{"id":152690,"date":"2009-06-01T12:00:00","date_gmt":"2009-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/06\/bernasconi-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:04:57","modified_gmt":"2023-08-23T23:04:57","slug":"bernasconi-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/06\/bernasconi-4\/","title":{"rendered":"Les pays soutenus par le Seco et la crise"},"content":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 son aspect plan\u00e9taire, l&#8217;impact de la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique varie sensiblement d&#8217;un pays \u00e0 l&#8217;autre Voir l&#8217;article de Michael Klein qui pr\u00e9c\u00e8de. . Les pays partenaires de la coop\u00e9ration \u00e9co-nomique au d\u00e9veloppement du Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) Les pays prioritaires de la coop\u00e9ration \u00e9conomique au d\u00e9veloppement du Seco sont au nombre de sept au \u00absud\u00bb (Colombie, P\u00e9rou, Egypte, Ghana, Afrique du Sud, Indon\u00e9sie et Vietnam) et neuf \u00e0 l&#8217;\u00abest\u00bb (Serbie, Bosnie-Herz\u00e9govine, ARY de Mac\u00e9doine, Albanie, Kosovo, Ukraine, Azerba\u00efdjan, R\u00e9publique Kirghize et Tadjikistan). n&#8217;\u00e9chappent pas \u00e0 ce constat. Les difficult\u00e9s seront, toutefois, fonction de leur degr\u00e9 d&#8217;int\u00e9gration financi\u00e8re et commerciale, de leur d\u00e9pendance au cours des mati\u00e8res premi\u00e8res ou aux remises des travailleurs expatri\u00e9s, ou encore de leur situation macro\u00e9conomique d&#8217;avant-crise. Pour \u00eatre efficaces, leurs politiques \u00e9conomiques seront donc sp\u00e9cifiques, m\u00eame si un soutien coordonn\u00e9, tant multilat\u00e9ral que bilat\u00e9ral, est n\u00e9cessaire.&#13;<\/p>\n<h2>Des pays plus touch\u00e9s par la crise&#8230;<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPratiquement tous les pays partenaires du Seco sont touch\u00e9s de plein fouet, m\u00eame si les origines de la crise et son impact varient consid\u00e9rablement de l&#8217;un \u00e0 l&#8217;autre. D&#8217;apr\u00e8s le FMI, lEurope de l&#8217;Est et lAsie centrale sont les r\u00e9gions les plus touch\u00e9es. En Ukraine par exemple, le secteur bancaire d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9 a \u00e9t\u00e9 durement frapp\u00e9. Les cons\u00e9quences sur le budget sont importantes, puisqu&#8217;apr\u00e8s avoir compt\u00e9 sur son \u00e9quilibre, les autorit\u00e9s tablent maintenant sur un d\u00e9ficit \u00e9quivalent \u00e0 4 points de PIB; elles se sont, du reste, tourn\u00e9s vers le FMI pour les aider \u00e0 le combler.\u00a0Sur le continent africain, le d\u00e9but du mill\u00e9naire avait \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par un retour de la croissance qui semblait s&#8217;installer durablement. Apr\u00e8s un premier contrecoup li\u00e9 \u00e0 la hausse du prix des hydrocarbures et des denr\u00e9es alimentaires en 2008, le continent est fortement touch\u00e9 par la crise \u00e9conomique, le FMI estimant qu&#8217;une moiti\u00e9 des pays se trouve en situation particuli\u00e8rement pr\u00e9caire. L&#8217;impact en Afrique du Sud s&#8217;est fait sentir \u00e0 la fois par la chute de la demande ext\u00e9rieure, notamment pour les mati\u00e8res premi\u00e8res, mais aussi par une contraction de la demande interne li\u00e9e au resserrement du cr\u00e9dit bancaire. Cette situation est d&#8217;autant plus pr\u00e9occupante que ce pays a jou\u00e9 un r\u00f4le de moteur \u00e9conomique dans la sous-r\u00e9gion. Au Ghana, les effets sont encore mod\u00e9r\u00e9s mais la r\u00e9ponse \u00e0 la crise est difficile en raison de conditions pr\u00e9alables d\u00e9favorables.\u00a0\u00a0&#8230;.que d&#8217;autres\u00a0\u00a0En Asie du Sud-Est, r\u00e9gion globalement la moins vuln\u00e9rable, les pays avec lesquels le Seco travaille le plus \u00e9troitement sont malgr\u00e9 tout touch\u00e9s. Au Vietnam par exemple, la croissance spectaculaire de la derni\u00e8re d\u00e9cennie a fortement contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9. Toutefois, cette \u00e9conomie nettement ax\u00e9e sur les march\u00e9s mondiaux a subi pleinement la crise. Celle-ci se combine \u00e0 des d\u00e9s\u00e9quilibres macro\u00e9conomiques d\u00e9j\u00e0 existants (notamment une forte inflation), qui r\u00e9duisent la marge de manoeuvre des autorit\u00e9s, notamment sur le plan mon\u00e9taire. Les retards pris dans la r\u00e9forme du secteur financier risquent \u00e9galement d&#8217;handicaper le financement de l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique productive durant cette p\u00e9riode de crise. En Indon\u00e9sie, l&#8217;effet se fait, pour l&#8217;heure un peu moins sentir, dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9s\u00e9quilibre inflationniste d&#8217;avant la crise \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 la hausse des prix du p\u00e9trole au d\u00e9but de 2008, plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 une politique du cr\u00e9dit expansionniste comme au Vietnam.