{"id":153900,"date":"2008-01-01T12:00:00","date_gmt":"2008-01-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2008\/01\/andrist-piot-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:13:06","modified_gmt":"2023-08-23T23:13:06","slug":"andrist-piot-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2008\/01\/andrist-piot-2\/","title":{"rendered":"Perspectives \u00e9nerg\u00e9tiques 2035: il faut modifier les priorit\u00e9s en mati\u00e8re de politique \u00e9nerg\u00e9tique"},"content":{"rendered":"<p>La classe politique suisse se pr\u00e9occupe actuellement des objectifs de protection du climat pour l&#8217;apr\u00e8s-2010. Le programme SuisseEnergie et la loi sur le CO2 doivent \u00eatre r\u00e9orient\u00e9s sur l&#8217;ann\u00e9e 2020 et la p\u00e9riode ult\u00e9rieure. Les plus anciennes centrales nucl\u00e9aires de Suisse arrivent en fin d&#8217;activit\u00e9 entre 2019 et 2022. Les trait\u00e9s d&#8217;importation \u00e0 long terme s&#8217;approchent peu \u00e0 peu de leur \u00e9ch\u00e9ance. Comment devons-nous compenser la p\u00e9nurie de courant qui en r\u00e9sultera? Les r\u00e9sultats des Perspectives \u00e9nerg\u00e9tiques\u00a0pour 2035 constituent une base de discussion utile pour orienter la politique de la Suisse en la mati\u00e8re, autrement dit pour pr\u00e9parer son avenir \u00e9nerg\u00e9tique.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200801_04_Andrist-Piot_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDe 2004 \u00e0 2007, l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;\u00e9nergie (Ofen) a \u00e9tudi\u00e9 en d\u00e9tail divers sc\u00e9narios \u00e9nerg\u00e9tiques \u00e0 l&#8217;horizon 2035. Les corr\u00e9lations fondamentales y sont prioritaires: quels sont les effets exerc\u00e9s sur le syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique de la Suisse par les prix de l&#8217;\u00e9nergie, l&#8217;\u00e9volution des conditions-cadres de l&#8217;\u00e9conomie (croissances \u00e9conomique et d\u00e9mographique), les prescriptions, les instruments tarifaires et incitatifs?\u00a0Des mod\u00e8les quantitatifs ont permis de mettre en \u00e9vidence ces corr\u00e9lations. Pour l&#8217;essentiel, on a recouru \u00e0 deux mod\u00e8les types (voir graphique\u00a01).\u00a01. Pour repr\u00e9senter la demande et l&#8217;offre d&#8217;\u00e9nergie, on a utilis\u00e9 des mod\u00e8les \u00e9nerg\u00e9tiques ascendants. Ceux-ci calculent, pour chaque secteur \u00e9conomique, la consommation d&#8217;\u00e9nergie ventil\u00e9e en \u00e9lectricit\u00e9, chaleur et carburants, en se r\u00e9f\u00e9rant au nombre, \u00e0 la taille et \u00e0 l&#8217;\u00e2ge des constructions, des appareils, des v\u00e9hicules et des installations. On a ensuite mis en regard de l&#8217;\u00e9volution de la demande diverses variantes d&#8217;offre en \u00e9lectricit\u00e9.\u00a02. Un mod\u00e8le d&#8217;\u00e9quilibre dynamique a permis de concentrer l&#8217;\u00e9tude sur les objectifs globaux et nationaux de r\u00e9duction du CO2. \u00c9tant donn\u00e9 l&#8217;interd\u00e9pendance internationale de la Suisse et de l&#8217;\u00e9tranger, on a \u00e9tudi\u00e9 les effets sur l&#8217;\u00e9conomie et la consommation des politiques mondiale et suisse en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9nergie et de climat.\u00a0\u00a0Les travaux ont \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9s par un groupe de travail compos\u00e9 de sp\u00e9cialistes des sciences, de l&#8217;\u00e9conomie \u00e9nerg\u00e9tique, des associations professionnelles de la branche et de l&#8217;administration Tous les travaux de base, rapports finaux et r\u00e9sultats sont disponibles sous www.perspectives-energetiques.ch..