{"id":153880,"date":"2008-03-01T12:00:00","date_gmt":"2008-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/03\/arvanitis-12\/"},"modified":"2023-08-24T01:12:53","modified_gmt":"2023-08-23T23:12:53","slug":"arvanitis-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/03\/arvanitis-12\/","title":{"rendered":"Comp\u00e9titivit\u00e9 internationale: o\u00f9 se situe la Suisse?"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200803_05_Arvanitis_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"273\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nNous nous int\u00e9resserons dans un premier temps \u00e0 la transformation des structures productives de l&#8217;\u00e9conomie suisse priv\u00e9e, afin de d\u00e9terminer dans quelle mesure celles qui sont actuellement en place offrent des conditions favorables \u00e0 la croissance \u00e9conomique. Puis nous analyserons la position de la Suisse par rapport aux principaux d\u00e9terminants de la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale, lesquels comprennent principalement, dans un pays \u00e0 hauts salaires, l&#8217;affectation des ressources humaines et la capacit\u00e9 d&#8217;innovation des entreprises. Ces facteurs se traduisent aussi par la sp\u00e9cialisation de l&#8217;\u00e9conomie dans des biens et des services d&#8217;exportation.\u00a0Pour situer la Suisse, notre article la compare d&#8217;un bout \u00e0 l&#8217;autre au m\u00eame groupe de pays tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s, \u00e0 savoir les quatre grandes \u00e9conomies europ\u00e9ennes (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie), les Pays-Bas, et cinq pays ayant connu une forte croissance ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es: Su\u00e8de, Finlande, Danemark, Irlande et Autriche. Les bases de donn\u00e9es disponibles permettent le plus souvent de leur ajouter le Japon et les \u00c9tats-Unis.&#13;<\/p>\n<h2>Une \u00e9conomie suisse fond\u00e9e sur le savoir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour la comp\u00e9titivit\u00e9 et la croissance \u00e9conomique d&#8217;un pays, le savoir est tout \u00e0 fait primordial. Il est donc int\u00e9ressant de se demander \u00e0 quel stade en est la Suisse dans son \u00e9volution vers une telle \u00e9conomie. Le tableau 1 montre la progression, entre 1990 et 2002, de la part attribuable, en termes de valeur ajout\u00e9e, \u00e0 quatre domaines partiels de l&#8217;\u00e9conomie priv\u00e9e qui se distinguent par l&#8217;importance sous-jacente du savoir.\u00a0Dans aucun des douze pays de comparaison, le secteur \u00e0 fort coefficient de savoir &#8211; dans lequel se retrouvent l&#8217;industrie de haute technologie (pharma, chimie\/plastiques, construction de machines, \u00e9lectrotechnique, \u00e9lectronique, instruments scientifiques) et les services \u00e0 fortes connaissances (banques, assurances, services aux entreprises tels qu&#8217;informatique, conseil et communication) &#8211; ne p\u00e8se autant qu&#8217;en Suisse. Ce sont surtout les services, avec en t\u00eate le secteur financier, qui nous placent dans cette position de pointe.\u00a0De m\u00eame, depuis 1990, le secteur \u00e0 fort coefficient de savoir n&#8217;a nulle part autant progress\u00e9 qu&#8217;en Suisse en chiffres absolus. Les services \u00e0 fort niveau de connaissances ont tout particuli\u00e8rement pris de l&#8217;ampleur, celle-ci n&#8217;\u00e9tant d\u00e9pass\u00e9e qu&#8217;en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Contrairement \u00e0 la quasi-totalit\u00e9 des autres pays, la valeur ajout\u00e9e relative attribuable \u00e0 l&#8217;industrie de haute technologie a, elle aussi, progress\u00e9 en Suisse &#8211; port\u00e9e surtout par la vigoureuse croissance de la branche pharmaceutique -, bien que plus modestement qu&#8217;en Irlande, Finlande et Su\u00e8de.