{"id":151709,"date":"2010-07-01T12:00:00","date_gmt":"2010-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/07\/bonvin-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:57:40","modified_gmt":"2023-08-23T22:57:40","slug":"bonvin-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/07\/bonvin-2\/","title":{"rendered":"La coop\u00e9ration suisse dans le domaine de l\u2019eau"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019eau est \u00e0 la fois essentielle \u00e0 la vie et \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. Or, cette ressource aux multiples facettes, synonyme d\u2019\u00e9changes, se heurte \u00e0 des probl\u00e8mes de disponibilit\u00e9, d\u2019acheminement et d\u2019utilisation rationnelle. Le stress hydrique chronique touchait 8% de la population mondiale au tournant du si\u00e8cle, ce pourcentage atteindra 45%, soit 4 milliards de personnes, en 2050. L\u2019eau g\u00e9n\u00e8re donc comp\u00e9tition, voire conflit entre utilisateurs. Elle est aussi, en raison de sa nature incontournable, une source de n\u00e9gociation et de dialogue plut\u00f4t que de dispute. Cet article a pour but de familiariser le lecteur avec les principaux enjeux li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau, tant du point de vue humain qu\u2019\u00e9conomique et environnemental, et de pr\u00e9senter une vision synth\u00e9tique des r\u00e9ponses de la coop\u00e9ration suisse face \u00e0 ces d\u00e9fis&#13;<br \/>\nL\u2019auteur remercie Fran\u00e7ois M\u00fcnger, chef de la division Initiative de l\u2019eau\/domaine Coop\u00e9ration globale de la Direction du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC), et Johan G\u00e9ly, collaborateur de la division Initiative de l\u2019eau\/domaine Coop\u00e9ration globale de la DDC, pour leur collaboration.. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201007_16_Bonvin_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"278\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019eau: un bien unique et complexe<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019eau est non seulement la denr\u00e9e alimentaire essentielle mais \u00e9galement un important vecteur d\u2019hygi\u00e8ne, un outil de production fondamental et une composante de base du syst\u00e8me \u00e9cologique. Il s\u2019agit donc d\u2019un facteur cl\u00e9 du d\u00e9veloppement social et \u00e9conomique ainsi que de la pr\u00e9servation des ressources naturelles, faisant ainsi de ce secteur un syst\u00e8me complexe. L\u2019\u00abeau virtuelle\u00bb joue aussi un r\u00f4le cl\u00e9 loin en aval dans la cha\u00eene de cr\u00e9ation de valeur: notre d\u00e9veloppement \u00e9conomique est en effet fortement d\u00e9pendant de l\u2019eau disponible dans d\u2019autres r\u00e9gions: 80% de l\u2019eau contenue dans les produits consomm\u00e9s en Suisse provient de l\u2019\u00e9tranger. Logiquement, l\u2019eau est aussi consid\u00e9r\u00e9e comme un bien public dont la mise \u00e0 disposition et la protection rel\u00e8vent tant de l\u2019int\u00e9r\u00eat public que des droits fondamentaux. Cette complexit\u00e9 est illustr\u00e9e par le <i>graphique 1<\/i>, qui reproduit le circuit de l\u2019eau, du captage \u00e0 la restitution \u00e0 l\u2019environnement.La nature et la fonction de l\u2019eau exigent donc une gestion ad\u00e9quate et transparente pour garantir une croissance \u00e9conomique \u00e9quitable et durable propre \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9. Il est ainsi raisonnable d\u2019estimer que chaque franc investi dans ce secteur g\u00e9n\u00e8re un b\u00e9n\u00e9fice qui oscille entre 3 et 5 francs, si l\u2019on additionne les d\u00e9penses \u00e9vit\u00e9es et le gain de productivit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Les d\u00e9fis du secteur de l\u2019eau<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<h2>S\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement et p\u00e9rennit\u00e9 environnementale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUn approvisionnement fiable et suffisant en eau est une question centrale, tant pour un \u00c9tat que pour une communaut\u00e9, et constitue aussi un pr\u00e9requis pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Les responsables politiques doivent faire en sorte que le consommateur puisse acc\u00e9der \u00e0 la quantit\u00e9 d\u2019eau qui lui est n\u00e9cessaire et que sa qualit\u00e9 soit appropri\u00e9e. Au niveau mondial, plus d\u2019un milliard d\u2019\u00eatres humains n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 un approvisionnement en eau potable et l\u2019objectif du mill\u00e9naire de diminuer de moiti\u00e9 le pourcentage de population non approvisionn\u00e9e d\u2019ici \u00e0 2015 ne pourra vraisemblablement pas \u00eatre atteint sans des efforts exceptionnels. Il en va de m\u00eame pour les syst\u00e8mes d\u2019assainissement, auxquels 2,6 milliards de personnes n\u2019ont pas acc\u00e8s. Ainsi, am\u00e9liorer la p\u00e9rennit\u00e9 