{"id":152950,"date":"2009-04-01T12:00:00","date_gmt":"2009-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2009\/04\/worm-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:06:34","modified_gmt":"2023-08-23T23:06:34","slug":"worm-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2009\/04\/worm-2\/","title":{"rendered":"\u00c9valuation des incidences \u00e9conomiques de la loi sur les cartels"},"content":{"rendered":"<p>La soci\u00e9t\u00e9 Polynomics a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e d&#8217;analyser l&#8217;incidence macro\u00e9conomique des activit\u00e9s qu&#8217;a entrain\u00e9es la loi sur les cartels (LCart). Elle a donc \u00e9tudi\u00e9, aux plans \u00e9conom\u00e9trique et qualitatif, le rapport entre les interventions des surveillants de la concurrence fond\u00e9es sur la LCart de 1995 et leurs r\u00e9sultats dans les secteurs du commerce de d\u00e9tail, des banques de d\u00e9tail et de la fourniture d&#8217;\u00e9nergie. Il lui a encore fallu \u00e9valuer les effets de la r\u00e9vision de 2003 au regard des nouveaux moyens dont la loi s&#8217;est pourvue: cela s&#8217;est fait en interrogeant des experts et en analysant les exp\u00e9riences faites \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Les recherches se sont concentr\u00e9es sur les sanctions possibles et sur le programme dit de cl\u00e9mence.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200904_06_Worm_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"195\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa premi\u00e8re partie du mandat de recherche devait chiffrer les effets macro\u00e9conomiques des interventions des surveillants de la concurrence fond\u00e9es sur la LCart et a consist\u00e9 en une analyse quantitative des r\u00e9sultats. \u00c0 l&#8217;oppos\u00e9, la seconde partie du mandat s&#8217;est principalement pench\u00e9e sur l&#8217;aspect qualitatif de l&#8217;impact de la r\u00e9vision de la LCart; en nous fondant sur des exp\u00e9riences internationales, nous avons cherch\u00e9 \u00e0 en tirer par analogie des le\u00e7ons pour la Suisse.&#13;<\/p>\n<h2>Probl\u00e8mes de l&#8217;analyse des r\u00e9sultats<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;analyse des r\u00e9sultats devait servir \u00e0 d\u00e9montrer l&#8217;impact de l&#8217;activit\u00e9 r\u00e9cente des surveillants de la concurrence sur des segments importants de l&#8217;\u00e9conomie nationale. Cela n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 sans difficult\u00e9s.\u00a0Il s&#8217;agit d&#8217;abord de savoir quelles sont les grandeurs macro\u00e9conomiques pertinentes. Si l&#8217;on prend comme crit\u00e8re les objectifs de la LCart, celles-ci devraient refl\u00e9ter la \u00abconcurrence efficace\u00bb. Dans notre \u00e9tude, l&#8217;accent a \u00e9t\u00e9 mis sur l&#8217;\u00e9volution des prix et de la valeur ajout\u00e9e, ce qui permet d&#8217;\u00e9valuer les r\u00e9sultats du double point de vue des entreprises et des consommateurs. Contrairement aux analyses habituelles de cas d&#8217;\u00e9cole, nous avons d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment \u00e9tudi\u00e9 les incidences des activit\u00e9s de surveillance sur une branche enti\u00e8re.\u00a0Un autre probl\u00e8me r\u00e9side dans la mesure des activit\u00e9s de surveillance. Rappelons d&#8217;abord que les proc\u00e9dures fond\u00e9es sur la LCart connaissent diff\u00e9rents niveaux d&#8217;intensit\u00e9. Citons par exemple les communications, les enqu\u00eates pr\u00e9alables, les d\u00e9cisions avec et sans charges. \u00c0 part les divers effets incitatifs qu&#8217;elles ont sur les acteurs directement concern\u00e9s, ces activit\u00e9s se distinguent encore par leur effet de signal \u00e0 l&#8217;\u00e9gard d&#8217;autres protagonistes et par leur impact dans le temps. Dans le cadre de notre \u00e9tude, nous avons repris tous les dossiers relevant du droit des cartels depuis 1996 par type d&#8217;intervention et les avons class\u00e9s par branche. Les enqu\u00eates pr\u00e9alables et concomitantes ont \u00e9t\u00e9 prises en compte, ainsi que les d\u00e9cisions qui en ont r\u00e9sult\u00e9. En raison de la fr\u00e9quence des cas les concernant et de la disponibilit\u00e9 des donn\u00e9es, les branches du commerce de d\u00e9tail, des banques de d\u00e9tail et de la fourniture d&#8217;\u00e9nergie ont \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 une analyse en profondeur.