{"id":152595,"date":"2009-07-01T12:00:00","date_gmt":"2009-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/07\/becker-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:03:55","modified_gmt":"2023-08-23T23:03:55","slug":"becker-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/07\/becker-4\/","title":{"rendered":"Des conditions qui conviennent \u00e0 la cr\u00e9ation d&#8217;entreprises? Une analyse des r\u00e9gions suisses"},"content":{"rendered":"<p>L&#8217;\u00e9mergence et le d\u00e9veloppement de nouvelles entreprises jouent un r\u00f4le important pour l&#8217;essor de l&#8217;\u00e9conomie, le changement structurel et l&#8217;innovation. L&#8217;intensit\u00e9 du processus pr\u00e9sente, toutefois, des disparit\u00e9s suivant les r\u00e9gions; en retour, les r\u00e9alit\u00e9s locales exercent \u00e9galement une influence. Ce sont surtout les caract\u00e9ristiques structurelles et les potentiels endog\u00e8nes qui diff\u00e8rent et peuvent favoriser ou freiner la cr\u00e9ation d&#8217;entreprises. L&#8217;\u00e9tude pr\u00e9sent\u00e9e dans cet article Voir \u00e9galement Wagner K., Kronthaler F. et Becker K., \u00abThe Potential for New Venture Creation of Swiss Regions &#8211; A Comparison Based on Cluster Analysis\u00bb, Discussion Papers on Entrepreneurship and Innovation 2\/2009, Swiss Institute for Entrepreneurship, Coire, 2009. fait partie du projet global \u00abBarom\u00e8tre de la cr\u00e9ation\u00bb Le projet global est soutenu financi\u00e8rement par la Banque cantonale des Grisons. Lanc\u00e9 en 2008, il se terminera en 2010., dont le but est d&#8217;analyser, aux niveaux r\u00e9gional et individuel, les raisons pour lesquelles de nouvelles entreprises sont fond\u00e9es et prennent leur essor.&#13;<\/p>\n<h2>Des taux de cr\u00e9ation diff\u00e9rents selon les r\u00e9gions<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;activit\u00e9 cr\u00e9atrice observ\u00e9e dans les 106 r\u00e9gions de mobilit\u00e9 spatiale (r\u00e9gions MS) de Suisse met en \u00e9vidence des disparit\u00e9s. Ces r\u00e9gions pr\u00e9sentent une certaine homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 spatiale et forment de petits bassins d&#8217;emploi fonctionnant avec les centres r\u00e9gionaux. Nous utilisons ici les valeurs moyennes des ann\u00e9es 1999 \u00e0 2006, afin de compenser les variations annuelles (voir graphique 1). Les taux vont de 0,9 \u00e0 10,4 cr\u00e9ations pour 1000 personnes actives, la moyenne suisse se situant autour de 2,5. Les r\u00e9gions qui affichent les taux de cr\u00e9ation les plus \u00e9lev\u00e9s sont celles de Zoug (10,4), March (6,3), Lugano (5,3), Mendrisio (4,8), Zurich (4,5) et Nyon (4,2).\u00a0\u00c9tant donn\u00e9 l&#8217;importance des \u00e9carts de taux, on peut se demander si certaines r\u00e9gions r\u00e9unissent les conditions et caract\u00e9ristiques structurelles susceptibles de stimuler ou d&#8217;inhiber la cr\u00e9ation.&#13;<\/p>\n<h2>Les facteurs d\u00e9terminants de la cr\u00e9ation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDes \u00e9tudes ont montr\u00e9 que certains facteurs exercent une influence significative sur la g\u00e9ographie des cr\u00e9ations d&#8217;entreprises. Ce sont 1) la demande, 2) l&#8217;offre et 3) les effets de l&#8217;urbanisation et de la localisation.