&#13;<\/p>\n<h2>Variantes des divers sc\u00e9narios<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes Perspectives \u00e9nerg\u00e9tiques comprennent quatre sc\u00e9narios en mati\u00e8re de politique \u00e9nerg\u00e9tique. \u00a0Le sc\u00e9nario\u00a0I (\u00abpoursuite de la politique actuelle\u00bb) pr\u00e9sente l&#8217;effet exerc\u00e9 par les instruments d\u00e9cid\u00e9s et en vigueur. Les prescriptions d&#8217;autorisation en mati\u00e8re de technique \u00e9nerg\u00e9tique et les conventions d&#8217;objectifs aux termes de la loi f\u00e9d\u00e9rale sur l&#8217;\u00e9nergie sont maintenues et adapt\u00e9es aux progr\u00e8s techniques.\u00a0Le sc\u00e9nario II se caract\u00e9rise par une \u00abcollaboration renforc\u00e9e\u00bb entre l&#8217;\u00c9tat et l&#8217;\u00e9conomie, un durcissement mod\u00e9r\u00e9 des prescriptions et l&#8217;introduction d&#8217;une taxe CO2 sur les combustibles. Celle-ci incite \u00e0 la conclusion de conventions d&#8217;objectifs entre l&#8217;\u00c9tat et l&#8217;\u00e9conomie. Les programmes promotionnels de nature financi\u00e8re sont renforc\u00e9s\u00a0par le maintien jusqu&#8217;en 2035 du \u00abcentime climatique\u00bb et par l&#8217;introduction d&#8217;un \u00abcentime \u00e9lectrique\u00bb. Ces instruments sont employ\u00e9s pour soutenir des mesures d&#8217;efficacit\u00e9 dans les domaines de la chaleur, des carburants et de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, de m\u00eame que pour promouvoir la production d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 renouvelable.\u00a0Le sc\u00e9nario III (\u00abnouvelles priorit\u00e9s\u00bb) examine la possibilit\u00e9 d&#8217;une nette r\u00e9duction du CO2 et d&#8217;un accroissement sensible de l&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique gr\u00e2ce \u00e0 une application intensive des meilleures technologies existantes. Les \u00e9nergies renouvelables doivent, par ailleurs, davantage contribuer \u00e0 la production d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 et de chaleur et \u00eatre utilis\u00e9es dans le domaine des carburants. L&#8217;instrument essentiel est le rench\u00e9rissement, d\u00e8s 2011, des \u00e9nergies non renouvelables et de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 par une taxe d&#8217;incitation qui sera int\u00e9gralement r\u00e9troc\u00e9d\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie et aux m\u00e9nages. Partant de l&#8217;\u00e9volution r\u00e9elle des prix selon le sc\u00e9nario\u00a0I, il en r\u00e9sulterait approximativement un doublement des prix du mazout et de l&#8217;essence, le prix de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 augmentant d&#8217;environ 50%. On suppose en outre une large harmonisation internationale des objectifs et des instruments de politique \u00e9nerg\u00e9tique. Il est exclu que la Suisse fasse cavalier seul.\u00a0Le sc\u00e9nario\u00a0IV constitue le passage \u00e0 la \u00absoci\u00e9t\u00e9 \u00e0 2000\u00a0watts\u00bb, qui doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 d&#8217;ici \u00e0 2100. \u00c0 cette fin, il est indispensable de renforcer les mesures et les instruments du sc\u00e9nario\u00a0III. Il est aussi n\u00e9cessaire que de nouvelles technologies cl\u00e9s p\u00e9n\u00e8trent le march\u00e9 et que des modifications structurelles surviennent en ce qui concerne les surfaces habitables\/de r\u00e9f\u00e9rence \u00e9nerg\u00e9tique, les produits et les processus de production industriels, ainsi que le comportement dans le domaine des transports. On suppose ici \u00e9galement que ces mesures sont harmonis\u00e9es au niveau international. L&#8217;instrument central, une taxe d&#8217;incitation, a pour effet d&#8217;augmenter de 11% le prix de l&#8217;essence et de 37% celui de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 par rapport au sc\u00e9nario III.\u00a0Il faut noter que les sc\u00e9narios ne constituent pas des pr\u00e9visions; ils montrent l&#8217;\u00e9volution de diverses variantes de politique et tentent de pr\u00e9ciser la situation qui pr\u00e9vaudrait \u00abau cas o\u00f9\u00bb.