{"id":153165,"date":"2008-12-01T12:00:00","date_gmt":"2008-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/12\/hildebrand-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:08:11","modified_gmt":"2023-08-23T23:08:11","slug":"hildebrand-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/12\/hildebrand-2\/","title":{"rendered":"Stabilit\u00e9 financi\u00e8re: le r\u00f4le de la Banque nationale suisse"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200812_06_Hildebrand_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"233\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Banque nationale suisse (BNS) conduit la politique mon\u00e9taire dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral du pays. Elle a pour t\u00e2che de contribuer \u00e0 la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier Art. 5, al. 2, let. e, de la loi sur la Banque nationale. . Pour ce faire, la BNS travaille en \u00e9troite collaboration avec la Commission f\u00e9d\u00e9rale des banques (CFB). Toutefois, contrairement \u00e0 cette derni\u00e8re qui s&#8217;occupe de la protection des cr\u00e9anciers, la BNS ne s&#8217;int\u00e9resse, en principe, pas aux banques individuellement, mais au syst\u00e8me bancaire dans son ensemble.&#13;<\/p>\n<h2>Le r\u00f4le primordial du secteur bancaire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9conomie suisse se caract\u00e9rise par un secteur bancaire d &#8216; une taille sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne, compar\u00e9 \u00e0 celui des autres pays. La somme de tous les actifs du secteur bancaire suisse correspond \u00e0 environ 9 fois le PIB annuel du pays. C &#8216; est le rapport le plus \u00e9lev\u00e9 des pays du G10 \u00c0 titre de comparaison, les actifs du secteur bancaire am\u00e9ricain correspondent pratiquement au PIB annuel des \u00c9tats-Unis. . Ce secteur est, en outre, plus concentr\u00e9 qu&#8217;ailleurs: le bilan de l&#8217;UBS repr\u00e9sente pr\u00e8s de 50% de la somme des bilans des banques helv\u00e9tiques, celui du Credit Suisse environ 30%. \u00c0 titre d&#8217;exem-ple, celui de Citigroup, la plus grande banque des \u00c9tats-Unis, \u00e9quivaut \u00e0 15% du secteur bancaire am\u00e9ricain. Les deux grandes banques arrivent \u00e9galement en t\u00eate dans le segment des cr\u00e9dits \u00e0 la client\u00e8le suisse, puisqu&#8217;elles poss\u00e8dent \u00e0 elles seules 35% du march\u00e9; elles sont ainsi pratiquement \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec l&#8217;ensemble des banques cantonales op\u00e9rant dans ce segment. \u00a0 Bien que la BNS se cantonne en principe aux aspects syst\u00e9miques de la stabilit\u00e9 financi\u00e8re, les deux grandes banques suisses repr\u00e9sentent un cas limite. En effet, la position dominante d&#8217;une seule grande banque lui conf\u00e8re une importance syst\u00e9mique. C&#8217;est pourquoi la BNS ne se contente pas d&#8217;observer le syst\u00e8me financier dans son ensemble, mais aussi l&#8217;UBS et le Credit Suisse en particulier.&#13;<\/p>\n<h2>Deux motifs de r\u00e9glementation: la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et le risque de contagion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOutre la grande importance d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e du secteur bancaire sur le plan macro\u00e9conomique, il existe deux autres raisons &#8211; inh\u00e9rentes aux banques &#8211; de le r\u00e9glementer. Premi\u00e8rement, celles-ci ont un mod\u00e8le d&#8217;affaires plus fragile que d&#8217;autres entreprises; secondement, le risque de contagion entre les diff\u00e9rents \u00e9tablissements est plus grand qu&#8217;entre les entreprises d&#8217;autres branches. \u00a0 La premi\u00e8re particularit\u00e9 du secteur bancaire d\u00e9coule de l&#8217; \u00e9cart entre les \u00e9ch\u00e9ances. Les banques financent leurs investissements, en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 