\u00a0Le FMI situe l&#8217;Am\u00e9rique latine et centrale en deuxi\u00e8me position en termes de vuln\u00e9rabilit\u00e9, mais les perspectives semblent moins dramatiques dans les pays prioritaires du Seco que pour le reste du continent. La Colombie a acquis, dans la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dant la crise, une stabilit\u00e9 macro\u00e9conomique qui a am\u00e9lior\u00e9 sa r\u00e9sistance (croissance soutenue dans un environnement \u00e0 inflation et endettement mod\u00e9r\u00e9s). Gr\u00e2ce \u00e0 une surveillance des banques assez \u00e9troite, le secteur financier semble relativement robuste. Si la chute de la demande mondiale s&#8217;est r\u00e9percut\u00e9e sur les exportations, une partie du choc a \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9 par des taux de change flexibles. Au P\u00e9rou, les r\u00e9formes qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la crise ont \u00e9t\u00e9 encore plus spectaculaires. Sa croissance, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, a \u00e9t\u00e9 une des plus fortes de tous les pays \u00e9mergents et s&#8217;est accompagn\u00e9e de r\u00e9sultats probants en mati\u00e8re d&#8217;inflation et de soldes budg\u00e9taires. Alors que l&#8217;on pouvait craindre que le secteur financier subisse davantage la crise que son voisin colombien, le P\u00e9rou est parvenu a limiter son impact sur les cr\u00e9dits destin\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie et les bilans des banques font preuve de solidit\u00e9. La forte dollarisation de l&#8217;\u00e9conomie et la d\u00e9pendance aux cours de certaines mati\u00e8res premi\u00e8res mini\u00e8res fragilisent, cependant, le pays. Les autorit\u00e9s placent l&#8217;accent sur la poursuite, voire l&#8217;expansion de programmes dinvestissements publics visant \u00e0 r\u00e9duire les disparit\u00e9s sociales et r\u00e9gionales.&#13;<\/p>\n<h2>Des marges de manoeuvre diff\u00e9rentes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuelle que soit l&#8217;origine des financements mobilis\u00e9s pour faire face \u00e0 la crise (ressources budg\u00e9taires propres, appel au march\u00e9 des capitaux ou ressources multilat\u00e9rales), leur effet d\u00e9pendra d&#8217;abord des politiques de stabilisation et de la poursuite des r\u00e9formes structurelles les plus urgentes. Il est \u00e9vident que la marge de manoeuvre des gouvernements d\u00e9pend de la situation ant\u00e9rieure \u00e0 la crise. C&#8217;est parce que les agr\u00e9gats macro\u00e9conomiques \u00e9taient sous contr\u00f4le que la Colombie a pu assouplir sa politique mon\u00e9taire et que ses stabilisateurs automatiques budg\u00e9taires jouent pleinement. Les autorit\u00e9s ont \u00e9galement pris des mesures plus directes en soutenant le cr\u00e9dit au commerce ext\u00e9rieur, qui souffre d&#8217;un ass\u00e8chement de liquidit\u00e9s.\u00a0\u00c0 l&#8217;inverse, au Ghana, cette marge de manoeuvre est bien \u00e9troite. La forte croissance des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant la crise s&#8217;est \u00e9galement accompagn\u00e9e d&#8217;un creusement des d\u00e9ficits publics et ext\u00e9rieurs, de sorte que l&#8217;\u00e9pargne domestique est trop faible pour soutenir une politique anticyclique dans le contexte actuel. M\u00eame si les perspectives \u00e0 moyen terme demeurent favorables, notamment en raison des ressources p\u00e9troli\u00e8res qui pourraient \u00eatre exploit\u00e9es d\u00e8s 2012, la p\u00e9riode actuelle devra \u00eatre marqu\u00e9e par une consolidation budg\u00e9taire qui pourrait encore ralentir l&#8217;\u00e9conomie.\u00a0Comme \u00e9voqu\u00e9 plus haut, la situation n&#8217;est pas moins complexe en Ukraine, o\u00f9 les autorit\u00e9s ont mis la priorit\u00e9 sur l&#8217;assainissement des bilans bancaires. Les r\u00e9formes structurelles \u00e0 plus longue haleine &#8211; notamment dans le domaine de la fiscalit\u00e9 et des r\u00e9gimes de retraite &#8211; ne doivent pas en souffrir; elles sont au centre de la p\u00e9rennit\u00e9 financi\u00e8re \u00e0 long terme. Toutefois, dans un contexte politique compliqu\u00e9 ou la pr\u00e9paration d&#8217;\u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales prime, la mise en oeuvre de telles r\u00e9formes n&#8217;est pas garantie.