environnementale des syst\u00e8mes d\u2019eau est un enjeu vital pour qui veut maintenir la qualit\u00e9 de cette ressource; malheureusement, le co\u00fbt de l\u2019assainissement, souvent consid\u00e9r\u00e9 comme prohibitif \u00e0 court terme, conduit les politiques \u00e0 n\u00e9gliger cet aspect, au profit de l\u2019eau potable, qui b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une meilleure image publique. L\u2019environnement en subit les cons\u00e9quences avec la pollution des eaux et des sols, ce qui fait courir des risques importants \u00e0 la sant\u00e9 publique. Dans le domaine de l\u2019irrigation, \u00e0 l\u2019importance de la quantit\u00e9 s\u2019ajoute l\u2019aspect critique de la disponibilit\u00e9 saisonni\u00e8re, qui peut entrer en conflit avec d\u2019autres emplois de l\u2019eau, tel que la production d\u2019\u00e9nergie.&#13;<\/p>\n<h2>Efficacit\u00e9 des syst\u00e8mes d\u2019eau<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019enjeu est souvent davantage l\u2019efficacit\u00e9 du syst\u00e8me de production et de distribution de l\u2019eau, puis de sa restitution \u00e0 l\u2019environnement, que la quantit\u00e9 d\u2019eau disponible \u00e0 la source. En effet, les infrastructures, si elles existent, sont tr\u00e8s souvent dans un \u00e9tat de d\u00e9t\u00e9rioration avanc\u00e9, ce qui se traduit par une mauvaise qualit\u00e9 de l\u2019eau et des pertes de 50% et plus dans nos pays partenaires. Ce gaspillage se traduit souvent par une perte \u00e9quivalente en \u00e9lectricit\u00e9 n\u00e9cessaire au pompage et au traitement. La qualit\u00e9 de la gestion est aussi souvent le talon d\u2019Achille des syst\u00e8mes d\u2019eau, tant sur le plan \u00e9conomique que technique, synonyme de dysfonctionnement, de pertes et de revenu insuffisant pour faire fonctionner le syst\u00e8me de mani\u00e8re satisfaisante. Cela est vrai tant en milieu urbain que rural. L\u2019efficacit\u00e9 des syst\u00e8mes d\u2019irrigation est, par ailleurs, tout aussi essentielle.&#13;<\/p>\n<h2>Des conditions-cadres pour un financement p\u00e9renne<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe secteur de l\u2019eau fait face \u00e0 un d\u00e9fi financier d\u2019origine structurelle tr\u00e8s important: des investissements massifs, dans un environnement politico-\u00e9conomique souvent tr\u00e8s risqu\u00e9 et offrant des rendements peu attractifs, sont n\u00e9cessaires pour d\u00e9velopper et entretenir des syst\u00e8mes d\u2019eau performants. De plus, le client ne peut que rarement payer l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des co\u00fbts de production du bien qu\u2019il consomme. On estime, en effet, que la facture pour ces services ne devrait pas d\u00e9passer 4% du revenu disponible.Les mesures destin\u00e9es \u00e0 accro\u00eetre la p\u00e9rennit\u00e9 financi\u00e8re de l\u2019ensemble du secteur peinent \u00e0 \u00eatre mises en application. Les enjeux et d\u00e9fis sont, en effet, per\u00e7us de mani\u00e8re \u00e9troite selon les types de consommation envisag\u00e9s et les r\u00e9ponses, souvent fragmentaires, sont le fait de diff\u00e9rents minist\u00e8res ou institutions qui ne collaborent pas toujours bien entre eux. De plus, des incitations financi\u00e8res erron\u00e9es, souvent motiv\u00e9es par des int\u00e9r\u00eats politiques contradictoires, freinent l\u2019usage parcimonieux de l\u2019eau. Il est, par ailleurs, rare que les responsables aient une vision claire de ce qui doit \u00eatre financ\u00e9 par l\u2019imp\u00f4t et de ce qui rel\u00e8ve de la tarification. Cela est particuli\u00e8rement vrai dans les \u00e9conomies planifi\u00e9es l\u00e9gataires du syst\u00e8me sovi\u00e9tique.&#13;<\/p>\n<h2>L\u2019eau dans la cha\u00eene de production industrielle<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nNon seulement l\u2019eau entre dans la composition de nombreux produits alimentaires plus ou moins transform\u00e9s, mais surtout, elle est utilis\u00e9e dans une infinit\u00e9 de processus industriels, o\u00f9 elle est directement incorpor\u00e9e au produit ou sert d\u2019auxiliaire de fabrication (lavage, vaporisation, etc.). Cette part \u00abvirtuelle\u00bb de l\u2019eau dans la cha\u00eene de production \u00e9conomique varie fortement d\u2019un produit de consommation \u00e0 l\u2019autre et un choix inappropri\u00e9 \u2013 que ce soit dans l\u2019agriculture ou l\u2019industrie \u2013 peut aboutir \u00e0 une forte demande en eau avec des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s de production.