{"id":152309,"date":"2009-11-01T12:00:00","date_gmt":"2009-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/11\/berchtold-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:01:08","modified_gmt":"2023-08-23T23:01:08","slug":"berchtold-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/11\/berchtold-2\/","title":{"rendered":"Les soins int\u00e9gr\u00e9s: un concept th\u00e9rapeutique efficace en termes de qualit\u00e9 et d&#8217;\u00e9conomicit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Cr\u00e9\u00e9 il y a vingt ans, le premier HMO Health Maintenance Organization (organisation de maintien de la sant\u00e9). de Suisse \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une provocation \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Les critiques et les reproches ne lui furent pas \u00e9pargn\u00e9s: prestations bas de gamme, destruction du rapport de confiance entre le m\u00e9decin et le patient, m\u00e9decine des caisses-maladie. Aujourd&#8217;hui, le mod\u00e8le de \u00abmanaged care\u00bb est bien implant\u00e9 en Suisse. Les cabinets HMO, les r\u00e9seaux de m\u00e9decins et d&#8217;autres organisations \u00e9toffent les soins de base, surtout en Suisse al\u00e9manique. Les assur\u00e9s et les patients jouent le jeu: plus de la moiti\u00e9 des affili\u00e9s des compagnies d&#8217;assurance ayant tabl\u00e9 sur la gestion des soins ont opt\u00e9 pour un mod\u00e8le d&#8217;assurance de ce type.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200911_09_Berchtold_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Un syst\u00e8me de sant\u00e9 fragment\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAu-del\u00e0 de tout clivage politique, on est d&#8217;accord pour dire qu&#8217;un r\u00e9seau renforc\u00e9 et davantage int\u00e9gr\u00e9 repr\u00e9sente le moyen le plus efficace et le plus durable de garantir une qualit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e et l&#8217;\u00e9conomicit\u00e9 des soins. Cette optique s&#8217;est impos\u00e9e dans presque tous les pays europ\u00e9ens ces derni\u00e8res ann\u00e9es Voir Amelung V. E., Sydow J. et Windeler A., Vernetzung im Gesundheitswesen im Spannungsfeld von Wettbewerb und Kooperation, Kohlhammer, Stuttgart, 2008.. Ce constat se base sur de nombreux travaux de recherches qui montrent que les syst\u00e8mes de sant\u00e9 sont fragment\u00e9s, donc \u00abnon-int\u00e9gr\u00e9s\u00bb, parce que les diff\u00e9rents protagonistes ont une logique fondamentalement oppos\u00e9e Voir Glouberman S. et Mintzberg H., \u00abManaging the Care of Health and the Cure of Disease &#8211; Part I: Differentiation\u00bb, Health Care Management Review, hiver 2001, pp. 56-69.. Les cons\u00e9quences sont bien connues: manque de coh\u00e9rence dans les processus qui concernent les patients, doubles examens, erreurs m\u00e9dicales et autres.\u00a0Les int\u00e9r\u00eats personnels et la d\u00e9fense des diff\u00e9rentes pr\u00e9rogatives ne sont pas les seuls responsables de cette fragmentation qui est, en r\u00e9alit\u00e9, normale dans tout syst\u00e8me de sant\u00e9. On voit bien les d\u00e9fis que doit relever l&#8217;int\u00e9gration. Il faut encore et toujours tenir compte de l&#8217;ent\u00eatement (in\u00e9vitable) des diff\u00e9rents protagonistes et, au moyen de compromis intelligents, emp\u00eacher que s&#8217;activent les syst\u00e8mes d&#8217;immunit\u00e9 sp\u00e9cifiques aux sous-syst\u00e8mes. C&#8217;est exactement cela qui caract\u00e9rise le d\u00e9veloppement des soins int\u00e9gr\u00e9s dans notre pays.