{"id":152319,"date":"2009-11-01T12:00:00","date_gmt":"2009-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/11\/gantenbein-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:01:44","modified_gmt":"2023-08-23T23:01:44","slug":"gantenbein-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/11\/gantenbein-2\/","title":{"rendered":"Capital-risque en Suisse: la crise financi\u00e8re met-elle l&#8217;innovation en danger?"},"content":{"rendered":"<p>La Suisse offre en principe des conditions tr\u00e8s avantageuses pour la cr\u00e9ation d&#8217;entreprises innovantes, dont les activit\u00e9s contribuent grandement au renouvellement structurel de l&#8217;\u00e9conomie nationale. Trois facteurs peuvent toutefois contrarier l&#8217;innovation: la culture d&#8217;entreprise, l&#8217;attitude de la soci\u00e9t\u00e9 et le soutien politique. En mati\u00e8re de capital(et de capital-risque) indispensable \u00e0 la r\u00e9alisation d&#8217;id\u00e9es commercialisables, la Suisse occupe aujourd&#8217;hui une position tr\u00e8s moyenne en comparaison internationale. On peut donc se demander si la crise financi\u00e8re ne vient pas aggraver encore cette situation et s&#8217;il existe des possibilit\u00e9s d&#8217;y rem\u00e9dier dans certains domaines.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200911_18_Gantenbein_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPar rapport \u00e0 d&#8217;autres pays, la Suisse est d&#8217;un attrait g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Le m\u00e9rite en revient principalement \u00e0 la haute qualit\u00e9, internationalement reconnue, de sa formation professionnelle et universitaire, de m\u00eame qu&#8217;\u00e0 sa fiscalit\u00e9 avantageuse. Son niveau de vie \u00e9lev\u00e9 et la pr\u00e9sence sur son sol de groupes internationaux importants constituent, en outre, autant de clients potentiels qui font de la Suisse un site int\u00e9ressant pour la cr\u00e9ation d&#8217;entreprises.&#13;<\/p>\n<h2>Disponibilit\u00e9 en capital-risque: la Suisse \u00e0 la tra\u00eene<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl existe, toutefois, des faiblesses. D&#8217;abord, la disponibilit\u00e9 en capital-risque (CR) utile au financement de jeunes entreprises novatrices atteint chez nous un niveau plut\u00f4t modeste en comparaison internationale. \u00c0 cet \u00e9gard, la Suisse se classe bien au-dessous du peloton de t\u00eate compos\u00e9 notamment de Singapour, de la Finlande, de la Su\u00e8de ou encore des \u00c9tats-Unis, comme le signale le dernier Global Competitiveness Report du WEF (World Economic Forum).\u00a0Plusieurs raisons expliquent cela. D&#8217;abord, la Suisse se caract\u00e9rise par un taux d&#8217;\u00e9pargne tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Toutefois, contrairement \u00e0 ce qu&#8217;on observe dans des \u00c9tats comparables et poss\u00e9dant une bonne assise financi\u00e8re &#8211; comme Singapour -, seule une faible partie de cette \u00e9pargne est affect\u00e9e au renouvellement syst\u00e9matique de l&#8217;\u00e9conomie nationale. Dans certaines r\u00e9gions comme la Californie, le capital-risque atteint quelque 0,7% du produit int\u00e9rieur brut (PIB). En Suisse, on l&#8217;\u00e9value entre 0,08 et 0,12%.\u00a0Il faut ajouter \u00e0 cela une aversion structurelle au risque, notamment de la part des investisseurs institutionnels. Leur politique traditionnelle de gestion d&#8217;actifs fait que les caisses de pension et d&#8217;autres investisseurs institutionnels suisses &#8211; tout comme les particuliers tr\u00e8s fortun\u00e9s &#8211; ne s&#8217;engagent gu\u00e8re dans des titres non cot\u00e9s, encore moins dans le capital-risque. De m\u00eame, culturellement et historiquement, ces investisseurs sont moins familiaris\u00e9s que leurs homologues anglo-saxons avec le bouillonnement qui caract\u00e9rise ce segment de march\u00e9, toujours \u00e0 l&#8217;aff\u00fbt d&#8217;innovations.