&#13;<\/p>\n<h2>Les comp\u00e9tences au sein de la coop\u00e9ration suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCinq offices f\u00e9d\u00e9raux apportent un concours actif et concert\u00e9 dans l\u2019eau. Un m\u00e9canisme de coop\u00e9ration, le <i>Comit\u00e9 interd\u00e9partemental pour le d\u00e9veloppement durable (CIDD),<\/i> assure une coh\u00e9rence globale de son action, une d\u00e9finition des priorit\u00e9s d\u2019action de tous les acteurs concern\u00e9s et des prises de d\u00e9cision communes dans les enceintes internationales. \u00c0 cette fin, il s\u2019appuie sur des instruments financiers importants, provenant notamment du Secr\u00e9tariat d\u2019Etat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) et de la Direction du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC). Cette \u00abmutualisation\u00bb des efforts donne une influence \u00e0 la Suisse que sa contribution financi\u00e8re, faible au regard du volume total de l\u2019aide internationale, ne lui permettrait pas dobtenir autrement.L\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement (Ofev) marque de sa pr\u00e9sence le d\u00e9bat global sur la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes. L\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP) intervient sur le th\u00e8me de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. L\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019agriculture (Ofag) se concentre sur la productivit\u00e9 agricole de l\u2019eau et la lutte contre la pollution des intrants agricoles.Enfin, la coop\u00e9ration suisse dans le domaine de l\u2019eau est r\u00e9partie entre coop\u00e9ration \u00e9conomique, conduite par le Seco (DFE) et coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, conduite par la DDC (DFAE). La premi\u00e8re capitalise plus de deux d\u00e9cennies d\u2019exp\u00e9rience dans le domaine de l\u2019eau et l\u2019assainissement en milieu urbain, engageant en moyenne 15 \u00e0 20 millions de francs par ann\u00e9e; actuellement, 16 projets sont en cours pour un engagement total de 131 millions de francs. La DDC, de son c\u00f4t\u00e9, a inscrit ses premiers projets \u00e0 la fin des ann\u00e9es septante et concentre son activit\u00e9 dans les m\u00eames domaines en milieu rural (40 millions de francs par an), ainsi que dans l\u2019irrigation. La compl\u00e9mentarit\u00e9 de ces deux approches a conduit au d\u00e9veloppement de comp\u00e9tences sp\u00e9cifiques:1. La coop\u00e9ration \u00e9conomique est reconnue pour ses activit\u00e9s dans le domaine du renforcement des autorit\u00e9s de r\u00e9gulation, du d\u00e9veloppement des capacit\u00e9s de gestion financi\u00e8res et techniques des services des eaux et de la promotion aupr\u00e8s du secteur priv\u00e9 (industriel) d\u2019un emploi parcimonieux de l\u2019eau. L\u2019approche \u00e0 travers les structures nationales, r\u00e9gionales ou locales, de type publiques ou parapubliques, a ainsi \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e. 2. La coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement est r\u00e9put\u00e9e pour son approche participative de la gestion de l\u2019eau, pour les syst\u00e8mes d\u00e9centralis\u00e9s dans les milieux ruraux, destin\u00e9s tant \u00e0 l\u2019irrigation qu\u2019\u00e0 la consommation. Ses repr\u00e9sentants sont des acteurs \u00e9cout\u00e9s dans les forums internationaux de politique sectorielle; ils sont \u00e0 la pointe sur la r\u00e9flexion concernant les implications de l\u2019eau comme droit humain.3. Les interactions avec d\u2019autres secteurs, r\u00e9sultant des multiples fonctions de l\u2019eau, ont \u00e9galement fait l\u2019objet d\u2019un savoirfaire particulier: eau-\u00e9nergie (Seco), eau-agriculture (DDC) et eau-sant\u00e9 (DDC, voir <i>encadr\u00e9 1<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn Asie centrale, l\u2019eau est une ressource \u00e2prement disput\u00e9e entre les pays riverains des grands fleuves que sont l\u2019Amou Daria et le Syr Daria. L\u2019agriculture, source de revenu pour une grande partie de la population, est un grand consommateur durant les mois d\u2019\u00e9t\u00e9. Le secteur \u00e9nerg\u00e9tique aurait besoin de cette eau en hiver lorsqu\u2019il est n\u00e9cessaire de faire face au froid intense dans les pays en amont. Simultan\u00e9ment, les besoins en eau potable sont importants et celle-ci est distribu\u00e9e par des r\u00e9seaux v\u00e9tustes \u00e0 l\u2019origine de gaspillages importants. Dans un effort concert\u00e9, le Seco finance des projets de r\u00e9habilitation des syst\u00e8mes d\u2019eau urbain en Ouzb\u00e9kistan (en partenariat avec la BM), au Kirghizistan et au Tadjikistan (avec la Berd), tandis que la DDC soutient des projets de distribution d\u2019eau en milieu rural et de gestion des canaux d\u2019irrigation, dans la vall\u00e9e de la Fergana, zone dens\u00e9ment peupl\u00e9e couvrant les trois pays. L\u2019approche permet d\u2019initier un dialogue sectoriel sur le financement et les structures institutionnelles en Ouzb\u00e9kistan. La mise en place d\u2019\u00e9quipement performant d\u2019origine suisse \u00e0 permis d\u2019\u00e9conomiser jusqu\u2019\u00e0 15% d\u2019\u00e9nergie de pompage \u00e0 Samarkand.Par ailleurs, le Seco, contribue au dialogue entre les pays de la r\u00e9gion sur la difficile allocation des ressources en eau et en \u00e9nergie en mettant des experts \u00e0 leur disposition, au travers d\u2019un fonds de financement de la Banque Mondiale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n).