{"id":152464,"date":"2009-10-01T12:00:00","date_gmt":"2009-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/10\/ragni-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:02:52","modified_gmt":"2023-08-23T23:02:52","slug":"ragni-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/10\/ragni-4\/","title":{"rendered":"Les chances de r\u00e9int\u00e9gration des nouveaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#8217;aide sociale sur le march\u00e9 du travail"},"content":{"rendered":"<p>Quelles sont les chances de r\u00e9insertion sur le march\u00e9 du travail des nouveaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#8217;aide sociale? Et quels effets une activation de l&#8217;aide sociale a-t-elle sur eux? Les objectifs poursuivis en la mati\u00e8re &#8211; autrement dit la r\u00e9insertion rapide et durable sur le march\u00e9 primaire du travail &#8211; ont pris davantage d&#8217;importance ces derni\u00e8res ann\u00e9es, rejoignant en cela le mod\u00e8le de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage (AC).Aujourd&#8217;hui, on sait tr\u00e8s peu de choses sur l&#8217;efficacit\u00e9 des activit\u00e9s et des mesures. Le fonds de compensation de l&#8217;AC a mandat\u00e9 une \u00e9tude afin de proc\u00e9der \u00e0 une premi\u00e8re \u00e9valuation. Les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s ici devraient inciter \u00e0 augmenter l&#8217;efficacit\u00e9 dans la pratique et mieux coordonner l&#8217;AC et l&#8217;aide sociale Voir Aeppli Daniel C. et Ragni Thomas, Ist Erwerbsarbeit f\u00fcr Sozialhilfeempf\u00e4nger ein Privileg? &#8211; Welche Sozialhilfebez\u00fcger finden in der Schweiz eine dauerhafte Erwerbsarbeit? Berne, Seco, 2009, <a href=\"http:\/\/www.seco.admin.ch\">www.seco.admin.ch<\/a> ..<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200910_21_Ragni_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDepuis un certain temps, on estime que les assurances sociales ne doivent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es isol\u00e9ment, mais \u00eatre analys\u00e9es dans leur ensemble, avec toutes leurs interconnections, dans le but d&#8217;am\u00e9liorer l&#8217;action globale de l&#8217;\u00c9tat social.\u00a0Au d\u00e9but 2005, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a mandat\u00e9 un groupe d&#8217;experts pour savoir si on pouvait recourir aux cr\u00e9dits d&#8217;imp\u00f4t en fonction du revenu pour r\u00e9duire les effets ind\u00e9sirables sur l&#8217;activit\u00e9 lucrative que peuvent avoir certaines prestations financi\u00e8res orient\u00e9es sur les besoins; il lui a aussi demand\u00e9 d&#8217;\u00e9laborer par la suite des propositions politiques Voir D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des finances, Introduction en Suisse de cr\u00e9dits d&#8217;imp\u00f4t d\u00e9pendant du revenu: faisabilit\u00e9 et cons\u00e9quences. Rapport d&#8217;un groupe d&#8217;experts sous la direction du prof. Robert E. Leu.. \u00c0 l&#8217;avenir, il faudra veiller \u00e0 ce que les diff\u00e9rentes sources de revenus provenant de l&#8217;\u00c9tat social et, pour la plupart, ind\u00e9pendantes les unes des autres, ne diminuent pas la volont\u00e9 de reprendre ou d&#8217;\u00e9tendre une activit\u00e9 lucrative; ce faisant, les b\u00e9n\u00e9ficiaires des prestations continueraient de d\u00e9pendre de l&#8217;\u00c9tat pour des raisons \u00e9videntes (pi\u00e8ge de la pauvret\u00e9). Simplifier radicalement le syst\u00e8me social n&#8217;est pas une alternative pour la Suisse. En revanche, les experts ont relev\u00e9 certaines lacunes au niveau des cantons et des communes: il convient de les combler pour que l&#8217;aide sociale soit organis\u00e9e de telle sorte qu&#8217;aucun pi\u00e8ge de pauvret\u00e9 n&#8217;apparaissent.