{"id":153745,"date":"2008-04-01T12:00:00","date_gmt":"2008-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/04\/egler-10\/"},"modified":"2023-08-24T01:11:56","modified_gmt":"2023-08-23T23:11:56","slug":"egler-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/04\/egler-10\/","title":{"rendered":"Pour r\u00e9duire les gaz \u00e0 effet de serre, faut-il acheter des asperges provenant d&#8217;Am\u00e9rique latine ou attendre celles du Valais?"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200804_20_Egler_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"245\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAvec des images impressionnantes et des statistiques \u00e0 la port\u00e9e de tous, le film d&#8217;Al Gore Une v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9range a pr\u00e9sent\u00e9 les causes et les cons\u00e9quences possibles du r\u00e9chauffement climatique. \u00c0 cet \u00e9gard, la production et la consommation de denr\u00e9es alimentaires jouent un r\u00f4le important. Cependant, les consommateurs qui veulent exprimer leur sensibilit\u00e9 \u00e0 cette probl\u00e9matique par leur pratique en mati\u00e8re d&#8217;achat prennent vite conscience des limites de l&#8217;exercice. Aujourd&#8217;hui, m\u00eame les producteurs et les entreprises ne disposent pas de toutes les donn\u00e9es n\u00e9cessaires pour d\u00e9terminer de mani\u00e8re satisfaisante les facteurs qui ont un impact &#8211; et dans quelle mesure &#8211; sur les \u00e9missions de CO2 et l&#8217;environ-nement en g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0Pour rem\u00e9dier \u00e0 cette situation, divers efforts ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 entrepris au plan international, que ce soit \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle europ\u00e9enne, avec le Comit\u00e9 europ\u00e9en de normalisation (CEN), ou dans divers pays comme la Belgique, l&#8217;Autriche, la Norv\u00e8ge et le Royaume-Uni. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, c&#8217;est cette derni\u00e8re qui est all\u00e9e le plus loin, avec son Carbon Trust (voir encadr\u00e9 1 Le Carbon Trust est une entreprise ind\u00e9pendante, cr\u00e9\u00e9e en 2001 par le gouvernement britannique, dans le cadre de sa strat\u00e9gie de lutte contre le changement climatique, afin d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer la transition vers une \u00ab\u00e9conomie \u00e0 faible niveau d&#8217;\u00e9missions de CO2\u00bb. Il a mis au point un nouveau label environnemental. Celui-ci permet de calculer l&#8217;empreinte carbone en tenant compte des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre tout au long du cycle de vie d&#8217;un produit et de la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e. Apr\u00e8s une phase initiale, de nouveaux projets pilotes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s en 2007 avec d&#8217;autres entreprises importantes, comme Coca-Cola et Cadbury-Schweppes.). Gr\u00e2ce aux 4000 fichiers du centre Ecoinvent de l&#8217;Empa, la Suisse poss\u00e8de, pour sa part, la plus vaste base de donn\u00e9es du monde sur les \u00e9cobilans. Se fondant sur ce savoir-faire consid\u00e9rable, elle peut contribuer \u00e0 am\u00e9liorer l&#8217;objectivit\u00e9 du d\u00e9bat. La question de l&#8217;harmonisation l&#8217;int\u00e9resse, en outre, au plus haut point.\u00a0Dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de la promotion du commerce, il importe \u00e9galement de clarifier les choses du point de vue de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement. S&#8217;ils ne sont pas pr\u00e9judiciables \u00e0 l&#8217;environnement, les produits fabriqu\u00e9s dans les pays en d\u00e9veloppement doivent avoir acc\u00e8s aux march\u00e9s internationaux, car les\u00a0emplois et revenus qu&#8217;ils g\u00e9n\u00e8rent contribuent \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9. Pour d\u00e9terminer la charge environnementale, il est n\u00e9cessaire d&#8217;utiliser une base de calcul uniforme, admise internationalement, susceptible de s&#8217;appliquer aux denr\u00e9es et aux conditions de production (pays, m\u00e9thodes, etc.) les plus diverses. Des principes objectifs doivent \u00eatre \u00e9tablis, afin de cr\u00e9er non pas des r\u00e8gles \u00e9tatiques corsetant le commerce, mais des incitations volontaires et positives.