&#13;<\/p>\n<h2>Les r\u00e9ponses et priorit\u00e9s de la coop\u00e9ration<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe d\u00e9veloppement social et \u00e9conomique durable est indissociable de l\u2019avenir de l\u2019eau, \u00e0 travers notamment ses infrastructures et sa gestion. La pr\u00e9servation de l\u2019environnement est la cl\u00e9 de la p\u00e9rennit\u00e9 du secteur et de sa viabilit\u00e9 \u00e9conomique \u00e0 long terme. Cela implique en particulier une utilisation efficace de l\u2019eau disponible dans ses diff\u00e9rentes fonctions et un recours \u00e0 l\u2019assainissement. Si l\u2019eau est essentielle \u00e0 la vie, la pr\u00e9servation de sa qualit\u00e9, du captage \u00e0 la restitution, en passant par son traitement et sa distribution, repr\u00e9sente un co\u00fbt de production qui doit \u00eatre assum\u00e9 en grande partie par le consommateur-contribuable, lequel a le droit d\u2019exiger une gestion \u00e9quitable et transparente de ce bien pr\u00e9cieux.Ainsi, la coop\u00e9ration suisse entend r\u00e9pondre aux d\u00e9fis du secteur de l\u2019eau en contribuant aux objectifs suivants.&#13;<\/p>\n<h2>Am\u00e9lioration de l\u2019approvisionnement en eau de la population et de l\u2019\u00e9conomie dans nos pays partenaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mise \u00e0 disposition d\u2019un service efficace et durable d\u2019approvisionnement en eau est un apport essentiel au d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social. Les financements suisses visent \u00e0 \u00e9tendre les r\u00e9seaux d\u2019eau et \u00e0 augmenter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un service fiable de qualit\u00e9, \u00e0 un prix abordable, y compris pour les segments pauvres de la population. Ils permettent aussi de soutenir les mesures physiques (p. ex. le comptage de la consommation d\u2019eau) permettant une gestion transparente de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau et, au besoin, de son n\u00e9goce (voir <i>encadr\u00e9 2<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn Albanie, pr\u00e8s d\u2019un quart de la population n\u2019est pas reli\u00e9 \u00e0 un r\u00e9seau d\u2019eau centralis\u00e9 et moins d\u2019une personne sur deux est raccord\u00e9e \u00e0 un r\u00e9seau d\u2019\u00e9limination des eaux us\u00e9es. Seules trois stations d\u2019\u00e9puration sont en exploitation. \u00c0 Pogradec, le Seco avec l\u2019aide de l\u2019\u00e9tablissement allemand Kreditanstalt f\u00fcr Wiederaufbau (KfW), finance la modernisation de l\u2019approvisionnement en eau et de l\u2019\u00e9limination des eaux us\u00e9es \u2013 conduisant ainsi \u00e0 r\u00e9duire de 20% les besoins en \u00e9lectricit\u00e9 \u2013, ainsi que l\u2019installation des compteurs deau et des mesures pour am\u00e9liorer la gestion du service des eaux. Une station d\u2019\u00e9puration a \u00e9t\u00e9 construite au bord du lac Ohrid, un site inscrit au patrimoine mondial de l\u2019Unesco avec un potentiel touristique important. La d\u00e9marche choisie \u00e0 Pogradec, \u00e0 savoir la mise en \u0153uvre pragmatique de la gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources en eau, a inspir\u00e9 une strat\u00e9gie suivie au plan national. Cette exp\u00e9rience sera r\u00e9p\u00e9t\u00e9e \u00e0 Shkodra, une autre ville albanaise.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n).&#13;<\/p>\n<h2>Am\u00e9lioration de l\u2019acc\u00e8s aux services d\u2019assainissement pour la population et l\u2019\u00e9conomie dans nos pays partenaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social repose aussi en grande partie sur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un service d\u2019assainissement performant. Les fonds suisses soutiennent l\u2019extension des services d\u2019assainissement pour des raisons, \u00e0 la fois, de sant\u00e9 publique et de protection de l\u2019environnement. Fiabilit\u00e9, qualit\u00e9 et ma\u00eetrise des co\u00fbts sont les mots cl\u00e9s. L\u2019assainissement est g\u00e9n\u00e9ralement le parent pauvre des investissements, car sa valeur n\u2019est pas imm\u00e9diatement per\u00e7ue par le b\u00e9n\u00e9ficiaire; c\u2019est pourquoi il doit faire l\u2019objet d\u2019un soutien accru.