{"id":153340,"date":"2008-10-01T12:00:00","date_gmt":"2008-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/10\/camenzind-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:09:07","modified_gmt":"2023-08-23T23:09:07","slug":"camenzind-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/10\/camenzind-2\/","title":{"rendered":"Essai d&#8217;explication des disparit\u00e9s r\u00e9gionales des co\u00fbts de la sant\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200810_19_Camenzind_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"261\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Le co\u00fbt de la sant\u00e9 en Suisse en comparaison internationale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nD&#8217;apr\u00e8s l&#8217;Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE), la Suisse consacrait, en 2005, 11,4% de son produit int\u00e9rieur brut (PIB) \u00e0 la sant\u00e9, ce qui la pla\u00e7ait tr\u00e8s haut au plan mondial (voir graphique 1). Elle n&#8217;est devanc\u00e9e que par les \u00c9tats-Unis, qui, la m\u00eame ann\u00e9e, n&#8217;avaient pas affect\u00e9 moins de 15,4% de leur PIB pour le m\u00eame objet. Elle est, en revanche, suivie de pr\u00e8s par ses voisins imm\u00e9diats: les co\u00fbts de la sant\u00e9 consti-tuaient 11,1% du PIB en France, 10,7% en Allemagne et 10,2% en Autriche, un peu moins (8,9%) en Italie.\u00a011,4% du PIB suisse repr\u00e9sentait 53 milliards de francs en 2005, ventil\u00e9s en biens et services de sant\u00e9. Cela fait environ 7100 francs par habitant pour une seule ann\u00e9e. Le tableau 1 montre \u00e0 quels domaines de prestations sont consacr\u00e9es les d\u00e9penses les plus importantes; il indique \u00e9galement quels sont les agents-payeurs qui en assurent le financement.&#13;<\/p>\n<h2>De larges diff\u00e9rences intercantonales<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe syst\u00e8me suisse de sant\u00e9 a une structure fortement f\u00e9d\u00e9raliste; les prestations de sant\u00e9 rel\u00e8vent essentiellement de la comp\u00e9tence des cantons. Ce syst\u00e8me fait qu&#8217;il existe en Suisse d&#8217;importantes diff\u00e9rences de co\u00fbts entre les cantons. Nous ne disposons, toutefois, pas encore &#8211; en raison de difficult\u00e9s li\u00e9es aux donn\u00e9es et \u00e0 la m\u00e9thodologie &#8211; de chiffres fiables sur la r\u00e9partition par canton des co\u00fbts de la sant\u00e9. L&#8217;\u00e9tude la plus pouss\u00e9e, \u00e0 cet \u00e9gard, est celle de Crivelli et al. (2008), qui se fonde sur la notion de co\u00fbts socialis\u00e9s de la sant\u00e9 (voir graphique 2) La \u00abspesa sanitaria socializzata\u00bb (voir Crivelli et al., 2008, p. 9ss) comprend les subventions aux fournisseurs de prestations, les r\u00e9ductions de primes accord\u00e9es aux assur\u00e9s, les primes nettes et les participations aux co\u00fbts de l&#8217;AOS. Manquent les prestations que les m\u00e9nages paient de leur poche et les primes nettes (y compris la participation aux co\u00fbts) de l&#8217;assurance-maladie compl\u00e9mentaire (LCA). . \u00a0Les d\u00e9penses socialis\u00e9es de sant\u00e9 \u00e9taient presque deux fois et demie plus \u00e9lev\u00e9es dans le canton de Gen\u00e8ve (pr\u00e8s de 6400 francs) que dans le canton d&#8217;Appenzell Rhodes-Int\u00e9rieures (\u00e0 peine 2600 francs). D&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on observe dans le syst\u00e8me suisse de sant\u00e9 une disparit\u00e9 entre l&#8217;est et l&#8217;ouest du pays: outre Gen\u00e8ve, les \u00abd\u00e9penses socialis\u00e9es\u00bb \u00e9taient en 2005 sup\u00e9rieures \u00e0 la moyenne &#8211; plus de 4000 francs par personne et par an &#8211; dans les cantons de B\u00e2le-Ville, de Neuch\u00e2tel, de Vaud, du Tessin, du Jura et de Berne; les co\u00fbts les plus bas &#8211; moins de 3000 francs &#8211; \u00e9taient enregistr\u00e9s dans les cantons d&#8217;Appenzell Rhodes-Int\u00e9rieures, de Nidwald, d&#8217;Obwald et de Thurgovie.