&#13;<\/p>\n<h2>Un soutien concert\u00e9 est n\u00e9cessaire au niveau multilat\u00e9ral<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe qui pr\u00e9c\u00e8de d\u00e9montre que les options politiques varient grandement en fonction des conditions locales et des moyens disponibles. Un soutien financier important &#8211; provenant en particulier des institutions financi\u00e8res internationales comme le Fonds mon\u00e9taire international, le Groupe de la Banque mondiale et les banques r\u00e9gionales de d\u00e9veloppement &#8211; permet d&#8217;assouplir les contraintes pesant sur les plans de relance, en particulier pour les pays faisant face \u00e0 une situation financi\u00e8re tendue. C&#8217;est \u00e0 cet \u00e9gard que des programmes de soutien volumineux ont \u00e9t\u00e9 conclus avec le FMI en Ukraine (16,5 milliards d&#8217;USD) et en Serbie. Toutefois, m\u00eame pour les pays en meilleure position, un soutien multilat\u00e9ral en forme d&#8217;\u00abassurance\u00bb peut \u00eatre utile. La Colombie\u00a0b\u00e9n\u00e9ficie ainsi d&#8217;un acc\u00e8s \u00e0 une nouvelle facilit\u00e9 du FMI, la \u00abligne de cr\u00e9dit flexible\u00bb, dont l&#8217;objectif est de permettre \u00e0 des pays poursuivant des politiques macro\u00e9conomiques coh\u00e9rentes de disposer de ressources en cas d&#8217;aggravation de la crise.\u00a0Parmi les nouveaux instruments mis en oeuvre pour r\u00e9pondre \u00e0 la crise, on peut citer les nouvelles facilit\u00e9s mises en place par la Soci\u00e9t\u00e9 financi\u00e8re internationale (SFI) en faveur des institutions de microfinance, du financement du commerce international, de l&#8217;assainissement d&#8217;institutions financi\u00e8res ou encore du financement de projets d&#8217;infrastructures publics-priv\u00e9s. Le reste du Groupe de la Banque mondiale pr\u00e9voit de tripler son volume de pr\u00eats non-concessionnels en faveur des pays \u00e0 moyen revenus et de concentrer imm\u00e9diatement des ressources concessionnelles en faveur des pays les plus pauvres.\u00a0Les institutions multilat\u00e9rales se sont donc montr\u00e9es plut\u00f4t flexibles et rapides pour adapter leur arsenal d&#8217;instruments et trouver les moyens d&#8217;augmenter les ressources \u00e0 disposition. Elles ont utilis\u00e9 pour cela la marge de manoeuvre financi\u00e8re dont elles disposent par leurs statuts ou proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des augmentations de capital \u00e0 l&#8217;instar de la Banque asiatique de d\u00e9veloppement, qui pr\u00e9voit de doubler le sien. Le r\u00f4le anticyclique que peuvent jouer ces institutions est ind\u00e9niable. Leur apport dans la lutte contre la crise devrait suivre quatre grands principes:\u00a0&#8211; les financements suppl\u00e9mentaires doivent \u00eatre li\u00e9s au maintien de la solidit\u00e9 financi\u00e8re des institutions \u00e0 long terme;\u00a0&#8211; les paquets anticrises doivent \u00eatre limit\u00e9s dans le temps pour permettre au volume de cr\u00e9dits de se r\u00e9ajuster lors de la reprise;\u00a0&#8211; les principes sur lesquels s&#8217;appuit l&#8217;action multilat\u00e9rale ne devraient pas \u00eatre affaiblis (on pense en particulier aux questions de soutenabilit\u00e9 de la dette des pays b\u00e9n\u00e9ficiaires);\u00a0&#8211; les conditionnalit\u00e9s structurelles li\u00e9es \u00e0 ces soutiens devraient \u00eatre maintenues de fa\u00e7on s\u00e9lective pour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 des efforts de stabilisation.\u00a0Le Seco: des soutiens bilat\u00e9raux cibl\u00e9s\u00a0Des soutiens bilat\u00e9raux cibl\u00e9s doivent compl\u00e9ter l&#8217;action multilat\u00e9rale. C&#8217;est ainsi que les instruments du Seco &#8211; conditions-cadres macro\u00e9conomiques, promotion commerciale, d\u00e9veloppement du secteur priv\u00e9 et financement des infrastructures &#8211; sont a priori bien positionn\u00e9s dans un environnement de crise \u00e9conomique. Des programmes innovants destin\u00e9s \u00e0 renforcer les institutions et les rendre r\u00e9sistantes aux crises, \u00e0 financer des activit\u00e9s commerciales durables, ou \u00e0 soutenir les PME ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s. De nouvelles strat\u00e9gies qui tiennent compte des effets de la crise sont, en outre, en cours d&#8217;\u00e9laboration \u00e0 l&#8217;intention des sept pays du \u00abSud\u00bb aid\u00e9s par le Seco.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 son aspect plan\u00e9taire, l&#8217;impact de la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique varie sensiblement d&#8217;un pays \u00e0 l&#8217;autre Voir l&#8217;article de Michael Klein qui pr\u00e9c\u00e8de. . 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