&#13;<\/p>\n<h2>Demande d&#8217;\u00e9nergie et d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes quatre sc\u00e9narios \u00e9tudi\u00e9s d\u00e9bouchent sur des \u00e9volutions tr\u00e8s disparates en mati\u00e8re de consommation d&#8217;\u00e9nergie et d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. La demande \u00e9nerg\u00e9tique augmente l\u00e9g\u00e8rement jusqu&#8217;en 2035 dans le sc\u00e9nario\u00a0I. Dans le sc\u00e9nario\u00a0II, des instruments politiques permettent de r\u00e9duire quelque peu la demande globale par rapport \u00e0 2000. Seuls les sc\u00e9narios\u00a0III et\u00a0IV conduisent \u00e0 une r\u00e9duction de la demande d\u00e8s 2012, ce qui entra\u00eenerait un net recul de la demande globale en 2035 par rapport \u00e0 2000 (voir graphique 2).\u00a0\u00c0 l&#8217;exception du sc\u00e9nario\u00a0IV, la consommation d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 augmente nettement. Dans le sc\u00e9nario\u00a0I, bien que l&#8217;on postule une meilleure efficacit\u00e9 des nouvelles utilisations de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, la demande finale de courant augmente d&#8217;un quart environ jusqu&#8217;en 2035. Les instruments politiques postul\u00e9s dans le sc\u00e9nario\u00a0II parviennent \u00e0 quelque peu mod\u00e9rer la croissance de la demande finale en \u00e9lectricit\u00e9. Dans le sc\u00e9nario\u00a0III, celle-ci augmente nettement jusqu&#8217;en 2020, avant de r\u00e9gresser l\u00e9g\u00e8rement par la suite (le niveau de la consommation en 2035 demeurant, toutefois, sup\u00e9rieur \u00e0 celui de 2000). Enfin, dans les conditions du sc\u00e9nario\u00a0IV, la demande d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 recule d\u00e8s 2012 et se situe en 2035 l\u00e9g\u00e8rement en dessous de son niveau de 2000.&#13;<\/p>\n<h2>Offre d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, p\u00e9nurie de courant et co\u00fbts n\u00e9cessaires pour couvrir la demande<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi le parc de centrales n&#8217;est pas renouvel\u00e9, la Suisse conna\u00eetra des p\u00e9nuries d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 au cours des ann\u00e9es 2018 \u00e0 2020. Ce constat ne varie gu\u00e8re d&#8217;un sc\u00e9nario \u00e0 l&#8217;autre, car la demande d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 augmente dans tous les sc\u00e9narios au moins jusqu&#8217;en 2012. En revanche, le besoin en nouvelles capacit\u00e9s de production ou la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;augmenter les importations jusqu&#8217;en 2035 sont sensiblement plus importants dans le sc\u00e9nario\u00a0I que dans le sc\u00e9nario\u00a0IV (voir\u00a0tableau\u00a01).\u00a0On a examin\u00e9 sept variantes d&#8217;offre destin\u00e9es \u00e0 combler la p\u00e9nurie de courant.\u00a0A Nucl\u00e9aire: le besoin de d\u00e9veloppement est principalement couvert d\u00e8s 2030 par de nouvelles centrales nucl\u00e9aires (CN); des importations d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 sont provisoirement n\u00e9cessaires entre 2020 et 2030.\u00a0B Nucl\u00e9aire et fossile centralis\u00e9: des centrales \u00e0 gaz combin\u00e9es sont construites dans un premier temps, jusqu&#8217;\u00e0 la mise en exploitation d&#8217;une nouvelle centrale nucl\u00e9aire, pour \u00e9viter des importations d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9.\u00a0C Fossile centralis\u00e9: des centrales \u00e0 gaz combin\u00e9es comblent la p\u00e9nurie d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 jusqu&#8217;en 2035.\u00a0D Fossile d\u00e9centralis\u00e9: le besoin de d\u00e9veloppement est couvert par des installations de couplage chaleur-force (CCF) aliment\u00e9es aux \u00e9nergies fossiles.\u00a0E \u00c9nergies renouvelables: les \u00e9nergies renouvelables compensent \u00e0 elles seules la p\u00e9nurie d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9.\u00a0F Dur\u00e9e d&#8217;exploitation modifi\u00e9e: on postule un raccourcissement de la dur\u00e9e d&#8217;exploitation des centrales nucl\u00e9aires existantes \u00e0 40 ans; une autre option examin\u00e9e est de prolonger la dur\u00e9e d&#8217;exploitation des centrales de Beznau et de M\u00fchleberg \u00e0 60 ans.