{"id":152223,"date":"2009-12-01T12:00:00","date_gmt":"2009-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/12\/michaelowa-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:00:52","modified_gmt":"2023-08-23T23:00:52","slug":"michaelowa-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/12\/michaelowa-2\/","title":{"rendered":"Le financement des mesures d&#8217;adaptation et d&#8217;att\u00e9nuation dans les pays en d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"<p>Les pays en d\u00e9veloppement s&#8217;attendent \u00e0 recevoir des pays industrialis\u00e9s des montants chiffr\u00e9s en milliards d\u00e9cid\u00e9s au titre de la politique climatique internationale et destin\u00e9s au financement des mesures d&#8217;adaptation et d&#8217;att\u00e9nuation. La mise \u00e0 disposition de ces capitaux et leur affectation n\u00e9cessitent un contr\u00f4le institutionnel, lequel est potentiellement conflictuel mais indispensable pour garantir une utilisation efficiente des moyens. Le Fonds pour l&#8217;environnement mondial octroie des aides financi\u00e8res en se basant sur une proc\u00e9dure de requ\u00eate \u00e0 deux niveaux. Ce syst\u00e8me centralis\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9 par les donateurs s&#8217;est, toutefois, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 inefficace. Le pr\u00e9sent article cherche \u00e0 savoir ce \u00e0 quoi devrait ressembler une solution \u00e9quitable, efficace et efficiente en mati\u00e8re d&#8217;allocation de ressources.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200912_06_Michaelowa_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>D&#8217;\u00e9normes transferts financiers vers les pays en d\u00e9veloppement apr\u00e8s 2012<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution du climat mondial entra\u00eenera un accroissement des flux financiers destin\u00e9s aux pays en d\u00e9veloppement, apr\u00e8s 2012, afin que ceux-ci puissent prendre les mesures d&#8217;adaptation et d&#8217;att\u00e9nuation n\u00e9cessaires. Il faut s&#8217;attendre \u00e0 ce que ces sommes correspondent approximativement au volume actuel de l&#8217;aide internationale au d\u00e9veloppement. Selon le secr\u00e9tariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC, 2008), leurs besoins de financement oscilleront entre 110 et 150 milliards de francs par an d&#8217;ici 2030. La Commission europ\u00e9enne (2009) estime que les pays industrialis\u00e9s devront s&#8217;engager \u00e0 verser des financements publics de l&#8217;ordre de 30 \u00e0 75 milliards de francs par an d&#8217;ici 2020. Pour l&#8217;instant, on n&#8217;a toujours pas la moindre id\u00e9e de la mani\u00e8re dont de telles sommes devront \u00eatre g\u00e9r\u00e9es. Si les fonds ne sont pas utilis\u00e9s \u00e0 bon escient ou s&#8217;ils s&#8217;\u00e9vaporent sans avoir eu l&#8217;effet escompt\u00e9, cela pourrait provoquer un revirement de l&#8217;opinion publique dans les pays industrialis\u00e9s, qui seraient alors tent\u00e9s d&#8217;abandonner les pays en d\u00e9veloppement \u00e0 leur sort. Pour maintenir \u00e0 long terme la stabilit\u00e9 du r\u00e9gime climatique, il importe de trouver une solution \u00e9quitable, efficace et efficiente. \u00c0 quoi pourrait-elle ressembler?