&#13;<\/p>\n<h3>Les facteurs li\u00e9s \u00e0 la demande<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa demande de biens et services ouvre des perspectives en mati\u00e8re de march\u00e9. On peut donc supposer qu&#8217;elle a un impact sur l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;entreprises. La croissance d\u00e9mographique et l&#8217;am\u00e9lioration de la prosp\u00e9rit\u00e9 ont pour effet d&#8217;augmenter la demande. Le comportement individuel des consommateurs, qui manifestent leurs pr\u00e9f\u00e9rences pour des biens et des services nouveaux et sp\u00e9cialis\u00e9s, illustre bien ce ph\u00e9nom\u00e8ne. La croissance de la demande offre \u00e9galement aux entrepreneurs potentiels une multitude de cr\u00e9neaux dont les d\u00e9bouch\u00e9s se situent d&#8217;abord au niveau local. \u00c9tant donn\u00e9 la flexibilit\u00e9 de leur sp\u00e9cialisation, les petites unit\u00e9s sont justement les mieux plac\u00e9es pour r\u00e9agir aux besoins fluctuants d&#8217;un march\u00e9 qui r\u00e9clame des produits novateurs. En outre, ce sont surtout des travailleurs ind\u00e9pendants &#8211; donc une forte majorit\u00e9 de petites entreprises &#8211; qui servent de mod\u00e8les aux futurs cr\u00e9ateurs. Dans des firmes jeunes et de taille r\u00e9duite, le personnel obtient des informations de premi\u00e8re main sur le processus de cr\u00e9ation et de croissance d&#8217;une entreprise, ainsi que sur les obstacles \u00e0 surmonter et les solutions possibles. Cela augmente la probabilit\u00e9 de les voir un jour rejoindre les rangs des entrepreneurs. Le changement structurel et l&#8217;av\u00e8nement de la soci\u00e9t\u00e9 du savoir se caract\u00e9risent par la multiplication des services dispens\u00e9s aux entreprises. De nouvelles possibilit\u00e9s commerciales apparaissent en parall\u00e8le, surtout dans le secteur des prestations, qui se compose de petites structures. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les services dispens\u00e9s aux entreprises reposent sur de petites unit\u00e9s et n&#8217;exigent qu&#8217;un modeste capital de d\u00e9part. Celles-ci peuvent donc d\u00e9marrer leur nouvelle activit\u00e9 et entrer sur le march\u00e9 sans accumuler les obstacles.&#13;<\/p>\n<h3>Les facteurs li\u00e9s \u00e0 l&#8217;offre<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes facteurs li\u00e9s \u00e0 l&#8217;offre permettent aux entrepreneurs potentiels d&#8217;explorer de nouvelles pistes commerciales. L&#8217;offre est d\u00e9termin\u00e9e par la population r\u00e9gionale. Elle r\u00e9sulte donc d&#8217;indicateurs tels que la densit\u00e9 de la population, sa structure par \u00e2ge et par profession, son capital humain ainsi que la proportion d&#8217;immigrants. La variable \u00abdensit\u00e9 de la population\u00bb est elle-m\u00eame \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 d&#8217;autres facteurs &#8211; par exemple la proximit\u00e9 du march\u00e9, le niveau des salaires, l&#8217;acc\u00e8s aux innovations et la qualit\u00e9 de l&#8217;infrastructure. L&#8217;\u00e9mergence de nouvelles entreprises refl\u00e8te l&#8217;attrait de la r\u00e9gion. Cela entra\u00eene l&#8217;implantation d&#8217;autres firmes sous la forme d&#8217;une r\u00e9action en cha\u00eene. La structure par \u00e2ge influence \u00e9galement l&#8217;activit\u00e9 cr\u00e9atrice. Comme diverses \u00e9tudes l&#8217;ont d\u00e9montr\u00e9, c&#8217;est le plus souvent vers le milieu de la trentaine que les personnes d\u00e9cident de devenir ind\u00e9pendantes, la fourchette se situant entre 25 et 40 ans. Ainsi, les r\u00e9gions o\u00f9 cette classe d&#8217;\u00e2ges est importante sont fertiles en cr\u00e9ation d&#8217;entreprises.