\u00a0G Importations: la p\u00e9nurie d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 est avant tout compens\u00e9e par des importations.\u00a0\u00a0Toutes les variantes possibles pour couvrir le besoin en \u00e9lectricit\u00e9 pr\u00e9sentent des avantages et des inconv\u00e9nients. L&#8217;\u00e9nergie nucl\u00e9aire est certes exempte d&#8217;\u00e9missions de CO2 et bon march\u00e9 compar\u00e9e \u00e0 d&#8217;autres technologies de production, mais la question des d\u00e9chets n&#8217;est pas r\u00e9solue et l&#8217;acceptation de la soci\u00e9t\u00e9 n&#8217;est pas garantie. Les centrales \u00e0 gaz combin\u00e9es sont constructibles rapidement et \u00e0 un co\u00fbt avantageux, mais elles alourdissent le bilan des \u00e9missions de CO2 et accroissent la d\u00e9pendance envers les \u00e9nergies fossiles. Les agents \u00e9nerg\u00e9tiques renouvelables sont durables, mais chers; certains ont, en outre, un impact sur le paysage. La variante des importations est en principe avantageuse quant aux co\u00fbts, mais des p\u00e9nuries d&#8217;origine physique peu-vent survenir, par exemple en cas de vagues de froid; la s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;approvisionnement en serait affect\u00e9e et des risques financiers \u00e9lev\u00e9s pourraient surgir.\u00a0Toutes les variantes d&#8217;offre ne sont pas calcul\u00e9es pour chacun des sc\u00e9narios (voir\u00a0tableau\u00a02). Par exemple, dans le sc\u00e9nario\u00a0I, la \u00abpoursuite de la politique actuelle\u00bb n&#8217;est pas compatible avec l&#8217;offre\u00a0E \u00ab\u00e9nergies renouvelables\u00bb, puisque les potentiels exploitables pour couvrir l&#8217;importante demande sont trop r\u00e9duits par manque d&#8217;instruments promotionnels. Les variantes\u00a0D et\u00a0E ne sont r\u00e9alisables que dans les sc\u00e9narios\u00a0III et\u00a0IV, mais la variante\u00a0D achoppe aux limites des potentiels de production envisageables et la variante\u00a0E est entach\u00e9e, en particulier pour la g\u00e9othermie, d&#8217;incertitudes quant aux d\u00e9veloppements technologiques. De ce fait, une combinaison des variantes d&#8217;offre\u00a0D et E s&#8217;av\u00e8re judicieuse pour les sc\u00e9narios\u00a0III et\u00a0IV. Une autre association judicieuse se pr\u00e9sente dans le sc\u00e9nario\u00a0III, celle des centrales \u00e0 gaz combin\u00e9es avec les \u00e9nergies renouvelables (variantes\u00a0C et E). La production d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 requiert alors d&#8217;ajouter deux centrales \u00e0 gaz combin\u00e9es &#8211; pour lesquelles on postule la combustion de 20% de gaz de bois &#8211; \u00e0 celle projet\u00e9e \u00e0 Chavalon. Avec la variante\u00a0G, la couverture de la p\u00e9nurie est assur\u00e9e par les importations de courant. En principe, la possibilit\u00e9 existe que des acteurs suisses prennent des participations dans des centrales \u00e9trang\u00e8res (centrales nucl\u00e9aires, centrales fossiles-thermiques), car des contrats de pr\u00e9l\u00e8vement \u00e0 long terme devraient \u00eatre possibles au prix du co\u00fbt marginal \u00e9galement dans un march\u00e9 ouvert. Si du courant vert est import\u00e9, il faut pr\u00e9voir le cofinancement des co\u00fbts de revient, qui seront relativement \u00e9lev\u00e9s par rapport au prix du march\u00e9 pendant assez longtemps encore, et le cofinancement de la r\u00e9gulation par des centrales dans le pays d&#8217;origine ou par des centrales d&#8217;accumulation en Suisse, qui sera requise en cas d&#8217;injection stochastique (\u00e9nergies \u00e9olien-ne et solaire).