{"id":153260,"date":"2008-11-01T12:00:00","date_gmt":"2008-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/11\/chavaz-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:09:22","modified_gmt":"2023-08-23T23:09:22","slug":"chavaz-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/11\/chavaz-2\/","title":{"rendered":"L&#8217;ouverture bilat\u00e9rale de l&#8217;agriculture vis-\u00e0-vis de l&#8217;UE est positive"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13;<\/p>\n<h2>\u00a0Les diff\u00e9rentes r\u00e9formes de la politique agricole<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes accords bilat\u00e9raux avec l&#8217;UE rejoignent les objectifs de la r\u00e9forme de la politique agricole entam\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es nonante. Lanc\u00e9e en 1992 au plan int\u00e9rieur, celle-ci devait fondamentalement r\u00e9orienter la politique agricole suisse. Depuis lors, tous les programmes qui se sont succ\u00e9d\u00e9 (PA 2002, PA 2007 et PA 2011) ont poursuivi sur cette voie. Au plan ext\u00e9rieur, les accords bilat\u00e9raux avec l&#8217;UE et ceux n\u00e9goci\u00e9s dans le cadre de l&#8217;Organisation mondiale du commerce (OMC) occupent une place pr\u00e9pond\u00e9rante.\u00a0Les \u00e9tapes de la r\u00e9forme accomplies jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent \u00e9tant \u00e9troitement li\u00e9es les unes aux autres et se compl\u00e9tant r\u00e9ciproquement, il est difficile d&#8217;en appr\u00e9cier s\u00e9par\u00e9ment les retomb\u00e9es \u00e9conomiques. On tentera, toutefois, d&#8217;analyser celles qui concernent les accords bilat\u00e9raux dans le domaine de l&#8217;agriculture.&#13;<\/p>\n<h2>Une nette augmentation des importations et des exportations<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;UE est le principal partenaire commercial de la Suisse: elle fournit plus de 80% des importations et absorbe plus de 60% de l&#8217;ensemble des exportations. En ce qui concerne les produits agricoles, la situation est comparable: en 2007, la Suisse en a import\u00e9 pour 11,3 milliards de francs, plus des trois quarts provenant de l&#8217;UE. La m\u00eame ann\u00e9e, ses exportations dans ce domaine se chiffraient \u00e0 6,5 milliards de francs, dont 70% environ \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 l&#8217;UE.\u00a0Depuis l&#8217;entr\u00e9e en vigueur de l&#8217;Accord sur le commerce des produits agricoles en 2002, les exportations vers l&#8217;UE, tout comme les importations ont fortement progress\u00e9 (voir graphique 1). Depuis 2000, les exportations de produits agricoles vers l&#8217;UE ont m\u00eame doubl\u00e9, passant de 2,3 \u00e0 4,6 milliards de francs. Il ressort de ces chiffres que les efforts pour promouvoir les exportations et am\u00e9liorer les chances des producteurs helv\u00e9tiques sur le march\u00e9 europ\u00e9en ont port\u00e9 leurs fruits.\u00a0Durant cette m\u00eame p\u00e9riode, les importations de produits agricoles provenant de l&#8217;UE ont \u00e9galement connu une hausse de 2,3 milliards de francs, soit plus de 40% par rapport \u00e0 2000. D&#8217;un point de vue \u00e9conomique, il faut saluer cette progression des importations. En plus des avantages classiques d\u00e9coulant du libre-\u00e9change, tels que la mise \u00e0 profit d&#8217;\u00e9conomies d&#8217;\u00e9chelle ou d&#8217;avantages comparatifs, la pression que suscitent les exportations permet aux consommateurs de b\u00e9n\u00e9ficier de prix en baisse et d&#8217;une offre diversifi\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>La lib\u00e9ralisation du commerce fromager<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa lib\u00e9ralisation int\u00e9grale du commerce du fromage occupe une place centrale dans l&#8217;accord agricole. L&#8217;UE et la Suisse se sont engag\u00e9es \u00e0 ouvrir enti\u00e8rement et r\u00e9ciproquement leurs march\u00e9s apr\u00e8s une p\u00e9riode transitoire de cinq ans. Cet objectif s&#8217;est r\u00e9alis\u00e9 par \u00e9tapes depuis l&#8217;entr\u00e9e en vigueur de l&#8217;accord. Depuis le 1er juin 2007, le march\u00e9 du fromage est pleinement lib\u00e9ralis\u00e9.