{"id":152171,"date":"2010-01-01T12:00:00","date_gmt":"2010-01-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2010\/01\/sheldon-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:00:28","modified_gmt":"2023-08-23T23:00:28","slug":"sheldon-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2010\/01\/sheldon-4\/","title":{"rendered":"Le march\u00e9 suisse du travail depuis 1920: les tendances \u00e0 long terme"},"content":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de ch\u00f4mage, trois \u00e9poques auront marqu\u00e9 le march\u00e9 suisse du travail depuis un peu moins d\u2019un si\u00e8cle. Les ann\u00e9es 1920\u20131945 ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es par deux grandes crises \u00e9conomiques, qui tir\u00e8rent rapidement le ch\u00f4mage vers le haut. Les ann\u00e9es de \u00abboom\u00bb 1946\u20131973 l\u2019ont fait rapidement fondre jusqu\u2019\u00e0 atteindre pratiquement le plein-emploi, les besoins suppl\u00e9mentaires en main-d\u2019\u0153uvre \u00e9tant couverts par l\u2019\u00e9tranger. Les ann\u00e9es 1974\u20132010 ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par les restructurations et une augmentation du ch\u00f4mage incompressible. Le pr\u00e9sent article pr\u00e9sente chacune de ces \u00e9tapes chronologiques et en explique les raisons. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/201001_06_Sheldon_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"261\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Les ann\u00e9es de crise 1920\u20131945<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa p\u00e9riode 1920\u20131945 a connu deux grandes crises, qui ont entra\u00een\u00e9 un fort accroissement du taux de ch\u00f4mage (voir <i>graphique 1<\/i>)&#13;<br \/>\nCe paragraphe est tir\u00e9 des donn\u00e9es ESO (2009).. La premi\u00e8re avait en r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9but\u00e9 en 1914 avec la Premi\u00e8re Guerre mondiale. \u00c0 cette date, la Suisse avait derri\u00e8re elle septante ann\u00e9es de croissance \u00e9conomique quasi ininterrompue, aliment\u00e9e par la mise en place du r\u00e9seau ferroviaire et l\u2019industrialisation du pays. La guerre mondiale mit brutalement fin \u00e0 cette \u00e8re de prosp\u00e9rit\u00e9. Avec le renoncement \u00e0 l\u2019\u00e9talon-or qui fut d\u00e9cid\u00e9 pour \u00abfinancer\u00bb les p\u00e9nuries du temps de guerre et la forte extension de la masse mon\u00e9taire qui s\u2019ensuivit, l\u2019indice des prix \u00e0 la consommation passa de 100 en 1914 \u00e0 229 en 1918. Inversement, les salaires fondirent de quelque 25 \u00e0 30% en valeur r\u00e9elle. Ajoutons \u00e0 cela un r\u00e9gime d\u2019\u00e9conomie de guerre administr\u00e9 plut\u00f4t mal que bien et accompagn\u00e9 d\u2019un rationnement des denr\u00e9es alimentaires de base. L\u2019insatisfaction de la population connut son paroxysme en 1918 avec la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale.Devant ces troubles, la Banque nationale suisse (BNS) d\u00e9cida enfin de combattre la vague inflationniste, de baisser radicalement le niveau des prix et de revenir \u00e0 l\u2019\u00e9talon-or. Sur quoi le taux d\u2019inflation annuel retomba de quelque +25% en 1918 au niveau (presque impossible \u00e0 se repr\u00e9senter aujourd\u2019hui) de \u201320% en 1922. Par voie de cons\u00e9quence, l\u2019\u00e9conomie s\u2019affaissa et le taux de ch\u00f4mage progressa jusqu\u2019\u00e0 atteindre 3,4% en 1922.Vinrent ensuite des ann\u00e9es de relative prosp\u00e9rit\u00e9, avant que la Suisse ne soit touch\u00e9e en 1931 par la deuxi\u00e8me grande crise du si\u00e8cle, la Grande D\u00e9pression, qui \u00e9leva son taux de ch\u00f4mage annuel moyen \u00e0 4,5% en 1936. Si ce chiffre diminua rapidement par la suite, c\u2019est gr\u00e2ce principalement \u00e0 la BNS, qui d\u00e9valua le franc, et au programme d\u2019\u00e9quipement militaire rendu possible gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019emprunt de d\u00e9fense nationale de 1936.Dans les ann\u00e9es qui suivirent la Premi\u00e8re Guerre mondiale, l\u2019\u00e9conomie connut une mutation sectorielle. Le tissage \u00e0 domicile, qui rev\u00eatait encore une importance consid\u00e9rable vers la fin du XIXe si\u00e8cle, disparut compl\u00e8tement. L\u2019emploi se d\u00e9pla\u00e7ait constamment de l\u2019industrie textile vers celle des machines. Alors qu\u2019en 1910, plus de 56% de la totalit\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre du secteur industriel et artisanal \u00e9tait occup\u00e9e dans le textile, cette proportion avait chut\u00e9 \u00e0 30% en 1950. Inversement, la proportion des employ\u00e9s de l\u2019industrie des machines et des m\u00e9taux progressa pour s\u2019\u00e9tablir \u00e0 40% en 1950. Le secteur bancaire s\u2019\u00e9toffa consid\u00e9rablement lui aussi, l\u2019emploi progressant de 125% entre 1910 et 1930.