\u00a0Diverses \u00e9tudes portant sur les points de recoupement entre les assurances sociales ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par la suite. L&#8217;Ofas a publi\u00e9 en mars 2009 un rapport de recherche Voir Ofas, Quantification des passages entre les syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 sociale (AI, AC et aide sociale), rapport de recherche 1\/09. quantifiant les passages entre les syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 sociale (AI, AC, AS). Ces travaux ont permis de d\u00e9terminer pour la premi\u00e8re fois le nombre de personnes qui naviguent entre les syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 sociale.&#13;<\/p>\n<h2>Probl\u00e9matique et m\u00e9thodologie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDu point de vue du demandeur d&#8217;emploi, l&#8217;\u00e9tude en question met en \u00e9vidence les facteurs qui influencent le passage de l&#8217;aide sociale \u00e0 l&#8217;activit\u00e9 lucrative; elle examine aussi si les services sociaux peuvent faciliter ce passage et dans quelle mesure. \u00c0 partir de la derni\u00e8re \u00e9tude sur la situation des ch\u00f4meurs en fin de droits Voir D. Aeppli, La situation des ch\u00f4meurs en fin de droits en Suisse, quatri\u00e8me \u00e9tude mandat\u00e9e par l&#8217;assurance-ch\u00f4mage, Seco, Berne 2006., nous savons, par exemple, qu&#8217;en ville de Zurich 750 personnes environ b\u00e9n\u00e9ficiant de l&#8217;aide sociale r\u00e9ussissent chaque ann\u00e9e \u00e0 franchir le pas vers une activit\u00e9 lucrative. Par contre, on ne conna\u00eet pas les raisons de la r\u00e9ussite ou de l&#8217;\u00e9chec, la dur\u00e9e de l&#8217;activit\u00e9 lucrative, si les personnes exer\u00e7ant une telle activit\u00e9 ne d\u00e9pendent plus de l&#8217;aide sociale ou en d\u00e9pendent de nouveau plus tard (\u00abtravailleurs pauvres\u00bb) et dans quelle mesure les services sociaux parviennent \u00e0 influencer favorablement les facteurs qui permettent de quitter l&#8217;aide sociale. Le projet portant sur les villes de B\u00e2le, Bienne, Lausanne, Lucerne et Saint-Gall devrait apporter des r\u00e9ponses \u00e0 ces questions; il donne une image repr\u00e9sentative de l&#8217;aide sociale dans les villes suisses.\u00a0Les r\u00e9sultats se fondent sur une enqu\u00eate t\u00e9l\u00e9phonique men\u00e9e au d\u00e9but de 2009 aupr\u00e8s de personnes qui s&#8217;\u00e9taient inscrites \u00e0 l&#8217;aide sociale dans ces cinq villes en 2005 et 2006. Au total, 1529 entretiens t\u00e9l\u00e9phoniques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un questionnaire qui ne comportait presque que des questions ferm\u00e9es. Les donn\u00e9es ont, ensuite, \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9es avec les chiffres officiels du march\u00e9 du travail des ORP concern\u00e9s. Les informations suivantes ont \u00e9t\u00e9 recueillies:\u00a0&#8211; donn\u00e9es personnelles fixes (p. ex. sexe, nationalit\u00e9);\u00a0&#8211; donn\u00e9es personnelles ne pouvant \u00eatre modifi\u00e9es qu&#8217;\u00e0 long terme (p. ex. exp\u00e9rience professionnelle, niveau de formation sup\u00e9rieur);\u00a0&#8211; changements personnels survenant le plus souvent par surprise (p. ex. famille monoparentale);\u00a0&#8211; bien-\u00eatre et estimations subjectives (p. ex. perspectives d&#8217;avenir, chances sur le march\u00e9 du travail);\u00a0&#8211; informations sur la situation du march\u00e9 du travail (p. ex. taux r\u00e9gional du ch\u00f4mage);\u00a0&#8211; soutien financier avant et en parall\u00e8le \u00e0 l&#8217;aide sociale (p. ex. baisse des primes d&#8217;assurance-maladie);\u00a0&#8211; mesures suivies d\u00e9coulant de l&#8217;aide sociale active.