{"id":153420,"date":"2008-09-01T12:00:00","date_gmt":"2008-09-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/09\/brunetti-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:10:10","modified_gmt":"2023-08-23T23:10:10","slug":"brunetti-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/09\/brunetti-6\/","title":{"rendered":"Raret\u00e9 et prix des ressources: un aper\u00e7u"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200809_04_Brunetti_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"370\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL&#8217;article qui suit commence par pr\u00e9senter bri\u00e8vement l&#8217;\u00e9volution r\u00e9cente des prix. Il explique ensuite que celle-ci est d\u00e9clench\u00e9e dans une large mesure par une demande en forte hausse, mais qui se heurte \u00e0 une offre peu susceptible d&#8217;augmenter \u00e0 court terme. Suit une br\u00e8ve pr\u00e9sentation des effets imm\u00e9diats de la p\u00e9nurie sur la Suisse et les pays en d\u00e9veloppement, conclue par quelques r\u00e9flexions int\u00e9ressant la politique \u00e9conomique.&#13;<\/p>\n<h2>Le rench\u00e9rissement des mati\u00e8res premi\u00e8res et des denr\u00e9es alimentaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nToutes les ressources qui font l&#8217;objet d&#8217;un n\u00e9goce sont rares; sinon, elles ne permettraient pas d&#8217;en tirer un prix. En \u00e9conomie, la rar\u00e9faction des mati\u00e8res premi\u00e8res se traduit par une hausse des prix. Ces derniers temps, de nombreuses mati\u00e8res premi\u00e8res ont fortement rench\u00e9ri. Les graphique 1 et graphique 2 illustrent l&#8217;\u00e9volution des prix de ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es sur les march\u00e9s mondiaux pour quelques mati\u00e8res premi\u00e8res.\u00a0Le rench\u00e9rissement des mati\u00e8res premi\u00e8res touche en particulier:\u00a0&#8211; des agents \u00e9nerg\u00e9tiques (surtout p\u00e9trole);\u00a0&#8211; des m\u00e9taux (cuivre, plomb, nickel, zinc);\u00a0&#8211; des produits agricoles (le bl\u00e9, dont le prix sur le march\u00e9 mondial a parfois quadrupl\u00e9, mais aussi le ma\u00efs, l&#8217;orge, le soja et le riz).\u00a0Il faut noter que les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res n&#8217;ont augment\u00e9 ni syst\u00e9matiquement ni r\u00e9guli\u00e8rement.\u00a0Pour la plupart des m\u00e9taux, la hausse a surtout eu lieu en 2006. Apr\u00e8s quelque temps, les prix n&#8217;ont plus sensiblement augment\u00e9 (cuivre, aluminium) ou sont m\u00eame retomb\u00e9s (plomb, zinc) \u00e0 la suite d&#8217;une augmentation de l&#8217;offre ou d&#8217;un recul de la demande. Le p\u00e9trole recule \u00e9galement depuis peu (non visible sur le graphique).\u00a0Les prix de la viande ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 stables ou ont m\u00eame baiss\u00e9. Ceux du lait ont parfois r\u00e9gress\u00e9 suivant les r\u00e9gions et les p\u00e9riodes.\u00a0Les mati\u00e8res premi\u00e8res sont g\u00e9n\u00e9ralement cot\u00e9es et n\u00e9goci\u00e9es en USD, y compris dans nos graphiques. Or il ne faut pas oublier que cette devise s&#8217;est fortement d\u00e9valu\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Le rench\u00e9rissement (en USD) des mati\u00e8res premi\u00e8res refl\u00e8te donc aussi partiellement cette d\u00e9pr\u00e9ciation.\u00a0Malgr\u00e9 ces r\u00e9serves, il est incontestable que de nombreuses mati\u00e8res premi\u00e8res ont nettement rench\u00e9ri au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Comment expliquer une telle \u00e9volution?