{"id":152650,"date":"2009-07-01T12:00:00","date_gmt":"2009-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/07\/kaempf-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:04:20","modified_gmt":"2023-08-23T23:04:20","slug":"kaempf-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/07\/kaempf-4\/","title":{"rendered":"L&#8217;importance des prix dans la concurrence touristique"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9tudes internationales montrent r\u00e9guli\u00e8rement que les prix des services touristiques sont plus \u00e9lev\u00e9s en Suisse qu&#8217;ailleurs. Cela n&#8217;a, cependant, provoqu\u00e9 aucun exode d&#8217;entreprises et les investisseurs \u00e9trangers affichent un int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 pour notre pays. Cela tient au fait que la Suisse poss\u00e8de &#8211; selon le Competitiveness Report du Forum \u00e9conomique mondial (World Economic Forum, WEF) &#8211; l&#8217;un des meilleurs potentiels touristiques du monde. Les prix et les co\u00fbts de l&#8217;\u00e9conomie touristique ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9es dans un contexte qui prend en compte les march\u00e9s importants. La m\u00e9thode utilis\u00e9e est celle de l&#8217;\u00e9conomie industrielle qui &#8211; \u00e0 l&#8217;instar du droit de la concurrence et des cartels &#8211; se fonde sur le paradigme structure-comportement-performance La question est de savoir si c&#8217;est la structure qui d\u00e9termine le comportement ou l&#8217;inverse. Dans le cas de cet article, nous pensons que ces deux facteurs influencent le prix\/b\u00e9n\u00e9fice..<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200907_20_Kaempf_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Structure et comportement du march\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;h\u00f4tellerie suisse compte environ 5600 \u00e9tablissements qui accueillent chaque ann\u00e9e au moins 20 millions de clients. Le nombre de restaurants est encore beaucoup plus \u00e9lev\u00e9. Une telle structure de march\u00e9 donne \u00e0 penser que la concurrence joue pleinement et que l&#8217;entrepreneur ne peut pas exercer une influence d\u00e9terminante sur les prix. Dans la th\u00e9orie \u00e9conomique, on appelle ce dernier un \u00abpreneur de prix\u00bb, \u00e9tant donn\u00e9 que ses co\u00fbts ne lui laissent aucune marge de manoeuvre. Cette interpr\u00e9tation rigoureuse de la concurrence dans le secteur touristique n&#8217;est, toutefois, pas tr\u00e8s courante ni en th\u00e9orie ni en pratique. Beaucoup sont d&#8217;avis qu&#8217;il existe bel et bien une certaine latitude dans la fixation des prix et ils agissent en cons\u00e9quence.&#13;<\/p>\n<h2>Concurrence monopolistique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSelon nos estimations, la plupart des entreprises touristiques disposent d&#8217;une marge de manoeuvre pour fixer leurs prix, m\u00eame si celle-ci n&#8217;est pas toujours tr\u00e8s importante. Un patron habile peut avoir les coud\u00e9es franches sur le march\u00e9 s&#8217;il parvient \u00e0 se d\u00e9marquer de ses concurrents. L&#8217;industrie h\u00f4teli\u00e8re est un march\u00e9 sur lequel de nombreuses entreprises offrent des prestations analogues, mais pas identiques. Les h\u00f4tels se diff\u00e9rencient aussi bien par leur situation, leur taille ou leur histoire que par le type de client\u00e8le, les horaires, le service, etc. Il existe mille possibilit\u00e9s de se d\u00e9marquer des autres \u00e9tablissements. Cette concurrence dite monopolistique est la r\u00e8gle dans le tourisme. Les chemins de fer touristiques constituent une exception. La concession pour les transports \u00e0 c\u00e2bles leur garantit un monopole local. Celui-ci ne doit toutefois pas \u00eatre surestim\u00e9, car la concurrence joue \u00e9galement entre les domaines skiables et entre les destinations.\u00a0La concurrence monopolistique conf\u00e8re \u00e0 l&#8217;entrepreneur, \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;une gamme restreinte de prix, les m\u00eames libert\u00e9s que celles dont jouit le monopoleur. Ce dernier limite la quantit\u00e9 et augmente ses prix par rapport \u00e0 ceux d&#8217;un march\u00e9 concurrentiel. La limitation de la quantit\u00e9 a de quoi irriter: quel h\u00f4telier renoncerait de son plein gr\u00e9 \u00e0 des clients? N&#8217;oublions pas, toutefois, qu&#8217;il devient lui-m\u00eame un \u00abmonopoleur\u00bb s&#8217;il parvient \u00e0 se d\u00e9marquer de ses concurrents. \u00c0 cette fin, il doit segmenter le march\u00e9. S&#8217;il choisit de faire de son \u00e9tablissement un \u00abh\u00f4tel boutique\u00bb (pour des couples sans enfants, qui recherchent la tranquillit\u00e9), il devra renoncer au large segment de client\u00e8le familiale. Toute sp\u00e9cialisation a pour effet de r\u00e9duire le potentiel de march\u00e9. Du point de vue des clients, la segmentation est une excellente chose, puisqu&#8217;elle \u00e9largit l&#8217;\u00e9ventail des choix possibles. Cette multiplicit\u00e9 est un atout pour n&#8217;importe quel march\u00e9. Elle accro\u00eet la demande.