{"id":153590,"date":"2008-06-01T12:00:00","date_gmt":"2008-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/06\/frick-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:11:21","modified_gmt":"2023-08-23T23:11:21","slug":"frick-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/06\/frick-2\/","title":{"rendered":"Efficience des d\u00e9penses cantonales consacr\u00e9es \u00e0 la formation professionnelle"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL&#8217;objet de l&#8217;\u00e9tude L&#8217;\u00e9tude compl\u00e8te (Frick 2008) fait partie d&#8217;un projet donn\u00e9 en mandat par le Seco en vue d&#8217;obtenir une comparaison horizontale de l&#8217;efficacit\u00e9 des prestations offertes exclusivement ou de mani\u00e8re pr\u00e9pond\u00e9rante par les cantons ou les communes. Elle sert aussi \u00e0 actualiser et \u00e0 approfondir une enqu\u00eate ant\u00e9rieure portant sur les d\u00e9penses publiques consacr\u00e9es \u00e0 la formation professionnelle (voir Frick\/Staib 1999). sur laquelle se fonde cet article est d&#8217;\u00e9tablir un classement des niveaux d&#8217;importance des d\u00e9penses par \u00e9colier du degr\u00e9 secondaire II (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<br \/>\nLe degr\u00e9 secondaire II du syst\u00e8me suisse de formation suit l&#8217;instruction obligatoire (\u00e9cole primaire, niveau secondaire I) et se subdivise entre formations g\u00e9n\u00e9rale et professionnelle, cette derni\u00e8re \u00e9tant la seule qui nous int\u00e9resse icia. La formation professionnelle initiale du degr\u00e9 secondaire II peut s&#8217;effectuer sous la forme d&#8217;un apprentissage en entreprise ou d&#8217;un enseignement professionnel purement scolaire. En Suisse, l&#8217;apprentissage est la formation professionnelle initiale la plus r\u00e9pandue; il comprend une partie pratique effectu\u00e9e en entreprise et un enseignement g\u00e9n\u00e9ral et sp\u00e9cialis\u00e9 dispens\u00e9 dans une \u00e9cole professionnelle, compl\u00e9t\u00e9 le cas \u00e9ch\u00e9ant par des cours interentreprises (syst\u00e8me dual ou trial). Plus des trois quarts des jeunes qui ont opt\u00e9 pour une formation professionnelle sont en r\u00e9gime d&#8217;apprentissage. Les formations professionnelles purement scolaires s&#8217;effectuent principalement \u00e0 temps complet et dans une moindre mesure \u00e0 temps partiel.Les co\u00fbts de la formation professionnelle des apprentis en entreprise sont pris en charge par les entreprises formatrices. Les d\u00e9penses consacr\u00e9es par les cantons (communes comprises) dans ce domaine servent en grande partie \u00e0 couvrir les co\u00fbts de la formation professionnelle scolaire; les contributions de la Conf\u00e9d\u00e9ration alimentent pour l&#8217;essentiel les budgets cantonaux. La pr\u00e9sente \u00e9tude les met en relation avec la participation \u00e0 l&#8217;enseignement \u00e0 des fins professionnelles. Voil\u00e0 pourquoi nous utilisons ici le terme g\u00e9n\u00e9rique \u00ab\u00e9coliers\/\u00e8res\u00bb pour d\u00e9signer les apprenants, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;apprentis ou de personnes terminant une formation professionnelle purement scolaire.), qui puisse \u00eatre lu comme un tableau comparatif de l&#8217;efficience des co\u00fbts. \u00c0 cette fin, il a fallu commencer par soumettre \u00e0 un examen critique la qualit\u00e9 des donn\u00e9es relatives aux finances publiques et \u00e0 la statistique des \u00e9coliers, sur lesquelles repose la comparaison. Il a ensuite fallu tenir compte des facteurs qui &#8211; tels les caract\u00e9ristiques structurelles des syst\u00e8mes cantonaux de formation ou les diff\u00e9rents co\u00fbts des intrants &#8211; influent sur le montant des d\u00e9penses cantonales de formation sans exprimer pour autant des diff\u00e9rences d&#8217;efficience. On a, enfin, estim\u00e9 sur cette