\u00a0Comme il ressort du graphique 2, les exportations de fromage ont recul\u00e9 entre 2002 et 2004 pour ensuite se reprendre. M\u00eame si le passage \u00e0 vide a imm\u00e9diatement suivi l&#8217;entr\u00e9e en vigueur de l&#8217;accord agricole, il ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une cons\u00e9quence directe de l&#8217;ouverture du march\u00e9. Il exprime en premier lieu les remous qui ont agit\u00e9 le march\u00e9 laitier, en raison notamment de la nouvelle orientation que lui a donn\u00e9e la politique agricole 2002. Aggrav\u00e9e par les incertitudes, la situation a pes\u00e9 sur l&#8217;\u00e9volution des exportations fromag\u00e8res dans les ann\u00e9es qui ont suivi l&#8217;entr\u00e9e en vigueur de l&#8217;accord.\u00a0Il est aujourd&#8217;hui possible de voir dans l&#8217;ouverture l&#8217;une des principales raisons de la reprise rapide du march\u00e9 du lait. Le d\u00e9veloppement des exportations montre aussi clairement que les producteurs suisses de fromage avaient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ussi en 2005 \u00e0 surmonter la crise et \u00e0 am\u00e9liorer nettement et durablement leur position sur le march\u00e9 europ\u00e9en. La croissance des exportations est d\u00e8s lors remarquable puisque le suppl\u00e9ment pour le lait transform\u00e9 en fromage n&#8217;a pas cess\u00e9 de se r\u00e9duire et qu&#8217;en 2004, plus t\u00f4t que pr\u00e9vu par l&#8217;accord, on avait d\u00e9j\u00e0 enti\u00e8rement supprim\u00e9 les subventions \u00e0 l&#8217;exportation vers l&#8217;UE pour tous les types de fromage.\u00a0Il est \u00e9galement r\u00e9jouissant de constater qu&#8217;en plus du fromage \u00e0 p\u00e2te dure, qui constitue environ les deux tiers des exportations, d&#8217;autres sortes de fromage ont pu am\u00e9liorer leur position sur le march\u00e9 europ\u00e9en. Ainsi, ceux \u00e0 p\u00e2te mi-dure ont vu leurs exportations progresser de plus de 60% depuis 2001. Bien qu&#8217;\u00e0 un moindre niveau, l&#8217;\u00e9volution dans le domaine des fromages \u00e0 p\u00e2te molle et des fromages frais peut \u00e9galement \u00eatre qualifi\u00e9e d&#8217;extraordinairement positive. En effet, les producteurs de fromages \u00e0 p\u00e2te molle ou frais sont parvenus \u00e0 s&#8217;implanter sur le march\u00e9 europ\u00e9en et \u00e0 quintupler, voire \u00e0 multiplier par 20 leurs exportations. Cela montre que les producteurs suisses n&#8217;ont pas seulement r\u00e9ussi \u00e0 maintenir leur position dans leurs fiefs traditionnels, mais qu&#8217;ils ont \u00e9galement acquis de nouveaux march\u00e9s. Sans l&#8217;Accord sur le commerce de produits agricoles, jamais nos ventes dans l&#8217;UE n&#8217;auraient connu une telle ampleur.&#13;<\/p>\n<h3>Les consommateurs profitent du libre-\u00e9change du fromage<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes producteurs europ\u00e9ens de fromage b\u00e9n\u00e9ficient \u00e9galement de l&#8217;am\u00e9lioration des conditions d&#8217;exportation et ont accru leurs exportations vers la Suisse de plus de 100000 tonnes, autrement dit d&#8217;environ un quart. Depuis l&#8217;entr\u00e9e en vigueur du libre-\u00e9change, la pression engendr\u00e9e par les importations a fait baisser les prix de d\u00e9tail des fromages import\u00e9s et nationaux. Le durcissement de la concurrence a \u00e9galement permis de r\u00e9duire les marges. En d&#8217;autres termes, les consommateurs d\u00e9boursent moins, sans pour autant que les agriculteurs soient l\u00e9s\u00e9s financi\u00e8rement. De plus, la simplification de la r\u00e9glementation relative aux importations et une capacit\u00e9 d&#8217;innovation renforc\u00e9e a permis la multiplication des vari\u00e9t\u00e9s de fromages disponibles en Suisse, ce qui est \u00e9galement positif du point de vue des consommateurs.&#13;<\/p>\n<h2>D\u00e9mant\u00e8lement des obstacles non tarifaires au commerce<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa suppression des entraves non tarifaires au commerce (caus\u00e9es par exemple par l&#8217;existence de prescriptions techniques diff\u00e9rentes) constitue un volet d\u00e9terminant de l&#8217;accord agricole et a sensiblement facilit\u00e9 les \u00e9changes dans les domaines concern\u00e9s. L&#8217;acc\u00e9l\u00e9ration des flux commerciaux est majoritairement imputable \u00e0 ces mesures de d\u00e9mant\u00e8lement.