\u00a0Dans une situation de concurrence monopolistique, les entreprises touristiques op\u00e8rent en fonction de la courbe de co\u00fbt moyen d\u00e9croissante. C&#8217;est pourquoi une augmentation des nuit\u00e9es fait baisser les co\u00fbts moyens, ce qui se traduit par des prix moindres ou des marges sup\u00e9rieures. En cas de concurrence monopolistique, les co\u00fbts, les prix et les quantit\u00e9s sont donc en mouvement. Ils d\u00e9pendent du flair de l&#8217;entrepreneur, de la qualit\u00e9 du mod\u00e8le commercial (comportement) et de la structure du march\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Le Competitiveness Report du WEF<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe WEF compare chaque ann\u00e9e plus de cent pays touristiques. En 2009, la Suisse occupe pour la troisi\u00e8me fois cons\u00e9cutive la plus haute marche du podium. Le classement du WEF ne porte pas sur la comp\u00e9titivit\u00e9 de l&#8217;\u00e9conomie touristique et de ses entreprises, mais sur le potentiel touristique d&#8217;un pays. Trois groupes d&#8217;indicateurs ont \u00e9t\u00e9 retenus dans le tableau 1: les facteurs de production immobiles, les effets de groupe et les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la distance. Dans ces trois domaines, la Suisse fait partie du peloton de t\u00eate. Son industrie touristique profite des faibles co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la distance, de la valeur \u00e9lev\u00e9e des facteurs de production immobiles ainsi que du bon niveau g\u00e9n\u00e9ral des connaissances et des comp\u00e9tences. Il existe peu d&#8217;indicateurs permettant de mesurer les effets de groupe. Ceux qui figurent dans la liste sont surtout des points de rep\u00e8re pour \u00e9valuer le potentiel d&#8217;innovation. Ils donnent \u00e9galement une id\u00e9e de la qualit\u00e9 du capital humain.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;\u00e9quilibre du march\u00e9 entre pays touristiques engendre des \u00e9carts de prix<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nC&#8217;est essentiellement sur la base de comparaisons internationales que l&#8217;on critique la chert\u00e9 des prestations touristiques en Suisse. Celles-ci d\u00e9montrent p\u00e9riodiquement que les prix helv\u00e9tiques sont sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux pratiqu\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Selon le BAK Basel Economics, ils d\u00e9passent en moyenne de 12% ceux des pays voisins Voir l&#8217;article de Natalia Held et Christian Hunziker, page suivante. . Une analyse comparative r\u00e9alis\u00e9e par le bureau BHP-Hanser und Partner \u00e9tablit que les tarifs h\u00f4teliers sont 20 \u00e0 30% plus bas en Autriche et dans le Tyrol du Sud que dans notre pays. En revanche, ils sont 20% plus chers en France qu&#8217;en Suisse Voir l&#8217;article de Maria Hug-Sutter, J\u00fcrg Kuster, Peder Plaz et Michael R\u00fctimann, \u00e0 la page 54 de ce num\u00e9ro. .\u00a0La Suisse aurait-elle ind\u00fbment prot\u00e9g\u00e9 son march\u00e9 touristique contre la concurrence \u00e9trang\u00e8re? Rien n&#8217;indique que ce soit le cas. La deuxi\u00e8me raison qui peut expliquer les prix \u00e9lev\u00e9s est le niveau des co\u00fbts sur le march\u00e9 int\u00e9rieur. Les repr\u00e9sentants de la branche se plaignent \u00e0 juste titre de ne pas pouvoir acheter les produits agricoles aux prix du march\u00e9 mondial. Les \u00e9tudes du BAK et du BHP r\u00e9v\u00e8lent \u00e9galement d&#8217;autres d\u00e9savantages li\u00e9s aux co\u00fbts.