&#13;<\/p>\n<h2>Mod\u00e8le des soins int\u00e9gr\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe \u00abmanaged care\u00bb constitue l&#8217;ensemble de tous les instruments de gestion et d&#8217;int\u00e9gration du syst\u00e8me de sant\u00e9 publique visant \u00e0 promouvoir une prise en charge m\u00e9dicale r\u00e9pondant aux besoins, bas\u00e9e sur la qualit\u00e9 et efficace au plan des co\u00fbts. Le terme de \u00abmanaged care\u00bb dispara\u00eet peu \u00e0 peu dans les milieux sp\u00e9cialis\u00e9s au profit des \u00absoins int\u00e9gr\u00e9s\u00bb. De nombreux outils de gestion et d&#8217;int\u00e9gration ont \u00e9t\u00e9 mis en oeuvre au niveau international, comme par exemple les formes d&#8217;organisation int\u00e9gr\u00e9es (mod\u00e8le du m\u00e9decin de famille, r\u00e9seaux de m\u00e9decins, centres de sant\u00e9\/HMO) ou les instruments d&#8217;int\u00e9gration (\u00abgatekeeping\u00bb, \u00abguidelines\u00bb, \u00abcase management\u00bb, \u00abdisease management\u00bb, \u00abdemand management\u00bb\/tri t\u00e9l\u00e9phonique) Voir Berchtold P. et Hess K., Pertinence des mod\u00e8les de managed care. Analyse de la litt\u00e9rature europ\u00e9enne en tenant compte de la situation en Suisse: Effets du pilotage du syst\u00e8me des soins sur la qualit\u00e9 et les co\u00fbts, document de travail 16, Observatoire suisse de la sant\u00e9 Obsan, Neuch\u00e2tel, 2006. .\u00a0Aujourd&#8217;hui, les assur\u00e9s peuvent choisir dans le cadre de leur assurance-maladie ordinaire entre diff\u00e9rents mod\u00e8les, le plus souvent appel\u00e9s mod\u00e8les \u00abmanaged care\u00bb par le grand public, et \u00eatre trait\u00e9s et se faire suivre comme patients dans des r\u00e9seaux de m\u00e9decins\/HMO. Tous les mod\u00e8les de soins int\u00e9gr\u00e9s sont bas\u00e9s sur le principe du \u00abgatekeeping\u00bb: la personne assur\u00e9e s&#8217;engage en cas de probl\u00e8me de sant\u00e9 \u00e0 toujours prendre la m\u00eame \u00abentr\u00e9e\u00bb dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 publique. Cela peut \u00eatre le m\u00e9decin de famille, un centre de sant\u00e9 HMO ou un centre d&#8217;appel m\u00e9dical. Les traitements sp\u00e9cifiques ou les hospitalisations ne sont possibles que sur transfert via le \u00abgatekeeper\u00bb ou le \u00abcare manager\u00bb (choix restrictif ou pr\u00e9\u00e9tabli du m\u00e9decin). En contrepartie, les assur\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;une r\u00e9duction de prime. En cas d&#8217;urgence, cette obligation ne s&#8217;applique pas. Des r\u00e9glementations particuli\u00e8res sont octroy\u00e9es pour les visites chez le gyn\u00e9cologue, le p\u00e9diatre ou l&#8217;ophtalmologue.&#13;<\/p>\n<h3>Mod\u00e8les contractuels<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans les mod\u00e8les contractuels (r\u00e9seaux de m\u00e9decins, HMO, centre d&#8217;appel m\u00e9dical), les m\u00e9decins de famille font partie d&#8217;un groupe de m\u00e9decins li\u00e9 contractuellement avec la caisse d&#8217;assurance-maladie. Les r\u00e9seaux de m\u00e9decins assument fr\u00e9quemment de mani\u00e8re collective le risque financier (coresponsabilit\u00e9 du m\u00e9decin en mati\u00e8re budg\u00e9taire sous forme d&#8217;un syst\u00e8me de bonus\/malus ou contrat de capitation). Ils re\u00e7oivent une r\u00e9mun\u00e9ration pour les frais suppl\u00e9mentaires li\u00e9s \u00e0 la gestion et \u00e0 la qualit\u00e9 du travail. Les contrats de collaboration avec les centres de sant\u00e9 (HMO) sont am\u00e9nag\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re; la plupart d&#8217;entre eux appartiennent \u00e0 des compagnies d&#8217;assurance-maladie et les m\u00e9decins sont salari\u00e9s.