&#13;<\/p>\n<h2>M\u00e9thodologie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nNos recherches sur la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 essentiellement effectu\u00e9es \u00e0 travers la banque de donn\u00e9es Econlit American Economic Association&#8217;s electronic bibliography of economic literature., qui renseigne sur la p\u00e9riode allant de 1986 au milieu de 2007. D&#8217;autres banques de donn\u00e9es bibliographiques The Cochrane Database, Medline, HSTAT, RePEc ainsi que Google et Google Scholar. ont \u00e9t\u00e9 consult\u00e9es, de m\u00eame qu&#8217;Internet. Parmi les centaines d&#8217;articles et d&#8217;\u00e9tudes trouv\u00e9s, nous avons analys\u00e9 les cent travaux dont on pouvait attendre le degr\u00e9 d&#8217;explication le plus \u00e9lev\u00e9. Leurs r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques ont d\u00e9voil\u00e9 quelques \u00e9tudes qui n&#8217;avaient pas \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9es dans l&#8217;exploration \u00e9lectronique des banques de donn\u00e9es (ce que l&#8217;on appelle litt\u00e9rature \u00abgrise\u00bb). Le contenu de ces travaux a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9 sur la base des dix questions suivantes:\u00a0&#8211; quels sont les mod\u00e8les d&#8217;explication th\u00e9oriques qui existent \u00e0 ce jour (th\u00e9orie \u00e9conomique)?\u00a0&#8211; quelle est l&#8217;influence de la structure, de l&#8217;organisation et du financement du syst\u00e8me de sant\u00e9?\u00a0&#8211; quels points communs y a-t-il entre les diff\u00e9rents mod\u00e8les d&#8217;explication?\u00a0&#8211; est-il plus pertinent de consid\u00e9rer le niveau des co\u00fbts ou leur \u00e9volution?\u00a0&#8211; quels sont les agr\u00e9gats de co\u00fbts analys\u00e9s (mod\u00e8le des co\u00fbts totaux ou sous-mod\u00e8les)?\u00a0&#8211; quels facteurs d&#8217;explication communs trouve-t-on dans ces travaux?\u00a0&#8211; quels sont les intervalles de temps consid\u00e9r\u00e9s?\u00a0&#8211; quelles sont les donn\u00e9es disponibles en Suisse et dans d&#8217;autres pays?\u00a0&#8211; quel est le type de r\u00e9gionalisation utilis\u00e9 (niveau d&#8217;analyse g\u00e9ographique)?\u00a0&#8211; quels sont les mod\u00e8les statistiques et m\u00e9thodologiques (mod\u00e8les \u00e9conom\u00e9triques) utilis\u00e9s?&#13;<\/p>\n<h2>Mod\u00e8les d&#8217;explication th\u00e9oriques et \u00e9conomiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9sultats des diff\u00e9rentes approches exp\u00e9riment\u00e9es dans le monde pour d\u00e9crire th\u00e9oriquement l&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts de la sant\u00e9 sont finalement assez modestes. Les recherches sur les disparit\u00e9s des co\u00fbts de la sant\u00e9 restent, vingt ans apr\u00e8s le mot bien connu de Culyer (1988, p. 29), une \u00abexp\u00e9dition sans boussole\u00bb. Il n&#8217;est pas \u00e9tonnant d\u00e8s lors de trouver dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e un grand nombre de mod\u00e8les d&#8217;explication. Une synth\u00e8se de cette diversit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9e \u00e0 la situation suisse et r\u00e9sum\u00e9e dans le mod\u00e8le repr\u00e9sent\u00e9 dans le graphique 3.\u00a0Celui-ci distingue quatre domaines: la population (volet de la demande), le syst\u00e8me de sant\u00e9 (volet de l&#8217;offre), le mode de financement et les structures politiques. Chacun de ces domaines comporte un grand nombre de facteurs susceptibles d&#8217;exercer des effets sur les co\u00fbts r\u00e9gionaux de la sant\u00e9.