{"id":153675,"date":"2008-05-01T12:00:00","date_gmt":"2008-05-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/05\/furrer-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:11:30","modified_gmt":"2023-08-23T23:11:30","slug":"furrer-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/05\/furrer-6\/","title":{"rendered":"Les nouveaux axes strat\u00e9giques de la Suisse en mati\u00e8re de coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200805_04_Furrer_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"307\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa politique et la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement sont soumises \u00e0 des changements permanents. Elles r\u00e9clament de ce fait des efforts d&#8217;actualisation r\u00e9guliers et cibl\u00e9s. La question qui se pose donc aujourd&#8217;hui est celle des principaux d\u00e9fis \u00e0 relever par la coop\u00e9ration. En font partie la mondialisation, le commerce et les investissements, la pauvret\u00e9 et les in\u00e9galit\u00e9s, la croissance d\u00e9mographique constante, avec ses probl\u00e8mes de migration et d&#8217;urbanisation, ainsi que l&#8217;\u00e9cologie (principalement les cons\u00e9quences des changements climatiques).&#13;<\/p>\n<h2>Principaux d\u00e9fis de la politique de d\u00e9veloppement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mondialisation renforce les activit\u00e9s transfronti\u00e8res et intensifie les liens \u00e9conomiques, politiques et juridiques ainsi que les rapports sociaux entre les pays, les soci\u00e9t\u00e9s, les institutions et les individus. Les innovations technologiques entra\u00eenent de profondes transformations des interd\u00e9pendances entre l&#8217;\u00e9conomie (songeons p. ex. \u00e0 la division internationale du travail, \u00e0 la lib\u00e9ralisation du commerce, au d\u00e9veloppement des investissements), la soci\u00e9t\u00e9 (homog\u00e9n\u00e9isation culturelle et contre-mouvements, migrations) et l&#8217;environnement (exploitation des ressources, changement climatique). Pour certains pays en d\u00e9veloppement, cette dynamique internationale a des effets en termes d&#8217;avantages et de d\u00e9fauts structurels. Elle ouvre la voie \u00e0 des strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement cibl\u00e9es, sources de chances &#8211; souvent inexploit\u00e9es encore -, mais aussi de risques pour ces pays.\u00a0Le commerce et les investissements directs sont le moteur de la mondialisation. Ces m\u00e9canismes efficaces, en stimulant la croissance \u00e9conomique, sont source de prosp\u00e9rit\u00e9 et de d\u00e9veloppement. La forte expansion de ces derni\u00e8res ann\u00e9es a am\u00e9lior\u00e9 les conditions de vie et augment\u00e9 les revenus de millions d&#8217;individus. La participation grandissante des pays en d\u00e9veloppement au commerce mondial, due notamment aux progr\u00e8s des \u00e9changes Sud-Sud, t\u00e9moigne du fait qu&#8217;un nombre croissant d&#8217;\u00c9tats et de groupes de population sont associ\u00e9s \u00e0 des syst\u00e8mes r\u00e9gionaux et plan\u00e9taires dont ils peuvent tirer profit. M\u00eame les nations les plus pauvres n&#8217;\u00e9chappent pas au mouvement, bien qu&#8217;\u00e0 un niveau plus faible. Cela dit, nombre de pays en d\u00e9veloppement ne parviennent pas encore \u00e0 exploiter de mani\u00e8re optimale leurs avantages concurrentiels, tels que la faiblesse des salaires ou la proximit\u00e9 des sources de mati\u00e8res premi\u00e8res. Leurs d\u00e9savantages structurels, \u00e0 des titres aussi divers que la taille du march\u00e9 int\u00e9rieur, les conditions locales, le syst\u00e8me \u00e9ducatif, les connexions aux r\u00e9seaux de transport ou la comp\u00e9titivit\u00e9, p\u00e8sent souvent lourd. Les faiblesses domestiques peuvent s&#8217;aggraver si les march\u00e9s acheteurs (internationaux) pr\u00e9sentent des probl\u00e8mes d&#8217;acc\u00e8s, en raison de leurs fortes exigences en mati\u00e8re de qualit\u00e9 ou des mesures protectionnistes qui les verrouillent. L&#8217;insertion d&#8217;une \u00e9conomie dans les circuits r\u00e9gionaux et plan\u00e9taires peut aussi imposer \u00e0 ses d\u00e9cideurs publics et priv\u00e9s des exigences contradictoires. Ainsi, l&#8217;agriculture qui est charg\u00e9e de produire suffisamment de nourriture pour une population locale en progression doit \u00e9galement pr\u00e9server la diversit\u00e9 biologique et les ressources naturelles, tout en satisfaisant \u00e0 la demande croissante de plantes \u00e9nerg\u00e9tiques.