e9 croissante des processus de production cr\u00e9ent des lacunes et des conflits d\u2019objectifs que les r\u00e9glementations internationales peinent encore \u00e0 r\u00e9soudre. Les r\u00e8gles commerciales internationales de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) ne distinguent pas les produits en fonction de leur mode de fabrication (PMP, pour \u00abproc\u00e9d\u00e9s et m\u00e9thodes de production\u00bb), mais se fondent uniquement sur les caract\u00e9ristiques du produit final pour \u00e9tablir des diff\u00e9renciations de traitement sur le plan commercial. En revanche, les r\u00e9glementations sociales, comme celles de l\u2019Organisation internationale du travail (OIT), et les r\u00e9glementations des accords environnementaux multilat\u00e9raux (par exemple: Convention-cadre sur les changements climatiques ou Convention sur la diversit\u00e9 biologique) portent principalement sur des volets sociaux et \u00e9cologiques concernant les m\u00e9thodes de production. Aussi, la coop\u00e9ration \u00e9conomique au d\u00e9veloppement du Seco soutient-elle la mise en place de labels et leur application dans les pays en d\u00e9veloppement.&#13;<\/p>\n<h2>Les labels environnementaux et sociaux, des normes priv\u00e9es volontaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes normes priv\u00e9es volontaires et les labels, qui sont une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 dans le pr\u00e9sent article, aident \u00e0 combler les lacunes existant entre les r\u00e9glementations internationales et \u00e0 surmonter l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des normes appliqu\u00e9es dans les diff\u00e9rents pays, une question qui pose d\u2019\u00e9normes d\u00e9fis en termes de responsabilit\u00e9 sociale aux entreprises actives au niveau international. Les normes priv\u00e9es volontaires sont des r\u00e8gles de comportement qui fixent des crit\u00e8res contraignants de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale et globaux applicables aux processus et aux m\u00e9thodes de production dans le secteur priv\u00e9. L\u2019application de normes volontaires influe dans une mesure croissante sur la production, le comportement des acheteurs et la politique d\u2019entreprise des grands groupes internationaux. La certification ind\u00e9pendante garantit le respect des crit\u00e8res et permet d\u2019assurer la tra\u00e7abilit\u00e9 des conditions de fabrication et de la provenance d\u2019un produit. Le Seco s\u2019investit aussi en faveur de l\u2019harmonisation des crit\u00e8res de certification et de leur reconnaissance mutuelle. C\u2019est pour cette raison qu\u2019il soutient l\u2019International Social and Environmental Accreditation and Labelling Alliance (Alliance Iseal), laquelle r\u00e9unit plusieurs grands organismes de certification qui fixent les \u00abbonnes pratiques\u00bb en mati\u00e8re de d\u00e9finition de normes, de certification et d\u2019accr\u00e9ditation. Cette compatibilit\u00e9, mais aussi les \u00e9conomies qui en r\u00e9sultent, profitent \u00e0 tous les acteurs du march\u00e9 impliqu\u00e9s dans la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e, qu\u2019il s\u2019agisse des producteurs, des commer\u00e7ants, des d\u00e9taillants ou surtout des consommateurs inform\u00e9s et critiques.Le consommateur suisse est tr\u00e8s sensible aux questions de durabilit\u00e9. Il n\u2019est qu\u2019\u00e0 penser \u00e0 la mode actuelle privil\u00e9giant les tons naturels, aux produits de beaut\u00e9 fabriqu\u00e9s dans le respect de la nature et du d\u00e9veloppement durable, aux sacs recycl\u00e9s \u00e0 partir de b\u00e2ches de camions ou de sacs de riz des Philippines, au v\u00e9lo \u00e9lectrique sans \u00e9missions de CO<i>2<\/i> ou au \u00abSlow-up\u00bb visant \u00e0 ralentir l\u2019allure pour le plaisir, sans oublier le mouvement \u00abSlow Food\u00bb, qui veut lier \u00e9thique et saveurs, et qui englobe le renouveau des jardins