{"id":152695,"date":"2009-06-01T12:00:00","date_gmt":"2009-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/06\/buerki-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:04:25","modified_gmt":"2023-08-23T23:04:25","slug":"buerki-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/06\/buerki-6\/","title":{"rendered":"Envois de fonds par les \u00e9migrants: quel impact pour les pays pauvres?"},"content":{"rendered":"<p>Des millions de m\u00e9nages dans les pays en d\u00e9veloppement sont tributaires de l&#8217;envoi de fonds par un proche travaillant \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Cet argent est souvent vital pour l&#8217;alimentation des familles, l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation, l&#8217;am\u00e9lioration du logis ou le lancement d&#8217;une activit\u00e9 commerciale. \u00c0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale, les envois de fonds repr\u00e9sentent plus du double de l&#8217;aide publique au d\u00e9veloppement et constituent, pour beaucoup de pays, une source essentielle de devises. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de croissance soutenue, ces flux sont toutefois menac\u00e9s par le ralentissement de l&#8217;\u00e9conomie mondiale entra\u00een\u00e9 par la crise financi\u00e8re.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200906_23_Buerki_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAux incertitudes actuelles quant \u00e0 leur emploi s&#8217;ajoutent, pour les \u00e9migrants, celles du bien-\u00eatre de leur famille rest\u00e9e au pays. Dans les pays les plus d\u00e9munis, comme le Tadjikistan ou Ha\u00efti, une forte baisse des envois de fonds risquerait d&#8217;annihiler les progr\u00e8s enregistr\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans la lutte contre la pauvret\u00e9. Un retour massif des travailleurs expatri\u00e9s serait aussi catastrophique: le march\u00e9 local du travail ne permettrait pas d&#8217;y faire face et de fortes tensions sociales pourraient en r\u00e9sulter. Doit-on s&#8217;attendre \u00e0 ce que la crise ait des r\u00e9percussions \u00e0 ce niveau? Les analyses et donn\u00e9es de la Banque Mondiale apportent un \u00e9clairage nuanc\u00e9 sur cette question Revised Outlook for Remittance Flows 2009-2011, Migration and Remittances Team, Development Prospects Group, The World Bank, March 2009; Economic Implications of Remittances and Migration, Global Economic Prospects 2006, The World Bank..&#13;<\/p>\n<h2>La migration aujourd&#8217;hui<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPr\u00e8s de 200 millions de personnes vivent hors de leur pays natal, soit 3% de la population mondiale. Ce sont principalement les \u00e9carts de revenus et la pression d\u00e9mographique &#8211; dans une moindre mesure les facteurs politiques &#8211; qui expliquent le volume et les courants de la migration internationale. Contrairement \u00e0 une perception trop largement r\u00e9pandue, la plupart des \u00e9migrants ne vivent pas dans les pays riches; pr\u00e8s de la moiti\u00e9 d&#8217;entre eux sont \u00e9tablis dans des pays en d\u00e9veloppement, cette proportion \u00e9tant bien plus \u00e9lev\u00e9e en Afrique subsaharienne (72%). Cette dimension Sud-Sud de la migration est trop souvent ignor\u00e9e. Il faut aussi savoir que les flux migratoires internationaux correspondent pour l&#8217;essentiel \u00e0 des d\u00e9placements volontaires de nature \u00e9conomique; les r\u00e9fugi\u00e9s et demandeurs d&#8217;asile ne repr\u00e9sentent en moyenne que 7% du nombre total de migrants.\u00a0La migration internationale g\u00e9n\u00e8re de multiples b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques tant pour les \u00e9migrants et leurs familles que pour les pays d&#8217;origine et d&#8217;accueil. Elle est \u00e9ga-lement source de co\u00fbts et de risques qui ne peuvent \u00eatre ignor\u00e9s. Ainsi, les \u00e9migrants doivent souvent faire face au choc des cul-tures, \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 des emplois, \u00e0 l&#8217;exploi-tation, et souffrent d&#8217;un \u00e9loignement prolong\u00e9 de leur famille. Les pays d&#8217;accueil s&#8217;interrogent, voire s&#8217;inqui\u00e8tent, de l&#8217;im-migration clandestine, de la protection sociale des migrants et des probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Une contribution