\u00a0Afin de pouvoir comparer les co\u00fbts des variantes d&#8217;offre, on calcule la valeur escompt\u00e9e des co\u00fbts totaux directs n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement de l&#8217;une ou l&#8217;autre fili\u00e8re. S&#8217;agissant des centrales nucl\u00e9aires, tous les co\u00fbts (y compris ceux de la gestion des d\u00e9chets) sont pris en compte, \u00e0 l&#8217;exception, toutefois, des suppl\u00e9ments subjectifs pour ris-ques. Pour les centrales \u00e0 gaz combin\u00e9es, on a tenu compte des co\u00fbts de compensation du CO2. Les effets des diverses variantes d&#8217;offre sur les co\u00fbts du r\u00e9seau sont controvers\u00e9s; pour la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e, ils ne devraient pourtant diverger que faiblement, puisque tous les sc\u00e9narios reposent sur les m\u00eames structures \u00e9conomiques, infrastructures et parcs immobiliers. Si nous prenons, comme base de comparaison, les co\u00fbts totaux n\u00e9cessaires \u00e0 couvrir la p\u00e9nurie, le sc\u00e9nario\u00a0IV est le plus avantageux puisqu&#8217;il conduit \u00e0 une r\u00e9duction de la consommation d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. Il est int\u00e9ressant de constater que les co\u00fbts totaux des variantes d\u00e9centralis\u00e9es du sc\u00e9nario\u00a0IV sont de l&#8217;ordre de ceux des variantes centralis\u00e9es des sc\u00e9narios\u00a0I et\u00a0II. Le sc\u00e9nario\u00a0III pr\u00e9sente, en combinaison avec les variantes d&#8217;offre d\u00e9centralis\u00e9es, les co\u00fbts totaux les plus \u00e9lev\u00e9s. Cette situation s&#8217;explique par le fait qu&#8217;il faut, en raison de la croissance continue de la consommation d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, exploiter d&#8217;importants potentiels dont certains sont on\u00e9reux tant dans la variante\u00a0D que dans la variante\u00a0E.&#13;<\/p>\n<h2>Effets macro\u00e9conomiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe mod\u00e8le g\u00e9n\u00e9ral d&#8217;\u00e9quilibre dynamique utilis\u00e9 tient compte de toutes les interd\u00e9pendances \u00e9conomiques indig\u00e8nes et \u00e9trang\u00e8res. Il permet d&#8217;estimer les effets \u00e9conomiques et sociaux des mesures politiques. L&#8217;\u00e9valuation des effets \u00e9conomiques exerc\u00e9s par les divers objectifs en mati\u00e8re de CO2 requiert des hypoth\u00e8ses explicites quant aux autres objectifs que l&#8217;\u00e9conomie mondiale se fixe en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9nergie et de politique environnementale. Aussi bien l&#8217;harmonisation internationale des objectifs en mati\u00e8re de CO2, accept\u00e9e sur la base d&#8217;une consultation d&#8217;experts, que l&#8217;instrument des taxes incitatives exerceront des effets macro\u00e9conomiques mod\u00e9r\u00e9ment n\u00e9gatifs sur les variantes \u00e9tudi\u00e9es en mati\u00e8re de politique \u00e9nerg\u00e9tique: il faut donc pr\u00e9voir une diminution limit\u00e9e de la consommation et du nombre de places de travail. Les co\u00fbts de r\u00e9duction du CO2 suisse sont nettement plus bas si une compensation \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger est autoris\u00e9e. Toutefois, si les co\u00fbts sp\u00e9cifiques de r\u00e9duction du CO2 sont environ dix fois plus \u00e9lev\u00e9s en Suisse qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, les instruments et les mesures indig\u00e8nes visent aussi \u00e0 garantir la s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;approvisionnement, laquelle est affaiblie par la diminution des \u00e9missions de CO2 \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. L&#8217;accroissement de l&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique en Suisse implique, en outre, des progr\u00e8s techniques et des gains de confort (notamment dans le domaine du b\u00e2timent), qui ne seront pas exploit\u00e9s si l&#8217;on intensifie le commerce international du CO2.