long terme, au moyen d&#8217;engagements \u00e0 court terme, tels que les d\u00e9p\u00f4ts de la client\u00e8le ou les cr\u00e9dits \u00e0 court terme sur le march\u00e9 mon\u00e9taire. Cet \u00e9cart entre les \u00e9ch\u00e9ances permet aux banques d&#8217;approvisionner l&#8217;\u00e9conomie en liquidit\u00e9s, mais il les expose elles-m\u00eames \u00e0 un risque de liquidit\u00e9. Si une banque ne peut compenser un retrait massif des d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 court terme de la client\u00e8le &#8211; dans le cas extr\u00eame d&#8217;une panique (\u00abrun\u00bb) bancaire &#8211; ou si elle ne peut renouveler ses cr\u00e9dits \u00e0 court terme, elle se retrouve alors dans une situation d&#8217;illiquidit\u00e9. Il se peut ainsi que m\u00eame une banque solvable ne puisse se procurer suffisamment de liquidit\u00e9s, les acteurs du march\u00e9 n &#8216; \u00e9tant pas en mesure d&#8217;\u00e9valuer correctement sa solvabilit\u00e9 en raison de l&#8217;asym\u00e9trie des informations disponibles. Pour finir, les probl\u00e8mes de liquidit\u00e9 peuvent conduire \u00e0 la faillite de la banque. \u00a0 La seconde particularit\u00e9 du secteur bancaire provient de ce que l&#8217;on nomme l&#8217; effet domino: entre banques, les maladies sont tr\u00e8s contagieuses. Les probl\u00e8mes peuvent se propager rapidement d&#8217;un \u00e9tablissement \u00e0 l&#8217;autre. Il existe plusieurs voies de transmission: les effets de liquidations (\u00abfire-sale effects\u00bb), l &#8216; interconnexion des \u00e9tablissements \u00e0 travers le march\u00e9 interbancaire et les effets d&#8217;information. \u00a0 Les effets de liquidations apparaissent lorsque certaines banques sont contraintes de vendre de grands stocks d&#8217;actifs, ce qui en r\u00e9duit la valeur sur le march\u00e9; les autres banques doivent d\u00e8s lors proc\u00e9der \u00e0 des ajustements de valeur. Si les pertes de valeur qui en d\u00e9coulent se r\u00e9v\u00e8lent d&#8217;une certaine importance, d&#8217;autres banques se verront oblig\u00e9es de liquider en partie leurs portefeuilles. \u00a0 L&#8217; interconnexion des \u00e9tablissements \u00e0 travers le march\u00e9 interbancaire ou, par exemple, les contrats de \u00ab&nbsp;credit default swaps&nbsp;\u00bb (CDS ) ou de \u00abmortgage backed securities\u00bb (MBS) constitue une source suppl\u00e9mentaire de contagion possible. Une interconnexion \u00e9troite des banques \u00e0 travers le march\u00e9 interban-caire permet d&#8217;absorber des chocs de liquidit\u00e9 isol\u00e9s sans que chacune d&#8217;elles ne soit forc\u00e9e de d\u00e9tenir une r\u00e9serve importante de liquidit\u00e9s, ce qui serait on\u00e9reux. Comme toute m\u00e9daille a son revers, les \u00e9tablissements d\u00e9pendent de leur c\u00f4t\u00e9 du bon fonctionnement du march\u00e9 interbancaire. Cela signifie que si leur sant\u00e9 financi\u00e8re est entach\u00e9e d&#8217;incertitudes, ce dernier peut s&#8217;ass\u00e9cher. Dans de tels cas, les banques pr\u00e9f\u00e8rent conserver temporairement leurs liquidit\u00e9s exc\u00e9dentaires plut\u00f4t que de les mettre \u00e0 la disposition d&#8217;autres banques \u00e0 travers le march\u00e9 interbancaire. \u00a0 Finalement, un effet domino peut \u00e9galement se produire au seul niveau de l&#8217;information. Si les d\u00e9posants ou les cr\u00e9anciers d&#8217;une banque observent des retraits massifs dans un autre \u00e9tablissement, ils risquent d&#8217;en conclure &#8211; \u00e9ventuellement \u00e0 tort &#8211; que leur propre banque se trouve \u00e9galement en difficult\u00e9 et donc de retirer leurs d\u00e9p\u00f4ts. De tels retraits peuvent ainsi faire boule de neige. La fragilit\u00e9 d&#8217;une banque peut se propager \u00e0 l&#8217;ensemble du syst\u00e8me bancaire par ce seul canal.