{"id":152273,"date":"2009-12-01T12:00:00","date_gmt":"2009-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/12\/beuret-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:01:11","modified_gmt":"2023-08-23T23:01:11","slug":"beuret-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/12\/beuret-2\/","title":{"rendered":"Les sc\u00e9narios climatiques du Giec et de l&#8217;AIE"},"content":{"rendered":"<p>Pour le Groupe d&#8217;experts intergouvernemental sur l&#8217;\u00e9volution du climat (Giec), le r\u00e9chauffement est sans \u00e9quivoque, il r\u00e9sulte surtout des \u00e9missions anthropiques de gaz \u00e0 effet de serre (GES) et il requiert d&#8217;ici 2020-2030 des actions d\u00e9cisives pour les stabiliser puis les r\u00e9duire. Autrement, la capacit\u00e9 d&#8217;adaptation des syst\u00e8mes naturels, am\u00e9nag\u00e9s et humains risque d&#8217;\u00eatre d\u00e9pass\u00e9e. L&#8217;Agence internationale de l&#8217;\u00e9nergie (AIE) estime aussi que l&#8217;\u00e9volution actuelle n&#8217;est pas durable. Il est donc crucial que les n\u00e9gociations sur le climat d\u00e9bouchent sur une action urgente, vigoureuse et coordonn\u00e9e contre le r\u00e9chauffement, \u00e0 l&#8217;image des sc\u00e9narios de stabilisation des GES que propose l&#8217;AIE.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200912_10_Beuret_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Probl\u00e9matique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDu 7 au 18 d\u00e9cembre 2009, la 15e session de la Conf\u00e9rence des parties \u00e0 la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques r\u00e9unira \u00e0 Copenhague les repr\u00e9sentants des 192 \u00c9tats signataires du protocole de Kyoto. Celui-ci arrive \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance en 2012 et il s&#8217;agit de fixer de nouveaux objectifs de r\u00e9duction des GES \u00e0 l&#8217;horizon 2020 et 2050. La majorit\u00e9 des pays souhaitent contenir la hausse moyenne de la temp\u00e9rature \u00e0 la surface du globe \u00e0 2\u00b0 C par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9poque pr\u00e9industrielle. Or, seuls les sc\u00e9narios de stabilisation des concentrations de GES les plus ambitieux du Giec permettraient de ne pas d\u00e9passer ce seuil. Ceux-ci exigent des actions imm\u00e9diates. En effet, plus les mesures de r\u00e9duction des \u00e9missions de GES attendront, plus elles seront co\u00fbteuses et techniquement exigeantes. \u00c0 Copenhague, il s&#8217;agira de convaincre le plus grand nombre possible de pays d&#8217;agir, chacun selon ses possibilit\u00e9s et ind\u00e9pendamment de sa taille. C&#8217;est non seulement la pr\u00e9servation du climat qui est en jeu mais \u00e9galement l&#8217;\u00e9puisement des r\u00e9serves d&#8217;hydrocarbures et la s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;approvisionnement des pays consommateurs d&#8217;\u00e9nergie.&#13;<\/p>\n<h2>Objectifs du Giec<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCr\u00e9\u00e9 en 1988 sous l&#8217;\u00e9gide de l&#8217;ONU, le Giec est charg\u00e9 d&#8217;expertiser les informations scientifiques, techniques et socio-\u00e9conomiques qui concernent les changements climatiques d&#8217;origine anthropique, afin d&#8217;appr\u00e9hender les risques qui en d\u00e9coulent, leurs cons\u00e9quences et les possibilit\u00e9s de les att\u00e9nuer ou de s&#8217;y adapter. Au moment de sa publication, chaque rapport du Giec r\u00e9sume la connaissance des scientifiques du monde entier en mati\u00e8re de climat. Quatre rapports exhaustifs &#8211; le 3e publi\u00e9 (TRE) en 2001 et le 4e (RE4 Rapport de synth\u00e8se RE4 du Giec: <a href=\"http:\/\/www.ipcc.ch\/pdf\/assessment-report\/RE4\/syr\/RE4_syr_fr.pdf\">www.ipcc.ch\/pdf\/assessment-report\/RE4\/syr\/RE4_syr_fr.pdf<\/a>.) en 2007 &#8211; ont \u00e9t\u00e9 produits jusqu&#8217;ici. Chacun a servi de base \u00e0 l&#8217;avancement des n\u00e9gociations qui se d\u00e9roulent sous l&#8217;\u00e9gide de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Le prochain rapport (RE5) est annonc\u00e9 pour 2014.