majeure au d\u00e9veloppement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes migrations g\u00e9n\u00e8rent d&#8217;importants gains \u00e9conomiques dans les pays en d\u00e9veloppement. En 2008, les envois de fonds par les \u00e9migrants vers leurs pays d&#8217;origine sont estim\u00e9s officiellement \u00e0 305 milliards de dollars, en progression de 9% par rapport \u00e0 2007 Ces chiffres ne tiennent pas compte des canaux informels par lesquels transitent parfois des sommes consid\u00e9rables. Ainsi, une \u00e9tude publi\u00e9e en 2007 par le Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) sur le corridor de migration Suisse-Serbie a mis en \u00e9vidence le fait que 80% des envois de fonds par les travailleurs serbes se faisaient par le r\u00e9seau informel, notamment les conducteurs de cars reliant les deux pays. Voir \u00abLes remises des travailleurs migrants: l&#8217;exemple du &#8220;corridor&#8221; Suisse-Serbie\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 1\/2-2007.. Ces sommes repr\u00e9sentent des ressources consid\u00e9rables (voir graphique 1). En Am\u00e9rique latine et aux Cara\u00efbes, le total des envois annuels de fonds est presque \u00e9quivalent au flux d&#8217;investissements \u00e9trangers et huit fois plus important que l&#8217;aide publique au d\u00e9veloppement. Les transferts de fonds les plus importants proviennent des \u00c9tats-Unis, d&#8217;Arabie Saoudite et de Suisse.\u00a0Ces fonds sont distribu\u00e9s entre tous les pays en d\u00e9veloppement; \u00e0 l&#8217;inverse, les capitaux priv\u00e9s et les investissements \u00e9trangers tendent \u00e0 se concentrer sur les seules \u00e9conomies \u00e9mergentes. Les fonds re\u00e7us de l&#8217;\u00e9tranger repr\u00e9sentent 3,6% du PNB des pays pauvres, le double dans les pays \u00e0 revenu moyen. Dans les pays fragiles ou en conflit comme la Somalie et Ha\u00efti, les transferts de fonds sont une vraie bou\u00e9e de sauvetage pour la subsistance des pauvres. Dans d&#8217;autre pays sujets aux fluctuations du prix international des mati\u00e8res premi\u00e8res, ils fonctionnent de facto comme un m\u00e9canisme informel de stabilisation financi\u00e8re.\u00a0Les envois de fonds accroissent directement le revenu et le bien-\u00eatre des m\u00e9nages. Leur impact sur la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9 et confirm\u00e9 au travers de plusieurs \u00e9tudes; une augmentation de 10% des envois de fonds se traduit en moyenne par une r\u00e9duction de 3,5% du niveau de pauvret\u00e9. \u00c0 la stabilisation du niveau de consommation des m\u00e9nages s&#8217;ajoutent la diversification des sources de revenus (et donc des risques) ainsi qu&#8217;un apport d\u00e9terminant \u00e0 l&#8217;\u00e9pargne et aux besoins en investissement (par exemple immobilier). Les transferts re\u00e7us sont directement corr\u00e9l\u00e9s aux d\u00e9penses des m\u00e9nages dans la sant\u00e9, l&#8217;\u00e9ducation et le d\u00e9veloppement de la petite entreprise, autant de domaines \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e en termes sociaux.\u00a0Nombre d&#8217;\u00e9tudes de cas confirment ces tendances. Il a, par exemple, \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que les enfants des m\u00e9nages recevant des transferts de fonds au Mexique, Guatemala, Nicaragua et Sri Lanka ont un poids plus \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la naissance et de meilleurs indicateurs de sant\u00e9 que les autres. Le taux de r\u00e9ussite \u00e0 l&#8217;\u00e9cole est \u00e9galement meilleur. Les envois de fonds des travailleurs aux \u00c9tats-Unis repr\u00e9sentent 20% du capital investi dans les micro-entreprises \u00e9tablies en zone urbaine du Mexique.\u00a0La relation entre les envois de fonds et l&#8217;aide au d\u00e9veloppement suscite un parall\u00e8le intuitif, qu&#8217;il s&#8217;agit toutefois d&#8217;appr\u00e9hender avec nuance. Intrins\u00e8quement li\u00e9s tous deux \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9, l&#8217;aide au d\u00e9veloppement repr\u00e9sente des flux publics destin\u00e9s par exemple \u00e0 r\u00e9habiliter les infrastructures, \u00e0 renforcer la gestion des finances publiques ou le syst\u00e8me de sant\u00e9 d&#8217;un pays, alors que les transferts des \u00e9migrants sont \u00e0 but priv\u00e9. Ils ne sont donc pas substituables. Il s&#8217;agit plut\u00f4t d&#8217;optimiser leur compl\u00e9mentarit\u00e9, par le biais de politiques sociale et \u00e9conomique appropri\u00e9es.