&#13;<\/p>\n<h2>Des exp\u00e9riences avec le FEM&#8230;<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDepuis le d\u00e9but des ann\u00e9es nonante, le Fonds pour l&#8217;environnement mondial (FEM) g\u00e8re de l&#8217;argent destin\u00e9 \u00e0 promouvoir l&#8217;adaptation aux changements climatiques et le transfert de technologies vers les pays en d\u00e9veloppement. Il a d\u00e9j\u00e0 octroy\u00e9 plus de 2,5 milliards de francs \u00e0 des projets dans ces domaines. Les pays en d\u00e9veloppement critiquent vivement les structures d\u00e9cisionnelles du FEM et sa proc\u00e9dure d&#8217;allocation des ressources (voir M\u00fcller 2009a). Pourtant, le fonds a introduit, apr\u00e8s de laborieuses n\u00e9gociations, un m\u00e9canisme bas\u00e9 sur une double majorit\u00e9: pour qu&#8217;une d\u00e9cision soit prise, elle doit r\u00e9unir l&#8217;approbation de 60% des pays membres et de 60% des donateurs. Les demandes de financement ne peuvent pas \u00eatre soumises directement au FEM, mais doivent passer par un organisme d&#8217;ex\u00e9cution: par exemple la Banque mondiale ou le Programme des Nations Unies pour l&#8217;environnement. Une fois l&#8217;aval obtenu, le projet peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 au FEM. Le processus dure g\u00e9n\u00e9ralement plusieurs ann\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;une requ\u00eate soit accept\u00e9e. Avant 2005, il n&#8217;existait aucune cl\u00e9 de r\u00e9partition entre les pays b\u00e9n\u00e9ficiaires. Depuis, l&#8217;allocation des ressources se base sur un \u00abindice mondial d&#8217;utilit\u00e9\u00bb. Celui-ci prend en compte les \u00e9missions de CO2 en 2000 ainsi que l&#8217;\u00e9volution des quantit\u00e9s de carbone rejet\u00e9es par l&#8217;\u00e9conomie durant les ann\u00e9es nonante. Ce mode de calcul permet aux pays les plus pollueurs d&#8217;acc\u00e9der facilement aux ressources du FEM, tandis que les petits pays, dont les \u00e9missions sont faibles, repartent presque toujours les mains vides.&#13;<\/p>\n<h2>&#8230; et avec des fonds volontaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAu-del\u00e0 du FEM, les fonds destin\u00e9s \u00e0 la protection du climat sont tr\u00e8s en vogue depuis l&#8217;an 2000. Deux d&#8217;entre d&#8217;eux sont n\u00e9s \u00e0 Marrakech en 2001, lors de la Conf\u00e9rence des parties \u00e0 la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC): le Fonds pour les pays les moins avanc\u00e9s et le Fonds sp\u00e9cial pour les changements climatiques. En 2008, la Banque mondiale a mis sur pied le Fonds pour les technologies propres et le Fonds strat\u00e9gique pour le climat. Tous ces m\u00e9canismes de financement n&#8217;ont re\u00e7u qu&#8217;une petite partie des ressources initialement promises. Il semble qu&#8217;une nouvelle mode soit apparue dans les pays industrialis\u00e9s: on cr\u00e9e des \u00abfonds \u00e0 sens unique\u00bb pour donner \u00e0 court terme l&#8217;impression d&#8217;accorder g\u00e9n\u00e9reusement des aides financi\u00e8res, mais sans jamais verser en r\u00e9alit\u00e9 les sommes annonc\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h2>Le Fonds du protocole de Kyoto pour l&#8217;adaptation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe Fonds pour l&#8217;adaptation aux changements climatiques se distingue de tous les autres par son mode de financement dit \u00abnaturel\u00bb. Il est en effet aliment\u00e9 par un pr\u00e9l\u00e8vement de 2% sur tous les cr\u00e9dits d&#8217;\u00e9missions du m\u00e9canisme de d\u00e9veloppement propre (MDP) vendus sur le march\u00e9. Les 6 millions de cr\u00e9dits commercialis\u00e9s \u00e0 ce jour lui ont ainsi d\u00e9j\u00e0 rapport\u00e9 un montant total d&#8217;environ 120 millions de francs. Le fonds est g\u00e9r\u00e9 par un conseil de seize membres, dans lequel les pays en d\u00e9veloppement sont majoritaires. Les demandes de financement peuvent \u00eatre adress\u00e9es directement \u00e0 cet organisme, qui les \u00e9value \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un catalogue de crit\u00e8res \u00e9tabli par la Conf\u00e9rence des \u00c9tats parties (voir encadr\u00e9 1 Crit\u00e8res fondamentaux:- vuln\u00e9rabilit\u00e9;- \u00e9tendue