&#13;<\/p>\n<h2>Une illustration classique de la loi de l&#8217;offre et de la demande<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est rare qu&#8217;\u00e0 des questions br\u00fblantes de politique \u00e9conomique, l&#8217;on puisse appliquer aussi directement qu&#8217;ici des notions de base de l&#8217;\u00e9conomie. Or, le mod\u00e8le le plus simple du march\u00e9 suffit; il n&#8217;est pas n\u00e9cessaire de conna\u00eetre les produits sp\u00e9cifiques en d\u00e9tail, et la sp\u00e9culation si souvent accus\u00e9e dans ce contexte ne joue pas de r\u00f4le significatif (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<br \/>\nDans le d\u00e9bat public sur la hausse des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, on n&#8217;entend gu\u00e8re parler de l&#8217;offre et de la demande, mais d&#8217;autant plus de la sp\u00e9culation. Plus d&#8217;un membre du Congr\u00e8s am\u00e9ricain et de nombreux leaders politiques europ\u00e9ens croient avoir trouv\u00e9 les boucs \u00e9missaires: les sp\u00e9culateurs! On propose de-ci de-l\u00e0 d&#8217;y mettre le hol\u00e0 par des mesures de politique \u00e9conomique comme l&#8217;imposition des transactions dont ceux-ci auraient profit\u00e9. Le probl\u00e8me est que la sp\u00e9culation sur les march\u00e9s financiers n&#8217;a rien \u00e0 voir avec les prix forts actuels et que les mesures propos\u00e9es seraient certainement nuisibles. Il est indubitable qu&#8217;il y a actuellement une grande quantit\u00e9 de fonds qui cherchent des possibilit\u00e9s de placement, ne serait-ce qu&#8217;\u00e0 cause de la crise des secteurs financiers. Les mati\u00e8res premi\u00e8res sont une option attrayante, d&#8217;o\u00f9 la quantit\u00e9 de capitaux qui s&#8217;y d\u00e9versent. O\u00f9 ces fonds sont-ils investis pr\u00e9cis\u00e9ment? Il y aurait hausse de prix si les sp\u00e9culateurs achetaient physiquement du p\u00e9trole ou du bl\u00e9 et le stockaient ensuite dans l&#8217;espoir de gains futurs. Or, un coup d&#8217;oeil aux statistiques de l&#8217;Agence internationale de l&#8217;\u00e9nergie (AIE) montre qu&#8217;il n&#8217;y a pas eu ces derniers mois de constitution de stocks de p\u00e9trole; de m\u00eame, les stocks mondiaux de bl\u00e9 sont \u00e0 leur niveau historique le plus bas. La raison en est que les sp\u00e9culateurs n&#8217;ach\u00e8tent g\u00e9n\u00e9ralement pas physiquement des mati\u00e8res premi\u00e8res, mais des contrats dits \u00ab\u00e0 terme\u00bb ou \u00abfutures\u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire des titres misant sur l&#8217;\u00e9volution des prix. Pour chaque acheteur de p\u00e9trole futur qui table sur une hausse des prix, il faut un vendeur qui escompte le contraire. Par contre, le fait qu&#8217;il y ait plus de sp\u00e9culateurs sur ces march\u00e9s\u00a0&#8211; donc plus d&#8217;acheteurs et de vendeurs\u00a0&#8211; n&#8217;a pas d&#8217;incidence sur le prix actuel. En fin de compte, le r\u00e9sultat d&#8217;un match de football ne d\u00e9pend pas non plus du nombre de gens qui ont pari\u00e9 sur tel ou tel score.Des \u00abfutures\u00bb aux cours \u00e9lev\u00e9s indiquent l&#8217;attente d&#8217;une hausse des prix. Cela peut, certes, influencer indirectement le prix actuel, par exemple en incitant tel pays producteur \u00e0 produire un peu moins de p\u00e9trole aujourd&#8217;hui et un peu plus demain. Il va, toutefois, de soi que ces d\u00e9cisions se r\u00e9percuteront \u00e0 leur tour sur les attentes. Le fait saillant est que celles-ci se forment, qu&#8217;il y ait des march\u00e9s \u00e0 terme ou non. Ces derniers am\u00e9liorent seulement la transparence des attentes et facilitent donc la circulation vitale des informations. Pour ce qui est du prix actuel du p\u00e9trole, ce sont en revanche l&#8217;offre et la demande en p\u00e9trole physique qui restent d\u00e9terminantes, et non le commerce de \u00abp\u00e9trole-papier\u00bb sur les march\u00e9s \u00e0 terme.Non seulement les mesures politiques contre la sp\u00e9culation ne changeraient rien, mais elles pourraient m\u00eame causer des dommages. Les march\u00e9s \u00e0 terme &#8211; c&#8217;est-\u00e0-dire les activit\u00e9s des sp\u00e9culateurs\u00a0&#8211; ne sont en effet pas une simple variante des courses de chevaux, ils ont une v\u00e9ritable utilit\u00e9 \u00e9conomique. \u00c0 part la transparence qu&#8217;ils conf\u00e8rent aux attentes, ils permettent de s&#8217;assurer contre les incertitudes r\u00e9sultant des fluctuations des prix. Gr\u00e2ce \u00e0 ces march\u00e9s, une compagnie a\u00e9rienne ou un propri\u00e9taire d&#8217;immeuble