{"id":152544,"date":"2009-09-01T12:00:00","date_gmt":"2009-09-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/09\/minsch-10\/"},"modified":"2023-08-24T01:03:55","modified_gmt":"2023-08-23T23:03:55","slug":"minsch-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/09\/minsch-10\/","title":{"rendered":"La Suisse en route vers la soci\u00e9t\u00e9 du savoir: quels seraient les effets de la LAHE?"},"content":{"rendered":"<p>La formation, la recherche et l&#8217;innovation sont expos\u00e9es \u00e0 une forte concurrence mondiale. Le succ\u00e8s et l&#8217;\u00e9chec dans ces domaines affectent imm\u00e9diatement l&#8217;\u00e9conomie suisse et sa comp\u00e9titivit\u00e9. Nos hautes \u00e9coles sont bien positionn\u00e9es, certes, mais des r\u00e9formes sont urgentes. La loi sur l&#8217;aide aux hautes \u00e9coles et la coordination dans le domaine suisse des hautes \u00e9coles (LAHE) a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e dans cette optique. Cr\u00e9erait-elle les bases n\u00e9cessaires \u00e0 \u00abla qualit\u00e9, la comp\u00e9titivit\u00e9 et la coordination dans l&#8217;espace suisse des hautes \u00e9coles\u00bb? Le bilan est mitig\u00e9. Afin que la Suisse puisse compter parmi les cinq pays les plus innovants du monde dans 20 ans, il importe d&#8217;apporter des corrections fondamentales au projet de loi.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200909_11_Minsch_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Les d\u00e9fis de la Suisse en route vers la soci\u00e9t\u00e9 du savoir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe syst\u00e8me scientifique suisse poss\u00e8de des atouts manifestes. Soutenu par une \u00e9conomie innovante et performante, il forme la base sur laquelle s&#8217;appuie notre pays pour se placer syst\u00e9matiquement en bonne position dans les statistiques en mati\u00e8re d&#8217;innovation. Cette derni\u00e8re est, \u00e0 son tour, un moteur de cr\u00e9ation de valeur et de prosp\u00e9rit\u00e9. Les statistiques en mati\u00e8re d&#8217;innovation refl\u00e8tent les jalons pos\u00e9s il y a plusieurs ann\u00e9es, de sorte qu&#8217;il serait faux de se reposer sur ses lauriers: le syst\u00e8me suisse des hautes \u00e9coles doit relever des d\u00e9fis de taille Gassmann O., Perez-Freije J. et Enkel E., La Suisse en route vers la soci\u00e9t\u00e9 du savoir, Economiesuisse, Zurich, 2006.. Au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le portefeuille technologique de la Suisse a \u00e9volu\u00e9. On constate un d\u00e9placement des domaines traditionnels vers d&#8217;autres en expansion rapide et dynamiques comme les biotechnologies et les technologies de l&#8217;information et de la communication. Il faut noter que cette \u00e9volution est principalement port\u00e9e par les PME, certaines s&#8217;appuyant sur une \u00abrecherche et d\u00e9veloppement\u00bb fortement internationalis\u00e9e. Cette tendance doit \u00eatre davantage encourag\u00e9e. En Suisse, l&#8217;apport des entreprises de haute et moyenne technologies au PIB se monte \u00e0 11,5%, alors que la moyenne au sein de l&#8217;OCDE se situe \u00e0 8,8%. Cela refl\u00e8te l&#8217;orientation de notre industrie: le nombre d&#8217;entreprises actives dans des branches \u00e0 forte intensit\u00e9 de connaissances et de technologies est sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne. Cependant, il faut encore accro\u00eetre le degr\u00e9 d&#8217;internationalisation de notre recherche et am\u00e9liorer sa coordination pour attirer les travaux les plus en pointe. Figurer parmi les pays qui comptent le plus de brevets et de publications par habitant ne suffit pas: la Suisse doit am\u00e9liorer sa cr\u00e9ation de valeur en termes de production et de transformation des connaissances.