des dommages;- degr\u00e9 d&#8217;urgence et risques en cas d&#8217;intervention tardive;- acc\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9 et \u00e9quitable au fonds;- n\u00e9cessit\u00e9 de tirer des enseignements de la conception et de la mise en oeuvre de projets et de programmes;- maximisation des b\u00e9n\u00e9fices, y compris au-del\u00e0 des fronti\u00e8res sectorielles;- capacit\u00e9 d&#8217;adaptation. Crit\u00e8res op\u00e9rationnels:- utilit\u00e9 \u00e9conomique, sociale et \u00e9cologique du projet, en particulier pour les groupes de population les plus vuln\u00e9rables vivant dans la r\u00e9gion o\u00f9 il se r\u00e9alise; &#8211; bon rapport co\u00fbt\/efficacit\u00e9 du projet, en comparaison avec d&#8217;autres options; &#8211; coh\u00e9rence avec les strat\u00e9gies nationales de durabilit\u00e9 et de d\u00e9veloppement;- conformit\u00e9 avec les normes techniques nationales;- n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;\u00e9viter les doubles emplois avec d&#8217;autres sources de financement;- gestion du savoir, afin de pouvoir diffuser les exp\u00e9riences du projet.).\u00a0Actuellement, des agences d&#8217;ex\u00e9cution se mettent en place au niveau national. Elles doivent prouver, d&#8217;une part, qu&#8217;elles conduisent des proc\u00e9dures transparentes d&#8217;adjudication, d&#8217;autre part qu&#8217;elles supervisent et \u00e9valuent la mise en oeuvre des projets. Ces \u00e9tablissements doivent s&#8217;accr\u00e9diter aupr\u00e8s du Fonds pour l&#8217;adaptation. Du fait que celui-ci n&#8217;est op\u00e9rationnel que depuis 2008 et que ses r\u00e8gles ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es en 2009 seulement, on ne dispose encore d&#8217;aucune exp\u00e9rience sur ce point.&#13;<\/p>\n<h2>Les t\u00e2ches principales et l&#8217;organisation d&#8217;un syst\u00e8me de financement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUn syst\u00e8me international de financement \u00e0 grande \u00e9chelle a principalement deux missions \u00e0 remplir: il doit d&#8217;abord mobiliser des moyens financiers, puis d\u00e9cider de leur affectation. Pour s&#8217;acquitter de ces t\u00e2ches avec efficacit\u00e9 et efficience, il a besoin d&#8217;un processus d\u00e9cisionnel bas\u00e9 sur un ensemble de r\u00e8gles claires. Les d\u00e9cisions sont soit de nature normative (c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;elles conduisent \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration de nouvelles directives), soit purement op\u00e9rationnelles (c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;elles sont en rapport avec l&#8217;acquisition et l&#8217;allocation des ressources). En un certain sens, cela correspond \u00e0 la r\u00e9partition des t\u00e2ches entre les pouvoirs l\u00e9gislatif et ex\u00e9cutif d&#8217;un syst\u00e8me politique. En mati\u00e8re climatique, la Conf\u00e9rence des \u00c9tats parties \u00e0 la CCNUCC se charge traditionnellement des t\u00e2ches l\u00e9gislatives, tandis que le Conseil ex\u00e9cutif exerce le pouvoir ex\u00e9cutif. La Conf\u00e9rence des \u00c9tats parties nomme les membres du Conseil ex\u00e9cutif et fixe les r\u00e8gles fondamentales (souvent sur proposition de ce dernier).\u00a0Il existe diff\u00e9rentes approches pour assurer la gestion et l&#8217;allocation de ces aides financi\u00e8res qui se chiffrent en milliards (voir graphique 1):\u00a01. Les pays donateurs alimentent un fonds central. L&#8217;allocation des ressources est confi\u00e9e \u00e0 des agences sp\u00e9cialis\u00e9es. La cr\u00e9ation d&#8217;une telle agence de transfert, agissant au niveau mondial, constituerait quasiment un prolongement du FEM.