{"id":153155,"date":"2008-12-01T12:00:00","date_gmt":"2008-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/12\/gerster-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:08:37","modified_gmt":"2023-08-23T23:08:37","slug":"gerster-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/12\/gerster-2\/","title":{"rendered":"La coop\u00e9ration entre la Suisse et l&#8217;Inde"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200812_19_Gerster_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;Inde entre pauvret\u00e9 et richesse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;Inde fait partie de ces soci\u00e9t\u00e9s qui ont su longtemps circonscrire les diff\u00e9rences entre riches et pauvres. Depuis la lib\u00e9ralisation de 1991, les contrastes qui marquent la soci\u00e9t\u00e9 ont explos\u00e9. Il est devenu chic de montrer sa richesse. Le milliardaire Mukesh Ambani a offert un jet de 70 millions de francs \u00e0 son \u00e9pouse. Les autres 54 milliardaires indiens se contentent d&#8217;une Mercedes ou d&#8217;une Bentley. La mondialisation n&#8217;est pas seulement \u00e0 l&#8217;origine de cette extr\u00eame richesse, elle a aussi cr\u00e9\u00e9 une nouvelle classe moyenne qui, selon les estimations, compte entre 100 et 300 millions de personnes. Lors de la f\u00eate de Diwali, en novembre 2007, quelque 20&nbsp;000 nouvelles voitures ont \u00e9t\u00e9 vendues en un seul jour \u00e0 Delhi. En m\u00eame temps, malgr\u00e9 ce miracle \u00e9conomique, 260 millions de personnes, presque autant qu&#8217;en Afrique, vivent avec moins d&#8217;un dollar par jour et plus de 800 millions gagnent moins de deux dollars.\u00a0Le Mahatma Gandhi a invent\u00e9 la formule selon laquelle \u00abla pauvret\u00e9 est la forme la plus grave de la violence\u00bb. \u00c9tant donn\u00e9 la complexit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 indienne, on ne peut pas se satisfaire d&#8217;une d\u00e9finition purement \u00e9conomique. La pauvret\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la discrimination et \u00e0 l&#8217;impuissance. Certes, la Constitution indienne a aboli le syst\u00e8me des castes en 1948, mais les 160 millions d&#8217;intouchables (les Dalits) que compte le pays doivent se battre quotidiennement contre d&#8217;\u00e9normes injustices. Les 80 millions d&#8217;indig\u00e8nes (les Adivasi) se trouvent dans la m\u00eame situation. Les quelque 120 millions de musulmans sont aussi dans une position minoritaire d\u00e9licate et sont souvent d\u00e9favoris\u00e9s \u00e9conomiquement. Les femmes sont d\u00e9savantag\u00e9es \u00e0 maints \u00e9gards en raison des traditions patriarcales.\u00a0Pourtant, l&#8217;Inde ne m\u00e9rite pas d&#8217;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e seulement sous l&#8217;angle de la richesse et de la pauvret\u00e9. Une immense diversit\u00e9 de cultures, de religions et de milieux naturels caract\u00e9rise la plus grande d\u00e9mocratie du monde. Les bulletins de vote sont imprim\u00e9s en 117 langues. La soif de connaissances des jeunes est \u00e9norme: en 2007-2008, quelque 230000 candidats se sont pr\u00e9sent\u00e9s au test d&#8217;entr\u00e9e de l&#8217;Institut de management indien, pour briguer une des 1500 places d&#8217;\u00e9tude; ils ont d\u00e9bours\u00e9 50 francs pour pouvoir passer ce test r\u00e9put\u00e9 difficile. Le d\u00e9veloppement indien ne se fait donc pas sans heurts. Ainsi, la r\u00e9sistance est de plus en plus forte face \u00e0 un gouvernement qui supprime des terres agricoles pour implanter des parcs industriels.