\u00a0En Suisse, il existe une centaine de r\u00e9seaux de m\u00e9decins et de HMO. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de l&#8217;ensemble des fournisseurs de prestations de base s&#8217;engage dans les r\u00e9seaux de m\u00e9decins. Dans certaines r\u00e9gions, pr\u00e8s d&#8217;un tiers des assur\u00e9s a d\u00e9j\u00e0 opt\u00e9 pour un mod\u00e8le alternatif d&#8217;assurance (par exemple canton de Thurgovie). Les r\u00e9seaux de m\u00e9decins se distinguent \u00e0 maints \u00e9gards Voir Berchtold P., Peier K. et Peier Ch., \u00abErfolgreiche Entwicklung der \u00c4rztenetze in der Schweiz\u00bb, Bulletin des m\u00e9decins suisses, n\u00b0 89\/47, 2008, pp. 2038-41.. Le graphique 1 et le graphique 2 montrent leur r\u00e9partition g\u00e9ographique, leur taille &#8211; autrement dit le nombre des assur\u00e9s et des m\u00e9decins qui en font partie &#8211; et le nombre d&#8217;ann\u00e9es d&#8217;exploitation. \u00c0 noter la multiplication des r\u00e9seaux au nord-est de la Suisse et dans les cantons de Berne, Gen\u00e8ve et Lucerne, tandis que leur nombre est beaucoup plus restreint dans le reste du pays.\u00a0Presque tous les r\u00e9seaux ont mis en place une ou plusieurs formes de gestion de la qualit\u00e9 (voir tableau 1). Les cercles de qualit\u00e9, que pratiquent obligatoirement 99% des r\u00e9seaux, constituent le point principal; les m\u00e9decins se rencontrent r\u00e9guli\u00e8rement pour assurer leur formation continue, pour parler de cas particuliers complexes, pour d\u00e9celer les \u00e9ventuelles erreurs de traitement ou pour \u00e9valuer de nouvelles th\u00e9rapies. Les directives th\u00e9rapeutiques, les informations institutionnalis\u00e9es sur les patients, l&#8217;organe de m\u00e9diation et le Conseil des patients compl\u00e8tent ce syst\u00e8me de qualit\u00e9. Les deux tiers des r\u00e9seaux ont leur propre service d&#8217;urgence et la moiti\u00e9 un service de consultation par t\u00e9l\u00e9phone.&#13;<\/p>\n<h3>Mod\u00e8les de t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe centre d&#8217;appel m\u00e9dical ou les mod\u00e8les de t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine repr\u00e9sentent une autre variante de mod\u00e8les contractuels. Les assur\u00e9s sont tenus, en cas de probl\u00e8me de sant\u00e9, de consulter d&#8217;abord par t\u00e9l\u00e9phone. Ici, des professionnels de la sant\u00e9 donnent des indications et des recommandations ou enjoignent le patient de consulter un m\u00e9decin ou de se rendre \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital. Dans ces mod\u00e8les, un contrat sp\u00e9cifique entre les assur\u00e9s et le centre d&#8217;appel r\u00e9git la protection des donn\u00e9es et l&#8217;assurance-qualit\u00e9. La gestion est plut\u00f4t ponctuelle et se limite actuellement en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 un appel. Les offres de traitement et de suivi ult\u00e9rieur pour certains patients sont, toutefois, possibles par t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine et sont aussi parfois propos\u00e9es, par exemple dans le cadre de programmes de \u00abdisease management\u00bb.