{"id":153560,"date":"2008-07-01T12:00:00","date_gmt":"2008-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/07\/weber-12\/"},"modified":"2023-08-24T01:11:04","modified_gmt":"2023-08-23T23:11:04","slug":"weber-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/07\/weber-12\/","title":{"rendered":"L&#8217;importance du FMI dans le syst\u00e8me financier mondial du XXIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13;<\/p>\n<h2>Les d\u00e9fis et les changements sont une chance<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution de l&#8217;\u00e9conomie mondiale et, en particulier, la mondialisation des march\u00e9s financiers ont, une nouvelle fois, raviv\u00e9 la discussion sur le r\u00f4le du FMI. Dans les faits, celui-ci a subi de constantes mutations au cours des d\u00e9cennies en raison, par exemple, du passage aux taux de change flexibles dans les ann\u00e9es septante, des crises internationales mon\u00e9taires, financi\u00e8res et d&#8217;endettement dans les ann\u00e9es quatre-vingt et nonante ainsi que de l&#8217;effondrement de l&#8217;Union sovi\u00e9tique. Au fil du temps, le FMI a \u00e9galement affin\u00e9 ses m\u00e9canismes de soutien aux pays \u00e0 faible revenu.\u00a0Les d\u00e9fis que doit relever le FMI concernent autant ses activit\u00e9s que sa gouvernance et son financement. Ils sont li\u00e9s au syst\u00e8me financier international avec ses flux de capitaux \u00e9lev\u00e9s et en constante augmentation, et ses \u00e9normes r\u00e9serves en devises dans les pays en d\u00e9veloppement et \u00e9mergents. Jadis emprunteurs principaux du FMI, ces pays ont consid\u00e9rablement augment\u00e9 leurs r\u00e9serves, en particulier pour mieux se prot\u00e9ger contre les crises potentielles (voir graphique 1). Des garanties financi\u00e8res propres en hausse et le remboursement anticip\u00e9 de gros cr\u00e9dits, par le Br\u00e9sil et l&#8217;Argentine par exemple, sont aussi l&#8217;expression d&#8217;une \u00e9mancipation face aux directives du FMI en mati\u00e8re de politique \u00e9conomique. Le volume des cr\u00e9dits octroy\u00e9s ayant fortement diminu\u00e9, l&#8217;institution doit renoncer \u00e0 sa principale source de financement. Ce manque \u00e0 gagner, qui n&#8217;est pas seulement \u00e0 court terme, a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des d\u00e9ficits budg\u00e9taires pour la premi\u00e8re fois depuis 1970 et oblige le FMI \u00e0 recourir d\u00e9sormais \u00e0 d&#8217;autres sources pour financer ses activit\u00e9s. De ce fait, son mod\u00e8le commercial doit \u00eatre revu.&#13;<\/p>\n<h2>Des r\u00e9formes institutionnelles historiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9formes, adopt\u00e9es \u00e0 une tr\u00e8s large majorit\u00e9 par les membres du FMI en avril 2008, repr\u00e9sentent un pas important dans l&#8217;histoire de l&#8217;institution depuis sa cr\u00e9ation il y a plus de 60 ans. Leurs priorit\u00e9s s&#8217;orientent vers une meilleure int\u00e9gration des mouvements qui caract\u00e9risent les march\u00e9s financiers, une attention accrue envers les aspects supranationaux de la surveillance \u00e9conomique ordinaire, une adaptation des droits de vote en faveur des pays membres qui font preuve de dynamisme \u00e9conomique et un assainissement des finances. Les r\u00e9formes se trouvent, toutefois, confront\u00e9es aux critiques selon lesquelles le FMI aurait perdu sa raison d&#8217;\u00eatre ou deviendrait m\u00eame insignifiant.