\u00a02. Les pays donateurs alimentent un fonds central qui d\u00e9cide lui-m\u00eame de l&#8217;affectation des ressources. Les pays lui adressent directement leurs demandes de financement. C&#8217;est l&#8217;approche retenue par le Fonds de Montr\u00e9al sur la r\u00e9duction des substances qui appauvrissent la couche d&#8217;ozone.\u00a03. Les pays donateurs alimentent un fonds central, auquel les pays b\u00e9n\u00e9ficiaires peuvent recourir selon une cl\u00e9 de r\u00e9partition pr\u00e9d\u00e9finie. L&#8217;affectation de l&#8217;argent doit r\u00e9pondre \u00e0 des crit\u00e8res pr\u00e9cis. Chaque pays b\u00e9n\u00e9ficiaire cr\u00e9e une institution nationale qui s\u00e9lectionne les projets. Dans une perspective historique, ce mod\u00e8le pr\u00e9sente des analogies avec le plan Marshall.\u00a04. Les pays donateurs n\u00e9gocient bilat\u00e9ralement avec les pays b\u00e9n\u00e9ficiaires et informent le secr\u00e9tariat de la CCNUCC des transferts r\u00e9alis\u00e9s. Il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;une sorte de Bourse des moyens financiers.\u00a0\u00a0Une s\u00e9rie de propositions concr\u00e8tes ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es dans le cadre des n\u00e9gociations internationales. On en trouve une description dans Persson et al. (2009).\u00a0Un syst\u00e8me centralis\u00e9 peut engendrer des inefficiences bureaucratiques, tandis qu&#8217;une solution d\u00e9centralis\u00e9e se pr\u00eate \u00e0 l&#8217;\u00e9tablissement de relations privil\u00e9gi\u00e9es entre certains \u00c9tats. Les pays donateurs sont favorables \u00e0 un syst\u00e8me centralis\u00e9 et plac\u00e9 sous l&#8217;autorit\u00e9 d&#8217;une institution existante. Les pays b\u00e9n\u00e9ficiaires, eux, veulent une nouvelle solution centralis\u00e9e qui leur conf\u00e8re davantage de libert\u00e9. Un syst\u00e8me mixte pourrait constituer un bon compromis (voir M\u00fcller, Gomez-Echeverri, 2009): un Conseil ex\u00e9cutif, compos\u00e9 en majorit\u00e9 de pays b\u00e9n\u00e9ficiaires et de repr\u00e9sentants d&#8217;organisations non gouvernementales sans droit de vote, adopte par consensus les r\u00e8gles de base relatives \u00e0 l&#8217;appr\u00e9ciation du besoin de financement. Son secr\u00e9tariat propose des r\u00e8gles th\u00e9matiques sp\u00e9cifiques.&#13;<\/p>\n<h2>Efficience ou justice distributive dans l&#8217;utilisation des moyens financiers?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nD\u00e8s le moment o\u00f9 le volume des transferts \u00e9volue au-dessus de 100 milliards de francs par an, l&#8217;affectation de ces ressources rev\u00eat une importance primordiale. Il existe dans ce domaine deux principes diam\u00e9tralement oppos\u00e9s: celui de l&#8217;utilisation efficiente des moyens financiers et celui de la justice distributive.\u00a0Le principe de l&#8217;utilisation efficiente des moyens financiers commande que les ressources disponibles ne soient pas distribu\u00e9es selon le syst\u00e8me de l&#8217;arrosoir. Pour les mesures d&#8217;att\u00e9nuation des \u00e9missions, on pourrait par exemple imaginer une proc\u00e9dure d&#8217;ench\u00e8res \u00e0 l&#8217;envers: les pays proposent un volume de subventions par tonne d&#8217;\u00e9quivalent CO2 \u00e9vit\u00e9e et le budget est r\u00e9parti entre les projets les plus avantageux. Pour l&#8217;adaptation, on ne dispose d&#8217;aucun indicateur de r\u00e9sultats comparable. \u00c9tant donn\u00e9 que les mesures d&#8217;adaptation ont pour but de prot\u00e9ger la vie, la sant\u00e9 et les biens de la population, les param\u00e8tres \u00abann\u00e9es de vie corrig\u00e9es de l&#8217;incapacit\u00e9\u00bb et \u00abfortune pr\u00e9serv\u00e9e de la destruction\u00bb pourraient servir d&#8217;indicateurs de r\u00e9sultat. Cela pose naturellement des d\u00e9fis