&#13;<\/p>\n<h3>Mod\u00e8les non contractuels<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes mod\u00e8les non contractuels (bas\u00e9s sur des listes de m\u00e9decins ou \u00ablight\u00bb) ne sont pas r\u00e9gis par une quelconque r\u00e9glementa-tion contractuelle entre les assureurs et les m\u00e9decins. Ce sont des produits pour lesquels les assureurs d\u00e9finissent des listes &#8211; restreintes &#8211; de fournisseurs de prestations, d&#8217;o\u00f9 leur nom de \u00abmod\u00e8les bas\u00e9s sur des listes de m\u00e9decins\u00bb. Ils sont fermement rejet\u00e9s par les m\u00e9decins, qu&#8217;ils soient ind\u00e9pendants ou en r\u00e9seau. On leur reproche de favoriser la s\u00e9lection des risques et d&#8217;entraver fortement le d\u00e9veloppement des soins int\u00e9gr\u00e9s, en raison de leur manque de partenariat contractuel: en effet, les fournisseurs de prestations sont unilat\u00e9ralement choisis par les assureurs et les contrats qui les lient sont insuffisamment contraignants. Les assu-reurs sont, quant \u00e0 eux, convaincus que les listes sont pertinentes dans les r\u00e9gions o\u00f9 il n&#8217;existe pas de mod\u00e8les contractuels (r\u00e9seaux de m\u00e9decins\/HMO) et qu&#8217;elles doivent \u00eatre propos\u00e9es pour \u00e9conomiser sur les co\u00fbts. Comme la quote-part de tous les mod\u00e8les \u00abalternatifs\u00bb d&#8217;assurance est en hausse, les assureurs contestent l&#8217;id\u00e9e que les listes puissent constituer un obstacle aux soins int\u00e9gr\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Des mod\u00e8les int\u00e9gr\u00e9s en \u00e9volution<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe \u00abgatekeeping\u00bb est l&#8217;instrument de gestion central des mod\u00e8les actuels. En coordonnant les renvois vers les sp\u00e9cialistes ou le milieu hospitalier, les \u00abgatekeepers\u00bb sont suppos\u00e9s \u00e9viter les doubles examens et les traitements inutiles. Cela fonctionne tr\u00e8s bien pour les petits bobos et pour certaines maladies aigu\u00ebs simples.\u00a0Les soins et la gestion int\u00e9gr\u00e9s sont surtout pertinents pour les maladies chroniques complexes et pour les patients n\u00e9cessitant un suivi \u00e0 long terme lorsque de nombreux et multiples traitements ou suivis m\u00e9dicaux doivent \u00eatre coordonn\u00e9s et adapt\u00e9s les uns aux autres; les soins int\u00e9gr\u00e9s am\u00e9liorent la coordination et la gestion de ce type de cas, optimisent la qualit\u00e9 du traitement, garantissent l&#8217;approvisionnement en soins et augmentent l&#8217;efficacit\u00e9 des co\u00fbts. On distingue d\u00e9j\u00e0 des traits de l&#8217;\u00e9volution future:\u00a0&#8211; les m\u00e9decins sp\u00e9cialis\u00e9s s&#8217;engagent dans des r\u00e9seaux de m\u00e9decins existants ou mettent en place leurs propres r\u00e9seaux (p. ex. dans le secteur de la psychiatrie);\u00a0&#8211; les mod\u00e8les de m\u00e9decin de famille existants se positionnent comme des r\u00e9seaux de soins multidisciplinaires proposant une gamme de prestations tr\u00e8s large;\u00a0&#8211; les h\u00f4pitaux et les r\u00e9seaux de m\u00e9decins d\u00e9veloppent ensemble de nouveaux concepts r\u00e9gionaux de soins (p. ex. pour les urgences).\u00a0Les futurs mod\u00e8les \u00abmanaged care\u00bb et les r\u00e9seaux int\u00e9gr\u00e9s de m\u00e9decins serviront notamment de premier contact m\u00e9dical pour le tri et le traitement. Contrairement au \u00abgatekeeper\u00bb actuel, le \u00abcare manager\u00bb pourrait \u00eatre aussi bien un fournisseur de prestation de base (dans le cas de nouvelles maladies ou de maladies peu \u00e9videntes) qu&#8217;un m\u00e9decin sp\u00e9cialis\u00e9 (pour de nombreuses maladies chroniques). Tout parle en faveur du choix du premier interlocuteur m\u00e9dical par les patients &#8211; autrement dit leur \u00abcare manager\u00bb -, en fonction de leur besoins en mati\u00e8re de traitement et de leurs pr\u00e9f\u00e9rences Voir Berchtold P., \u00abDifferenziertere Steuerung statt T\u00fcrsteher, Torh\u00fcter oder Pf\u00f6rtner: R\u00e9seaux de m\u00e9decins: rel\u00e8ve m\u00e9dicale\u00bb, Bulletin des m\u00e9decins suisses, n\u00b0 88\/38, 2007, pp. 1586-87..