&#13;<\/p>\n<h2>Sc\u00e9narios de r\u00e9f\u00e9rence du Giec contre sc\u00e9narios d&#8217;att\u00e9nuation\/stabilisation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes futures \u00e9missions de GES d\u00e9pendent d&#8217;une foule de facteurs qui interagissent de fa\u00e7on extr\u00eamement complexe. C&#8217;est pourquoi les sp\u00e9cialistes \u00e9laborent des sc\u00e9narios pour d\u00e9crire et analyser diverses \u00abimages\u00bb possibles du futur, \u00e9valuer l&#8217;impact des diff\u00e9rents facteurs sur les \u00e9missions de GES et \u00e9tudier les possibilit\u00e9s d&#8217;att\u00e9nuation ou d&#8217;adaptation. C&#8217;est en 1992 que le Giec a propos\u00e9 les premiers sc\u00e9narios globaux, avec des perspectives d&#8217;\u00e9missions pour l&#8217;ensemble des GES (IS92). Une nouvelle palette a suivi en 1996 (RSSE Rapport sp\u00e9cial du Giec sur les sc\u00e9narios d&#8217;\u00e9missions: <a href=\"http:\/\/www.ipcc.ch\/pdf\/special-reports\/spm\/rsse-fr.pdf\">www.ipcc.ch\/pdf\/special-reports\/spm\/rsse-fr.pdf<\/a>.). Ces sc\u00e9narios ne fournissent ni pr\u00e9dictions, ni projections. Ils d\u00e9crivent de fa\u00e7on aussi plausible que possible comment le climat est susceptible d&#8217;\u00e9voluer au XXIe si\u00e8cle en fonctions d&#8217;hypoth\u00e8ses clairement d\u00e9finies (\u00e9volution d\u00e9mographique, d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social, progr\u00e8s technologique). Ils excluent toutes politiques nouvelles visant explicitement \u00e0 freiner la hausse des temp\u00e9ratures, d&#8217;o\u00f9 leur nom de sc\u00e9narios d&#8217;\u00e9missions ou de r\u00e9f\u00e9rence.\u00a0Si certaines cons\u00e9quences des changements climatiques apparaissent in\u00e9luctables, le Giec estime probable qu&#8217;\u00e0 long terme \u00abla capacit\u00e9 d&#8217;adaptation des syst\u00e8mes naturels, am\u00e9nag\u00e9s et humains sera d\u00e9pass\u00e9e\u00bb si rien n&#8217;est entrepris pour freiner le r\u00e9chauffement; la sensibilit\u00e9 du climat aux GES constitue un facteur d&#8217;aggravation suppl\u00e9mentaire du ph\u00e9nom\u00e8ne (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution du climat r\u00e9sulte des changements des diff\u00e9rents facteurs qui influencent la temp\u00e9rature moyenne \u00e0 la surface de la plan\u00e8te. Si la concentration atmosph\u00e9rique en CO2 double (puis se stabilise), la temp\u00e9rature moyenne \u00e0 la surface du globe va augmenter et s&#8217;\u00e9quilibrer quelques degr\u00e9s au-dessus du niveau pr\u00e9c\u00e9dent. Le Giec d\u00e9finit ce r\u00e9chauffement comme la sensibilit\u00e9 du climat \u00e0 l&#8217;\u00e9quilibre. Elle se situe entre 2\u00b0 C et 4,5\u00b0 C, compte tenu des m\u00e9canismes de r\u00e9troaction entre facteurs climatiques (voir partie droite du graphique 1). La valeur consid\u00e9r\u00e9e la plus probable avoisine 3\u00b0 C. Le Giec estime tr\u00e8s improbable une sensibilit\u00e9 du climat inf\u00e9rieure \u00e0 1,5\u00b0 C (toujours pour un doublement de la concentration en CO2).). Il faut relever que m\u00eame si l&#8217;on parvient \u00e0 