{"id":152384,"date":"2009-11-01T12:00:00","date_gmt":"2009-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/11\/spycher-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:01:50","modified_gmt":"2023-08-23T23:01:50","slug":"spycher-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/11\/spycher-4\/","title":{"rendered":"Faire des \u00e9conomies ailleurs que dans le financement de l&#8217;assurance-maladie?"},"content":{"rendered":"<p>La hausse des co\u00fbts de la sant\u00e9 publique est appel\u00e9e \u00e0 se poursuivre. Il existe un potentiel de gain d&#8217;efficience dans l&#8217;assurance-maladie (AMal) qu&#8217;il est urgent d&#8217;exploiter. Cependant, cela ne saurait suffire pour infl\u00e9chir la tendance de fond. C&#8217;est pourquoi l&#8217;attention se reporte de plus en plus sur les mesures ext\u00e9rieures au financement de l&#8217;AMal: si la population est en meilleure sant\u00e9, elle aura moins recours \u00e0 ses prestations.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes co\u00fbts de la sant\u00e9 en Suisse augmentent depuis de longues ann\u00e9es. D\u00e8s les ann\u00e9es septante, on parlait d&#8217;\u00abexplosion des co\u00fbts\u00bb ou d\u00abexplosion des primes\u00bb. Cependant, l&#8217;image est inexacte. Plut\u00f4t que d&#8217;\u00bbexplosion\u00bb, il faudrait parler d&#8217;une \u00e9volution plus ou moins continue des co\u00fbts de la sant\u00e9 depuis 1960. C&#8217;est ce qui ressort d&#8217;une comparaison internationale (voir graphique 1): les co\u00fbts moyens dans les pays de l&#8217;OCDE ont progress\u00e9, entre 1960 et 2007, de 48 dollars \u00e0 3075 dollars par habitant (\u00e0 pouvoir d&#8217;achat \u00e9gal). \u00c0 l&#8217;exception des \u00c9tats-Unis, la plupart des pays d\u00e9velopp\u00e9s ont connu une \u00e9volution similaire. L&#8217;Allemagne et les Pays-Bas, qui ont un syst\u00e8me de sant\u00e9 comparable \u00e0 celui de la Suisse, ont connu une \u00e9volution semblable, mais \u00e0 un niveau un peu plus faible. La Grande-Bretagne &#8211; un pays o\u00f9 le syst\u00e8me de sant\u00e9 est enti\u00e8rement public &#8211; conna\u00eet \u00e9galement une \u00e9volution comparable, mais \u00e0 un niveau l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la moyenne des pays de l&#8217;OCDE.\u00a0Le graphique 1 donne l&#8217;impression d&#8217;une \u00e9volution exponentielle. Toutefois, pendant la m\u00eame p\u00e9riode, la prosp\u00e9rit\u00e9 a \u00e9galement fortement augment\u00e9. L&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts de la sant\u00e9 par rapport au produit int\u00e9rieur brut (PIB) appara\u00eet du coup beaucoup plus mod\u00e9r\u00e9e (voir graphique 2). \u00c9tant donn\u00e9 la forte croissance \u00e9conomique que la Suisse a enregistr\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les co\u00fbts en pourcentage du PIB ont m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement diminu\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Les facteurs responsables de l&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts de la sant\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuels sont les facteurs responsables de l&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts \u00e0 long terme? Les \u00e9tudes de synth\u00e8se les plus r\u00e9centes en recensent \u00e0 la fois du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;offre et de la demande Camenzind (2008) et Camenzind et al. (2008).. Dans ce dernier cas, l&#8217;\u00e9volution de la prosp\u00e9rit\u00e9 joue un r\u00f4le central. Plus grande est celle-ci, plus importante est la part des ressources d\u00e9pens\u00e9es pour la sant\u00e9. Viennent ensuite la structure d\u00e9mographique de la population et le comportement en mati\u00e8re de recours aux prestations. Des \u00e9tudes dans le domaine de l&#8217;assurance-invalidit\u00e9 montrent, par exemple, de fa\u00e7on frappante comment la notion de maladie a \u00e9volu\u00e9 durant ces derni\u00e8res ann\u00e9es Bachmann\/Furrer (1999).. La densit\u00e9 et la qualit\u00e9 de l&#8217;offre jouent \u00e9videmment un r\u00f4le important. Des analyses empiriques attribuent par ailleurs une influence importante au progr\u00e8s technologique et m\u00e9dical. Un dernier facteur essentiel est celui du r\u00e9gime de l&#8217;assurance-maladie. Les syst\u00e8mes de march\u00e9, plus ouverts, se caract\u00e9risent par des co\u00fbts sup\u00e9rieurs aux syst\u00e8mes publics, plus r\u00e9glement\u00e9s.