\u00a0\u00a0Afin de s\u00e9parer l&#8217;influence de ces facteurs sur les chances de r\u00e9insertion, l&#8217;analyse a d&#8217;abord eu recours \u00e0 des m\u00e9thodes de r\u00e9gression multivari\u00e9es. Puis, pour mesurer les effets de l&#8217;activation de l&#8217;aide sociale, diverses m\u00e9thodes d&#8217;apurement de la s\u00e9lection ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es dans le but de comparer \u00e9quitablement les personnes b\u00e9n\u00e9ficiant de mesures et celles qui n&#8217;en b\u00e9n\u00e9ficient pas. \u00c0 chaque fois, la robustesse de la m\u00e9thode a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e \u00e0 l&#8217;aide de plusieurs analyses. On a pu ainsi v\u00e9rifier que l&#8217;on obtenait les m\u00eames r\u00e9sultats empiriques ind\u00e9pendamment de la m\u00e9thode choisie, ce qui a toujours \u00e9t\u00e9 le cas.&#13;<\/p>\n<h2>Pas d&#8217;effets v\u00e9rifiables empiriquement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes chances de r\u00e9insertion de certaines personnes au ch\u00f4mage b\u00e9n\u00e9ficiant de l&#8217;aide sociale \u00e9taient tr\u00e8s importantes en p\u00e9riode de haute conjoncture Voir l&#8217;article de Daniel C. Aeppli \u00e0 la page 55ss du pr\u00e9sent num\u00e9ro.. Malheureusement, les efforts fournis par les services sociaux aboutissent \u00e0 des r\u00e9sultats d\u00e9cevants. La conclusion est la m\u00eame que lors des premi\u00e8res \u00e9valuations de la politique d&#8217;activation du march\u00e9 du travail (fin des ann\u00e9es nonante): les mesures d&#8217;activation de l&#8217;aide sociale ne d\u00e9ploient pas d&#8217;effets empiriques v\u00e9rifiables sur la r\u00e9insertion des b\u00e9n\u00e9ficiaires. Ajoutons, pour relativiser, que les mesures de l&#8217;aide sociale ne doivent pas seulement \u00eatre actives, afin de permettre une r\u00e9int\u00e9gration sur le march\u00e9 primaire du travail, mais se pr\u00e9occuper aussi de l&#8217;int\u00e9gration sociale et du maintien de conditions de vie humaines.\u00a0Les facteurs personnels, les diff\u00e9rences linguistiques selon les r\u00e9gions et les effets des mesures de r\u00e9insertion sont pr\u00e9sent\u00e9s ci-apr\u00e8s. L&#8217;\u00e9valuation porte exclusivement sur les facteurs qui facilitent ou compliquent la reprise d&#8217;une activit\u00e9 lucrative et la distanciation de l&#8217;aide sociale, et sur le fait de savoir si les services sociaux am\u00e9liorent ces perspectives.&#13;<\/p>\n<h3>Facteurs individuels<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes personnes \u00e2g\u00e9es de 50 ans et plus ont nettement moins de chances de se r\u00e9ins\u00e9rer. Ce constat demeure m\u00eame si les caract\u00e9ristiques qui ont tendance \u00e0 appara\u00eetre plus souvent avec l&#8217;\u00e2ge restent constantes. Il s&#8217;affaiblit nettement si on int\u00e8gre \u00e0 l&#8217;\u00e9tude l&#8217;espoir subjectif d&#8217;un avenir professionnel.