\u00a0Au total, on constate donc que dans les ann\u00e9es nonante, o\u00f9 la croissance s&#8217;est ralentie, et jusqu&#8217;au d\u00e9but de l&#8217;actuelle reprise conjoncturelle, une puissante mutation structurelle s&#8217;est op\u00e9r\u00e9e en Suisse et a donn\u00e9 naissance \u00e0 toute une \u00e9conomie fond\u00e9e sur le savoir. On peut parler d&#8217;une v\u00e9ritable restructuration.&#13;<\/p>\n<h2>Utilisation des ressources humaines<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour rester comp\u00e9titif sur le plan international, un pays \u00e0 salaires \u00e9lev\u00e9s comme la Suisse doit se sp\u00e9cialiser dans des biens et services tr\u00e8s innovants et \u00e0 fort coefficient de ressources humaines. O\u00f9 se situe la Suisse sur ce dernier plan? L&#8217;analyse distingue ici la formation continue et l&#8217;occupation de personnel tr\u00e8s qualifi\u00e9. Le recours \u00e0 cette cat\u00e9gorie de personnel est un facteur tr\u00e8s important de la capacit\u00e9 \u00e9conomique d&#8217;un pays. Les statistiques de l&#8217;OCDE montrent que la Suisse est, apr\u00e8s la Su\u00e8de, le pays qui occupe la plus forte proportion de scientifiques et de techniciens. Dans cette cat\u00e9gorie, toutefois, l&#8217;emploi n&#8217;a que faiblement augment\u00e9 chez nous ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, ce qui est d&#8217;ailleurs li\u00e9 \u00e0 la faible progression de l&#8217;emploi dans l&#8217;\u00e9conomie en g\u00e9n\u00e9ral. En tenant compte de cet aspect, on s&#8217;aper\u00e7oit que seul un petit nombre de pays ont d\u00e9pass\u00e9 la Suisse en ce qui concerne l&#8217;importance prise par le personnel scientifique ou technique dans le monde professionnel. Cette \u00e9volution est conforme \u00e0 la tendance mentionn\u00e9e plus haut \u00e0 propos de la valeur ajout\u00e9e, qui favorise les secteurs \u00e9conomiques \u00e0 forte teneur en connaissances.\u00a0En Suisse, le recours intensif au personnel scientifique et technique repose tr\u00e8s largement sur l&#8217;immigration. Cet apport permet de couvrir pr\u00e8s d&#8217;un cinqui\u00e8me de nos besoins, une proportion dont on ne trouve gu\u00e8re d&#8217;\u00e9quivalent dans d&#8217;autres pays comparables au n\u00f4tre. Dans ceux qui abritent une forte proportion de personnel technique ou scientifique, les collaborateurs immigr\u00e9s dans cette cat\u00e9gorie de personnel sont presque inexistants (Finlande) ou ne p\u00e8sent que d&#8217;un tr\u00e8s faible poids (Danemark, Allemagne, Su\u00e8de, Pays-Bas). Ces \u00c9tats couvrent essentiellement leurs besoins gr\u00e2ce \u00e0 la formation \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de leurs fronti\u00e8res. En Suisse, les carences en ce domaine sont encore aggrav\u00e9es au niveau tertiaire par le fait que la proportion de dipl\u00f4mes dans les disciplines techniques et en sciences physiques et naturelles est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 ce qu&#8217;elle est dans les pays les plus en pointe \u00e0 cet \u00e9gard (Scandinavie, Allemagne, France).&#13;<\/p>\n<h2>Un haut niveau d&#8217;innovations fortement commercialis\u00e9es<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn plus du capital humain, les investissements dans la recherche et le d\u00e9veloppement (R&amp;D) sont indispensables pour affronter la concurrence internationale des innovateurs. Le tableau 2 montre qu&#8217;en termes d&#8217;intensit\u00e9 de R&amp;D (d\u00e9penses en&nbsp;% du PIB), la Suisse est dans le peloton de t\u00eate, bien que sensiblement derri\u00e8re la Su\u00e8de, la Finlande et le Japon. Ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, toutefois, les d\u00e9penses de R&amp;D n&#8217;ont que faiblement progress\u00e9 en Suisse, ce qui nous situe seulement dans la moyenne. Cette faible progression doit \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 la morosit\u00e9 de la croissance \u00e9conomique observ\u00e9e sur la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e. Parmi les pays o\u00f9 les d\u00e9penses de R&amp;D sont en nette expansion, il s&#8217;en trouve aussi qui, aujourd&#8217;hui &#8211; m\u00eame avec une forte croissance \u00e9conomique -, affichent encore une tr\u00e8s forte intensit\u00e9 de R&amp;D (Finlande, Su\u00e8de): \u00e0 noter que le sensible renforcement de cette intensit\u00e9 observ\u00e9 dans d&#8217;autres pays d\u00e9note un processus de rattrapage encore inachev\u00e9 (Autriche, Danemark, Irlande).\u00a0Le recours intense au personnel qualifi\u00e9 et \u00e0 la R&amp;D n&#8217;est pas \u00e0 lui seul une garantie de succ\u00e8s des nouveaut\u00e9s sur le march\u00e9. D&#8217;abord, le recours \u00e0 la R&amp;D et aux ressources humaines se traduit par des r\u00e9sultats en mati\u00e8re d&#8217;innovation (technique) qui s&#8217;inscrivent au niveau interm\u00e9diaire du processus d&#8217;innovation, par exemple sous la forme de brevets, de versions tests ou de prototypes. Dans la liste des pays consid\u00e9r\u00e9s, la Suisse \u00e9tait premi\u00e8re pour les demandes de brevets en 1995, seconde en 2005. Durant cette d\u00e9cennie, certains pays ont enregistr\u00e9 une \u00e9norme progression du nombre de demandes de brevets, m\u00eame si seul le Japon a r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9passer la Suisse sur ce plan et seuls les Pays-Bas et l&#8217;Allemagne ont r\u00e9duit l&#8217;\u00e9cart de mani\u00e8re significative. \u00c0 ce niveau interm\u00e9diaire du processus d&#8217;innovation, la Suisse occupe donc une position de tout premier plan.\u00a0Au niveau \u00e9conomique, l&#8217;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant reste, bien s\u00fbr, le succ\u00e8s commercial. Si on le mesure au chiffre d&#8217;affaires r\u00e9alis\u00e9 par des produits apportant une nouveaut\u00e9 sur le march\u00e9, la Suisse se situe au troisi\u00e8me rang, de-vanc\u00e9e nettement par la Finlande et la Su\u00e8de, mais suivie par l&#8217;Allemagne. Dans cet indicateur d&#8217;innovation, les pays qui arrivent en t\u00eate sont donc les m\u00eames que ceux qui affichent les meilleurs r\u00e9sultats en termes d&#8217;intrants\/r\u00e9sultats (R&amp;D, brevets) de l&#8217;activit\u00e9 novatrice. Cela signifie que l&#8217;\u00e9conomie suisse &#8211; contrairement \u00e0 ce que la rumeur ne cesse de pr\u00e9tendre &#8211; occupe une position tr\u00e8s favorable m\u00eame sur le plan de la transposition du savoir en succ\u00e8s commerciaux.&#13;<\/p>\n<h2>Les PME ne sont nulle part aussi innovantes qu&#8217;en Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse est un pays de PME. Pour comparer la capacit\u00e9 d&#8217;innovation d&#8217;un pays \u00e0 l&#8217;au-tre, nous avons subdivis\u00e9 les entreprises en trois cat\u00e9gories selon leur taille. La comparaison porte sur les ann\u00e9es 2002 et 2005 et prend en compte neuf pays. Le classement a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli sur la base de donn\u00e9es fournies par quatre indicateurs qui couvrent ensemble les trois phases du processus d&#8217;innovation. Le graphique 1 montre le rang qu&#8217;un pays occupe en faisant la moyenne des quatre indicateurs. Seuls les r\u00e9sultats des six pays les plus innovants ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s.