&#13;<\/p>\n<h2>Renforcement institutionnel et de la p\u00e9rennit\u00e9 \u00e9conomique, environnementale et technique des entreprises publiques du secteur de l\u2019eau et de l\u2019assainissement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl s\u2019agit ici de mettre \u00e0 disposition une assistance technique destin\u00e9e \u00e0 am\u00e9liorer la gestion des compagnies de services industriels en promouvant les principes de gestion d\u2019entreprise tout en renfor\u00e7ant les capacit\u00e9s de gestion et les organes internes de contr\u00f4le, ainsi que la planification des investissements et la transparence des co\u00fbts. Une r\u00e9duction des pertes commerciales et une meilleure ouverture au client sont ainsi vis\u00e9es. Les capacit\u00e9s professionnelles pour la maintenance et l\u2019exploitation des installations b\u00e9n\u00e9ficient \u00e9galement de ce soutien. L\u2019exp\u00e9rience du secteur priv\u00e9 en mati\u00e8re de gestion d\u2019entreprise peut \u00e0 cet effet b\u00e9n\u00e9ficier au secteur public, par exemple sous forme de PPP (mandat de gestion), mais aussi sous forme d\u2019activit\u00e9 de conseil aupr\u00e8s de services industriels publics (voir <i>encadr\u00e9 3<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019exp\u00e9rience du secteur priv\u00e9 en mati\u00e8re de gestion d\u2019entreprise peut b\u00e9n\u00e9ficier au secteur public, en lui permettant de renforcer ses structures et l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019exploitation. Ce transfert de savoir-faire peut prendre la forme d\u2019un mandat de gestion de type PPP, ou plus simplement d\u2019activit\u00e9s de conseil aupr\u00e8s de services industriels publics. Dans tous les cas, il importe de bien d\u00e9finir dans quel cadre institutionnel une telle transaction est r\u00e9alis\u00e9e et de s\u2019assurer que les int\u00e9r\u00eats de toutes les parties soient pris en compte.Une \u00e9tude r\u00e9cente de la Banque mondiale confirme que les PPP conclus sous forme de mandat de gestion ont \u00e9t\u00e9 les plus b\u00e9n\u00e9fiques et ont permis d\u2019am\u00e9liorer la performance des services des eaux. Dans ce type de transaction, il se d\u00e9veloppe davantage de partenariats locaux ou r\u00e9gionaux qu\u2019internationaux. Par contre, il a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence qu\u2019un contrat de PPP n\u2019a que rarement permis de mobiliser des capitaux additionnels pour la modernisation d\u2019un r\u00e9seau.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n).&#13;<\/p>\n<h2>Renforcement institutionnel et de la p\u00e9rennit\u00e9 \u00e9conomique, environnementale et technique des communaut\u00e9s rurales et p\u00e9riurbaines pour la gestion des eaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL\u2019assistance technique entend r\u00e9pondre \u00e0 un besoin similaire au pr\u00e9c\u00e9dent, mais en milieu rural et pour les syst\u00e8mes d\u00e9centralis\u00e9s. Les capacit\u00e9s de planification, de gestion, de maintenance et d\u2019exploitation sont ici le fait d\u2019une communaut\u00e9 qui doit s\u2019organiser elle-m\u00eame pour couvrir ses besoins, souvent en partenariat avec les services publics ou le secteur priv\u00e9 local. L\u2019approche est alors participative et sociale.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9duction de la consommation sp\u00e9cifique d\u2019eau, r\u00e9elle ou virtuelle, de l\u2019\u00e9conomie de nos pays partenaires par des mesures cibl\u00e9es de renfor-cement de l\u2019efficacit\u00e9 dans la production et l\u2019emploi de l\u2019eau<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe que re\u00e7oit le consommateur final n\u2019est en g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019une portion, de 30% \u00e0 80% (au mieux), de la quantit\u00e9 d\u2019eau prise \u00e0 la source, en raison de l\u2019obsolescence des syst\u00e8mes. Afin de rendre le co\u00fbt de l\u2019eau plus supportable pour le consommateur, la collectivit\u00e9 et l\u2019environnement, les projets financ\u00e9s par la Suisse cherchent syst\u00e9matiquement \u00e0 r\u00e9duire les fuites dans les r\u00e9seaux et \u00e0 accro\u00eetre l\u2019efficacit\u00e9 des processus de traitement et des modes de production industriels. La r\u00e9duction de la consommation sp\u00e9cifique par personne (ou par unit\u00e9 \u00e9conomique) ainsi obtenue a g\u00e9n\u00e9ralement un impact tr\u00e8s positif sur l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique des syst\u00e8mes d\u2019eau. De plus, la r\u00e9duction de l\u2019eau virtuelle consomm\u00e9e contenue dans les produits agricoles et transform\u00e9s a un impact bien r\u00e9el sur le co\u00fbt des infrastructures: ainsi, un soutien est apport\u00e9 au secteur priv\u00e9, agricole et industriel, pour qu\u2019il r\u00e9duise la part d\u2019eau virtuelle dans les produits qu\u2019il propose au consommateur, ce qui profite \u00e0 tous. Ces aspects sont particuli\u00e8rement sensibles dans les r\u00e9gions soumises \u00e0 un fort stress hydrique (voir <i>encadr\u00e9 4<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa production de pratiquement tous nos biens de consommation exige d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s d\u2019eau. Or, ces marchandises sont souvent import\u00e9es de pays arides ou semi-arides. Dans le cadre d\u2019un projet pilote lanc\u00e9 par la DDC en Colombie, six entreprises suisses (Nestl\u00e9, Syngenta, Holcim, Novartis, Clariant et Alpina) s\u2019efforcent d\u2019\u00e9conomiser l\u2019eau \u00e0 tous les stades du processus de production. C\u2019est la premi\u00e8re