familiaux. Les consommateurs inform\u00e9s s\u2019int\u00e9ressent, en outre, de plus en plus aux produits exotiques issus d\u2019une production respectueuse des imp\u00e9ratifs sociaux et environnementaux. Il existe de bonnes raisons \u00e0 cela: c\u2019est, en effet, moins le fret maritime des ananas cultiv\u00e9s sur le continent africain qui affecte le climat que le trajet menant jusqu\u2019au prochain supermarch\u00e9, lequel est responsable (par exemple en Angleterre) de la moiti\u00e9 des \u00e9missions produites par l\u2019ensemble des transports. En revanche, la d\u00e9cision d\u2019achat durable au profit du commerce \u00e9quitable, des produits biologiques et des sp\u00e9cialit\u00e9s du Sud ouvre de r\u00e9elles perspectives aux pays en d\u00e9veloppement.Conscients de devoir s\u2019adapter \u00e0 d\u2019autres besoins en mati\u00e8re de consommation et de march\u00e9, les producteurs misent davantage sur la production durable. Aujourd\u2019hui, 8% de la totalit\u00e9 des exportations mondiales de caf\u00e9 vert sont issus de la production certifi\u00e9e et favorisent ainsi le d\u00e9veloppement \u00e9conomique durable des pays producteurs. Le cacao certifi\u00e9 repr\u00e9sente actuellement 3% des exportations mondiales. N\u00e9anmoins, selon certains experts, sa part de march\u00e9 pourrait atteindre 40% dans un futur proche, en raison de lengagement consid\u00e9rable de certains grands fabricants de chocolat. Outre l\u2019utilisation socialement et \u00e9cologiquement acceptable des ressources, l\u2019application de normes priv\u00e9es volontaires contribue \u00e0 accro\u00eetre l\u2019efficience, la productivit\u00e9 et la qualit\u00e9 des produits, et \u00e0 en assurer la diversit\u00e9. Le commerce durable am\u00e9liore l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9, g\u00e9n\u00e8re des revenus et, enfin, r\u00e9duit la pauvret\u00e9, principale responsable de la sous-nutrition ou de la malnutrition chronique.&#13;<\/p>\n<h2>Le commerce \u00e9quitable<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe commerce \u00e9quitable est une r\u00e9ussite. Ce syst\u00e8me pr\u00e9voit des prix minimaux garantis, une prime de commerce \u00e9quitable, des relations commerciales \u00e0 long terme et une avance sur la r\u00e9colte qui concourent \u00e0 stabiliser les revenus des producteurs, lesquels peuvent ainsi investir \u00e0 long terme dans l\u2019am\u00e9lioration des produits eux-m\u00eames et b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un meilleur contexte pour le faire. L\u2019\u00e9largissement de la palette de produits et la diversification des sources de revenus qui en r\u00e9sulte, mais aussi l\u2019\u00e9levage d\u2019animaux de rente pour la consommation personnelle, permettent d\u2019am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des producteurs du commerce \u00e9quitable et de leur famille. De surcro\u00eet, les producteurs peuvent d\u00e9cider ensemble, au sein de leur coop\u00e9rative, d\u2019affecter directement les primes de commerce \u00e9quitable \u00e0 des programmes de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Du c\u00f4t\u00e9 des consommateurs, cette initiative visant \u00e0 am\u00e9liorer directement les conditions de vie dans les pays producteurs jouit d\u2019une faveur sans cesse grandissante. En accordant un financement de d\u00e9part \u00e0 la Fondation Max Havelaar lors de sa cr\u00e9ation en Suisse en 1992, le Seco s\u2019est mu\u00e9 en bailleurs de fonds de la premi\u00e8re heure. L\u2019esprit de pionnier de la fondation, conjugu\u00e9 \u00e0 la strat\u00e9gie de march\u00e9 courageuse et habile du commerce de d\u00e9tail suisse, a plac\u00e9 notre pays en t\u00eate du commerce \u00e9quitable mondial, avec une consommation moyenne annuelle la plus \u00e9lev\u00e9e au monde (35 francs par personne). Autofinanc\u00e9e et ind\u00e9pendante institutionnellement depuis 2002, la Fondation Max Havelaar fait aujourd\u2019hui