&#13;<\/p>\n<h2>Encouragement syst\u00e9matique de l&#8217;innovation dans les \u00e9conomies \u00e9mergentes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCette situation devient pr\u00e9occupante face \u00e0 l&#8217;\u00e9mergence rapide d&#8217;\u00e9conomies comme l&#8217;Inde et la Chine. Non contents de pratiquer une politique de promotion syst\u00e9matique de l&#8217;innovation dans des secteurs comp\u00e9titifs \u00e0 valeur ajout\u00e9e de plus en plus importante, ces pays absorbent aussi des volumes consid\u00e9rables de capitaux suisses dans des parcs industriels et d&#8217;innovation strat\u00e9giques associ\u00e9s \u00e0 des institutions universitaires. Le seul\u00a0\u00abScience Park\u00a0Zhongguancun\u00bb de P\u00e9kin absorberait ainsi, selon des estimations prudentes, dix fois plus de capital-risque que la Suisse ne peut en disposer! Les ressources financi\u00e8res ne sont, cependant, pas seules en jeu; il faut aussi des conditions-cadres favorables. L&#8217;atmosph\u00e8re propice \u00e0 la prise de risque na\u00eet, en outre, d&#8217;un syst\u00e8me dynamique anim\u00e9 par des acteurs vari\u00e9s, avec de nombreuses interactions et r\u00e9troactions stimulant l&#8217;invention et l&#8217;innovation.&#13;<\/p>\n<h2>Cons\u00e9quences de la crise financi\u00e8re: les facteurs directs&#8230;<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuelles sont les cons\u00e9quences de la crise financi\u00e8re sur les disponibilit\u00e9s en capital-risque et donc la capacit\u00e9 d&#8217;innovation de l&#8217;\u00e9conomie suisse? On distingue \u00e0 cet \u00e9gard des facteurs directs et indirects. Le principal facteur direct est la contrainte imm\u00e9diate o\u00f9 se trouvent les investisseurs actuels de placer en priorit\u00e9 leurs avoirs &#8211; m\u00eame s&#8217;ils tendent \u00e0 se r\u00e9duire avec la crise financi\u00e8re &#8211; dans les entreprises qui composent leur portefeuille, afin de soutenir leur extension &#8211; ralentie par la crise &#8211; et d&#8217;assurer leur p\u00e9rennit\u00e9. Cela r\u00e9duit ipso facto les possibilit\u00e9s d&#8217;investissement dans de nouvelles entreprises novatrices tr\u00e8s prometteuses. Ajoutons \u00e0 cela que les grandes soci\u00e9t\u00e9s, qui disposent souvent de leur propre d\u00e9partement CR et qui ont externalis\u00e9 de larges pans de leurs activit\u00e9s de recherche et de d\u00e9veloppement dans des entreprises financ\u00e9es par du capital-risque, r\u00e9duisent substantiellement leurs budgets de recherche en p\u00e9riodes de difficult\u00e9s financi\u00e8res et investissent moins dans des op\u00e9rations de ce type.&#13;<\/p>\n<h2>&#8230; et les facteurs indirects<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes facteurs indirects jouent aussi un r\u00f4le important. Depuis 2007, par exemple, il est devenu plus ardu d&#8217;emprunter des capitaux \u00e0 partir de titres non cot\u00e9s. Il est presque impossible d&#8217;obtenir aujourd&#8217;hui des fonds ext\u00e9rieurs destin\u00e9s \u00e0 du capital-risque.\u00a0Ce segment se nourrit actuellement de capital propre ou d&#8217;instruments financiers semblables \u00e0 du capital propre. Il est rare que l&#8217;on puisse obtenir un effet de levier gr\u00e2ce \u00e0 du capital emprunt\u00e9. La crise touche pr\u00e9cis\u00e9ment de plein fouet les affaires en CR &#8211; en particulier les nouvelles -, pour la raison que d\u00e8s les premiers tours de table financiers, il faut r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont le potentiel de croissance total des entreprises actuellement en portefeuille peut \u00eatre assur\u00e9 et que l&#8217;on tente en priorit\u00e9, au moyen des ressources disponibles, de les financer pour les aider \u00e0 traverser la crise.