&#13;<\/p>\n<h2>Un panier d&#8217;achats responsable<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOn r\u00e9duit souvent la probl\u00e9matique du CO2 aux transports. La conviction pr\u00e9vaut que les denr\u00e9es venant de pays lointains ont forc\u00e9ment un bilan de CO2 bien plus n\u00e9gatif que les produits locaux, puisqu&#8217;elles doivent \u00eatre transport\u00e9es sur de longues distances. Pour la plupart d&#8217;entre elles, cette certitude est infond\u00e9e. En effet, les transports intercontinentaux en Europe, la distribution interne sur le march\u00e9 de destination et les kilom\u00e8tres parcourus en voiture par les consommateurs occasionnent beaucoup plus d&#8217;\u00e9missions que les bateaux acheminant les denr\u00e9es conservables vers la Suisse. Certains s&#8217;emploient \u00e0 dissiper l&#8217;illusion que les produits locaux font n\u00e9cessairement moins de tort \u00e0 l&#8217;environnement. Le magazine anglais The Economist, par exemple, a calcul\u00e9 que la moiti\u00e9 des \u00e9missions li\u00e9es aux transports sont imputable au d\u00e9placement des consommateurs jusqu&#8217;au supermarch\u00e9. Le transport intercontinental est certes une source importante de rejets, mais il constitue seulement l&#8217;un des nombreux indicateurs qu&#8217;il faut prendre en compte pour calculer les \u00e9missions de CO2 et \u00e9tablir l&#8217;\u00e9cobilan d&#8217;un produit. Ainsi, pour la viande de boeuf en provenance d&#8217;Argentine, qui arrive en Suisse par bateau, le transport entre \u00e0 peine en ligne de compte dans le bilan \u00e9cologique, contrairement aux grandes quantit\u00e9s de m\u00e9thane produites par l&#8217;\u00e9levage. Pour quelques autres produits, ce sont l&#8217;utilisation finale et l&#8217;\u00e9limination qui jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant.\u00a0Dans le domaine de la production, il convient de s&#8217;assurer, au moyen d&#8217;une analyse globale rigoureuse, que les pays en d\u00e9veloppement ne se heurtent pas \u00e0 des barri\u00e8res commerciales \u00e9rig\u00e9es sur la base de consid\u00e9rations erron\u00e9es en mati\u00e8re de climat. Des experts en \u00e9cobilans remettent, ainsi, en cause la conviction largement r\u00e9pandue que les proc\u00e9d\u00e9s de fabrication de ces pays sont, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, plus polluants que les n\u00f4tres. La production en Europe de certaines denr\u00e9es rejette de grandes quantit\u00e9s de CO2, si l&#8217;on tient compte des syst\u00e8mes d&#8217;irrigation tr\u00e8s sophistiqu\u00e9s, de la fertilisation, des traitements phytosanitaires, de la forte m\u00e9canisation des cultures ou encore des serres. Dans le Sud, o\u00f9 l&#8217;agriculture repose traditionnellement sur le travail manuel et utilise relativement peu de machines, la consommation d&#8217;eau est en revanche souvent beaucoup plus importante qu&#8217;au Nord, ce qui a aussi des effets n\u00e9gatifs sur l&#8217;environnement. Nous sommes donc, dans l&#8217;ensemble, en pr\u00e9sence de processus complexes qui exigent, dans chaque cas, une \u00e9tude sp\u00e9cifique et int\u00e9grale.