\u00a0Une derni\u00e8re difficult\u00e9 quand on mesure l&#8217;incidence des activit\u00e9s des surveillants de la concurrence sur les divers indicateurs est de tenir convenablement compte des autres facteurs. Ainsi, l&#8217;\u00e9volution macro\u00e9conomique de la conjoncture et des prix, celle de certains indicateurs sectoriels sp\u00e9cifiques\u00a0&#8211; comme le changement de r\u00e9glementations particuli\u00e8res\u00a0&#8211; et celle des branches similaires \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es dans les analyses quantitatives.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9sultats de l&#8217;analyse par branche<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;analyse des r\u00e9sultats obtenus pour les branches \u00e9nonc\u00e9es ci-dessus aboutit aux conclusions suivantes.&#13;<\/p>\n<h3>Commerce de d\u00e9tail<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans le commerce de d\u00e9tail, les cas relevant de la LCart se r\u00e9partissent \u00e9galement sur toute la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e. Il s&#8217;agit aussi bien du contr\u00f4le des ententes entre entreprises que des pratiques lors de position dominante et des enqu\u00eates (pr\u00e9alables) \u00e0 des fusions. Dans les cas d&#8217;accord vertical et de syst\u00e8me de distribution s\u00e9lectif, les enqu\u00eates pr\u00e9alables n&#8217;ont souvent pas abouti \u00e0 des d\u00e9cisions. La majorit\u00e9 des proc\u00e9dures portant sur l&#8217;abus de position dominante ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9es ou r\u00e9solues \u00e0 l&#8217;amiable. Enfin les fusions d&#8217;entreprises ont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9t\u00e9 admises, m\u00eame si, ces derniers temps, l&#8217;autorisation a \u00e9t\u00e9 de plus en plus soumise \u00e0 charges.\u00a0Dans le commerce de d\u00e9tail, les r\u00e9sultats montrent que, depuis 1997, les prix ont progress\u00e9 de fa\u00e7on plus mod\u00e9r\u00e9e que dans les pays voisins, tandis que les marges se sont resserr\u00e9es et que la valeur ajout\u00e9e brute r\u00e9elle a moins augment\u00e9 que celle de l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9conomie. La productivit\u00e9 du travail a constamment augment\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es (voir graphique 1). \u00c0 part les facteurs conjoncturels, de nombreuses r\u00e9glementations affectent fortement l&#8217;\u00e9volution des r\u00e9sultats. Le d\u00e9mant\u00e8lement r\u00e9cent des entraves au commerce ext\u00e9rieur est particuli\u00e8rement exemplaire en ce domaine.&#13;<\/p>\n<h3>Banques de d\u00e9tail<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans les banques de d\u00e9tail, on constate une accumulation de cas relevant de la LCart au tournant du mill\u00e9naire. Il s&#8217;agit ici exclusivement de contr\u00f4les de fusions d&#8217;entreprises, lesquelles ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9es sans charges, \u00e0 une exception pr\u00e8s. \u00a0Les banques de d\u00e9tail se caract\u00e9risent par une augmentation des marges d&#8217;int\u00e9r\u00eats jusqu&#8217;en 1997, suivie d&#8217;un retournement de la tendance, alors que la demande hypoth\u00e9caire continuait d&#8217;augmenter. En 2006, la marge d&#8217;int\u00e9r\u00eats nette \u00e9tait toujours inf\u00e9rieure \u00e0 celle de 1995 et reste basse en Suisse, y compris en comparaison internationale. Aussi bien la croissance de la branche que la productivit\u00e9 du travail ont progress\u00e9 massivement ces derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 un taux sup\u00e9rieur au reste de l&#8217;\u00e9conomie. Les facteurs essentiels qui ont d\u00e9termin\u00e9 l&#8217;\u00e9volution observ\u00e9e dans les r\u00e9sultats des banques de d\u00e9tail sont la conjoncture et la sp\u00e9culation sur le march\u00e9 immobilier, l&#8217;internationalisation croissante de l&#8217;activit\u00e9 bancaire, assortie d&#8217;un processus de concentration, des engagements accrus de capitaux et l&#8217;utilisation croissante des syst\u00e8mes informatis\u00e9s. Cette \u00e9volution a encore \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par un surcro\u00eet de transparence d\u00fb \u00e0 Internet et aux prescriptions l\u00e9gales (surtout pour les banques cot\u00e9es en Bourse).