&#13;<\/p>\n<h2>Le soutien de la Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nComme c&#8217;est souvent le cas en Suisse, les initiatives priv\u00e9es ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&#8217;action de l&#8217;\u00c9tat. Les missionnaires \u00e9taient pr\u00e9sents depuis longtemps en Inde et, \u00e0 partir de 1958, des organisations telles que l&#8217;Eper et Swissaid sont intervenues. L&#8217;Inde \u00e9tait et reste clairement le partenaire num\u00e9ro un des oeuvres d&#8217;entraide priv\u00e9es, avant le Br\u00e9sil. Ces derni\u00e8res ont d\u00e9vers\u00e9 550 millions de francs en Inde entre 1970 et 2005. La Conf\u00e9d\u00e9ration &#8211; surtout la Direction du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC) et le Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) &#8211; lui accorde \u00e9galement une attention primordiale et incontest\u00e9e. De 1960 \u00e0 2005, la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement publique bilat\u00e9rale et l&#8217;aide humanitaire suisse ont investi 1132 millions de francs en Inde. La perspective est, en revanche, diff\u00e9rente du c\u00f4t\u00e9 indien; en mati\u00e8re de coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, la Suisse est, financi\u00e8rement parlant, un petit contributeur puisque, depuis 1960, elle a accord\u00e9 moins de 2% de l&#8217;aide totale.\u00a0Les r\u00e9ponses des intervenants suisses \u00e0 la pauvret\u00e9 et aux probl\u00e8mes de d\u00e9veloppement de l&#8217;Inde sont multiples. Notre pays a souvent eu recours \u00e0 ses atouts classiques, comme l&#8217;\u00e9levage du b\u00e9tail, la finance ou le f\u00e9d\u00e9ralisme. Au fil des ans, son programme s&#8217;est \u00e9largi et diversifi\u00e9, allant de la formation professionnelle \u00e0 la recherche en biotechnologie et de l&#8217;\u00e9lectronique \u00e0 l&#8217;agriculture biologique. La coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement est importante prise individuellement mais, dans l&#8217;ensemble, il ne faut pas surestimer sa port\u00e9e dans la r\u00e9ussite \u00e9conomique et sociale. Un ancien coordinateur de la DDC en Inde a d\u00e9clar\u00e9: \u00abLorsqu&#8217;on me demande combien de projets la Suisse compte en Inde, je r\u00e9ponds toujours qu&#8217;il n&#8217;y a pas de projet suisse et que nous soutenons seulement des projets indiens\u00bb. C&#8217;est une des cl\u00e9s de notre succ\u00e8s.&#13;<\/p>\n<h2>Qu&#8217;a-t-on r\u00e9alis\u00e9? Deux exemples<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nGr\u00e2ce au soutien suisse, nos partenaires indiens ont align\u00e9 un nombre \u00e9tonnant de r\u00e9ussites. Cela ne s&#8217;applique pas seulement au niveau local et \u00e0 celui des \u00c9tats membres, mais de plus en plus au niveau national ou m\u00eame international o\u00f9 d&#8217;autres partenaires s&#8217;inspirent des exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre de la coop\u00e9ration entre l&#8217;Inde et la Suisse. Deux exemples issus de l&#8217;\u00e9conomie laiti\u00e8re et du domaine du mat\u00e9riel \u00e9lectronique usag\u00e9 illustrent ce qui pr\u00e9c\u00e8de.