base une fonction fronti\u00e8re stochastique permettant de d\u00e9terminer un niveau de d\u00e9penses optimal et d&#8217;observer les \u00e9carts des cantons par rapport \u00e0 elle Voir Coelli et al. (2005). En raison des donn\u00e9es disponibles, l&#8217;estimation n&#8217;a pas port\u00e9 sur une fonction fronti\u00e8re de production ou de co\u00fbts, comme c&#8217;est habituellement le cas des \u00e9tudes d&#8217;efficience, mais sur une fonction fronti\u00e8re de d\u00e9penses.. Ne disposant pas de toutes les donn\u00e9es n\u00e9cessaires, nous n&#8217;avons pas pris en consid\u00e9ration les \u00e9ventuelles diff\u00e9rences dans la qualit\u00e9 des r\u00e9sultats de la formation ou des syst\u00e8mes qui y pr\u00e9sident. Il est donc impossible de dire dans quelle mesure les divers niveaux de d\u00e9penses se justifient, le cas \u00e9ch\u00e9ant, par des diff\u00e9rences de qualit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Diff\u00e9rences cantonales en mati\u00e8re de d\u00e9penses<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSur la p\u00e9riode 1990-2004, le classement des cantons en fonction de leurs d\u00e9penses par \u00e9colier est rest\u00e9 relativement stable. Compte tenu des variations annuelles irr\u00e9guli\u00e8res de certains d&#8217;entre eux, il est utile de travailler sur la base d&#8217;une moyenne pluriannuelle. Ipso facto, la position actuelle de tel ou tel canton peut s&#8217;en trouver fauss\u00e9e. On a renonc\u00e9 \u00e0 une analyse selon les orientations professionnelles, les bases de donn\u00e9es aff\u00e9rentes souffrant de lacunes et d&#8217;irr\u00e9gularit\u00e9s trop importantes pour une comparaison rationnelle. La quote-part des divers groupes professionnels dans la population totale des apprenants figure, toutefois, dans le mod\u00e8le comme variable indicative. Les d\u00e9penses d&#8217;investissement pr\u00e9sentent aussi des variations irr\u00e9guli\u00e8res. L&#8217;analyse s&#8217;est donc concentr\u00e9e sur les d\u00e9penses courantes du degr\u00e9 secondaire II.\u00a0La plupart des cantons se situent dans une fourchette de +\/-25% par rapport \u00e0 la moyenne suisse. Les cantons de GE et NE pr\u00e9sentent des co\u00fbts nettement plus \u00e9lev\u00e9s que la moyenne; les d\u00e9penses des cantons de GL, SZ et UR (voir graphique 1) sont en revanche beaucoup plus faibles. Dans certains cantons, les d\u00e9penses par \u00e9colier ont sensiblement augment\u00e9 (p. ex. \u00e0 BS et TG) ou, au contraire, diminu\u00e9 (p. ex. \u00e0 GE et ZH) au fil du temps. Durant la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e, la dispersion des cantons autour de la moyenne a peu chang\u00e9. \u00c0 partir de 2002, elle a quelque peu recul\u00e9, bien que l&#8217;ampleur de cette baisse ne d\u00e9passe pas ce qu&#8217;on est en droit d&#8217;attendre en tout temps d&#8217;un programme g\u00e9n\u00e9ral d&#8217;\u00e9conomies, de sorte qu&#8217;elle ne saurait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en l&#8217;\u00e9tat comme l&#8217;effet anticip\u00e9 de la nouvelle loi sur la formation professionnelle, entr\u00e9e en vigueur au d\u00e9but de 2004 Cette nouvelle loi pr\u00e9voit, pour la participation financi\u00e8re de la Conf\u00e9d\u00e9ration aux d\u00e9penses de formation professionnelle, le passage du syst\u00e8me actuel de subventionnement ax\u00e9 sur les \u00abco\u00fbts d\u00e9terminants\u00bb \u00e0 celui \u00abdes forfaits bas\u00e9s sur les t\u00e2ches\u00bb. Cette mesure devrait renforcer l&#8217;incitation \u00e0 proposer des offres de formation professionnelle financi\u00e8rement avantageuses. .