peut acheter du p\u00e9trole \u00e0 un prix d\u00e9termin\u00e9 et s&#8217;assurer ainsi contre les hausses. Pour que cela soit possible, il faut qu&#8217;il y ait une partie adverse dispos\u00e9e \u00e0 supporter le risque des fluctuations. Celle-ci est souvent constitu\u00e9e de sp\u00e9culateurs qui investissent pour obtenir un rendement financier de telles op\u00e9rations. Les mesures politiques contre la sp\u00e9culation n&#8217;auront pour r\u00e9sultat que de faire baisser le nombre de ces transactions profitables aux deux parties, d&#8217;o\u00f9 une pure perte pour l&#8217;\u00e9conomie nationale.).\u00a0Le sc\u00e9nario fondamental est le suivant: une demande en nette augmentation &#8211; en particulier dans des pays d&#8217;Asie \u00e0 forte croissance &#8211; se heurte \u00e0 une offre qui ne peut gu\u00e8re progresser &#8211; du moins \u00e0 court terme\u00a0&#8211; faute de capacit\u00e9s. Le graphique 3 illustre sch\u00e9matiquement le cas du p\u00e9trole, mais la m\u00eame analyse peut s&#8217;appliquer aux autres mati\u00e8res premi\u00e8res dont les prix ont fortement cr\u00fb r\u00e9cemment. L&#8217;important est ici le dessin de la courbe de l&#8217;offre. Si la quantit\u00e9 est tr\u00e8s faible, les capacit\u00e9s des fournisseurs tournent \u00e0 vide; ceux-ci n&#8217;ont donc pas de peine \u00e0 satisfaire une demande croissante, m\u00eame sans hausse marqu\u00e9e des prix: pour les petites quantit\u00e9s (\u00e0 gauche du graphique), la pente de l&#8217;offre reste donc tr\u00e8s faible. Plus les capacit\u00e9s sont exploit\u00e9es, plus la courbe se redresse, autrement dit plus le prix r\u00e9agit \u00e0 la demande suppl\u00e9mentaire, jusqu&#8217;au moment o\u00f9 un sommet de production est atteint. \u00c0 court terme\u00a0(!), il n&#8217;y a alors plus d&#8217;offre, quelle que soit la hausse des prix. Dans quelle partie de la courbe de l&#8217;offre un march\u00e9 donn\u00e9 se trouve-t-il? La r\u00e9ponse d\u00e9pend de la courbe de la demande. La forte \u00e9volution de la conjoncture mondiale, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et l&#8217;explosion continue et d\u00e9j\u00e0 ancienne de la croissance dans les pays \u00e9mergents ont soutenu l&#8217;expansion de la demande en mati\u00e8res premi\u00e8res depuis des ann\u00e9es. C&#8217;est pourquoi la courbe \u00abAncienne demande\u00bb coupe celle de l&#8217;offre \u00e0 l&#8217;endroit o\u00f9 la pente est la plus \u00abraide\u00bb.\u00a0Telle \u00e9tait globalement la situation il y a environ deux ans. Comme la situation continuait \u00e0 \u00e9voluer, notamment dans les pays fortement peupl\u00e9s d&#8217;Asie, la demande a continu\u00e9 de se d\u00e9placer vers la droite (\u00abNouvelle demande\u00bb). Les capacit\u00e9s \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 exploit\u00e9es \u00e0 fond, cette hausse de la demande a provoqu\u00e9 un envol des prix, mais presque sans augmentation de la quantit\u00e9. La hausse des prix a donc \u00e9t\u00e9 beaucoup plus marqu\u00e9e que si, au point de d\u00e9part, la courbe de la demande s&#8217;\u00e9tait trouv\u00e9e plus \u00e0 gauche. \u00c0 quantit\u00e9 constante et dans la situation actuelle o\u00f9 les capacit\u00e9s sont exploit\u00e9es \u00e0 fond, l&#8217;extension de la demande globale a un effet sur les prix bien sup\u00e9rieur \u00e0 ce qu&#8217;il aurait \u00e9t\u00e9 quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t.\u00a0Cette analyse d\u00e9montre qu&#8217;un bond de la demande peut avoir un effet tr\u00e8s fort sur les prix si l&#8217;offre est proche de la limite en mati\u00e8re de capacit\u00e9. \u00c0 quoi ce bond est-il li\u00e9? Pour l&#8217;essentiel, il s&#8217;explique par la phase d&#8217;expansion exceptionnelle de nations fortement peupl\u00e9es, \u00e0 commencer par la Chine. Que ce pays ait pu conna\u00eetre une d\u00e9cennie de croissance annuelle de l&#8217;ordre de 10% est en effet exceptionnel, historiquement parlant. Comme personne ne s&#8217;y attendait vraiment, les capacit\u00e9s de l&#8217;offre n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 suffisamment d\u00e9velopp\u00e9es, ce qui a provoqu\u00e9 la situation illustr\u00e9e par le graphique 3 pour une succession de mati\u00e8res premi\u00e8res. Ainsi, d&#8217;apr\u00e8s l&#8217;US Energy Information Administration, la consommation mondiale de p\u00e9trole est pass\u00e9e de 76 millions de barils par jour (mbj) en 1999 \u00e0 86 mbj en 2008. Pendant la m\u00eame p\u00e9riode, les capacit\u00e9s encore inexploit\u00e9es de bonne qualit\u00e9 (5 mbj) tombaient \u00e0 quelque 2 mbj de moindre qualit\u00e9 (forte teneur en soufre).