\u00a0Les facteurs d&#8217;explication li\u00e9s \u00e0 la population sont de nature sociod\u00e9mographique, puisqu&#8217;on consid\u00e8re son effectif, ses mouvements (naissances, d\u00e9c\u00e8s, immigration, \u00e9migration) et sa structure (\u00e2ge, sexe, nationalit\u00e9). S&#8217;y ajoutent des facteurs socioculturels tels que l&#8217;appartenance \u00e0 un groupe linguistique ou aux diff\u00e9rentes cat\u00e9gories des m\u00e9nages. La population d&#8217;un pays vit, en outre, dans un environnement physique et g\u00e9ographique particulier (bruit, air, rayonnements, eau, urbanisation, topographie, etc.) et peut conna\u00eetre diff\u00e9rentes situations de vie, de travail, de revenu et de fortune. Ces facteurs &#8211; tout comme les comportements et l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 de la population &#8211; ont une influence sur le degr\u00e9 de sollicitation du syst\u00e8me de sant\u00e9 et sur ses co\u00fbts.\u00a0Un besoin de sant\u00e9 ne devient une sollicitation effective du syst\u00e8me de sant\u00e9 que si une prestation correspondante est propos\u00e9e sur le march\u00e9 et si une source de financement existe. Beaucoup d&#8217;\u00e9tudes postulent que la pr\u00e9sence dans une r\u00e9gion donn\u00e9e d&#8217;un grand nombre de fournisseurs de prestations (h\u00f4pitaux, \u00e9tablissements m\u00e9dico-sociaux, m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, sp\u00e9cialistes) g\u00e9n\u00e8re une demande (demande induite par l&#8217;offre). Les auteurs de ces \u00e9tudes analysent par cons\u00e9quent l&#8217;incidence que peuvent avoir sur les co\u00fbts des indicateurs tels que la densit\u00e9 r\u00e9gionale de praticiens ambulatoires ou de lits d&#8217;h\u00f4pitaux. La structure des soins (par exemple la part des soins \u00abintra-muros\u00bb, la proportion de sp\u00e9cialistes&#8230;) et un niveau \u00e9lev\u00e9 d&#8217;\u00e9quipement technique pourraient \u00e9galement avoir un effet sur les co\u00fbts r\u00e9gionaux de la sant\u00e9.\u00a0La probabilit\u00e9 que la demande d&#8217;un m\u00e9nage se traduise par une sollicitation effective du syst\u00e8me de sant\u00e9 d\u00e9pend:\u00a0&#8211; des moyens financiers que ce m\u00e9nage peut consacrer aux prestations de sant\u00e9;\u00a0&#8211; de ce qu&#8217;il doit payer de sa poche pour obtenir les prestations voulues;\u00a0&#8211; de l&#8217;existence pour ces prestations d&#8217;une couverture d&#8217;assurance sociale ou priv\u00e9e;\u00a0&#8211; du nombre de personnes dans la population qui disposent d&#8217;une protection d&#8217;assurance;\u00a0&#8211; du nombre de prestations subventionn\u00e9es par l&#8217;\u00c9tat;\u00a0&#8211; des incitations pr\u00e9vues par le syst\u00e8me pour r\u00e9guler l&#8217;offre (excessive) ou le recours (excessif) aux prestations.\u00a0Tous ces aspects peuvent \u00eatre saisis par des indicateurs et analys\u00e9s quant \u00e0 leurs effets sur les co\u00fbts de la sant\u00e9.\u00a0Les march\u00e9s de la sant\u00e9 sont plus ou moins administr\u00e9s par l&#8217;\u00c9tat. Des quantit\u00e9s (par exemple le nombre de lits d&#8217;h\u00f4pitaux) ou des volumes de co\u00fbts (par exemple enveloppes budg\u00e9taires) sont fix\u00e9s dans le cadre d&#8217;une planification publique. Ces interventions de l&#8217;\u00c9tat ont naturellement des effets sur les co\u00fbts de la sant\u00e9, mais leur ampleur et parfois m\u00eame leurs cons\u00e9quences sont tr\u00e8s discut\u00e9s dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e. En ce qui concerne le niveau de centralisation du syst\u00e8me de sant\u00e9, les sp\u00e9cialistes sont plut\u00f4t d&#8217;avis qu&#8217;un f\u00e9d\u00e9ralisme pouss\u00e9 va de pair avec un haut degr\u00e9 de satisfaction des patients, m\u00eame si celui-ci se double d&#8217;un co\u00fbt \u00e9lev\u00e9. Enfin, les instruments de la d\u00e9mocratie directe, tels que l&#8217;initiative et le r\u00e9f\u00e9rendum, sont \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9s comme des variables d\u00e9terminantes dans les mod\u00e8les.