\u00a0Des sondages r\u00e9cents aupr\u00e8s de la branche r\u00e9v\u00e8lent toutefois clairement que des obstacles non tarifaires, qui n&#8217;ont pas encore pu \u00eatre \u00e9limin\u00e9s avec l&#8217;accord agricole, existent toujours dans de nombreux domaines. Les n\u00e9gociations pour un accord de libre-\u00e9change global dans le secteur agroalimentaire offrent au Conseil f\u00e9d\u00e9ral la possibilit\u00e9 de d\u00e9manteler les barri\u00e8res non tarifaires en int\u00e9grant tous les maillons de la cha\u00eene de production alimentaire.&#13;<\/p>\n<h2>Les produits agricoles transform\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;Accord sur les produits agricoles transform\u00e9s, conclu dans le cadre des Bilat\u00e9rales II, r\u00e9vise le protocole n\u00b0 2 de l&#8217;Accord de libre-\u00e9change de 1972 entre la Suisse et la CEE. Depuis son entr\u00e9e en vigueur le 30 mars 2005, les importations, mais aussi les exportations sont en forte hausse. Le doublement des exportations est, en particulier, remarquable. L&#8217;exc\u00e9dent d&#8217;importations, qui s&#8217;\u00e9levait encore \u00e0 quelque 300 millions de francs en 2004, a ainsi pu \u00eatre converti en un exc\u00e9dent d&#8217;exportations de plus de 550 millions de francs.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;avenir incertain du protocole n\u00b0 2<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9l\u00e9ment d\u00e9terminant de la strat\u00e9gie d&#8217;expansion helv\u00e9tique, l&#8217;Accord sur les produits agricoles transform\u00e9s a consolid\u00e9 la position de l&#8217;industrie suisse des denr\u00e9es alimentaires. Toutefois, la volatilit\u00e9 du march\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res a montr\u00e9, ces derniers temps, les limites du syst\u00e8me de compensation des prix selon le protocole n\u00b0 2. Il faut, en outre, partir du principe que l&#8217;abolition de toutes les subventions \u00e0 l&#8217;exportation est une tendance qui trouvera son aboutissement dans le cadre de l&#8217;OMC. L&#8217;avenir du protocole n\u00b0 2 est donc incertain \u00e0 l&#8217;heure actuelle.\u00a0La suppression, sans remplacement, du m\u00e9canisme de compensation des prix impliquerait un affaiblissement consid\u00e9rable de l&#8217;industrie alimentaire qui occupe plus de 33000 collaborateurs et repr\u00e9sente un important client pour les produits agricoles. Cette perspective a, entre autres, motiv\u00e9 la d\u00e9cision du Conseil f\u00e9d\u00e9ral d&#8217;entamer des n\u00e9gociations avec l&#8217;UE en vue d&#8217;un accord de libre-\u00e9change dans le secteur agroalimentaire. Celui-ci renforcerait la position de l&#8217;industrie alimentaire, partenaire important de l&#8217;agriculture. Le d\u00e9mant\u00e8lement des entraves tarifaires et non tarifaires au commerce encore existantes permettrait d&#8217;am\u00e9liorer les possibilit\u00e9s d&#8217;exportation; le handicap des mati\u00e8res premi\u00e8res serait, par ailleurs, \u00e9limin\u00e9 par le biais d&#8217;une harmonisation des prix aux producteurs.&#13;<\/p>\n<h2>Des retomb\u00e9es positives pour les consommateurs<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nContrairement aux prix pay\u00e9s aux producteurs, ceux acquitt\u00e9s par les consommateurs n&#8217;ont pas cess\u00e9 d&#8217;augmenter depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es nonante. L&#8217;introduction de diverses taxes et le comportement des consommateurs en constante mutation &#8211; que l&#8217;on songe, par exemple, au succ\u00e8s des plats pr\u00e9par\u00e9s &#8211; sont partiellement \u00e0 l&#8217;origine de cette flamb\u00e9e. Le co\u00fbt des denr\u00e9es alimentaires en Suisse n&#8217;est par ailleurs imputable qu&#8217;en partie aux prix \u00e9lev\u00e9s des mati\u00e8res premi\u00e8res; il s&#8217;explique \u00e9galement par les marges confortables de la transformation-distribution.