{"id":152278,"date":"2009-12-01T12:00:00","date_gmt":"2009-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/12\/bucher-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:01:38","modified_gmt":"2023-08-23T23:01:38","slug":"bucher-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/12\/bucher-6\/","title":{"rendered":"Les enjeux de Copenhague"},"content":{"rendered":"<p>En fin d&#8217;ann\u00e9e, la communaut\u00e9 internationale se r\u00e9unira \u00e0 Copenhague pour d\u00e9finir la politique climatique de demain. Son efficacit\u00e9 dans la lutte contre le changement climatique d\u00e9terminera notre avenir face au probl\u00e8me que soul\u00e8ve l&#8217;effet de serre plan\u00e9taire. Les dommages que le changement climatique occasionne \u00e0 l&#8217;environnement, \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 sont d\u00e9j\u00e0 sensibles aujourd&#8217;hui et continueront de s&#8217;aggraver sans une r\u00e9ponse de port\u00e9e mondiale. Il n&#8217;existe pas pour l&#8217;heure de solution de rechange valable &#8211; pas de plan B &#8211; \u00e0 l&#8217;instauration d&#8217;un r\u00e9gime climatique efficace et \u00e9quitable. Pour faire de Copenhague le point de d\u00e9part d&#8217;une action r\u00e9solue et bien cibl\u00e9e de la communaut\u00e9 des \u00c9tats contre la d\u00e9gradation du climat, des progr\u00e8s suppl\u00e9mentaires sont cependant n\u00e9cessaires, qui devront \u00eatre obtenus \u00e0 l&#8217;issue de n\u00e9gociations portant sur une s\u00e9rie de questions essentielles.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200912_05_Bucher_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Quel est l&#8217;objectif de Copenhague?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa communaut\u00e9 internationale r\u00e9unie \u00e0 Bali en 2007 s&#8217;\u00e9tait fix\u00e9 comme but d&#8217;adopter \u00e0 la fin 2009, \u00e0 l&#8217;issue de la 15e Conf\u00e9rence des \u00c9tats parties \u00e0 la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCUNCC ou Convention sur le climat), un nouveau \u00abr\u00e9gime climatique mondial\u00bb. Il s&#8217;agissait de mettre en place, au plan international, une base r\u00e9glementaire suffisamment efficace pour stabiliser la concentration atmosph\u00e9rique en gaz \u00e0 effets de serre (GES) \u00e0 un niveau tel qu&#8217;il ne constitue plus un risque significatif de perturbation an-thropique du syst\u00e8me climatique. La nouvelle convention offrira une r\u00e9glementation qui prolongera le protocole de Kyoto, dont la premi\u00e8re phase d&#8217;engagements contraignants expire fin 2012, et \u00e9largira dans le m\u00eame temps le champ d&#8217;application de la convention climatique (voir encadr\u00e9 1 La premi\u00e8re pierre d&#8217;une politique climatique concert\u00e9e au niveau international a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e en 1992 avec la signature de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ratifi\u00e9e par 192 \u00c9tats, elle vise \u00e0 stabiliser la concentration de gaz \u00e0 effet de serre (GES) dans l&#8217;atmosph\u00e8re \u00e0 un niveau susceptible d&#8217;emp\u00eacher une perturbation anthropique dangereuse du climat.La premi\u00e8re mesure pour atteindre cet objectif fut prise en 1997 avec la signature du protocole de Kyoto fixant des objectifs contraignants de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz polluant des pays industrialis\u00e9s pour la p\u00e9riode comprise entre 2008 et 2012. Ce protocole a \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9 par 189 pays, de nombreux autres restant \u00e0 la tra\u00eene dont les \u00c9tats-Unis. Globalement, les pays industrialis\u00e9s se sont engag\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire d&#8217;ici 2012 les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre de 5,2% en moyenne par rapport aux niveaux de 1990. La Suisse avait pris l&#8217;engagement de r\u00e9duire de 8% en moyenne par rapport \u00e0 1990 ses \u00e9missions de GES entre 2008 et 2012. Le plan d&#8217;action de Bali, adopt\u00e9 en d\u00e9cembre 2007 afin d&#8217;am\u00e9liorer la mise en oeuvre de la convention-cadre sur les changements climatiques, sert de fondement \u00e0 un nouveau r\u00e9gime climatique mondial. Selon cet accord, celui-ci devra reposer sur quatre piliers: des mesures de r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2, des mesures d&#8217;adaptation, un soutien financier et le transfert de technologies vers les pays en d\u00e9veloppement.).