\u00a0La performance du syst\u00e8me scientifique suisse est encore \u00e9lev\u00e9e en comparaison internationale. Cependant, du fait que d&#8217;autres \u00e9conomies \u00e9galement en route vers la soci\u00e9t\u00e9 du savoir ont d\u00e9fini le syst\u00e8me de hautes \u00e9coles comme une priorit\u00e9 et lui consacrent des ressources importantes, la Suisse est vou\u00e9e \u00e0 perdre du terrain, \u00e0 moins qu&#8217;elle n&#8217;adapte sa politique dans le domaine des hautes \u00e9coles. Les principes directeurs d&#8217;excellence, d&#8217;autonomie et d&#8217;ouverture au march\u00e9 repr\u00e9sentent autant de cl\u00e9s pour une r\u00e9forme approfondie de la recherche et de l&#8217;enseignement, si nous souhaitons subsister dans un environnement concurrentiel et dynamique (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<br \/>\nL\u2019excellence&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPour les hautes \u00e9coles suisses, la priorit\u00e9 absolue doit \u00eatre d\u2019atteindre et de garantir la qualit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e possible dans la recherche, la formation et le transfert de technologies. Il importe, par cons\u00e9quent, d\u2019am\u00e9nager l\u2019organisation et le pilotage de fa\u00e7on \u00e0 contribuer \u00e0 cet objectif. De m\u00eame, la LAHE doit promouvoir la qualit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e possible dans les hautes \u00e9coles. L\u2019excellence ne peut \u00eatre atteinte qu\u2019\u00e0 deux conditions: il faut d\u2019abord que les hautes \u00e9coles se distinguent sur les plans de la qualit\u00e9, des performances et de l\u2019esprit d\u2019entreprise et qu\u2019elles puissent d\u00e9velopper leur propre profil scientifique et structurel. Cela implique qu\u2019elles soient aptes \u00e0 d\u00e9finir leurs priorit\u00e9s en fonction de leurs forces et renoncent \u00e0 couvrir tous les domaines de recherche. En d\u2019autres termes, les hautes \u00e9coles doivent pouvoir se sp\u00e9cialiser dans les domaines dans lesquelles elles ont les meilleurs r\u00e9sultats. Une orientation stricte sur l\u2019excellence implique, en outre, de fixer des priorit\u00e9s en mati\u00e8re d\u2019allocation des ressources. La conservation de l\u2019acquis et la r\u00e9partition \u00e9gale des cons\u00e9quences, deux ph\u00e9nom\u00e8nes souvent observ\u00e9s dans le processus politique, entravent l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 dans le domaine des hautes \u00e9coles.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAutonomie&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nSeules les institutions autonomes ont la libert\u00e9 n\u00e9cessaire pour se profiler \u00e0 travers des strat\u00e9gies propres dans un environnement concurrentiel. En cons\u00e9quence, les universit\u00e9s doivent disposer d\u2019une plus grande marge de manoeuvre strat\u00e9gique. Cela passe essentiellement par des pouvoirs d\u00e9cisionnels en mati\u00e8re d\u2019enseignement et de recherche ainsi que par des comp\u00e9tences \u00e9tendues dans les secteurs du personnel et des finances. Il importe de r\u00e9duire la complexit\u00e9 de l\u2019organisation actuelle, car elle paralyse la science.