\u00a0Des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s provoquent \u00e0 long terme l&#8217;exode des entreprises, un sc\u00e9nario que l&#8217;industrie textile et l&#8217;horlogerie ont connu dans les ann\u00e9es septante et quatre-vingts. Pour le moment, aucun mouvement de ce genre n&#8217;a affect\u00e9 le secteur touristique. Au contraire, nous constatons que les investisseurs \u00e9trangers s&#8217;int\u00e9ressent \u00e0 la Suisse en d\u00e9pit de ses co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s. Comment cela s&#8217;explique-t-il? Lorsque des visiteurs ou des soci\u00e9t\u00e9s portent leur choix sur un pays, ils \u00e9valuent son attrait global et pas seulement les services fournis par ses entreprises touristiques. Ils appr\u00e9cient une nature et des paysages rest\u00e9s intacts. Ils recherchent des villes vivantes et pleines de caract\u00e8re. Ils exigent une bonne infrastructure ferroviaire ainsi que des garanties sur le plan de la s\u00e9curit\u00e9 et de la sant\u00e9.\u00a0Le march\u00e9 touristique mondial finit par trouver son \u00e9quilibre &#8211; sauf dans des situations extraordinaires. Il l&#8217;atteint lorsque les vacances pr\u00e9sentent le m\u00eame int\u00e9r\u00eat partout. Dans une \u00e9conomie nationale, les prix (du tourisme) ont pour fonction de compenser les disparit\u00e9s par rapport aux autres pays. Si les biens publics sont plus attrayants en Suisse qu&#8217;ailleurs, les prix helv\u00e9tiques des prestations touristiques doivent augmenter pour que l&#8217;\u00e9quilibre du march\u00e9 s&#8217;\u00e9tablisse.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes avantages concurrentiels de la Suisse dans le domaine du tourisme prennent donc la forme de suppl\u00e9ments \u00e0 payer pour les prestations des entreprises. Les prix contiennent des rentes \u00e9conomiques (une majoration) qui refl\u00e8tent l&#8217;estime dont jouit le pays La Revue suisse d&#8217;\u00e9conomie et de statistique a consacr\u00e9 son num\u00e9ro de d\u00e9cembre 2008 au m\u00e9canisme de formation des prix.. Le rapport du WEF confirme ce lien. En ce qui concerne les biens publics, la Suisse figure parmi les premiers du classement. Sur le plan des tarifs h\u00f4teliers, en revanche, elle n&#8217;arrive qu&#8217;\u00e0 la centi\u00e8me position. Ce score indique que ses prix sont relativement \u00e9lev\u00e9s. Le fait que l&#8217;h\u00f4tellerie suisse puisse s&#8217;imposer sur le march\u00e9 malgr\u00e9 ses prix montre bien le fort attrait global du pays.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abLe potentiel touristique de la Suisse\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Baisse sensible de la demande touristique<\/b>&#13;<br \/>\nLa branche du tourisme s&#8217;enfonce dans la crise avec le recul de la demande, qu&#8217;elle provienne de l&#8217;int\u00e9rieur comme de l&#8217;ext\u00e9rieur, et la force du franc. Le recul des nuit\u00e9es est de 7,9% depuis janvier, ce qui en fait le pire d\u00e9but d&#8217;ann\u00e9e depuis 1979. La d\u00e9gradation du march\u00e9 du travail a incit\u00e9 de nombreux Suisses \u00e0 passer leurs cong\u00e9s au pays; la demande \u00e9trang\u00e8re affichait de son c\u00f4t\u00e9 une baisse nettement plus rapide (-9,8% cumul\u00e9 de janvier \u00e0 mai) que celle \u00e9manant de l&#8217;int\u00e9rieur. Il n&#8217;est donc pas possible d&#8217;emp\u00eacher la chute des nuit\u00e9es, seulement de l&#8217;att\u00e9nuer, d&#8217;autant plus que les nuit\u00e9es indig\u00e8ne ont recul\u00e9 de 5,3% durant les cinq premiers mois en valeurs cumul\u00e9es.La tendance devrait se poursuivre les prochains mois. La r\u00e9cession devrait notamment s&#8217;\u00e9tendre sur le march\u00e9 int\u00e9rieur et grignoter fortement la consommation priv\u00e9e. Il faut \u00e9galement s&#8217;attendre \u00e0 un recul de la demande \u00e9trang\u00e8re en raison de la force du franc et de la morosit\u00e9 de la situation \u00e9conomique dans les pays concern\u00e9s. Les pr\u00e9visions de Bakbasel sont pessimistes quant \u00e0 la saison d&#8217;\u00e9t\u00e9. Le nombre des nuit\u00e9es h\u00f4teli\u00e8res devrait reculer nettement, de 7,2&nbsp;%, en glissement annuel. Il s&#8217;agit de la baisse la plus abrupte depuis 1982. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral tente d&#8217;inverser le courant \u00e0 travers deux programmes d&#8217;aide au marketing touristique. Il est encore trop t\u00f4t pour conna\u00eetre l&#8217;impact de ces mesures et de quelle fa\u00e7on elles ont pu corriger le tir.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9tudes internationales montrent r\u00e9guli\u00e8rement que les prix des services touristiques sont plus \u00e9lev\u00e9s en Suisse qu&#8217;ailleurs. Cela n&#8217;a, cependant, provoqu\u00e9 aucun exode d&#8217;entreprises et les investisseurs \u00e9trangers affichent un int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 pour notre pays. 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