&#13;<\/p>\n<h3>La coop\u00e9rative laiti\u00e8re de Varadoor<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nNous sommes accueillis par la coop\u00e9rative laiti\u00e8re locale de Varadoor, un village de montagne au nord du K\u00e9rala; cette r\u00e9gion compte plus de 800 coop\u00e9ratives laiti\u00e8res. De 100 litres dans le pass\u00e9, la quantit\u00e9 de lait produite est pass\u00e9e \u00e0 plus de 6500 litres par jour en 2006. La coop\u00e9rative est devenue la plaque tournante \u00e9conomique du village. Quelques-uns parmi les paysans pr\u00e9sents expriment leurs pr\u00e9occupations face aux co\u00fbts en constante augmentation de la production laiti\u00e8re. Apr\u00e8s avoir pos\u00e9 plusieurs questions, nous comprenons que ce sont surtout ceux qui poss\u00e8dent trois \u00e0 cinq vaches qui rencontrent ce probl\u00e8me; en effet, ils doivent acheter du fourrage et engager des ouvriers \u00e0 la journ\u00e9e en dehors de la famille. En revanche, Mme Tham Kamani poss\u00e8de une vache issue d&#8217;un croisement, qui donne jusqu&#8217;\u00e0 18 litres de lait par jour, alors que la race locale ne produisait dans le pass\u00e9 que 6 litres au maximum. Elle se charge elle-m\u00eame de tous les travaux. Sur son petit lopin de terre de 0,2 ha, elle plante surtout du riz, dont la paille sert de fourrage. Elle garde un ou deux litres de lait pour la consommation familiale et livre le reste \u00e0 la coop\u00e9rative. Elle re\u00e7oit 35 centimes par litre, suivant la teneur en mati\u00e8re grasse. \u00abJe g\u00e8re mon argent moi-m\u00eame. Je l&#8217;utilise surtout pour la formation de ma fille. Le lait est un revenu s\u00fbr et tr\u00e8s rentable\u00bb.\u00a0L&#8217;exp\u00e9rience r\u00e9alis\u00e9e au K\u00e9rala a \u00e9t\u00e9 transpos\u00e9e dans d&#8217;autres \u00c9tats et dans la politique indienne au niveau national. Apr\u00e8s quatre d\u00e9cennies de coop\u00e9ration dans l&#8217;\u00e9levage du b\u00e9tail et l&#8217;\u00e9conomie laiti\u00e8re, l&#8217;Inde est aujourd&#8217;hui le plus grand producteur mondial de lait, avec 100 millions de tonnes par ann\u00e9e. Son avenir est assur\u00e9, la croissance \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9rant une hausse de la demande en produits laitiers. Le b\u00e9tail est mieux r\u00e9parti au sein de la population que les terres. La vague tragique de suicides de paysans indiens a fait sensation dans le monde entier; entre 1997 et 2005, plus de 149000 d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s n&#8217;ont pas trouv\u00e9 d&#8217;autre \u00e9chappatoire \u00e0 la mis\u00e8re. Une \u00e9tude scientifique a conclu que le nombre de suicides \u00e9tait nul ou tr\u00e8s bas chez les paysans qui poss\u00e9daient du b\u00e9tail. Ce n&#8217;est pas \u00e9tonnant: le lait \u00e9largit la palette des produits alimentaires de base et r\u00e9duit les risques ruraux. Le pr\u00e9sident de la coop\u00e9rative laiti\u00e8re de Varadoor le confirme: \u00abNous n&#8217;avons pas connu de cas semblables dans la r\u00e9gion et aucun de nos membres ne s&#8217;est suicid\u00e9.\u00bb Au contraire: parce qu&#8217;elle am\u00e9liore le niveau et la pr\u00e9visibilit\u00e9 des revenus, la production laiti\u00e8re est devenue la base financi\u00e8re de nombreux petits paysans.&#13;<\/p>\n<h3>Le recyclage du mat\u00e9riel \u00e9lectronique usag\u00e9 \u00e0 Bangalore<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nChangement de cadre dans l&#8217;Inde moderne, dont l&#8217;industrie informatique a acquis une importance mondiale. Plus de 1300 entreprises de logiciels et 36 fabricants d&#8217;ordinateurs sont install\u00e9s \u00e0 Bangalore (2005). Il existe, toutefois, une ombre au tableau: on estime en effet que les d\u00e9chets d&#8217;ordinateurs s&#8217;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 8000 tonnes par ann\u00e9e, dont 2750 sont recyclables. Les montagnes d&#8217;ordinateurs, de t\u00e9l\u00e9viseurs, de