&#13;<\/p>\n<h2>Inconsistances des donn\u00e9es<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne partie des diff\u00e9rences observables entre cantons en mati\u00e8re de d\u00e9penses par \u00e9colier reviennent aux inconsistances des bases de donn\u00e9es. Ainsi, les chiffres des cantons comprennent en quantit\u00e9s variables des d\u00e9penses de nature non scolaire (p. ex. les salaires des personnes en formation du secteur sanitaire), que le caract\u00e8re insuffisamment d\u00e9taill\u00e9 de la base de donn\u00e9es n&#8217;a pas permis d&#8217;isoler et d&#8217;extraire. De m\u00eame, il n&#8217;est pas possible de distinguer les contributions aux institutions priv\u00e9es que versent d&#8217;autres cantons, ce qui fait que les d\u00e9penses par \u00e9colier semblent trop \u00e9lev\u00e9es dans les cantons payeurs et trop basses dans les cantons b\u00e9n\u00e9ficiaires. Certains co\u00fbts d&#8217;infrastructure (p. ex. les loyers) ne sont, par ailleurs, pas partout comptabilis\u00e9s en tant que d\u00e9penses. Enfin, il peut exister des disparit\u00e9s entre les statistiques financi\u00e8re et scolaire lors de la r\u00e9partition entre secondaire et tertiaire. Aucune am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 des donn\u00e9es n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es.\u00a0Quelle influence ces probl\u00e8mes de donn\u00e9es exercent-ils sur le classement des cantons? Une comparaison avec les r\u00e9sultats d&#8217;une \u00e9tude ind\u00e9pendante sur les d\u00e9penses de formation professionnelle et les conditions de la formation initiale, effectu\u00e9e par PricewaterhouseCoopers (PwC) sur mandat de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT), d\u00e9ment l&#8217;existence d&#8217;une influence d\u00e9terminante Voir PwC (2002).. Bien que l&#8217;approche m\u00e9thodologique diff\u00e9rente de l&#8217;enqu\u00eate de PwC permette largement d&#8217;\u00e9viter les lacunes propres \u00e0 notre base de donn\u00e9es, les r\u00e9sultats lui sont relativement fid\u00e8les (la corr\u00e9lation atteint 0,79 pour les ann\u00e9es 2004\/2005). De plus, il faudrait pouvoir contr\u00f4ler au moins partiellement l&#8217;existence de lacunes statistiques dans le cadre des analyses \u00e9conom\u00e9triques.&#13;<\/p>\n<h2>Les facteurs structurels du diff\u00e9rentiel des d\u00e9penses<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour d\u00e9terminer les causes structurelles des diff\u00e9rences observ\u00e9es au chapitre des d\u00e9penses individuelles, nous avons appliqu\u00e9 un mod\u00e8le \u00e9conom\u00e9trique comportant diverses caract\u00e9ristiques structurelles cantonales ainsi que des variables muettes pour les divers cantons et ann\u00e9es consid\u00e9r\u00e9s (voir tableau 1). Le choix des valeurs explicatives s&#8217;est effectu\u00e9 de mani\u00e8re pragmatique en fonction des donn\u00e9es disponibles. \u00a0Il s&#8217;agit d&#8217;abord de savoir si les orientations professionnelles sont li\u00e9es \u00e0 des variations dans les d\u00e9penses. La quote-part des \u00e9coliers dans les diff\u00e9rentes orientations professionnelles est probablement assortie d&#8217;un probl\u00e8me de d\u00e9penses \u00e9trang\u00e8res au domaine scolaire. La proportion d&#8217;\u00e9coli\u00e8res pourrait \u00eatre un indicateur suppl\u00e9mentaire de diff\u00e9rences dans les structures professionnelles, et celle des \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers un indicateur pertinent des efforts consacr\u00e9s en mati\u00e8re d&#8217;int\u00e9gration. Par ailleurs, les formations initiales \u00e0 temps complet sont plus co\u00fbteuses que l&#8217;apprentissage ou que les formations \u00e0 temps partiel &#8211; en raison du nombre d&#8217;heures d&#8217;enseignement mais aussi, par exemple, parce que les co\u00fbts des cours pratiques dispens\u00e9s en atelier sont pris en charge par l&#8217;entreprise formatrice (pour ses apprentis) Si l&#8217;on estime le nombre d&#8217;\u00e9coliers en \u00e9quivalents temps plein pour contr\u00f4ler leur pourcentage, la dispersion des \u00e9carts par rapport aux valeurs cantonales se r\u00e9duit de moiti\u00e9 par rapport \u00e0 la moyenne suisse.. L&#8217;inscription aux diverses ann\u00e9es de cours peut \u00eatre un indicateur de la dur\u00e9e de la formation initiale. On suppose que les formations de longue dur\u00e9e sont plus exigeantes et donc qu&#8217;elles accroissent le volume des d\u00e9penses.