r\u00e9duire les concentrations de GES, l&#8217;inertie des syst\u00e8mes climatiques et socio-\u00e9conomiques fait que le r\u00e9chauffement \u00e0 la surface du globe et l&#8217;\u00e9l\u00e9vation du niveau des mers par dilatation thermique se poursuivront pendant des d\u00e9cennies, voire m\u00eame des si\u00e8cles. \u00a0Pour lutter contre le r\u00e9chauffement, le Giec propose des sc\u00e9narios d&#8217;att\u00e9nuation des \u00e9missions de GES. On parle \u00e9galement de sc\u00e9narios de stabilisation dans la mesure o\u00f9 l&#8217;objectif \u00e0 atteindre est pr\u00e9d\u00e9fini: il s&#8217;agit autrement dit de parvenir \u00e0 l&#8217;\u00e9ch\u00e9ance (par exemple 2100) \u00e0 une concentration donn\u00e9e en CO2 ou en GES exprim\u00e9e en parties par million (ppm). \u00c0 l&#8217;aide de mod\u00e8les math\u00e9matiques, on calcule pour chaque ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dant l&#8217;\u00e9ch\u00e9ance le volume d&#8217;\u00e9missions de GES qui permet d&#8217;atteindre l&#8217;objectif. On obtient ainsi des courbes d&#8217;\u00e9missions.\u00a0Entre le TRE de 2001 et le RE4 de 2007, les techniques de mod\u00e9lisation des \u00e9missions de GES se sont nettement am\u00e9lior\u00e9es, ce qui a permis d&#8217;estimer plus pr\u00e9cis\u00e9ment le potentiel d&#8217;att\u00e9nuation non seulement des \u00e9missions de CO2 mais de tous les GES importants. Alors que dans le TRE, l&#8217;objectif le plus bas de concentration de CO2 dans l&#8217;atmosph\u00e8re \u00e0 atteindre vers la fin du XXIe si\u00e8cle \u00e9tait de 450 ppm, le rapport RE4 pr\u00e9sente deux nouvelles cat\u00e9gories de sc\u00e9narios (I et II) avec des objectifs de stabilisation de respectivement 380 et 420 ppm pour le CO2 et 450 et 500 ppm d&#8217;\u00e9quivalent CO2 pour l&#8217;ensemble des GES (voir graphique 1). La cat\u00e9gorie de sc\u00e9narios III correspond \u00e0 l&#8217;objectif le plus bas du TRE (stabilisation \u00e0 450 ppm de la concentration de CO2 et \u00e0 550 ppm d&#8217;\u00e9quivalent CO2 pour l&#8217;ensemble des GES). La partie droite du graphique 1 illustre pour les six cat\u00e9gories de sc\u00e9narios du RE4 les niveaux de concentration de GES et le r\u00e9chauffement attendu \u00e0 l&#8217;\u00e9quilibre par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9poque pr\u00e9industrielle. Il en ressort que seule la cat\u00e9gorie I des sc\u00e9narios de stabilisation permettrait de limiter \u00e0 2\u00b0 C la hausse moyenne de la temp\u00e9rature \u00e0 l&#8217;\u00e9quilibre \u00e0 la surface du globe. Avec les sc\u00e9narios III \u00e0 VI, le r\u00e9chauffement irait de 3 \u00e0 6\u00b0 C environ, selon la sensibilit\u00e9 du climat la plus probable (courbe bleu fonc\u00e9). Pour stabiliser la concentration en CO2 vers 2100 \u00e0 environ 380 ppm et celle des GES \u00e0 450 ppm (ce qui correspond aux valeurs actuelles), comme l&#8217;envisagent les sc\u00e9narios de la cat\u00e9gorie I, les \u00e9missions mondiales de CO2 devraient culminer au plus tard en 2015 et reculer de 50 \u00e0 80% d&#8217;ici 2050, par rapport \u00e0 2000.