fois que des entreprises de divers secteurs industriels collaborent pour r\u00e9duire leur empreinte en eau. La Suisse a m\u00eame sugg\u00e9r\u00e9 en 2009 d\u2019\u00e9tablir une norme internationale en ce domaine, proposition qui a \u00e9t\u00e9 retenue par l\u2019Organisation internationale de standardisation (ISO). Le processus d\u2019\u00e9laboration de la norme sera dirig\u00e9 par Quantis, une soci\u00e9t\u00e9 vaudoise sp\u00e9cialis\u00e9 dans les bilans \u00e9cologiques. Ce projet a tir\u00e9 parti du travail fondamental effectu\u00e9 par le \u00abcentre de production propre\u00bb aupr\u00e8s de l\u2019industrie locale, lequel a \u00e9t\u00e9 soutenu financi\u00e8rement par le Seco dans une phase initiale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n).&#13;<\/p>\n<h2>D\u00e9veloppement et renforcement de la coh\u00e9rence \u00e9conomique, environnementale et sociale des politiques de l\u2019eau au niveau d\u2019un pays, d\u2019une r\u00e9gion ou d\u2019une ville, \u00e0 travers les conditions-cadres, l\u2019assistance technique et le dialogue politique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mise en place de conditions-cadres destin\u00e9es \u00e0 une exploitation transparente des syst\u00e8mes d\u2019eau et au financement de projets est essentielle \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 du secteur. Le soutien prend ici la forme d\u2019une assistance technique au dialogue politique, afin de r\u00e9glementer efficacement l\u2019approvisionnement en eau et l\u2019assainissement. Le cadre l\u00e9gal \u00e0 mettre en place comprend le renforcement de la surveillance du secteur, le recours \u00e0 des contrats de service et l\u2019am\u00e9lioration des structures financi\u00e8res et tarifaires, ainsi que l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un filet social. La nature concr\u00e8te de l\u2019eau et son caract\u00e8re local permettent \u00e9galement de traiter des questions de d\u00e9centralisation et de gouvernance.La strat\u00e9gie permettant d\u2019assurer le financement \u00e0 long terme de telles infrastructures et leur d\u00e9veloppement est donc un d\u00e9licat \u00e9quilibre \u00e0 trouver entre une approche centralis\u00e9e qui tienne compte des aspects budg\u00e9taires particuliers \u00e0 ce secteur et l\u2019emploi le plus pouss\u00e9 possible du principe de subsidiarit\u00e9 pour d\u00e9velopper des projets proches des besoins effectifs des utilisateurs, en relation avec leur capacit\u00e9 \u00e9conomique et sociale (voir <i>encadr\u00e9 5<\/i>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019exp\u00e9rience a montr\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de coupler un investissement \u2013 qui permet d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du service pour le consommateur et lui faire accepter les adaptations tarifaires \u2013 avec des r\u00e9formes structurelles qui visent \u00e0 assurer la p\u00e9rennit\u00e9 financi\u00e8re des services industriels par l\u2019entremise d\u2019une tarification couvrant au minimum les co\u00fbts op\u00e9rationnels. Ce changement de paradigme n\u2019est jamais une \u00e9vidence dans les pays \u00e0 \u00e9conomie planifi\u00e9e ou dans ceux qui subventionnent leurs services \u00e0 la population. Ainsi, un soutien actif aux entreprises d\u2019eau et d\u2019assainissement pour augmenter leur taux de couverture de comptage (au-del\u00e0 de 50%) et d\u2019encaissement (au-del\u00e0 de 85%), ainsi que la transparence de leur gestion, a souvent permis de d\u00e9clencher un cercle vertueux qui les incite \u00e0 investir, m\u00eame modestement, pour am\u00e9liorer leurs services et renforcer la maintenance. Cela permet \u00e9galement de rendre ces entreprises plus attractives sur le march\u00e9 des cr\u00e9dits dont elles ont besoin.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n).&#13;<\/p>\n<h2>Moyens et partenaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe secteur de l\u2019eau requiert de gros moyens financiers lorsqu\u2019il s\u2019agit des infrastructures de production ou de transmission d\u2019un pays ou d\u2019une r\u00e9gion. C\u2019est pour cela qu\u2019il a besoin de grands acteurs financiers tels que le groupe de la Banque mondiale (BM) ou les banques r\u00e9gionales de d\u00e9veloppement, fournisseurs de pr\u00eats ou de cr\u00e9dits aupr\u00e8s des pays b\u00e9n\u00e9ficiaires. Cependant, le d\u00e9veloppement de projets de d\u00e9monstration, qui peuvent servir les r\u00e9formes structurelles ou valoriser des approches innovatrices, font appel \u00e0 des ressources plus limit\u00e9es, de l\u2019ordre de 10 \u00e0 50 millions de francs: ces ressources financi\u00e8res peuvent \u00eatre mises \u00e0 disposition par un ou plusieurs pays donateurs ou par un groupe de financiers.Les moyens financiers de la coop\u00e9ration suisse sont allou\u00e9s par le Parlement au travers de plusieurs cr\u00e9dits-cadres, cibl\u00e9s selon les r\u00e9gions d\u2019intervention. Trois