{"id":152429,"date":"2009-10-01T12:00:00","date_gmt":"2009-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/10\/bravo-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:02:07","modified_gmt":"2023-08-23T23:02:07","slug":"bravo-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/10\/bravo-2\/","title":{"rendered":"Les accords de libre-\u00e9change et leurs effets: le point de vue des agriculteurs suisses"},"content":{"rendered":"<p>Le grand nombre d&#8217;accords bilat\u00e9raux de libre-\u00e9change (ALE) rend de plus en plus difficile le contr\u00f4le des importations de produits agricoles, que ce soit en mati\u00e8re de volume, d&#8217;origine ou de qualit\u00e9. C&#8217;est pourquoi l&#8217;Union suisse des paysans (USP) exige une d\u00e9claration claire et compl\u00e8te de l&#8217;origine et des m\u00e9thodes de production, afin de pr\u00e9server la libert\u00e9 de choix des consommatrices et des consommateurs. Plut\u00f4t que de conclure un accord de libre-\u00e9change agricole avec l&#8217;UE, l&#8217;USP estime que les accords bilat\u00e9raux devraient \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9s, comme le pr\u00e9voit la clause \u00e9volutive.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes ALE prennent de plus en plus d&#8217;importance \u00e0 un moment o\u00f9 l&#8217;OMC renvoie une fois encore la conclusion du cycle de Doha \u00e0 une p\u00e9riode ult\u00e9rieure. L&#8217;USP estime qu&#8217;il faut distinguer deux types d&#8217;accords bilat\u00e9raux: ceux conclus en dehors de l&#8217;UE &#8211; principalement dans le cadre de l&#8217;AELE &#8211; et ceux qui nous lient avec l&#8217;UE, qui demeure le premier partenaire commercial de la Suisse.&#13;<\/p>\n<h2>Les accords bilat\u00e9raux de libre-\u00e9change en dehors de l&#8217;UE<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes accords bilat\u00e9raux sont g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9goci\u00e9s dans le cadre de l&#8217;AELE, exception faite de ceux qui touchent \u00e0 l&#8217;agriculture, o\u00f9 chacun des membres de cette organisation agit s\u00e9par\u00e9ment. Dans ce type d&#8217;accords, la Suisse fait des concessions profitables \u00e0 l&#8217;autre partie; il s&#8217;agit essentiellement du d\u00e9mant\u00e8lement ou de la suppression des droits d&#8217;entr\u00e9e. En contrepartie, la Suisse obtient des concessions dans les domaines qui pourraient int\u00e9resser son agriculture et son industrie alimentaire.\u00a0Des n\u00e9gociations avec des grands pays exportateurs de produits agricoles, comme le Br\u00e9sil, se traduiraient, cependant, par de nouvelles contraintes qui p\u00e8seraient tr\u00e8s fortement sur l&#8217;agriculture suisse. Il faudrait probablement faire des concessions importantes, qui sortiraient du cadre habituel, sans qu&#8217;on puisse en attendre en contrepartie des chances r\u00e9elles et substantielles pour nos exportations agricoles. En outre, les ALE ne sont pas un instrument appropri\u00e9 pour am\u00e9liorer la situation et les conditions d&#8217;existence des exploitations familiales dans les pays en d\u00e9veloppement.&#13;<\/p>\n<h2>Les accords agricoles de la Suisse avec l&#8217;UE<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes ALE avec l&#8217;UE auraient des effets encore plus marqu\u00e9s sur l&#8217;agriculture suisse, car celle-ci repr\u00e9sente 75% de nos importations de produits agricoles et 70% de nos exportations. Ces derni\u00e8res consistent principalement en fromage et en produits de transformation (chocolat, caf\u00e9, articles de boulangerie, eaux min\u00e9rales). Il faut, toutefois, relever que si les exportations de fromage ont augment\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les importations de l&#8217;UE en ont fait autant, si bien qu&#8217;au final, l&#8217;industrie fromag\u00e8re suisse n&#8217;y a pratiquement rien gagn\u00e9.\u00a0L&#8217;ALE de 1972 avec la CE avait formellement exclu l&#8217;agriculture; des r\u00e9ductions de droits de douane ont, toutefois, \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9es dans des \u00e9changes de lettres, surtout dans le secteur du fromage. Les Accords bilat\u00e9raux I ont lib\u00e9ralis\u00e9 le commerce du fromage entre la Suisse et l&#8217;UE, alors qu&#8217;ils ont eu des effets limit\u00e9s dans d&#8217;autres secteurs. Ainsi, les contingents de fruits et l\u00e9gumes ainsi que de viande s\u00e9ch\u00e9e exempt\u00e9s de droits ne sont gu\u00e8re utilis\u00e9s, en raison des entraves non-tarifaires au commerce (charges administratives, certificat d&#8217;origine, prix d&#8217;entr\u00e9e minimum dans l&#8217;UE, etc.).\u00a0Aujourd&#8217;hui, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, qui compte \u00e9galement sur une possible conclusion du cycle de Doha, veut lib\u00e9raliser le march\u00e9 agricole et entame \u00e0 cet effet, en automne 2008, des n\u00e9gociations avec l&#8217;UE, afin d&#8217;aboutir \u00e0 un ALE complet dans ce secteur. La Suisse et l&#8217;UE seraient ainsi r\u00e9unies dans un march\u00e9 commun de l&#8217;industrie alimentaire.\u00a0L&#8217;USP est d&#8217;avis qu&#8217;il faut commencer par d\u00e9velopper l&#8217;acc\u00e8s au march\u00e9 europ\u00e9en des denr\u00e9es alimentaires en recourant \u00e0 la clause \u00e9volutive des Accords bilat\u00e9raux I. La premi\u00e8re \u00e9tape sera de d\u00e9manteler les nombreuses entraves non-tarifaires au commerce pour permettre l&#8217;exploitation int\u00e9grale du potentiel d&#8217;exportation. Dans un deuxi\u00e8me temps, on pourra n\u00e9gocier une nouvelle lib\u00e9ralisation pour les produits susceptibles d&#8217;\u00eatre export\u00e9s. Cette mani\u00e8re de faire a divers avantages: elle n\u00e9cessite nettement moins de fonds publics suppl\u00e9mentaires qu&#8217;un ALE complet et ne rec\u00e8le pas le risque que d&#8217;autres secteurs \u00e9conomiques ou d&#8217;autres sujets politiques y soient subitement int\u00e9gr\u00e9s. Elle permet, en outre, \u00e0 la Suisse de continuer \u00e0 mener une politique agricole autonome. Parall\u00e8lement, la fronti\u00e8re serait progressivement ouverte \u00e0 des denr\u00e9es alimentaires cibl\u00e9es, ce qui stimulerait le d\u00e9veloppement de l&#8217;agriculture suisse et de ses exportations. Ce serait l\u00e0 une strat\u00e9gie que notre agriculture pourrait soutenir activement.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le grand nombre d&#8217;accords bilat\u00e9raux de libre-\u00e9change (ALE) rend de plus en plus difficile le contr\u00f4le des importations de produits agricoles, que ce soit en mati\u00e8re de volume, d&#8217;origine ou de qualit\u00e9. 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