&#13;<\/p>\n<h2>Essai d&#8217;explication des disparit\u00e9s r\u00e9gionales des co\u00fbts de la sant\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nR\u00e9parties selon des crit\u00e8res g\u00e9ographiques, les \u00e9tudes empiriques sur les co\u00fbts de la sant\u00e9 se subdivisent en trois groupes: les disparit\u00e9s internationales, les disparit\u00e9s r\u00e9gionales \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger et les disparit\u00e9s r\u00e9gionales en Suisse.&#13;<\/p>\n<h3>Les diff\u00e9rences de co\u00fbts internationales<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans toutes les comparaisons internationales consid\u00e9r\u00e9es, le PIB est identifi\u00e9 comme le principal facteur de croissance des co\u00fbts. Son influence sur le niveau ou la croissance des co\u00fbts de la sant\u00e9 est toujours positive: il peut repr\u00e9senter jusqu&#8217;\u00e0 90% de la croissance. Beaucoup d&#8217;\u00e9tudes attribuent aussi la hausse des co\u00fbts \u00e0 une forte proportion de personnes \u00e2g\u00e9es (de plus de 65 ans) ainsi qu&#8217;\u00e0 une importante densit\u00e9 de m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes et de sp\u00e9cialistes exer\u00e7ant en cabinet. La pression \u00e0 la baisse exerc\u00e9e sur les co\u00fbts par le mode de r\u00e9mun\u00e9ration forfaitaire et l&#8217;existence du syst\u00e8me du m\u00e9decin r\u00e9f\u00e9rent a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 nettement mise en \u00e9vidence. Un niveau de formation \u00e9lev\u00e9 et le statut de personne active occup\u00e9e contribuent aussi \u00e0 freiner le recours aux services de sant\u00e9. En revanche, rares sont les \u00e9tudes comparatives internationales qui mettent en \u00e9vidence un lien significatif entre des facteurs \u00e9pid\u00e9miologiques tels que le mode de vie, la morbidit\u00e9 ou la mortalit\u00e9 et les co\u00fbts de la sant\u00e9. Cela s&#8217;explique en partie par le manque flagrant de donn\u00e9es disponibles dans ce domaine.&#13;<\/p>\n<h3>Les diff\u00e9rences r\u00e9gionales \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes recherches effectu\u00e9es sous l&#8217;angle \u00e9conomique et statistique dans les banques de donn\u00e9es de la litt\u00e9rature internationale sur la sant\u00e9 montrent que peu d&#8217;\u00e9tudes portent explicitement sur la question des disparit\u00e9s r\u00e9gionales en mati\u00e8re de co\u00fbts de la sant\u00e9 dans un pays. Cela est probablement d\u00fb au fait qu&#8217;il n&#8217;existe aucun pays occidental o\u00f9 le syst\u00e8me de sant\u00e9 soit aussi f\u00e9d\u00e9raliste qu&#8217;en Suisse. Un tel syst\u00e8me permet des disparit\u00e9s r\u00e9gionales marqu\u00e9es, susceptibles de susciter l&#8217;int\u00e9r\u00eat des milieux politiques et scientifiques.