\u00a0La pauvret\u00e9 et les in\u00e9galit\u00e9s demeurent des d\u00e9fis de premi\u00e8re grandeur. Bien qu&#8217;au cours de ce dernier quart de si\u00e8cle, la part des personnes extr\u00eamement pauvres, celles qui per\u00e7oivent un revenu inf\u00e9rieur \u00e0 un USD par jour, ait diminu\u00e9 de plus de moiti\u00e9 pour tomber \u00e0 18% (2005), il reste toujours sur notre plan\u00e8te plus d&#8217;un milliard d&#8217;\u00eatres humains vivant sous la limite de la pauvret\u00e9 absolue (voir graphique 1). On estime \u00e0 deux milliards de personnes la population qui, en 2015, devra se contenter de moins de deux USD par jour pour vivre. Pour beaucoup d&#8217;entre elles, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire reste un d\u00e9fi quotidien ou aigu. Les diff\u00e9rences g\u00e9ographiques sont d&#8217;ailleurs frappantes: en Asie m\u00e9ridionale et du Sud-Est, la part des tr\u00e8s pauvres est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 ce qu&#8217;elle est en Afrique, alors qu&#8217;en chiffres absolus, c&#8217;est toujours en Asie que vivent la plupart des pauvres. Au sein m\u00eame de nombreux pays, le clivage entre pauvres et riches s&#8217;accentue. On le constate notamment au fait que 40% des personnes les plus pauvres vivent dans les pays qui ont d\u00e9j\u00e0 franchi un certain seuil de d\u00e9veloppement. \u00c0 la base de cette situation, on trouve les disparit\u00e9s d&#8217;origine (p. ex. formation, propri\u00e9t\u00e9) auxquelles il convient d&#8217;ajouter l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des chances (p. ex. en termes d&#8217;acc\u00e8s aux infrastructures, au capital), la transformation des m\u00e9thodes de production (p. ex. baisse des besoins en main-d&#8217;oeuvre non form\u00e9e au profit d&#8217;un personnel mieux qualifi\u00e9), et l&#8217;unilat\u00e9ralisme des programmes de d\u00e9veloppement (p. ex. en faveur de certaines zones \u00e9conomiques). On voit souvent, sur des march\u00e9s internationaux, des p\u00f4les de croissance prendre leur essor ind\u00e9pendamment de la petite paysannerie, des secteurs \u00e9conomiques traditionnels et de l&#8217;\u00e9conomie parall\u00e8le, qui continuent pourtant de nourrir une grande partie de la population active.\u00a0Un certain nombre de facteurs, tels qu&#8217;une croissance d\u00e9mographique soutenue, des possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement limit\u00e9es, des politiques agricoles rat\u00e9es, l&#8217;attrait &#8211; renforc\u00e9 par les m\u00e9dias &#8211; des m\u00e9tropoles en pleine croissance et l&#8217;internationalisation des march\u00e9s du travail, contribuent \u00e0 ce que de nombreuses personnes se trouvent \u00e0 l&#8217;\u00e9troit dans leur patrie d&#8217;origine et d\u00e9cident de s&#8217;exiler vers les grandes villes, les pays industrialis\u00e9s ou les \u00e9conomies \u00e9mergentes. Cette migration est un ph\u00e9nom\u00e8ne de masse qui touche tous les groupes de population, form\u00e9s ou non. Sur notre plan\u00e8te, un \u00eatre humain sur deux habite aujourd&#8217;hui dans une ville et 200 millions de personnes vivent hors de leur pays d&#8217;origine &#8211; et cette tendance se renforce. Il s&#8217;ensuit une urbanisation effr\u00e9n\u00e9e et le plus souvent incontr\u00f4l\u00e9e, qui n&#8217;affecte pas seulement la capacit\u00e9 et la volont\u00e9 d&#8217;accueil des populations locales, mais surcharge aussi les syst\u00e8mes d&#8217;approvisionnement des agglom\u00e9rations en eau (\u00e9gouts compris) et en \u00e9lectricit\u00e9 ainsi que leurs structures scolaires et leurs march\u00e9s du travail, sans parler des \u00e9cosyst\u00e8mes environnants. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, les populations de migrants (diaspora) sont une perte pour leurs pays d&#8217;origine (exode des cerveaux) mais, de l&#8217;autre, elles assurent \u00e0 ces pays un retour non n\u00e9gligeable en savoir-faire et en argent.