{"id":151951,"date":"2010-04-01T12:00:00","date_gmt":"2010-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/04\/blatter-2\/"},"modified":"2023-08-24T00:59:10","modified_gmt":"2023-08-23T22:59:10","slug":"blatter-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/04\/blatter-2\/","title":{"rendered":"Limiter la garantie des d\u00e9p\u00f4ts, une solution au probl\u00e8me pos\u00e9 par les grandes banques"},"content":{"rendered":"<p>La crise financi\u00e8re a montr\u00e9 que les \u00c9tats ne laissent pas sombrer leurs grandes banques, car l\u2019effondrement d\u2019un \u00e9tablissement d\u2019importance syst\u00e9mique aurait des r\u00e9percussions d\u00e9vastatrices sur l\u2019\u00e9conomie nationale. \u00c0 partir d\u2019une certaine taille, ces entreprises sont consid\u00e9r\u00e9es comme \u00abToo Big To Fail\u00bb. La garantie d\u2019\u00c9tat accord\u00e9e de facto aux grandes banques est, toutefois, contraire aux principes fondateurs de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9. On utilise, en effet, de l\u2019argent public pour att\u00e9nuer les cons\u00e9quences d\u2019une mauvaise gestion commerciale, au lieu de les imputer aux personnes qui en sont responsables. L\u2019approche r\u00e9glementaire pr\u00e9sent\u00e9e ci-apr\u00e8s se focalise davantage sur les principes de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9&#13;<br \/>\nDes informations d\u00e9taill\u00e9es sur cette proposition sont disponibles \u00e0 l\u2019adresse: <a href=\"http:\/\/www.comtool.ch\/\">http:\/\/www.comtool.ch\/<\/a> Bankenregulierung..&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe but principal de cette approche est d\u2019obliger les banques \u00e0 cr\u00e9er un nouveau type de comptes, pour lesquels la garantie des d\u00e9p\u00f4ts serait limit\u00e9e. Les clients pourraient choisir de placer leur argent sur un tel compte \u2013 qui servirait un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat plus \u00e9lev\u00e9 \u2013 ou sur un compte traditionnel b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une protection totale. Dans le premier cas, les banques ne devraient garantir, par exemple, que 80% des fonds d\u00e9pos\u00e9s, apr\u00e8s que l\u2019autorit\u00e9 de r\u00e9gulation ait d\u00e9finit exactement dans quelles circonstances un \u00e9tablissement serait autoris\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire ces avoirs de 20% au maximum et \u00e0 convertir la somme obtenue en capitaux propres. On pense ici \u00e0 un manque de liquidit\u00e9s ou \u00e0 un sc\u00e9nario de surendettement. En p\u00e9riode de crise, la transformation de capitaux \u00e9trangers en capitaux propres peut permettre \u00e0 une banque de renforcer sa couverture et d\u2019assainir son bilan.La proportion des comptes partiellement garantis dans le r\u00e9sultat du bilan serait li\u00e9e \u00e0 la dotation de l\u2019\u00e9tablissement en capital. Elle pourrait, par exemple, se monter \u00e0 20% moins cinq fois la quote-part des fonds propres. La banque aurait ainsi la possibilit\u00e9, en augmentant son ratio de fonds propres, d\u2019abaisser le volume obligatoire des avoirs d\u00e9pos\u00e9s sur ces nouveaux comptes. Pour restreindre la probabilit\u00e9 d\u2019une panique bancaire en cas d\u2019ass\u00e8chement des liquidit\u00e9s, les titulaires de tels comptes n\u2019auraient le droit de pr\u00e9lever qu\u2019un certain montant par mois \u2013 par exemple 4% du d\u00e9p\u00f4t.Les d\u00e9tenteurs de comptes \u00e0 garantie limit\u00e9e supportent une part du