\u00a0C&#8217;est sur le Canada et l&#8217;Espagne qu&#8217;ont apparemment \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es le plus de recherches \u00e9conomiques et statistiques en mati\u00e8re de disparit\u00e9s r\u00e9gionales. Ces deux pays sont dot\u00e9s de syst\u00e8mes de sant\u00e9 \u00e0 tendance f\u00e9d\u00e9raliste et leurs particularit\u00e9s linguistiques et culturelles (avec la Catalogne et le Pays-Basque en Espagne, la province du Qu\u00e9bec au Canada), sont apparemment favorables \u00e0 de telles recherches sur la politique r\u00e9gionale. D&#8217;autres pays (France, \u00c9tats-Unis) ont fait l&#8217;objet de quelques travaux; des \u00e9tudes sporadiques ont, en outre, \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour la Grande-Bretagne, l&#8217;Italie, le Danemark et l&#8217;Allemagne.\u00a0En conclusion, il ressort de ces \u00e9tudes que les principaux facteurs associ\u00e9s aux co\u00fbts sont un revenu \u00e9lev\u00e9, une proportion importante de personnes \u00e2g\u00e9es, une forte population f\u00e9minine, une part importante de personnes non actives, un faible niveau de formation, un mauvais \u00e9tat de sant\u00e9, une forte densit\u00e9 de m\u00e9decins et une forte densit\u00e9 d&#8217;h\u00f4pitaux ou de lits d&#8217;h\u00f4pitaux ainsi que des progr\u00e8s techniques marqu\u00e9s. Une couverture g\u00e9n\u00e9rale d&#8217;assurance et des subventions du gouvernement central relativement \u00e9lev\u00e9es aux r\u00e9gions autonomes sont aussi des facteurs de hausse des co\u00fbts.&#13;<\/p>\n<h3>Les diff\u00e9rences r\u00e9gionales en Suisse<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 la situation relative aux donn\u00e9es, la plupart des \u00e9tudes sur les disparit\u00e9s cantonales quant au niveau ou \u00e0 l&#8217;\u00e9volution des co\u00fbts de la sant\u00e9 en Suisse se fondent uniquement sur les informations dont dispose l&#8217;assurance obligatoire des soins (AOS); au mieux, elles tiennent compte \u00e9galement des d\u00e9penses de l&#8217;\u00c9tat pour le domaine de la sant\u00e9. \u00c9tant donn\u00e9 que le financement des co\u00fbts de la sant\u00e9 est assur\u00e9 pour pr\u00e8s de 20% par l&#8217;\u00c9tat et pour un peu plus de 30% par l&#8217;AOS, ces \u00e9tudes ne couvrent que la moiti\u00e9, au maximum, du recours aux prestations de sant\u00e9 ou des co\u00fbts du syst\u00e8me de sant\u00e9. Elles ne prennent donc pas en compte les informations relatives aux prestations et aux co\u00fbts qui rel\u00e8vent des assurances sociales et des m\u00e9nages priv\u00e9s.\u00a0Les \u00e9tudes portant sur les disparit\u00e9s entre les cantons suisses en mati\u00e8re de co\u00fbts de la sant\u00e9 Voir Camenzind (2008, p. 116 ss) mettent en avant, comme facteurs de hausse, la densit\u00e9 des m\u00e9decins, la structure par \u00e2ge et par sexe, le taux de ch\u00f4mage, le degr\u00e9 d&#8217;urbanisation, l&#8217;appartenance \u00e0 une langue et une culture latines, la densit\u00e9 de pharmacies et les progr\u00e8s techniques. Pour ce qui est de l&#8217;influence du revenu cantonal, les \u00e9tudes faisant \u00e9tat d&#8217;une corr\u00e9lation positive avec les co\u00fbts de la sant\u00e9 sont \u00e0 peu pr\u00e8s aussi nombreuses que celles qui indiquent une corr\u00e9lation n\u00e9gative. Parmi les autres facteurs significatifs de hausse mentionn\u00e9s dans des \u00e9tudes suisses, on peut citer le taux de mortalit\u00e9, la croissance des salaires en termes nominaux, la densit\u00e9 de lits d&#8217;h\u00f4pitaux, la proportion de cliniques sp\u00e9cialis\u00e9es, celle de personnes socialement marginalis\u00e9es, la remise de m\u00e9dicaments dans les cabinets m\u00e9dicaux, la proportion d&#8217;\u00e9trangers ainsi que les prix des biens et des services du domaine de la sant\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9sultats relatifs \u00e0 la m\u00e9thodologie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;examen de la litt\u00e9rature montre que l&#8217;analyse \u00e9conom\u00e9trique sur donn\u00e9es de panel est