\u00a0Consid\u00e9r\u00e9e comme l&#8217;une des composantes fondamentales du d\u00e9veloppement durable, la dimension \u00e9cologique figure depuis les ann\u00e9es nonante en bonne place dans les agendas nationaux et internationaux. La n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;agir se fait largement sentir devant l&#8217;aggravation de la situation: les deux tiers des \u00e9cosyst\u00e8mes sont, en effet, menac\u00e9s par la surexploitation et des nuisances incontr\u00f4l\u00e9es; l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 des sources d&#8217;eau (potable) est de plus en plus difficile; le changement climatique se traduit par une multiplication des ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames, un changement d&#8217;affectation des surfaces agricoles, la diffusion de maladies et des pouss\u00e9es migratoires. Les pays en d\u00e9veloppement sont les plus durement touch\u00e9s et doivent &#8211; en plus des exigences \u00abclassiques\u00bb de leur d\u00e9veloppement &#8211; faire face sur un large front aux modifications impos\u00e9es par les conditions climatiques g\u00e9n\u00e9rales (adaptation). Certains d&#8217;entre eux &#8211; notamment les grands pays \u00e9mergents en phase d&#8217;int\u00e9gration \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie mondiale &#8211; sont, en raison de la progression fulgurante de leur consommation de ressources et de leurs \u00e9missions, de plus en plus impliqu\u00e9s dans la d\u00e9gradation g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;environnement; c&#8217;est pourquoi il est toujours plus important de combattre les causes des nuisances (mitigation), en visant notamment une meilleure utilisation de l&#8217;\u00e9nergie et des ressources, garante d&#8217;une croissance \u00e9conomique aussi respectueuse que possible du milieu naturel.&#13;<\/p>\n<h2>Nouvelle orientation strat\u00e9gique de la communaut\u00e9 internationale&#8230;<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes exigences de la politique de d\u00e9veloppement concernent au m\u00eame titre les pays en d\u00e9veloppement et industrialis\u00e9s. En 2000, \u00e0 l&#8217;occasion du Sommet du Mill\u00e9naire, la communaut\u00e9 internationale a tr\u00e8s largement tenu compte du principe de la responsabilit\u00e9 commune et partag\u00e9e. Elle a fix\u00e9 un cadre normatif de r\u00e9f\u00e9rence pour huit Objectifs du Mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD), \u00e0 r\u00e9aliser d&#8217;ici 2015. Un premier bilan interm\u00e9diaire (au Sommet du Mill\u00e9naire+5, en 2005) a fait appara\u00eetre un tableau contrast\u00e9 et mis en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 de renforcer l&#8217;engagement de tous autant en termes de quantit\u00e9 que de qualit\u00e9 de l&#8217;aide.\u00a0Avec la D\u00e9claration de Paris sur l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;aide (2005), d&#8217;importants principes et mesures ont \u00e9t\u00e9 convenus en vue d&#8217;atteindre de meilleurs r\u00e9sultats. Les principaux postulats retenus sont les suivants: responsabilit\u00e9 des pays en d\u00e9veloppement, alignement des donateurs sur les priorit\u00e9s du d\u00e9veloppement des pays partenaires, meilleure utilisation de leurs institutions et syst\u00e8mes, enfin coordination et concentration des donateurs. Les exigences en mati\u00e8re de reddition des comptes ont \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9es et c&#8217;est \u00e0 travers elles que les mesures prises par les diff\u00e9rents acteurs sont \u00e9tudi\u00e9es. On a aussi pris au s\u00e9rieux la critique du public et de certains milieux d&#8217;experts \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du manque d&#8217;efficacit\u00e9 de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement et de ses lacunes en termes de coh\u00e9rence politique. Une partie des efforts visant \u00e0 moderniser l&#8217;aide et \u00e0 l&#8217;axer davantage vers des r\u00e9sultats s&#8217;appliquent \u00e9galement \u00e0 son architecture. Un nombre croissant d&#8217;institutions bilat\u00e9rales et multilat\u00e9rales, en l&#8217;occurrence d&#8217;acteurs publics et priv\u00e9s, contribuent par les (trop) nombreux programmes tr\u00e8s (trop) diversifi\u00e9s qu&#8217;elles mettent en oeuvre \u00e0 fragmenter l&#8217;effort de la coop\u00e9ration et \u00e0 \u00e9lever ses co\u00fbts de transaction. Le recentrage des institutions concern\u00e9es sur des t\u00e2ches et des comp\u00e9tences cl\u00e9s &#8211; de m\u00eame que les compl\u00e9ments apport\u00e9s \u00e0 diverses activit\u00e9s dans le cadre des programmes nationaux de d\u00e9veloppement &#8211; redonnera tout son impact \u00e0 l&#8217;aide fournie aux pays en d\u00e9veloppement. Cela \u00e9tant, cette aide ne rel\u00e8ve plus n\u00e9cessairement d&#8217;une seule institution ou d&#8217;un seul donateur, mais elle est assur\u00e9e &#8211; selon le principe de la division internationale du travail &#8211; par un collectif d&#8217;institutions professionnelles sp\u00e9cialis\u00e9es. De plus, l&#8217;importance des pays en d\u00e9veloppement est bien mieux prise en consid\u00e9ration, que ce soit pour la politique internationale ou pour la ma\u00eetrise de t\u00e2ches plan\u00e9taires telles que la stabilit\u00e9 financi\u00e8re, le changement climatique, les risques environnementaux, la s\u00e9curit\u00e9 ou la paix. Ces pays doivent donc \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 des initiatives internationales et \u00eatre pris davantage au s\u00e9rieux dans les relations bilat\u00e9rales.&#13;<\/p>\n<h2>&#8230;et de la Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nParticiper \u00e0 l&#8217;am\u00e9nagement de la coop\u00e9ration internationale et investir dans un futur durable pr\u00e9sente pour la Suisse des int\u00e9r\u00eats d&#8217;ordre \u00e9thique, \u00e9conomique et politique. Les investissements consentis aujourd&#8217;hui \u00e0 ces titres peuvent \u00e9viter demain de tr\u00e8s lourdes cons\u00e9quences financi\u00e8res. Les probl\u00e8mes multiples et souvent entrem\u00eal\u00e9s en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement soul\u00e8vent des demandes relevant de nombreux domaines politiques: relations \u00e9trang\u00e8res, s\u00e9curit\u00e9, \u00e9conomie ext\u00e9rieure, migrations, ordre international, environnement; leurs cons\u00e9quences varient en fonction des pays en d\u00e9veloppement. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, les activit\u00e9s ext\u00e9rieures qui leur sont li\u00e9es offrent des possibilit\u00e9s de synergie. Ainsi la cr\u00e9ation de normes et de l\u00e9gisla-tions \u00e9conomiques internationales ou la facilitation des \u00e9changes \u00e9conomiques sont des projets importants au regard de la politique de d\u00e9veloppement, qui peuvent au surplus interagir avec les objectifs de politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure de la Conf\u00e9d\u00e9ration Voir la troisi\u00e8me dimension de la strat\u00e9gie \u00e9conomique ext\u00e9rieure du Conseil f\u00e9d\u00e9ral (2005), qui pr\u00e9conise d&#8217;associer les pays en d\u00e9veloppement \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie mondiale, ainsi que le troisi\u00e8me axe de la strat\u00e9gie de politique ext\u00e9rieure (2006), qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la mondialisation en tant que facteur de d\u00e9veloppement.. Des mesures efficientes, satisfaisant toutes les parties, peuvent en \u00eatre tir\u00e9es. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, les d\u00e9cisions touchant aux politiques ext\u00e9rieure, environnementale, sanitaire ou \u00e9conomique (commerciale) peuvent aussi avoir des r\u00e9percussions sur les pays en d\u00e9veloppement et doivent d\u00e8s lors \u00eatre examin\u00e9es &#8211; au besoin optimis\u00e9es &#8211; sous l&#8217;angle de leur coh\u00e9rence avec la politique nationale de l&#8217;aide au d\u00e9veloppement. Un exemple souvent cit\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard est le soutien apport\u00e9 aux efforts visant \u00e0 ins\u00e9rer les pays en d\u00e9veloppement dans l&#8217;\u00e9conomie mondiale, alors m\u00eame que certains march\u00e9s de produits leur sont en grande partie, voire totalement inaccessibles.