{"id":153285,"date":"2008-11-01T12:00:00","date_gmt":"2008-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/11\/makausz-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:08:56","modified_gmt":"2023-08-23T23:08:56","slug":"makausz-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/11\/makausz-2\/","title":{"rendered":"La quatri\u00e8me r\u00e9vision de la LACI: un ensemble de mesures \u00e9quilibr\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200811_21_Makausz_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"249\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa loi sur l&#8217;assurance-ch\u00f4mage obligatoire et l&#8217;indemnit\u00e9 en cas d&#8217;insolvabilit\u00e9 (LACI) a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment remani\u00e9e en 1995, apr\u00e8s la forte recrudescence du ch\u00f4mage au d\u00e9but des ann\u00e9es nonante. La cr\u00e9ation des offices r\u00e9gionaux de placement (ORP) a professionnalis\u00e9 le service public de l&#8217;emploi et ax\u00e9 fortement l&#8217;AC sur la r\u00e9insertion. Le cadre l\u00e9gal d&#8217;un large \u00e9ventail de mesures de r\u00e9insertion a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9. La professionnalisation du service de l&#8217;emploi et les instruments de r\u00e9insertion de plus en plus performants ont permis aux ORP de r\u00e9agir toujours plus rapidement et en fonction des besoins aux ralentissements conjoncturels. Aussi, face \u00e0 la forte augmentation du ch\u00f4mage des jeunes observ\u00e9e dans les ann\u00e9es nonante, il a \u00e9t\u00e9 possible de r\u00e9agir promptement en proposant des semestres de motivation. Par ailleurs, la collaboration interinstitutionnelle lanc\u00e9e par l&#8217;AC a renforc\u00e9 la coop\u00e9ration entre les diverses assurances sociales et l&#8217;aide sociale, ce qui permet d&#8217;\u00e9viter des doublets et d&#8217;optimiser les passages et les points de contact entre ces institutions.&#13;<\/p>\n<h2>La bonne conjoncture n&#8217;a pas diminu\u00e9 la dette<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mont\u00e9e du ch\u00f4mage s&#8217;est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e dans les ann\u00e9es nonante. L&#8217;AC s&#8217;est alors fortement endett\u00e9e. La r\u00e9vision du 22 mars 2002 (entr\u00e9e en vigueur au milieu de l&#8217;ann\u00e9e 2003) a instaur\u00e9 un nouveau syst\u00e8me de financement visant \u00e0 emp\u00eacher un endettement \u00e0 long terme. En tablant sur une moyenne de 100000 ch\u00f4meurs, cette r\u00e9vision devait permettre \u00e0 l&#8217;assurance d&#8217;\u00e9quilibrer ses recettes (\u00e0 travers les cotisations) et ses d\u00e9penses (sous forme de prestations) sur l&#8217;ensemble d&#8217;un cycle conjoncturel. Or, de 2003 \u00e0 2006, le nombre de ch\u00f4meurs a largement d\u00e9pass\u00e9 les 100\u00a0000. Une \u00e9tude men\u00e9e par Georges Sheldon G. Sheldon, H\u00f6he der konjunkturneutralen Arbeitslosigkeit in der Schweiz, \u00e9tude mandat\u00e9e par le Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie, B\u00e2le, mars 2006. en 2006 a montr\u00e9 qu&#8217;il fallait s&#8217;attendre \u00e0 long terme \u00e0 un taux de ch\u00f4mage moyen de 3,2%. En prenant en consid\u00e9ration la p\u00e9riode allant de 2000 \u00e0 2005, ce pourcentage correspond \u00e0 125000 ch\u00f4meurs Le taux de ch\u00f4mage officiel se base sur la population active recens\u00e9e en 2000. Compte tenu de l&#8217;augmentation constante de la population active, un taux de ch\u00f4mage de 3,2% correspondra d\u00e8s 2010 \u00e0 130000 ch\u00f4meurs.. L&#8217;augmentation du nombre moyen de ch\u00f4meurs de 100000 \u00e0 125000 se traduit pour l&#8217;AC par des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires de l&#8217;ordre de 20% par rapport au mod\u00e8le de r\u00e9f\u00e9rence actuel Le mod\u00e8le de r\u00e9f\u00e9rence se base sur les donn\u00e9es de l&#8217;ann\u00e9e 2006, fond\u00e9es sur une moyenne de 100000 ch\u00f4meurs., soit pr\u00e8s de 900 millions de francs par ann\u00e9e. La moyenne de r\u00e9f\u00e9rence \u00e9tait trop basse; l&#8217;AC n&#8217;a donc pas pu rembourser ses dettes ces derni\u00e8res ann\u00e9es malgr\u00e9 la bonne conjoncture et le recul du ch\u00f4mage.