&#13;<\/p>\n<h2>Les ann\u00e9es de \u00abboom\u00bb 1946\u20131973<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nApr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, la Suisse connut plusieurs ann\u00e9es d\u2019une croissance \u00e9largie et soutenue qui \u00e9limina quasi totalement le ch\u00f4mage. Une p\u00e9nurie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de main-d\u2019\u0153uvre se fit sentir, laquelle ne pu \u00eatre surmont\u00e9e qu\u2019en recrutant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Entre les deux guerres, la proportion d\u2019\u00e9trangers avait fortement diminu\u00e9, passant de 15,4% en 1914 \u00e0 5,2% en 1941; elle se remit \u00e0 cro\u00eetre \u00e0 partir de la fin de la guerre pour atteindre 17,2% en 1970. Relevons tout de m\u00eame que ce dernier niveau ne d\u00e9passait que de peu celui qui avait \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 \u00e0 la veille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Avant 1914, il avait toutefois fallu pr\u00e8s de 65 ans (de 1850 \u00e0 1914) pour voir tripler la proportion d\u2019\u00e9trangers, soit de 4,6% \u00e0 15,4%. Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, le m\u00eame essor fut observ\u00e9 sur une vingtaine d\u2019ann\u00e9es \u00e0 peine, ce qui permet de comprendre la peur naissante d\u2019un surpeuplement \u00e9tranger.La population active s\u2019est rapidement accrue durant les ann\u00e9es de \u00abboom\u00bb (voir <i>graphique 2<\/i>). Alors que le nombre de personnes occup\u00e9es n\u2019avait augment\u00e9 que de 0,4% par an dans l\u2019entre-deux guerres, sa progression annuelle quadrupla de 1946 \u00e0 1973, pour atteindre 1,7%.&#13;<\/p>\n<h2>Les ann\u00e9es de restructuration 1974\u20132010<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa p\u00e9riode post\u00e9rieure au \u00abboom\u00bb se caract\u00e9rise par de nouvelles baisses de l\u2019emploi et compte cinq phases d\u2019aggravation sensible du ch\u00f4mage. La premi\u00e8re fut provoqu\u00e9e par le choc p\u00e9trolier de 1973\/1974. La deuxi\u00e8me suivit le second choc p\u00e9trolier de 1982. La troisi\u00e8me fut dans une certaine mesure auto-induite par la politique de restriction de la masse mon\u00e9taire pratiqu\u00e9e par la Banque nationale au d\u00e9but des ann\u00e9es nonante. Les deux derni\u00e8res r\u00e9gressions de l\u2019emploi sont li\u00e9es aux turbulences des march\u00e9s financiers: l\u2019\u00e9clatement de la bulle Internet au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 et la crise bancaire qui a d\u00e9but\u00e9 en 2007.&#13;<\/p>\n<h2>Une solidarit\u00e9 croissante sur le march\u00e9 suisse du travail<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPendant les ann\u00e9es de crise, singuli\u00e8rement, le ch\u00f4mage a progress\u00e9 en raison inverse du recul de l\u2019emploi. Entre 1973 et 1978, par exemple, ce dernier avait diminu\u00e9 de 8%, ce qui correspond \u00e0 la plus forte baisse qu\u2019un pays de l\u2019OCDE ait connue suite au premier choc p\u00e9trolier. Dans le m\u00eame temps, n\u00e9anmoins, le taux de ch\u00f4mage en Suisse n\u2019avait m\u00eame pas franchi la barre du 1%. Entre 1991 et 1997, en revanche, alors que l\u2019emploi avait recul\u00e9 de 3% \u00abseulement\u00bb, le taux de ch\u00f4mage s\u2019\u00e9tait \u00e9lev\u00e9 \u00e0 4,7%, soit un niveau sup\u00e9rieur \u00e0 celui atteint pendant la Grande D\u00e9pression.Comment cela s\u2019explique-t-il? Principalement par le fait que le march\u00e9 suisse du travail est devenu nettement plus solidaire depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es septante. Au milieu de cette d\u00e9cennie-l\u00e0, l\u2019assurance-ch\u00f4mage (AC) n\u2019\u00e9tait pas encore obligatoire en Suisse et seul un cinqui\u00e8me des actifs b\u00e9n\u00e9ficiait de ses prestations. De plus, une grande partie des travailleurs \u00e9trangers n\u2019\u00e9taient pas s\u00e9dentaires; ils n\u2019avaient donc pas de permis de s\u00e9jour prolong\u00e9. Les ch\u00f4meurs qui ne cotisaient pas \u00e0 l\u2019AC comme les \u00e9trangers renvoy\u00e9s dans leur pays ne s\u2019inscrivaient \u00e0 aucun office du travail et demeuraient ainsi hors statistique. Officiellement, ils \u00e9taient sortis du march\u00e9 du travail.Depuis lors, la part des \u00e9trangers s\u00e9dentaires a augment\u00e9 et le nombre de personnes sans emploi pouvant pr\u00e9tendre \u00e0 des indemnit\u00e9s journali\u00e8res a progress\u00e9, de sorte que toute baisse de l\u2019emploi p\u00e8se aujourd\u2019hui bien davantage qu\u2019autrefois dans les chiffres du ch\u00f4mage. Statistiquement, l\u2019ampleur du sous-emploi est devenu plus visible depuis le milieu des ann\u00e9es septante.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9l\u00e9vation du ch\u00f4mage incompressible<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nContrairement aux \u00e9poques pr\u00e9c\u00e9dentes, le ch\u00f4mage incompressible tend \u00e0 augmenter depuis 1973. Autrement dit, \u00e0 la fin de chaque p\u00e9riode de reprise conjoncturelle, le ch\u00f4mage se stabilise \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur \u00e0 celui qu\u2019il avait juste avant la derni\u00e8re chute de l\u2019emploi, comme l\u2019indique la progression des valeurs planchers.Une des raisons de cette tendance \u00e0 l\u2019augmentation du ch\u00f4mage r\u00e9siduel est l\u2019extension continue des prestations de l\u2019assurance-ch\u00f4mage. Il ressort du <i>graphique 3<\/i> que la dur\u00e9e maximale de versement des indemnit\u00e9s journali\u00e8res a \u00e9t\u00e9 allong\u00e9e a chaque nouvelle hausse du ch\u00f4mage. Cette am\u00e9lioration de la couverture de la population est certes louable dans son principe. Elle maintient plus longtemps le pouvoir d\u2019achat des sans-travail, ce qui renforce la conjoncture au profit de tous.Elle pose toutefois un probl\u00e8me lorsque \u2013 comme on l\u2019observe en Suisse \u2013 l\u2019extension de la dur\u00e9e d\u2019indemnisation est maintenue alors que la d\u00e9gradation conjoncturelle qui l\u2019a justifi\u00e9e a disparu. Des enqu\u00eates empiriques montrent qu\u2019un prolongement de cette dur\u00e9e augmente en moyenne de quelque 20% la dur\u00e9e de la recherche d\u2019emploi \u2013 ind\u00e9pendamment de l\u2019\u00e9tat de la conjoncture&#13;<br \/>\nVoir Sheldon (1997).. En Suisse, cela signifie donc que l\u2019augmentation de 50 \u00e0 104 semaines de la dur\u00e9e d\u2019indemnisation observ\u00e9e entre 1984 et 1997 s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019un allongement de quasi 11 semaines de la dur\u00e9e de recherche d\u2019emploi moyenne. Cela r\u00e9sulte du fait que les personnes sans travail qui se trouvent au d\u00e9but d\u2019une p\u00e9riode de ch\u00f4mage cherchent g\u00e9n\u00e9ralement avec moins d\u2019empressement un nouveau travail quand elles savent qu\u2019elles peuvent compter au besoin sur une plus longue p\u00e9riode d\u2019indemnisation. Ce fut d\u2019ailleurs ce qui motiva la r\u00e9duction \u00e0 80 semaines de la dur\u00e9e r\u00e9glementaire d\u2019indemnisation en juillet 2003.&#13;<\/p>\n<h2>Transformation de la demande de personnel<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne autre singularit\u00e9 du dernier cycle du march\u00e9 du travail tient au fait que l\u2019emploi a progress\u00e9 \u00e0 un rythme sup\u00e9rieur \u00e0 1,3% par ann\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire presque autant que pendant les ann\u00e9es de \u00abboom\u00bb 1946\u201373, quand bien m\u00eame le socle du ch\u00f4mage n\u2019a cess\u00e9 d\u2019augmenter. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une inad\u00e9quation croissante entre les qualifications demand\u00e9es et celles offertes par les demandeurs d\u2019emplois. Trois tendances longues marquant actuellement les march\u00e9s du travail des \u00c9tats industrialis\u00e9s modernes expliquent cela:\u2013 l\u2019internationalisation croissante de la division du travail, qui d\u00e9place \u00e0 l\u2019\u00e9tranger de plus en plus de t\u00e2ches simples et r\u00e9p\u00e9titives pour laisser sur place une proportion grandissante d\u2019emplois plus exigeants, requ\u00e9rant davantage de qualifications;\u2013 le fort coefficient de formation du progr\u00e8s technique, qui accro\u00eet la demande de personnes hautement qualifi\u00e9es au d\u00e9triment de la main-d\u2019\u0153uvre peu ou pas qualifi\u00e9e;\u2013 enfin la tertiarisation du monde du travail, autrement dit le transfert constant de l\u2019emploi des activit\u00e9s artisanales et industrielles vers les services, qui demandent de plus en plus de travailleurs qualifi\u00e9s.Les cons\u00e9quences de ces changements apparaissent tr\u00e8s clairement lorsqu\u2019on examine les qualifications moyennes des travailleurs recrut\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (voir <i>graphique 4<\/i>). Alors que pendant des d\u00e9cennies, plus de 50% des travailleurs immigrants \u00e9taient des employ\u00e9s \u00e0 plein temps ayant peu ou pas de formation professionnelle et que moins de 20% d\u2019entre eux poss\u00e9daient un titre de haute \u00e9cole, ce rapport s\u2019est diam\u00e9tralement invers\u00e9 vers la moiti\u00e9 des ann\u00e9es nonante. On observe en effet depuis lors que 50% d\u2019entre eux poss\u00e8dent un titre de haute \u00e9cole et que 20% seulement ne sont pas qualifi\u00e9s. Parmi les nouveaux actifs \u00e9trangers arrivant aujourd\u2019hui en Suisse, la proportion d\u2019universitaires est deux fois plus \u00e9lev\u00e9e que celle des universitaires dans la population suisse. Pour l\u2019heure, on ne constate pas de p\u00e9nurie d\u2019apprentis dipl\u00f4m\u00e9s, ce qui indique aussi que leur taux de ch\u00f4mage augmente par rapport aux universitaires (voir <i>graphique 5<\/i>).&#13;<\/p>\n<h2>Un ch\u00f4mage en hausse chez les actifs peu qualifi\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe recul de la demande en main-d\u2019\u0153uvre peu qualifi\u00e9e a des cons\u00e9quences pour les travailleurs d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents en Suisse. En principe, il est dans l\u2019ordre des choses qu\u2019une baisse de la demande de personnes non qualifi\u00e9es fasse diminuer leurs salaires par rapport \u00e0 d\u2019autres cat\u00e9gories de travailleurs ou qu\u2019elle augmente leur taux de ch\u00f4mage. On observe la premi\u00e8re situation surtout dans les pays anglo-saxons et l\u2019autre plut\u00f4t en Europe continentale (Suisse incluse). Depuis 1991, le taux de ch\u00f4mage des travailleurs peu qualifi\u00e9s compar\u00e9 \u00e0 celui des travailleurs tr\u00e8s qualifi\u00e9s est pass\u00e9 de moins du double \u00e0 plus du triple, alors que le rapport entre leurs salaires n\u2019a pas boug\u00e9.Cons\u00e9quence d\u2019une longue politique de recrutement de main-d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re faiblement qualifi\u00e9e, la majorit\u00e9 de la population \u00e9trang\u00e8re vivant aujourd\u2019hui en Suisse n\u2019a que peu de qualifications, ce qui explique qu\u2019elle soit particuli\u00e8rement touch\u00e9e par le recul de la demande de personnel peu qualifi\u00e9 (voir <i>graphique 6<\/i>). On constate \u00e9galement que la proportion d\u2019\u00e9trangers dans l\u2019effectif total des ch\u00f4meurs progresse nettement davantage que leur quote-part dans la population active. Cela signifie que les \u00e9trangers sont de plus en plus surrepr\u00e9sent\u00e9s (du double actuellement) dans la population de ch\u00f4meurs recens\u00e9e en Suisse. La cause n\u2019en est toutefois pas la libre circulation des personnes, comme beaucoup le supposent, mais une politique du recrutement inad\u00e9quate, telle que la Suisse l\u2019a autrefois pratiqu\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>Perspectives<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse devrait \u00e0 l\u2019avenir tirer grand profit du haut niveau de formation de la population r\u00e9sidente \u00e9trang\u00e8re. D\u2019apr\u00e8s les r\u00e9sultats d\u2019enqu\u00eates effectu\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, on peut notamment s\u2019attendre \u00e0 ce que l\u2019am\u00e9lioration du niveau de qualification se traduise par une baisse du ch\u00f4mage, une plus forte croissance \u00e9conomique et des migrations plus avantageuses pour les finances de l\u2019\u00c9tat. Une nouvelle \u00e8re de prosp\u00e9rit\u00e9 s\u2019ouvre donc \u00e0 la Suisse.