t\u00e9l\u00e9phones mobiles, etc. que les pays industrialis\u00e9s livrent \u00e0 l&#8217;Inde sous la forme d&#8217;appareils usag\u00e9s s&#8217;ajoutent aux d\u00e9chets \u00e9lectroniques locaux, qui augmentent rapidement. La l\u00e9gislation europ\u00e9enne pr\u00e9voit que l&#8217;\u00e9limination doit se faire sur le continent, mais les \u00c9tats-Unis n&#8217;ont pas ratifi\u00e9 la Convention de B\u00e2le qui r\u00e8gle l&#8217;exportation des d\u00e9chets sp\u00e9ciaux. L&#8217;\u00e9limination dans les arri\u00e8re-cours indiennes est source de danger pour les travailleurs et l&#8217;environnement. Une \u00e9limination non conforme aux r\u00e8gles est, en outre, synonyme de gaspillage de mati\u00e8res premi\u00e8res.\u00a0Apr\u00e8s un recensement r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Delhi, \u00e0 Mumbai et \u00e0 Bangalore, accompagn\u00e9 d&#8217;une intervention professionnelle, une agence pour le mat\u00e9riel \u00e9lectronique usag\u00e9 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Bangalore. Des directives l\u00e9gales sont en pr\u00e9paration au niveau national. Ces progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 possibles gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;\u00e9troite collaboration entre le Seco, l&#8217;Agence de coop\u00e9ration technique allemande (GTZ) et le minist\u00e8re indien de l&#8217;Environnement. On peut r\u00e9duire les risques pour la sant\u00e9 et l&#8217;environnement par l&#8217;analyse, la formation et le conseil. La Suisse concentre les efforts fournis dans ce cadre sur la \u00abCyber City\u00bb de Bangalore. Le Laboratoire f\u00e9d\u00e9ral d&#8217;essai des mat\u00e9riaux et de recherche (Empa) est charg\u00e9 de l&#8217;encadrement technique. Participant \u00e0 un partenariat global dans le domaine du recyclage des d\u00e9chets \u00e9lectroniques, l&#8217;Empa assure \u00e9galement la mise en r\u00e9seau des exp\u00e9riences indiennes avec d&#8217;autres pays, comme la Chine, l&#8217;Afrique du Sud et la Colombie. Les exp\u00e9riences faites en Inde sont int\u00e9gr\u00e9es dans la discussion globale par l&#8217;interm\u00e9diaire d&#8217;un groupe de travail cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l&#8217;initiative de l&#8217;ONU pour r\u00e9gler le probl\u00e8me des d\u00e9chets \u00e9lectroniques.&#13;<\/p>\n<h2>Qu&#8217;avons-nous appris?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;Inde est certes notre premier pays partenaire, mais la qualit\u00e9 prime sur la quantit\u00e9. Il existe un int\u00e9r\u00eat certain \u00e0 concentrer des ressources limit\u00e9es sur des niches bien choisies d&#8217;un point de vue strat\u00e9gique, \u00e0 aborder les probl\u00e8mes dans leur int\u00e9gralit\u00e9 et \u00e0 construire avec la participation de toutes les personnes concern\u00e9es et impliqu\u00e9es. L&#8217;esprit d&#8217;ouverture et la prise de risque sont payants. La Suisse a eu le courage de s&#8217;engager sur de nouvelles voies, comme l&#8217;\u00e9conomie d&#8217;\u00e9nergie des petites industries ou la microfinance. Les partenariats doivent \u00eatre d\u00e9finis \u00e0 long terme. L&#8217;absence d&#8217;un agenda politique propre \u00e0 la Suisse a favoris\u00e9 l&#8217;objectivit\u00e9, ce qui a eu un \u00e9cho positif chez nos partenaires indiens. La Suisse a encourag\u00e9 avec succ\u00e8s les \u00e9changes de savoir et d&#8217;exp\u00e9rience entre l&#8217;Inde et les autres pays en d\u00e9veloppement (coop\u00e9ration Sud-Sud).