\u00a0On peut en outre identifier des effets li\u00e9s \u00e0 la qualification et \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience des cr\u00e9ateurs potentiels. Ainsi, une formation professionnelle sup\u00e9rieure augmente la probabilit\u00e9 qu&#8217;un salari\u00e9 ou un ch\u00f4meur d\u00e9cide de s&#8217;installer \u00e0 son compte. La relation entre ces deux \u00e9l\u00e9ments n&#8217;est toutefois pas lin\u00e9aire. Les personnes ayant suivi une formation largement ax\u00e9e sur la pratique (par exemple les titulaires d&#8217;une ma\u00eetrise f\u00e9d\u00e9rale ou d&#8217;un dipl\u00f4me d\u00e9cern\u00e9 par une haute \u00e9cole sp\u00e9cialis\u00e9e) sont plus enclines que les universitaires \u00e0 fonder leur propre entreprise. Le nombre d&#8217;immigrants dans une r\u00e9gion a, lui aussi, un impact positif en ce domaine. Les familles d&#8217;origine \u00e9trang\u00e8re \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement jeunes et comptant plusieurs enfants influencent indirectement la pyramide des \u00e2ges. Les immigrants, qu&#8217;ils soient peu ou hautement qualifi\u00e9s, optent plus facilement que les Suisses pour le statut d&#8217;ind\u00e9pendant. Ceux qui disposent d&#8217;une bonne formation lancent surtout des entreprises ax\u00e9es sur la technologie. Les deux groupes apportent des id\u00e9es neuves et des bagages culturels vari\u00e9s. Ils cr\u00e9ent de nouvelles possibilit\u00e9s d&#8217;affaires.&#13;<\/p>\n<h3>Les avantages li\u00e9s \u00e0 la localisation<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa concentration spatiale d&#8217;entreprises d&#8217;une m\u00eame branche entra\u00eene la formation d&#8217;un bassin d&#8217;emplois sp\u00e9cifique. Les entreprises en profitent, notamment du fait que leurs frais de recrutement et de formation se r\u00e9duisent. Une telle situation est \u00e9galement avantageuse pour les travailleurs, puisque plusieurs employeurs potentiels sont pr\u00e9sents dans la r\u00e9gion et que le personnel qualifi\u00e9 n&#8217;est pas tent\u00e9 de s&#8217;exiler. Tant les entreprises que la main-d&#8217;oeuvre sont ainsi incit\u00e9es \u00e0 \u00e9lire domicile l\u00e0 o\u00f9 se concentrent plusieurs firmes appartenant \u00e0 une m\u00eame branche. Les avantages de l&#8217;urbanisation &#8211; \u00e0 savoir les effets de la concentration de soci\u00e9t\u00e9s actives dans des branches diff\u00e9rentes &#8211; favorisent aussi l&#8217;activit\u00e9 cr\u00e9atrice. Plus une agglom\u00e9ration est importante, plus les branches qui s&#8217;y implantent sont vari\u00e9es. Cette affirmation repose sur l&#8217;hypoth\u00e8se que les zones urbaines permettent de d\u00e9velopper les \u00e9change d&#8217;id\u00e9es en transcendant les barri\u00e8res sectorielles, ce qui permet de combiner de nouvelles solutions et coop\u00e9rations.&#13;<\/p>\n<h2>Les potentiels de cr\u00e9ation dans les r\u00e9gions urbaines et semi-p\u00e9riph\u00e9riques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne analyse par groupes a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e afin d&#8217;examiner les \u00e9carts r\u00e9gionaux que pr\u00e9sente le potentiel de cr\u00e9ation par rapport aux facteurs d\u00e9crits plus haut. Cette m\u00e9thode permet de regrouper les r\u00e9gions dot\u00e9es de potentiels similaires et de r\u00e9duire la diversit\u00e9 de l&#8217;information. Il est ainsi possible de comparer les diff\u00e9rentes r\u00e9gions en s&#8217;appuyant sur les indicateurs consid\u00e9r\u00e9s et d&#8217;identifier les forces et les faiblesses de chaque groupe (la proc\u00e9dure est d\u00e9crite dans l&#8217;&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<br \/>\nLa d\u00e9mographie des entreprises (Udemo), une statistique \u00e9labor\u00e9e depuis peu par l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), fournit des informations d\u00e9taill\u00e9es sur la dynamique des entreprises et sur la cr\u00e9ation de nouvelles structures tant au niveau r\u00e9gional que national. La particularit\u00e9 de cette statistique est qu&#8217;elle ne