&#13;<\/p>\n<h3>Une r\u00e9orientation strat\u00e9gique des activit\u00e9s<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 l&#8217;avenir, le FMI s&#8217;en tiendra au principe de base selon lequel il doit se concentrer principalement sur des domaines qui pr\u00e9sentent un avantage comparatif. Cela autorise et implique un regroupement des ressources et une plus grande concentration sur des activit\u00e9s qui lui procurent la valeur ajout\u00e9e la plus \u00e9lev\u00e9e possible dans le contexte international.\u00a0La fonction de surveillance \u00e9conomique du FMI est cruciale pour \u00e9tayer son r\u00f4le dans le conseil et la pr\u00e9vention des crises. Les consultations annuelles avec les pays membres (article IV Consultations) sont maintenues. Malgr\u00e9 la pression exerc\u00e9e sur les co\u00fbts, la qualit\u00e9 des rapports par pays doit \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e lors du dialogue avec les autorit\u00e9s. Les examens r\u00e9guliers auxquels sont soumis les pays repr\u00e9sentent \u00e9galement une source d&#8217;information importante pour analyser et faire des pr\u00e9visions sur l&#8217;\u00e9conomie mondiale (Perspectives de l&#8217;\u00e9conomie mondiale) et la stabilit\u00e9 financi\u00e8re globale (Rapport sur la stabilit\u00e9 financi\u00e8re dans le monde). Ces rapports semestriels sont l&#8217;expression du r\u00f4le de surveillance multilat\u00e9rale qu&#8217;exerce le FMI et qui devrait passer au premier plan \u00e0 l&#8217;avenir.De par leur contenu, les \u00e9valuations du FMI se concentreront davantage sur les liens entre l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9elle et les march\u00e9s financiers, sur l&#8217;\u00e9volution des secteurs financiers ainsi que sur les r\u00e9percussions r\u00e9gionales et internationales. Cette r\u00e9orientation n&#8217;est pas enti\u00e8rement nouvelle puisque le FMI proc\u00e8de \u00e0 des examens sp\u00e9cifiques du secteur financier des diff\u00e9rents pays depuis plusieurs ann\u00e9es. Toutefois, le FMI devra poursuivre ses efforts de recherche pour continuer \u00e0 \u00e9mettre des recommandations fond\u00e9es et coh\u00e9rentes \u00e0 l&#8217;attention des autorit\u00e9s. Une collaboration \u00e9troite et compl\u00e9mentaire avec d&#8217;autres instances internationales &#8211; notamment avec le Forum pour la stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FSF), \u00e0 B\u00e2le &#8211; va dans ce sens.\u00a0Dans le cadre de son engagement en faveur des pays \u00e0 faible revenu, le FMI vise en premier lieu \u00e0 assurer la stabilit\u00e9 macro\u00e9conomique et le caract\u00e8re durable de l&#8217;endettement. Cette contribution, qui sert \u00e0 cr\u00e9er des conditions propices \u00e0 la croissance, doit \u00eatre mieux harmonis\u00e9e avec les autres institutions et les pays donateurs, ce qui implique de d\u00e9limiter clairement le r\u00f4le du FMI et de r\u00e9partir le travail de mani\u00e8re ad\u00e9quate, notamment face aux banques de d\u00e9veloppement. Cela permet une utilisation efficace des fonds en faveur des pays membres, en recourant notamment \u00e0 l&#8217;assistance technique et \u00e0 des analyses macro\u00e9conomiques rigoureuses. En fournissant des pr\u00eats \u00e0 faible int\u00e9r\u00eat dans le cadre des programmes structurels et de croissance ainsi qu&#8217;une aide pour la mise en place d&#8217;un savoir-faire local, aucune soustraction de substance n&#8217;a lieu. Les exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es dans les pays \u00e9mergents doivent \u00eatre utilis\u00e9es plus souvent pour montrer aux pays \u00e0 faible revenu comment acc\u00e9der \u00e0 la croissance et rendre leurs secteurs financiers efficaces. \u00a0Bien que les pays membres demandent toujours plus d&#8217;assistance technique et de formation, le FMI demeure une offre de niche. Ces prestations doivent se recentrer strictement