\u00a0Le r\u00e9cent recul qui a affect\u00e9 le cours de diff\u00e9rentes mati\u00e8res premi\u00e8res s&#8217;explique \u00e9galement par le mod\u00e8le d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9. Le refroidissement de la conjoncture mondiale, qu&#8217;il soit effectif ou attendu, a l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9plac\u00e9 la demande vers la gauche. Ce r\u00e9ajustement a entra\u00een\u00e9 une chute des prix relativement forte.&#13;<\/p>\n<h2>Il est important de distinguer entre le court et le long termes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl importe de rappeler que nous parlons du court terme, car sur le long terme, la situation se pr\u00e9sente tout diff\u00e9remment, tant pour l&#8217;offre que pour la demande. L&#8217;\u00e9lasticit\u00e9, second concept de base de la science \u00e9conomique, joue ici un r\u00f4le d\u00e9terminant. Celle des prix nous indique de quel pourcentage une quantit\u00e9\u00a0&#8211; offerte ou demand\u00e9e &#8211; augmente ou diminue quand le prix varie d&#8217;une unit\u00e9. Sur le court terme, aussi bien l&#8217;offre que la demande en mati\u00e8res premi\u00e8res sont aujourd&#8217;hui tr\u00e8s in\u00e9lastiques, autrement dit, la variation du prix n&#8217;a pratiquement aucun effet sur la quantit\u00e9, comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 vu en analysant l&#8217;offre. Si les capacit\u00e9s sont exploit\u00e9es \u00e0 fond, m\u00eame une hausse tr\u00e8s forte du prix n&#8217;accro\u00eetra pas la quantit\u00e9 offerte, quelle que soit l&#8217;envie des fournisseurs. C&#8217;est la raison pour laquelle la pente de l&#8217;offre du graphique 3 est aujourd&#8217;hui si raide et m\u00eame in\u00e9lastique dans le segment correspondant. Nous voyons aussi que la courbe de la demande est tr\u00e8s raide, d&#8217;o\u00f9 l&#8217;effet marqu\u00e9 sur les prix de la moindre variation de la demande. Dans le court terme, les consommateurs ne sont en effet pas non plus capables d&#8217;adapter fortement leur consommation ou dispos\u00e9s \u00e0 le faire. Ils continuent donc \u00e0 se d\u00e9placer \u00e0 peu pr\u00e8s aussi fr\u00e9quemment qu&#8217;avant en auto, tout en rechignant devant le prix de l&#8217;essence, et r\u00e9duisent leurs besoins ailleurs.\u00a0La situation se pr\u00e9sente tout diff\u00e9remment \u00e0 long terme. Si le prix est \u00e9lev\u00e9, les fournisseurs ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 investir, donc \u00e0 d\u00e9velopper leurs capacit\u00e9s. \u00c1 plus long terme, la courbe de l&#8217;offre s&#8217;aplatit nettement, la limite de capacit\u00e9 se d\u00e9pla\u00e7ant vers la droite. La demande peut aussi s&#8217;adapter plus facilement: si le prix de l&#8217;essence reste haut, on change ses habitudes de conduite ou l&#8217;on se procure une voiture moins gourmande. On observe d\u00e9j\u00e0 une telle r\u00e9action aux \u00c9tats-Unis, par exemple, o\u00f9 les kilom\u00e8tres conduits ont chut\u00e9 tout r\u00e9cemment. La courbe de la demande s&#8217;aplatit donc \u00e0 moyen terme. Ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes aboutissent \u00e0 long terme \u00e0 ce que les effets de la demande croissante sur les prix (d\u00e9placement de la courbe de la demande) soient nettement moindres.