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nOuverture au march\u00e9&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn Suisse, on a toujours du mal \u00e0 consid\u00e9rer que la formation et les sciences sont des services pouvant \u00eatre commercialis\u00e9s et s\u2019ajuster aux demandes et aux besoins du march\u00e9. Il n\u2019y a pas si longtemps, on a renonc\u00e9 \u00e0 promouvoir davantage la gestion \u00e9conomique et l\u2019orientation sur le march\u00e9 dans le domaine des hautes \u00e9coles, au motif qu\u2019une telle gestion impliquerait une d\u00e9culturation. Sous l\u2019effet de la concurrence mondiale dans le domaine du savoir, on constate une \u00e9volution. Comme le montrent les hautes \u00e9coles les plus r\u00e9put\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale, l\u2019ouverture au march\u00e9 se traduit par une am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 dans le domaine de la formation et de la recherche. En effet, la concurrence exige une ouverture au march\u00e9 qui se traduise par des institutions autonomes \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019action aussi grande que possible. Actuellement, la cr\u00e9ation de savoir, le progr\u00e8s technologique et les innovations mettent en avant le r\u00f4le des r\u00e9seaux entre l\u2019\u00c9tat, les universit\u00e9s et l\u2019\u00e9conomie. En conclusion, l\u2019\u00c9tat doit opter pour la promotion de la concurrence, la d\u00e9r\u00e9glementation et donc davantage d\u2019ouverture au march\u00e9 pour les hautes \u00e9coles. ).&#13;<\/p>\n<h2>Qu&#8217;apporterait la LAHE?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa LAHE renforcerait-elle l&#8217;excellence, l&#8217;autonomie et l&#8217;ouverture sur le march\u00e9 des hautes \u00e9coles suisses? Le bilan est mitig\u00e9. La loi pr\u00e9sente deux avantages d\u00e9cisifs. Premi\u00e8rement, elle introduirait un syst\u00e8me de co\u00fbts de r\u00e9f\u00e9rence selon lequel le financement des formations dispens\u00e9es par les hautes \u00e9coles s&#8217;effectue sur la base des co\u00fbts moyens par \u00e9tudiant. Gr\u00e2ce \u00e0 ce syst\u00e8me, il deviendrait possible de comparer directement les co\u00fbts de formation de chacun des \u00e9tablissements. Cette transparence permettrait aux d\u00e9bats politiques et aux d\u00e9cisions prises en mati\u00e8re de strat\u00e9gie de se baser sur une analyse co\u00fbt-utilit\u00e9 plus objective. La LAHE r\u00e9duirait, en outre, la complexit\u00e9 organisationnelle dans la mesure o\u00f9 le nombre d&#8217;organes de coordination aux niveaux f\u00e9d\u00e9ral et cantonal serait consid\u00e9rablement restreint. Ce sont des \u00e9tapes importantes vers un espace suisse des hautes \u00e9coles comp\u00e9titif, mais cela ne suffit pas.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;excellence<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa composition de la Conf\u00e9rence des hautes \u00e9coles, \u00e0 laquelle a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 le pilotage, ne permet gu\u00e8re de satisfaire ces exigences. La Conf\u00e9d\u00e9ration s&#8217;y trouve en position de faiblesse face \u00e0 14 ou 26 repr\u00e9sentants des cantons. Cette structure a un sens en mati\u00e8re de politique r\u00e9gionale, mais elle ne convient pas \u00e0 un syst\u00e8me de hautes \u00e9coles visant l&#8217;excellence. Elle laisse supposer que les acquis seront sauvegard\u00e9s et que les \u00e9ventuelles cons\u00e9quences seront r\u00e9parties \u00e0 \u00e9galit\u00e9 entre les cantons. Elle ne permet, toutefois, pas de mettre en place l&#8217;orientation sur l&#8217;excellence n\u00e9cessaire au vu de la concurrence internationale entre les soci\u00e9t\u00e9s du savoir.