sur les activit\u00e9s de base du FMI. Une grande partie doit \u00eatre financ\u00e9e au moyen de fonds fiduciaires externes. Le FMI compte sur davantage de contributions de la part de ses membres ou d&#8217;autres pr\u00eateurs (p. ex. des fondations d&#8217;utilit\u00e9 publique). Une condition pr\u00e9alable \u00e0 une r\u00e9colte de fonds fructueuse est la modernisation en profondeur de l&#8217;allocation des co\u00fbts et de l&#8217;administration de l&#8217;assistance technique, une r\u00e9forme qui a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9. On pr\u00e9voit par ailleurs d&#8217;introduire une structure \u00e9chelonn\u00e9e des quotes-parts en fonction du revenu. Celles-ci ne serviront pas, en premier lieu, de ressources financi\u00e8res, mais elles constitueront un outil pour g\u00e9rer la demande. Le syst\u00e8me qui consiste \u00e0 offrir une assistance technique et \u00e0 promouvoir la formation par l&#8217;entremise de centres r\u00e9gionaux a fait ses preuves du point de vue des co\u00fbts et il sera renforc\u00e9.&#13;<\/p>\n<h3>Une solution globale pour les droits de vote<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe processus de n\u00e9gociation lanc\u00e9 en 2006 s&#8217;ach\u00e8ve avec la r\u00e9forme de la repr\u00e9sentation. La r\u00e9partition des droits de vote sera simplifi\u00e9e et sa transparence s&#8217;am\u00e9liorera gr\u00e2ce \u00e0 une nouvelle structure des quotes-parts. Ces derni\u00e8res d\u00e9terminent l&#8217;apport aux r\u00e9serves du FMI de chacun des \u00c9tats membres, le montant d&#8217;un \u00e9ventuel cr\u00e9dit et, finalement, avec les droits de vote de base, leur poids dans l&#8217;institution. Ce r\u00e9alignement des quotes-parts des pays \u00e9mergents et des pays en d\u00e9veloppement tiendra davantage compte de leur r\u00f4le et de leur importance dans l&#8217;\u00e9conomie mondiale. L&#8217;am\u00e9lioration relative dont profitent certains \u00c9tats sera obtenue par une augmentation ad hoc de 11,5% du montant total des quotes-parts. Seuls les membres b\u00e9n\u00e9ficiaires de la r\u00e9forme devront proc\u00e9der \u00e0 des apports suppl\u00e9mentaires aux r\u00e9serves du FMI.\u00a0La r\u00e9forme du droit de vote a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e en tant que r\u00e9solution contraignante par le Conseil des gouverneurs, instance supr\u00eame de d\u00e9cision du FMI (compos\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement du ministre des Finances ou du gouverneur de la banque centrale de chaque pays membre). Elle contient des dispositions exigeant une adaptation des statuts du FMI. Elle entrera en vigueur lorsque les 3\/5 des pays membres, soit 85% des voix attribu\u00e9es, auront cr\u00e9\u00e9 les bases l\u00e9gales n\u00e9cessaires. La comp\u00e9tence en mati\u00e8re d&#8217;approbation rel\u00e8ve des gouvernements ou des parlements des pays membres. Cette r\u00e9forme r\u00e9sulte d&#8217;un compromis, les objectifs politiques convenus ayant \u00e9t\u00e9 atteints apr\u00e8s quelques tiraillements. Elle comprend les \u00e9l\u00e9ments suivants:\u00a01. Les quotes-parts des pays membres sont calcul\u00e9es pour la premi\u00e8re fois sur la base d&#8217;une formule de calcul des quotes-parts uniformis\u00e9e. Celle-ci se compose des quatre variables que sont le produit int\u00e9rieur brut (PIB), le degr\u00e9 d&#8217;ouverture d&#8217;une \u00e9conomie nationale, la volatilit\u00e9 des flux commerciaux et de capitaux et les r\u00e9serves officielles (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<br \/>\nLa nouvelle formule de calcul des quotes-parts se fonde sur des variables macro\u00e9conomiques calcul\u00e9es