instruments financiers de mise en \u0153uvre sont \u00e0 disposition:\u2013 les dons pour financer des projets, soit de mani\u00e8re bilat\u00e9rale, soit avec des institutions financi\u00e8res internationales, comme la BM, la Banque europ\u00e9enne pour la reconstruction et le d\u00e9veloppement (Berd) et le Kreditanstalt f\u00fcr Wiederaufbau (KfW);\u2013 les contributions \u00e0 un programme ou un secteur au travers de facilit\u00e9s soutenant les axes op\u00e9rationnels mentionn\u00e9s ci-dessus;\u2013 les contributions, sous forme de dons ou garanties, destin\u00e9es \u00e0 catalyser des m\u00e9canismes de financement, tels que des partenariats publics-priv\u00e9s, comme le Public-Private Infrastructure Advisory Facility (PPIAF) et le Private Infrastructure Development Group (PIDG).Finalement, le savoir-faire et la technologie disponibles aupr\u00e8s des industriels et des bureaux de consultants suisses actifs dans le secteur de l\u2019eau, de l\u2019assainissement et de la gestion des bassins versants comptent pour une part importante dans les ressources mobilis\u00e9es par la coop\u00e9ration suisse. La palette de comp\u00e9tences n\u00e9cessaires varie \u00e9videmment sensiblement selon qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un pays au tout d\u00e9but de sa transition \u00e9conomique, comme en Asie centrale, ou d\u2019un \u00c9tat de la partie orientale de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE). Les professionnels suisses ont d\u00e9velopp\u00e9 un savoir-faire av\u00e9r\u00e9 pour g\u00e9rer la complexit\u00e9 des flux hydriques et des arbitrages qui en r\u00e9sultent. Ce savoir-faire est ainsi transf\u00e9r\u00e9 au travers des projets de la coop\u00e9ration suisse.Cette derni\u00e8re dispose ainsi d\u2019un instrument \u00e0 multiples facettes, \u00e0 l\u2019image de l\u2019eau elle-m\u00eame, propre \u00e0 apporter sa contribution, si modeste soit-elle, \u00e0 la gestion de ce bien pr\u00e9cieux, afin qu\u2019elle devienne p\u00e9renne et \u00e9quitable. L\u2019originalit\u00e9 de ses actions, l\u2019ind\u00e9pendance et la flexibilit\u00e9 en sont ses caract\u00e9ristiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1: \u00abVue sch\u00e9matique de l\u2019utilisation de l\u2019eau et des zones d\u2019intervention de la coop\u00e9ration suisse (en rouge)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: L\u2019eau, un instrument de dialogue en Asie centrale&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn Asie centrale, l\u2019eau est une ressource \u00e2prement disput\u00e9e entre les pays riverains des grands fleuves que sont l\u2019Amou Daria et le Syr Daria. L\u2019agriculture, source de revenu pour une grande partie de la population, est un grand consommateur durant les mois d\u2019\u00e9t\u00e9. Le secteur \u00e9nerg\u00e9tique aurait besoin de cette eau en hiver lorsqu\u2019il est n\u00e9cessaire de faire face au froid intense dans les pays en amont. Simultan\u00e9ment, les besoins en eau potable sont importants et celle-ci est distribu\u00e9e par des r\u00e9seaux v\u00e9tustes \u00e0 l\u2019origine de gaspillages importants. Dans un effort concert\u00e9, le Seco finance des projets de r\u00e9habilitation des syst\u00e8mes d\u2019eau urbain en Ouzb\u00e9kistan (en partenariat avec la BM), au Kirghizistan et au Tadjikistan (avec la Berd), tandis que la DDC soutient des projets de distribution d\u2019eau en milieu rural et de gestion des canaux d\u2019irrigation, dans la vall\u00e9e de la Fergana, zone dens\u00e9ment peupl\u00e9e couvrant les trois pays. L\u2019approche permet d\u2019initier un dialogue sectoriel sur le financement et les structures institutionnelles en Ouzb\u00e9kistan. La mise en place d\u2019\u00e9quipement performant d\u2019origine suisse \u00e0 permis d\u2019\u00e9conomiser jusqu\u2019\u00e0 15% d\u2019\u00e9nergie de pompage \u00e0 Samarkand.Par ailleurs, le Seco, contribue au dialogue entre les pays de la r\u00e9gion sur la difficile allocation des ressources en eau et en \u00e9nergie en mettant des experts \u00e0 leur disposition, au travers d\u2019un fonds de financement de la Banque Mondiale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Le Seco en Albanie&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn Albanie, pr\u00e8s d\u2019un quart de la population n\u2019est pas reli\u00e9 \u00e0 un r\u00e9seau d\u2019eau centralis\u00e9 et moins d\u2019une personne sur deux est raccord\u00e9e \u00e0 un r\u00e9seau d\u2019\u00e9limination des eaux us\u00e9es. Seules trois stations d\u2019\u00e9puration sont en exploitation. \u00c0 Pogradec, le Seco avec l\u2019aide de l\u2019\u00e9tablissement allemand Kreditanstalt f\u00fcr Wiederaufbau (KfW), finance la modernisation de l\u2019approvisionnement en eau et de l\u2019\u00e9limination des eaux us\u00e9es \u2013 conduisant ainsi \u00e0 r\u00e9duire de 20% les besoins en \u00e9lectricit\u00e9 \u2013, ainsi que l\u2019installation des compteurs deau et des mesures pour am\u00e9liorer la gestion du service des eaux. Une station d\u2019\u00e9puration a \u00e9t\u00e9 construite au bord du lac Ohrid, un site inscrit au patrimoine mondial de l\u2019Unesco avec un potentiel touristique important. La d\u00e9marche choisie \u00e0 Pogradec, \u00e0 savoir la mise en \u0153uvre pragmatique de la gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources en eau, a inspir\u00e9 une strat\u00e9gie suivie au plan national. Cette exp\u00e9rience sera r\u00e9p\u00e9t\u00e9e \u00e0 Shkodra, une autre ville albanaise.