&#13;<\/p>\n<h3>Fourniture d&#8217;\u00e9nergie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nEn ce qui concerne la fourniture d&#8217;\u00e9nergie, les cas qui ont principalement retenu l&#8217;attention depuis 1996 sont li\u00e9s \u00e0 l&#8217;ouverture du march\u00e9 de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. Le contr\u00f4le des pratiques des entreprises en position dominante (art. 7 LCart) a surtout port\u00e9 sur des demandes de transit \u00e9lectrique, \u00e0 propos desquelles des enqu\u00eates ont \u00e9t\u00e9 ouvertes en 2000 et 2001. En 2003, l&#8217;arr\u00eat du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral sur l&#8217;obligation de transit a marqu\u00e9 une \u00e9tape essentielle de la politique de la concurrence. Enfin, le contr\u00f4le des concentrations d&#8217;entreprises (art. 9 ss. LCart) a, entre autres, port\u00e9 sur la fondation de Swissgrid SA, qui a \u00e9galement donn\u00e9 lieu \u00e0 un arr\u00eat du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral.\u00a0Les r\u00e9sultats montrent une l\u00e9g\u00e8re baisse des prix depuis 2002 et une croissance sujette \u00e0 de fortes fluctuations annuelles. L&#8217;\u00e9volution de la productivit\u00e9 du travail est \u00e9galement tr\u00e8s volatile. Celle des r\u00e9sultats est d\u00e9termin\u00e9e avant tout par les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques (et des facteurs exceptionnels, comme l&#8217;arr\u00eat d&#8217;une centrale nucl\u00e9aire), ainsi que par des facteurs conjoncturels. La m\u00e9t\u00e9orologie affecte les possibilit\u00e9s de production, la conjoncture la demande d&#8217;\u00e9nergie. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des \u00e9l\u00e9ments r\u00e9glementaires sont venus s&#8217;ajouter \u00e0 ces deux facteurs primordiaux, l&#8217;un des plus importants \u00e9tant l&#8217;ouverture des march\u00e9s europ\u00e9ens de l&#8217;\u00e9nergie.&#13;<\/p>\n<h2>Incidence sur l&#8217;\u00e9volution sectorielle des activit\u00e9s fond\u00e9es sur la LCart<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans le commerce de d\u00e9tail, les d\u00e9cisions fond\u00e9es sur la LCart n&#8217;ont pas affect\u00e9 visiblement les indicateurs de r\u00e9sultat. D&#8217;autres facteurs voisins\u00a0&#8211; la conjoncture ou le d\u00e9mant\u00e8lement des entraves au commerce ext\u00e9rieur\u00a0&#8211; ont eu plus d&#8217;impact. Les interventions plut\u00f4t mod\u00e9r\u00e9es des surveillants de la concurrence n&#8217;ont pas frein\u00e9 l&#8217;adaptation du secteur favorisant de meilleurs r\u00e9sultats (exploitation des effets d&#8217;\u00e9chelle, par exemple). On peut donc juger positif le fait d&#8217;avoir renonc\u00e9 \u00e0 des interventions muscl\u00e9es, quoique les effets des interventions qui se sont multipli\u00e9es tout r\u00e9cemment ne puissent \u00eatre encore \u00e9valu\u00e9s. Notre constat se fonde avant tout sur les analyses qualitatives; les estimations \u00e9conom\u00e9triques ne s&#8217;y opposent d&#8217;ailleurs pas, mais sont peu concluantes, \u00e9tant donn\u00e9 les probl\u00e8mes d&#8217;analyse que posent ce type de branche.\u00a0Dans la banque de d\u00e9tail, il est impossible de d\u00e9celer une incidence quelconque sur l&#8217;\u00e9volution des r\u00e9sultats des activit\u00e9s fond\u00e9es sur la LCart. Le secteur se distingue plut\u00f4t par une croissance dynamique continue, que ce soit avant ou apr\u00e8s les interventions des autorit\u00e9s de la concurrence. Les d\u00e9cisions n&#8217;ont g\u00e9n\u00e9ralement pas \u00e9t\u00e9 suivies d&#8217;intervention et n&#8217;ont pas frein\u00e9 le processus de consolidation du secteur, donc la progression des r\u00e9sultats. On peut interpr\u00e9ter ce constat en disant que la renonciation \u00e0 des interventions muscl\u00e9es a permis d&#8217;\u00e9viter des erreurs politiques. Dans la banque de d\u00e9tail aussi, ces r\u00e9sultats de l&#8217;analyse qualitative sont compatibles avec ceux de l&#8217;\u00e9conom\u00e9trie, laquelle n&#8217;a pas permis d&#8217;identifier le moindre impact statistique des \u00abnon-interventions\u00bb fond\u00e9es sur la LCart.