&#13;<\/p>\n<h2>Les crises bancaires ne sont pas nouvelles, mais leur co\u00fbt est \u00e9lev\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa stabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier ne va pas de soi. Cette constatation ne date pas de la crise actuelle. Malgr\u00e9 le bon fonctionnement des march\u00e9s, de nombreuses crises financi\u00e8res ou bancaires se sont produites ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Un document de travail du FMI Laeven Luc et Valencia Fabian, Systemic Banking Crises: A New Database, IMF Working Paper, 08\/224, 2008. fait \u00e9tat de 124 crises bancaires syst\u00e9miques On entend par crises syst\u00e9miques les p\u00e9riodes durant lesquelles un grand nombre d&#8217;entreprises du secteur financier et de l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9elle ont connu des retards de paiement. entre 1970 et 2007. Reinhart et Rogoff (2008) Reinhart Carmen M. et Rogoff Kenneth, Is the 2007 U.S. Sub-Prime Financial Crisis so Different? An International Historical Comparison, NBER Working Paper, W13761, 2008. se limitent \u00e0 18 crises bancaires entre 1977 et 1995 et les comparent \u00e0 la crise actuelle. Durant les p\u00e9riodes pr\u00e9c\u00e9dant les crises, ils constatent une nette augmentation de la valeur des actifs, un accroissement de l&#8217;endettement ainsi qu&#8217;un tassement de la croissance \u00e9conomique apr\u00e8s une phase de forte expansion. Souvent, des \u00abinnovations\u00bb devancent les crises. Lors de la crise russe (LTCM, 1998), il s&#8217;agissait de nouveaux instruments de couverture. La bulle Internet (\u00abdot-com\u00bb) a frapp\u00e9 des entreprises qui cherchaient \u00e0 s&#8217;\u00e9tablir sur des march\u00e9s encore inconnus gr\u00e2ce \u00e0 leurs nouveaux produits en ligne. La crise actuelle porte, quant \u00e0 elle, sur la titrisation des risques de cr\u00e9dit. Or, selon Reinhart et Rogoff, les MBS ont pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9s avant la crise pour expliquer que la hausse des prix des maisons enregistr\u00e9e les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes n &#8216; \u00e9tait pas une bulle irrationnelle, mais bel et bien une \u00e9volution reposant sur des fondamentaux. \u00a0 Les crises bancaires ont un co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 sur le plan macro\u00e9conomique. Laeven et Valencia FMI (2008), p. 24. avancent des co\u00fbts budg\u00e9taires moyens \u00e9quivalents \u00e0 13% du PIB. Les valeurs les plus \u00e9lev\u00e9es atteignent m\u00eame 55%. Hoggarth, Reis et Saporta (2002) Hoggarth Glenn, Reis Ricardo et Saporta Victoria, \u00abCosts of banking system instability: Some empirical evidence\u00bb, Journal of Banking &amp; Finance, n\u00b0 26, 2002, pp. 825-855 \u00e9valuent \u00e0 environ 12% du PIB les co\u00fbts budg\u00e9taires des plus grandes crises bancaires depuis les ann\u00e9es 1980 et leur dur\u00e9e moyenne \u00e0 5,5 ans. \u00a0 Les co\u00fbts budg\u00e9taires portant principalement sur des transferts des contribuables vers les principaux acteurs des \u00e9tablissements financiers, leur utilisation comme indicateur des co\u00fbts \u00e9conomiques des crises est contest\u00e9e. Une alternative consiste \u00e0 mesurer les co\u00fbts en consid\u00e9rant l&#8217;\u00e9cart entre les productions effective et tendancielle. \u00c0 cet effet, on calcule la diff\u00e9rence entre la richesse effectivement produite et celle qui aurait pu l &#8216; \u00eatre si la crise n&#8217;\u00e9tait pas survenue. Selon Laeven et Valencia FMI (2008), p. 24. , les co\u00fbts d&#8217;une crise bancaire mesur\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide de cette m\u00e9thode repr\u00e9senteraient en moyenne 20% du PIB. Boyd, Kwak et Smith (2005) Boyd John H., Kwak Sungkyu et Smith Bruce D., \u00abThe Real Output Losses Associated with Modern Banking Crises\u00bb, Journal of Money, Credit, and Banking, n\u00b0 37(6), 2005, pp. 977-999. invoquent m\u00eame des co\u00fbts de 60% \u00e0 300% du PIB de l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dant la crise.