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;autonomie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa loi d\u00e9finit l&#8217;autonomie des hautes \u00e9coles comme une priorit\u00e9. Toutefois, aucune mesure concr\u00e8te n&#8217;est pr\u00e9vue pour la renforcer. Selon le projet, le Conseil des hautes \u00e9coles \u00e9tablirait le profil des hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es: cela contredit l&#8217;id\u00e9e m\u00eame de l&#8217;autonomie. \u00c0 l&#8217;instar des modalit\u00e9s d&#8217;organisation des personnes morales prescrites dans le code des obligations, la LAHE devrait aussi prescrire comment les hautes \u00e9coles doivent \u00eatre organis\u00e9es pour \u00eatre accr\u00e9dit\u00e9es. L&#8217;autonomie des hautes \u00e9coles ne sera garantie qu&#8217;\u00e0 partir du moment o\u00f9 les collectivit\u00e9s responsables exigeront d&#8217;elles une structure qui assure la bonne gouvernance: les cantons et la Conf\u00e9d\u00e9ration doivent d\u00e9terminer l&#8217;orientation strat\u00e9gique de leurs hautes \u00e9coles respectives \u00e0 travers des mandats de prestation. Ces derniers doivent \u00eatre pr\u00e9par\u00e9s par un conseil compos\u00e9 de personnes ind\u00e9pendantes et conclus avec les collectivit\u00e9s responsables. Dans cette optique, il convient de donner \u00e0 ce conseil la marge de manoeuvre l\u00e9gale n\u00e9cessaire \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;une strat\u00e9gie. Faute d&#8217;une structure de bonne gouvernance contraignante, le principe directeur de l&#8217;autonomie, r\u00e9current dans la LAHE, est r\u00e9duit \u00e0 une profession de foi purement formelle.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;ouverture au march\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa LAHE ne va pas non plus assez loin en ce qui concerne l&#8217;ouverture au march\u00e9. D\u00e8s lors que le financement se fonderait sur le nombre d&#8217;\u00e9tudiants, les hautes \u00e9coles s&#8217;efforceraient certes d&#8217;augmenter leur attrait, mais elles seraient seulement incit\u00e9es \u00e0 attirer le plus d&#8217;\u00e9tudiants possible. Fonder le financement uniquement sur des crit\u00e8res quantitatifs favorise le nombre plut\u00f4t que le niveau des \u00e9tudiants: il en r\u00e9sulterait une baisse des crit\u00e8res d&#8217;entr\u00e9e dans les hautes \u00e9coles et une augmentation des taux de r\u00e9ussite aux d\u00e9pens de la qualit\u00e9. Par cons\u00e9quent, il est urgent d&#8217;introduire des crit\u00e8res de qualit\u00e9 suppl\u00e9mentaires ax\u00e9s non pas sur le niveau des \u00e9tudiants avant la formation, mais sur celui obtenu \u00e0 son issue.\u00a0Id\u00e9alement, on pourrait mesurer la qualit\u00e9 de la formation \u00e0 l&#8217;augmentation des comp\u00e9tences des \u00e9tudiants d&#8217;une haute \u00e9cole ou en comparant les comp\u00e9tences des \u00e9tudiants de plusieurs \u00e9tablissements. Cependant, cette mesure directe de la qualit\u00e9 de la formation n&#8217;est gu\u00e8re pratique, car la formation donn\u00e9e dans les hautes \u00e9coles ne se constitue pas majoritairement de connaissances de base, comme c&#8217;est le cas dans les gymnases, mais en grande partie d&#8217;enseignements sp\u00e9cialis\u00e9s. Il est, toutefois, tout \u00e0 fait possible d&#8217;\u00e9valuer indirectement la qualit\u00e9 de la formation \u00e0 travers celle des dipl\u00f4m\u00e9s: les fili\u00e8res au sein desquelles le march\u00e9 du travail recrute (\u00e9conomie, recherche, administration) sont bonnes. Cela indique clairement que les bonnes comp\u00e9tences sont transmises et que la formation est de qualit\u00e9. Nous recommandons donc d&#8217;introduire des crit\u00e8res de qualit\u00e9 indirects: \u00e0 l&#8217;instar des classements internationaux effectu\u00e9s pour les formations destin\u00e9es aux cadres (ceux du Financial Times par exemple), on pourrait mesurer le salaire de d\u00e9part dans l&#8217;entreprise et l&#8217;\u00e9volution de celui-ci (sur cinq ans, par exemple). On pourrait, en outre, d\u00e9terminer le temps n\u00e9cessaire \u00e0 un \u00e9tudiant pour trouver un emploi. La prise en consid\u00e9ration du march\u00e9 du travail incite, en outre, les hautes \u00e9coles \u00e0 se livrer une concurrence qui prenne en compte la qualit\u00e9. La volont\u00e9 d&#8217;am\u00e9liorer cette derni\u00e8re est une condition d\u00e9cisive de l&#8217;excellence dans le domaine suisse des hautes \u00e9coles.