\u00a0Pour \u00e9viter que le changement climatique ne provoque des dommages irr\u00e9versibles, les scientifiques recommandent de limiter \u00e0 + 2\u00b0C au maximum l&#8217;augmentation de la temp\u00e9rature mondiale par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9poque pr\u00e9industrielle. De nombreux pays, dont la Suisse, voient dans cet objectif un \u00e9l\u00e9ment majeur du futur r\u00e9gime climatique. Pour y parvenir, il faudrait r\u00e9duire d&#8217;ici 2050 les \u00e9missions de 50 \u00e0 85% par rapport \u00e0 1990, selon les sc\u00e9narios figurant dans le quatri\u00e8me rapport d&#8217;\u00e9valuation du Groupe d&#8217;experts intergouvernemental sur l&#8217;\u00e9volution du climat (Giec).\u00a0Au vu des projections concernant les tendances mondiales en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9missions (voir graphique 1), une r\u00e9duction plan\u00e9taire de cette ampleur appara\u00eet comme un tr\u00e8s gros effort de politique climatique. M\u00eame en ramenant leurs \u00e9missions \u00e0 z\u00e9ro, les pays industrialis\u00e9s seraient incapables d&#8217;atteindre seuls les objectifs fix\u00e9s en mati\u00e8re de r\u00e9duction. Le probl\u00e8me du r\u00e9chauffement climatique ne peut \u00eatre r\u00e9solu que si les grands pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement limitent eux aussi leurs \u00e9missions et parviennent \u00e0 les r\u00e9duire \u00e0 long terme. \u00c0 cet \u00e9gard, la Chine, l&#8217;Inde et le Br\u00e9sil jouent un tr\u00e8s grand r\u00f4le. L&#8217;un des principaux d\u00e9fis que pose la mise en oeuvre d&#8217;un r\u00e9gime climatique efficace consiste donc \u00e0 associer les pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement aux efforts de r\u00e9duction tout en \u00e9vitant que ces efforts ne contrarient leur d\u00e9veloppement \u00e9conomique, et donc la lutte contre la pauvret\u00e9 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de leurs fronti\u00e8res. Compte tenu des capacit\u00e9s financi\u00e8res restreintes des pays en d\u00e9veloppement, de leur manque de ressources technologiques, de leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux cons\u00e9quences du changement climatique et de leur d\u00e9-pendance \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des agents \u00e9nerg\u00e9tiques fossiles, il est indispensable, pour assurer un r\u00e9gime climatique \u00e0 la fois efficace et \u00e9quitable, de mettre sur pied un m\u00e9canisme international de transfert qui soutienne leurs efforts d&#8217;adaptation et de r\u00e9duction des \u00e9missions.\u00a0Dans ce contexte, les n\u00e9gociations climatiques se heurtent \u00e0 des d\u00e9fis qui se r\u00e9sument aux questions suivantes:\u00a0&#8211; quels objectifs en mati\u00e8re de r\u00e9duction des \u00e9missions les pays industrialis\u00e9s retiennent-ils et comment se r\u00e9partissent-ils l&#8217;effort commun?\u00a0&#8211; quels efforts de r\u00e9duction les pays en d\u00e9veloppement entreprennent-ils?\u00a0&#8211; quel soutien financier les pays en d\u00e9veloppement re\u00e7oivent-ils pour leurs mesures de r\u00e9duction et d&#8217;adaptation au changement climatique?\u00a0&#8211; comment les pays contributeurs se partagent-ils le soutien financier?\u00a0\u00a0Hormis ces points de discussion majeurs, il en existe de nombreux autres \u00e9galement importants, tels les mesures d&#8217;adaptation au changement climatique (voir encadr\u00e9 2 Certaines cons\u00e9quences du changement climatique sont d\u00e9sormais in\u00e9vitables et d\u00e9j\u00e0 perceptibles, comme le recul des glaciers en Suisse. Toute r\u00e9ponse efficace \u00e0 ce probl\u00e8me doit passer \u00e0 la fois par une att\u00e9nuation des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (afin d&#8217;\u00e9viter l&#8217;ing\u00e9rable) et par un processus d&#8217;adaptation (afin de g\u00e9rer l&#8217;in\u00e9vitable). Du fait de leur situation g\u00e9ographique et des ressources limit\u00e9es dont ils disposent pour engager des mesures d&#8217;adaptation, de nombreux pays en d\u00e9veloppement et des \u00c9tats insulaires sont tr\u00e8s expos\u00e9s aux changements climatiques et en partie menac\u00e9s dans leur existence, alors m\u00eame que leurs faibles \u00e9missions ne contribuent gu\u00e8re au r\u00e9chauffement climatique.Il est d\u00e8s lors tr\u00e8s important, pour faire avancer les n\u00e9gociations, que les parties parviennent \u00e0 s&#8217;entendre sur les mesures d&#8217;adaptation n\u00e9cessaires. La question du soutien financier et technologique aux efforts d&#8217;adaptation entrepris par les pays en d\u00e9veloppement constituera un \u00e9l\u00e9ment central de l&#8217;accord. Simultan\u00e9ment, de