\u00a0Dans la fourniture d&#8217;\u00e9nergie, l&#8217;intervention relative \u00e0 un abus de position dominante de la part d&#8217;un distributeur d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 (art. 7 LCart) a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&#8217;\u00e9volution des r\u00e9sultats (d\u00e9cision de la Comco du 5 mars 2001, arr\u00eat du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral du 17 juin 2003). Le march\u00e9 de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 suisse a alors \u00e9t\u00e9 pratiquement lib\u00e9ralis\u00e9, si bien qu&#8217;une concurrence potentielle et rudimentaire a pu s&#8217;installer en mati\u00e8re de production, de commerce et de fourniture. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne peut \u00eatre corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 la baisse des prix survenue depuis lors et par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Le ph\u00e9nom\u00e8ne s&#8217;est encore renforc\u00e9 avec la reprise de la discussion sur l&#8217;ouverture du march\u00e9, suite \u00e0 l&#8217;arr\u00eat du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral, et sur l&#8217;acc\u00e8s r\u00e9gul\u00e9 au r\u00e9seau qu&#8217;attendent d\u00e9sormais les acteurs. Tous ces facteurs devraient avoir eu une incidence positive sur les r\u00e9sultats, estimation que confirment les analyses \u00e9conom\u00e9triques. Il a \u00e9t\u00e9 possible d&#8217;identifier un impact significatif des d\u00e9cisions fond\u00e9es sur la LCart et du d\u00e9bat sur l&#8217;ouverture des march\u00e9s (voir graphique 2).&#13;<\/p>\n<h2>Analyse de la r\u00e9vision 2003 de la LCart<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn plus des incidences de la LCart-1995 sur l&#8217;\u00e9volution des r\u00e9sultats dans quelques branches, la seconde partie de notre \u00e9tude s&#8217;est pench\u00e9e sur les effets de la r\u00e9vision de 2003 au regard des nouveaux moyens dont la loi s&#8217;est pourvue. \u00c9tant donn\u00e9 la p\u00e9riode relativement courte qui s&#8217;est \u00e9coul\u00e9e depuis son application, notre exp\u00e9rience est encore trop faible pour en tirer des conclusions. Ce sont donc les exp\u00e9riences des pays qui disposent depuis davantage de temps de ces instruments que nous avons recueillies et d\u00e9pouill\u00e9es \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un questionnaire structur\u00e9. Les nouveaux \u00e9l\u00e9ments sur lesquels s&#8217;est concentr\u00e9e notre enqu\u00eate sont les sanctions (art. 49a, al. 1 LCart) et le programme dit de cl\u00e9mence (art. 49a, al. 2 LCart), \u00e9tant donn\u00e9 que ces innovations constituent un changement radical du droit suisse de la concurrence par rapport \u00e0 la LCart 1995. Ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s l&#8217;UE et trois pays membres (Allemagne, Royaume-Uni et Pays-Bas), ainsi que les \u00c9tats-Unis. Un repr\u00e9sentant des autorit\u00e9s de la concurrence et un cabinet d&#8217;avocats priv\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9s dans chaque pays.\u00a0L&#8217;enqu\u00eate a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que, dans tous les pays \u00e9tudi\u00e9s, de plus en plus de cartels avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts et de sanctions prononc\u00e9es. Selon les d\u00e9clarations des personnes interrog\u00e9es, les deux instruments \u00e9tudi\u00e9s (amendes et programme de cl\u00e9mence) ont jou\u00e9 un r\u00f4le important. En ce qui concerne les amendes, il ne fait gu\u00e8re de diff\u00e9rence qu&#8217;elles soient inflig\u00e9es \u00e0 une entreprise ou \u00e0 un particulier, parce que les premi\u00e8res peuvent verser des paiements compensatoires aux collaborateurs mis \u00e0 l&#8217;amende, si bien que ce sont toujours elles qui finissent par payer la facture. Les amendes p\u00e9cuniaires peuvent certes avoir un effet dissuasif, mais dans leurs calculs co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice, les entreprises mettent en regard le montant de la sanction attendue et les chances d&#8217;\u00eatre d\u00e9couvertes pour \u00e9valuer le risque d&#8217;une pratique anticoncurrentielle.