\u00a0Dans les r\u00e9cents d\u00e9bats concernant l&#8217;augmentation des primes 2010, il \u00e9tait r\u00e9guli\u00e8rement question du comportement \u00abconsum\u00e9riste\u00bb des assur\u00e9s, dont on disait qu&#8217;ils se servent comme dans un \u00absupermarch\u00e9\u00bb. Pour l&#8217;instant, aucune \u00e9tude ne vient \u00e9tayer ces hypoth\u00e8ses. La participation des assur\u00e9s aux co\u00fbts, sup\u00e9rieure en Suisse \u00e0 la moyenne internationale, de m\u00eame que la comp\u00e9tence des m\u00e9decins devraient freiner consid\u00e9rablement ce genre de comportement. Un coup d&#8217;oeil sur la r\u00e9partition des co\u00fbts montre que le \u00abcomportement consum\u00e9riste\u00bb ne peut avoir qu&#8217;un impact limit\u00e9 (voir graphique 3). 80% de la population g\u00e9n\u00e8rent des co\u00fbts inf\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne (moins de 3000\u00a0francs) et ne sont responsables que de 19% des co\u00fbts totaux. Les 6% de la population les plus gravement malades en revanche sont responsables de 52% de l&#8217;ensemble des co\u00fbts. Dans cette cat\u00e9gorie, le \u00abcomportement consum\u00e9riste\u00bb n&#8217;a sans doute qu&#8217;une influence mineure.\u00a0Dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, \u00e0 moins d&#8217;un changement d&#8217;orientation majeur dans la politique de sant\u00e9 publique, les co\u00fbts de la sant\u00e9 continueront d&#8217;augmenter. Colombier (2008) escompte que la quote-part des co\u00fbts de la sant\u00e9 dans le PIB passera de 10,8% actuellement \u00e0 13,5% en 2030 et \u00e0 15,4% en 2050. Vuilleumier et al. (2007), avec d&#8217;autres m\u00e9thodes d&#8217;\u00e9valuation, arrivent \u00e0 des valeurs comprises entre 15,4% et 16,7% d\u00e8s 2030. Les causes de cette augmentation future restent les m\u00eames que dans le pass\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Probl\u00e8me de financement ou de co\u00fbts?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl n&#8217;existe ni un montant \u00aboptimal\u00bb, ni un pourcentage \u00aboptimal\u00bb par rapport au PIB, ni une croissance \u00aboptimale\u00bb des co\u00fbts. Sur le plan scientifique, on peut seulement dire si les prestations actuelles sont fournies de fa\u00e7on efficiente. \u00c0 cet \u00e9gard, la litt\u00e9rature indique que la Suisse peut faire mieux Voir, par exemple, OCDE\/OMS (2006), Leu et al. (2008)..\u00a0La question se pose d&#8217;abord de savoir pourquoi, sur le plan de la politique de la sant\u00e9, l&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts et des primes est jug\u00e9e aussi probl\u00e9matique. Deux groupes au moins de personnes retiennent notre attention: le premier, la population en bonne sant\u00e9. Celle-ci paie ses primes ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, mais elle a le sentiment de ne recevoir quasiment aucune prestation directe en retour, hormis la s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;\u00eatre correctement prise en charge en cas de besoin. Cependant, comme, en moyenne statistique, la sant\u00e9 se d\u00e9t\u00e9riore avec l&#8217;\u00e2ge, les personnes actuellement en bonne sant\u00e9 devraient aussi voir les choses sous l&#8217;angle intertemporel. Or, \u00e0 l&#8217;heure actuelle, il n&#8217;existe malheureusement pas encore d&#8217;\u00e9tude d&#8217;incidence intertemporelle nous disant quels sont, sur un cycle de vie, les gagnants nets et les perdants nets