telles adaptations exigent de prendre en consid\u00e9ration la ma\u00eetrise et le transfert des risques. Il s&#8217;agit notamment d&#8217;\u00e9laborer des strat\u00e9gies d&#8217;adaptation nationales et r\u00e9gionales, des instruments m\u00e9thodologiques (par exemple un syst\u00e8me d&#8217;alerte pr\u00e9coce coordonn\u00e9) ainsi que des possibilit\u00e9s d&#8217;assurance. Dans la lutte contre le changement climatique, les mesures de r\u00e9duction des \u00e9missions et d&#8217;adaptation sont les deux faces d&#8217;une m\u00eame monnaie. Un r\u00e9gime climatique global pr\u00e9suppose un consensus international et un engagement mondial pour accomplir cette double t\u00e2che, car tous les pays sont \u00e0 la fois pollueurs et vuln\u00e9rables, bien que dans une mesure variable.) et le transfert de technologies environnementales, les mesures de lutte contre la d\u00e9forestation et la d\u00e9gradation des for\u00eats tropicales, la prise en compte des puits de CO2 dans les for\u00eats et les sols, enfin le perfectionnement des m\u00e9canismes de n\u00e9goce des droits d&#8217;\u00e9mission, y compris du m\u00e9canisme de d\u00e9veloppement propre (MDP).&#13;<\/p>\n<h2>Les d\u00e9fis de Copenhague<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour trouver des terrains d&#8217;entente sur ces questions-cl\u00e9s, de nombreuses difficult\u00e9s restent \u00e0 surmonter \u00e0 Copenhague.&#13;<\/p>\n<h3>Comment parvenir \u00e0 fixer un objectif de r\u00e9duction efficace dans les pays industrialis\u00e9s?<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est incontestable que les pays industrialis\u00e9s doivent prendre la t\u00eate du combat contre le changement climatique. Un premier pas a \u00e9t\u00e9 accompli dans ce sens avec le protocole de Kyoto, qui soumet ces pays \u00e0 des imp\u00e9ratifs de r\u00e9duction. Sa premi\u00e8re phase d&#8217;engagement arrivant \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance fin 2012, il s&#8217;agit \u00e0 pr\u00e9sent de fixer de nouveaux objectifs de r\u00e9duction pour les pays industrialis\u00e9s. Selon les sc\u00e9narios du Giec, pour limiter l&#8217;augmentation moyenne de la temp\u00e9rature \u00e0 2\u00b0C, les pays industrialis\u00e9s doivent r\u00e9duire leurs \u00e9missions de 25 \u00e0 40% d&#8217;ici 2020 par rapport \u00e0 1990 et de 80 \u00e0 95% d&#8217;ici 2050. Or, les objectifs nationaux de r\u00e9duction annonc\u00e9s jusqu&#8217;ici par les pays qui ont ratifi\u00e9 le protocole de Kyoto (les \u00c9tats-Unis \u00e9tant donc exclus) se situent nettement au-dessous de cette fourchette. Selon des estimations du Secr\u00e9tariat de la CCNUCC, ils correspondraient actuellement \u00e0 une r\u00e9duction moyenne g\u00e9n\u00e9rale de 15% \u00e0 23% des \u00e9missions jusqu&#8217;en 2020 par rapport \u00e0 1990 L&#8217;\u00e9tendue de cette fourchette s&#8217;explique notamment par le fait que de nombreux pays, dont la Suisse, se r\u00e9servent une marge de manoeuvre \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de leurs objectifs de r\u00e9duction des \u00e9missions. Autrement dit, ils subordonnent leur engagement concret en mati\u00e8re de r\u00e9duction \u00e0 la possibilit\u00e9 de conclure un accord satisfaisant..\u00a0Pour qu&#8217;un accord valable soit conclu, il faut que les pays industrialis\u00e9s s&#8217;engagent en faveur d&#8217;objectifs de r\u00e9duction d&#8217;\u00e9missions aussi \u00e9lev\u00e9s et efficaces que possible. La fourchette des r\u00e9ductions n\u00e9cessaires calcul\u00e9e par le Giec devrait servir de ligne directrice pour atteindre l&#8217;objectif g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9duction fix\u00e9 pour les pays industrialis\u00e9s jusqu&#8217;en 2020. Les ambitions affich\u00e9es par les pays industrialis\u00e9s repr\u00e9senteraient aussi un signal favorable \u00e0 l&#8217;engagement des pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement. Ceux-ci critiquent, en effet, le manque de volont\u00e9 des pays industrialis\u00e9s d&#8217;assumer pleinement leurs objectifs de r\u00e9duction annonc\u00e9s, et donc leur leadership d\u00e9cisif et efficace dans la lutte contre le changement climatique. Ils exigent d&#8217;eux, d&#8217;ici \u00e0 2020, un effort global de r\u00e9duction de 40% par rapport au niveau de 1990. Pour que cet objectif soit atteint, ils proposent que l&#8217;on d\u00e9finisse des crit\u00e8res internationaux &#8211; en particulier la responsabilit\u00e9 historique des divers pays industrialis\u00e9s dans la concentration de GES sur la plan\u00e8te &#8211; pour fixer la r\u00e9partition de l&#8217;effort de r\u00e9duction.