\u00a0Le poids des d\u00e9penses de la part des \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles priv\u00e9es subventionn\u00e9es dans l&#8217;ensemble des d\u00e9penses peut r\u00e9v\u00e9ler divers degr\u00e9s d&#8217;efficience des prestations fournies. La litt\u00e9rature traitant du \u00abchoix public\u00bb invite \u00e0 conclure que les \u00e9coles priv\u00e9es sont g\u00e9r\u00e9es \u00e0 moindre co\u00fbt que les \u00e9coles publiques L&#8217;influence n\u00e9gative de la part des \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles priv\u00e9es subventionn\u00e9es pourrait aussi \u00eatre due au fait que pour les \u00e9coles publiques, les d\u00e9penses sont comptabilis\u00e9es selon le principe des chiffres bruts alors que pour les \u00e9tablissements priv\u00e9s, elles le sont selon les chiffres nets.. Le rapport num\u00e9rique entre les \u00e9coliers des \u00e9tablissements priv\u00e9s non subventionn\u00e9s et ceux des \u00e9coles publiques ou subventionn\u00e9es peut servir \u00e0 mesurer la pression concurrentielle exerc\u00e9e par les \u00e9coles priv\u00e9es.\u00a0Au chapitre de la structure des d\u00e9penses, il s&#8217;agit de d\u00e9terminer si des sorties d&#8217;argent \u00e9lev\u00e9es se r\u00e9percutent plus particuli\u00e8rement sur une quelconque rubrique. En prenant en consid\u00e9ration les contributions courantes \u00e0 des tiers, on peut int\u00e9grer les transferts \u00e0 d&#8217;autres cantons. Un rapport \u00e9lev\u00e9 entre investissements et d\u00e9penses courantes peut se traduire par des effets d&#8217;\u00e9viction, mais aussi, \u00e0 un stade ult\u00e9rieur, par un volume plus important de d\u00e9penses courantes.\u00a0Pour ce qui est des contributions d&#8217;autres collectivit\u00e9s territoriales, on pense qu&#8217;elles incitent les cantons b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e0 d\u00e9penser puisqu&#8217;elles n&#8217;imposent pas de charge \u00e0 leurs contribuables. Il faut, toutefois, tenir compte du fait que sous le r\u00e9gime de l&#8217;ancienne loi sur la formation professionnelle, les subventions f\u00e9d\u00e9rales \u00e9taient coupl\u00e9es \u00e0 la capacit\u00e9 financi\u00e8re des cantons; elles atteignent de ce fait un niveau \u00e9lev\u00e9 dans les cantons financi\u00e8rement faibles et dont les ressources consacr\u00e9es \u00e0 la formation sont restreintes.\u00a0Parmi les possibles facteurs de co\u00fbts (salaires, frais de capital, loyers, etc.), seul les salaires ont pu \u00eatre pris en consid\u00e9ration ici en raison des donn\u00e9es disponibles. Une moyenne et une amplitude ont \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9es sur la base des salaires minimaux et maximaux Ces donn\u00e9es nous ont \u00e9t\u00e9 fournies par l&#8217;Association fa\u00eeti\u00e8re des enseignantes et enseignants suisses (LCH)..\u00a0On recourt au nombre d&#8217;\u00e9coliers pour saisir les effets d&#8217;\u00e9chelle; ceux-ci sont discernables lorsque le nombre en question exerce un effet n\u00e9gatif sur les d\u00e9penses individuelles. Le rapport entre la population et le nombre d&#8217;\u00e9coliers peut \u00eatre un indicateur d&#8217;attractivit\u00e9 de p\u00f4le, dans la mesure o\u00f9 le canton concern\u00e9 attire \u00e0 lui des \u00e9coliers d&#8217;autres cantons, ce qui soulignerait l&#8217;existence d&#8217;une sp\u00e9cialisation. Pour la taille des \u00e9tablissements (nombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves par \u00e9cole) et l&#8217;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de l&#8217;offre de formation (nombre de professions), l&#8217;\u00e9tude n&#8217;a pu utiliser que les donn\u00e9es de l&#8217;ann\u00e9e 2004.