&#13;<\/p>\n<h2>Mise en question des th\u00e8ses du Giec<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nM\u00eame si la grande majorit\u00e9 des scientifiques se rangent au c\u00f4t\u00e9 du Giec, des voix discordantes s&#8217;\u00e9l\u00e8vent, notamment au sein du Nongovernmental International Panel on Climate Change et de l&#8217;Oregon Institute of Science and Medicine. Ces prises de positions entretiennent le doute parmi la population quant \u00e0 la validit\u00e9 des th\u00e8ses du Giec et \u00e0 l&#8217;urgence des mesures \u00e0 prendre. Si d&#8217;autres critiques ne contestent pas la th\u00e8se du r\u00e9chauffement climatique et son origine anthropique, en revanche ils d\u00e9noncent le rapport co\u00fbts\/b\u00e9n\u00e9fices des moyens de lutte propos\u00e9s par le groupe d&#8217;experts. Pour masquer les effets du r\u00e9chauffement, le Consensus de Copenhague sugg\u00e8re de recourir \u00e0 la g\u00e9o-ing\u00e9nierie (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 2<\/b>&#13;<br \/>\nLa plupart des techniques de g\u00e9o-ing\u00e9nierie en sont encore au stade embryonnaire. Si certaines apparaissent \u00e9conomiquement viables, toutes pr\u00e9sentent des incertitudes ou des dangers importants. On distingue deux techniques principales: le pr\u00e9l\u00e8vement du CO2 dans l&#8217;air ambiant (carbone dioxide removal, CDR) et la gestion du rayonnement solaire (solar radiation management, SRM). Le CDR pr\u00e9sente le moins de risques, mais le captage du CO2 fait appel \u00e0 des techniques encore hypoth\u00e9tiques et ch\u00e8res, et son stockage \u00e0 long terme reste controvers\u00e9. Une technique du SRM consiste \u00e0 \u00e9pandre d&#8217;\u00e9normes quantit\u00e9s de compos\u00e9s soufr\u00e9s dans la stratosph\u00e8re, \u00e0 l&#8217;image de ce qui se passe lors des grandes \u00e9ruptions volcaniques, comme celle du mont Pinatubo en 1991. Or, cette derni\u00e8re a non seulement provoqu\u00e9 un refroidissement g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;ordre de 0,6\u00b0C sur 2 \u00e0 3 ans, mais elle a aussi fortement d\u00e9truit la couche d&#8217;ozone et g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des pluies acides.), une option qui pourrait faire office d&#8217;alternative en cas d&#8217;\u00e9chec des pourparlers de Copenhague. Elle comporte toutefois \u00e9norm\u00e9ment d&#8217;incertitudes et de risques, comme l&#8217;a rappel\u00e9 la Royal Society dans une \u00e9tude publi\u00e9e d\u00e9but septembre \u00e0 Londres. Jusqu&#8217;ici, les accords internationaux sur le climat (\u00e0 Rio en 1992 et Kyoto en 1997) n&#8217;ont gu\u00e8re eu d&#8217;effet sur les \u00e9missions de GES, lesquelles ont fortement augment\u00e9 au cours des ann\u00e9es 2000. Aussi, certains experts estiment que des accords internationaux sur le financement de la recherche et du d\u00e9veloppement des \u00e9nergies non fossiles donneraient de meilleurs r\u00e9sultats.&#13;<\/p>\n<h2>Les sc\u00e9narios climatiques de l&#8217;AIE<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nTout comme le Giec, l&#8217;AIE estime que le r\u00e9chauffement climatique constitue un s\u00e9rieux danger pour l&#8217;humanit\u00e9. Pour l&#8217;agence, les tendances actuelles de l&#8217;offre et de la demande d&#8217;\u00e9nergie ne sont gu\u00e8re durables. Des mesures urgentes et coordonn\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle plan\u00e9taire s&#8217;imposent pour r\u00e9duire les \u00e9missions de GES, auxquelles le secteur \u00e9nerg\u00e9tique contribue \u00e0 raison de 64% (61% de CO2 et environ 3% de m\u00e9thane). Dans l&#8217;\u00e9dition 2008 de ses perspectives \u00e9nerg\u00e9tiques mondiales (World Energy Outlook, WEO World Energy Outlook 2008: <a href=\"http:\/\/www.worldenergyoutlook.org\/2008.asp\">www.worldenergyoutlook.org\/2008.asp<\/a> .), l&#8217;AIE propose des sc\u00e9narios climatiques pour l&#8217;apr\u00e8s-2012 visant \u00e0 stabiliser la concentration en GES \u00e0 respectivement 450 et 550 ppm d&#8217;\u00e9quivalents CO2. Ces sc\u00e9narios sont compatibles avec ceux des cat\u00e9gories I et III du RE4 du Giec (voir graphique 1).