et pond\u00e9r\u00e9es sur les moyennes de plusieurs ann\u00e9es. Leur valeur correspond \u00e0 la part d&#8217;un pays par rapport au total des membres. Afin d&#8217;att\u00e9nuer l&#8217;effet n\u00e9gatif de la pond\u00e9ration \u00e9lev\u00e9e du PIB pour les petits pays, la structure a \u00e9t\u00e9 dot\u00e9e d&#8217;un facteur de compression: Q = (0,5*Y + 0,3*O + 0,15*V + 0,05*R)kQ = quote-part d&#8217;un paysY = produit int\u00e9rieur brut (PIB), calcul\u00e9 selon la parit\u00e9 du pouvoir d&#8217;achat (40%) et le taux de change sur les march\u00e9s (60%) O = degr\u00e9 d&#8217;ouverture d&#8217;une \u00e9conomie nationale, mesur\u00e9 au total de la balance des transactions courantes V = volatilit\u00e9 des flux de capitaux et des \u00e9changes commerciaux internationaux R = r\u00e9serves officielles k = facteur de compression lin\u00e9aire de 0,95).\u00a02. Tous les pays sous-repr\u00e9sent\u00e9s selon la nouvelle formule de calcul verront leurs quotes-parts augment\u00e9es. Des corrections ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour parvenir \u00e0 un compromis politique. Ainsi, quelques pays industrialis\u00e9s (Allemagne, Italie, Irlande, Japon, Luxembourg et \u00c9tats-Unis) ont renonc\u00e9 \u00e0 une partie des augmentations qui leur \u00e9taient dues. En outre, le Br\u00e9sil, l&#8217;Inde et le Vietnam obtiennent une augmentation de 40%, en se r\u00e9f\u00e9rant au crit\u00e8re de la sous-repr\u00e9sentation mesur\u00e9e au PIB pond\u00e9r\u00e9 selon le pouvoir d&#8217;achat. De plus, les pays \u00e9mergents, dont la quote-part a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 augment\u00e9e en 2006 (Chine, Cor\u00e9e, Mexique et Turquie) b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;une nouvelle hausse de 15%.\u00a03. Les voix de base, qui sont attribu\u00e9es au m\u00eame niveau \u00e0 tous les membres, seront tripl\u00e9es dans le but d&#8217;am\u00e9liorer l&#8217;engagement et la repr\u00e9sentation des pays \u00e0 faible revenu. Il s&#8217;agit de la premi\u00e8re augmentation des voix de base depuis la cr\u00e9ation du FMI; celles-ci passeront de moins de 2% actuellement \u00e0 5,5%. \u00c0 l&#8217;avenir, cette proportion restera constante m\u00eame si les quotes-parts augmentent.\u00a04. Une autre mesure destin\u00e9e \u00e0 am\u00e9liorer la participation des pays \u00e0 faible revenu fera que chacun des deux groupes de pays africains pourra nommer un second administrateur suppl\u00e9ant.\u00a05. La structure des votes du FMI sera v\u00e9rifi\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement pour voir si elle est en accord avec l&#8217;\u00e9volution de l&#8217;\u00e9conomie mondiale. Ces modifications devront \u00eatre mises en place par \u00e9tapes tous les cinq ans \u00e0 travers un examen g\u00e9n\u00e9ral des quotes-parts. Avant la prochaine adaptation, d&#8217;autres travaux sont pr\u00e9vus pour am\u00e9liorer la structure des quotes-parts, en particulier en relation avec les donn\u00e9es de base et la d\u00e9finition des variables. \u00a0\u00a0Le r\u00e9alignement des quotes-parts et l&#8217;augmentation des voix de base permettront d&#8217;augmenter la part des droits attribu\u00e9s \u00e0 135 pays. Une grande majorit\u00e9 des pays membres b\u00e9n\u00e9ficieront ainsi d&#8217;une plus grande participation dans le FMI. Dans l&#8217;ensemble, cette augmentation repr\u00e9sente 5,4 points de&nbsp;%; les grands pays \u00e9mergents, comme le Br\u00e9sil, la Chine et l&#8217;Inde, sont les principaux gagnants. Certes, le transfert de la part des voix attribu\u00e9es \u00e0 des pays industrialis\u00e9s vers les pays en d\u00e9veloppement se limite \u00e0 2,7 points de&nbsp;%. \u00c9tant donn\u00e9 la diff\u00e9rence de 16 points qui pr\u00e9vaut actuellement (58% par rapport \u00e0 42% en faveur des pays industrialis\u00e9s), il s&#8217;agit d&#8217;une \u00e9tape importante qui, avec le temps, sera suivie par d&#8217;autres.