consid\u00e9rables, comme la d\u00e9finition de la variabilit\u00e9 climatique dans le sc\u00e9nario de r\u00e9f\u00e9rence. Malheureusement, cette th\u00e9matique n&#8217;a pratiquement pas \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e jusqu&#8217;ici sur la sc\u00e8ne internationale. Si l&#8217;on se r\u00e9f\u00e8re aux exp\u00e9riences faites dans l&#8217;\u00e9valuation des programmes de d\u00e9veloppement, il est \u00e0 craindre que les projets d&#8217;adaptation pr\u00e9sentent un faible taux de r\u00e9ussite. On devrait \u00e9viter d&#8217;injecter des milliards dans de telles activit\u00e9s sans que de solides incitations garantissent le succ\u00e8s de leur mise en oeuvre.\u00a0Le principe de la justice distributive se base sur un axiome normatif fondamentalement diff\u00e9rent. Les montants qui financent l&#8217;adaptation aux d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les changements climatiques peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des d\u00e9dommagements. Or, dans les actions en dommages-int\u00e9r\u00eats, la partie l\u00e9s\u00e9e est libre d&#8217;utiliser comme bon lui semble le capital qui lui est accord\u00e9 (voir M\u00fcller, 2009b). Le pays receveur peut \u00e9tablir une cl\u00e9 de r\u00e9partition nationale, bas\u00e9e sur des crit\u00e8res internationalement reconnus. Il ne faudrait, toutefois, pas continuer de financer un pays qui souffre des d\u00e9r\u00e8glements du climat et qui n&#8217;affecte pas l&#8217;argent vers\u00e9 \u00e0 des mesures d&#8217;adaptation. Cela peut sembler dur, mais il s&#8217;agit en fait de ne pas r\u00e9compenser des comportements r\u00e9pr\u00e9hensibles. En ce qui concerne l&#8217;att\u00e9nuation des \u00e9missions, la base normative est plus faible; les seuls \u00c9tats qui pourraient faire valoir des pr\u00e9tentions en dommages-int\u00e9r\u00eats sont ceux dont les exportations sont p\u00e9nalis\u00e9es par le recul de la demande de combustibles fossiles et de biens gourmands en \u00e9nergie. L&#8217;Organisation des pays exportateurs de p\u00e9trole (Opep) plaide depuis toujours en faveur d&#8217;une telle compensation financi\u00e8re.&#13;<\/p>\n<h2>Financement du climat: le casse-t\u00eate du XXIe si\u00e8cle<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 les sommes gigantesques dont auront besoin les pays en d\u00e9veloppement pour r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre et pour s&#8217;adapter aux changements climatiques, le d\u00e9fi consiste \u00e0 concevoir un syst\u00e8me international de financement qui soit efficace, cr\u00e9dible et efficient. Les moyens financiers peuvent \u00eatre g\u00e9r\u00e9s au niveau international de mani\u00e8re centralis\u00e9e ou d\u00e9centralis\u00e9e. Ils sont allou\u00e9s aux diff\u00e9rents pays, soit selon une cl\u00e9 de r\u00e9partition convenue, soit sur la base d&#8217;une demande directe de financement. Dans le premier cas, une institution nationale doit se charger de la r\u00e9partition. Un syst\u00e8me d&#8217;allocation qui fait jouer la concurrence et pr\u00e9voit une \u00e9valuation ex-post peut consid\u00e9rablement am\u00e9liorer le taux de r\u00e9ussite des projets. Cependant, une telle approche est difficile \u00e0 mettre en oeuvre dans le domaine de l&#8217;adaptation. Si l&#8217;on admet le principe du d\u00e9dommagement pour les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les changements climatiques, le pays b\u00e9n\u00e9ficiaire devrait pouvoir d\u00e9cider librement de l&#8217;usage des fonds. \u00a0Il faut esp\u00e9rer que l&#8217;on r\u00e9ussira \u00e0 \u00e9viter les erreurs commises dans le financement du d\u00e9veloppement. Cependant, le conflit entre l&#8217;utilisation efficiente des moyens et la justice distributive existera toujours.