\u00a0Il ressort du graphique qu&#8217;en Suisse, les PME &#8211; les petites surtout &#8211; \u00e9taient tr\u00e8s bien class\u00e9es tant en 2002 qu&#8217;en 2005, alors que les grandes entreprises arrivaient, selon les ann\u00e9es, plus ou moins loin derri\u00e8re (plus le rang est bas, plus la capacit\u00e9 d&#8217;innovation est forte). En g\u00e9n\u00e9ral, la capacit\u00e9 d&#8217;innovation \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9e en 2002 qu&#8217;en 2005, en particulier parmi les grandes entreprises qui ont recul\u00e9 de quelques rangs entre les deux dates de r\u00e9f\u00e9rence. Chez les PME, la Suisse, l&#8217;Allemagne et la Su\u00e8de caracolaient en t\u00eate en 2002 et en 2005. Aux fins de comparaison, le rang moyen de l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9conomie a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 dans le graphique pour 2005.\u00a0Le bon classement des PME suisses t\u00e9moigne de leur grande vitalit\u00e9 innovatrice, et donc de leur comp\u00e9titivit\u00e9. Premi\u00e8rement, beaucoup d&#8217;entreprises sont particuli\u00e8rement capables d&#8217;assimiler un savoir ext\u00e9rieur et de l&#8217;int\u00e9grer \u00e0 leurs activit\u00e9s innovantes (capacit\u00e9 d&#8217;absorption \u00e9lev\u00e9e). Deuxi\u00e8mement, de tr\u00e8s nombreuses PME disposent des comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour occuper sur le march\u00e9 mondial des niches int\u00e9ressantes avec des produits de haute valeur ajout\u00e9e technologique ou qualitative.&#13;<\/p>\n<h2>Une forte sp\u00e9cialisation des exportations dans les biens de haute technologie et les services intensifs en savoir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes exportations de biens de haute technologie et de services \u00e0 fort coefficient de savoir constituent un autre indicateur de l&#8217;innovation. Celui-ci offre l&#8217;avantage de repr\u00e9senter en termes quantitatifs la croissance et la structure des sp\u00e9cialisations, une question \u00e0 laquelle nous nous limiterons ci-apr\u00e8s. La structure des exportations r\u00e9v\u00e8le dans quelle mesure l&#8217;\u00e9conomie suisse est sp\u00e9cialis\u00e9e dans des segments porteurs de croissance. Cela suppose en m\u00eame temps qu&#8217;une sp\u00e9cialisation dans les biens de haute technologie et les services \u00e0 fort coefficient de savoir est une condition n\u00e9cessaire pour qu&#8217;un pays de hauts salaires comme la Suisse puisse tirer profit de l&#8217;essor du commerce mondial \u00e0 moyen et \u00e0 long termes.\u00a0Le graphique 2 pr\u00e9sente la place prise dans les exportations de marchandises par les branches qui produisent surtout des biens de haute technologie. \u00c0 ce propos, nous avons \u00e9tabli une distinction entre les branches actives dans les technologies de pointe (industrie a\u00e9rospatiale, informatique, \u00e9lectronique, pharma, instruments scientifiques) et les autres branches de haute technologie (chimie, machines \u00e9lectriques ou non). Ces deux cat\u00e9gories combin\u00e9es repr\u00e9sentent plus de 80% des exportations de marchandises en Irlande et au Japon. La Suisse vient en troisi\u00e8me position (77%) suivie des \u00c9tats-Unis et de l&#8217;Allemagne (plus de 70%). Si l&#8217;on consid\u00e8re uniquement les branches actives dans les technologies de pointe, la Suisse fait encore meilleure figure, puisque seule l&#8217;Irlande la d\u00e9passe et que les pays suivants demeurent \u00e0 bonne distance (\u00c9tats-Unis, Grande-Bretagne, Pays-Bas).