la m\u00e9thode d&#8217;estimation privil\u00e9gi\u00e9e dans tous les travaux r\u00e9cents pour expliquer les disparit\u00e9s r\u00e9gionales en mati\u00e8re de co\u00fbts. Celle-ci permet notamment de tenir compte tant des variations des co\u00fbts r\u00e9gionaux dans le temps que des diff\u00e9rences syst\u00e9matiques entre les r\u00e9gions consid\u00e9r\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes conclusions tir\u00e9es par l&#8217;Obsan de son analyse de la litt\u00e9rature sur les disparit\u00e9s r\u00e9gionales en mati\u00e8re de co\u00fbts de la sant\u00e9 sont les suivantes:\u00a0&#8211; les \u00e9tudes sur les disparit\u00e9s r\u00e9gionales en mati\u00e8re de co\u00fbts de la sant\u00e9 en Suisse doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es selon une d\u00e9marche exploratoire et sur la base d&#8217;un mod\u00e8le d&#8217;explication global;\u00a0&#8211; des diff\u00e9rences de structure, d&#8217;organisation et de financement entre les syst\u00e8mes de sant\u00e9 cantonaux peuvent \u00eatre mises en \u00e9vidence;\u00a0&#8211; dans toutes les estimations portant sur la Suisse, il faudrait tester un catalogue minimal de facteurs explicatifs communs \u00e0 plusieurs \u00e9tudes suisses (voir point suivant); \u00a0&#8211; les principaux facteurs explicatifs pour les diff\u00e9rences de co\u00fbts en Suisse sont la densit\u00e9 de m\u00e9decins (g\u00e9n\u00e9ralistes et sp\u00e9cialistes), la structure par \u00e2ge et par sexe, le revenu national, le taux de ch\u00f4mage, le degr\u00e9 d&#8217;urbanit\u00e9, l&#8217;appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 de langue latine, la densit\u00e9 de pharmacies et les progr\u00e8s techniques;\u00a0&#8211; il faudrait, autant que possible, ventiler les co\u00fbts en fonction des variables prix et quantit\u00e9, ainsi que fournisseurs de prestations et agents payeurs;\u00a0&#8211; en Suisse, les principales sources de donn\u00e9es sont le pool de donn\u00e9es de sant\u00e9suisse, les statistiques des h\u00f4pitaux, l&#8217;enqu\u00eate suisse sur la sant\u00e9 de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS) et la statistique financi\u00e8re \u00e9tablie par l&#8217;Administration f\u00e9d\u00e9rale des finances (AFF);\u00a0&#8211; les donn\u00e9es disponibles devraient, si possible, \u00eatre utilis\u00e9es int\u00e9gralement pour toute la p\u00e9riode \u00e0 laquelle elles se r\u00e9f\u00e8rent, par exemple, depuis l&#8217;introduction de la LAMal (en 1996) jusqu&#8217;\u00e0 la p\u00e9riode actuelle;\u00a0&#8211; il faudrait proc\u00e9der \u00e0 des analyses qui comparent les co\u00fbts \u00e0 un \u00e9chelon inf\u00e9rieur \u00e0 celui du canton; compte tenu de la pratique dans le domaine de la politique de la sant\u00e9, il semble que le niveau (politique) du district constitue une bonne alternative;\u00a0&#8211; une approche \u00e9conom\u00e9trique \u00e0 partir de donn\u00e9es de panel permet de consid\u00e9rer simultan\u00e9ment le niveau (analyse transversale) et l&#8217;\u00e9volution (analyse longitudinale) des co\u00fbts.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abQuote-part des co\u00fbts de la sant\u00e9 dans le produit int\u00e9rieur brut de certains pays de l&#8217;OCDE, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abCo\u00fbts socialis\u00e9s de la sant\u00e9 selon les cantons, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abMod\u00e8le explicatif des co\u00fbts de la sant\u00e9 en Suisse\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abCo\u00fbts de la sant\u00e9 en Suisse par fournisseurs de prestations et agents-payeurs, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: L&#8217;Observatoire suisse