partie des cent principales marques de Suisse: son label \u00abFairtrade\u00bb affiche un degr\u00e9 de notori\u00e9t\u00e9 et un taux de confiance de respectivement 80 et 83%. Afin de mieux r\u00e9pondre \u00e0 la demande internationale croissante, qui augmente jusqu\u2019\u00e0 50% par an dans certains pays, plusieurs pays donateurs, dont la Norv\u00e8ge, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et l\u2019Allemagne, se sont r\u00e9unis au d\u00e9but de 2009, \u00e0 l\u2019initiative du Seco. Il s\u2019agissait, d\u2019une part, de continuer \u00e0 encourager le commerce \u00e9quitable \u00e0 titre subsidiaire, de mani\u00e8re coordonn\u00e9e et au niveau international; d\u2019autre part et surtout, d\u2019\u00e9toffer la palette des produits. Le commerce \u00e9quitable repr\u00e9sente, toutefois, moins de 0,1% des \u00e9changes commerciaux physiques de produits agricoles au niveau mondial; il n\u2019est donc pas en mesure de servir de standard \u00e0 l\u2019ensemble du commerce mondial, m\u00eame s\u2019il contribue \u00e0 am\u00e9liorer de mani\u00e8re d\u00e9terminante les conditions de vie des producteurs.&#13;<\/p>\n<h2>Le march\u00e9 des entreprises<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn soutenant de nouvelles initiatives telles que la \u00abBetter Cotton Initiative\u00bb (BCI) ou le \u00abCommon Code for the Coffee Community\u00bb (4C), le Seco favorise aussi la perc\u00e9e des normes volontaires sur le march\u00e9 de masse de mani\u00e8re \u00e0 en amplifier l\u2019impact. Plaque tournante internationale des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles, la Suisse souhaite assumer la responsabilit\u00e9 du commerce de ces produits. En ce qui concerne les codes soutenus par des associations sectorielles actives dans le domaine des produits de masse comme le soja, le caf\u00e9, le cacao ou le coton, tous les acteurs et parties prenantes majeurs (\u00e0 savoir les producteurs, l\u2019industrie, le commerce et les organisations non gouvernementales) se r\u00e9unissent afin de trouver une solution et de d\u00e9finir une strat\u00e9gie aptes \u00e0 introduire des normes volontaires acceptables tant sur les plans social et \u00e9cologique que sur celui de la qualit\u00e9 du produit.S\u2019agissant du caf\u00e9, l\u2019application du 4C, par exemple, devrait permettre \u00e0 une grande partie du secteur de se tourner vers la durabilit\u00e9 sur une base volontaire de sorte que la majorit\u00e9 des cultivateurs de caf\u00e9 en profitent. Au c\u0153ur de ces dialogues entre acteurs multilat\u00e9raux, une table ronde r\u00e9unit toutes les parties prenantes et aborde les diff\u00e9rents besoins des uns et des autres, de m\u00eame que les int\u00e9r\u00eats communs, notamment ceux ayant trait \u00e0 la qualit\u00e9. Du c\u00f4t\u00e9 de la demande, l\u2019assurance de la qualit\u00e9 est d\u2019une importance majeure et les acheteurs sont pr\u00eats \u00e0 payer davantage en contrepartie. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019offre, la participation au 4C signifie un prix plus \u00e9lev\u00e9 pour une meilleure qualit\u00e9 et un acc\u00e8s facilit\u00e9 aux d\u00e9bouch\u00e9s internationaux.&#13;<\/p>\n<h2>Les labels au banc d\u2019essai<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nFace \u00e0 la place importante prise par les labels, le Seco a financ\u00e9 la premi\u00e8re analyse scientifique d\u2019impact \u00e0 large \u00e9chelle du Committee on Sustainable Assessment (Cosa), qui compare ce qu\u2019apportent les diff\u00e9rents labels aux producteurs. Un projet pilote men\u00e9 dans le cadre de cette \u00e9tude dans le secteur du caf\u00e9 en Tanzanie (voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa production de caf\u00e9 est une importante source de revenus pour les paysans des pays en d\u00e9veloppement. C\u2019est le cas par exemple de la Tanzanie, o\u00f9 il permet \u00e0 deux millions de personnes de subvenir