\u00a0On a, enfin, consid\u00e9r\u00e9 divers indicateurs politico-\u00e9conomiques susceptibles d&#8217;influer sur les comportements en mati\u00e8re de d\u00e9penses. Citons par exemple l&#8217;indice de la d\u00e9mocratie directe, fond\u00e9 sur l&#8217;id\u00e9e que si celle-ci est \u00e9lev\u00e9e, cela se traduit par une utilisation parcimonieuse des ressources fiscales Donn\u00e9es tir\u00e9es de K\u00fcttel (2001) et Fischer (2005).. L&#8217;indice de capacit\u00e9 financi\u00e8re de l&#8217;Administration f\u00e9d\u00e9rale des finances (AFF) mesure quant \u00e0 lui le potentiel fiscal des cantons et l&#8217;on estime qu&#8217;une forte capacit\u00e9 financi\u00e8re tend \u00e0 se traduire par des d\u00e9penses plus importantes. Pour caract\u00e9riser la situation financi\u00e8re des cantons, Soguel et al. (2007) calculent un indicateur synth\u00e9tique. Une situation financi\u00e8re favorable peut \u00e0 la fois influer positivement sur les d\u00e9penses et refl\u00e9ter une grande retenue \u00e0 leur \u00e9gard. Enfin, une variable muette concernant les r\u00e9gions linguistiques pourrait tenir compte des diverses influences culturelles qui marquent les syst\u00e8mes scolaires cantonaux.\u00a0Un mod\u00e8le de base a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9, ainsi qu&#8217;un autre enrichi de quelques variables. Ces mod\u00e8les ont permis d&#8217;assurer une bonne adaptation aux donn\u00e9es (R2: respectivement 0,93 et 0,94). Une grande partie de la variance a \u00e9t\u00e9 couverte par les \u00abmuettes\u00bb cantonales. Toutefois, celles-ci ne refl\u00e8tent pas seulement des diff\u00e9rences d&#8217;efficience entre cantons, mais aussi d&#8217;autres facteurs cantonaux sp\u00e9cifiques. Si, de leur c\u00f4t\u00e9, les muettes cantonales sont r\u00e9gress\u00e9es sur les facteurs structurels s\u00e9lectionn\u00e9s, ceux-ci peuvent expliquer plus de 90% de la variance.&#13;<\/p>\n<h2>Estimer la fronti\u00e8re des d\u00e9penses pour indiquer les r\u00e9serves d&#8217;efficience<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans une \u00e9tape ult\u00e9rieure, on a estim\u00e9 une fonction fronti\u00e8re stochastique afin de d\u00e9terminer le niveau optimum de d\u00e9penses en fonction des variables explicatives (d\u00e8s lors sans les muettes cantonales) ainsi que la position relative de chaque canton \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de cette limite optimale Dans ce cas, la variable \u00e0 expliquer est la somme logarithmique des d\u00e9penses courantes et non le montant des d\u00e9penses par \u00e9l\u00e8ve comme dans l&#8217;estimation pr\u00e9c\u00e9dente. Pour saisir les effets d&#8217;\u00e9chelle, la variable de la droite utilis\u00e9e dans cette \u00e9quation est le carr\u00e9 du nombre (logarithmique) des \u00e9coliers.. Ont une influence positive significative sur les d\u00e9penses la part des \u00e9coliers \u00e0 temps complet et les salaires du personnel enseignant, la part des d\u00e9penses de biens et services et des contributions courantes dans le total des d\u00e9penses (par rapport aux d\u00e9penses de personnel) de m\u00eame que la part des \u00e9coli\u00e8res. La part des \u00e9coliers des \u00e9coles priv\u00e9es subventionn\u00e9es dans le nombre total d&#8217;\u00e9l\u00e8ves ainsi que le rapport num\u00e9rique entre \u00e9coliers et population ont, par contre, une influence n\u00e9gative. Parmi les orientations professionnelles, on note l&#8217;influence positive qu&#8217;exercent sur les d\u00e9penses la part des professions sanitaires et sociales, et celle des autres professions dans les grandeurs de r\u00e9f\u00e9rence des professions industrielles et artisanales; les parts des m\u00e9tiers de l&#8217;agriculture et du commerce ont une influence n\u00e9gative. L&#8217;influence n\u00e9gative du nombre (au carr\u00e9) d&#8217;\u00e9coliers trahit des effets d&#8217;\u00e9chelle positifs.