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;endettement menace d&#8217;atteindre un seuil limite<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;AC est en d\u00e9s\u00e9quilibre financier et sa dette risque encore d&#8217;augmenter. Si cette derni\u00e8re atteint 2,5% de l&#8217;ensemble des salaires soumis \u00e0 cotisation, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral doit pr\u00e9senter une r\u00e9vision de la loi, dans le d\u00e9lai d&#8217;un an, et prendre des mesures imm\u00e9diates: d&#8217;abord en augmentant jusqu&#8217;\u00e0 0,5 point de pourcentage le taux de cotisation, ensuite en fixant une cotisation dite de solidarit\u00e9 de 1% au plus per\u00e7ue sur la tranche de salaire situ\u00e9e entre 126000 et 315000 francs. Si le Conseil f\u00e9d\u00e9ral ne r\u00e9vise pas la loi maintenant, l&#8217;assurance franchira la limite d&#8217;endettement de 2,5% d\u00e8s 2012. Les cotisations devront alors \u00eatre relev\u00e9es, pour les employeurs comme pour les travailleurs, dans un contexte \u00e9conomique bien plus d\u00e9licat.&#13;<\/p>\n<h2>Les principaux objectifs de la r\u00e9vision<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe 22 novembre 2006, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, s&#8217;appuyant sur ces pr\u00e9visions, a charg\u00e9 le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;\u00e9conomie (DFE) d&#8217;\u00e9laborer un train de mesures \u00e9quilibrant les recettes et les d\u00e9penses de l&#8217;AC afin d&#8217;assurer son financement \u00e0 long terme. Le message du 3 septembre 2008 pr\u00e9voit des mesures visant \u00e0 \u00e9quilibrer les comptes en augmentant les recettes et en diminuant les co\u00fbts; la dette doit, par ailleurs, \u00eatre r\u00e9duite.&#13;<\/p>\n<h3>\u00c9quilibrer les comptes en augmentant les recettes<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nSi l&#8217;on se fonde sur le nouvel effectif moyen de 125000 ch\u00f4meurs, le taux de cotisation normal, qui est de 2,0% actuellement, doit \u00eatre relev\u00e9 \u00e0 2,2%. La participation de la Conf\u00e9d\u00e9ration et celle des cantons doivent, elles aussi, \u00eatre adapt\u00e9es \u00e0 la nouvelle valeur de r\u00e9f\u00e9rence. Ces mesures permettraient \u00e0 l&#8217;assurance de r\u00e9aliser des recettes suppl\u00e9mentaires de 486\u00a0millions de francs par an.&#13;<\/p>\n<h3>\u00c9quilibrer les comptes en r\u00e9duisant les co\u00fbts<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes co\u00fbts doivent diminuer de 533 millions de francs par an. Cela passera surtout par un renforcement du principe d&#8217;assurance, soit par l&#8217;\u00e9limination des incitations ind\u00e9sirables et une meilleure efficacit\u00e9 des mesures de r\u00e9insertion. Le projet de r\u00e9vision pr\u00e9voit notamment de prendre les mesures ci-apr\u00e8s.\u00a0Il s&#8217;agit d&#8217;abord de ne plus assurer les revenus tir\u00e9s des mesures relatives au march\u00e9 du travail (MMT), financ\u00e9es par les pouvoirs publics. La participation \u00e0 une mesure financ\u00e9e par l&#8217;aide sociale ne doit plus entra\u00eener un droit aux prestations de l&#8217;AC. On encouragera ainsi la r\u00e9insertion rapide des demandeurs d&#8217;emploi dans la vie active par des incitations cibl\u00e9es et on \u00e9liminera les incitations inad\u00e9quates qui entra\u00eenent aujourd&#8217;hui les ch\u00f4meurs dans un cercle vicieux.