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;assainissement des finances<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nPour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 financi\u00e8re du FMI, le Conseil des gouverneurs a pris des mesures importantes afin d&#8217;optimiser les co\u00fbts et d&#8217;augmenter la marge de manoeuvre de l&#8217;institution. La d\u00e9cision prise en vue d&#8217;\u00e9largir les possibilit\u00e9s d&#8217;investissement, qui sont limit\u00e9es aujourd&#8217;hui, implique, comme pour la r\u00e9forme des quotes-parts, un amendement des statuts. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e par le Conseil des gouverneurs, la r\u00e9solution doit \u00eatre ratifi\u00e9e par les pays membres. Cette proc\u00e9dure vient de commencer et pourrait durer deux ans.\u00a0Jusqu&#8217;ici, les d\u00e9penses de fonctionnement du FMI \u00e9taient principalement financ\u00e9es par les recettes d&#8217;int\u00e9r\u00eats sur l&#8217;encours des pr\u00eats aux pays membres. Le solde des cr\u00e9dits se situe, toutefois, \u00e0 un creux historique (voir graphique 2), ce qui provoque un d\u00e9ficit de financement qui, sans mesure de redressement, s&#8217;\u00e9l\u00e8verait \u00e0 400 millions d&#8217;USD d&#8217;ici 2012. L&#8217;assainissement des finances du FMI, devenu indispensable, se fera, pour un tiers, par la r\u00e9duction des d\u00e9penses et, pour deux tiers, par des recettes suppl\u00e9mentaires.&#13;<\/p>\n<h2>La Suisse: une position critique mais constructive<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9formes que vit actuellement le FMI ne sont pas une fin en soi; elles sont n\u00e9cessaires pour que l&#8217;institution puisse assumer son r\u00f4le prioritaire qui est d&#8217;assurer la stabilit\u00e9 financi\u00e8re et macro\u00e9conomique mondiale. Malgr\u00e9 ses critiques, la Suisse, qui compte un administrateur parmi les 24 en poste et qui a activement particip\u00e9 aux n\u00e9gociations, a approuv\u00e9 les d\u00e9cisions relatives au processus de r\u00e9forme. \u00a0Le recentrage des activit\u00e9s et la r\u00e9orientation de la surveillance sont des choix importants qui servent les int\u00e9r\u00eats de la Suisse et qui, de ce fait, doivent \u00eatre encourag\u00e9s. Depuis quelques ann\u00e9es, le FMI garde un oeil sur l&#8217;important secteur financier suisse et son r\u00f4le dans l&#8217;\u00e9conomie. L&#8217;\u00e9laboration d&#8217;autres bases analytiques, consacr\u00e9es aux interactions entre \u00e9conomies r\u00e9elle et financi\u00e8re, sera tr\u00e8s int\u00e9ressante pour les autorit\u00e9s et les acteurs du march\u00e9 financier. Le fait que la stabilit\u00e9 financi\u00e8re et les perspectives de croissance int\u00e9rieure d\u00e9pendent consid\u00e9rablement de la stabilit\u00e9 des march\u00e9s financiers mondiaux parle en faveur de la poursuite d&#8217;un dialogue actif et ouvert avec le FMI. Cela est souhaitable, car les mesures de r\u00e9gulation qui pourront \u00eatre prises au regard des turbulences subies par les march\u00e9s financiers exigent une bonne coordination au niveau international.