\u00a0Cette emprise significative des exportations de haute technologie observ\u00e9e en Suisse est principalement due \u00e0 l&#8217;importance croissante de la branche pharmaceutique et des instruments scientifiques. Une comparaison avec les ann\u00e9es nonante montre que le centre de gravit\u00e9 des exportations de l&#8217;industrie chimique s&#8217;est tr\u00e8s nettement d\u00e9plac\u00e9 des produits chimiques vers les produits pharmaceutiques, dont la valeur ajout\u00e9e est sup\u00e9rieure. La chimie a, en outre, renforc\u00e9 la place de ses exportations par rapport aux autres branches actives dans les technologies de pointe. Seuls les instruments scientifiques et l&#8217;industrie a\u00e9ronautique &#8211; industrie quantitativement insignifiante &#8211; sont parvenus \u00e0 se maintenir. Dans le domaine des exportations de biens, la Suisse pr\u00e9sente aujourd&#8217;hui un profil sp\u00e9cialis\u00e9 tr\u00e8s favorable, ce \u00e0 quoi les changements structurels de ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9norm\u00e9ment contribu\u00e9. Elle est donc bien arm\u00e9e pour affronter les d\u00e9fis \u00e0 venir sur les march\u00e9s mondiaux.\u00a0En ce qui concerne les exportations de services, le profil de la Suisse est \u00e9galement fortement prometteur en termes de croissance (voir graphique 3). Les services \u00e0 fort coefficient de savoir occupent, en effet, une place tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e en comparaison internationale dans l&#8217;ensemble des exportations du secteur tertiaire. Sans surprise, les banques et les assurances tiennent le haut du pav\u00e9. Ensemble, elles repr\u00e9sentent 32% des exportations de services, soit beaucoup plus que pour les autres pays. Comme les perspectives des services financiers (entre autres dans la gestion de fortune) sont favorables \u00e0 moyen et long termes, elles placent \u00e9galement les services suisses dans une position avantageuse. Notons, cependant, que dans les exportations totales de services suisses, la part de ceux dispens\u00e9s aux entreprises, fortement porteurs de croissance eux aussi, est inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne de l&#8217;OCDE.&#13;<\/p>\n<h2>Forces et faiblesses<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;analyse permet d&#8217;\u00e9tablir une carte des principales forces et faiblesses qui influent sur la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale de l&#8217;\u00e9conomie suisse. Une premi\u00e8re force est la capacit\u00e9 d&#8217;innovation tout \u00e0 fait remarquable de l&#8217;\u00e9conomie en g\u00e9n\u00e9ral et des PME en particulier, qui se manifeste \u00e0 tous les \u00e9chelons du processus d&#8217;innovation, y compris dans la transformation de connaissances innovantes en nouveaut\u00e9s commerciales. Le deuxi\u00e8me avantage important est la r\u00e9glementation lib\u00e9rale du march\u00e9 du travail, bas\u00e9e largement sur le concept de \u00abflexis\u00e9curit\u00e9\u00bb et qui a sensiblement facilit\u00e9 les restructurations vers l&#8217;\u00e9conomie de la connaissance. Le troisi\u00e8me point fort qu&#8217;il faut citer, n&#8217;en d\u00e9plaise aux esprits chagrins, est un climat fiscal toujours avantageux, dont nous n&#8217;avons pas parl\u00e9 ici. Tous ces facteurs, conjugu\u00e9s \u00e0 un tr\u00e8s bon syst\u00e8me d&#8217;innovation, ont pour effet d&#8217;attirer des entreprises \u00e9trang\u00e8res qui, \u00e0 leur tour, contribuent \u00e0 renforcer les comp\u00e9tences locales.\u00a0Parmi les points faibles, mentionnons tout d&#8217;abord la forte d\u00e9pendance de l&#8217;\u00e9conomie suisse \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la main-d&#8217;oeuvre \u00e9trang\u00e8re dans les domaines scientifique et technique. Compte tenu des perspectives d\u00e9mographiques en Europe, d&#8217;un march\u00e9 de l&#8217;emploi en am\u00e9lioration dans les grands pays europ\u00e9ens et des besoins croissants de personnel en Europe de l&#8217;Est, o\u00f9 le niveau de vie se rapproche peu \u00e0 peu de celui de l&#8217;Europe occidentale, il n&#8217;est pas certain que les entreprises helv\u00e9tiques pourront toujours compter autant qu&#8217;aujourd&#8217;hui sur les services des travailleurs \u00e9trangers tr\u00e8s qualifi\u00e9s. Voil\u00e0 pourquoi il est indispensable d&#8217;accro\u00eetre le r\u00e9servoir de main-d&#8217;oeuvre en Suisse m\u00eame. Les mesures \u00e0 prendre devraient viser \u00e0 augmenter la formation tertiaire (en particulier dans les sciences naturelles et techniques), \u00e0 cr\u00e9er des incitations pour accro\u00eetre la part des femmes qualifi\u00e9es employ\u00e9es \u00e0 plein temps et enfin \u00e0 mobiliser le potentiel intellectuel des enfants issus de l&#8217;immigration.