\u00a0L&#8217;Inde a toujours \u00e9t\u00e9 une source d&#8217;inspiration pour l&#8217;ensemble de la coop\u00e9ration suisse au d\u00e9veloppement; elle est d&#8217;ailleurs le pays des premi\u00e8res. C&#8217;est le premier pays extra-europ\u00e9en o\u00f9 l&#8217;Eper et Swissaid sont intervenues. C&#8217;est l\u00e0 que la Conf\u00e9d\u00e9ration a commenc\u00e9, en 1963, \u00e0 pratiquer l&#8217;aide bilat\u00e9rale au d\u00e9veloppement, suivie peu apr\u00e8s par les premiers projets combin\u00e9s de coop\u00e9ration technique et d&#8217;aide financi\u00e8re. La DDC a ouvert son premier bureau de coop\u00e9ration \u00e0 Delhi en 1968. Puis, en 1979, la Suisse a entam\u00e9, en tant que premier donateur bilat\u00e9ral, sa collaboration avec des partenaires priv\u00e9s locaux, autrement dit des ONG. Au m\u00eame moment, la DDC engageait pour la premi\u00e8re fois un responsable de programme indien au lieu de faire appel \u00e0 un Suisse. Les premiers partenariats institutionnels \u00e0 long terme ont commenc\u00e9 dans les ann\u00e9es quatre-vingt. Les comp\u00e9tences humaines et les capacit\u00e9s de programmation figuraient au premier plan. Tout cela a influenc\u00e9 l&#8217;ensemble de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement de la Suisse. La derni\u00e8re \u00e9tape en date a \u00e9t\u00e9 l&#8217;int\u00e9gration des repr\u00e9sentations de la DDC et du Seco sur place en un bureau de coop\u00e9ration commun, auquel s&#8217;est jointe la repr\u00e9sentation de Delhi en 2006. De nouveau, le programme de partenariat de la DDC et du Seco constitue une premi\u00e8re.&#13;<\/p>\n<h2>Les perspectives d&#8217;avenir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn 2003, le gouvernement central indien a \u00e9mis de nouvelles directives en mati\u00e8re de coop\u00e9ration bilat\u00e9rale dans le but de n\u00e9gocier directement avec seulement quelques grands pays donateurs. \u00c9tant donn\u00e9 la modestie de son apport \u00e0 la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, la Suisse ne fait pas partie des partenaires privil\u00e9gi\u00e9s du gouvernement central. Les portes restent, cependant, ouvertes au niveau des \u00c9tats membres, des communes et des partenaires priv\u00e9s. L&#8217;immense pauvret\u00e9 devient de plus en plus le talon d&#8217;Achille de l&#8217;Inde qui veut r\u00e9ussir. La collaboration internationale paritaire, dans les domaines scientifiques par exemple, est toujours autant sollicit\u00e9e. La Suisse voit de plus en plus l&#8217;Inde comme un concurrent dans le commerce international; on pr\u00e9voit de r\u00e9duire et de r\u00e9orienter la coop\u00e9ration publique au d\u00e9veloppement \u00e0 partir de 2010.\u00a0Dans le contexte indien, une petite contribution peut avoir de grands effets, comme les cinquante ann\u00e9es de coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement l&#8217;ont montr\u00e9. Ce principe s&#8217;applique aussi dans le contexte actuel de haute conjoncture, o\u00f9 l&#8217;Inde dispose elle-m\u00eame de moyens financiers pour am\u00e9liorer le sort de la population pauvre. Le savoir-faire ext\u00e9rieur est toujours aussi pris\u00e9. \u00c0 l&#8217;avenir, les instruments de la coop\u00e9ration pourront s&#8217;\u00e9tendre aux partenariats institutionnels avec des organisations d&#8217;entraide priv\u00e9es et aux plates-formes de savoir, pour les questions climatiques par exemple. L&#8217;Inde est en train de devenir elle-m\u00eame un donateur dans l&#8217;aide au d\u00e9veloppement. Elle peut profiter de l&#8217;exp\u00e9rience de la Suisse et la r\u00e9percuter sur des pays tiers. En outre, en tant que puissance \u00e9conomique, elle assume un r\u00f4le-cl\u00e9 dans les questions sociales globales, le changement climatique ou l&#8217;\u00e9limination des d\u00e9chets \u00e9lectroniques; des probl\u00e8mes qui ne trouveront des solutions qu&#8217;en passant par la coop\u00e9ration internationale. Une participation active ne profite pas seulement aux Indiens, mais est aussi dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de la Suisse.