\u00a0Les personnes qui n&#8217;ont pas achev\u00e9 une scolarisation du niveau secondaire II ont nettement moins de chances d&#8217;\u00eatre r\u00e9ins\u00e9r\u00e9es que celles qui poss\u00e8dent un dipl\u00f4me. Par contre, celles au b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;une formation dans le tertiaire n&#8217;ont pas de meilleures chances d&#8217;\u00eatre r\u00e9ins\u00e9r\u00e9es que celles qui ont un dipl\u00f4me du niveau secondaire II. \u00c0 ce stade, on ne peut pas se prononcer sur la question de savoir si l&#8217;absence de dipl\u00f4me de formation professionnelle est le sympt\u00f4me de probl\u00e8mes plus profonds ou diff\u00e9rents.\u00a0Plus le niveau hi\u00e9rarchique atteint dans la vie professionnelle est \u00e9lev\u00e9, plus les chances de r\u00e9insertion des b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#8217;aide sociale sur le march\u00e9 primaire du travail sont bonnes. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne peut provenir du fait que l&#8217;ascension professionnelle pr\u00e9c\u00e9dente ne se mesure pas seulement aux connaissances sp\u00e9cifiques \u00e0 l&#8217;entreprise qui ont \u00e9t\u00e9 perdues, mais qu&#8217;elle est aussi un indicateur du capital humain en g\u00e9n\u00e9ral, comme les comp\u00e9tences sociales, personnelles et m\u00e9thodologiques, et la motivation \u00e0 la performance. Ces qualit\u00e9s exercent une influence positive sur les futures chances professionnelles.\u00a0Les comp\u00e9tences dans la langue parl\u00e9e au lieu de domicile ont aussi une influence tr\u00e8s positive sur les chances de r\u00e9insertion. Il est, toutefois, possible que cette variable &#8211; surtout quand elle est au plus bas &#8211; refl\u00e8te des aspects de la r\u00e9alit\u00e9 sociale que l&#8217;on ne peut pas mesurer directement. Labsence de comp\u00e9tences linguistiques peut provenir d&#8217;un manque de volont\u00e9 personnelle de se r\u00e9ins\u00e9rer ou d&#8217;une exclusion sociale.\u00a0Le fait qu&#8217;il existe des facteurs caract\u00e9ristiques ou relativement fr\u00e9quents chez les \u00e9trangers &#8211; comme la difficult\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser la langue de l&#8217;environnement ou le manque de formation professionnelle &#8211; emp\u00eache de d\u00e9montrer qu&#8217;il existe des discriminations envers ces derniers.\u00a0Le fait d&#8217;avoir des enfants \u00e0 charge exerce une influence plut\u00f4t positive sur les chances de r\u00e9insertion. On se l&#8217;explique par le fait que les risques de paup\u00e9risation qui pourraient survenir augmentent la motivation pour chercher ou accepter un emploi. Par contre, le fait d&#8217;\u00eatre une famille monoparentale affaiblit les chances de r\u00e9insertion. Le manque de flexibilit\u00e9 d\u00e9coulant des obligations \u00e9ducatives d\u00e9passe manifestement l&#8217;effet motivant que pourrait constituer la pauvret\u00e9.\u00a0Le sexe n&#8217;a pas une grande importance sur les chances de r\u00e9insertion sur le march\u00e9 primaire du travail si l&#8217;on consid\u00e8re les facteurs susmentionn\u00e9s.\u00a0Les nouveaux venus \u00e0 l&#8217;aide sociale qui estiment que leurs perspectives d&#8217;avenir et leurs chances de r\u00e9insertion sur le march\u00e9 du travail sont mauvaises ont davantage de peine \u00e0 trouver une activit\u00e9 lucrative durable. Les \u00e9checs r\u00e9els subis par le pass\u00e9 lors de la recherche d&#8217;un emploi impr\u00e8gnent s\u00fbrement de telles appr\u00e9ciations subjectives. Par exemple, les personnes qui ont d\u00e9j\u00e0 b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l&#8217;aide sociale pr\u00e9c\u00e9demment ont plus souvent des r\u00e9actions n\u00e9gatives face \u00e0 leurs perspectives d&#8217;avenir. Les jugements personnels \u00e9mis sur ses propres chances sur le march\u00e9 du travail montrent aussi la r\u00e9signation que le ch\u00f4mage de longue dur\u00e9e provoque. D&#8217;autres facteurs peuvent jouer un certain r\u00f4le comme l&#8217;empreinte laiss\u00e9e par l&#8217;\u00e9ducation ou les exigences particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9es (de statut ou de performance) envers soi-m\u00eame.