partiellement ou compl\u00e8tement \u00e0 leurs besoins. La Suisse est la principale plaque tournante du march\u00e9 du caf\u00e9 et les entreprises helv\u00e9tiques sont pass\u00e9es ma\u00eetres dans l\u2019art d\u2019affiner ses produits d\u00e9riv\u00e9s. Le Seco et le Cosa ont donc choisi le secteur du caf\u00e9 tanzanien pour appliquer pour la premi\u00e8re fois, dans le cadre d\u2019un projet pilote portant sur un \u00e9chantillon de plus de mille paysans, les mod\u00e8les d\u00e9velopp\u00e9s en vue d\u2019effectuer un examen syst\u00e9matique de l\u2019efficience des pratiques durables. Cette analyse utilit\u00e9\/co\u00fbts permet aux consommateurs et aux producteurs de cerner les diff\u00e9rentes initiatives et de mieux \u00e9valuer leurs besoins. Compar\u00e9s aux producteurs traditionnels, utilis\u00e9s comme groupes de r\u00e9f\u00e9rence, il ressort clairement que les quatre labels analys\u00e9s \u2013 Fairtrade, Bio, Utz Certified et C.A.F.\u00c9. Practices de Starbuck,particuli\u00e8rement r\u00e9pandus en Tanzanie \u2013 ont apport\u00e9 de nettes am\u00e9liorations sur les plans social, \u00e9cologique et \u00e9conomique. Le \u00abCommon Code for the Coffee Community\u00bb (4C) n\u2019est qu\u2019en phase de mise en route en Tanzanie; l\u2019analyse n\u2019en a donc pas fait cas.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n) enregistre d\u00e9j\u00e0 dans les trois composantes du d\u00e9veloppement durable (sociale, \u00e9conomique et \u00e9cologique) des succ\u00e8s et des avantages par rapport \u00e0 la production classique. Cette \u00e9tude fournit \u00e9galement de premi\u00e8res et int\u00e9ressantes conclusions en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.En mati\u00e8re <i>sociale<\/i>, l\u2019application de tous les labels analys\u00e9s favorise la diversification. Celle-ci se fait, d\u2019une part, dans d\u2019autres secteurs et produits \u00e0 valeur ajout\u00e9e o\u00f9 les prix sont meilleurs; d\u2019autre part, dans la culture de denr\u00e9es alimentaires en vue de l\u2019accroissement du degr\u00e9 d\u2019autosuffisance. Les deux types de diversification am\u00e9liorent consid\u00e9rablement la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Tous labels confondus, les enfants jouissent d\u2019un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation (taux de scolarisation plus \u00e9lev\u00e9s et meilleur niveau des dipl\u00f4mes), dont ils ne profitent vraiment que gr\u00e2ce \u00e0 une alimentation suffisante.En mati\u00e8re <i>\u00e9cologique<\/i>, l\u2019application de labels contribue \u00e0 la conservation de la biodiversit\u00e9 et donc au maintien d\u2019une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e. Par un usage contr\u00f4l\u00e9 des pesticides et un soin attentif apport\u00e9 aux probl\u00e8mes d\u2019\u00e9rosion et de pollution des eaux, l\u2019application de crit\u00e8res labellis\u00e9s permet de veiller \u00e0 la fertilit\u00e9 des sols au niveau local et donc d\u2019am\u00e9liorer les rendements. Il s\u2019agit de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale de parer aux s\u00e9cheresses et aux disettes.Enfin, la composante <i>\u00e9conomique<\/i> est la base de meilleures conditions de vie, pr\u00e9serv\u00e9es de la pauvret\u00e9 et de la famine. Gr\u00e2ce \u00e0 une meilleure qualit\u00e9 des produits, r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s \u00e0 un meilleurs prix, et \u00e0 une efficacit\u00e9 accrue li\u00e9e au savoir-faire, il est possible d\u2019augmenter le revenu disponible net.Selon l\u2019\u00e9tude Cosa, les producteurs appr\u00e9cient tout particuli\u00e8rement les comp\u00e9tences en mati\u00e8re de gestion que la mise en \u0153uvre des labels volontaires leur apporte, car les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans les m\u00e9thodes de production, de transformation et de commercialisation contribuent \u00e0 augmenter leurs profits. \u00c0 leurs yeux, les standards de qualit\u00e9 et les normes sociales et environnementales ne repr\u00e9sentent pas des entraves au commerce, mais constituent les bases propres \u00e0 am\u00e9liorer leurs conditions de vie.