\u00a0Remarquons, toutefois, que les prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolis\u00e9es ont nettement moins grimp\u00e9 entre 2004 et 2007 que l&#8217;indice national des prix \u00e0 la consommation (voir graphique 3). Il est en outre incontest\u00e9 que les produits import\u00e9s sont devenus meilleur march\u00e9 gr\u00e2ce au d\u00e9mant\u00e8lement des droits de douane et des obstacles techniques au commerce. On peut donc supposer que sans les r\u00e9formes et l&#8217;ouverture r\u00e9ciproque des march\u00e9s, les prix aux consommateurs auraient plus fortement augment\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Incidences des accords bilat\u00e9rauxsur le secteur agricole<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPendant la phase pr\u00e9paratoire des votations sur les Accords bilat\u00e9raux I, des craintes ont \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9es. On croyait que l&#8217;accord agricole allait encore acc\u00e9l\u00e9rer les mutations structurelles et que les petites structures agricoles suisses ne pourraient pas suivre le rythme des grandes exploitations europ\u00e9ennes. Il en aurait r\u00e9sult\u00e9 une baisse des revenus des agriculteurs livr\u00e9s sans protection \u00e0 la concurrence de l&#8217;UE. Ces craintes ne se sont pas v\u00e9rifi\u00e9es.\u00a0Si le revenu sectoriel dans l&#8217;agriculture a chut\u00e9 en Suisse d&#8217;environ 2,5% par an depuis que la r\u00e9forme de la politique agricole a \u00e9t\u00e9 amorc\u00e9e en 1992, le pourcentage d&#8217;exploitations a diminu\u00e9 dans une mesure comparable. Le revenu par exploitation a donc profit\u00e9 des mutations structurelles et n&#8217;a gu\u00e8re vari\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Ce sont principalement les petites exploitations agricoles qui ont r\u00e9gress\u00e9 en nombre, tandis que celles de grande taille (plus de 20 ha) ont augment\u00e9; le mouvement n&#8217;est du reste pas termin\u00e9.&#13;<\/p>\n<h3>Le secteur agricole est venu \u00e0 bout du d\u00e9fi de l&#8217;ouverture<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution expos\u00e9e ci-dessus montre que depuis le lancement des r\u00e9formes en 1992, les mutations structurelles sont constantes. L&#8217;entr\u00e9e en vigueur des accords bilat\u00e9raux dans le secteur agricole n&#8217;a pas ou peu influenc\u00e9 cette tendance sur le long terme.\u00a0Les craintes exprim\u00e9es pendant la phase pr\u00e9paratoire des votations sur les accords bilat\u00e9raux ne se sont pas v\u00e9rifi\u00e9es. Au contraire, l&#8217;agriculture helv\u00e9tique a su faire preuve de l&#8217;esprit entrepreneurial n\u00e9cessaire pour relever le d\u00e9fi de l&#8217;ouverture.&#13;<\/p>\n<h2>Perspectives d&#8217;avenir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9, le bilan de l&#8217;ouverture du march\u00e9 agricole suisse par le biais des Accords bilat\u00e9raux I et II est positif, aussi bien pour l&#8217;\u00e9conomie nationale que pour les consommateurs et les producteurs.\u00a0Pour l&#8217;avenir, il faut partir du principe que le nouvel accord de l&#8217;OMC r\u00e9duira substantiellement la protection douani\u00e8re; il en sera de m\u00eame pour de nouveaux accords bilat\u00e9raux de libre-\u00e9change et les subventions \u00e0 l&#8217;exportation encore accord\u00e9es devront \u00eatre abandonn\u00e9es. Dans cette perspective, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a approuv\u00e9 le 14 mars 2008 un mandat de n\u00e9gociation pour un Accord de libre-\u00e9change entre la Suisse et l&#8217;UE dans le secteur agroalimentaire (Alea) qui vise \u00e0 lib\u00e9raliser compl\u00e8tement le commerce des produits agricoles et alimentaires. Ce texte d\u00e9mant\u00e8lerait les entraves tarifaires et non tarifaires au commerce en int\u00e9grant tous les maillons de la cha\u00eene de production alimentaire. Gr\u00e2ce au traitement douanier pr\u00e9f\u00e9rentiel et notamment \u00e0 l&#8217;abandon d&#8217;un grand nombre d&#8217;obstacles administratifs et techniques, les exportateurs suisses auraient la possibilit\u00e9 de gagner des parts de march\u00e9 dans l&#8217;UE. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral est d&#8217;avis que l&#8217;Alea aurait des effets positifs sur l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9conomie nationale Croissance du produit int\u00e9rieur brut de l&#8217;ordre d&#8217;un demi-point de pourcentage au moins et abaissement substantiel des prix des produits alimentaires.. Il est cependant conscient du fait que cette ouverture repr\u00e9sente, dans un premier temps, un d\u00e9fi de taille pour l&#8217;agriculture suisse. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a d\u00e8s lors constitu\u00e9 un groupe de travail charg\u00e9 d&#8217;\u00e9laborer des mesures d&#8217;accompagnement, cens\u00e9es permettre \u00e0 la Suisse de s&#8217;adapter \u00e0 la nouvelle donne du march\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abFlux commerciaux de produits agricoles entre la Suisse et l&#8217;UE, 2000-2007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abLe commerce de fromage entre la Suisse et l&#8217;UE27, 2000-2007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abIndice suisse des prix \u00e0 la consommation, 2001-2007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Br\u00e8ve description des accords bilat\u00e9raux agricoles L&#8217;ouverture des march\u00e9s agricoles a eu lieu dans le cadre de l&#8217;Accord sur le commerce de produits agricoles d&#8217;une part, et de l&#8217;Accord sur les produits agricoles transform\u00e9s (produits de l&#8217;industrie alimentaire) d&#8217;autre part.Le premier accord fait partie des Bilat\u00e9rales I. Il facilite le commerce des produits agricoles et instaure une lib\u00e9ralisation partielle dans des segments de produits qui rev\u00eatent une importance particuli\u00e8re pour la Suisse et l&#8217;UE. En premier lieu, il supprime des contingents d&#8217;importation et des droits de douane, notamment pour le fromage, qui b\u00e9n\u00e9ficie du libre-\u00e9change depuis le 1er juin 2007. Par ailleurs, il \u00e9limine les entraves techniques au commerce par la reconnaissance mutuelle de l&#8217;\u00e9quivalence des prescriptions techniques. Dans le domaine de la m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire, les prescriptions concernant tous les produits d&#8217;origine animale sont reconnues comme \u00e9quivalentes; aussi les oeufs ou le miel peuvent-ils \u00eatre import\u00e9s ou export\u00e9s sans attestation de conformit\u00e9. L&#8217;Accord sur les produits agricoles transform\u00e9s, sign\u00e9 dans le cadre des Bilat\u00e9rales II, r\u00e9vise le protocole n\u00b0 2 de l&#8217;Accord de libre-\u00e9change de 1972 entre la Suisse et la CEE. Son objet est de r\u00e9glementer le traitement tarifaire des produits agricoles transform\u00e9s par l&#8217;industrie agroalimentaire. Il vise en particulier \u00e0 simplifier le m\u00e9canisme de compensation servant \u00e0 \u00e9galiser les diff\u00e9rences de prix impos\u00e9es par la politique agricole des mati\u00e8res premi\u00e8res entre la Suisse et l&#8217;UE (\u00abhandicap des mati\u00e8res premi\u00e8res\u00bb). L&#8217;accord contient, en outre, une liste \u00e9largie des produits pouvant \u00eatre import\u00e9s en franchise de droits de douane.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Estavayer Lait SA (Elsa) et Mifroma SA Estavayer Lait SA (Elsa) est une entreprise de transformation du lait de Migros. Elle convertit environ 250 millions de kilos de lait par an en yogourts, boissons lact\u00e9es et autres produits finis. Sa soci\u00e9t\u00e9 soeur, Mifroma SA, est responsable des achats, de l&#8217;affinage, du conditionnement et de la vente du fromage. Ces deux soci\u00e9t\u00e9s, dont le si\u00e8ge est dans le canton de Fribourg, d\u00e9gagent un chiffre d&#8217;affaires d&#8217;environ 930 millions de francs et occupent 830 collaborateurs. Interrog\u00e9 sur les retomb\u00e9es concr\u00e8tes du libre-\u00e9change du fromage, Gilles Oberson, directeur commercial des deux entreprises, explique que le march\u00e9 a \u00e9norm\u00e9ment gagn\u00e9 en dynamisme depuis l&#8217;entr\u00e9e en vigueur de l&#8217;accord agricole. Gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;introduction du libre-\u00e9change dans le commerce du fromage et au travail de leurs collaborateurs, ces entreprises ont renforc\u00e9 leurs exportations vers l&#8217;UE.Pour M. Oberson, l&#8217;accord