\u00a0Dans un sc\u00e9nario de r\u00e9f\u00e9rence, l&#8217;AIE constate tout d&#8217;abord qu&#8217;en l&#8217;absence de politique climatique additionnelle, les besoins \u00e9nerg\u00e9tiques mondiaux augmenteraient de 45% d&#8217;ici 2030, 81% de ce surcro\u00eet reposant sur les agents fossiles, une vision qualifi\u00e9e d&#8217;irr\u00e9aliste par certains critiques, \u00e9tant donn\u00e9 les r\u00e9serves limit\u00e9es en ce domaine. Globalement, les \u00e9missions \u00e9nerg\u00e9tiques de CO2 progresseraient \u00e9galement de 45%.\u00a0Le sc\u00e9nario\u00a0550 ppm r\u00e9duirait la hausse de la consommation globale d&#8217;\u00e9nergie d&#8217;ici 2030 \u00e0 32% (9% de moins qu&#8217;avec le sc\u00e9nario de r\u00e9f\u00e9rence). Avec\u00a0le sc\u00e9nario 450 ppm, elle serait ramen\u00e9e \u00e0 22% (16% de moins). Dans le premier cas, la consommation d&#8217;\u00e9nergies fossiles progresserait encore de 23% alors que dans le second, elle serait stabilis\u00e9e, ce qui, par ailleurs, signifie que m\u00eame avec le sc\u00e9nario 450 ppm, les agents fossiles couvriraient encore 67% des besoins \u00e9nerg\u00e9tiques mondiaux en 2030, contre 80% actuellement.&#13;<\/p>\n<h3>Conditions requises<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes deux sc\u00e9narios pr\u00e9supposent au cours des prochaines d\u00e9cennies une r\u00e9volution plan\u00e9taire touchant l&#8217;ensemble de la cha\u00eene \u00e9nerg\u00e9tique, de la production \u00e0 l&#8217;utilisation finale: d\u00e9veloppement \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale des \u00e9nergies renouvelables, expansion du nucl\u00e9aire, av\u00e8nement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 du captage et du stockage du CO2 et usage rationnel de l&#8217;\u00e9nergie. Ce dernier reste l&#8217;\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9, puisqu&#8217;il repr\u00e9sente environ 55% de la r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2, par rapport au sc\u00e9nario de r\u00e9f\u00e9rence. C&#8217;est bien plus que les quelque 23% attendus des nouvelles \u00e9nergies renouvelables et des biocarburants. Ces sc\u00e9narios requi\u00e8rent la participation des pays ext\u00e9rieurs \u00e0 l&#8217;OCDE. En effet, pour atteindre \u00e0 eux seuls les objectifs de stabilisation, les membres de cette organisation devraient r\u00e9duire leurs \u00e9missions de CO2 li\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9nergie de 27% en 2020 par rapport au sc\u00e9nario de r\u00e9f\u00e9rence. En 2030, avec le sc\u00e9nario 550 ppm, ce recul devrait atteindre 58%, alors qu&#8217;avec le sc\u00e9nario 450 ppm, l&#8217;objectif fix\u00e9 resterait hors d&#8217;atteinte m\u00eame si les \u00e9missions \u00e9taient ramen\u00e9es \u00e0 z\u00e9ro. Cela explique l&#8217;importance d&#8217;un transfert acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de technologie et d&#8217;une aide financi\u00e8re substantielle pour inciter les pays non membres de l&#8217;OCDE \u00e0 s&#8217;associer \u00e0 l&#8217;effort de r\u00e9duction des \u00e9missions de GES. Il s&#8217;agit du principal point d&#8217;achoppement des n\u00e9gociations sur le climat. Comment en effet r\u00e9partir entre nations les futurs droits d&#8217;\u00e9missions de la mani\u00e8re la plus juste possible, compte tenu des besoins d&#8217;industrialisation des pays en d\u00e9veloppement? Quel poids donner aux \u00e9missions du pass\u00e9 (responsabilit\u00e9 historique)? Faut-il faire payer en priorit\u00e9 les responsables (principe du pollueur payeur) ou ceux qui en ont le plus les moyens? \u00c0 y r\u00e9fl\u00e9chir de pr\u00e8s, les pays industrialis\u00e9s doivent prendre les mesures les plus draconiennes. Ils en ont les moyens, ils sont largement responsables du r\u00e9chauffement actuel et surtout, longtemps encore, leurs \u00e9missions par habitant continueront de surpasser celles des pays en d\u00e9veloppement ou en voie d&#8217;industrialisation (voir graphique 2).