du syst\u00e8me de sant\u00e9 L&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique a command\u00e9 une \u00e9tude sur cette question.. L&#8217;autre cat\u00e9gorie est celle des m\u00e9nages \u00e0 bas revenu ne b\u00e9n\u00e9ficiant pas ou de fa\u00e7on tr\u00e8s limit\u00e9e d&#8217;une r\u00e9duction de primes. Elle est la plus durement touch\u00e9e par l&#8217;augmentation annuelle des primes. Malheureusement nous ne disposons pas d&#8217;\u00e9tudes empiriques r\u00e9centes nous renseignant, d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, sur le nombre des personnes ou de m\u00e9nages concern\u00e9s et, de l&#8217;autre, sur les effets qu&#8217;ont sur ces groupes l&#8217;augmentation des primes.\u00a0En faisant abstraction du potentiel d&#8217;efficience existant dans l&#8217;AMal, si nous consid\u00e9rons que l&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts s&#8217;accompagne d&#8217;un accroissement des prestations de la sant\u00e9 et d&#8217;une am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de la vie, l&#8217;augmentation des co\u00fbts et des primes ne devrait pas poser de probl\u00e8me en soi. Certaines cat\u00e9gories de la population connaissent, cependant, un probl\u00e8me de financement, tandis que les personnes en bonne sant\u00e9 posent un probl\u00e8me de solidarit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Par o\u00f9 commencer?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi, dans les consid\u00e9rations qui suivent, nous partons du principe que des \u00e9conomies s&#8217;imposent en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique, par o\u00f9 commencer? En premier lieu, il s&#8217;agit d&#8217;opter pour un r\u00e9gime d\u00e9termin\u00e9. On a le choix entre les syst\u00e8mes \u00e0 forte pr\u00e9pond\u00e9rance \u00e9tatique, et ceux o\u00f9 domine le principe de l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9. En Suisse, nous avons opt\u00e9, d\u00e8s l&#8217;introduction de la LAMA (avant 1996) et plus r\u00e9solument avec la LAMal, pour une variante modifi\u00e9e de la \u00abconcurrence r\u00e9gul\u00e9e\u00bb Hammer et al. (2008).. Ce r\u00e9gime repose essentiellement sur une coordination entre l&#8217;offre et la demande obtenue par les m\u00e9canismes de l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 (tant du c\u00f4t\u00e9 des assureurs que des fournisseurs de prestations). Cette ouverture se traduit par une augmentation des co\u00fbts lorsque le produit, comme c&#8217;est le cas des prestations de la sant\u00e9 publique, est l&#8217;objet d&#8217;une demande croissante, et que les gains de productivit\u00e9 sont limit\u00e9s. Les r\u00e9gimes \u00e0 caract\u00e8re plus \u00e9tatique ont davantage de possibilit\u00e9s de contr\u00f4ler l&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts. Cela d\u00e9bouche souvent sur d&#8217;autres effets n\u00e9gatifs (par exemple files d&#8217;attente, m\u00e9decine \u00e0 deux vitesses, etc.).\u00a0Or, quelles options reste-t-il pour faire des \u00e9conomies si on ne veut pas remettre en question la r\u00e9partition des t\u00e2ches entre l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 et l&#8217;\u00c9tat telle qu&#8217;elle est mise en oeuvre par la LAMal? Des possibilit\u00e9s d&#8217;\u00e9conomiser existent, tant \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur qu&#8217;\u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur de l&#8217;assurance-maladie.