\u00a0Il faut lier davantage la dur\u00e9e d&#8217;indemnisation \u00e0 la p\u00e9riode de cotisation, selon le principe d&#8217;assurance. Douze mois de cotisation ne donneront ainsi droit qu&#8217;\u00e0 260 indemnit\u00e9s journali\u00e8res au plus (400 aujourd&#8217;hui). Les assur\u00e9s ayant cotis\u00e9 pendant au moins 18 mois continueront de toucher 400 indemnit\u00e9s journali\u00e8res; les assur\u00e9s de plus de 55 ans en toucheront 520 pour une p\u00e9riode de cotisation de 22 mois (18 aujourd&#8217;hui).\u00a0Apr\u00e8s un gain interm\u00e9diaire, le revenu assur\u00e9 devra \u00eatre calcul\u00e9 sans tenir compte des indemnit\u00e9s compensatoires vers\u00e9es par l&#8217;AC. Cette mesure r\u00e9duit le revenu assur\u00e9 dans des proportions plus importantes qu&#8217;aujourd&#8217;hui lorsque des d\u00e9lais-cadres se suivent. Elle incitera l&#8217;assur\u00e9 \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer ses recherches d&#8217;un emploi fixe. Elle n&#8217;enl\u00e8ve rien \u00e0 l&#8217;attrait du gain interm\u00e9diaire (revenu sup\u00e9rieur, acquisition de nouvelles p\u00e9riodes de cotisation, prolongation du droit \u00e0 l&#8217;indemnit\u00e9 journali\u00e8re).\u00a0La dur\u00e9e d&#8217;indemnisation des assur\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s des conditions relatives \u00e0 la p\u00e9riode de cotisation devra \u00eatre ramen\u00e9e \u00e0 90 indemnit\u00e9s journali\u00e8res (260 aujourd&#8217;hui). Les personnes qui n&#8217;ont pas ou peu pay\u00e9 de cotisations ne doivent pas b\u00e9n\u00e9ficier de la m\u00eame dur\u00e9e de prestations que celles qui ont cotis\u00e9 pendant douze mois ou plus. D\u00e9sormais, tous les jeunes qui terminent leur scolarit\u00e9 ou leurs \u00e9tudes devront observer un d\u00e9lai d&#8217;attente de 120 jours. Celui-ci s&#8217;applique d\u00e9j\u00e0 aux personnes qui n&#8217;ont pas achev\u00e9 leur formation et aux assur\u00e9s qui sortent de la scolarit\u00e9 obligatoire. Ceux qui ont termin\u00e9 leur apprentissage ne sont pas touch\u00e9s puisqu&#8217;ils ont cotis\u00e9 \u00e0 l&#8217;AC. Ces mesures frappent principalement les adolescents et les jeunes adultes qui viennent d&#8217;achever leur scolarit\u00e9 ou leurs \u00e9tudes. La mise en place de certaines MMT, comme le semestre de motivation, devrait permettre d&#8217;en att\u00e9nuer la rigueur.\u00a0Pour des raisons d&#8217;efficacit\u00e9, le canton qui assigne une personne non assur\u00e9e \u00e0 un programme organis\u00e9 par l&#8217;AC devra en assumer les frais \u00e0 hauteur de 50% (20% actuellement). Ces mesures pourront ainsi \u00eatre mieux cibl\u00e9es et adapt\u00e9es au ch\u00f4meur concern\u00e9. Les personnes qui n&#8217;ont pas droit aux indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage et qui recherchent un emploi pourront toujours b\u00e9n\u00e9ficier des prestations offertes par les ORP.\u00a0Il convient de r\u00e9duire le plafond annuel du financement des MMT. Le montant maximum (plafond) dont disposent les cantons pour financer les MMT sera calcul\u00e9 selon un mod\u00e8le d\u00e9gressif pr\u00e9voyant des montants maximaux \u00e9chelonn\u00e9s en fonction du taux de demandeurs d&#8217;emploi. Les petits cantons ont ainsi la possibilit\u00e9 de maintenir une offre minimale de MMT en cas de faible ch\u00f4mage. Les dispositions sp\u00e9cifiques sont d\u00e9sormais rembours\u00e9es hors plafond et ne sont d\u00e8s lors plus limit\u00e9es. Cette mesure vise \u00e0 promouvoir les allocations d&#8217;initiation au travail, qui aident en particulier les ch\u00f4meurs \u00e2g\u00e9s \u00e0 retrouver un emploi. Le nouveau mod\u00e8le sera appliqu\u00e9 par le biais d&#8217;une modification de l&#8217;ordonnance d\u00e9partementale d\u00e8s le 1er janvier 2009.