\u00a0Un autre facteur indirect a trait aux clients potentiels des jeunes entreprises, c&#8217;est-\u00e0-dire aux consommateurs finaux et aux entreprises acheteuses. Il arrive souvent que les premiers soient touch\u00e9s par des baisses de revenus et les seconds par un recul de la demande, ce qui se traduit par une contraction du march\u00e9. Le capital de d\u00e9part \u00e9tant moins important et surtout fourni, de nos jours, par des parents et connaissances (\u00abfamily, friends &amp; fools\u00bb ainsi que les fondations), les jeunes entreprises ont davantage de difficult\u00e9s \u00e0 faire leurs premiers pas. La capacit\u00e9 d&#8217;innovation en souffre, ainsi que la motivation des entreprises qui h\u00e9sitent \u00e0 traduire une id\u00e9e ou une invention en produits ou services commercialisables pouvant apporter \u00e0 la client\u00e8le des avantages nouveaux ou du moins nettement sup\u00e9rieurs aux pr\u00e9c\u00e9dents.\u00a0En r\u00e9sum\u00e9, cela signifie que la raret\u00e9 du capital-risque, d\u00e9j\u00e0 sensible en temps ordinaire, empire avec la crise financi\u00e8re. D\u00e8s lors, l&#8217;avenir s&#8217;assombrirait-il?&#13;<\/p>\n<h2>La crise, une opportunit\u00e9 pour les jeunes chefs d&#8217;entreprise dou\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe bon c\u00f4t\u00e9 de la crise pourrait \u00eatre d&#8217;obliger les jeunes chefs d&#8217;entreprises \u00e0 redoubler de cr\u00e9ativit\u00e9 et d&#8217;innovation tout en am\u00e9liorant leurs facult\u00e9s d&#8217;adaptation et de rebondissement. Cette remarque vaut \u00e9galement pour les institutions universitaires qui sont fr\u00e9quemment \u00e0 la crois\u00e9e de l&#8217;invention et de l&#8217;innovation. L&#8217;extr\u00eame vari\u00e9t\u00e9 des financements aide les chercheurs et les entrepreneurs \u00e0 trouver les meilleures solutions. La qu\u00eate de nouveaux partenaires de coop\u00e9ration et de nouvelles licences doit s&#8217;effectuer sur une plus large \u00e9chelle, encore plus rapidement et de mani\u00e8re plus cr\u00e9ative que d&#8217;ordinaire. Ceux qui souhaitent favoriser l&#8217;essor des innovations commercialisables doivent \u00e9tudier encore plus attentivement les niches commerciales, les moyens d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer les processus, ainsi que toutes voies inhabituelles susceptibles de conduire au but. Cela peut d&#8217;ailleurs \u00eatre une exp\u00e9rience extr\u00eamement enrichissante \u00e0 long terme. Sans une rapide capacit\u00e9 d&#8217;adaptation et d&#8217;apprentissage, de nombreuses opportunit\u00e9s situ\u00e9es au contact du monde \u00e9conomique risquent d&#8217;\u00eatre aujourd&#8217;hui g\u00e2ch\u00e9es.\u00a0M\u00eame si elle est importante, la disponibilit\u00e9 en capital-risque ne constitue qu&#8217;un facteur parmi d&#8217;autres du succ\u00e8s d&#8217;une entreprise. Pour les jeunes entreprises dont les innovations pr\u00e9sentent un fort potentiel commercial, l&#8217;apport purement technique de capitaux doit pouvoir s&#8217;appuyer sur les bons \u00abr\u00e9seauteurs\u00bb: par exemple des membres de leur conseil d&#8217;administration capables d&#8217;identifier et de d\u00e9finir de solides strat\u00e9gies. En mati\u00e8re de direction op\u00e9rationnelle, il est \u00e9galement important de disposer de personnes capables d&#8217;\u00e9tablir un bon budget de recherche et de d\u00e9veloppement, d&#8217;entretenir une culture de l&#8217;innovation dans l&#8217;entreprise, de nouer des alliances strat\u00e9giques et d&#8217;apporter des contacts avec des clients-cl\u00e9s (potentiels).