\u00a0Si les envois de fonds par les \u00e9migrants ne sont pas un substitut \u00e0 l&#8217;aide publique au d\u00e9veloppement, ils ne le sont pas non plus pour les \u00e9changes commerciaux ou les flux de capitaux priv\u00e9s et d&#8217;investissements. Ils aident \u00e0 lutter contre la pauvret\u00e9 et \u00e0 r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s sociales, mais leur contribution directe \u00e0 la croissance \u00e9conomique reste difficile \u00e0 \u00e9valuer. Ceci dit, les diasporas peuvent soutenir activement la croissance dans leurs pays d&#8217;origine en favorisant les \u00e9changes commerciaux et en facilitant les transferts de technologies et de connaissances.&#13;<\/p>\n<h2>Le revers de la m\u00e9daille<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi, globalement, les avantages \u00e9conomiques que g\u00e9n\u00e8rent les transferts op\u00e9r\u00e9s par les \u00e9migrants paraissent substantiels pour les pays pauvres, il n&#8217;en demeure pas moins que la migration est \u00e9galement une question d\u00e9licate dans plusieurs de ces pays. Le graphique 2 indique que les transferts de fonds par les \u00e9migrants repr\u00e9sentent une part extr\u00eamement importante de leur PNB. Ils peu-vent entra\u00eener une appr\u00e9ciation du taux de change r\u00e9el, suivie d&#8217;une perte de comp\u00e9titivit\u00e9 internationale, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas ces derni\u00e8res ann\u00e9es en Moldavie, au Salvador et au Kenya.\u00a0Au-del\u00e0 du risque macro\u00e9conomique, la migration dissimule aussi des questions politiques et sociales sensibles pour les pays pauvres. Ainsi, au Tadjikistan, pr\u00e9s de 30% des hommes \u00e9conomiquement actifs gagnent leur vie \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur du pays, et plus sp\u00e9cialement en Russie (plus de 90% des expatri\u00e9s), dans le secteur de la construction principalement. Dans un autre contexte, Ha\u00efti conna\u00eet aussi un nombre \u00e9lev\u00e9 d&#8217;\u00e9migrants (un million, soit 10% de la population totale), mais le pays doit de surcro\u00eet g\u00e9rer la fuite d&#8217;une part tr\u00e8s substantielle de sa main-d&#8217;oeuvre hautement qualifi\u00e9e, principalement dans les secteurs de la sant\u00e9 et de l&#8217;\u00e9ducation. Un tel exode massif des cerveaux constitue un dilemme pour beaucoup de petits pays \u00e0 faibles revenus comme Ha\u00efti et la Jama\u00efque, o\u00f9 huit dipl\u00f4m\u00e9s universitaires sur dix vivent \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger.\u00a0Dans le court terme, l&#8217;\u00e9migration de main-d&#8217;oeuvre constitue un m\u00e9canisme r\u00e9gulateur du ch\u00f4mage domestique; elle permet m\u00eame de redynamiser le march\u00e9 de l&#8217;emploi pour les travailleurs restants au pays. Par le biais des transferts, les \u00e9migrants sont une source consid\u00e9rable de devises permettant de soutenir la consommation et l&#8217;importation des pays pauvres. Dans le long terme en revanche, un tel mod\u00e8le est vuln\u00e9rable et n&#8217;est pas partout viable, tout \u00e9v\u00e9nement susceptible de provoquer un retour en masse des \u00e9migrants laissant en effet le pays en proie \u00e0 une d\u00e9pl\u00e9tion rapide de ses r\u00e9serves de change et \u00e0 des tensions insurmontables sur son march\u00e9 de l&#8217;emploi.\u00a0Les pays en d\u00e9veloppement n&#8217;ont pas d&#8217;autre alternative que de poursuivre les r\u00e9formes n\u00e9cessaires \u00e0 une croissance rapide de leurs \u00e9conomies et \u00e0 une expansion de leurs march\u00e9s de l&#8217;emploi. Des progr\u00e8s substantiels ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans ce domaine, mais beaucoup reste \u00e0 faire. La crise financi\u00e8re actuelle va-t-elle r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant tous ces efforts et pr\u00e9cipiter des millions d&#8217;\u00e9migrants sur le chemin du retour? Fort heureusement, cela ne devrait pas \u00eatre le cas.