\u00a0Il y a, cependant, certaines diff\u00e9rences entre les mati\u00e8res premi\u00e8res renouvelables, comme les denr\u00e9es alimentaires, et les ressources \u00e9puisables, comme le p\u00e9trole, car il est nettement plus facile d&#8217;am\u00e9liorer l\u00e9g\u00e8rement l&#8217;offre pour les premi\u00e8res. Cependant, \u00e0 moyen ou \u00e0 long terme, les prix \u00e9lev\u00e9s pourraient entra\u00eener un accroissement de l&#8217;offre, y compris pour le p\u00e9trole\u00a0&#8211; songeons aux gisements difficilement exploitables comme les sables bitumineux canadiens. Les prix forts pourraient aussi s&#8217;av\u00e9rer une b\u00e9n\u00e9diction pour l&#8217;environnement et favoriser l&#8217;essor de technologies m\u00e9nageant les ressources, comme cela s&#8217;est d\u00e9j\u00e0 souvent produit dans les \u00e9conomies de march\u00e9 lors de la rar\u00e9faction des ressources.&#13;<\/p>\n<h2>Cons\u00e9quences de la rar\u00e9faction des ressources<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;augmentation rapide du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res importantes a plusieurs cons\u00e9quences marqu\u00e9es sur l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9elle. Nous les aborderons pour la Suisse et pour les pays en d\u00e9veloppement (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 2<\/b>&#13;<br \/>\nLes pays en d\u00e9veloppement qui importent une grande partie de leurs mati\u00e8res premi\u00e8res &#8211; notamment les produits agricoles &#8211; sont frapp\u00e9s bien plus gravement que la Suisse par la hausse des cours. Le faible niveau de leurs revenus les rend tr\u00e8s sensibles aux bonds des prix et la structure de leurs exportations ne leur permet gu\u00e8re de profiter de la demande suppl\u00e9mentaire provenant des exportateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res sur les march\u00e9s mondiaux. Dans ces pays, la croissance du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res a d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 de gros probl\u00e8mes de p\u00e9nurie alimentaire pour de larges couches de la population, et ce dans une mesure qui pourrait d\u00e9stabiliser des r\u00e9gions enti\u00e8res. La Banque mondiale a identifi\u00e9 une trentaine de pays fortement touch\u00e9s; certains, comme le S\u00e9n\u00e9gal, doivent importer entre-temps 80% de leur alimentation.Le rench\u00e9rissement des mati\u00e8res premi\u00e8res repr\u00e9sente, en revanche, une aubaine pour les pays en d\u00e9veloppement et \u00e9mergents, lorsqu&#8217;ils sont des producteurs importants. D&#8217;une part, la hausse des prix entra\u00eene celle des revenus; de l&#8217;autre, il redevient int\u00e9ressant d&#8217;investir dans l&#8217;agriculture, ce qui freine l&#8217;exode rural. Ces chances de d\u00e9veloppement sont cependant compromises par le protectionnisme des \u00c9tats industrialis\u00e9s en mati\u00e8re d&#8217;agriculture.).\u00a0On peut affirmer g\u00e9n\u00e9ralement que les exportateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res profitent et que les importateurs souffrent du rench\u00e9rissement. Pour presque toutes les mati\u00e8res premi\u00e8res, la Suisse fait partie des importateurs nets et, dans plusieurs cas\u00a0&#8211; comme celui du p\u00e9trole\u00a0-, elle couvre m\u00eame toute sa consommation par l&#8217;importation. La hausse des prix affaiblit donc le pouvoir d&#8217;achat des m\u00e9nages et des entreprises helv\u00e9tiques, si bien que les cons\u00e9quences imm\u00e9diates de la rar\u00e9faction sont nettement n\u00e9gatives. L&#8217;effet sur la stabilit\u00e9 des prix doit aussi \u00eatre qualifi\u00e9 de n\u00e9gatif: \u00e0 cause du fort rench\u00e9rissement des mati\u00e8res premi\u00e8res, l&#8217;inflation d\u00e9passe depuis quelques mois le plafond fix\u00e9 par la Banque nationale suisse (BNS).