\u00a0Partant des besoins concrets et des rapides transformations de l&#8217;environnement international, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral veut asseoir la coop\u00e9ration suisse au d\u00e9veloppement sur trois piliers strat\u00e9giques:\u00a01) Contribution de la Suisse \u00e0 la r\u00e9alisation des OMD. \u00c0 l&#8217;aide de ses instruments bilat\u00e9raux et multilat\u00e9raux, la Suisse contribue \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9 et \u00e0 r\u00e9aliser les OMD. Elle doit pour cela se concentrer sur les pays pauvres et tr\u00e8s pauvres, notamment en Afrique. La priorit\u00e9 doit revenir au renforcement des ressources humaines et des institutions, surtout dans les domaines de la formation et de la sant\u00e9, ainsi que de la bonne gouvernance.\u00a02) Contribution de la Suisse \u00e0 la ma\u00eetrise des risques. La Suisse participe \u00e0 la diminution de l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 pour les populations. Les risques en question sont, par exemple, les crises locales et r\u00e9gionales ou les r\u00e9percussions du changement climatique. Dans les \u00c9tats fragiles, la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement doit avoir un effet stabilisateur. \u00a03) Contribution de la Suisse \u00e0 une mondialisation propice au d\u00e9veloppement. La Suisse soutient un d\u00e9veloppement \u00e9conomique durable et assorti de r\u00e8gles contribuant \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 des bienfaits de la mondialisation. L&#8217;accent est plac\u00e9 sur les pays \u00e0 faible et moyen revenus qui se sont engag\u00e9s dans un processus de r\u00e9forme s\u00e9rieux et prometteur. Sur le plan th\u00e9matique, la priorit\u00e9 est accord\u00e9e aux mesures de politique \u00e9conomique et commerciale, ainsi qu&#8217;au renforcement de la coop\u00e9ration favorable au d\u00e9veloppement entre les organisations r\u00e9gionales et multilat\u00e9rales.\u00a0\u00a0Sur cette base sont d\u00e9finis six domaines d&#8217;activit\u00e9 pour la coop\u00e9ration suisse au d\u00e9veloppement, qui ont chacun leur objectif et leur cible propres (voir tableau 1). \u00a0Cet ouvrage normatif sert de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration pour d\u00e9finir une strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement homog\u00e8ne. La Direction du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC) du D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res ainsi que le Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) du D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;\u00e9conomie sont responsables de la mise en oeuvre de l&#8217;aide publique suisse au d\u00e9veloppement. Les messages sur le financement des mesures de politique \u00e9conomique et commerciale au titre de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement (message Sud du Seco) et sur la continuation de la coop\u00e9ration technique et de l&#8217;aide financi\u00e8re en faveur des pays en d\u00e9veloppement (message Sud de la DDC) pr\u00e9sentent les domaines d&#8217;activit\u00e9 prioritaires de ces deux offices, d\u00e9crivent leurs responsabilit\u00e9s respectives, expliquent les mesures pr\u00e9vues et renseignent sur les pays prioritaires ainsi que sur le montant des fonds allou\u00e9s (voir l&#8217;article de M. Roth ainsi que celui de J.-L. Bernaconi et L. Schneller dans ce num\u00e9ro).&#13;<\/p>\n<h2>Principes de mise en oeuvre<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans ces six domaines de coop\u00e9ration, les mesures sont ex\u00e9cut\u00e9es par le biais de la coop\u00e9ration multilat\u00e9rale ou bilat\u00e9rale, \u00e0 chaque fois selon les besoins et les possibilit\u00e9s. Les strat\u00e9gies de coop\u00e9ration pluriannuelles, sp\u00e9cifiques aux diff\u00e9rents pays partenaires, forment la cl\u00e9 de vo\u00fbte de la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale. Dans la coop\u00e9ration multilat\u00e9rale, la Suisse influe sur le contenu des activit\u00e9s des institutions financi\u00e8res internationales, des organisations des Nations Unies et des fonds ou r\u00e9seaux mondiaux, en s&#8217;engageant activement dans leurs organes de direction et en coop\u00e9rant \u00e9troitement sur des th\u00e8mes pr\u00e9cis.