prend en consid\u00e9ration que les entreprises v\u00e9ritablement nouvelles, ce qui exclut, par exemple, celles issues d&#8217;une fusion ou subissant un changement de propri\u00e9taire. Les filiales ne sont pas prises en compte, \u00e0 moins qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une premi\u00e8re implantation de la part d&#8217;une entreprise \u00e9trang\u00e8re sur le territoire suisse.Le nombre absolu de cr\u00e9ations ne constitue pas un indicateur pertinent pour \u00e9tablir des comparaisons entre les cantons et les r\u00e9gions suisses, car ces entit\u00e9s g\u00e9ographiques se distinguent aussi bien par leur taille que par leur population et le nombre de personnes actives. C&#8217;est pourquoi on calcule des taux de cr\u00e9ation: le nombre absolu de nouvelles entreprises est relativis\u00e9 afin de pouvoir comparer les r\u00e9gions. La population active sert ici de grandeur de r\u00e9f\u00e9rence (approche du march\u00e9 du travail). Les travailleurs et les ch\u00f4meurs d&#8217;une r\u00e9gion constituent son potentiel endog\u00e8ne de cr\u00e9ateurs; en effet, les nouvelles entreprises s&#8217;implantent g\u00e9n\u00e9ralement soit sur le lieu de domicile de leur fondateur soit \u00e0 l&#8217;endroit o\u00f9 ce dernier a travaill\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment.).\u00a0Les r\u00e9gions MS ont donc \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties en dix groupes qui se distinguent par leur potentiel de cr\u00e9ation (voir graphique 2). L&#8217;examen de leurs profils montre que les groupes A, B, G et H sont, plus particuli\u00e8rement, dot\u00e9s d&#8217;un potentiel \u00e9lev\u00e9. Le groupe C se situe l\u00e9g\u00e8rement au-dessus de la moyenne et les autres plut\u00f4t au-dessous (voir tableau 1). Parmi ses principaux r\u00e9sultats, l&#8217;analyse a d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;activit\u00e9 de cr\u00e9ation est effectivement soutenue dans les groupes qui pr\u00e9sentent un potentiel sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne.&#13;<\/p>\n<h2>Renforcer la formation entrepreneuriale et les mod\u00e8les de cr\u00e9ation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes groupes A et B se composent essentiellement d&#8217;agglom\u00e9rations et de zones urbaines. Le premier r\u00e9unit les r\u00e9gions de B\u00e2le et de Zurich, tandis que le second inclut notamment Berne, Fribourg, Lausanne, Neuch\u00e2tel et l&#8217;agglom\u00e9ration zurichoise. Les groupes G et H correspondent \u00e0 des zones urbaines et semi-p\u00e9riph\u00e9riques dot\u00e9es de certaines particularit\u00e9s, le second ne comprenant que celle de Zoug. Ces r\u00e9gions disposent d&#8217;un potentiel de cr\u00e9ation sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne et ne pr\u00e9sentent de faiblesses que pour quelques indicateurs sp\u00e9cifiques. Ainsi, les groupes A et B p\u00eachent surtout par le nombre limit\u00e9 de mod\u00e8les existants d&#8217;entreprises nouvellement cr\u00e9\u00e9es (les travailleurs ind\u00e9pendants servant ici d&#8217;indicateur). Ces points faibles peuvent, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00eatre \u00e9limin\u00e9s en renfor\u00e7ant la formation entrepreneuriale dans les universit\u00e9s.