\u00a0Un objectif ambitieux de r\u00e9duction g\u00e9n\u00e9rale pour les pays industrialis\u00e9s constitue, avec la r\u00e9partition correspondante de l&#8217;effort, un \u00e9l\u00e9ment crucial du r\u00e9gime climatique plan\u00e9taire de l&#8217;apr\u00e8s-2012. Eu \u00e9gard au niveau des objectifs de r\u00e9duction annonc\u00e9s jusqu&#8217;ici et \u00e0 la part de chaque pays dans le total des \u00e9missions, il faut s&#8217;attendre \u00e0 ce que la pression se renforce sur ceux \u00e0 forte intensit\u00e9 d&#8217;\u00e9missions. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de pays comme la Russie et le Canada, l&#8217;attention se porte en particulier sur les \u00c9tats-Unis, qui apparaissent comme les grands absents des discussions sur le suivi du Kyoto (voir encadr\u00e9 3 Les \u00c9tats-Unis ont refus\u00e9 de signer le protocole de Koyoto et ne sont donc pas contraints d&#8217;observer ses objectifs d&#8217;ici 2012. La ratification par les \u00c9tats-Unis d&#8217;un nouveau protocole se bornant \u00e0 fixer des objectifs en mati\u00e8re de r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2 pour les pays industrialis\u00e9s est \u00e9galement peu probable. Le deuxi\u00e8me \u00e9metteur de gaz \u00e0 effet de serre du monde (apr\u00e8s la Chine) subordonne sa participation au futur r\u00e9gime climatique \u00e0 l&#8217;int\u00e9gration des grands pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement &#8211; en premier lieu la Chine &#8211; dans le processus, tant pour des raisons d&#8217;efficacit\u00e9 climatique que par souci de pr\u00e9server la comp\u00e9titivit\u00e9 de son \u00e9conomie. Pour obtenir un accord efficace, il est pourtant essentiel d&#8217;associer les \u00c9tats-Unis au futur r\u00e9gime climatique. De nombreux pays industrialis\u00e9s conditionnent d&#8217;ailleurs leur engagement \u00e0 celui &#8211; substantiel &#8211; des \u00c9tats-Unis aussi bien que des \u00e9conomies en d\u00e9veloppement. La plupart d&#8217;entre eux appellent de leurs voeux l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;un nouveau trait\u00e9 d\u00e9finissant des objectifs contraignants pour l&#8217;apr\u00e8s-Kyoto valables d\u00e9sormais aussi bien pour les nations occidentales qui se sont d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es \u00e0 r\u00e9duire leurs \u00e9missions que pour les \u00c9tats-Unis et les pays en d\u00e9veloppement. Ces derniers, en revanche, r\u00e9clament avec v\u00e9h\u00e9mence que la suite donn\u00e9e au protocole de Kyoto s\u00e9pare clairement les nations industrialis\u00e9es des pays en d\u00e9veloppement. L&#8217;engagement du gouvernement am\u00e9ricain \u00e0 se fixer des objectifs concrets de r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2 serait un facteur de succ\u00e8s tr\u00e8s important de la conf\u00e9rence de Copenhague. Outre-Atlantique, les proc\u00e9dures parlementaires nationales relatives au traitement de la loi am\u00e9ricaine sur la protection du climat risquent, cependant, d&#8217;avoir la priorit\u00e9 sur les n\u00e9gociations internationales. Si les \u00c9tats-Unis ne sont pas pr\u00eats \u00e0 s&#8217;engager sur des objectifs de r\u00e9duction contraignants \u00e0 Copenhague, les engagements pris par les autres pays industrialis\u00e9s et l&#8217;accord sur l&#8217;objectif global de r\u00e9duction s&#8217;en trouveront fragilis\u00e9s. Cette r\u00e9action en cha\u00eene ne donnerait pas le coup de gr\u00e2ce au r\u00e9gime climatique mondial, mais diminuerait les chances de trouver un accord \u00e0 Copenhague en cette fin d&#8217;ann\u00e9e.).&#13;<\/p>\n<h3>Quels efforts de r\u00e9duction les pays en transition et en d\u00e9veloppement doivent-ils consentir?<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nSans limitation substantielle ni effort de r\u00e9duction \u00e0 long terme des \u00e9missions de GES de la part des pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement, il ne sera pas possible de stopper le r\u00e9chauffement climatique. Globalement, ces pays sont d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 responsables de plus de la moiti\u00e9 des \u00e9missions de GES sur notre plan\u00e8te, avec toutefois un niveau d&#8217;\u00e9missions par habitant nettement plus bas que dans les pays industrialis\u00e9s. Il est donc n\u00e9cessaire de faire en sorte que le futur r\u00e9gime climatique soit la r\u00e9f\u00e9rence en vertu de laquelle les pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement soient \u00e9galement tenus &#8211; selon leurs responsabilit\u00e9s et leurs possibilit\u00e9s &#8211; de prendre des mesures pour r\u00e9duire leurs \u00e9missions, qui soient adapt\u00e9es \u00e0 la situation de chacun.