\u00a0\u00c9tant donn\u00e9 le pourcentage de ses voix et de celui du groupe de pays qu&#8217;elle dirige, la Suisse ne peut s&#8217;associer que sous r\u00e9serve au large consensus sur la question du droit de vote et la perspective de l&#8217;int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de l&#8217;institution. Le poids des voix de la Suisse tombera de 1,6% \u00e0 1,4% et celui du groupe de pays s&#8217;affaiblira. La principale revendication de la Suisse \u00e9tait et reste le recours \u00e0 une structure des quotes-parts qui refl\u00e8te suffisamment le mandat du FMI, qui est d&#8217;assurer la stabilit\u00e9 financi\u00e8re et mon\u00e9taire mondiale. Pour la Suisse, les d\u00e9fauts de cette nouvelle structure sont l&#8217;importance accord\u00e9e au PIB pond\u00e9r\u00e9 en fonction du pouvoir d&#8217;achat, qui avantage les grandes \u00e9conomies ferm\u00e9es par rapport aux petites \u00e9conomies ouvertes, et une prise en compte insuffisante de la mondialisation des op\u00e9rations financi\u00e8res.\u00a0La Suisse a accept\u00e9 ce nouveau mod\u00e8le de ressources parce que, m\u00eame lacunaire, il am\u00e9liore la base financi\u00e8re du FMI. Il lui manque, entre autres, la possibilit\u00e9 d&#8217;imposer les revenus comme l&#8217;aurait permis le placement des quotes-parts des membres. En revanche, la Suisse a soutenu pleinement les efforts consentis du c\u00f4t\u00e9 des d\u00e9penses en vue d&#8217;assainir le budget du FMI.&#13;<\/p>\n<h2>La future mise en oeuvre des r\u00e9formes<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 qui r\u00e8gne sur les march\u00e9s financiers, la nouvelle strat\u00e9gie du FMI, qui int\u00e8gre les questions relatives \u00e0 ce domaine, sera confront\u00e9e \u00e0 un premier test en temps r\u00e9el, dont les r\u00e9sultats influenceront sans aucun doute la mise en oeuvre des r\u00e9formes. Cette priorit\u00e9 a aussi men\u00e9 \u00e0 faire endosser au FMI un r\u00f4le de coordination lors de l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;un code de conduite pour les fonds souverains, applicable \u00e0 titre volontaire. Un projet incluant ces bonnes pratiques doit \u00eatre mis sur pied avec les fonds souverains et pr\u00e9sent\u00e9 d&#8217;ici \u00e0 l&#8217;automne 2008. Le succ\u00e8s des r\u00e9formes du FMI se mesurera \u00e0 la rapidit\u00e9 avec laquelle l&#8217;institution adaptera sa m\u00e9thode de travail aux nouveaux objectifs strat\u00e9giques. C&#8217;est ce qui prouvera que le FMI a repris son r\u00f4le de leader du syst\u00e8me financier mondial, comme l&#8217;a annonc\u00e9 son nouveau directeur g\u00e9n\u00e9ral, Dominique Strauss-Kahn.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abR\u00e9serves officielles (sans l&#8217;or), 1945-2007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abEncours des cr\u00e9dits et des liquidit\u00e9s du FMI, 1984-2007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: La nouvelle formule de calcul des quotes-parts du FMI<\/b>&#13;<br \/>\nLa nouvelle formule de calcul des quotes-parts se fonde sur des variables macro\u00e9conomiques calcul\u00e9es et pond\u00e9r\u00e9es sur les moyennes de plusieurs ann\u00e9es. Leur valeur correspond \u00e0 la part d&#8217;un pays par rapport au total des membres. Afin d&#8217;att\u00e9nuer l&#8217;effet n\u00e9gatif de la pond\u00e9ration \u00e9lev\u00e9e du PIB pour les petits pays, la structure a \u00e9t\u00e9 dot\u00e9e d&#8217;un facteur de compression: Q = (0,5*Y + 0,3*O + 0,15*V + 0,05*R)kQ = quote-part d&#8217;un paysY = produit int\u00e9rieur brut (PIB), calcul\u00e9 selon la parit\u00e9 du pouvoir d&#8217;achat (40%) et le taux de change sur les march\u00e9s (60%) O = degr\u00e9 d&#8217;ouverture d&#8217;une \u00e9conomie nationale, mesur\u00e9 au total de la balance des transactions courantes V = volatilit\u00e9 des flux de capitaux et des \u00e9changes commerciaux internationaux R = r\u00e9serves officielles k = facteur de compression lin\u00e9aire