&#13;<\/p>\n<h2>Possibilit\u00e9s d&#8217;\u00e9conomies \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;assurance-maladie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nFaut-il s&#8217;attaquer aux gros morceaux ou multiplier les petits chantiers? La controverse dure depuis des ann\u00e9es. De notre point de vue, il est raisonnable de faire et l&#8217;un et l&#8217;autre, en donnant cependant la priorit\u00e9 aux gros morceaux. Il faut par ailleurs retenir les enseignements du graphique 3: s&#8217;il s&#8217;agit de faire des \u00e9conomies, il faut commencer par regarder de pr\u00e8s comment se r\u00e9partissent les co\u00fbts. S&#8217;il s&#8217;agit de faire des \u00e9conomies substantielles, il faut commencer par les assur\u00e9s les plus gravement malades. Or, le groupe des cas \u00e0 co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 est tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne Sommer\/Biersack (2005).. C&#8217;est pourquoi les r\u00e9ponses ne sauraient \u00eatre simples et devront \u00eatre diff\u00e9renci\u00e9es. En outre, cette cat\u00e9gorie d&#8217;assur\u00e9s soul\u00e8ve d&#8217;embl\u00e9e des probl\u00e8mes \u00e9thiques (notamment celui du rationnement).\u00a0Parmi les gros morceaux o\u00f9 des \u00e9conomies sont possibles, il faut mentionner:\u00a0&#8211; le passage d&#8217;une forme de fourniture de prestations jusqu&#8217;ici tr\u00e8s peu coordonn\u00e9e \u00e0 des prestations int\u00e9gr\u00e9es, d\u00e9finies en fonction des besoins sp\u00e9cifiques du patient (gr\u00e2ce, entre autres, aux r\u00e9seaux de soins int\u00e9gr\u00e9s et \u00e0 la mise en oeuvre des instruments de la cybersant\u00e9);\u00a0&#8211; la correction d&#8217;incitations malvenues s&#8217;adressant aux diff\u00e9rents acteurs, afin que ceux-ci d\u00e9terminent leur action compte tenu du co\u00fbt et de l&#8217;utilit\u00e9 de celle-ci (par exemple introduction de la libert\u00e9 de contracter, recours plus fr\u00e9quent \u00e0 des indemnit\u00e9s forfaitaires, introduction d&#8217;un financement moniste, r\u00e9forme plus pouss\u00e9e de la compensation des risques avec une meilleure prise en compte de la morbidit\u00e9 des assur\u00e9s).\u00a0La constitution de r\u00e9gions de ravitaillement plus \u00e9tendues est souvent, et pour des raisons compr\u00e9hensibles, compt\u00e9e parmi les gros morceaux, mais son potentiel d&#8217;\u00e9conomies n&#8217;est malheureusement pas (encore) \u00e9tay\u00e9 par des \u00e9tudes valid\u00e9es. Le degr\u00e9 de centralisation est sans doute plus d\u00e9terminant que l&#8217;\u00e9tendue d&#8217;une r\u00e9gion. Parmi les chantiers plus petits ou interm\u00e9diaires, on compte, par exemple, les correctifs \u00e0 apporter aux tarifs, les adaptations \u00e0 apporter aux prix des m\u00e9dicaments, ainsi que l&#8217;autorisation des importations parall\u00e8les. En revanche, on ne peut pas attendre des gains d&#8217;efficience autres que mineurs de l&#8217;introduction du conseil t\u00e9l\u00e9phonique, de la prise en charge des assur\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger ainsi que de la substitution ponctuelle de m\u00e9decins par des non-m\u00e9decins.\u00a0Les mesures \u00e9num\u00e9r\u00e9es plus haut ne sont pr\u00e9sent\u00e9es ici que sous l&#8217;angle de leur efficience. Bien entendu, il est possible et souhaitable qu&#8217;elles d\u00e9ploient \u00e9galement leurs effets dans d&#8217;autres domaines. L&#8217;introduction de la cybersant\u00e9 et de la libert\u00e9 de contracter, par exemple, aurait des cons\u00e9quences majeures pour l&#8217;am\u00e9lioration de la qualit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h3>R\u00e9duire le catalogue des prestations de base aurait des effets douteux<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nBien entendu, pour r\u00e9duire les co\u00fbts, on pourrait toucher aux piliers centraux du syst\u00e8me actuel sans pour autant attenter aux principes fondateurs de la LAMal. On pourrait ainsi r\u00e9duire le catalogue des prestations de base. Cela engendrerait d&#8217;abord un d\u00e9placement des co\u00fbts. Les prestations ne figurant plus au catalogue des prestations de base ne seraient plus prises en charge par l&#8217;AMal. La solidarit\u00e9 entre assur\u00e9s sains et malades s&#8217;en trouverait compromise, mais en r\u00e9sulterait-il de vraies \u00e9conomies? Celles-ci seraient sans aucun doute tr\u00e8s limit\u00e9es et ne concerneraient que les prestations \u00abind\u00fbment\u00bb sollicit\u00e9es auparavant. Une r\u00e9duction pourrait \u00e9galement \u00eatre escompt\u00e9e au niveau des m\u00e9nages \u00e0 bas revenu. Une autre voie nous para\u00eet plus judicieuse: la cr\u00e9ation d&#8217;incitations poussant les m\u00e9decins \u00e0 n&#8217;apporter que les prestations n\u00e9cessaires, efficaces, appropri\u00e9es et efficientes. \u00c0 cette fin, il faudrait \u00e9tudier des instruments autres que la r\u00e9duction du catalogue des prestations de base (notamment l&#8217;introduction de la libert\u00e9 de contracter, la promotion de la prise en charge int\u00e9gr\u00e9e, ainsi qu&#8217;un recours renforc\u00e9 aux indemnit\u00e9s forfaitaires).&#13;<\/p>\n<h3>Possibilit\u00e9s d&#8217;\u00e9conomies \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur de l&#8217;assurance-maladie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe graphique 4 est un sch\u00e9ma tr\u00e8s simplifi\u00e9 montrant comment naissent les co\u00fbts de sant\u00e9. L&#8217;\u00e9tat sanitaire est influenc\u00e9 par des d\u00e9terminants individuels et structurels. Parmi les d\u00e9terminants individuels, on trouve l&#8217;\u00e2ge, le sexe, la pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique et le comportement face \u00e0 la sant\u00e9. Parmi les d\u00e9terminants structurels figurent les conditions de travail, la qualit\u00e9 de l&#8217;environnement et des transports, les r\u00e9seaux sociaux, l&#8217;\u00e9ducation, etc. L&#8217;\u00e9tat sanitaire influe sur le syst\u00e8me de sant\u00e9 et sur l&#8217;\u00e9tat de l&#8217;\u00e9conomie. Or, jusqu&#8217;ici, on est loin d&#8217;avoir pris la mesure, en Suisse, de ce lien existant entre sant\u00e9 et \u00e9conomie: la sant\u00e9, c&#8217;est la richesse (\u00abhealth is wealth\u00bb). Si nous suivons ce mod\u00e8le simple, il para\u00eet logique d&#8217;investir dans les d\u00e9terminants de la sant\u00e9 pour faire des \u00e9conomies. Colombier (2008) montre que l&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;\u00e9tat sanitaire, toutes autres choses restant \u00e9gales, ferait passer les co\u00fbts de la sant\u00e9 en l&#8217;an 2050 de 15,5% \u00e0 seulement 14,6%. Weaver et al. (2008) font \u00e9tat de r\u00e9sultats analogues pour le secteur des soins de longue dur\u00e9e. Il est vrai que les \u00e9tudes cit\u00e9es ne prennent pas en compte les co\u00fbts n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;\u00e9tat sanitaire.\u00a0Sur quels d\u00e9terminants agir (en faisant abstraction des investissements \u00e0 consentir) pour obtenir une am\u00e9lioration sensible de l&#8217;\u00e9tat sanitaire? Kickbusch (2008) sugg\u00e8re de privil\u00e9gier les approches suivantes:\u00a0&#8211; r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s sociales qui, aujourd&#8217;hui encore, produisent d&#8217;importantes in\u00e9galit\u00e9s en termes de sant\u00e9 (notamment par une meilleure formation);\u00a0&#8211; am\u00e9lioration des conditions de travail; r\u00e9duction du ch\u00f4mage;\u00a0&#8211; d\u00e9veloppement de la culture sanitaire des individus de fa\u00e7on \u00e0 am\u00e9liorer leur comportement en mati\u00e8re de sant\u00e9 (notamment dans les domaines du tabagisme, de la consommation d&#8217;alcool, de l&#8217;alimentation et de l&#8217;exercice physique).&#13;<\/p>\n<h3>Les d\u00e9terminants dot\u00e9s d&#8217;un bon rapport co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nPeut-on trouver des mesures qui permettraient d&#8217;am\u00e9liorer le rapport co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice des d\u00e9terminants de la sant\u00e9? Il faut avant cela pr\u00e9ciser ce qu&#8217;on entend par co\u00fbt et b\u00e9n\u00e9fice. Souvent, nous \u00e9pousons le point de vue de l&#8217;assurance-maladie pour laquelle les co\u00fbts se r\u00e9duisent aux co\u00fbts suppl\u00e9mentaires qui font augmenter les primes et le b\u00e9n\u00e9fice aux co\u00fbts que l&#8217;AMal aura