\u00a0Certains pays \u00e9mergents ou en d\u00e9veloppement affichant des niveaux \u00e9lev\u00e9s d&#8217;\u00e9missions &#8211; en particulier la Chine &#8211; ont d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 de vastes programmes climatiques nationaux. Le r\u00e9cent rapport de l&#8217;AIE montre que de ce point de vue, les plans nationaux peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 certains \u00e9gards comme tr\u00e8s positifs. Ainsi la mise en oeuvre des objectifs de la Chine en mati\u00e8re climatique et \u00e9nerg\u00e9tique pourrait se traduire par une substantielle r\u00e9duction des GES qui ferait de ce pays un acteur de premi\u00e8re importance dans la lutte contre le r\u00e9chauffement climatique. L&#8217;importance de ce programme et d&#8217;autres plans similaires est certes reconnue et salu\u00e9e par les pays industrialis\u00e9s. Ils exigent, toutefois, que les programmes climatiques nationaux des pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement s&#8217;ins\u00e8rent formellement et de mani\u00e8re contraignante dans le futur r\u00e9gime climatique international.\u00a0Les efforts de r\u00e9duction des \u00e9missions des pays en d\u00e9veloppement ne doivent pas \u00eatre consentis au d\u00e9triment de la lutte contre la pauvret\u00e9, d&#8217;o\u00f9 la proposition que les mesures de r\u00e9duction tiennent compte du niveau de d\u00e9veloppement propre \u00e0 chaque pays. En plus des mesures financ\u00e9es et mises en oeuvre de mani\u00e8re autonome, les efforts suppl\u00e9mentaires doivent faire l&#8217;objet d&#8217;un soutien international, que ce soit sous la forme d&#8217;une coop\u00e9ration multilat\u00e9rale ou de l&#8217;octroi de droits d&#8217;\u00e9mission n\u00e9gociables pour les r\u00e9ductions obtenues. Rappelant les principes de la convention sur les changements climatiques En particulier la responsabilit\u00e9 commune mais diff\u00e9renci\u00e9e des \u00c9tats., la responsabilit\u00e9 historique des pays industrialis\u00e9s et le droit au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, le groupe de n\u00e9gociation des pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement s&#8217;est jusqu&#8217;ici r\u00e9solument oppos\u00e9 \u00e0 des mesures de r\u00e9duction sous forme contraignante ou internationalis\u00e9e ainsi qu&#8217;\u00e0 toute tentative de diff\u00e9renciation entre pays en d\u00e9veloppement, en d\u00e9pit du caract\u00e8re obsol\u00e8te de la r\u00e9partition entre \u00abpays industrialis\u00e9s\u00bb tenus de r\u00e9duire leurs \u00e9missions et \u00abpays en d\u00e9veloppement\u00bb, qui remonte \u00e0 1992. Des pays comme la Cor\u00e9e du Sud et Singapour resteraient ainsi des pays en d\u00e9veloppement sans engagement ferme.\u00a0Ces discussions relatives \u00e0 la question-cl\u00e9 des efforts de r\u00e9duction des \u00c9tats industrialis\u00e9s et des pays en d\u00e9veloppement montrent que sur ce point, les fronts se sont encore durcis, en particulier le long de la \u00abligne Nord-Sud\u00bb, et qu&#8217;ils constituent un gros obstacle \u00e0 surmonter dans les n\u00e9gociations.&#13;<\/p>\n<h3>Un soutien financier aux pays en d\u00e9veloppement<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est incontestable que la r\u00e9ussite des n\u00e9gociations sur le climat exige que l&#8217;on se mette d&#8217;accord sur un m\u00e9canisme de transfert international pour le financement des mesures de r\u00e9duction des \u00e9missions et d&#8217;adaptation prises dans les pays en d\u00e9veloppement. Selon les termes du secr\u00e9taire ex\u00e9cutif de la convention sur les changements climatiques Yvo de Boer, l&#8217;argent est bel et bien le nerf de la guerre: \u00abMoney is the oil that encourages commitments and drives actions\u00bb (L&#8217;argent est le lubrifiant qui motive l&#8217;engagement et conduit l&#8217;action). Bien que sommaires, les estimations actuelles de l&#8217;ONU et de la Banque mondiale concernant le besoin de financement des pays en d\u00e9veloppement indiquent d\u00e9j\u00e0 un niveau consid\u00e9rable. L&#8217;UE estime de son c\u00f4t\u00e9 qu&#8217;il faudra d&#8217;ici \u00e0 2020 jusqu&#8217;\u00e0 100 milliards d&#8217;euros par ann\u00e9e pour financer des mesures de pr\u00e9servation du climat dans les pays en d\u00e9veloppement. Il existe un r\u00e9el consensus international sur la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9server des moyens financiers suppl\u00e9mentaires en faveur des mesures climatiques \u00e0 prendre dans les pays en d\u00e9veloppement.