risque pris par la banque. Ils en sont d\u00e9dommag\u00e9s par un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat int\u00e9ressant. Celui-ci serait d\u2019autant plus \u00e9lev\u00e9 que la banque a pris des risques importants et que sa solvabilit\u00e9 est faible. De cette mani\u00e8re, c\u2019est le march\u00e9 qui d\u00e9terminerait automatiquement la prime de risque \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire la diff\u00e9rence de taux entre les comptes traditionnels et ceux de la nouvelle cat\u00e9gorie. Les banques seraient ainsi incit\u00e9es \u00e0 faire preuve de prudence. Inversement, un rel\u00e8vement de la quote-part en fonds propres d\u00e9cid\u00e9 par l\u2019autorit\u00e9 de r\u00e9gulation peut pousser les banques \u00e0 compenser le rendement moindre de leurs capitaux propres en prenant davantage de risques.&#13;<\/p>\n<h2>Les avantages par rapport au projet de loi du Conseil f\u00e9d\u00e9ral<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa proposition de r\u00e9gulation \u00e9voqu\u00e9e ci-dessus pr\u00e9sente aussi des avantages par rapport au projet de loi f\u00e9d\u00e9rale sur la garantie des d\u00e9p\u00f4ts bancaires. Le texte du Conseil f\u00e9d\u00e9ral pr\u00e9voit le versement par les banques de cotisations annuelles qui alimenteront un fonds sp\u00e9cial destin\u00e9 \u00e0 garantir les d\u00e9p\u00f4ts. La contribution de chaque \u00e9tablissement sera calcul\u00e9e individuellement, en fonction du risque de d\u00e9faillance qu\u2019il pr\u00e9sente. Dans la pratique, la d\u00e9termination d\u2019une telle prime de risque cr\u00e9erait d\u2019\u00e9normes difficult\u00e9s. Il faudrait \u00e9laborer un ensemble complexe de r\u00e8gles, qui se trouverait, malgr\u00e9 tout, d\u00e9pass\u00e9 par l\u2019\u00e9volution constante des conditions \u00e9conomiques. La mise en \u0153uvre de la r\u00e9glementation propos\u00e9e plus haut ne repr\u00e9senterait, au contraire, qu\u2019une charge administrative d\u00e9risoire. L\u2019autre avantage de ce mod\u00e8le est qu\u2019en cas de d\u00e9faillance bancaire, seule une partie des clients de l\u2019\u00e9tablissement devra se r\u00e9signer \u00e0 perdre de l\u2019argent. Avec la r\u00e9vision pr\u00e9vue de la loi sur la garantie des d\u00e9p\u00f4ts bancaires, en revanche, la faillite serait support\u00e9e \u00e9galement par les banques qui ont travaill\u00e9 s\u00e9rieusement, \u00e9tant donn\u00e9 le financement collectif du fonds de garantie. La situation actuelle est encore plus probl\u00e9ma-tique, dans la mesure o\u00f9 ce sont les contribuables qui doivent passer \u00e0 la caisse pour sauver un institut financier en difficult\u00e9.Il conviendra d\u2019examiner plus en d\u00e9tail la mani\u00e8re dont ce mod\u00e8le de protection limit\u00e9e des d\u00e9posants devrait \u00eatre mis en \u0153uvre r\u00e9glementairement. Combin\u00e9 \u00e0 d\u2019autres approches, il pourrait faire partie d\u2019un ensemble de mesures visant \u00e0 r\u00e9soudre le probl\u00e8me pos\u00e9 par les grandes banques.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise financi\u00e8re a montr\u00e9 que les \u00c9tats ne laissent pas sombrer leurs grandes banques, car l\u2019effondrement d\u2019un \u00e9tablissement d\u2019importance syst\u00e9mique aurait des r\u00e9percussions d\u00e9vastatrices sur l\u2019\u00e9conomie nationale. \u00c0 partir d\u2019une certaine taille, ces entreprises sont consid\u00e9r\u00e9es comme \u00abToo Big To Fail\u00bb. 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