pu \u00e9conomiser. Or, dans bien des cas, cette d\u00e9finition ne tient compte que d&#8217;une partie de la r\u00e9alit\u00e9. Si on prend l&#8217;exemple du tabagisme et de l&#8217;abus d&#8217;alcool, une partie seulement du co\u00fbt subi par l&#8217;\u00e9conomie rel\u00e8ve du domaine de l&#8217;assurance-maladie. En effet, il en r\u00e9sulte des co\u00fbts indirects (dus, par exemple, \u00e0 l&#8217;absent\u00e9isme) et intangibles (dus, par exemple, \u00e0 la diminution de la qualit\u00e9 de vie). Une mesure peut donc parfaitement avoir un effet positif sur le plan \u00e9conomique, mais n\u00e9gatif en termes de rapport co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice pour l&#8217;AMal. Qui plus est, il existe des mesures qui g\u00e9n\u00e8rent un suppl\u00e9ment de co\u00fbt dans le domaine des co\u00fbts directs (internes \u00e0 l&#8217;assurance-maladie), mais dont le b\u00e9n\u00e9fice se traduit essentiellement par l&#8217;am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie, qui ne rel\u00e8ve pas du domaine de l&#8217;AMal.\u00a0Dans le domaine de la pr\u00e9vention et de la promotion de la sant\u00e9, il existe d\u00e9j\u00e0, malgr\u00e9 des d\u00e9fis m\u00e9thodologiques consid\u00e9rables, de nombreuses \u00e9tudes en Suisse et \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger qui confirment le rapport co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice positif de certaines mesures Voir par exemple Abelson (2003) ou la banque de donn\u00e9es sp\u00e9cialis\u00e9es OMS-Choice: www.who.int\/choice.. L&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP) a lui-m\u00eame men\u00e9 plusieurs analyses d&#8217;impact et d&#8217;\u00e9valuation en ce domaine. En outre, il publiera prochainement les r\u00e9sultats d&#8217;analyses co\u00fbts-b\u00e9n\u00e9fices de programmes de pr\u00e9vention pluriannuels dans les domaines du tabagisme, de l&#8217;alcoolisme et des accidents. Le rapport co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;autres d\u00e9terminants de la sant\u00e9 a \u00e9t\u00e9 moins \u00e9tudi\u00e9, ne serait-ce que parce qu&#8217;il est extr\u00eamement difficile d&#8217;en mesurer l&#8217;impact (s&#8217;agissant, par exemple, de l&#8217;am\u00e9lioration de la culture sanitaire \u00e0 l&#8217;\u00e9cole et dans les entreprises).&#13;<\/p>\n<h2>Programme d&#8217;action en sant\u00e9 publique pour les ann\u00e9es \u00e0 venir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts et des primes restera \u00e0 l&#8217;ordre du jour politique dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Toutefois, dans une optique plus vaste, d&#8217;autres th\u00e8mes auront une tout aussi grande importance pour la sant\u00e9 et la qualit\u00e9 de vie de la population. En voici deux grands exemples:\u00a01. Professionnels de la sant\u00e9: les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es jusqu&#8217;ici par l&#8217;Observatoire suisse de la sant\u00e9 Seematter-Bagnoud et al. (2008), Jaccard Ruedin\/Weaver (2009). nous signalent que dans les vingt ann\u00e9es \u00e0 venir, dans les professions m\u00e9dicales et non-m\u00e9dicales du domaine de la sant\u00e9, d&#8217;une part, les d\u00e9parts \u00e0 la retraite ne pourront pas tous \u00eatre compens\u00e9s et que, d&#8217;autre part, les besoins suppl\u00e9mentaires d\u00e9coulant des changements d\u00e9mographiques ne pourront pas \u00eatre couverts. Compte tenu de la dur\u00e9e des \u00e9tudes et des formations, il est urgent d&#8217;agir. Il est vrai que l&#8217;augmentation du nombre de dipl\u00f4m\u00e9s ne suffira pas \u00e0 r\u00e9soudre un probl\u00e8me bien plus complexe. En premier lieu, il serait urgent de renforcer l&#8217;int\u00e9gration de la prise en charge de m\u00eame que la pr\u00e9vention et la promotion de la sant\u00e9. Ces deux mesures r\u00e9duisent la demande en personnel. Toutefois, comme la concurrence sera rude avec d&#8217;autres secteurs qui chercheront \u00e0 attirer