&#13;<\/p>\n<h2>Des compromis intelligents pour des points de vue divergents<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe d\u00e9veloppement du \u00abmanaged care\u00bb en Suisse est aussi synonyme de solutions trouv\u00e9es en commun. Dans de nombreux pays europ\u00e9ens, les soins int\u00e9gr\u00e9s se sont diffus\u00e9s uniquement par le biais d&#8217;ordonnances l\u00e9gales ou dans des syst\u00e8mes de sant\u00e9 g\u00e9r\u00e9s par l&#8217;\u00c9tat. Ce n&#8217;est pas le cas de la Suisse, o\u00f9 leur d\u00e9veloppement provient de l&#8217;engagement et de la conviction de tous les protagonistes envers les soins int\u00e9gr\u00e9s, lesquels s&#8217;appuient sur une loi lib\u00e9rale en mati\u00e8re d&#8217;assurance-maladie. C&#8217;est pour le moins remarquable quand on sait que, dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 suisse, les int\u00e9r\u00eats des diff\u00e9rents protagonistes ne sont pas moins antagonistes qu&#8217;ailleurs. Pourtant, leur vision des principes (l\u00e9gaux), des attraits et des mod\u00e8les de gestion se sont rapproch\u00e9s \u00e0 maints \u00e9gards. Aujourd&#8217;hui, les protagonistes s&#8217;accordent globalement sur les points suivants:\u00a0&#8211; les soins int\u00e9gr\u00e9s permettent une meilleure qualit\u00e9 de soins et un meilleur rapport co\u00fbts\/b\u00e9n\u00e9fices gr\u00e2ce \u00e0 une coordination et \u00e0 une gestion contraignante;\u00a0&#8211; l&#8217;efficacit\u00e9 des co\u00fbts et l&#8217;optimisation de la qualit\u00e9 apparaissent principalement l\u00e0 o\u00f9 les r\u00e8gles de coordination et de gestion entre les fournisseurs de prestations et les assureurs sont r\u00e9gies de mani\u00e8re contractuelle;\u00a0&#8211; les soins int\u00e9gr\u00e9s deviendront tout particuli\u00e8rement importants dans les maladies chroniques complexes et chez les patients n\u00e9cessitant un suivi \u00e0 long terme;\u00a0&#8211; les soins int\u00e9gr\u00e9s encouragent l&#8217;acc\u00e8s et l&#8217;\u00e9change \u00e9lectronique d&#8217;informations relatives au patient entre les \u00e9quipes soignantes tout au long de la cha\u00eene de traitements gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me de cybersant\u00e9 qui garantit la confidentialit\u00e9 des donn\u00e9es;\u00a0&#8211; l&#8217;actuel assouplissement de l&#8217;obligation de contracter contenue dans les accords pass\u00e9s entre assureurs et r\u00e9seaux de m\u00e9decins est tout \u00e0 fait pertinente;\u00a0&#8211; une plus grande efficacit\u00e9 des co\u00fbts et une optimisation de la qualit\u00e9 sont de l&#8217;int\u00e9r\u00eat de tous les protagonistes: les fournisseurs de prestations, les assureurs et les patients;\u00a0&#8211; les assur\u00e9s optant pour un mod\u00e8le alternatif d&#8217;assurance doivent \u00eatre avantag\u00e9s financi\u00e8rement (r\u00e9ductions de primes, participation r\u00e9duite de l&#8217;assur\u00e9);\u00a0&#8211; la qualit\u00e9 des soins et du traitement (r\u00e9sultat final, performance) doit subir une \u00e9valuation renforc\u00e9e et accessible;\u00a0&#8211; les assur\u00e9s doivent \u00eatre libres de choisir leurs produits d&#8217;assurance comme les prestataires de sant\u00e9 leurs mod\u00e8les de soins;\u00a0&#8211; l&#8217;affinement de la compensation des risques qui entrera en vigueur en 2012 est une bonne chose et doit \u00eatre encore d\u00e9velopp\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe \u00abmanaged care\u00bb a r\u00e9ussi son implantation en Suisse. Les \u00e9tapes qui suivent seront, toutefois, d\u00e9cisives: un nouveau projet de loi traitant de la question a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 au Parlement. Les assureurs proposent constamment de nouveaux mod\u00e8les alternatifs et les r\u00e9seaux de soins de la prochaine g\u00e9n\u00e9ration sont en cours d&#8217;\u00e9laboration.