\u00a0Il faut, enfin, supprimer la possibilit\u00e9 de prolonger le nombre maximum d&#8217;indemnit\u00e9s journali\u00e8res dans les r\u00e9gions fortement touch\u00e9es par le ch\u00f4mage. Un canton peut actuellement demander au Conseil f\u00e9d\u00e9ral d&#8217;augmenter temporairement ce nombre de 120 indemnit\u00e9s, en \u00e9change d&#8217;une participation aux co\u00fbts. Les exp\u00e9riences pass\u00e9es ont montr\u00e9 que de telles prolongations n&#8217;ont gu\u00e8re augment\u00e9 les chances de r\u00e9insertion des demandeurs d&#8217;emploi: les arriv\u00e9es en fin de droits ont \u00e9t\u00e9 retard\u00e9es, mais rarement \u00e9vit\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h3>R\u00e9duire la dette<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes \u00e9conomies propos\u00e9es et le rel\u00e8vement du taux de cotisation permettraient d&#8217;atteindre l&#8217;\u00e9quilibre des comptes avec un taux de ch\u00f4mage moyen de 3,2%. Ces seules mesures ne suffiront, toutefois, pas \u00e0 amortir les dettes de l&#8217;AC.\u00a0C&#8217;est la raison pour laquelle le projet de r\u00e9vision pr\u00e9voit de rehausser temporairement le taux de cotisation de 2,2 \u00e0 2,3% et d&#8217;introduire une cotisation de solidarit\u00e9 de 1% portant sur la tranche de salaire comprise entre le montant maximum du gain assur\u00e9 et deux fois et demie ce montant (actuellement 126\u00a0000 et 315000 francs). Le solde des dettes, qui devrait s&#8217;\u00e9lever \u00e0 5 milliards de francs lorsque la r\u00e9vision partielle entrera en vigueur, pourra \u00eatre amorti en dix ans.\u00a0L&#8217;augmentation de 0,1 point de pourcentage et la cotisation de solidarit\u00e9 de 1% doivent \u00eatre maintenues jusqu&#8217;\u00e0 ce que le fonds de compensation se soit constitu\u00e9 une r\u00e9serve de 1 milliard de francs.&#13;<\/p>\n<h2>D&#8217;autres solutions possibles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nD&#8217;autres solutions ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9es avant d&#8217;\u00eatre rejet\u00e9es parce qu&#8217;elles \u00e9taient moins appropri\u00e9es au but recherch\u00e9. S&#8217;en tenir \u00e0 une simple hausse des cotisations aurait surcharg\u00e9 les employeurs et les employ\u00e9s, en plus de l&#8217;augmentation de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e pour le financement de l&#8217;assurance-invalidit\u00e9. Une solution qui ne pr\u00e9voirait pas d&#8217;augmentation des cotisations serait difficilement explicable du point de vue de la politique sociale. Les prestations devraient \u00eatre r\u00e9duites deux fois plus que ce qui a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9, ce qui ne serait pas possible sans couper dans les prestations de base et ne se justifierait d\u00e8s lors pas. Des coupes trop importantes dans l&#8217;AC auraient des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur les co\u00fbts des autres institutions sociales. La solution propos\u00e9e, qui inclut une augmentation mod\u00e9r\u00e9e des cotisations et des \u00e9conomies, l&#8217;emporte sur ces deux autres variantes.\u00a0Renoncer \u00e0 la r\u00e9vision aurait de graves cons\u00e9quences \u00e9conomique. L&#8217;AC assume un r\u00f4le de stabilisateur automatique tout au long d&#8217;un cycle conjoncturel. Dans les phases de haute conjoncture, le montant des recettes exc\u00e8de celui des d\u00e9penses, tandis que des ressources sont soustraites \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie, ce qui entra\u00eene un tassement de la demande. En revanche, lorsque la conjoncture est faible, les prestations de l&#8217;AC soutiennent les revenus, ce qui a pour effet de stabiliser les d\u00e9penses de consommation. Le r\u00e9sultat net maximum est d&#8217;environ 2\u00a0milliards de francs par ann\u00e9e, ce qui correspond \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 un demi-point de pourcentage du PIB. La r\u00e9forme propos\u00e9e permet d&#8217;\u00e9quilibrer les recettes et les d\u00e9penses de l&#8217;AC. Elle rehausse, par cons\u00e9quent, le degr\u00e9 de sym\u00e9trie et d&#8217;efficacit\u00e9 de cet instrument de stabilisation automatique. Nous pouvons donc esp\u00e9rer des r\u00e9percussions positives sur l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique, d&#8217;autant que l&#8217;AC est \u00e0 m\u00eame de r\u00e9agir plus rapidement et de mani\u00e8re plus \u00e9quilibr\u00e9e que n&#8217;importe quel autre programme conjoncturel fond\u00e9 sur la primaut\u00e9 des d\u00e9penses.