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019exemple du coton biologique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn achetant un tee-shirt tendance en coton, les consommateurs s\u2019engagent tout autant, comme le montre une \u00e9valuation du programme de promotion du coton bio que m\u00e8ne au Burkina Faso l\u2019organisation suisse de coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement Helvetas, avec le soutien du Seco. Le prix du coton a r\u00e9guli\u00e8rement baiss\u00e9 depuis 2006 par rapport \u00e0 celui des denr\u00e9es alimentaires, entra\u00eenant ainsi une r\u00e9duction du pouvoir d\u2019achat des paysans traditionnels de quelque 3,5%. Les producteurs de coton biologique disposent d\u2019un revenu net sup\u00e9rieur \u00e0 celui des paysans traditionnels, ce qui leur permet d\u2019investir une part des profits dans l\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9rale de leurs conditions de vie. L\u2019essentiel de leur revenu est, certes, consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, \u00e0 la sant\u00e9 et au logement, mais aussi \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019alimentation, ce qui a des effets positifs sur leurs performances physiques et psychiques. L\u2019\u00e9tude rel\u00e8ve une am\u00e9lioration sensible de l\u2019alimentation, autant en termes de qualit\u00e9 que de quantit\u00e9, ce qui se traduit par exemple par la diversit\u00e9 des menus et le nombre des repas. Compar\u00e9s aux producteurs de coton traditionnels, les producteurs de coton biologique utilisent une plus grande partie de leurs champs pour la production de denr\u00e9es alimentaires. Ils \u00e9l\u00e8vent leur degr\u00e9 d\u2019autosuffisance et r\u00e9duisent les difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement qui pourraient surgir. La fertilit\u00e9 du sol et la rotation des cultures peuvent \u00eatre renforc\u00e9es \u00e0 long terme par la diversification vers d\u2019autres secteurs agricoles rentables, comme l\u2019arachide biologique.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019exemple de la gestion foresti\u00e8re durable<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe renforcement de l\u2019exploitation durable de la for\u00eat tropicale par l\u2019application des crit\u00e8res du Forest Stewardship Council (FSC) contribue pour une large part, directement et indirectement, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des pays en d\u00e9veloppement. L\u2019exploitation foresti\u00e8re durable est plus int\u00e9ressante \u00e9conomiquement que d\u2019autres formes d\u2019utilisation des sols, parce quelle donne acc\u00e8s au march\u00e9 des certificats d\u2019\u00e9mission, aux prestations environnementales, aux produits non ligneux et au tourisme. Elle cr\u00e9e de la valeur ajout\u00e9e, est source de revenus et prot\u00e8ge les for\u00eats tropicales de la d\u00e9forestation. En permettant de conserver l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, la biodiversit\u00e9, les terrains des petits paysans, elle contribue \u00e0 pr\u00e9server les ressources vitales de la population locale. Enfin, la d\u00e9forestation \u00e9tant responsable de plus de 20% des \u00e9missions de CO<i>2<\/i> de la plan\u00e8te, la pr\u00e9venir c\u2019est r\u00e9duire les risques environnementaux li\u00e9s au r\u00e9chauffement climatique et aux mauvaises r\u00e9coltes, qui entra\u00eenent des baisses de revenu. L\u2019<i>encadr\u00e9 2<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAvec l\u2019aide de la fondation Intercooperation, le Seco a poursuivi, dans la partie malaisienne de l\u2019\u00eele de Born\u00e9o, l\u2019\u0153uvre de l\u2019\u00e9cologiste Bruno Manser, port\u00e9 disparu dans