\u00a0Le capital humain est un facteur d\u00e9cisif de la capacit\u00e9 de survie \u00e0 long terme des jeunes pousses (\u00abstart-up\u00bb). Les gens r\u00e9agissent de fa\u00e7on tr\u00e8s sensible aux signaux sp\u00e9cifiques \u00e0 l&#8217;entreprise quand il s&#8217;agit de son champ d&#8217;innovation. Dans ce domaine, les micro-innovations sont chaque fois les bienvenues. Il faut donc attribuer plus d&#8217;importance \u00e0 la recherche de comp\u00e9tences en mati\u00e8re de r\u00e9flexion, d&#8217;\u00e9coute et d&#8217;analyse, ainsi que de r\u00e9seautage, de flair commercial et de communication, notamment dans les affaires n\u00e9cessitant du CR. Malgr\u00e9 la crise financi\u00e8re et le durcissement des conditions n\u00e9cessaires \u00e0 la r\u00e9alisation d&#8217;un capital de d\u00e9part, ces \u00e9l\u00e9ments sont d\u00e9terminants et ne peuvent \u00eatre n\u00e9glig\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;exemple du Fonds europ\u00e9en d&#8217;investissement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour mieux accro\u00eetre le potentiel des jeunes entreprises et sortir plus forts de la crise, il importe d&#8217;agir sur le terrain. Autrement dit, plut\u00f4t que de laisser les choses au hasard, il nous faut d\u00e9finir une politique d&#8217;innovation durable, li\u00e9e \u00e0 la recherche universitaire et \u00e0 des p\u00f4les nationaux d&#8217;excellence. Le secteur priv\u00e9 &#8211; depuis les \u00abbusiness angels\u00bb jusqu&#8217;aux groupements d&#8217;investisseurs en passant par quelques fonds importants &#8211; fournit d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 un effort d\u00e9terminant en op\u00e9rant des investissements cibl\u00e9s dans des branches pr\u00e9cises (medtech, biotech, pharma, ICT). La Commission europ\u00e9enne a ouvert la voie avec le Fonds europ\u00e9en d&#8217;investissement (FEI) Voir <a href=\"http:\/\/www.eif.europa.eu\/venture\/activity\/index.htm\">www.eif.europa.eu\/venture\/activity\/index.htm<\/a> ., o\u00f9 une \u00e9quipe restreinte a pour mission de s\u00e9lectionner, pour le compte de la Banque europ\u00e9enne d&#8217;investissement, les quelque 300 gestionnaires de fonds en capital-risque de l&#8217;UE auxquels il sera accord\u00e9 un soutien financier (le capital actuellement \u00e0 disposition avoisine les 7 milliards de francs), afin de promouvoir dans plus de 1500 entreprises la commercialisation des technologies d\u00e9velopp\u00e9es au sein de l&#8217;UE. L&#8217;activit\u00e9 du FEI est le plus souvent tributaire des ressources substantielles de l&#8217;\u00e9conomie priv\u00e9e, dont les engagements \u00e9quivalent g\u00e9n\u00e9ralement au double de ceux du FEI. Le but est de garantir une s\u00e9lection des opportunit\u00e9s d&#8217;investissement selon des crit\u00e8res de capital-risque d\u00e9finis par l&#8217;\u00e9conomie priv\u00e9e. Ce type de partenariat public-priv\u00e9 d\u00e9veloppe dans la zone UE une culture efficace et comp\u00e9titive en mati\u00e8re de CR. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, le FEI ayant pour principe de ne pas acqu\u00e9rir plus de 10 \u00e0 35% du capital d&#8217;une jeune entreprise, il y a toujours pour chaque euro engag\u00e9 un investissement de deux \u00e0 dix euros du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;\u00e9conomie priv\u00e9, cela pour des risques collat\u00e9raux et un potentiel de d\u00e9veloppement identiques. Vu sous cet angle, le capital li\u00e9 au FEI joue donc le r\u00f4le de catalyseur pour des co-investissements priv\u00e9s estim\u00e9s \u00e0 20 milliards de francs.&#13;<\/p>\n<h2>Encourager en Suisse la propension au risque<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn Suisse, il s&#8217;agit aussi de faire en sorte que le manque d&#8217;audace ne prive pas le pays de financements hautement prometteurs. Non seulement les cr\u00e9ations d&#8217;entreprises viennent bousculer la routine, mais il n&#8217;est pas rare qu&#8217;on en suive le parcours avec d\u00e9fiance et envie. Bien des projets et id\u00e9es \u00e0 haut potentiel de valeur ajout\u00e9e et \u00e0 fort impact sur l&#8217;emploi sont abandonn\u00e9s en Suisse, que ceux-ci soient internes ou externes \u00e0 l&#8217;entreprise. Dans un environnement frileux, le capital-risque ou l&#8217;audace n\u00e9cessaires font souvent d\u00e9faut sur la voie de la commercialisation. Qui plus est, les institutions tourn\u00e9es vers la recherche fondamentale manquent souvent de flair strat\u00e9gique et de volont\u00e9 culturelle pour orienter leur budget sur des produits et des services commercialisables.