&#13;<\/p>\n<h3>Co\u00fbts et b\u00e9n\u00e9fices<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe sc\u00e9nario 550 ppm n\u00e9cessite des investissements suppl\u00e9mentaires de l&#8217;ordre de 4100 milliards d&#8217;USD sur la p\u00e9riode 2010 \u00e0 2030, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 0,25% du produit mondial brut (PMB) ou 17 dollars par habitant de la plan\u00e8te et par an. En contrepartie, les \u00e9conomies d&#8217;\u00e9nergie et la mod\u00e9ration des prix des agents fossiles r\u00e9duiraient les d\u00e9penses globales de plus de 7000 milliards d&#8217;USD jusqu&#8217;en 2030. Le sc\u00e9nario 450 ppm est d&#8217;une autre ampleur, avec 9300 milliards d&#8217;USD d&#8217;investissements suppl\u00e9mentaires (0,55% du PMB ou pr\u00e8s de 40 USD par habitant) et 5800 milliards d&#8217;USD de gain sur les d\u00e9penses globales en \u00e9nergie. \u00c0 noter encore que les deux sc\u00e9narios accro\u00eetraient la s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;approvisionnement des pays consommateurs, qu&#8217;ils diminueraient leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 face aux fluctuations de prix et qu&#8217;ils r\u00e9duiraient la pollution.&#13;<\/p>\n<h3>Possibilit\u00e9s de mise en oeuvre<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nPour l&#8217;AIE, une r\u00e9duction massive des \u00e9missions globales de GES n&#8217;est envisageable que si elle s&#8217;appuie sur un accord structur\u00e9 qui r\u00e8gle au niveau international l&#8217;adoption et l&#8217;application de m\u00e9canismes et de mesures efficaces. Les sc\u00e9narios 450 et 550 ppm requi\u00e8rent \u00e0 la fois des r\u00e8gles de politique \u00e9nerg\u00e9tique au niveau national (b\u00e2timents etc.), des accords sectoriels internationaux (transport, industrie, production d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9) et la g\u00e9n\u00e9ralisation des bourses d&#8217;\u00e9change de droits d&#8217;\u00e9missions. Par ailleurs, le sc\u00e9nario 450 ppm exigerait l&#8217;intervention extr\u00eamement vigoureuse des pouvoirs publics dans tous les pays, des perc\u00e9es technologiques sans pr\u00e9c\u00e9dents et la g\u00e9n\u00e9ralisation du captage et du stockage du CO2. Il n&#8217;est donc pas certain qu&#8217;il soit r\u00e9alisable au vu des efforts exig\u00e9s. Dans le rapport de synth\u00e8se RE4, le Giec estime quant \u00e0 lui que \u00abtous les niveaux de stabilisation analys\u00e9s pourraient \u00eatre atteints en d\u00e9ployant un \u00e9ventail de technologies d\u00e9j\u00e0 commercialis\u00e9es ou qui devraient l&#8217;\u00eatre d&#8217;ici quelques d\u00e9cennies\u00bb. Stabiliser la concentration de GES \u00e0 450 ppm exigerait, toutefois, de faire de la protection du climat une priorit\u00e9 mondiale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abAugmentation des \u00e9missions de CO2 et de la temp\u00e9rature \u00e0 l&#8217;\u00e9quilibre selon divers niveaux de stabilisation\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00ab\u00c9missions de CO2 par r\u00e9gions du monde: total (gauche) et par habitant (droite)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Sensibilit\u00e9 