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: L\u2019apport du secteur priv\u00e9 dans le domaine de l\u2019eau&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019exp\u00e9rience du secteur priv\u00e9 en mati\u00e8re de gestion d\u2019entreprise peut b\u00e9n\u00e9ficier au secteur public, en lui permettant de renforcer ses structures et l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019exploitation. Ce transfert de savoir-faire peut prendre la forme d\u2019un mandat de gestion de type PPP, ou plus simplement d\u2019activit\u00e9s de conseil aupr\u00e8s de services industriels publics. Dans tous les cas, il importe de bien d\u00e9finir dans quel cadre institutionnel une telle transaction est r\u00e9alis\u00e9e et de s\u2019assurer que les int\u00e9r\u00eats de toutes les parties soient pris en compte.Une \u00e9tude r\u00e9cente de la Banque mondiale confirme que les PPP conclus sous forme de mandat de gestion ont \u00e9t\u00e9 les plus b\u00e9n\u00e9fiques et ont permis d\u2019am\u00e9liorer la performance des services des eaux. Dans ce type de transaction, il se d\u00e9veloppe davantage de partenariats locaux ou r\u00e9gionaux qu\u2019internationaux. Par contre, il a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence qu\u2019un contrat de PPP n\u2019a que rarement permis de mobiliser des capitaux additionnels pour la modernisation d\u2019un r\u00e9seau.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 4: Eau virtuelle: des entreprises suisses font un effort pour r\u00e9duire leur consommation en Colombie&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa production de pratiquement tous nos biens de consommation exige d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s d\u2019eau. Or, ces marchandises sont souvent import\u00e9es de pays arides ou semi-arides. Dans le cadre d\u2019un projet pilote lanc\u00e9 par la DDC en Colombie, six entreprises suisses (Nestl\u00e9, Syngenta, Holcim, Novartis, Clariant et Alpina) s\u2019efforcent d\u2019\u00e9conomiser l\u2019eau \u00e0 tous les stades du processus de production. C\u2019est la premi\u00e8re fois que des entreprises de divers secteurs industriels collaborent pour r\u00e9duire leur empreinte en eau. La Suisse a m\u00eame sugg\u00e9r\u00e9 en 2009 d\u2019\u00e9tablir une norme internationale en ce domaine, proposition qui a \u00e9t\u00e9 retenue par l\u2019Organisation internationale de standardisation (ISO). Le processus d\u2019\u00e9laboration de la norme sera dirig\u00e9 par Quantis, une soci\u00e9t\u00e9 vaudoise sp\u00e9cialis\u00e9 dans les bilans \u00e9cologiques. Ce projet a tir\u00e9 parti du travail fondamental effectu\u00e9 par le \u00abcentre de production propre\u00bb aupr\u00e8s de l\u2019industrie locale, lequel a \u00e9t\u00e9 soutenu financi\u00e8rement par le Seco dans une phase initiale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 5: De la n\u00e9cessit\u00e9 de coupler investissement et r\u00e9formes structurelles&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019exp\u00e9rience a montr\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de coupler un investissement \u2013 qui permet d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du service pour le consommateur et lui faire accepter les adaptations tarifaires \u2013 avec des r\u00e9formes structurelles qui visent \u00e0 assurer la p\u00e9rennit\u00e9 financi\u00e8re des services industriels par l\u2019entremise d\u2019une tarification couvrant au minimum les co\u00fbts op\u00e9rationnels. Ce changement de paradigme n\u2019est jamais une \u00e9vidence dans les pays \u00e0 \u00e9conomie planifi\u00e9e ou dans ceux qui subventionnent leurs services \u00e0 la population. Ainsi, un soutien actif aux entreprises d\u2019eau et d\u2019assainissement pour augmenter leur taux de couverture de comptage (au-del\u00e0 de 50%) et d\u2019encaissement (au-del\u00e0 de 85%), ainsi que la transparence de leur gestion, a souvent permis de d\u00e9clencher un cercle vertueux qui les incite \u00e0 investir, m\u00eame modestement, pour am\u00e9liorer leurs services et renforcer la maintenance. Cela permet \u00e9galement de rendre ces entreprises plus attractives sur le march\u00e9 des cr\u00e9dits dont elles ont besoin.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019eau est \u00e0 la fois essentielle \u00e0 la vie et \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. 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