comporte un avantage essentiel qui r\u00e9side dans le rapprochement des prix des produits de leur valeur sur le march\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 la suppression ou \u00e0 la diminution des subventions, des licences, des droits de douane et des charges administratives et techniques. La simplification des formalit\u00e9s administratives ainsi r\u00e9alis\u00e9e est substantielle, affirme-t-il. L&#8217;Accord sur les produits agricoles transform\u00e9s a \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le d\u00e9veloppement d&#8217;Elsa. Sans lui, M. Oberson pense qu&#8217;il n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 possible de d\u00e9velopper de pareille mani\u00e8re les exportations des produits frais tels que les yogourts et les desserts commercialis\u00e9s aussi bien sous la d\u00e9nomination \u00abSwiss Delice\u00bb que sous d&#8217;autres marques de clients. Pour les ann\u00e9es \u00e0 venir, Elsa s&#8217;attend \u00e0 une hausse significative des exportations dans ces domaines.Gilles Oberson est d&#8217;avis que la pression des importations continuera \u00e0 cro\u00eetre ces prochaines ann\u00e9es. Il se f\u00e9licite, n\u00e9anmoins, de la lib\u00e9ralisation du commerce du fromage. L&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9conomie laiti\u00e8re \u00e9tait incroyablement scl\u00e9ros\u00e9e, tant sur le plan structurel qu&#8217;administratif. Sans les accords bilat\u00e9raux, cette branche serait moins comp\u00e9titive qu&#8217;elle ne l&#8217;est aujourd&#8217;hui. Gilles Oberson voit encore des possibilit\u00e9s d&#8217;optimisation et demande que les entraves non tarifaires au commerce encore existantes soient enti\u00e8rement supprim\u00e9es. C&#8217;est la raison pour laquelle il salue la d\u00e9cision du Conseil f\u00e9d\u00e9ral d&#8217;entamer des n\u00e9gociations avec l&#8217;UE en vue d&#8217;un Accord de libre-\u00e9change dans le secteur agroalimentaire (Alea). Il s&#8217;agit de poursuivre la lib\u00e9ralisation et de la mettre en oeuvre des deux c\u00f4t\u00e9s. C&#8217;est la seule mani\u00e8re de faire profiter les entreprises suisses du march\u00e9 europ\u00e9en.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13; \u00a0Les diff\u00e9rentes r\u00e9formes de la politique agricole &#13; Les accords bilat\u00e9raux avec l&#8217;UE rejoignent les objectifs de la r\u00e9forme de la politique agricole entam\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es nonante. Lanc\u00e9e en 1992 au plan int\u00e9rieur, celle-ci devait fondamentalement r\u00e9orienter la politique agricole suisse. 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Les consommateurs b\u00e9n\u00e9ficient de la lib\u00e9ralisation du commerce du fromage, avec notamment la multiplication des vari\u00e9t\u00e9s disponibles et la baisse des prix. L'\u00e9conomie fromag\u00e8re suisse et l'industrie des denr\u00e9es alimentaires ont saisi la chance que leur offrait l'ouverture des march\u00e9s, en augmentant consid\u00e9rablement leurs exportations et en renfor\u00e7ant leur capacit\u00e9 d'innovation.","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":153263,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"8928","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55b0a8c92d398"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153260"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2855"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=153260"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153260\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189831,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153260\/revisions\/189831"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3222"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2855"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=153260"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=153260"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=153260"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=153260"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=153260"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=153260"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}