des jeunes, il nous faut savoir qu&#8217;\u00e0 plus long terme, nous devrons continuer \u00e0 recruter une proportion consid\u00e9rable des professionnels de la sant\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Il conviendra \u00e9galement d&#8217;harmoniser le contenu des programmes des diff\u00e9rentes professions, afin que des soins int\u00e9gr\u00e9s soient possibles. C&#8217;est sur la formation que repose les gains en qualit\u00e9, car elle permet aux professionnels de la sant\u00e9 de collaborer efficacement tout au long de la cha\u00eene de soins et donc d&#8217;\u00e9conomiser sur les co\u00fbts. Des formations \u00e0 la fois larges et diff\u00e9renci\u00e9es \u00e0 chacune de leurs \u00e9tapes peuvent, en outre, offrir des possibilit\u00e9s de carri\u00e8re qui int\u00e9resseront les jeunes g\u00e9n\u00e9rations et des perspectives \u00e0 ceux qui reprennent des \u00e9tudes.\u00a02. Harmonisation avec l&#8217;UE: des n\u00e9gociations sont en cours depuis 2008 entre la Suisse et l&#8217;UE en vue d&#8217;un accord bilat\u00e9ral sur la sant\u00e9. Sans vouloir pr\u00e9juger des r\u00e9sultats, on peut d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 dire que cet accord aura un impact important sur la Suisse dans plusieurs domaines. Il nous faut notamment \u00eatre attentifs au projet de directive (414\/2008) de l&#8217;UE relative \u00e0 la mobilit\u00e9 des patients. Lorsqu&#8217;elle entrera dans l&#8217;acquis communautaire, que la Suisse doit reprendre, nos fronti\u00e8res s&#8217;ouvriront largement, et nous devrons faire face \u00e0 des exigences nouvelles dans le domaine de la cybersant\u00e9 et de la garantie de la qualit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est fort probable que les co\u00fbts de la sant\u00e9 continueront d&#8217;augmenter dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. La politique de la sant\u00e9 influencera le rythme de cette croissance sans pour autant infl\u00e9chir la tendance. Cela tient, d&#8217;une part, \u00e0 des causes sous-jacentes (vieillissement de la population, progr\u00e8s technique et m\u00e9dical, accroissement de la prosp\u00e9rit\u00e9). D&#8217;autre part, des interventions majeures sur l&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts n\u00e9cessiteraient des mesures drastiques de r\u00e9gulation du syst\u00e8me de la sant\u00e9 qui soul\u00e8vent des questions d\u00e9licates (notamment de rationnement) et pour lesquelles la situation n&#8217;appara\u00eet pas encore m\u00fbre politiquement.\u00a0La progression des co\u00fbts a m\u00eame un c\u00f4t\u00e9 positif dans la mesure o\u00f9 elle refl\u00e8te &#8211; compte tenu \u00e9galement des r\u00e9serves d&#8217;efficience existantes &#8211; l&#8217;importance croissante de ce secteur \u00e9conomique et donc son impact pour l&#8217;emploi. Cependant, les probl\u00e8mes de financement qui en r\u00e9sultent &#8211; et auxquels il faudra s&#8217;attaquer &#8211; pour certaines couches de la population sont moins r\u00e9jouissants. Comme l&#8217;assurance-maladie est d&#8217;essence sociale, la discussion sur l&#8217;augmentation des co\u00fbts devra davantage prendre en compte la question des \u00ablimites de la solidarit\u00e9\u00bb. Les r\u00e9serves d&#8217;efficience mentionn\u00e9es (il est question de 20 \u00e0 25% des co\u00fbts actuels) doivent \u00eatre exploit\u00e9es de fa\u00e7on syst\u00e9matique. Toutefois, si nous ambitionnons de stabiliser un jour durablement les co\u00fbts de la sant\u00e9 (par exemple \u00e0 un niveau de 10% du PIB), il faudra passer par des interventions de l&#8217;\u00c9tat qui entreront en conflit avec d&#8217;autres objectifs (qualit\u00e9, solidarit\u00e9). Il faudra donc des strat\u00e9gies qui, par leur impact sur les d\u00e9terminants de la sant\u00e9, am\u00e9liorent la sant\u00e9 et la qualit\u00e9 de vie de la population et contribuent de ce fait indirectement \u00e0 une r\u00e9duction des co\u00fbts.