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9sum\u00e9 et conclusions<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans l&#8217;univers correspondant au sc\u00e9nario\u00a0I (\u00abpoursuite de la politique actuelle\u00bb), le progr\u00e8s technique autonome compense l&#8217;augmentation de la demande \u00e9nerg\u00e9tique caus\u00e9e par le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et d\u00e9mographique, si bien que l&#8217;on peut escompter une demande qui demeurerait \u00e0 son niveau actuel d&#8217;ici \u00e0 2035. Le sc\u00e9nario II (\u00abcollaboration renforc\u00e9e\u00bb) pr\u00e9voit une r\u00e9duction de la demande \u00e9nerg\u00e9tique par rapport au sc\u00e9nario\u00a0I, sans, toutefois, postuler un renversement de tendance. Le syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique global suisse r\u00e9agit peu aux modifications de prix. Pour r\u00e9duire sensiblement la demande d&#8217;\u00e9nergie &#8211; et donc les \u00e9missions de CO2 &#8211; et ralentir la progression de la consommation \u00e9nerg\u00e9tique par rapport au niveau actuel, il faut coordonner aux plans national et international les changements de priorit\u00e9s auxquels les politiques \u00e9nerg\u00e9tique et environnementale sont confront\u00e9es (ce que supposent les sc\u00e9narios\u00a0III et\u00a0IV). Il est exclu que la Suisse fasse cavalier seul. La mise en oeuvre d&#8217;une telle politique passe par une taxe incitative frappant tous les agents \u00e9nerg\u00e9tiques au niveau de la consommation finale et dont l&#8217;effet est d&#8217;accro\u00eetre sensiblement les prix de l&#8217;\u00e9nergie. Le sc\u00e9nario\u00a0IV postule, en outre, que les potentiels de nouvelles technologies cl\u00e9s soient exploit\u00e9s pour accro\u00eetre l&#8217;efficacit\u00e9. Par ailleurs, on part du principe que l&#8217;on utilisera moins de surfaces et de prestations de transport tandis que l&#8217;\u00e9volution \u00e9conomique restera stable.\u00a0La r\u00e9orientation coordonn\u00e9e des politiques \u00e9nerg\u00e9tique et environnementale \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle internationale a un impact quelque peu n\u00e9gatif sur la consommation et l&#8217;emploi en Suisse.\u00a0Selon le degr\u00e9 d&#8217;intervention, les instruments de mise en oeuvre requi\u00e8rent des d\u00e9cisions, conventions, modifications d&#8217;ordonnance, nouvelles lois ou modifications de la Constitution.\u00a0Les agents \u00e9nerg\u00e9tiques fossiles conservent une importance consid\u00e9rable dans les sc\u00e9narios\u00a0III et\u00a0IV, mais celle-ci se r\u00e9duit respectivement d&#8217;un tiers et de 50% par rapport au sc\u00e9nario\u00a0I.\u00a0Les \u00e9conomies de carburant entra\u00eenent des pertes de recettes fiscales sur les huiles min\u00e9rales qui se chiffrent en milliards. Il sera n\u00e9cessaire de trouver des financements de remplacement pour les d\u00e9penses d&#8217;infrastructures.\u00a0Quel que soit le cas de figure, trouver des solutions et les mettre en oeuvre requerra de tous les groupes impliqu\u00e9s une ferme volont\u00e9 de compromis. Les Perspectives \u00e9nerg\u00e9tiques constituent une base compl\u00e8te, \u00e9tay\u00e9e scientifiquement, pour appr\u00e9cier qualitativement et quantitativement les cons\u00e9quences des diverses mesures n\u00e9cessaires actuellement en discussion.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abProc\u00e9dure m\u00e9thodologique\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abDemande d&#8217;\u00e9nergie finale et d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9: \u00e9volution 1950-2004 etpr\u00e9visions jusqu&#8217;en 2035 selon les sc\u00e9narios\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abVariantes pour la couverture de la p\u00e9nurie: investissements requis et co\u00fbts totaux escompt\u00e9s\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2 \u00abModifications entre 2000 et 2035 En&nbsp;%\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La classe politique suisse se pr\u00e9occupe actuellement des objectifs de protection du climat pour l&#8217;apr\u00e8s-2010. 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