\u00a0Les hausses de prix ont, cependant, des effets indirects dont il s&#8217;agit de tenir compte dans une \u00e9valuation g\u00e9n\u00e9rale. Ainsi, une partie des recettes croissantes des exportateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res est convertie en consommation suppl\u00e9mentaire et, en cas de revenus tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s et d&#8217;accroissement subit de ceux-ci, dans l&#8217;achat d&#8217;articles de luxe. La Suisse \u00e9tant fortement exportatrice en ce domaine, la valeur ajout\u00e9e locale en profite. Les exportations de montres vers les \u00c9mirats arabes unis ont augment\u00e9 par exemple de 37% en 2007, voire de 57% vers la Russie. M\u00eame si les recettes des mati\u00e8res premi\u00e8res n&#8217;\u00e9taient pas d\u00e9pens\u00e9es mais \u00e9conomis\u00e9es, la Suisse en profiterait plus que la moyenne des autres pays du fait des exportations de services de ses grands g\u00e9rants de fortune.\u00a0La Suisse b\u00e9n\u00e9ficie encore d&#8217;un autre effet positif que l&#8217;on a tendance \u00e0 oublier: Gen\u00e8ve et Zoug\u00a0&#8211; mais aussi Winterthour\u00a0&#8211; sont parmi les centres les plus importants du n\u00e9goce des mati\u00e8res premi\u00e8res. Lorsque leurs cours augmentent, cela stimule fortement les affaires des entreprises impliqu\u00e9es, d&#8217;o\u00f9 un effet positif sur la valeur ajout\u00e9e locale. Dans le commerce de transit suisse, l&#8217;exc\u00e9dent de la balance des revenus a bondi d&#8217;un peu plus de 1 milliard de francs en 2000 \u00e0 11 milliards en 2007. \u00a0Dans l&#8217;ensemble, le rench\u00e9rissement des mati\u00e8res premi\u00e8res devrait \u00eatre n\u00e9gatif pour la Suisse, pays importateur; les effets indirects cit\u00e9s le compensent, par contre, de fa\u00e7on non n\u00e9gligeable par le biais du commerce ext\u00e9rieur. Compte tenu de ces r\u00e9flexions et de la forte prosp\u00e9rit\u00e9 de notre pays, on peut conclure que la hausse des prix sera probablement supportable pour la Suisse, m\u00eame si certains milieux en souffriront.&#13;<\/p>\n<h2>Que faire?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;analyse montre clairement que la forte croissance du prix des ressources trouve son origine dans l&#8217;importante augmentation de la demande face \u00e0 une offre relativement rigide \u00e0 court terme. L&#8217;\u00e9volution des prix refl\u00e8te donc correctement les p\u00e9nuries et il serait faux de vouloir les baisser artificiel-lement en intervenant politiquement. L&#8217;offre comme la demande r\u00e9agiront aux signaux \u00e9mis dans le bon sens, \u00e0 savoir en augmentant la production pour le premier et en \u00e9conomisant le produit concern\u00e9 pour le second. C&#8217;est la raison pour laquelle l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 est le r\u00e9gime le plus apte \u00e0 m\u00e9na-ger les ressources. Toute politique qui maintient artificiellement le prix des ressources \u00e0 un bas niveau fige les structures et ne fait que rench\u00e9rir l&#8217;in\u00e9vitable adaptation ult\u00e9rieure.\u00a0La politique \u00e9conomique devrait donc essayer de d\u00e9manteler toutes les restrictions qui d\u00e9naturent les signaux \u00e9mis par les prix ou emp\u00eachent d&#8217;y r\u00e9agir. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il conviendrait justement d&#8217;abaisser les droits de douane dans le secteur agricole et de renoncer aux subventions comme celles qui favorisent les biocarburants. Tr\u00e8s r\u00e9pandues dans les pays \u00e9mergents, les subventions accord\u00e9es au carburant consomm\u00e9 devraient \u00eatre abandonn\u00e9es. Abaisser les redevances sur l&#8217;essence pour amortir le rench\u00e9rissement, comme on le r\u00e9clame souvent, donnerait aussi un mauvais signal et cr\u00e9erait en outre une d\u00e9pendance fatale entre les recettes de l&#8217;\u00c9tat et les prix volatiles des ressources. Les r\u00e9glementations qui entravent inutilement la production devraient aussi \u00eatre d\u00e9mantel\u00e9es et l&#8217;acc\u00e8s au march\u00e9 facilit\u00e9 tant \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur que vers l&#8217;ext\u00e9rieur. L&#8217;\u00e9limination des obstacles aux investissements internationaux comporterait \u00e9galement de nombreux avantages.