\u00a0Le groupe C rev\u00eat une grande importance sur le plan de la politique r\u00e9gionale. Il contient quelques r\u00e9gions (semi-p\u00e9riph\u00e9riques) qui font partie de la zone d&#8217;application de la nouvelle politique r\u00e9gionale (NPR) La zone d&#8217;application du volet 1 de la NPR (renforcer l&#8217;esprit d&#8217;entreprise, l&#8217;innovation, la cr\u00e9ation de valeur ajout\u00e9e et la concurrence) comprend les r\u00e9gions de montagne, les zones rurales et les r\u00e9gions frontali\u00e8res., comme celles de Bienne, Coire, Davos, Schaffhouse et Saint-Gall. Ce groupe tend \u00e0 afficher un potentiel de cr\u00e9ation sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne. Il souffre aussi de faiblesses \u00e9videntes, en particulier les exemples insuffisants de cr\u00e9ation d&#8217;entreprises &#8211; le nombre restreint d&#8217;ind\u00e9pendants en t\u00e9moigne &#8211; et la proportion de petites structures. Comme la main-d&#8217;oeuvre, la diversification et la jeunesse du personnel constituent des points forts, il semble indiqu\u00e9 d&#8217;optimiser la formation entrepreneuriale dans les hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es (\u00e9ventuellement aussi dans les \u00e9coles secondaires), ceci afin de compenser les faiblesses tout en exploitant le potentiel existant.\u00a0Les autres groupes (D, E, F, I, J) poss\u00e8dent un faible potentiel de cr\u00e9ation, comme l&#8217;indiquent leurs performances inf\u00e9rieures \u00e0 la moyenne dans les diff\u00e9rentes variables. En m\u00eame temps, ils peuvent se pr\u00e9valoir de plusieurs points forts. Ainsi, les groupes I et J affichent une proportion de petites entreprises sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne. Ils devraient miser sur leurs atouts et continuer \u00e0 les d\u00e9velopper, plut\u00f4t que de compenser leurs faiblesses.\u00a0\u00c0 ce jour, peu de recherches ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour d\u00e9terminer dans quelle mesure les r\u00e9gions qui b\u00e9n\u00e9ficient de la NPR poss\u00e8dent v\u00e9ritablement des potentiels de cr\u00e9ation. La nouvelle politique r\u00e9gionale vise \u00e0 renforcer les conditions d&#8217;installation des entreprises, l&#8217;innovation et la cr\u00e9ation de valeur dans les zones frontali\u00e8res, rurales et de montagne. Ces r\u00e9gions re\u00e7oivent un soutien financier si elles d\u00e9veloppent des id\u00e9es et mettent sur pied des projets par leurs propres moyens, c&#8217;est-\u00e0-dire en exploitant des potentiels endog\u00e8nes.\u00a0Les r\u00e9sultats de l&#8217;analyse soul\u00e8vent deux questions \u00e0 cet \u00e9gard. Quelles seront les implications pour une politique destin\u00e9e \u00e0 promouvoir l&#8217;esprit d&#8217;entreprise? O\u00f9 peut-on engager des moyens financiers avec un maximum d&#8217;efficacit\u00e9? Plusieurs \u00e9l\u00e9ments indiquent que les instruments de promotion sont les plus efficaces dans les r\u00e9gions qui poss\u00e8dent d\u00e9j\u00e0 des potentiels de cr\u00e9ation. Dans ces conditions, il pourrait s&#8217;av\u00e9rer judicieux de renforcer syst\u00e9matiquement les centres de la p\u00e9riph\u00e9rie et de r\u00e9duire le plus possible leurs faiblesses ainsi que les entraves aux entreprises.&#13;<\/p>\n<h2>Sc\u00e9narios pour la cr\u00e9ation d&#8217;entreprises durant la crise \u00e9conomique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 l&#8217;\u00e9volution actuelle de la conjoncture, la question est de savoir comment la crise \u00e9conomique se r\u00e9percutera sur la dynamique de la cr\u00e9ation d&#8217;entreprises. Une premi\u00e8re comparaison, effectu\u00e9e en avril 2009, montre que les inscriptions au registre du commerce \u00e9taient en baisse de 15% par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode de l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Ce recul frappe particuli\u00e8rement les r\u00e9gions rurales et p\u00e9riph\u00e9riques. Il s&#8217;explique par le fait que, durant les ann\u00e9es fastes de 2007 et 2008, une demande croissante en biens et services avait favoris\u00e9 l&#8217;\u00e9closion de nouvelles entreprises. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, de telles p\u00e9riodes de \u00abboom\u00bb offrent \u00e9galement d&#8217;excellentes possibilit\u00e9s d&#8217;emploi. Nombre de cr\u00e9ateurs potentiels h\u00e9sitent donc \u00e0 quitter leur statut de salari\u00e9 pour se lancer dans une activit\u00e9 ind\u00e9pendante.\u00a0Les exp\u00e9riences faites lors de crises pr\u00e9c\u00e9dentes montrent que, malgr\u00e9 la r\u00e9cession &#8211; ou \u00e0 cause d&#8217;elle -, les cr\u00e9ateurs potentiels sont alors plus nombreux \u00e0 tenter l&#8217;aventure de l&#8217;ind\u00e9pendance. D&#8217;une part, des taux de ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9s et des perspectives d&#8217;emploi restreintes les encouragent dans cette voie; d&#8217;autre part, les p\u00e9riodes de r\u00e9cession cr\u00e9ent des occasions sp\u00e9ciales de prendre un nouveau d\u00e9part. Les crises s&#8217;accompagnent de changements, en particulier dans le comportement du consommateur et les formes de concurrence. Les nouvelles entreprises peuvent alors mieux contrer les entreprises en place, fragilis\u00e9es par la conjoncture, et s&#8217;imposer \u00e0 court terme sur le march\u00e9.\u00a0M\u00eame si pour l&#8217;instant aucune indication concr\u00e8te ne laisse entrevoir une inversion de la tendance, il est tout \u00e0 fait possible que les cr\u00e9ations d&#8217;entreprises reprennent dans le courant de l&#8217;ann\u00e9e &#8211; sous l&#8217;effet du ch\u00f4mage notamment. Il faudra, cependant, encore attendre pour savoir dans quelle mesure ces entreprises \u00e9mergentes seront durables et capables de croissance.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abTaux de cr\u00e9ation moyen dans les r\u00e9gions MS, 1999-2006\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abGroupes: r\u00e9gions MS dot\u00e9es de potentiels de cr\u00e9ation similaires\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abCaract\u00e9ristiques des diff\u00e9rents groupes\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: La cr\u00e9ation d&#8217;entreprises en Suisse<\/b>&#13;<br \/>\nLa d\u00e9mographie des entreprises (Udemo), une statistique \u00e9labor\u00e9e depuis peu par l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), fournit des informations d\u00e9taill\u00e9es sur la dynamique des entreprises et sur la cr\u00e9ation de nouvelles structures tant au niveau r\u00e9gional que national. La particularit\u00e9 de cette statistique est qu&#8217;elle ne prend en consid\u00e9ration que les entreprises v\u00e9ritablement nouvelles, ce qui exclut, par exemple, celles issues d&#8217;une fusion ou subissant un changement de propri\u00e9taire. Les filiales ne sont pas prises en compte, \u00e0 moins qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une premi\u00e8re implantation de la part d&#8217;une entreprise \u00e9trang\u00e8re sur le territoire suisse.Le nombre absolu de cr\u00e9ations ne constitue pas un indicateur pertinent pour \u00e9tablir des comparaisons entre les cantons et les r\u00e9gions suisses, car ces entit\u00e9s g\u00e9ographiques se distinguent aussi bien par leur taille que par leur population et le nombre de personnes actives. C&#8217;est pourquoi on calcule des taux de cr\u00e9ation: le nombre absolu de nouvelles entreprises est relativis\u00e9 afin de pouvoir comparer les r\u00e9gions. La population active sert ici de grandeur de r\u00e9f\u00e9rence (approche du march\u00e9 du travail). Les travailleurs et les ch\u00f4meurs d&#8217;une r\u00e9gion constituent son potentiel endog\u00e8ne de cr\u00e9ateurs; en effet, les nouvelles entreprises s&#8217;implantent g\u00e9n\u00e9ralement