\u00a0Si l&#8217;on compare ces r\u00e9sultats au pr\u00e9c\u00e9dent mod\u00e8le de r\u00e9gression ou d&#8217;\u00e9valuation des effets cantonaux, l&#8217;influence positive de la part des \u00e9coliers \u00e0 temps complet semble bien attest\u00e9e. L&#8217;influence positive de la part des professions sanitaires et sociales, de celle des \u00e9coli\u00e8res, de celle des d\u00e9penses de biens et services et des contributions courantes dans le total des d\u00e9penses ainsi que l&#8217;influence du rapport entre nombre d&#8217;\u00e9coliers et population trouvent \u00e9galement confirmation, tout comme l&#8217;influence n\u00e9gative de la part d&#8217;\u00e9coliers des \u00e9coles subventionn\u00e9es. Le nombre d&#8217;\u00e9coliers en tant qu&#8217;indicateur d&#8217;effets d&#8217;\u00e9chelle, ainsi que l&#8217;influence positive du diff\u00e9rentiel des salaires re\u00e7oivent dans l&#8217;\u00e9valuation des effets cantonaux le signe inverse, ce qui relativise quelque peu leur r\u00f4le. L&#8217;influence des autres variables est moins bien assur\u00e9e.\u00a0Les \u00e9carts des cantons par rapport \u00e0 la fronti\u00e8re des d\u00e9penses r\u00e9v\u00e8lent l&#8217;existence dans la plupart d&#8217;entre eux d&#8217;un potentiel d&#8217;am\u00e9lioration du rapport co\u00fbt-efficacit\u00e9 (voir graphique 2). Les caract\u00e9ristiques structurelles prises en compte ne r\u00e9duisent que d&#8217;un tiers la dispersion des valeurs cantonales. Les \u00e9carts sont particuli\u00e8rement accus\u00e9s dans les cantons de NE et du JU, alors que les cantons d&#8217;UR, SZ et OW sont tr\u00e8s proches des limites de d\u00e9penses. N\u00e9anmoins, comme les distorsions statistiques sont vraisemblablement plus lourdes pour les petits cantons que pour les grands, UR, OW et SZ ne sont probablement pas des r\u00e9f\u00e9rences fiables.&#13;<\/p>\n<h2>N\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;enqu\u00eates suppl\u00e9mentaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nM\u00eame les \u00e9carts \u00e9valu\u00e9s par rapport \u00e0 la limite des d\u00e9penses ne constituent sans doute pas une mesure d&#8217;efficience tout \u00e0 fait s\u00fbre, car il n&#8217;est pas exclu qu&#8217;ils soient encore influenc\u00e9s par des effets structurels non v\u00e9rifi\u00e9s ou insuffisamment v\u00e9rifi\u00e9s et qu&#8217;ils reposent sur des donn\u00e9es lacunaires. Ils doivent donc \u00eatre mani\u00e9s avec la plus grande prudence. Par cons\u00e9quent, les r\u00e9sultats actuels ne devraient constituer qu&#8217;un point de d\u00e9part pour des clarifications plus pouss\u00e9es incluant \u00e9galement les responsables cantonaux de la formation professionnelle, comme le pr\u00e9voit l&#8217;analyse comparative. Cela permettrait d&#8217;obtenir, sur des facteurs d&#8217;influence n\u00e9glig\u00e9s jusqu&#8217;ici ainsi que sur certains probl\u00e8mes statistiques, des \u00e9claircissements dont la prise en compte pourrait nous offrir \u00e0 l&#8217;avenir des estimations plus fiables. De m\u00eame, il serait souhaitable, pour les prochaines enqu\u00eates, de disposer de donn\u00e9es sur la qualit\u00e9 des r\u00e9sultats concernant les formations professionnelles.