\u00a0En ce qui concerne l&#8217;inflation, la politique mon\u00e9taire ne doit intervenir que si la hausse des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res d\u00e9borde sur d&#8217;autres biens. L&#8217;augmentation de certains prix du fait d&#8217;une rar\u00e9faction ne peut ni ne doit \u00eatre combattue par la politique mon\u00e9taire, m\u00eame si les biens concern\u00e9s sont d&#8217;une telle importance que leur rench\u00e9rissement fait monter le niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix. Il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;adaptations de prix relatifs, qui jouent un r\u00f4le incitatif important, comme on l&#8217;a montr\u00e9 plus haut. C&#8217;est seulement si les attentes g\u00e9n\u00e9rales en mati\u00e8re d&#8217;inflation augmentent et que la spirale prix\/salaires s&#8217;enclenche qu&#8217;il faut user de la politique mon\u00e9taire.\u00a0Il y a, cependant, un domaine o\u00f9 le principe de ne pas intervenir sur des march\u00e9s qui fonctionnent correctement ne suffit pas: les effets sur la pauvret\u00e9 dans les pays en d\u00e9veloppement. Quand les hausses de prix provoquent directement des famines, l&#8217;urgence dicte sa loi et on ne peut simplement attendre le moyen terme. Toutefois, l\u00e0 encore, il convient de veiller \u00e0 ce que le soutien indispensable s&#8217;effectue le moins possible par des interventions sur le march\u00e9\u00a0&#8211; comme l&#8217;abaissement artificiel du prix des aliments\u00a0-, sans quoi les r\u00e9actions n\u00e9cessaires aux p\u00e9nuries ne se produiront pas et les probl\u00e8mes se perp\u00e9tueront.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00ab\u00c9volution des prix (en USD) de certaines mati\u00e8res premi\u00e8res, juillet 2005-juillet 2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00ab\u00c9volution des prix (en USD) de certains produits agricoles, juillet 2005-juillet 2008\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abR\u00e9action \u00e0 court terme du march\u00e9 du p\u00e9trole \u00e0 l&#8217;augmentation de la demande\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Le r\u00f4le de la sp\u00e9culation<\/b>&#13;<br \/>\nDans le d\u00e9bat public sur la hausse des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, on n&#8217;entend gu\u00e8re parler de l&#8217;offre et de la demande, mais d&#8217;autant plus de la sp\u00e9culation. Plus d&#8217;un membre du Congr\u00e8s am\u00e9ricain et de nombreux leaders politiques europ\u00e9ens croient avoir trouv\u00e9 les boucs \u00e9missaires: les sp\u00e9culateurs! On propose de-ci de-l\u00e0 d&#8217;y mettre le hol\u00e0 par des mesures de politique \u00e9conomique comme l&#8217;imposition des transactions dont ceux-ci auraient profit\u00e9. Le probl\u00e8me est que la sp\u00e9culation sur les march\u00e9s financiers n&#8217;a rien \u00e0 voir avec les prix forts actuels et que les mesures propos\u00e9es seraient certainement nuisibles. Il est indubitable qu&#8217;il y a actuellement une grande quantit\u00e9 de fonds qui cherchent des possibilit\u00e9s de placement, ne serait-ce qu&#8217;\u00e0 cause de la crise des secteurs financiers. Les mati\u00e8res premi\u00e8res sont une option attrayante, d&#8217;o\u00f9 la quantit\u00e9 de capitaux qui s&#8217;y d\u00e9versent. O\u00f9 ces fonds sont-ils investis pr\u00e9cis\u00e9ment? Il y aurait hausse de prix si les sp\u00e9culateurs achetaient physiquement du p\u00e9trole ou du bl\u00e9 et le stockaient ensuite dans l&#8217;espoir de gains futurs. Or, un coup d&#8217;oeil aux statistiques de l&#8217;Agence internationale de l&#8217;\u00e9nergie (AIE) montre qu&#8217;il n&#8217;y a pas eu ces derniers mois de constitution de stocks de p\u00e9trole; de m\u00eame, les stocks mondiaux de bl\u00e9 sont \u00e0 leur niveau historique le plus bas. La raison en est que les sp\u00e9culateurs n&#8217;ach\u00e8tent g\u00e9n\u00e9ralement pas physiquement des mati\u00e8res premi\u00e8res, mais des contrats dits \u00ab\u00e0 terme\u00bb ou \u00abfutures\u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire des titres misant sur l&#8217;\u00e9volution des prix. Pour chaque acheteur de p\u00e9trole futur qui table sur une hausse des prix, il faut un vendeur qui escompte le