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Que signifie la Suissitude? \u00abLa Suisse est le pays o\u00f9 nos riches placent leur argent.\u00bb En Inde, on pouvait entendre cette affirmation tr\u00e8s souvent et dans toutes les variantes, du chauffeur de taxi au manager \u00e9tabli, en passant par l&#8217;activiste. Les nombreuses conversations avec des partenaires indiens de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement montrent qu&#8217;il existe d&#8217;autres formes de Suissitude. Trois \u00e9l\u00e9ments en ressortent. Le choix des points forts du programme indien s&#8217;est le plus souvent fond\u00e9 sur les atouts de la Suisse (avantages comparatifs). La tradition f\u00e9d\u00e9raliste de notre pays, sa soci\u00e9t\u00e9 civile vivante et multiple, la formation professionnelle proche de la pratique, l&#8217;importance des r\u00e9gions de montagne, la forte orientation originelle vers l&#8217;\u00e9levage du b\u00e9tail et l&#8217;engagement dans la finance ou l&#8217;environnement ne sont pas dus au hasard. \u00abOn ne peut donner que ce que l&#8217;on a. Ce n&#8217;est pas pareil pour la Suisse de s&#8217;occuper de formation professionnelle ou d&#8217;agriculture tropicale\u00bb, d\u00e9clare N. Reguraj, de la Fondation Nettur pour la formation professionnelle (NTTF). La Suissitude signifie placer le partenaire au centre, promouvoir ses capacit\u00e9s personnelles et institutionnelles, lui accorder la priorit\u00e9 et, soi-m\u00eame, s&#8217;installer sur le si\u00e8ge arri\u00e8re. Pieder Casura, responsable pour l&#8217;Inde \u00e0 l&#8217;Eper, indique: \u00abNotre programme est d\u00e9fini \u00e0 80% par les partenaires.\u00bb Une \u00e9tude fouill\u00e9e de la microfinance indienne d\u00e9crit le legs de la Suisse comme \u00abun engagement entre partenaires au lieu d&#8217;une assistance dirig\u00e9e du haut vers le bas\u00bb. La m\u00e9thode de travail suisse a recours \u00e0 des valeurs telles que la pr\u00e9cision, le s\u00e9rieux et l&#8217;exactitude. La fa\u00e7on de parvenir au but (processus) a autant de poids que les produits eux-m\u00eames. \u00abVotre culture du travail est ce que vous nous avez transmis de plus fort\u00bb, tel est le bilan d&#8217;un collaborateur indien dans le projet. Le fait que des gens dipl\u00f4m\u00e9s de l&#8217;universit\u00e9 ou des \u00e9coles techniques se salissent les mains a fait forte impression. La longue pr\u00e9sence des Suisses a laiss\u00e9 des marques positives. Aujourd&#8217;hui, des sp\u00e9cialistes indiens assument des t\u00e2ches ex\u00e9cut\u00e9es auparavant par des Suisses.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; L&#8217;Inde entre pauvret\u00e9 et richesse &#13; L&#8217;Inde fait partie de ces soci\u00e9t\u00e9s qui ont su longtemps circonscrire les diff\u00e9rences entre riches et pauvres. Depuis la lib\u00e9ralisation de 1991, les contrastes qui marquent la soci\u00e9t\u00e9 ont explos\u00e9. Il est devenu chic de montrer sa richesse. 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