\u00a0Des questions difficiles nous attendent aussi: quels objectifs voulonsnous atteindre avec les soins int\u00e9gr\u00e9s? Quels avantages les patients souffrant de maladies chroniques peuvent-ils retirer des soins int\u00e9gr\u00e9s? Peut-on (encore) r\u00e9duire les co\u00fbts? Peut-on (encore) am\u00e9liorer la qualit\u00e9? Quelles sont les options politiques et l\u00e9gales les plus efficaces? Voulons-nous poursuivre sur la voie du caract\u00e8re facultatif ou faut-il instaurer une obligation? Quelles r\u00e9mun\u00e9rations pour les prestations? Quelle doit \u00eatre la coresponsabilit\u00e9 du m\u00e9decin en mati\u00e8re budg\u00e9taire? Faut-il de meilleurs processus pour faire des \u00e9conomies? Que signifie la cybersant\u00e9? Comment mesure-t-on la qualit\u00e9 et comment r\u00e9pond-on aux attentes des patients? Le syst\u00e8me dit \u00abdu paiement \u00e0 la performance\u00bb est-il la solution d&#8217;avenir? A-t-on le droit de faire des b\u00e9n\u00e9fices sur les soins int\u00e9gr\u00e9s? On ne pourra r\u00e9pondre \u00e0 ces questions que si un dialogue s&#8217;instaure entre les protagonistes; l&#8217;\u00e9volution des soins int\u00e9gr\u00e9s en Suisse montre que cela est possible.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abNombre d&#8217;assur\u00e9s par r\u00e9seau de m\u00e9decins\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abNombre de m\u00e9decins par r\u00e9seau\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abStructure et qualit\u00e9 des r\u00e9seaux de m\u00e9decins (en&nbsp;% des r\u00e9seaux)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Caract\u00e9ristiques d&#8217;un r\u00e9seau de m\u00e9decins (selon la d\u00e9finition de med-swiss.net) &#8211; bas\u00e9 sur les m\u00e9decins: form\u00e9 par les fournisseurs de prestations et destin\u00e9 aux soins de sant\u00e9;- caract\u00e8re contraignant: collaboration r\u00e9gie par voie contractuelle entre les m\u00e9decins, les fournisseurs de prestations externes au r\u00e9seau et les r\u00e9pondants des co\u00fbts;- philosophie commune: action sur la base de processus de traitements convenus, structures organisationnelles d&#8217;entreprise et culture de suivi commune;- \u00abcare management\u00bb: gestion des prestations de sant\u00e9 tout en un, chaque fois que c&#8217;est possible;- bas\u00e9 sur les besoins: se base de mani\u00e8re cons\u00e9quente sur les besoins des patients;- bas\u00e9 sur la qualit\u00e9: s&#8217;engage pour une qualit\u00e9 de soins sup\u00e9rieure;- conscience des co\u00fbts: gestion \u00e9conome des moyens existants.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9\u00e9 il y a vingt ans, le premier HMO Health Maintenance Organization (organisation de maintien de la sant\u00e9). de Suisse \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une provocation \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Les critiques et les reproches ne lui furent pas \u00e9pargn\u00e9s: prestations bas de gamme, destruction du rapport de confiance entre le m\u00e9decin et le patient, m\u00e9decine des caisses-maladie. 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