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa LAHE tendrait \u00e0 maintenir le statu quo dans le paysage des hautes \u00e9coles. La structure organisationnelle et le mode de financement feraient que l&#8217;excellence, l&#8217;autonomie et l&#8217;orientation sur le march\u00e9 ne seraient pas suffisamment promues. En adoptant cette loi, nous laisserions passer une occasion de taille. En effet, l&#8217;objectif \u00e9tait de donner la possibilit\u00e9 au syst\u00e8me scientifique suisse de s&#8217;affirmer face \u00e0 la concurrence internationale. Or toutes les hautes \u00e9coles ne peuvent ni ne doivent jouer dans la Ligue des champions. Il est tout aussi important pour l&#8217;\u00e9conomie et la soci\u00e9t\u00e9 qu&#8217;elles proposent une formation de qualit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e pour le march\u00e9 du travail suisse. Ainsi, il est pertinent de faire une distinction entre, d&#8217;une part, les hautes \u00e9coles r\u00e9gionales\/nationales pour la formation et les autres services fournis \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle locale et, d&#8217;autre part, les hautes \u00e9coles europ\u00e9ennes\/mondiales de renomm\u00e9e internationale. Ces derni\u00e8res sont g\u00e9n\u00e9ralement centr\u00e9es sur la recherche et attirent des entreprises multinationales \u00e9trang\u00e8res int\u00e9ress\u00e9es par une collaboration pointue dans la recherche, la formation et la r\u00e9alisation de projets. Les indicateurs utilis\u00e9s pour les hautes \u00e9coles europ\u00e9ennes\/mondiales sont notamment la position dans les classements internationaux, l&#8217;impact des citations et l&#8217;apport de capitaux par des tiers.\u00a0L&#8217;excellence dans la recherche est primordiale pour notre \u00e9conomie et notre prosp\u00e9rit\u00e9. Seul le transfert de savoir et de technologies, qui passe essentiellement par l&#8217;embauche de jeunes chercheurs de talent, permettra aux entreprises suisses de maintenir leurs bonnes prestations dans le domaine de l&#8217;innovation. L&#8217;orientation strat\u00e9gique et la concurrence ax\u00e9e sur les prestations permettront de diff\u00e9rencier, parmi les hautes \u00e9coles, celles qui \u00e9voluent au niveau europ\u00e9en, voire mondial, de celles dont l&#8217;avenir est strictement national. Ce changement structurel ne doit pas \u00eatre d\u00e9cid\u00e9 par les organes administratifs du domaine de l&#8217;\u00e9ducation ou par des instances politiques, mais doit \u00eatre induit par un financement ax\u00e9 sur les performances et l&#8217;autonomie des hautes \u00e9coles. La LAHE ne va pas suffisamment dans ce sens: le projet de loi doit \u00eatre adapt\u00e9 de mani\u00e8re que l&#8217;excellence, l&#8217;autonomie et l&#8217;orientation sur le march\u00e9 soient promues dans le domaine des hautes \u00e9coles.