contraire. Par contre, le fait qu&#8217;il y ait plus de sp\u00e9culateurs sur ces march\u00e9s\u00a0&#8211; donc plus d&#8217;acheteurs et de vendeurs\u00a0&#8211; n&#8217;a pas d&#8217;incidence sur le prix actuel. En fin de compte, le r\u00e9sultat d&#8217;un match de football ne d\u00e9pend pas non plus du nombre de gens qui ont pari\u00e9 sur tel ou tel score.Des \u00abfutures\u00bb aux cours \u00e9lev\u00e9s indiquent l&#8217;attente d&#8217;une hausse des prix. Cela peut, certes, influencer indirectement le prix actuel, par exemple en incitant tel pays producteur \u00e0 produire un peu moins de p\u00e9trole aujourd&#8217;hui et un peu plus demain. Il va, toutefois, de soi que ces d\u00e9cisions se r\u00e9percuteront \u00e0 leur tour sur les attentes. Le fait saillant est que celles-ci se forment, qu&#8217;il y ait des march\u00e9s \u00e0 terme ou non. Ces derniers am\u00e9liorent seulement la transparence des attentes et facilitent donc la circulation vitale des informations. Pour ce qui est du prix actuel du p\u00e9trole, ce sont en revanche l&#8217;offre et la demande en p\u00e9trole physique qui restent d\u00e9terminantes, et non le commerce de \u00abp\u00e9trole-papier\u00bb sur les march\u00e9s \u00e0 terme.Non seulement les mesures politiques contre la sp\u00e9culation ne changeraient rien, mais elles pourraient m\u00eame causer des dommages. Les march\u00e9s \u00e0 terme &#8211; c&#8217;est-\u00e0-dire les activit\u00e9s des sp\u00e9culateurs\u00a0&#8211; ne sont en effet pas une simple variante des courses de chevaux, ils ont une v\u00e9ritable utilit\u00e9 \u00e9conomique. \u00c0 part la transparence qu&#8217;ils conf\u00e8rent aux attentes, ils permettent de s&#8217;assurer contre les incertitudes r\u00e9sultant des fluctuations des prix. Gr\u00e2ce \u00e0 ces march\u00e9s, une compagnie a\u00e9rienne ou un propri\u00e9taire d&#8217;immeuble peut acheter du p\u00e9trole \u00e0 un prix d\u00e9termin\u00e9 et s&#8217;assurer ainsi contre les hausses. Pour que cela soit possible, il faut qu&#8217;il y ait une partie adverse dispos\u00e9e \u00e0 supporter le risque des fluctuations. Celle-ci est souvent constitu\u00e9e de sp\u00e9culateurs qui investissent pour obtenir un rendement financier de telles op\u00e9rations. Les mesures politiques contre la sp\u00e9culation n&#8217;auront pour r\u00e9sultat que de faire baisser le nombre de ces transactions profitables aux deux parties, d&#8217;o\u00f9 une pure perte pour l&#8217;\u00e9conomie nationale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Cons\u00e9quences sur les pays en d\u00e9veloppement<\/b>&#13;<br \/>\nLes pays en d\u00e9veloppement qui importent une grande partie de leurs mati\u00e8res premi\u00e8res &#8211; notamment les produits agricoles &#8211; sont frapp\u00e9s bien plus gravement que la Suisse par la hausse des cours. Le faible niveau de leurs revenus les rend tr\u00e8s sensibles aux bonds des prix et la structure de leurs exportations ne leur permet gu\u00e8re de profiter de la demande suppl\u00e9mentaire provenant des exportateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res sur les march\u00e9s mondiaux. Dans ces pays, la croissance du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res a d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 de gros probl\u00e8mes de p\u00e9nurie alimentaire pour de larges couches de la population, et ce dans une mesure qui pourrait d\u00e9stabiliser des r\u00e9gions enti\u00e8res. La Banque mondiale a identifi\u00e9 une trentaine de pays fortement touch\u00e9s; certains, comme le S\u00e9n\u00e9gal, doivent importer entre-temps 80% de leur alimentation.Le rench\u00e9rissement des mati\u00e8res premi\u00e8res repr\u00e9sente, en revanche, une aubaine pour les pays en d\u00e9veloppement et \u00e9mergents, lorsqu&#8217;ils sont des producteurs importants. D&#8217;une part, la hausse des prix entra\u00eene celle des revenus; de l&#8217;autre, il redevient int\u00e9ressant d&#8217;investir dans l&#8217;agriculture, ce qui freine l&#8217;exode rural. 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