\u00a0L&#8217;effet dissuasif obtenu est plus fort si les particuliers doivent s&#8217;attendre \u00e0 une peine de prison. De l&#8217;avis des personnes interrog\u00e9es, une telle sanction n\u00e9cessite cependant une justification particuli\u00e8re, si bien que les peines de prison n&#8217;entrent en ligne de compte que pour des d\u00e9lits anticoncurrentiels incontestables, comme les cartels \u00abdurs\u00bb. Il faut aussi songer, dans une perspective dynamique, qu&#8217;en recourant aux peines de prison et aux amendes vis-\u00e0-vis des particuliers, la pratique de l&#8217;amende tient compte de la gravit\u00e9 du cas, tandis que les peines de prison ne sont prononc\u00e9es qu&#8217;avec prudence. Leur effet dissuasif est donc diminu\u00e9.\u00a0L&#8217;enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8le que les sanctions et programmes de cl\u00e9mence pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences minimes d&#8217;un pays \u00e0 l&#8217;autre, mais qu&#8217;ind\u00e9pendamment de leur conception, ils contribuent \u00e0 am\u00e9liorer l&#8217;efficacit\u00e9 des d\u00e9cisions des autorit\u00e9s de la concurrence. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les sanctions ont augment\u00e9 dans les pays \u00e9tudi\u00e9s, tant par le nombre que par le volume des amendes prononc\u00e9es.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abCommerce de d\u00e9tail: vue d&#8217;ensemble\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abFourniture d&#8217;\u00e9nergie: vue d&#8217;ensemble\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La soci\u00e9t\u00e9 Polynomics a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e d&#8217;analyser l&#8217;incidence macro\u00e9conomique des activit\u00e9s qu&#8217;a entrain\u00e9es la loi sur les cartels (LCart). Elle a donc \u00e9tudi\u00e9, aux plans \u00e9conom\u00e9trique et qualitatif, le rapport entre les interventions des surveillants de la concurrence fond\u00e9es sur la LCart de 1995 et leurs r\u00e9sultats dans les secteurs du commerce de d\u00e9tail, des [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2998,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2998,"seco_co_author":[3265,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Dr. rer. pol., Gesch\u00e4ftsf\u00fchrer Polynomics, Olten","seco_author_post_occupation_fr":"Directeur de Polynomics, Olten","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":3265,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Bereichsleiterin Polynomics AG, Olten","seco_co_author_post_occupation_fr":"cheffe de domaine Polynomics AG, Olten"}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":152953,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"8666","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55a8c08795ec3"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152950"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2998"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=152950"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152950\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189746,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152950\/revisions\/189746"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3265"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2998"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=152950"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=152950"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=152950"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=152950"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=152950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}