\u00a0Un second point faible concerne les restrictions r\u00e9glementaires et la faiblesse de la concurrence que l&#8217;on observe, par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, dans diverses branches tourn\u00e9es vers le march\u00e9 int\u00e9rieur. La Suisse a, certes, accompli des progr\u00e8s ces derni\u00e8res ann\u00e9es, mais elle n&#8217;est pas parvenue, d&#8217;apr\u00e8s les chiffres de l&#8217;OCDE, \u00e0 combler le retard apparu dans les ann\u00e9es nonante. Elle le ressent directement au niveau de sa productivit\u00e9 et en souffre aussi indirectement (changements structurels difficiles, prix des produits interm\u00e9diaires \u00e9lev\u00e9s, etc.). De toute \u00e9vidence, la Suisse se doit de r\u00e9agir.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abPrestations innovantes par taille d&#8217;entreprise, 2002 et 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abPart des branches faisant appel \u00e0 la technologie de pointe et des autres branches de haute technologie dans l&#8217;ensemble des exportations de marchandises, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abParts des services \u00e0 fort coefficient de savoir dans l&#8217;ensemble des exportations de services, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abPart de la valeur ajout\u00e9e nominale de groupes de branches s\u00e9lectionn\u00e9s de l&#8217;\u00e9conomie priv\u00e9e, 1990 et 2002\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2 \u00abIndicateurs d&#8217;innovation en termes d&#8217;intrants, de r\u00e9sultats et de succ\u00e8s commercial\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Bibliographie<\/b>&#13;<br \/>\nLa publication ci-dessous fournit une analyse d\u00e9taill\u00e9e de la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale de l&#8217;\u00e9conomie suisse. Elle examine de nombreux autres th\u00e8mes que ceux trait\u00e9s dans cet article et contient \u00e9galement une notice bibliographique d\u00e9taill\u00e9e.Arvanitis S., Hollenstein H. et Marmet D., Internationale Wettbewerbsf\u00e4higkeit: Wo steht der Standort Schweiz? Eine Analyse auf sektoraler Ebene, Vdf Hochschulverlag an der ETH Z\u00fcrich, Zurich, 2005.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#13; &#13; Nous nous int\u00e9resserons dans un premier temps \u00e0 la transformation des structures productives de l&#8217;\u00e9conomie suisse priv\u00e9e, afin de d\u00e9terminer dans quelle mesure celles qui sont actuellement en place offrent des conditions favorables \u00e0 la croissance \u00e9conomique. 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Le pr\u00e9sent article est centr\u00e9 sur les \u00e9l\u00e9ments de comp\u00e9titivit\u00e9 li\u00e9s \u00e0 l'\u00e9conomie ext\u00e9rieure et ne fait qu'effleurer d'autres facteurs, comme les r\u00e9glementations du march\u00e9 int\u00e9rieur. Notre analyse confronte la Suisse et l'\u00e9tranger en ce qui concerne les principaux d\u00e9terminants de la comp\u00e9titivit\u00e9, soit l'utilisation des ressources humaines, l'innovation ainsi que l'orientation de la structure de production et d'exportation vers des activit\u00e9s \u00e0 fort coefficient de savoir. 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