&#13;<\/p>\n<h2>Les r\u00e9percussions de la crise<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nApr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de croissance soutenue \u00e0 deux chiffres, les envois de fonds \u00e0 destination des pays en d\u00e9veloppement ont connu un net ralentissement durant le deuxi\u00e8me semestre de 2008, et devraient chuter en 2009. La cause principale est l&#8217;aggravation de la crise \u00e9conomique aux \u00c9tats-Unis et en Europe occidentale, d&#8217;o\u00f9 proviennent les deux-tiers des envois de fonds vers les pays en d\u00e9veloppement. Les transferts Sud-Sud sont aussi expos\u00e9s aux effets de la crise \u00e9conomique en Russie, Afrique du Sud, Inde et Malaisie. Le graphique 3 illustre ce ralentissement ainsi que les projections actuelles pour 2009-10.\u00a0Le ralentissement va vraisemblablement s&#8217;accentuer, avec une baisse de 5 \u00e0 8% des transferts en 2009, qui devraient atteindre 280 \u00e0 290 milliards de dollars. Ce montant reste n\u00e9anmoins \u00e9lev\u00e9 en regard des flux de capitaux priv\u00e9s qui devraient chuter de moiti\u00e9 durant l&#8217;ann\u00e9e. Ceci illustre l&#8217;observation de longue date que les transferts d&#8217;\u00e9migrants repr\u00e9sentent la source de devises la plus stable pour les pays en d\u00e9veloppement. Alors que les flux de capitaux priv\u00e9s sont pro-cycliques, les transferts d&#8217;\u00e9migrants ont tendance \u00e0 att\u00e9nuer les cycles \u00e9conomiques des pays d&#8217;origine. Historiquement, ils ont \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9 une solide r\u00e9silience aux p\u00e9riodes de contraction \u00e9conomique dans les pays d&#8217;accueil.\u00a0Plusieurs raisons expliquent ce dernier ph\u00e9nom\u00e8ne. Pour n&#8217;en citer que trois, ces transferts sont premi\u00e8rement le r\u00e9sultat d&#8217;une \u00e9migration g\u00e9n\u00e9ralement de longue dur\u00e9e. Ce n&#8217;est que si ce flux s&#8217;interrompait pendant plusieurs ann\u00e9es que l&#8217;impact sur les transferts se ferait r\u00e9ellement sentir. Ensuite, on observe que les transferts ne repr\u00e9sentent qu&#8217;une part modeste du revenu des \u00e9migrants et que ceux-ci sont donc en mesure de les poursuivre, m\u00eame en cas de baisse de leur ressources. Enfin, l&#8217;augmentation de la r\u00e9glementation et des contr\u00f4les dans les pays d&#8217;accueil a eu un impact significatif sur la migration ill\u00e9gale ou opportuniste: elle tend \u00e0 s\u00e9dentariser les \u00e9migrants sur de plus longues p\u00e9riodes, ce qui favorise la r\u00e9gularit\u00e9 et la stabilit\u00e9 des transferts.&#13;<\/p>\n<h2>La Banque mondiale s&#8217;engage<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi des circonstances locales ou des crises peuvent affecter l&#8217;ampleur et le rythme du ph\u00e9nom\u00e8ne, la migration n&#8217;en reste pas moins une r\u00e9alit\u00e9 de la mondialisation. La question reste complexe et controvers\u00e9e. Le d\u00e9bat politique sur la migration internationale se poursuit: la question est de savoir comment limiter au maximum les perturbations caus\u00e9es par les mouvements de population de grande ampleur, accro\u00eetre les gains \u00e9conomiques et optimiser l&#8217;impact des flux de fonds g\u00e9n\u00e9r\u00e9s sur les \u00e9conomies des pays concern\u00e9s. Au-del\u00e0 des consid\u00e9rations \u00e9conomiques, politiques, psychologiques et sociales, aussi bien dans les pays d&#8217;accueil que d&#8217;origine, de nombreuses questions m\u00e9ritent d&#8217;\u00eatre abord\u00e9es: celles-ci vont de la collecte des donn\u00e9es \u00e0 l&#8217;analyse des facteurs et d\u00e9fis de la migration, en passant par l&#8217;optimisation du syst\u00e8me financier pour diminuer les co\u00fbts de transaction et faciliter la formalisation des transferts.\u00a0Autant de questions et d\u00e9fis qui d\u00e9passent le cadre d&#8217;action possible des seules nations et qui appellent \u00e0 une r\u00e9ponse globale et coordonn\u00e9e. C&#8217;est l\u00e0 un domaine de pr\u00e9dilection pour une institution multilat\u00e9rale comme la Banque mondiale, dont les champs de comp\u00e9tences incluent la recherche, l&#8217;expertise, les services et les financements globaux. \u00c0 ce jour, la Banque a constitu\u00e9 la base de donn\u00e9es la plus compl\u00e8te sur les migrations de travailleurs qualifi\u00e9s. Son programme de recherche vise \u00e0 cerner et analyser l&#8217;impact des migrations sur le d\u00e9veloppement, de mani\u00e8re \u00e0 d\u00e9finir pour les pays d&#8217;origine et d&#8217;accueil les politiques, r\u00e9glementations et r\u00e9formes institutionnelles de nature \u00e0 am\u00e9liorer les r\u00e9sultats.