\u00a0Pour accro\u00eetre l&#8217;efficacit\u00e9 de la coop\u00e9ration suisse au d\u00e9veloppement, l&#8217;aide sera davantage concentr\u00e9e g\u00e9ographiquement. Les crit\u00e8res qui serviront \u00e0 s\u00e9lectionner les pays prioritaires jusqu&#8217;en 2012 (voir encadr\u00e9 2 Pays prioritaires du Seco:\u00c9gypte, Ghana, Afrique du Sud, Indon\u00e9sie, Vietnam, Colombie, P\u00e9rouPays prioritaires de la DDC:B\u00e9nin, Burkina Faso, Mali, Mozambique, Niger, Tanzanie, Tchad, Bangladesh,N\u00e9pal, r\u00e9gion du M\u00e9kong, Bolivie, Am\u00e9rique centrale (programmes sp\u00e9ciaux dans la r\u00e9gion des Grands lacs, l&#8217;Afrique australe, l&#8217;Afghanistan, la Mongolie, la Palestine et Cuba).) tiennent compte des besoins des pays, du potentiel et des conditions \u00e0 remplir pr\u00e9alablement pour que l&#8217;aide puisse porter ses fruits, des avantages comparatifs de la coop\u00e9ration suisse et des int\u00e9r\u00eats de notre pays. De plus, l&#8217;aide sera davantage ax\u00e9e sur des th\u00e8mes. Parmi les principaux figurent la gouvernance, l&#8217;agriculture et la formation (DDC) ainsi que l&#8217;int\u00e9gration \u00e9conomique (Seco).\u00a0Afin de mettre en oeuvre les mesures pr\u00e9vues, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral demande au Parlement, pour les ann\u00e9es 2009 \u00e0 2012, un cr\u00e9dit-cadre de 4,5 milliards de francs pour la coop\u00e9ration technique et l&#8217;aide financi\u00e8re de la DDC ainsi qu&#8217;un autre de 0,8 milliard de francs pour les mesures de politique \u00e9conomique et commerciale du Seco. L&#8217;aide publique au d\u00e9veloppement (APD) repr\u00e9sentera alors 0,4% du revenu national brut (RNB). Elle reste ainsi en dessous de l&#8217;objectif de 0,7% d\u00e9fini par les Nations Unies et sa croissance demeure inf\u00e9rieure \u00e0 celle des budgets que les pays europ\u00e9ens consacrent \u00e0 l&#8217;aide au d\u00e9veloppement.&#13;<\/p>\n<h2>La Suisse pr\u00eate \u00e0 relever les d\u00e9fis<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCette nouvelle orientation strat\u00e9gique permet \u00e0 la Suisse de contribuer \u00e0 surmonter les nouveaux d\u00e9fis de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement. En renfor\u00e7ant l&#8217;importance des crit\u00e8res g\u00e9ographiques et th\u00e9matiques, la coop\u00e9ration suisse gagnera en efficacit\u00e9. Du m\u00eame coup, elle r\u00e9pond \u00e0 une exigence importante tant du Parlement que du Comit\u00e9 d&#8217;aide au d\u00e9veloppement de l&#8217;OCDE, qui tous deux pr\u00e9conisent d&#8217;organiser la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement davantage en fonction des avantages comparatifs. Le Parlement traitera les deux messages dans le courant de 2008. Il statuera sur les cr\u00e9dits-programmes destin\u00e9s \u00e0 financer la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abNombre de personnes vivant avec moins d&#8217;un USD par jour \/ quote-part dans la population, 1981-2004\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abLes six domaines de la coop\u00e9ration suisse au d\u00e9veloppement\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Les bases de la coop\u00e9ration suisse au d\u00e9veloppement La coop\u00e9ration suisse au d\u00e9veloppement repose sur la Constitution f\u00e9d\u00e9rale, la l\u00e9gislation et les ordonnances d&#8217;ex\u00e9cution, des rapports politiques et des messages du Conseil f\u00e9d\u00e9ral:- La Constitution f\u00e9d\u00e9rale stipule, en son article 54, que la Conf\u00e9d\u00e9ration contribue \u00e0 soulager les populations dans le besoin et \u00e0 lutter contre la pauvret\u00e9, \u00e0 promouvoir la coexistence pacifique des peuples et \u00e0 pr\u00e9server les ressources naturelles.- La loi f\u00e9d\u00e9rale de 1976 sur la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement et l&#8217;aide humanitaire internationales d\u00e9finit le cadre l\u00e9gal et les priorit\u00e9s strat\u00e9giques.- Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral s&#8217;assure de la coh\u00e9rence de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement dans des rapports politiques. Dans le Rapport sur la politique ext\u00e9rieure 2000, il \u00e9num\u00e8re cinq objectifs de politique ext\u00e9rieure auxquels la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement apporte une contribution: la coexistence pacifique des peuples; le respect des droits de l&#8217;homme et la d\u00e9mocratie; les int\u00e9r\u00eats de l&#8217;\u00e9conomie suisse \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger; l&#8217;aide aux populations dans le besoin et la lutte contre la pauvret\u00e9; la pr\u00e9servation des ressources naturelles.