&#13;<\/p>\n<h2>Cons\u00e9quences de la r\u00e9vision<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa r\u00e9vision propos\u00e9e entra\u00eenera une charge suppl\u00e9mentaire de 0,3 point de pourcentage pour les employeurs et les travailleurs (0,15 point chacun) sur le montant du salaire n&#8217;exc\u00e9dant pas 126000 francs. Une cotisation de solidarit\u00e9 de 1% sera par ailleurs per\u00e7ue sur la tranche de salaire situ\u00e9e entre 126000 et 315000 francs (\u00e0 supporter par l&#8217;employeur et le travailleur \u00e0 raison de 0,5% chacun). Si l&#8217;on tient compte du fait que la derni\u00e8re r\u00e9vision avait ramen\u00e9 le taux de cotisation de 3 \u00e0 2%, le rel\u00e8vement propos\u00e9 aujourd&#8217;hui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme extr\u00eamement mod\u00e9r\u00e9.\u00a0La question des prestations est beaucoup plus complexe. Nous pouvons toutefois retenir les points d\u00e9velopp\u00e9s ci-apr\u00e8s.\u00a0Le renforcement cibl\u00e9 du principe d&#8217;assurance instaure un rapport plus \u00e9quilibr\u00e9 entre le paiement des cotisations et les prestations servies. Les assur\u00e9s ont droit \u00e0 des prestations pendant 12 mois s&#8217;ils ont cotis\u00e9 12 mois, \u00e0 18 mois s&#8217;ils ont cotis\u00e9 18 mois et \u00e0 24 mois s&#8217;ils ont cotis\u00e9 22 mois. Les demandeurs d&#8217;emploi qui justifient d&#8217;une p\u00e9riode de cotisation inf\u00e9rieure \u00e0 18 mois et les personnes assur\u00e9es qui sont lib\u00e9r\u00e9es des conditions relatives \u00e0 la p\u00e9riode de cotisation ont droit \u00e0 moins de prestations qu&#8217;aujourd&#8217;hui.\u00a0La suppression des incitations ind\u00e9sirables vise avant tout les personnes qui risquent de s&#8217;enliser dans une situation de ch\u00f4mage et de ne plus pouvoir se r\u00e9ins\u00e9rer sur le march\u00e9 du travail. Ce sont, au premier chef, les ch\u00f4meurs de longue dur\u00e9e potentiels et ceux d&#8217;un certain \u00e2ge qui sont concern\u00e9s. Il faut qu&#8217;ils acceptent plus rapidement un emploi et que les ORP mettent moins de temps \u00e0 les placer. Il appartient tant aux ORP qu&#8217;aux demandeurs d&#8217;emploi de tout entreprendre dans les douze premiers mois de ch\u00f4mage pour r\u00e9int\u00e9grer le march\u00e9 du travail. La r\u00e9vision pr\u00e9voit \u00e9galement d&#8217;autres mesures appropri\u00e9es pour les travailleurs \u00e2g\u00e9s.\u00a0Les diff\u00e9rentes mesures d&#8217;\u00e9conomie touchent divers groupe d\u00e9mographiques. Toutefois, l&#8217;ensemble de la r\u00e9vision ne devrait avoir que des effets mod\u00e9r\u00e9s pour chacun d&#8217;eux.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00ab\u00c9volution financi\u00e8re de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage sans r\u00e9vision\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00ab\u00c9volution financi\u00e8re de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage avec la r\u00e9vision, \u00e0 partir du 1er janvier 2011\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abEnsemble des mesures contenues dans la 4e r\u00e9vision de la LACI\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; &#13; La loi sur l&#8217;assurance-ch\u00f4mage obligatoire et l&#8217;indemnit\u00e9 en cas d&#8217;insolvabilit\u00e9 (LACI) a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment remani\u00e9e en 1995, apr\u00e8s la forte recrudescence du ch\u00f4mage au d\u00e9but des ann\u00e9es nonante. La cr\u00e9ation des offices r\u00e9gionaux de placement (ORP) a professionnalis\u00e9 le service public de l&#8217;emploi et ax\u00e9 fortement l&#8217;AC sur la r\u00e9insertion. 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