&#13;<\/p>\n<h2>Gestion des crises<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLors d&#8217;une crise, les autorit\u00e9s sont appel\u00e9es \u00e0 intervenir en raison des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s des crises bancaires et financi\u00e8res et de la grande importance macro\u00e9conomique du secteur bancaire suisse. Le cadre dont dispose la BNS pour g\u00e9rer une crise de mani\u00e8re active est clairement d\u00e9fini dans les directives g\u00e9n\u00e9rales sur ses instruments de politique mon\u00e9taire. La BNS peut soutenir le syst\u00e8me financier suisse en injectant des liquidit\u00e9s. Pour ce faire, elle peut, d&#8217;une part, approvisionner l&#8217;ensemble du march\u00e9 en liquidit\u00e9s et, d&#8217;autre part, alimenter certaines banques reconnues d&#8217;importance syst\u00e9mique. Dans les deux cas, ces liquidit\u00e9s ne sont accord\u00e9es qu&#8217;\u00e0 des banques solvables et en contrepartie de garanties suffisantes. \u00a0 Une pr\u00e9vention durable des crises est n\u00e9cessaire pour que la BNS ne soit amen\u00e9e \u00e0 participer activement \u00e0 leur gestion qu &#8216; \u00e0 titre exceptionnel. La pr\u00e9sente crise a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 certaines lacunes dans ce domaine. Il convient donc de prendre les mesures qui suivent pour am\u00e9liorer la capacit\u00e9 des banques \u00e0 ma\u00eetriser les crises par leurs propres moyens.&#13;<\/p>\n<h2>La crise bancaire actuelle appelle une meilleure pr\u00e9vention<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa crise actuelle a montr\u00e9 les limites des mod\u00e8les de risques. Ceux utilis\u00e9s par les banques attribuent aux futures \u00e9volutions possibles des probabilit\u00e9s reposant sur des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s et en d\u00e9duisent les risques pour un portefeuille donn\u00e9. Cette m\u00e9thode ne tient pas compte de l&#8217;incertitude inh\u00e9rente au mod\u00e8le de risques, \u00e0 savoir son exactitude. Les banques recourent ainsi \u00e0 des mod\u00e8les qui impliquent que la probabilit\u00e9 de pertes sembables \u00e0 celles observ\u00e9es durant cette crise est inf\u00e9rieure \u00e0 celle d&#8217;une grande catastrophe dans une centrale nucl\u00e9aire suisse. \u00a0 Pour mieux prot\u00e9ger les banques de cette incertitude non quantifiable, inh\u00e9rente aux mod\u00e8les de risques, il convient de renforcer leurs \u00abamortisseurs\u00bb. Concr\u00e8tement, cela signifie qu&#8217;il faut accro\u00eetre les fonds propres et les liquidit\u00e9s. Il ne s&#8217;agit nullement d&#8217;\u00e9liminer tous les risques. Les banques fondent leur activit\u00e9 sur la prise de risques, qui devient par l\u00e0 m\u00eame souhaitable. Il importe, toutefois, de garder ces derniers sous contr\u00f4le pour qu &#8216; ils demeurent acceptables. \u00a0 En ce qui concerne les fonds propres, la Banque nationale soutient le projet en cours de la CFB visant \u00e0 adapter la r\u00e9glementation actuelle sur les fonds propres pour les grandes banques suisses au moyen de deux mesures radicales. La premi\u00e8re porte sur un durcissement des dispositions l\u00e9gales r\u00e9gissant les fonds propres pond\u00e9r\u00e9s en fonction des risques. Elle consiste \u00e0 relever les exigences de B\u00e2le II, en appliquant un multiplicateur idoine. La deuxi\u00e8me mesure tend \u00e0 limiter le niveau d&#8217;endettement. Cette disposition, \u00e9galement appel\u00e9e \u00ableverage ratio\u00bb, doit garantir que le ratio fonds propres\/somme du bilan s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 au moins 3-5% pour les grandes banques. Cela correspond aux taux appliqu\u00e9s depuis longtemps aux \u00c9tats-Unis en mati\u00e8re de r\u00e9glementation bancaire. \u00a0 Ces deux mesures ont des effets compl\u00e9mentaires. Des exigences de fonds propres pond\u00e9r\u00e9es en fonction des