\u00a0Divers indices r\u00e9v\u00e8lent que les facteurs dexclusion sociale et de r\u00e9signation ont une influence tr\u00e8s n\u00e9gative sur la r\u00e9insertion, s&#8217;ils d\u00e9coulent d&#8217;exp\u00e9riences n\u00e9gatives marquantes de la vie professionnelle. Du reste, l&#8217;effet des incitations financi\u00e8res peu attrayantes, qui rendent difficile ou emp\u00eachent la reprise d&#8217;un travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 (pi\u00e8ge de la pauvret\u00e9), ne peut \u00eatre analys\u00e9 que de fa\u00e7on rudimentaire au moyen des donn\u00e9es disponibles. On a tout de m\u00eame mis en \u00e9vidence quelques vagues indications sur leur existence, mais l&#8217;importance quantitative de ce crit\u00e8re devra faire l&#8217;objet d&#8217;une analyse plus approfondie au cours d&#8217;autres \u00e9tudes.&#13;<\/p>\n<h3>Diff\u00e9rences selon les r\u00e9gions linguistiques<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00catre domicili\u00e9 en Suisse romande a une influence nettement n\u00e9gative. L&#8217;interpr\u00e9tation selon laquelle un effet \u00abculturel\u00bb que l&#8217;on ne peut pas influencer joue un r\u00f4le n&#8217;est pas aussi claire qu&#8217;on pourrait le croire de prime abord. En effet, le taux des nouveaux ch\u00f4meurs y est nettement plus \u00e9lev\u00e9 qu&#8217;en Suisse al\u00e9manique. Des facteurs structurels comme la composition des branches \u00e9conomiques ou l&#8217;emploi des frontaliers font aussi partie de l&#8217;explication.&#13;<\/p>\n<h3>Mesures de r\u00e9insertion<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes mesures externes de r\u00e9insertion &#8211; consistant la plupart du temps en des programmes d&#8217;occupation sur le march\u00e9 secondaire du travail &#8211; dont disposent les services sociaux, mais qu&#8217;ils n&#8217;ex\u00e9cutent pas eux-m\u00eames s&#8217;accompagnent d&#8217;un taux de r\u00e9ussite nettement inf\u00e9rieur en ce qui concerne la rapidit\u00e9 et la durabilit\u00e9 de la r\u00e9insertion sur le march\u00e9 du travail r\u00e9gulier. Le r\u00e9sultat est semblable m\u00eame lorsque les participants aux mesures sont \u00e9valu\u00e9s par rapport \u00e0 un groupe de comparaison \u00ab\u00e9quitable\u00bb qui n&#8217;a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de mesures, mais qui poss\u00e8de en moyenne les m\u00eames caract\u00e9ristiques que le groupe des participants.\u00a0Si ce r\u00e9sultat principal d\u00e9cevant de notre \u00e9valuation est interpr\u00e9t\u00e9 dans un sens causal, il met en \u00e9vidence le risque de faire durer l&#8217;aide sociale par des mesures d&#8217;int\u00e9gration particuli\u00e8rement longues (effet de blocage) parce que, pendant ce temps, tant les conseillers que les demandeurs d&#8217;emploi r\u00e9duisent automatiquement l&#8217;intensit\u00e9 des recherches de travail. Les \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9dentes nous avaient d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 une le\u00e7on importante \u00e0 savoir que, dans de nombreux cas, il \u00e9tait nettement plus efficace de ne pas prendre