\u00a0L&#8217;analyse du cycle de vie (ACV) porte sur les processus qui constituent l&#8217;ensemble de la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e. Cet \u00e9cobilan englobe non seulement la totalit\u00e9 des gaz \u00e0 effet de serre &#8211; soit, en plus du CO2, le m\u00e9thane, le protoxyde d&#8217;azote et une s\u00e9rie d&#8217;hydrocarbures chlor\u00e9s mesur\u00e9s en \u00e9quivalents CO2 -, mais encore d&#8217;autres charges environnementales, comme la consommation d&#8217;eau, la salinisation du sol ou la toxicit\u00e9. L&#8217;ACV est surtout importante pour le secteur priv\u00e9, car elle permet aux entreprises d&#8217;assumer effectivement leurs responsabilit\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du climat et de l&#8217;environnement, en am\u00e9liorant l&#8217;efficience de leurs proc\u00e9d\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;impulsion de l&#8217;\u00e9conomie<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe projet KlimaPro, sous l&#8217;\u00e9gide duquel se rencontrent r\u00e9guli\u00e8rement les repr\u00e9sentants des divers groupes d&#8217;int\u00e9r\u00eats, est une initiative lanc\u00e9e avec la participation de la Conf\u00e9d\u00e9ration. Son but est de d\u00e9velopper une norme largement reconnue qui servira \u00e0 d\u00e9finir ou \u00e0 certifier des produits climatiquement neutres (voir encadr\u00e9 2 Le projet KlimaPro a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 par le bureau de conseil b\u00e2lois Ecos et le Laboratoire f\u00e9d\u00e9ral d&#8217;essai des mat\u00e9riaux et de recherche (Empa). Son objectif est de d\u00e9velopper, en collaboration avec divers acteurs &#8211;\u00a0clients, entreprises, prestataires de services actifs dans le domaine du climat, ONG, pouvoirs publics &#8211; un standard largement reconnu qui permet la neutralisation des produits du point de vue du climat. Pour produire et commercialiser des denr\u00e9es ou des prestations climatiquement neutres, les entreprises et les organisations doivent pouvoir se fonder sur des crit\u00e8res reconnus, cr\u00e9dibles et comparables. Avant de prendre leur d\u00e9cision d&#8217;achat, les consommateurs doivent, quant \u00e0 eux, savoir ce que recouvre le marquage de chaque produit. Une \u00e9tude de faisabilit\u00e9 de KlimaPro a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e dans le cadre d&#8217;un avant-projet soutenu par le Seco et l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;environnement (Ofev). \u00c0 cet effet, on a analys\u00e9 trois cas de figure (huile de soja, produit de lessive et asperges) sur la base d&#8217;un \u00e9cobilan. Ces exemples ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s au sein d&#8217;une plateforme mise sur pied au m\u00eame moment et ouverte aux divers acteurs sociaux. Depuis septembre 2007, trois ateliers ont r\u00e9uni des repr\u00e9sentants de la Conf\u00e9d\u00e9ration (Seco, Ofev, Ofag, Ofen), des milieux de la recherche et des ONG (WWF, EPFZ, FiBL, \u00d6BU, centre \u00e9cologique de Langenbruck), des prestataires de services op\u00e9rant dans le domaine de la protection du climat, des organisations de labels (Compensate, myclimate, ClimatePartner, BioSuisse, Max Havelaar, SQS) et des entreprises (Migros, Coop, IKEA, Swisscom, UBS, Banque Sarasin, Weleda, Gebana, Switcher, imprimerie Feldegg). Les participants ont \u00e9tudi\u00e9 la faisabilit\u00e9 technique du projet et dress\u00e9 un \u00e9tat des lieux int\u00e9grant la conceptualisation, les objectifs et les groupes cibles d&#8217;un marquage climatique. Ils ont \u00e9galement discut\u00e9 les besoins et les possibilit\u00e9s d&#8217;un tel engagement. Les participants \u00e0 la plateforme ont \u00e9t\u00e9 unanimes \u00e0 reconna\u00eetre qu&#8217;une base de calcul commune, fond\u00e9e sur un \u00e9cobilan, r\u00e9pond \u00e0 un important besoin. D&#8217;autres r\u00e9unions sont programm\u00e9es pour d\u00e9velopper une perspective commune concernant la forme d&#8217;un marquage climatique et la question du label. La poursuite du projet KlimaPro est actuellement \u00e9tudi\u00e9e avec le soutien de l&#8217;Ofev et du Seco. Des directives de calcul consensuelles, reconnues au plan mondial, devraient \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es avant la fin de 2008.). \u00c0 cette fin, trois exigences doivent \u00eatre remplies:\u00a0&#8211; d\u00e9velopper une m\u00e9thode assurant la saisie exacte de donn\u00e9es comparables;\u00a0&#8211; doter les diverses approches en faveur de produits climatiquement neutres d&#8217;options et d&#8217;instruments qui contribuent \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs de r\u00e9duction;\u00a0&#8211; trouver une forme appropri\u00e9e de communication avec les consommateurs et un syst\u00e8me de marquage des produits respectueux du climat (p. ex. un label).