\u00a0En mati\u00e8re de partenariats et de coordination internationale, la Banque est \u00e9galement tr\u00e8s active. Elle a copr\u00e9sid\u00e9 un groupe de travail sur la coordination internationale des syst\u00e8mes de paiement utilis\u00e9s pour les envois de fonds et a cr\u00e9e une base de donn\u00e9es comparatives du co\u00fbt des envois de fonds. Elle est, avec d&#8217;autres organisations multilat\u00e9rales, membre du Groupe mondial sur les migrations et elle contribue activement au d\u00e9bat et \u00e0 la recherche au sein du Groupe d&#8217;\u00e9tude du G20 sur la mobilit\u00e9 de la main-d&#8217;oeuvre et la d\u00e9mographie.\u00a0Ce vaste champ d&#8217;activit\u00e9s refl\u00e8te l&#8217;avantage que pr\u00e9sente une institution multilat\u00e9rale comme la Banque mondiale: elle peut servir de plateforme de coordination pour la recherche, l&#8217;analyse et le conseil dans le domaine des biens publics globaux. Les solutions simples n&#8217;existent pas, mais \u00e0 la mesure des efforts consentis et des progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s, il est permis d&#8217;envisager un jour o\u00f9 le monde s&#8217;organisera collectivement pour \u00e9tablir des r\u00e8gles, adopter les exemples de r\u00e9ussite et r\u00e9soudre \u00e0 l&#8217;avantage de tous les d\u00e9fis pos\u00e9s par la migration et la mobilit\u00e9 du travail.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abLes dix plus grands b\u00e9n\u00e9ficiaires de transferts effectu\u00e9s par les \u00e9migrants en valeur absolue, 2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abLes dix plus grands b\u00e9n\u00e9ficiaires de transferts en pourcentage de PNB, 2007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abCroissance des envois de fonds vers les pays en d\u00e9veloppement, 2006-2010\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des millions de m\u00e9nages dans les pays en d\u00e9veloppement sont tributaires de l&#8217;envoi de fonds par un proche travaillant \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Cet argent est souvent vital pour l&#8217;alimentation des familles, l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation, l&#8217;am\u00e9lioration du logis ou le lancement d&#8217;une activit\u00e9 commerciale. \u00c0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale, les envois de fonds repr\u00e9sentent plus du double de l&#8217;aide [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3201,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[106],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3201,"seco_co_author":[3045,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Berater des Exekutivdirektors f\u00fcr die Schweiz bei der Weltbank, Washington","seco_author_post_occupation_fr":"Conseiller principal du directeur ex\u00e9cutif pour la Suisse, Banque mondiale, Washington","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":3045,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Executive Director, Weltbank-Gruppe, Washington D.C.","seco_co_author_post_occupation_fr":"Executive Director, Weltbank-Gruppe, Washington D.C."}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":152698,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"7984","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55a781d621245"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152695"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3201"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=152695"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152695\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189691,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152695\/revisions\/189691"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3045"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3201"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152695"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=152695"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=152695"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=152695"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=152695"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=152695"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}