de mesures du tout. Cela concerne notamment les personnes dont les chances de r\u00e9insertion rapide sont intactes et dont l&#8217;initiative personnelle est prometteuse. Un tri fond\u00e9 sur la statistique devrait intervenir dans les deux cas suffisamment t\u00f4t et de mani\u00e8re fiable (voir l&#8217; encadr\u00e9 1 Deux influences non causales pourraient expliquer l&#8217;\u00e9chec dans le choix des mesures: 1. Nous nous sommes efforc\u00e9s de faire une comparaison \u00e9quitable entre le groupe b\u00e9n\u00e9ficiant des mesures et un autre groupe comparatif. L&#8217;id\u00e9e selon laquelle les mesures avaient plus souvent tendance \u00e0 \u00eatre ordonn\u00e9es dans les cas probl\u00e9matiques particuliers aurait ainsi d\u00fb \u00eatre neutralis\u00e9e. Il se peut, toutefois, que toutes les distorsions de la s\u00e9lection n&#8217;apparaissent pas dans nos donn\u00e9es et emp\u00eachent donc une comparaison \u00e9quitable parfaite. 2. Si un conflit d&#8217;int\u00e9r\u00eats \u00e9vident entre l&#8217;int\u00e9gration sociale et l&#8217;activation devait survenir, il faudrait en conclure qu&#8217;en cas de doute les aspects sociaux et humains ont souvent la priorit\u00e9 sur les effets d&#8217;efficacit\u00e9 escompt\u00e9s de la r\u00e9insertion. pour les influences non causales).\u00a0Les autres mesures non financi\u00e8res d&#8217;activation dont l&#8217;enqu\u00eate fait \u00e9tat ont une fonction de soutien, de conseil et de contr\u00f4le. Ce sont celles que les services sociaux ex\u00e9cutent eux-m\u00eames comme l&#8217;aide lors du d\u00e9p\u00f4t d&#8217;une requ\u00eate, les op\u00e9rations de paiement ou les discussions pour faire un bilan. Bien que l&#8217;effet de blocage ne soit pas probable dans leur cas parce que le temps qu&#8217;elles n\u00e9cessitent est minime, on retrouve des r\u00e9sultats tr\u00e8s semblables aux mesures externes. Cela pourrait indiquer que l&#8217;effet de s\u00e9lection cach\u00e9 mentionn\u00e9 dans l&#8217; encadr\u00e9 1 Deux influences non causales pourraient expliquer l&#8217;\u00e9chec dans le choix des mesures: 1. Nous nous sommes efforc\u00e9s de faire une comparaison \u00e9quitable entre le groupe b\u00e9n\u00e9ficiant des mesures et un autre groupe comparatif. L&#8217;id\u00e9e selon laquelle les mesures avaient plus souvent tendance \u00e0 \u00eatre ordonn\u00e9es dans les cas probl\u00e9matiques particuliers aurait ainsi d\u00fb \u00eatre neutralis\u00e9e. Il se peut, toutefois, que toutes les distorsions de la s\u00e9lection n&#8217;apparaissent pas dans nos donn\u00e9es et emp\u00eachent donc une comparaison \u00e9quitable parfaite. 2. Si un conflit d&#8217;int\u00e9r\u00eats \u00e9vident entre l&#8217;int\u00e9gration sociale et l&#8217;activation devait survenir, il faudrait en conclure qu&#8217;en cas de doute les aspects sociaux et humains ont souvent la priorit\u00e9 sur les effets d&#8217;efficacit\u00e9 escompt\u00e9s de la r\u00e9insertion. pourrait tout de m\u00eame jouer un r\u00f4le important. Dans ce cas, le nombre \u00e9lev\u00e9 de mesures non financi\u00e8res d\u00e9cid\u00e9es serait l&#8217;expression de l&#8217;impuissance du service social \u00e0 favoriser la r\u00e9insertion de certaines personnes sur le march\u00e9 du travail. Ce dilemme de l&#8217;activit\u00e9 fictive d\u00e9coulant du mandat de \u00abdevoir\u00bb activer pourrait appara\u00eetre surtout dans le cas des personnes particuli\u00e8rement d\u00e9pendantes. Plus d&#8217;une fois on a suppos\u00e9 que le manque d&#8217;ind\u00e9pendance se renforce involontairement de cette mani\u00e8re.