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abDiff\u00e9rences entre l&#8217;allocation de ressources centralis\u00e9e et au niveau des pays\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Crit\u00e8res relatifs \u00e0 l&#8217;allocation des ressources du Fonds pour l&#8217;adaptation Crit\u00e8res fondamentaux:- vuln\u00e9rabilit\u00e9;- \u00e9tendue des dommages;- degr\u00e9 d&#8217;urgence et risques en cas d&#8217;intervention tardive;- acc\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9 et \u00e9quitable au fonds;- n\u00e9cessit\u00e9 de tirer des enseignements de la conception et de la mise en oeuvre de projets et de programmes;- maximisation des b\u00e9n\u00e9fices, y compris au-del\u00e0 des fronti\u00e8res sectorielles;- capacit\u00e9 d&#8217;adaptation. Crit\u00e8res op\u00e9rationnels:- utilit\u00e9 \u00e9conomique, sociale et \u00e9cologique du projet, en particulier pour les groupes de population les plus vuln\u00e9rables vivant dans la r\u00e9gion o\u00f9 il se r\u00e9alise; &#8211; bon rapport co\u00fbt\/efficacit\u00e9 du projet, en comparaison avec d&#8217;autres options; &#8211; coh\u00e9rence avec les strat\u00e9gies nationales de durabilit\u00e9 et de d\u00e9veloppement;- conformit\u00e9 avec les normes techniques nationales;- n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;\u00e9viter les doubles emplois avec d&#8217;autres sources de financement;- gestion du savoir, afin de pouvoir diffuser les exp\u00e9riences du projet.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Bibliographie &#8211; Commission europ\u00e9enne, Accro\u00eetre le financement international de la lutte contre le changement climatique: orientations europ\u00e9ennes en vue de l&#8217;accord de Copenhague, COM(2009) 475\/3, 2009, Bruxelles.- Fonds pour l&#8217;adaptation, Operational Policies and Guidelines for Parties to Access Resources from the Adaptation Fund, Annex III, Rapport de la septi\u00e8me r\u00e9union du Conseil du Fonds pour l&#8217;adaptation, AFB\/B.7\/13\/Rev.1, 2009, Bonn.- Gomez-Echeverri Luis et M\u00fcller Benito, Key Issues on Governance of Climate Change Finance, ECBI Policy Brief, 2009, Oxford.- M\u00fcller Benito, Is There Room for Compromise? The Debate on Institutional Arrangements for Climate Finance, Oxford Energy and Environment Comment, octobre 2009, 2009b.- M\u00fcller Benito, The Global Environment Facility (GEF) and the Reformed Financial Mechanism (RFM) of the UNFCCC, Oxford Climate Policy Publication, 2009a, Oxford.- M\u00fcller Benito et Gomez-Echeverri Luis, The Reformed Financial Mechanism of the UNFCCC. Part I: Architecture and Governance, Oxford Institute for Energy Studies EV 45, 2009, Oxford.- Persson \u00c5sa, Klein Richard, Kehler Siebert Clarisse, Atteridge Aaron, M\u00fcller Benito, Hoffmaister Juan, Lazarus Michael et Takama Takeshi, Adaptation Finance under a Copenhagen Agreed Outcome, Stockholm Environment Institute, 2009, Stockholm.- Reed David, Kutter Andrea, Ballesteros Athena, Fendley Edward, del Socorro Flores Liera Maria, Harnisch Jochen, Huq Saleemul, Ibrekk Hans Olav, The Institutional Architecture for Financing a Global Climate Deal: An Options Paper, 2009, Washington.- Secr\u00e9tariat de la CCNUCC, Investment and Financial Flows to Address Climate Change: An Update, 26 novembre 2008, FCCC\/TP\/2008\/7, Bonn.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les pays en d\u00e9veloppement s&#8217;attendent \u00e0 recevoir des pays industrialis\u00e9s des montants chiffr\u00e9s en milliards d\u00e9cid\u00e9s au titre de la politique climatique internationale et destin\u00e9s au financement des mesures d&#8217;adaptation et d&#8217;att\u00e9nuation. 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