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abLe taux de ch\u00f4mage en Suisse, 1914\u20132009\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abPersonnes actives et ch\u00f4meurs en Suisse, 1915\u20132009\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abDur\u00e9e (nombre) d\u2019indemnit\u00e9s journali\u00e8res et ch\u00f4meurs en Suisse, 1970\u20132010\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4 \u00abNiveau de formation des immigr\u00e9s de plus de 29 ans travaillant \u00e0 temps plein et arriv\u00e9s en Suisse cinq ans auparavant, 1970\u20132000\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 5 \u00abRapport entre salaires et taux de ch\u00f4mage (TCh) selon le niveau de formation, 1991\u20132007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 6 \u00abProportion d\u2019\u00e9trangers dans la population active et l\u2019effectif des ch\u00f4meurs, 1975\u20132008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: R\u00e9f\u00e9rences\u2013 Degen B., \u00abCh\u00f4mage\u00bb, <i>Dictionnaire historique de la Suisse,<\/i> 28 novembre 2009 <i>(www.hls-dhs-dss.ch\/textes\/f\/F13924.php)<\/i>.\u2013 ESO, Economic and Social History Online, \u00abEntwicklung der Schweiz 1850\u20132000\u00bb, <i>Economic and Social History Online<\/i>, 2009 <i>(<a href=\"http:\/\/www.eso.uzh.ch\">http:\/\/www.eso.uzh.ch<\/a>)<\/i>.\u2013 Sheldon G., \u00abUnemployment and Unemployment Insurance in Switzerland\u00bb, dans P. Bacchetta et W. Wasserfallen (\u00e9d.), <i>Economic Policy in Switzerland,<\/i> Londres, 1997, Macmillan, p. 62-92.\u2013 Wyss S., \u00abIst die relative Schlechterstellung niedrig qualifizierter Arbeitskr\u00e4fte Mythos oder Realit\u00e4t? Eine Analyse der Schweizer Disparit\u00e4t von Lohn und Arbeitslosenquote nach Qualifikation\u00bb, <i>WWZ-Studie,<\/i> universit\u00e9 de B\u00e2le, ao\u00fbt 2008.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de ch\u00f4mage, trois \u00e9poques auront marqu\u00e9 le march\u00e9 suisse du travail depuis un peu moins d\u2019un si\u00e8cle. Les ann\u00e9es 1920\u20131945 ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es par deux grandes crises \u00e9conomiques, qui tir\u00e8rent rapidement le ch\u00f4mage vers le haut. Les ann\u00e9es de \u00abboom\u00bb 1946\u20131973 l\u2019ont fait rapidement fondre jusqu\u2019\u00e0 atteindre pratiquement le plein-emploi, les besoins suppl\u00e9mentaires [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2700,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2700,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Prof. em. der Volkswirtschaftslehre und Leiter der Forschungsstelle f\u00fcr Arbeitsmarkt- und Indust-rie\u00f6konomik (FAI), Wirtschaftswissenschaftliche Fakult\u00e4t (WWZ), Universit\u00e4t Basel","seco_author_post_occupation_fr":"Professeur d\u2019\u00e9conomie, directeur du bureau de recherches en \u00e9conomie du march\u00e9 du travail et de l\u2019industrie (FAI) \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences \u00e9conomiques (WWZ) de l\u2019universit\u00e9 de B\u00e2le","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":152174,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"8238","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55a4ae62f2926"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152171"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2700"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=152171"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152171\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189582,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152171\/revisions\/189582"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2700"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152171"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=152171"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=152171"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=152171"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=152171"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=152171"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}