&#13;<\/p>\n<h2>Bilan et perspectives<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nNotre \u00e9tude a montr\u00e9 que la politique sociale d&#8217;int\u00e9gration sur le march\u00e9 du travail occupe une grande place actuellement dans l&#8217;aide accord\u00e9e par les villes suisses. Nous commen\u00e7ons \u00e0 peine \u00e0 \u00e9valuer les cons\u00e9quences de cette politique et cette \u00e9tude constitue un premier pas. Les r\u00e9sultats montrent que l&#8217;effet vis\u00e9 des mesures d&#8217;activation de l&#8217;aide sociale nappara\u00eet pas dans la pratique. Cela provient, d&#8217;une part, de la nature de la r\u00e9partition et, d&#8217;autre part, de la diversit\u00e9 des prestations fournies par les services sociaux ainsi que des mesures qui n&#8217;ont pas en vue que la r\u00e9int\u00e9gration sur le march\u00e9 primaire.\u00a0L&#8217;objectif de ce travail n&#8217;\u00e9tait pas de donner des instructions concr\u00e8tes aux services sociaux pour leurs propres processus d&#8217;activation et leur attribution concr\u00e8te des mesures externes de r\u00e9insertion. Si c&#8217;\u00e9tait le cas, il faudrait \u00e9valuer les processus pour savoir comment les changements de pratique se r\u00e9percutent sur les r\u00e9sultats. Nous n&#8217;avions, cependant, pas acc\u00e8s aux donn\u00e9es sur les processus des services sociaux pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question.\u00a0L&#8217;activation n&#8217;est pas contest\u00e9e comme objectif de la politique sociale. \u00c0 l&#8217;avenir, il faudra trouver une mani\u00e8re d&#8217;am\u00e9liorer le succ\u00e8s des mesures prises en ce sens. Comme le montrent les r\u00e9sultats de notre \u00e9tude, il faut que les objectifs soient clarifi\u00e9s, que la mise en oeuvre soit organis\u00e9e et que la r\u00e9partition des mesures d&#8217;activation vise davantage la r\u00e9ussite de la r\u00e9insertion. Une possibilit\u00e9 consisterait \u00e0 instaurer des proc\u00e9dures comportant un tri et un profil formalis\u00e9 ainsi que des incitations qui offrent aux participants un int\u00e9r\u00eat \u00e0 optimiser les efforts d&#8217;activation mis en place.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Influences non causales Deux influences non causales pourraient expliquer l&#8217;\u00e9chec dans le choix des mesures: 1. Nous nous sommes efforc\u00e9s de faire une comparaison \u00e9quitable entre le groupe b\u00e9n\u00e9ficiant des mesures et un autre groupe comparatif. L&#8217;id\u00e9e selon laquelle les mesures avaient plus souvent tendance \u00e0 \u00eatre ordonn\u00e9es dans les cas probl\u00e9matiques particuliers aurait ainsi d\u00fb \u00eatre neutralis\u00e9e. Il se peut, toutefois, que toutes les distorsions de la s\u00e9lection n&#8217;apparaissent pas dans nos donn\u00e9es et emp\u00eachent donc une comparaison \u00e9quitable parfaite. 2. Si un conflit d&#8217;int\u00e9r\u00eats \u00e9vident entre l&#8217;int\u00e9gration sociale et l&#8217;activation devait survenir, il faudrait en conclure qu&#8217;en cas de doute les aspects sociaux et humains ont souvent la priorit\u00e9 sur les effets d&#8217;efficacit\u00e9 escompt\u00e9s de la r\u00e9insertion.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelles sont les chances de r\u00e9insertion sur le march\u00e9 du travail des nouveaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#8217;aide sociale? Et quels effets une activation de l&#8217;aide sociale a-t-elle sur eux? 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