\u00a0Les sources financi\u00e8res envisag\u00e9es \u00e0 cette fin sont aussi bien publiques que priv\u00e9es. Les investissements du secteur priv\u00e9, en particulier, seront essentiels au financement de la r\u00e9duction des \u00e9missions et au transfert de technologies vers les pays en d\u00e9veloppement. Dans le cadre du futur r\u00e9gime climatique, la poursuite du d\u00e9veloppement du march\u00e9 international du CO2 et son organisation sont indispensables pour promouvoir l&#8217;investissement priv\u00e9 dans la r\u00e9duction des GES et l&#8217;utilisation de technologies respectueuses du climat. L&#8217;UE consid\u00e8re qu&#8217;environ 40% des besoins en financements suppl\u00e9mentaires devront \u00eatre couverts par le biais du march\u00e9 carbone.\u00a0Ce dernier ne r\u00e8glera pas tout. Il faut \u00e9galement accro\u00eetre les fonds publics consacr\u00e9s au climat, surtout l\u00e0 o\u00f9 les structures incitatives ne sont pas suffisantes pour attirer des fonds priv\u00e9s (par exemple au niveau des mesures d&#8217;adaptation). Diverses possibilit\u00e9s de g\u00e9n\u00e9rer des fonds publics suppl\u00e9mentaires figurent dans le texte de n\u00e9gociation pour Copenhague, parmi lesquelles la proposition suisse d&#8217;une taxe mondiale sur le CO2.\u00a0Les param\u00e8tres fondamentaux sur lesquels s&#8217;appuieront la future architecture financi\u00e8re et notamment la mobilisation internationale de fonds publics suppl\u00e9mentaires sont, toutefois, fortement contest\u00e9s. Il s&#8217;agit par cons\u00e9quent de trouver une entente internationale sur les questions essentielles que voici:\u00a0&#8211; comment, dans quelle mesure et \u00e0 partir de quelles sources mobiliser les moyens n\u00e9cessaires? Comment organiser la r\u00e9partition des charges entre les \u00c9tats bailleurs de fonds?\u00a0&#8211; comment les fonds publics seront-ils utilis\u00e9s? Quelles mesures climatiques devront \u00eatre financ\u00e9es, et dans quels pays?\u00a0&#8211; comment l&#8217;acc\u00e8s aux fonds sera-t-il organis\u00e9? Par quels canaux et organismes ces fonds seront-ils achemin\u00e9s vers leurs destinataires?\u00a0&#8211; dans quelle direction et sur quels modes les m\u00e9canismes de march\u00e9 seront-ils d\u00e9velopp\u00e9s et \u00e9tendus dans le cadre du futur r\u00e9gime climatique?\u00a0\u00a0La question de l&#8217;am\u00e9nagement de l&#8217;architecture financi\u00e8re dans le futur r\u00e9gime climatique &#8211; et donc celle de l&#8217;aide financi\u00e8re aux pays en d\u00e9veloppement au titre du climat &#8211; est encore enti\u00e8rement ouverte. Ce qui est clair, en revanche, c&#8217;est qu&#8217;une entente sur le financement est la condition essentielle \u00e0 tout accord conclu \u00e0 Copenhague et que pour y parvenir, des perc\u00e9es d\u00e9cisives devront \u00eatre obtenues sur les questions-cl\u00e9s \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus.&#13;<\/p>\n<h2>Issue pr\u00e9visible des n\u00e9gociations de Copenhague<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCompte tenu des points d&#8217;achoppement consid\u00e9rables auxquels se heurte la mise en place d&#8217;un r\u00e9gime climatique mondial efficace, il semble de plus en plus probable qu&#8217;aucun accord pr\u00eat \u00e0 \u00eatre ratifi\u00e9 ne sera adopt\u00e9 \u00e0 Copenhague.\u00a0Pour que ce sommet soit malgr\u00e9 tout un succ\u00e8s, il faut que la communaut\u00e9 internationale parvienne, au moins sur les grands th\u00e8mes controvers\u00e9s (en particulier la r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2 et le financement), \u00e0 un accord de principe qui constituera la base d&#8217;un r\u00e9gime climatique mondial efficace et \u00e9quitable. Un accord de principe politique exige simultan\u00e9ment une feuille de route ambitieuse susceptible d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer les travaux n\u00e9cessaires pour instituer un r\u00e9gime climatique op\u00e9rationnel et contraignant. Le temps dont on dispose aujourd&#8217;hui doit \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 bon escient. Comme la p\u00e9riode d&#8217;engagement initiale du protocole de Kyoto se termine \u00e0 la fin 2012, le risque est grand de laisser un vide apr\u00e8s cette date si aucun accord n&#8217;est conclu rapidement. La soci\u00e9t\u00e9 et l&#8217;\u00e9conomie ont \u00e9galement besoin de signaux clairs et les investisseurs de s\u00e9curit\u00e9.