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00ab\u00c9volution des co\u00fbts de la sant\u00e9 par habitant dans quelques pays, 1960-2007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00ab\u00c9volution de la quote-part des co\u00fbts de la sant\u00e9\u0301 dans le PIB de certains pays, 1960\u20132007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abR\u00e9partition des co\u00fbts bruts dans l&#8217;assurance-maladie, 2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4 \u00abLien entre le syst\u00e8me de sant\u00e9 et ses d\u00e9terminants\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Bibliographie<\/b>&#13;<br \/>\n&#8211; Abelson P., Taylor R. et al., Returns on investment in public health: An epidemiological and economic analysis, Australian Government, 2003.- Bachmann Ruth et Furrer Cornelia, Die \u00e4rztliche Beurteilung und ihre Bedeutung im Entscheidverfahren \u00fcber einen Rentenanspruch in der Eidg. Invalidenversicherung, Beitr\u00e4ge zur Sozialen Sicherheit, 1999.- Camenzind Paul, Analyse des diff\u00e9rences interr\u00e9gionales dans le domaine des co\u00fbts de la sant\u00e9: Analyse de la litt\u00e9rature internationale consacr\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie de la sant\u00e9 et aux statistiques de la sant\u00e9 &#8211; avec un \u00e9clairage sp\u00e9cifique pour la Suisse, Document de travail 30, Obsan, 2008.- Camenzind Paul, Spycher Stefan et Rossel Raymond, \u00abKosten, Finanzierung, Effizienz und Solidarit\u00e4t\u00bb dans Meyer Katharina (\u00e9d.), Gesundheit in der Schweiz. Nationaler Gesundheitsbereicht 2008, Obsan, Verlag Huber, 2008, pp. 313-324.- Colombier Carsten, \u00abVieillissement d\u00e9mographique et sant\u00e9: un surcro\u00eet de d\u00e9penses, surtout pour les soins de longue dur\u00e9e\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 10-2008, 63-66.- Hammer Stephan, Martin Peter et Trageser Judith, Concurrence dans le domaine de la sant\u00e9 &#8211; Revue syst\u00e9matique, Protocole de recherche 9 (en allemand), Obsan, 2008.- Jaccard Ruedin H\u00e9l\u00e8ne et Weaver France, Ageing Workforce in an Ageing Society: Combien de professionnels de sant\u00e9 seront n\u00e9cessaires en Suisse d&#8217;ici 2030?, Publication Web de l&#8217;Obsan, 2009. &#8211; Kickbusch Ilona, \u00abAuf dem weg zu einer multisektoralen Gesundheitspolitik\u00bb dans Meyer Katharina (\u00e9d.) Gesundheit in der Schweiz, pp. 341-355.- Leu Robert E., Rutten Frans, Brouwer Werner, R\u00fctschi Christian et Matter Pius, The Swiss and the Dutch health care systems compared: A tale of two systems, Nomos Verlag, 2008.- OCDE\/OMS, Examens de l&#8217;OCDE des syst\u00e8mes de sant\u00e9: Suisse, Paris, 2006.- Seematter-Bagnoud Laurence, Junod Julien, Jaccard Ruedin H\u00e9l\u00e8ne, Roth Maik, Foletti Claudia et Santos-Eggimann Brigitte, Offre et recours aux soins m\u00e9dicaux ambulatoires en Suisse &#8211; Projections \u00e0 l&#8217;horizon 2030, Document de travail 33, Obsan, 2008.- Sommer J\u00fcrg et Biersack Ortrud, Hochkostenf\u00e4lle in der Krankenversicherung. Experten-\/Forschungsbericht zur Kranken- und Unfallversicherung, 2005. &#8211; Vuilleumier Mathieu, Pellegrini Sonia et Jeanrenaud Claude, D\u00e9terminants et \u00e9volution des co\u00fbts du syst\u00e8me de sant\u00e9 en Suisse. Revue de la litt\u00e9rature et projections \u00e0 l&#8217;horizon 2030, 2007.- Weaver France, Jaccard Ruedin H\u00e9l\u00e8ne, Pellegrini Sonia et Jeanrenaud Claude, Les co\u00fbts des soins de longue dur\u00e9e d&#8217;ici \u00e0 2030 en Suisse, Document de travail 34, Obsan, 2008.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La hausse des co\u00fbts de la sant\u00e9 publique est appel\u00e9e \u00e0 se poursuivre. Il existe un potentiel de gain d&#8217;efficience dans l&#8217;assurance-maladie (AMal) qu&#8217;il est urgent d&#8217;exploiter. Cependant, cela ne saurait suffire pour infl\u00e9chir la tendance de fond. 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