du climat<\/b>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution du climat r\u00e9sulte des changements des diff\u00e9rents facteurs qui influencent la temp\u00e9rature moyenne \u00e0 la surface de la plan\u00e8te. Si la concentration atmosph\u00e9rique en CO2 double (puis se stabilise), la temp\u00e9rature moyenne \u00e0 la surface du globe va augmenter et s&#8217;\u00e9quilibrer quelques degr\u00e9s au-dessus du niveau pr\u00e9c\u00e9dent. Le Giec d\u00e9finit ce r\u00e9chauffement comme la sensibilit\u00e9 du climat \u00e0 l&#8217;\u00e9quilibre. Elle se situe entre 2\u00b0 C et 4,5\u00b0 C, compte tenu des m\u00e9canismes de r\u00e9troaction entre facteurs climatiques (voir partie droite du graphique 1). La valeur consid\u00e9r\u00e9e la plus probable avoisine 3\u00b0 C. Le Giec estime tr\u00e8s improbable une sensibilit\u00e9 du climat inf\u00e9rieure \u00e0 1,5\u00b0 C (toujours pour un doublement de la concentration en CO2).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: G\u00e9o-ing\u00e9nierie contre le r\u00e9chauffement climatique<\/b>&#13;<br \/>\nLa plupart des techniques de g\u00e9o-ing\u00e9nierie en sont encore au stade embryonnaire. Si certaines apparaissent \u00e9conomiquement viables, toutes pr\u00e9sentent des incertitudes ou des dangers importants. On distingue deux techniques principales: le pr\u00e9l\u00e8vement du CO2 dans l&#8217;air ambiant (carbone dioxide removal, CDR) et la gestion du rayonnement solaire (solar radiation management, SRM). Le CDR pr\u00e9sente le moins de risques, mais le captage du CO2 fait appel \u00e0 des techniques encore hypoth\u00e9tiques et ch\u00e8res, et son stockage \u00e0 long terme reste controvers\u00e9. Une technique du SRM consiste \u00e0 \u00e9pandre d&#8217;\u00e9normes quantit\u00e9s de compos\u00e9s soufr\u00e9s dans la stratosph\u00e8re, \u00e0 l&#8217;image de ce qui se passe lors des grandes \u00e9ruptions volcaniques, comme celle du mont Pinatubo en 1991. Or, cette derni\u00e8re a non seulement provoqu\u00e9 un refroidissement g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;ordre de 0,6\u00b0C sur 2 \u00e0 3 ans, mais elle a aussi fortement d\u00e9truit la couche d&#8217;ozone et g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des pluies acides.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 3: World Energy Outlook 2009<\/b>&#13;<br \/>\nLe 10 novembre, l&#8217;AIE a publi\u00e9 ses perspectives \u00e9nerg\u00e9tiques pour 2009a. Le sc\u00e9nario de r\u00e9f\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 jour afin d&#8217;y int\u00e9grer les effets de la crise \u00e9conomique. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, les efforts n\u00e9cessaires pour atteindre les objectifs du sc\u00e9nario 450 ppm, en termes de consommation d&#8217;\u00e9nergies fossiles et d&#8217;\u00e9missions de CO2, diminuent de quelque 5% par rapport aux perspectives du WEO 2008. Les co\u00fbts nets de ce sc\u00e9nario s&#8217;en trouvent \u00e9galement r\u00e9duits.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour le Groupe d&#8217;experts intergouvernemental sur l&#8217;\u00e9volution du climat (Giec), le r\u00e9chauffement est sans \u00e9quivoque, il r\u00e9sulte surtout des \u00e9missions anthropiques de gaz \u00e0 effet de serre (GES) et il requiert d&#8217;ici 2020-2030 des actions d\u00e9cisives pour les stabiliser puis les r\u00e9duire. Autrement, la capacit\u00e9 d&#8217;adaptation des syst\u00e8mes naturels, am\u00e9nag\u00e9s et humains risque d&#8217;\u00eatre d\u00e9pass\u00e9e. 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