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Principes directeurs pour la politique des hautes \u00e9coles<\/b>&#13;<br \/>\nL\u2019excellence&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPour les hautes \u00e9coles suisses, la priorit\u00e9 absolue doit \u00eatre d\u2019atteindre et de garantir la qualit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e possible dans la recherche, la formation et le transfert de technologies. Il importe, par cons\u00e9quent, d\u2019am\u00e9nager l\u2019organisation et le pilotage de fa\u00e7on \u00e0 contribuer \u00e0 cet objectif. De m\u00eame, la LAHE doit promouvoir la qualit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e possible dans les hautes \u00e9coles. L\u2019excellence ne peut \u00eatre atteinte qu\u2019\u00e0 deux conditions: il faut d\u2019abord que les hautes \u00e9coles se distinguent sur les plans de la qualit\u00e9, des performances et de l\u2019esprit d\u2019entreprise et qu\u2019elles puissent d\u00e9velopper leur propre profil scientifique et structurel. Cela implique qu\u2019elles soient aptes \u00e0 d\u00e9finir leurs priorit\u00e9s en fonction de leurs forces et renoncent \u00e0 couvrir tous les domaines de recherche. En d\u2019autres termes, les hautes \u00e9coles doivent pouvoir se sp\u00e9cialiser dans les domaines dans lesquelles elles ont les meilleurs r\u00e9sultats. Une orientation stricte sur l\u2019excellence implique, en outre, de fixer des priorit\u00e9s en mati\u00e8re d\u2019allocation des ressources. La conservation de l\u2019acquis et la r\u00e9partition \u00e9gale des cons\u00e9quences, deux ph\u00e9nom\u00e8nes souvent observ\u00e9s dans le processus politique, entravent l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 dans le domaine des hautes \u00e9coles.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAutonomie&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nSeules les institutions autonomes ont la libert\u00e9 n\u00e9cessaire pour se profiler \u00e0 travers des strat\u00e9gies propres dans un environnement concurrentiel. En cons\u00e9quence, les universit\u00e9s doivent disposer d\u2019une plus grande marge de manoeuvre strat\u00e9gique. Cela passe essentiellement par des pouvoirs d\u00e9cisionnels en mati\u00e8re d\u2019enseignement et de recherche ainsi que par des comp\u00e9tences \u00e9tendues dans les secteurs du personnel et des finances. Il importe de r\u00e9duire la complexit\u00e9 de l\u2019organisation actuelle, car elle paralyse la science.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nOuverture au march\u00e9&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn Suisse, on a toujours du mal \u00e0 consid\u00e9rer que la formation et les sciences sont des services pouvant \u00eatre commercialis\u00e9s et s\u2019ajuster aux demandes et aux besoins du march\u00e9. Il n\u2019y a pas si longtemps, on a renonc\u00e9 \u00e0 promouvoir davantage la gestion \u00e9conomique et l\u2019orientation sur le march\u00e9 dans le domaine des hautes \u00e9coles, au motif qu\u2019une telle gestion impliquerait une d\u00e9culturation. Sous l\u2019effet de la concurrence mondiale dans le domaine du savoir, on constate une \u00e9volution. Comme le montrent les hautes \u00e9coles les plus r\u00e9put\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale, l\u2019ouverture au march\u00e9 se traduit par une am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 dans le domaine de la formation et de la recherche. En effet, la concurrence exige une ouverture au march\u00e9 qui se traduise par des institutions autonomes \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019action aussi grande que possible. Actuellement, la cr\u00e9ation de savoir, le progr\u00e8s technologique et les innovations mettent en avant le r\u00f4le des r\u00e9seaux entre l\u2019\u00c9tat, les universit\u00e9s et l\u2019\u00e9conomie. En conclusion, l\u2019\u00c9tat doit opter pour la promotion de la concurrence, la d\u00e9r\u00e9glementation et donc davantage d\u2019ouverture au march\u00e9 pour les hautes \u00e9coles.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La formation, la recherche et l&#8217;innovation sont expos\u00e9es \u00e0 une forte concurrence mondiale. 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