de la sant\u00e9<\/b>&#13;<br \/>\nL&#8217;Observatoire suisse de la sant\u00e9 (Obsan) est une unit\u00e9 de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, n\u00e9e dans le cadre du projet de \u00abpolitique nationale suisse de la sant\u00e9\u00bb. Son mandat est d\u00e9fini par la Conf\u00e9d\u00e9ration et les cantons. L&#8217;Obsan analyse les informations disponibles dans le domaine de la sant\u00e9 en Suisse. Il soutient \u00e9galement la Conf\u00e9d\u00e9ration, les cantons et les institutions de sant\u00e9 publique dans leurs planifications, leurs prises de d\u00e9cision et leur action. Pour plus d&#8217;informations, voir <a href=\"http:\/\/www.obsan.ch\">www.obsan.ch<\/a> .&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Bibliographie<\/b>&#13;<br \/>\n&#8211; Camenzind P., Erkl\u00e4rungsans\u00e4tze regionaler Kostenunterschiede im Gesundheitswesen: Analyse der internationalen gesundheits\u00f6konomischen und -statistischen Literatur &#8211; mit besonderem Fokus auf die Schweiz, document de travail n\u00b0 30, Observatoire suisse de la sant\u00e9 (Obsan), Neuch\u00e2tel, 2008 (document en allemand avec un r\u00e9sum\u00e9 en fran\u00e7ais).- Crivelli L. et al., I costi dell&#8217;assicurazione mallattia nel cantone del Ticino &#8211; Rapporto finale, Universit\u00e0 della Svizzera italiana, Lugano, 2008.- Culyer A. J., \u00abHealth expenditures in Canada: myth and reality; past and future\u00bb, L&#8217;Association canadienne d&#8217;\u00e9tudes fiscales, n\u00b0 82, Toronto, 1988.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; Le co\u00fbt de la sant\u00e9 en Suisse en comparaison internationale &#13; D&#8217;apr\u00e8s l&#8217;Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE), la Suisse consacrait, en 2005, 11,4% de son produit int\u00e9rieur brut (PIB) \u00e0 la sant\u00e9, ce qui la pla\u00e7ait tr\u00e8s haut au plan mondial (voir graphique 1). 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L'Observatoire suisse de la sant\u00e9 (Obsan) a lanc\u00e9 en 2007 un programme de recherche sur la question. Celui-ci comprend une analyse de la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e internationale, la cr\u00e9ation d'une banque d'indicateurs, l'\u00e9tude \u00e9conom\u00e9trique des d\u00e9terminants explicatifs des disparit\u00e9s r\u00e9gionales et la r\u00e9daction d'un rapport de synth\u00e8se. Le pr\u00e9sent article pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de la premi\u00e8re partie de ce programme, soit l'analyse de la litt\u00e9rature internationale consacr\u00e9e aux disparit\u00e9s r\u00e9gionales en mati\u00e8re de co\u00fbts de la sant\u00e9.","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":153343,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"8892","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55b1ea50c34a0"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153340"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3206"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=153340"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153340\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189820,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153340\/revisions\/189820"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3206"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=153340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=153340"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=153340"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=153340"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=153340"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=153340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}