\u00a0En Suisse comme dans toute l&#8217;Europe, les technologies d&#8217;avenir fleurissent et nombreux sont les \u00abangels groups\u00bb qui ne manquent pas d&#8217;argent. Il reste, toutefois, beaucoup \u00e0 faire pour changer les mentalit\u00e9s et mat\u00e9rialiser ces projets dans les r\u00e8gles de l&#8217;esprit d&#8217;entreprise. Si la Suisse fait incontestablement preuve d&#8217;une grande capacit\u00e9 inventive, elle tend aussi plus ou moins \u00e0 se satisfaire des r\u00e9compenses qu&#8217;elle r\u00e9colte pour ses travaux de recherche et \u00e9choue lamentablement &#8211; les exemples dans ce sens abondent dans toutes les branches ou presque &#8211; \u00e0 d\u00e9velopper des applications concr\u00e8tes au service des consommateurs, ce qui serait pourtant bien plus utile \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie nationale.&#13;<\/p>\n<h2>Professionnalisation des \u00abbusiness angels\u00bb<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUn autre point concerne la professionnalisation des \u00abbusiness angels\u00bb. La plupart d&#8217;entre eux travaillent \u00e0 150% dans leur entreprise et tendent \u00e0 consid\u00e9rer les financements d&#8217;amor\u00e7age comme des soutiens passifs. Aux \u00c9tats-Unis en revanche, la moiti\u00e9 d&#8217;entre eux environ sont des managers et des chefs d&#8217;entreprise jeunes retrait\u00e9s qui consacrent le clair de leur temps au financement de leurs prot\u00e9g\u00e9s; ils cherchent, selon la vision classique de l&#8217;argent fut\u00e9 (\u00absmart money\u00bb), \u00e0 mettre \u00e0 profit leur capital et leurs connaissances dans l&#8217;espoir permanent de concourir \u00e0 l&#8217;\u00e9closion, dans un paysage \u00e9conomique extr\u00eamement comp\u00e9titif, de la Siebel, Google, Genentech, Amazon, Starbucks ou Yahoo de demain Voir Lukas Andr\u00e9, Bewertung und Selektion von Hightech-Start-ups durch Venture-Capital-Gesellschaften und Business Angel, Seca Booklet 2\/2009..\u00a0Ces derniers mois, la Swiss Private Equity &amp; Corporate Finance Association (Seca) a elle aussi publi\u00e9 un mod\u00e8le con\u00e7u comme un dispositif contractuel pour les tours de financement. D&#8217;autres suivront d&#8217;ici la fin 2010 pour tenter de fixer le plus possible de r\u00e8gles dans la phase pr\u00e9coce de financement et de g\u00e9n\u00e9rer davantage d&#8217;accords, gr\u00e2ce \u00e0 des co\u00fbts de transaction moindres et une meilleure connaissance du march\u00e9. Cet effort ne doit pas \u00eatre sous-estim\u00e9, car aujourd&#8217;hui plus que jamais, c&#8217;est une marque de sant\u00e9 pour une \u00e9conomie que de convertir ce que l&#8217;on nomme les \u00abvirgin angels\u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire les nouveaux venus en la mati\u00e8re, en \u00abbusiness angels\u00bb avis\u00e9s et gagnants.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abDisponibilit\u00e9 en capital-risque pour le financement de jeunes entreprises\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Suisse offre en principe des conditions tr\u00e8s avantageuses pour la cr\u00e9ation d&#8217;entreprises innovantes, dont les activit\u00e9s contribuent grandement au renouvellement structurel de l&#8217;\u00e9conomie nationale. Trois facteurs peuvent toutefois contrarier l&#8217;innovation: la culture d&#8217;entreprise, l&#8217;attitude de la soci\u00e9t\u00e9 et le soutien politique. 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