soit sur le lieu de domicile de leur fondateur soit \u00e0 l&#8217;endroit o\u00f9 ce dernier a travaill\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Analyse par groupes: proc\u00e9dure suivie pour la classification des r\u00e9gions<\/b>&#13;<br \/>\nUne analyse par groupes a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e afin de classer les r\u00e9gions MS selon leur potentiel de cr\u00e9ation d&#8217;entreprisesa. La proc\u00e9dure se base sur une matrice comprenant les r\u00e9gions MS et les indicateurs choisis. Ces derniers sont tout d&#8217;abord v\u00e9rifi\u00e9s au niveau des corr\u00e9lations, des variables corr\u00e9l\u00e9es pouvant fausser les r\u00e9sultats. L&#8217;\u00e9tape suivante consiste \u00e0 standardiser les indicateurs, pour \u00e9viter une pond\u00e9ration des variables sur la base de niveaux d&#8217;\u00e9chelle diff\u00e9rents.La structure des groupes se calcule, ensuite, au moyen de la m\u00e9thode de fusionnement de Ward, qui fait partie des proc\u00e9dures dites \u00abagglom\u00e9ratives hi\u00e9rarchiques\u00bb. Le crit\u00e8re de fusion de cette m\u00e9thode est &#8211; sur la base de la distance euclidienne au carr\u00e9 &#8211; le crit\u00e8re de variance. On fusionne les r\u00e9gions dont la somme des carr\u00e9s des \u00e9carts est minimum \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;aggr\u00e9gat. Les analyses effectu\u00e9es jusqu&#8217;ici ont montr\u00e9 que la m\u00e9thode de Ward donne de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats, en comparaison avec les autres techniques classificatoiresb.\u00c9tant donn\u00e9 que les proc\u00e9dures agglom\u00e9ratives hi\u00e9rarchiques font fusionner tous les groupes jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;ils n&#8217;en forment plus qu&#8217;un, il est n\u00e9cessaire de calculer le nombre optimal de groupes. On utilise \u00e0 cette fin le sch\u00e9ma d&#8217;agglom\u00e9ration et la mesure de l&#8217;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 ETAb. Au total, l&#8217;analyse montre que dix groupes constituent une bonne structure. Ensuite, on doit optimiser la solution \u00e0 dix groupes en appliquant la technique de partitionnement K-means. Il importe alors de contr\u00f4ler la solution de groupes initiale et de r\u00e9organiser la r\u00e9partition des r\u00e9gions, si cela peut l&#8217;am\u00e9liorer.La valeur F, la valeur t et la moyenne arithm\u00e9tique interviennent dans l&#8217;interpr\u00e9tation des groupes du point de vue de leur potentiel de cr\u00e9ation. La valeur F renseigne sur leur homog\u00e9n\u00e9it\u00e9. Si elle est inf\u00e9rieure \u00e0 1, le groupe est homog\u00e8ne par rapport \u00e0 la variable correspondante. La valeur t renseigne sur les modalit\u00e9s des variables dans le groupe; des valeurs t inf\u00e9rieures \u00e0 0 signifient que la variable est sous-repr\u00e9sent\u00e9e par rapport \u00e0 l&#8217;ensemble. \u00c0 l&#8217;inverse, des valeurs t sup\u00e9rieures \u00e0 0 signifient que la variable est plus marqu\u00e9e par rapport \u00e0 l&#8217;ensemble. Enfin, la moyenne arithm\u00e9tique fournit des indications sur la performance effective des variables dans l&#8217;\u00e9chelle initiale.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;\u00e9mergence et le d\u00e9veloppement de nouvelles entreprises jouent un r\u00f4le important pour l&#8217;essor de l&#8217;\u00e9conomie, le changement structurel et l&#8217;innovation. L&#8217;intensit\u00e9 du processus pr\u00e9sente, toutefois, des disparit\u00e9s suivant les r\u00e9gions; en retour, les r\u00e9alit\u00e9s locales exercent \u00e9galement une influence. 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