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abD\u00e9penses courantes par \u00e9l\u00e8ve, ensemble de la formation professionnelle, \u00e9carts par rapport \u00e0 la moyenne nationale des ann\u00e9es 1990-2004, en&nbsp;%\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00ab\u00c9carts par rapport au plafond des d\u00e9penses et d\u00e9penses par \u00e9l\u00e8ve\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abAper\u00e7u des facteurs d&#8217;influence et des mod\u00e8les\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: La formation professionnelle au degr\u00e9 secondaire II<\/b>&#13;<br \/>\nLe degr\u00e9 secondaire II du syst\u00e8me suisse de formation suit l&#8217;instruction obligatoire (\u00e9cole primaire, niveau secondaire I) et se subdivise entre formations g\u00e9n\u00e9rale et professionnelle, cette derni\u00e8re \u00e9tant la seule qui nous int\u00e9resse icia. La formation professionnelle initiale du degr\u00e9 secondaire II peut s&#8217;effectuer sous la forme d&#8217;un apprentissage en entreprise ou d&#8217;un enseignement professionnel purement scolaire. En Suisse, l&#8217;apprentissage est la formation professionnelle initiale la plus r\u00e9pandue; il comprend une partie pratique effectu\u00e9e en entreprise et un enseignement g\u00e9n\u00e9ral et sp\u00e9cialis\u00e9 dispens\u00e9 dans une \u00e9cole professionnelle, compl\u00e9t\u00e9 le cas \u00e9ch\u00e9ant par des cours interentreprises (syst\u00e8me dual ou trial). Plus des trois quarts des jeunes qui ont opt\u00e9 pour une formation professionnelle sont en r\u00e9gime d&#8217;apprentissage. Les formations professionnelles purement scolaires s&#8217;effectuent principalement \u00e0 temps complet et dans une moindre mesure \u00e0 temps partiel.Les co\u00fbts de la formation professionnelle des apprentis en entreprise sont pris en charge par les entreprises formatrices. Les d\u00e9penses consacr\u00e9es par les cantons (communes comprises) dans ce domaine servent en grande partie \u00e0 couvrir les co\u00fbts de la formation professionnelle scolaire; les contributions de la Conf\u00e9d\u00e9ration alimentent pour l&#8217;essentiel les budgets cantonaux. La pr\u00e9sente \u00e9tude les met en relation avec la participation \u00e0 l&#8217;enseignement \u00e0 des fins professionnelles. Voil\u00e0 pourquoi nous utilisons ici le terme g\u00e9n\u00e9rique \u00ab\u00e9coliers\/\u00e8res\u00bb pour d\u00e9signer les apprenants, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;apprentis ou de personnes terminant une formation professionnelle purement scolaire.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Bibliographie<\/b>&#13;<br \/>\n&#8211; Coelli T.J., Prasada Rao D.S., O&#8217;Donnell C.J. et Battese G.E. , An Introduction to Efficiency and Productivity Analysis, New York, 2005, Springer.- Fischer J.A.V., The Impact of Direct Democracy on Society, dissertation n\u00b0 3074, universit\u00e9 de Saint-Gall, Bamberg, 2005.- Frick A., Benchmarking \u00f6ffentlicher Leistungen anhand des Fallbeispiels \u00abBerufsbildung\u00bb: Vergleich der kantonalen Ausgaben f\u00fcr die Berufsbildung, enqu\u00eate effectu\u00e9e sur mandat du Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie SECO, Berne, 2008. &#8211; Frick A. et Staib D., \u00d6ffentliche Finanzierung der Berufsbildung in der Schweiz, \u00e9tude effectu\u00e9e sur mandat de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la formation professionnelle et de la technologie OFFT, KOF EPF Zurich, 1999.- K\u00fcttel D., Fiscal Policy, Economic Performance and Institutions of Swiss Cantons, dissertation, universit\u00e9 de B\u00e2le, dissertation.de, Berlin, 2001.- Strausak C. et Blaser B., Finanzierung der Berufsbildung, Berne, 2002, PricewaterhouseCoopers (PwC).- Soguel N., Bizzozero G. et Chatagny F., \u00abComparatif 2006 des finances cantonales et communales\u00bb, Cahier de l&#8217;IDHEAP, n\u00b0 232, 2007, Chavannes\/Lausanne.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&#13; &#13; L&#8217;objet de l&#8217;\u00e9tude L&#8217;\u00e9tude compl\u00e8te (Frick 2008) fait partie d&#8217;un projet donn\u00e9 en mandat par le Seco en vue d&#8217;obtenir une comparaison horizontale de l&#8217;efficacit\u00e9 des prestations offertes exclusivement ou de mani\u00e8re pr\u00e9pond\u00e9rante par les cantons ou les communes. 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