le Sawarak. Avec le fonds Bruno Manser, un bon compromis a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 pour le parc national de Pulong Tau (\u00abnotre terre\u00bb): il assure, d\u2019une part, les bases existentielles et le maintien de la forme de vie traditionnelle par la conservation de la biodiversit\u00e9; il contribue, d\u2019autre part, \u00e0 la capacit\u00e9 de survie des habitants du parc par l\u2019utilisation durable des ressources foresti\u00e8res dans les zones tampons. Dans le bassin du Congo, le Seco soutient un projet lanc\u00e9 conjointement par des organisations non gouvernementales, par le secteur priv\u00e9 et par le gouvernement, qui garantit, hors des zones prot\u00e9g\u00e9es \u2013 qui ne couvrent que 7% du bassin du Congo \u2013 une utilisation contr\u00f4l\u00e9e de la for\u00eat tropicale et un d\u00e9veloppement \u00e9conomique durable de la r\u00e9gion au profit de la population locale. Ce projet a mis sur le march\u00e9 les premiers produits d\u00e9riv\u00e9s du bois d\u2019Afrique sous le label FSC, reconnu dans le monde entier et tr\u00e8s pris\u00e9 des consommateurs.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\npr\u00e9sente deux exemples concrets de projets cofinanc\u00e9s par le Seco.&#13;<\/p>\n<h2>Penser mondial, agir local<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes analyses d\u2019impact montrent que les labels de durabilit\u00e9 attribu\u00e9s dans le cadre de relations commerciales \u00e9quitables renforcent le savoir-faire et l\u2019autonomie des producteurs, am\u00e9liorent l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 et g\u00e9n\u00e8rent davantage de revenus. Les producteurs qui investissent dans la diversification augmentent leur degr\u00e9 d\u2019auto-approvisionnement tout en r\u00e9duisant leur d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis d\u2019une seule mati\u00e8re premi\u00e8re agricole; ils \u00e9largissent leur base de revenus et s\u2019assurent une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e. Les producteurs ne demandent pas l\u2019aum\u00f4ne. Ils veulent \u00eatre pr\u00e9sents et comp\u00e9titifs sur le march\u00e9 international et \u00eatre indemnis\u00e9s de mani\u00e8re appropri\u00e9e pour les produits qui satisfont, au niveau international, aux besoins et exigences en mati\u00e8re de qualit\u00e9 et de durabilit\u00e9.Du c\u00f4t\u00e9 des consommateurs, le jardin familial peut certes convenir comme espace de d\u00e9tente et \u2013 dans le sillage des crises climatique, \u00e9conomique et alimentaire \u2013 d\u2019id\u00e9al pour ceux qui visent l\u2019autarcie, mais pas de mod\u00e8le pour mettre en place un syst\u00e8me alimentaire mondial durable. En revanche, la prise de conscience grandissante des consommateurs et l\u2019int\u00e9r\u00eat des commer\u00e7ants et d\u00e9taillants que suscite le commerce durable apporte une pierre suppl\u00e9mentaire au d\u00e9veloppement \u00e9conomique durable des pays producteurs. Dans <i>Candide<\/i>, Voltaire fait parcourir le monde \u00e0 son h\u00e9ros et, malgr\u00e9 l\u2019abondance qu\u2019il rec\u00e8le, ce dernier n\u2019y exp\u00e9rimente que le d\u00e9nuement. L\u2019ouvrage se termine par cette phrase: \u00abIl faut cultiver notre jardin\u00bb. Elle pourrait nous servir de conclusion: le r\u00e9sultat est \u00e0 la mesure de nos efforts et tout un chacun peut faire chaque jour quelque chose en faveur de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans le monde.Penser mondial, agir local, c\u2019est encourager, chez les producteurs et les consommateurs, une utilisation des ressources acceptable sur les plans social, \u00e9cologique et \u00e9conomique. Agir mondial, c\u2019est l\u2019ambition du Seco, qui veut continuer de renforcer le commerce durable entre le Sud et le Nord tout au long de la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Projet pilote en Tanzanie&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa production de caf\u00e9 est une importante source de revenus pour les paysans des pays en d\u00e9veloppement. C\u2019est le cas par exemple de la Tanzanie, o\u00f9 il permet \u00e0 deux millions de personnes de subvenir partiellement ou compl\u00e8tement \u00e0 leurs besoins. La Suisse est la principale plaque tournante du march\u00e9 du caf\u00e9 et les entreprises helv\u00e9tiques sont pass\u00e9es ma\u00eetres dans l\u2019art d\u2019affiner ses produits d\u00e9riv\u00e9s. Le Seco et le Cosa ont donc choisi le secteur du caf\u00e9 tanzanien pour appliquer pour la premi\u00e8re fois, dans le cadre d\u2019un projet pilote portant sur un \u00e9chantillon de plus de mille paysans, les mod\u00e8les d\u00e9velopp\u00e9s en vue d\u2019effectuer un examen syst\u00e9matique de l\u2019efficience des pratiques durables. Cette analyse utilit\u00e9\/co\u00fbts permet aux consommateurs et aux producteurs de cerner les diff\u00e9rentes initiatives et de mieux \u00e9valuer leurs besoins. Compar\u00e9s aux producteurs traditionnels, utilis\u00e9s comme groupes de r\u00e9f\u00e9rence, il ressort clairement que les quatre labels analys\u00e9s \u2013 Fairtrade, Bio, Utz Certified et C.A.F.\u00c9. Practices de Starbuck,particuli\u00e8rement r\u00e9pandus en Tanzanie \u2013 ont apport\u00e9 de nettes am\u00e9liorations sur les plans social, \u00e9cologique et \u00e9conomique. Le \u00abCommon Code for the Coffee Community\u00bb (4C) n\u2019est qu\u2019en phase de mise en route en Tanzanie; l\u2019analyse n\u2019en a donc pas fait cas.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Deux exemples de projets du Seco en mati\u00e8re de gestion foresti\u00e8re durable&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAvec l\u2019aide de la fondation Intercooperation, le Seco a poursuivi, dans la partie malaisienne de l\u2019\u00eele de Born\u00e9o, l\u2019\u0153uvre de l\u2019\u00e9cologiste Bruno Manser, port\u00e9 disparu dans le Sawarak. Avec le fonds Bruno Manser, un bon compromis a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 pour le parc national de <i>Pulong Tau<\/i> (\u00abnotre terre\u00bb): il assure, d\u2019une part, les bases existentielles et le maintien de la forme de vie traditionnelle par la conservation de la biodiversit\u00e9; il contribue, d\u2019autre part, \u00e0 la capacit\u00e9 de survie des habitants du parc par l\u2019utilisation durable des ressources foresti\u00e8res dans les zones tampons. Dans le bassin du Congo, le Seco soutient un projet lanc\u00e9 conjointement par des organisations non gouvernementales, par le secteur priv\u00e9 et par le gouvernement, qui garantit, hors des zones prot\u00e9g\u00e9es \u2013 qui ne couvrent que 7% du bassin du Congo \u2013 une utilisation contr\u00f4l\u00e9e de la for\u00eat tropicale et un d\u00e9veloppement \u00e9conomique durable de la r\u00e9gion au profit de la population locale. Ce projet a mis sur le march\u00e9 les premiers produits d\u00e9riv\u00e9s du bois d\u2019Afrique sous le label FSC, reconnu dans le monde entier et tr\u00e8s pris\u00e9 des consommateurs.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: Sources&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u2013 <i>Rapport sur la politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure 2009<\/i>.\u2013 International Institute for Sustainable Development (iisd), <i>COSA Analysis of Sustainability in Coffee Production: Initial Results in Tanzania,<\/i> 2010.\u2013 Natural Resources Institute, <i>The Last Ten Years: A Comprehensive Review of the Literature on the Impact of Fairtrade,<\/i> 2009.\u2013 Centre for development and environment, <i>Etude d\u2019impact du programme coton bio et \u00e9quitable d\u2019Helvetas au Burkina Faso,<\/i> 2009.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un syst\u00e8me alimentaire mondial durable commence par une utilisation plus efficiente des ressources. 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