- Dans le Rapport sur la politique ext\u00e9rieure 2006 (chapitre 5), le Conseil f\u00e9d\u00e9ral affirme en substance que la Suisse doit contribuer \u00e0 un d\u00e9veloppement mondial durable et \u00e9quitable. Trois priorit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9es sur la base de ce principe.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Pays prioritaires dans la coop\u00e9ration suisse au d\u00e9veloppement \u00e0 partir de 2012 Pays prioritaires du Seco:\u00c9gypte, Ghana, Afrique du Sud, Indon\u00e9sie, Vietnam, Colombie, P\u00e9rouPays prioritaires de la DDC:B\u00e9nin, Burkina Faso, Mali, Mozambique, Niger, Tanzanie, Tchad, Bangladesh,N\u00e9pal, r\u00e9gion du M\u00e9kong, Bolivie, Am\u00e9rique centrale (programmes sp\u00e9ciaux dans la r\u00e9gion des Grands lacs, l&#8217;Afrique australe, l&#8217;Afghanistan, la Mongolie, la Palestine et Cuba).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; &#13; La politique et la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement sont soumises \u00e0 des changements permanents. Elles r\u00e9clament de ce fait des efforts d&#8217;actualisation r\u00e9guliers et cibl\u00e9s. La question qui se pose donc aujourd&#8217;hui est celle des principaux d\u00e9fis \u00e0 relever par la coop\u00e9ration. En font partie la mondialisation, le commerce et les investissements, la pauvret\u00e9 [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3150,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3150,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Leiter Ressort Multilaterale Zusammenarbeit, Wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung, Staatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_author_post_occupation_fr":"Responsable Coop\u00e9ration multilat\u00e9rale, Coop\u00e9ration et d\u00e9veloppement \u00e9conomiques, Secr\u00e9tariat d'\u00c9tat \u00e0 l'\u00e9conomie SECO, Berne","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"L'\u00e9valuation de plus en plus syst\u00e9matique dont fait l'objet la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement montre clairement que les vieilles exigences, celles de l'efficacit\u00e9 des institutions et de l'int\u00e9gration des acteurs locaux, restent pleinement d'actualit\u00e9. En revanche, l'application rigide du Consensus de Washington est pass\u00e9e au second plan. L'orientation strat\u00e9gique de la communaut\u00e9 internationale d'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale et celle de la Suisse en particulier ont, par ailleurs, pris une importance incontestable. Cette transformation transpara\u00eet \u00e0 travers les deux messages sur la politique de d\u00e9veloppement provenant de la Direction du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC) et du Secr\u00e9tariat d'\u00c9tat \u00e0 l'\u00e9conomie (Seco), qui ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral.","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":153678,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"8778","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55b71c183c843"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153675"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3150"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=153675"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153675\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189893,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153675\/revisions\/189893"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3150"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=153675"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=153675"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=153675"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=153675"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=153675"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=153675"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}