risques assurent la meilleure sensitivit\u00e9 possible \u00e0 ces derniers. Une limite au niveau d&#8217;endettement, ou \u00ableverage ratio\u00bb, garantit en outre un cous-sin minimal de fonds propres, qui ne d\u00e9pend pas de mod\u00e8les complexes. Aussi ce taux constitue-t-il une protection contre des chocs inattendus et insuffisamment couverts par les dispositions relatives aux fonds propres pond\u00e9r\u00e9s. Des efforts en ce sens sont entrepris \u00e9galement \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle internationale, notamment au sein du Comit\u00e9 de B\u00e2le sur le contr\u00f4le bancaire, afin de consolider B\u00e2le II au moyen d&#8217;instruments compl\u00e9mentaires. L&#8217;exp\u00e9rience montre cependant que ce processus prendra encore plusieurs ann\u00e9es. Or, en Suisse, la situation particu-li\u00e8re du secteur bancaire, \u00e9voqu\u00e9e au d\u00e9but du pr\u00e9sent article, requiert une intervention plus rapide. Si, \u00e0 l&#8217;avenir, un consensus qui tienne aussi compte de la situation propre \u00e0 la Suisse \u00e9tait trouv\u00e9 sur le plan international, la solution retenue aujourd &#8216; hui par les autorit\u00e9s de ce pays pourrait, au besoin, \u00eatre adapt\u00e9e. \u00a0 En mati\u00e8re de liquidit\u00e9s, la BNS travaille actuellement avec la CFB \u00e0 un projet de r\u00e9forme fondamentale des dispositions r\u00e9gissant les liquidit\u00e9s pour les grandes banques. L&#8217;objectif de cette r\u00e9forme consiste \u00e0 abandonner une r\u00e9glementation bas\u00e9e sur des chiffres-cl\u00e9s en faveur d&#8217;une autre fond\u00e9e sur des sc\u00e9narios. \u00c0 cette fin, la CFB et la BNS d\u00e9finissent diff\u00e9rents sc\u00e9narios et les banques doivent fournir la preuve qu&#8217;elles disposent des liquidit\u00e9s suffisantes pour y faire face. Elles peuvent, dans ce but, recourir \u00e0 leurs propres m\u00e9thodes et instruments internes de gestion des liquidit\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents ont incit\u00e9 la BNS \u00e0 intervenir activement et dans une large mesure en vue de ma\u00eetriser la crise. Le poids du secteur bancaire dans l&#8217;\u00e9conomie suisse, les co\u00fbts potentiellement \u00e9lev\u00e9s des crises financi\u00e8res et l&#8217;importance syst\u00e9mique de l&#8217;UBS ont rendu n\u00e9cessaire une aide \u00e0 cette derni\u00e8re sous forme de liquidit\u00e9s. Pour \u00e9viter de devoir renouveler ce genre d&#8217;op\u00e9rations, il convient d&#8217;am\u00e9liorer la r\u00e9glementation en mati\u00e8re de fonds propres et de liquidit\u00e9s pour renforcer la r\u00e9sistance des banques suisses aux crises, quelle que soit la nature de celles-ci. Cette r\u00e9glementation doit s&#8217;articuler autour de dispositions fondamentales et simples, car la prochaine crise viendra assur\u00e9ment et elle nous prendra peut-\u00eatre par surprise. Cependant, si les banques poss\u00e8dent suffisamment de fonds propres et de liquidit\u00e9s, elles devraient \u00eatre en mesure de ma\u00eetriser les crises \u00e0 venir par leurs propres moyens.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; &#13; La Banque nationale suisse (BNS) conduit la politique mon\u00e9taire dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral du pays. Elle a pour t\u00e2che de contribuer \u00e0 la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier Art. 5, al. 2, let. e, de la loi sur la Banque nationale. . 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Les banques - des acteurs essentiels sur les march\u00e9s financiers - transforment des engagements \u00e0 court terme sous forme de d\u00e9p\u00f4ts en cr\u00e9ances \u00e0 long terme, comme les cr\u00e9dits commerciaux ou les pr\u00eats hypoth\u00e9caires. Ce faisant, elles approvisionnent l'\u00e9conomie en liquidit\u00e9s et contribuent fortement \u00e0 la croissance \u00e9conomique. 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