de 0,95&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Les mesures d&#8217;assainissement du budget du FMI<\/b>&#13;<br \/>\nLa mesure la plus importante prise en mati\u00e8re de d\u00e9penses consiste en une diminution du personnel, accompagn\u00e9e d&#8217;une adaptation de l&#8217;organisation et des processus internes. Au cours des trois prochaines ann\u00e9es, le FMI supprimera environ 500 emplois sur 2900. Ces objectifs \u00e9conomiques ne seront pas globaux, mais adapt\u00e9s \u00e0 la nouvelle orientation strat\u00e9gique du FMI.La s\u00e9rie de mesures pr\u00e9vues du c\u00f4t\u00e9 des recettes vise \u00e0 assurer la base financi\u00e8re du FMI au moyen d&#8217;un mod\u00e8le de revenu adapt\u00e9 \u00e0 la diversit\u00e9 de ses t\u00e2ches et \u00e0 le rendre pr\u00e9visible. Les trois nouveaux \u00e9l\u00e9ments ci-apr\u00e8s devraient permettre d&#8217;obtenir les recettes suppl\u00e9mentaires escompt\u00e9es:1. La vente de 403,3 tonnes d&#8217;or, ce qui correspond \u00e0 environ 12% des avoirs en or du FMI, devrait rapporter 11 milliards d&#8217;USD. Cette recette sera vers\u00e9e \u00e0 un fonds sp\u00e9cial dont le rendement g\u00e9n\u00e9rera des rentr\u00e9es r\u00e9guli\u00e8res. La vente de cet or est soumise \u00e0 l&#8217;approbation du Conseil des gouverneurs et doit obtenir au moins 85% des voix. Elle n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e parce qu&#8217;elle doit obtenir d&#8217;abord le consentement formel des \u00c9tats-Unis (qui d\u00e9tiennent plus de 15% des voix). Par le biais d&#8217;une d\u00e9claration politique d&#8217;intention, les \u00c9tats-Unis ont assur\u00e9 qu&#8217;ils donneraient leur accord d&#8217;ici au printemps 2009.2. Le co\u00fbt d&#8217;administration du fonds de fiducie pour les pr\u00eats consentis aux pays \u00e0 faible revenu sera de nouveau rembours\u00e9 au budget du FMI. Ce remboursement, qui augmente la transparence des co\u00fbts, se fera \u00e0 partir de l&#8217;exercice durant lequel le Conseil des gouverneurs adoptera la d\u00e9cision autorisant les ventes d&#8217;or. Cette r\u00e9cup\u00e9ration des co\u00fbts ne modifiera en rien la capacit\u00e9 du FMI \u00e0 fournir des pr\u00eats concessionnels aux pays \u00e0 faible revenu. Le fonds de fiducie pour les pr\u00eats octroy\u00e9s \u00e0 ces pays est subventionn\u00e9 par les pays donateurs et administr\u00e9 ind\u00e9pendamment du budget ordinaire.3. Le FMI, comme d&#8217;autres institutions internationales, aura davantage d&#8217;occasions d&#8217;asseoir la viabilit\u00e9 de ses finances et d&#8217;adapter au besoin sa strat\u00e9gie de placement, tout en poursuivant un style d&#8217;investissement conservateur et passif. L&#8217;\u00e9largissement des possibilit\u00e9s d&#8217;investissement permettra d&#8217;augmenter le rendement moyen pr\u00e9visible du compte d&#8217;investissement cr\u00e9\u00e9 en 2006 et, de l\u00e0, les ressources du FMI.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13; Les d\u00e9fis et les changements sont une chance &#13; L&#8217;\u00e9volution de l&#8217;\u00e9conomie mondiale et, en particulier, la mondialisation des march\u00e9s financiers ont, une nouvelle fois, raviv\u00e9 la discussion sur le r\u00f4le du FMI. 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Cette r\u00e9forme renforce le r\u00f4le central que tient le FMI dans le d\u00e9pistage pr\u00e9coce des risques encourus par le syst\u00e8me financier global et dans la pr\u00e9vention des crises financi\u00e8res. Une premi\u00e8re \u00e9tape a consist\u00e9 \u00e0 modifier la structure des quotes-parts et la repr\u00e9sentation des membres. 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