&#13;<\/p>\n<h2>Vers la neutralit\u00e9 climatique gr\u00e2ce \u00e0 KlimaPro<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAujourd&#8217;hui, la neutralit\u00e9 climatique d\u00e9signe le plus souvent le fait de compenser les \u00e9missions de CO2 en achetant des certificats qui financent des projets de r\u00e9duction des gaz \u00e0 effet de serre dans des pays de l&#8217;Est ou du Sud, o\u00f9 le niveau des prix est faible. KlimaPro vise notamment \u00e0 \u00e9valuer le potentiel de r\u00e9duction contenu dans la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e, puis \u00e0 d\u00e9finir des objectifs en la mati\u00e8re et des d\u00e9lais pour les atteindre. Pour qu&#8217;une denr\u00e9e puisse \u00eatre \u00e9tiquet\u00e9e \u00abclimatiquement neutre\u00bb, les compensations doivent \u00eatre combin\u00e9es avec une baisse effective des rejets de CO2, de mani\u00e8re \u00e0 produire \u00e9galement une diminution des \u00e9missions au niveau du produit lui-m\u00eame. Il n&#8217;est, cependant, pas toujours possible d&#8217;obtenir une r\u00e9duction significative \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e. Dans de tels cas, l&#8217;int\u00e9gralit\u00e9 des \u00e9missions devront \u00eatre compens\u00e9es, par exemple par des versements \u00e0 des projets en faveur du climat, afin d&#8217;assurer la neutralit\u00e9 climatique du produit.\u00a0Revenons \u00e0 l&#8217;exemple cit\u00e9 plus haut. Si nous voulons les consommer fra\u00eeches, les asperges d&#8217;Am\u00e9rique latine doivent \u00eatre achemin\u00e9es en Suisse par voie a\u00e9rienne. En l&#8217;occurrence, le bilan CO2 est tr\u00e8s lourd, car l&#8217;avion produit nettement plus de gaz \u00e0 effet de serre que le bateau. S&#8217;y ajoutent les engrais utilis\u00e9s pour la culture. Ainsi, conscient de l&#8217;importance de la probl\u00e9matique du climat pour ses perspectives d&#8217;exportation, le producteur p\u00e9ruvien d&#8217;asperges Athos a d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;aider le bureau de conseil Ecos dans la collecte de donn\u00e9es. C&#8217;est en ce sens que l&#8217;on examine actuellement, en collaboration avec le Centre de production propre de Lima &#8211; soutenu par le Secr\u00e9tariat d&#8217;Etat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) -, les possibilit\u00e9s de compenser les \u00e9missions de CO2 dans l&#8217;environnement direct du producteur, tout en profitant aux ouvriers locaux. L&#8217;une des options envisag\u00e9es consiste \u00e0 remplacer les combustibles fossiles par du biogaz pour la cuisson des aliments. Sous le logo \u00abby air\u00bb, un grand distributeur applique cette approche pragmatique \u00e0 ses importations non seulement d&#8217;asperges conventionnelles, mais aussi de roses et de petits fruits portant le label du commerce \u00e9quitable.&#13;<\/p>\n<h2>La question des labels<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nFaut-il faire \u00e9tat de la r\u00e9duction des \u00e9missions, de la neutralit\u00e9 climatique et des influences sur l&#8217;environnement, et fournir des informations \u00e0 ce sujet?\u00a0Si oui, sous quelle forme? Quel b\u00e9n\u00e9fice peuvent en tirer les producteurs, les entreprises et les consommateurs? Ces derniers ont de la peine \u00e0 se repr\u00e9senter les cha\u00eenes de valeur ajout\u00e9e dans toute leur complexit\u00e9 et \u00e0 en appr\u00e9cier la durabilit\u00e9. Un label au message clair et r\u00e9pondant \u00e0 des crit\u00e8res lisibles peut les guider dans leurs achats, tout en les sensibilisant &#8211; ainsi que les producteurs &#8211; aux enjeux du d\u00e9veloppement durable. De l&#8217;avis de nombreux sp\u00e9cialistes, il n&#8217;y a, toutefois, pas lieu de surestimer l&#8217;influence des consommateurs. Ce sont les d\u00e9cideurs \u00e9conomiques &#8211; autrement dit les grands distributeurs et les producteurs &#8211; qui assureront la perc\u00e9e des processus de production \u00e9cologiques.