\u00a0Plus nous attendrons avant de nous fixer des objectifs de r\u00e9duction substantiels, plus la concentration de GES augmentera et plus les mesures climatiques futures devront \u00eatre draconiennes. Attendre se traduira par une augmentation des co\u00fbts d&#8217;\u00e9vitement ainsi que du co\u00fbt des dommages et des mesures d&#8217;adaptation. Comme le souligne Sir Nicholas Stern, ancien \u00e9conomiste en chef de la Banque mondiale, les co\u00fbts globaux d&#8217;une r\u00e9duction efficace des \u00e9missions de GES sont moins \u00e9lev\u00e9s que ceux que le changement climatique engendrera sur le long terme; cet avis est partag\u00e9 par l&#8217;OCDE. La lutte contre le r\u00e9chauffement climatique pr\u00e9sente donc un int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme. Dans l&#8217;imm\u00e9diat, il faut chercher \u00e0 concilier les positions divergentes. Cela requiert avant tout une volont\u00e9 politique et un esprit de compromis. L&#8217;attention accord\u00e9e depuis quelque temps \u00e0 la probl\u00e9matique du climat et la dynamique politique observ\u00e9e dans les plus hautes sph\u00e8res gouvernementales du monde entier constituent \u00e0 cet \u00e9gard des \u00e9l\u00e9ments encourageants.\u00a0L&#8217;objectif de la conf\u00e9rence de Copenhague est de faire de cet \u00e9v\u00e9nement un point de rep\u00e8re historique de la politique climatique et le fondement d&#8217;un r\u00e9gime climatique mondial efficace, \u00e9quitable et contraignant pour l&#8217;apr\u00e8s-2012. Il n&#8217;existe pas d&#8217;alternative.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abParticipation de divers groupes de pays aux \u00e9missions mondiales de gaz \u00e0 effet de serre, projections de 2005 \u00e0 2050 (sans les \u00e9missions r\u00e9sultant de l&#8217;utilisation des terres, des changements d&#8217;affectation et de la foresterie)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Les fondements de la politique climatique internationale La premi\u00e8re pierre d&#8217;une politique climatique concert\u00e9e au niveau international a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e en 1992 avec la signature de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ratifi\u00e9e par 192 \u00c9tats, elle vise \u00e0 stabiliser la concentration de gaz \u00e0 effet de serre (GES) dans l&#8217;atmosph\u00e8re \u00e0 un niveau susceptible d&#8217;emp\u00eacher une perturbation anthropique dangereuse du climat.La premi\u00e8re mesure pour atteindre cet objectif fut prise en 1997 avec la signature du protocole de Kyoto fixant des objectifs contraignants de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz polluant des pays industrialis\u00e9s pour la p\u00e9riode comprise entre 2008 et 2012. Ce protocole a \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9 par 189 pays, de nombreux autres restant \u00e0 la tra\u00eene dont les \u00c9tats-Unis. Globalement, les pays industrialis\u00e9s se sont engag\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire d&#8217;ici 2012 les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre de 5,2% en moyenne par rapport aux niveaux de 1990. La Suisse avait pris l&#8217;engagement de r\u00e9duire de 8% en moyenne par rapport \u00e0 1990 ses \u00e9missions de GES entre 2008 et 2012. Le plan d&#8217;action de Bali, adopt\u00e9 en d\u00e9cembre 2007 afin d&#8217;am\u00e9liorer la mise en oeuvre de la convention-cadre sur les changements climatiques, sert de fondement \u00e0 un nouveau r\u00e9gime climatique mondial. Selon cet accord, celui-ci devra reposer sur quatre piliers: des mesures de r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2, des mesures d&#8217;adaptation, un soutien financier et le transfert de technologies vers les pays en d\u00e9veloppement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Adaptation au changement climatique Certaines cons\u00e9quences du changement climatique sont d\u00e9sormais in\u00e9vitables et d\u00e9j\u00e0 perceptibles, comme le recul des glaciers en Suisse. Toute r\u00e9ponse efficace \u00e0 ce probl\u00e8me doit passer \u00e0 la fois par une att\u00e9nuation des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (afin d&#8217;\u00e9viter l&#8217;ing\u00e9rable) et par un processus d&#8217;adaptation (afin de g\u00e9rer l&#8217;in\u00e9vitable). Du fait de leur situation g\u00e9ographique et des ressources limit\u00e9es dont ils disposent pour engager des mesures d&#8217;adaptation, de nombreux pays en d\u00e9veloppement et des \u00c9tats insulaires sont tr\u00e8s expos\u00e9s aux changements climatiques et en partie menac\u00e9s dans leur existence, alors m\u00eame que leurs faibles \u00e9missions ne