\u00a0Un rapport sur les labels a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 en 2000 sous la direction du Seco et de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;environnement (Ofev). Un encouragement \u00e0 des comportements de consommation responsables par la promotion de labels reconnus y figure; celui-ci prend d&#8217;ailleurs place parmi les huit champs d&#8217;action de la strat\u00e9gie de durabilit\u00e9 en Suisse. C&#8217;est principalement sur cette base que divers labels coh\u00e9rents, tels que celui du commerce \u00e9quitable de la Fondation Max Havelaar (Suisse) ou le Bourgeon Bio, sont devenus de pr\u00e9cieux rep\u00e8res pour les consommateurs et des mod\u00e8les commerciaux int\u00e9ressants pour les producteurs.\u00a0Du c\u00f4t\u00e9 des labels volontaires, plusieurs concepts sont actuellement en discussion. Ils vont de la simple d\u00e9claration (sur le mod\u00e8lede l&#8217;indication des valeurs nutritives) aux labels traditionnels (\u00abclimatiquement neutre\u00bb p.ex.), en passant par des d\u00e9signations comme \u00abbonnes pratiques\u00bb ou \u00abpremier de classe\u00bb (meilleurs produits d&#8217;une cat\u00e9gorie). La question est: sur quoi ou sur qui devrait porter la certification? Trois possibilit\u00e9s sont d\u00e9battues: le produit lui-m\u00eame, l&#8217;entreprise ou la branche. L&#8217;approche \u00abproduit\u00bb s&#8217;av\u00e8re complexe et co\u00fbteuse. Avec la certification des entreprises, il est plus facile de g\u00e9rer la complexit\u00e9 de la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e et d&#8217;exercer un large impact. Quant aux solutions de branche, elles pourraient \u00e0 la rigueur offrir une voie praticable et financi\u00e8rement avantageuse.\u00a0Ce d\u00e9bat fait ressortir aussi les besoins des diff\u00e9rents acteurs concern\u00e9s. Les entreprises pr\u00eates \u00e0 s&#8217;engager dans un tel processus en escomptent des gains sur le plan commercial et en termes de communication. Dans ce sens, le label peut avoir un effet incitatif suppl\u00e9mentaire. Pourtant, le secteur priv\u00e9 se montre frileux, en raison des d\u00e9penses probablement \u00e9lev\u00e9es qu&#8217;implique la labellisation et des co\u00fbts de transaction difficiles \u00e0 chiffrer. En revanche, l&#8217;acc\u00e8s libre et public aux donn\u00e9es du bilan \u00e9cologique est jug\u00e9 absolument indispensable pour r\u00e9duire efficacement les \u00e9missions de CO2. La d\u00e9finition d&#8217;une m\u00e9thodologie fiable et comparable en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9cobilan aiderait les entreprises \u00e0 analyser leurs cha\u00eenes de production et d&#8217;approvisionnement et \u00e0 repenser certaines pratiques. De telles d\u00e9marches exigent, toutefois, une surveillance et des ajustements permanents, sources de co\u00fbts consid\u00e9rables. Toutefois, ces d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires, comparables \u00e0 celles consenties au titre de la s\u00e9curit\u00e9 des produits ou de la garantie de qualit\u00e9, peuvent s&#8217;av\u00e9rer payantes \u00e0 moyen terme, tout particuli\u00e8rement si, en dehors des \u00e9missions de CO2, c&#8217;est tout l&#8217;environnement qui en b\u00e9n\u00e9ficient.\u00a0Bien que de nombreuses questions restent en suspens, il est permis d&#8217;affirmer aujourd&#8217;hui que Klima-Pro a ouvert d&#8217;importantes pistes de r\u00e9flexion et fait consid\u00e9rablement avancer les choses. L&#8217;organisme ind\u00e9pendant Climatop a lui aussi d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 un label. Il a entrepris de d\u00e9finir des groupes de produits g\u00e9n\u00e9rateurs de fortes \u00e9missions &#8211; notamment les produits de lessive &#8211; et de les distinguer de ceux dont l&#8217;impact climatique est nettement moindre. Le processus de labellisation comprend trois \u00e9tapes: d\u00e9limitation des groupes de produits, mesures des \u00e9missions polluantes durant le cycle de vie des produits et contr\u00f4le ind\u00e9pendant.