contribuent gu\u00e8re au r\u00e9chauffement climatique.Il est d\u00e8s lors tr\u00e8s important, pour faire avancer les n\u00e9gociations, que les parties parviennent \u00e0 s&#8217;entendre sur les mesures d&#8217;adaptation n\u00e9cessaires. La question du soutien financier et technologique aux efforts d&#8217;adaptation entrepris par les pays en d\u00e9veloppement constituera un \u00e9l\u00e9ment central de l&#8217;accord. Simultan\u00e9ment, de telles adaptations exigent de prendre en consid\u00e9ration la ma\u00eetrise et le transfert des risques. Il s&#8217;agit notamment d&#8217;\u00e9laborer des strat\u00e9gies d&#8217;adaptation nationales et r\u00e9gionales, des instruments m\u00e9thodologiques (par exemple un syst\u00e8me d&#8217;alerte pr\u00e9coce coordonn\u00e9) ainsi que des possibilit\u00e9s d&#8217;assurance. Dans la lutte contre le changement climatique, les mesures de r\u00e9duction des \u00e9missions et d&#8217;adaptation sont les deux faces d&#8217;une m\u00eame monnaie. Un r\u00e9gime climatique global pr\u00e9suppose un consensus international et un engagement mondial pour accomplir cette double t\u00e2che, car tous les pays sont \u00e0 la fois pollueurs et vuln\u00e9rables, bien que dans une mesure variable.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 3: Comment int\u00e9grer les \u00c9tats-Unis dans le futur r\u00e9gime climatique mondial? Les \u00c9tats-Unis ont refus\u00e9 de signer le protocole de Koyoto et ne sont donc pas contraints d&#8217;observer ses objectifs d&#8217;ici 2012. La ratification par les \u00c9tats-Unis d&#8217;un nouveau protocole se bornant \u00e0 fixer des objectifs en mati\u00e8re de r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2 pour les pays industrialis\u00e9s est \u00e9galement peu probable. Le deuxi\u00e8me \u00e9metteur de gaz \u00e0 effet de serre du monde (apr\u00e8s la Chine) subordonne sa participation au futur r\u00e9gime climatique \u00e0 l&#8217;int\u00e9gration des grands pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement &#8211; en premier lieu la Chine &#8211; dans le processus, tant pour des raisons d&#8217;efficacit\u00e9 climatique que par souci de pr\u00e9server la comp\u00e9titivit\u00e9 de son \u00e9conomie. Pour obtenir un accord efficace, il est pourtant essentiel d&#8217;associer les \u00c9tats-Unis au futur r\u00e9gime climatique. De nombreux pays industrialis\u00e9s conditionnent d&#8217;ailleurs leur engagement \u00e0 celui &#8211; substantiel &#8211; des \u00c9tats-Unis aussi bien que des \u00e9conomies en d\u00e9veloppement. La plupart d&#8217;entre eux appellent de leurs voeux l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;un nouveau trait\u00e9 d\u00e9finissant des objectifs contraignants pour l&#8217;apr\u00e8s-Kyoto valables d\u00e9sormais aussi bien pour les nations occidentales qui se sont d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es \u00e0 r\u00e9duire leurs \u00e9missions que pour les \u00c9tats-Unis et les pays en d\u00e9veloppement. Ces derniers, en revanche, r\u00e9clament avec v\u00e9h\u00e9mence que la suite donn\u00e9e au protocole de Kyoto s\u00e9pare clairement les nations industrialis\u00e9es des pays en d\u00e9veloppement. L&#8217;engagement du gouvernement am\u00e9ricain \u00e0 se fixer des objectifs concrets de r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2 serait un facteur de succ\u00e8s tr\u00e8s important de la conf\u00e9rence de Copenhague. Outre-Atlantique, les proc\u00e9dures parlementaires nationales relatives au traitement de la loi am\u00e9ricaine sur la protection du climat risquent, cependant, d&#8217;avoir la priorit\u00e9 sur les n\u00e9gociations internationales. Si les \u00c9tats-Unis ne sont pas pr\u00eats \u00e0 s&#8217;engager sur des objectifs de r\u00e9duction contraignants \u00e0 Copenhague, les engagements pris par les autres pays industrialis\u00e9s et l&#8217;accord sur l&#8217;objectif global de r\u00e9duction s&#8217;en trouveront fragilis\u00e9s. Cette r\u00e9action en cha\u00eene ne donnerait pas le coup de gr\u00e2ce au r\u00e9gime climatique mondial, mais diminuerait les chances de trouver un accord \u00e0 Copenhague en cette fin d&#8217;ann\u00e9e.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En fin d&#8217;ann\u00e9e, la communaut\u00e9 internationale se r\u00e9unira \u00e0 Copenhague pour d\u00e9finir la politique climatique de demain. Son efficacit\u00e9 dans la lutte contre le changement climatique d\u00e9terminera notre avenir face au probl\u00e8me que soul\u00e8ve l&#8217;effet de serre plan\u00e9taire. 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