&#13;<\/p>\n<h2>Les le\u00e7ons du Carbon Trust<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe Carbon Trust britannique a d\u00e9j\u00e0 franchi un pas suppl\u00e9mentaire. Son exp\u00e9rience a nettement montr\u00e9 que les analyses de processus font tr\u00e8s vite appara\u00eetre le potentiel d&#8217;am\u00e9lioration des entreprises et qu&#8217;elles conduisent rapidement \u00e0 de sensibles r\u00e9ductions des \u00e9missions.\u00a0La collaboration engag\u00e9e avec les entreprises a abouti \u00e0 des r\u00e9sultats concluants. Prenons l&#8217;exemple de l&#8217;entreprise Boots. \u00c0 la faveur d&#8217;une approche plus \u00e9cologique des processus de production, cette cha\u00eene de magasins de sant\u00e9 et de beaut\u00e9 a r\u00e9alis\u00e9 de substantielles \u00e9conomies d&#8217;\u00e9nergie. Celles-ci ont eu des retomb\u00e9es positives \u00e0 la fois sur l&#8217;\u00e9cobilan et sur les co\u00fbts de production. Boots a aussi nettement r\u00e9duit ses \u00e9missions de CO2 dans le domaine de la distribution, gr\u00e2ce \u00e0 de nouvelles m\u00e9thodes d&#8217;emballage. De son c\u00f4t\u00e9, le fabricant de boissons Innocent Drinks a r\u00e9ussi \u00e0 diminuer ses rejets de 16% lors de la fabrication des bouteilles. On constate donc que le d\u00e9bat sur le climat incite les entreprises \u00e0 passer sous la loupe toute leur cha\u00eene d&#8217;approvisionnement, afin d&#8217;am\u00e9liorer son efficacit\u00e9, sur la base d&#8217;une ACV. Personne ne consid\u00e8re Carbon Trust comme un instrument de marketing. Toutefois, ce dernier semble avoir du succ\u00e8s aupr\u00e8s des consommateurs. La plupart des clients interrog\u00e9s par Boots estiment, en effet, qu&#8217;il est important d&#8217;indiquer sur les produits quelle est leur empreinte carbone, c&#8217;est-\u00e0-dire leurs valeurs d&#8217;\u00e9missions de CO2.&#13;<\/p>\n<h2>Et les asperges valaisannes?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEntre-temps, les asperges du Valais sont, elles aussi, arriv\u00e9es sur les \u00e9tals des supermarch\u00e9s. Du point de vue \u00e9cologique, valait-il la peine de les attendre? La r\u00e9ponse d\u00e9pend de la mani\u00e8re dont les \u00e9missions de CO2 li\u00e9es au transport par avion sont compens\u00e9es. Pour la plupart des produits, seule une ACV pr\u00e9cise et largement comparable permettra de d\u00e9terminer de mani\u00e8re fiable si les compensations sont ad\u00e9quates. C&#8217;est surtout de cette fa\u00e7on que l&#8217;\u00e9conomie pourra offrir, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration continue des processus de fabrication et de distribution, au consommateur des produits respectueux du climat, voire neutres en termes de CO2.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Le Carbon Trust britannique Le Carbon Trust est une entreprise ind\u00e9pendante, cr\u00e9\u00e9e en 2001 par le gouvernement britannique, dans le cadre de sa strat\u00e9gie de lutte contre le changement climatique, afin d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer la transition vers une \u00ab\u00e9conomie \u00e0 faible niveau d&#8217;\u00e9missions de CO2\u00bb. Il a mis au point un nouveau label environnemental. Celui-ci permet de calculer l&#8217;empreinte carbone en tenant compte des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre tout au long du cycle de vie d&#8217;un produit et de la cha\u00eene de valeur ajout\u00e9e. Apr\u00e8s une phase initiale, de nouveaux projets pilotes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s en 2007 avec d&#8217;autres entreprises importantes, comme Coca-Cola et Cadbury-Schweppes.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Le projet KlimaPro Le projet KlimaPro a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 par le bureau de conseil b\u00e2lois Ecos et le Laboratoire f\u00e9d\u00e9ral d&#8217;essai des mat\u00e9riaux et de recherche (Empa). Son objectif est de d\u00e9velopper, en collaboration avec divers acteurs &#8211;\u00a0clients, entreprises, prestataires de services actifs dans le domaine du climat, ONG, pouvoirs publics &#8211; un standard largement reconnu qui permet la neutralisation des produits du point de vue du climat. Pour produire et commercialiser des denr\u00e9es ou des prestations climatiquement neutres, les entreprises et les organisations doivent pouvoir se fonder sur des crit\u00e8res reconnus, cr\u00e9dibles et comparables. Avant de prendre leur d\u00e9cision d&#8217;achat, les consommateurs doivent, quant \u00e0 eux, savoir ce que recouvre le marquage de chaque produit. Une \u00e9tude de faisabilit\u00e9 de KlimaPro a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e dans le cadre d&#8217;un avant-projet soutenu par le Seco et l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;environnement (Ofev). \u00c0 cet effet, on a analys\u00e9 trois cas de figure (huile de soja, produit de lessive et asperges) sur la base d&#8217;un \u00e9cobilan. Ces exemples ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s au sein d&#8217;une plateforme mise sur pied au m\u00eame moment et ouverte aux divers acteurs sociaux. Depuis septembre 2007, trois ateliers ont r\u00e9uni des repr\u00e9sentants de la Conf\u00e9d\u00e9ration (Seco, Ofev, Ofag, Ofen), des milieux de la recherche et des ONG (WWF, EPFZ, FiBL, \u00d6BU, centre \u00e9cologique de Langenbruck), des prestataires de services op\u00e9rant dans le domaine de la protection du climat, des organisations de labels (Compensate, myclimate, ClimatePartner, BioSuisse, Max Havelaar, SQS) et des entreprises (Migros, Coop, IKEA, Swisscom, UBS, Banque Sarasin, Weleda, Gebana, Switcher, imprimerie Feldegg). Les participants ont \u00e9tudi\u00e9 la faisabilit\u00e9 technique du projet et dress\u00e9 un \u00e9tat des lieux int\u00e9grant la conceptualisation, les objectifs et les groupes cibles d&#8217;un marquage climatique. Ils ont \u00e9galement discut\u00e9 les besoins et les possibilit\u00e9s d&#8217;un tel engagement. Les participants \u00e0 la plateforme ont \u00e9t\u00e9 unanimes \u00e0 reconna\u00eetre qu&#8217;une base de calcul commune, fond\u00e9e sur un \u00e9cobilan, r\u00e9pond \u00e0 un important besoin. D&#8217;autres r\u00e9unions sont programm\u00e9es pour d\u00e9velopper une perspective commune concernant la forme d&#8217;un marquage climatique et la question du label. La poursuite du projet KlimaPro est actuellement \u00e9tudi\u00e9e avec le soutien de l&#8217;Ofev et du Seco. Des directives de calcul consensuelles, reconnues au plan mondial, devraient \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es avant la fin de 2008.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; &#13; Avec des images impressionnantes et des statistiques \u00e0 la port\u00e9e de tous, le film d&#8217;Al Gore Une v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9range a pr\u00e9sent\u00e9 les causes et les cons\u00e9quences possibles du r\u00e9chauffement climatique. \u00c0 cet \u00e9gard, la production et la consommation de denr\u00e9es alimentaires jouent un r\u00f4le important. 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Beaucoup de consommateurs sont d\u00e9chir\u00e9s entre la tentation de satisfaire imm\u00e9diatement leur palais et les nuisances environnementales d\u00e9crites pour de nombreux produits. Or, certains de ces arguments sont controvers\u00e9s. Pour que des denr\u00e9es ne soient pas \u00e9cart\u00e9es du march\u00e9 \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, sur la foi d'analyses et de conclusions unilat\u00e9rales, une approche approfondie et harmonis\u00e9e s'impose. 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