{"id":154046,"date":"2007-12-01T12:00:00","date_gmt":"2007-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/12\/zuercher-22\/"},"modified":"2023-08-24T01:14:14","modified_gmt":"2023-08-23T23:14:14","slug":"zuercher-22","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/12\/zuercher-22\/","title":{"rendered":"Croissance, distribution et mobilit\u00e9 des revenus"},"content":{"rendered":"<p>Les soci\u00e9t\u00e9s modernes se caract\u00e9risent par un niveau de revenu et de fortune qui ne d\u00e9pend plus de la naissance de leurs membres. Dans le d\u00e9bat sur l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des revenus (ou des salaires), cet aspect n&#8217;est pas suffisamment pris en consid\u00e9ration. On se focalise trop souvent sur les donn\u00e9es statiques de la distribution des revenus et pas assez sur leur dynamique propre. L &#8216; auteur en arrive ainsi \u00e0 la conclusion que, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la mobilit\u00e9 r\u00e8gne, on tol\u00e8re un degr\u00e9 d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 que dans un syst\u00e8me rigide, car on peut la consid\u00e9rer comme un moteur de croissance, permettant de surmonter toute progression \u00e9ventuelle de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9. <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200712_07_Zuercher_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"264\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa question de la r\u00e9partition des revenus ne peut s&#8217;appr\u00e9cier sans, d &#8216; abord, consid\u00e9rer leur r\u00e9partition et \u00e9voquer la croissance. L&#8217;\u00e9volution \u00e9conomique de ces cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es a valu \u00e0 nos soci\u00e9t\u00e9s industrielles de conna\u00eetre une prosp\u00e9rit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent. Entre 1950 et 2005, la somme des salaires en termes r\u00e9els a progress\u00e9 en Suisse d&#8217;un facteur 5,8 alors que le nombre de personnes actives augmentait de 1,8 fois. Sur la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e, le revenu moyen provenant d&#8217;une activit\u00e9 salari\u00e9e a donc tripl\u00e9! Le sociologue Ulrich Beck (1986) d\u00e9crit ce ph\u00e9nom\u00e8ne par la formule \u00abeffet d&#8217;ascenseur\u00bb. En d&#8217;autres termes, \u00e9crit-il, \u00abl&#8217; ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 de classes est mont\u00e9e d&#8217;un \u00e9tage. On observe [&#8230;] un gain collectif en termes de revenus, de formation, de mobilit\u00e9, de droits, de savoir, de consommation de masse.\u00bb \u00a0 Bien qu&#8217;\u00e0 la faveur de ce mouvement, la situation mat\u00e9rielle de toutes les couches de la population se soit nettement am\u00e9lior\u00e9e depuis la fin de la guerre, on admet qu&#8217;en Suisse, les revenus (du travail) \u00e9taient r\u00e9partis de mani\u00e8re plus \u00e9galitaire dans les ann\u00e9es cinquante qu&#8217;aujourd&#8217;hui. Notons, toutefois, que cette \u00e9volution s&#8217;est faite sur fond de diff\u00e9renciation des modes de vie et des carri\u00e8res professionnelles. Elle s&#8217;est, en outre, accompagn\u00e9e d&#8217;une augmentation tr\u00e8s sensible du degr\u00e9 d&#8217;autonomie personnelle et de la libert\u00e9 existentielle de chacun. L&#8217;uniformit\u00e9 des carri\u00e8res, que l&#8217;on observait autrefois, a fait place \u00e0 un riche \u00e9ventail de possibilit\u00e9s et d&#8217;\u00e9panouissement professionnels.&#13;<\/p>\n<h2>Rapport entre croissance \u00e9conomique et r\u00e9partition des revenus<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution d&#8217;une moyenne ne dit rien de la r\u00e9partition des valeurs qu&#8217;elle sous-tend. En plus de la croissance du revenu moyen, il importe aussi de conna\u00eetre l&#8217;\u00e9volution de la distribution ou la variabilit\u00e9, ainsi que d&#8217;autres facteurs influen\u00e7ant la distribution des revenus (par exemple \u00e0 l&#8217;aide de l &#8216; indice de Gini, souvent utilis\u00e9). On peut illustrer le rapport entre croissance \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9rale et r\u00e9partition des revenus par l&#8217;image classique du g\u00e2teau. Si l&#8217;ensemble du g\u00e2teau augmente, ses parts respectives s&#8217;accroissent \u00e9galement en moyenne. En pareil cas, il se peut que l&#8217;un ou l&#8217;autre des b\u00e9n\u00e9ficiaires s&#8217;en octroie une plus grande sans que les autres doivent se contenter de parts plus petites que pr\u00e9c\u00e9demment. Dans une \u00e9conomie en stagnation, par contre, on ne peut en principe augmenter son revenu qu&#8217;au d\u00e9triment de celui des autres et la probabilit\u00e9 de conflits de partage risque ainsi de cro\u00eetre. Dans une \u00e9conomie en croissance, ce jeu \u00e0 somme nulle devient un jeu \u00e0 somme positive.&#13;<\/p>\n<h2>Faible in\u00e9galit\u00e9 en Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn mati\u00e8re d&#8217;\u00e9carts des revenus, on constate que la Suisse, d&#8217;apr\u00e8s l &#8216; indice de Gini, occupe une position moyenne parmi les pays de l&#8217;OCDE (voir graphique 1 ). M\u00eame en ce qui concerne la r\u00e9partition des revenus et leur \u00e9volution, on n&#8217;observe aucune progression de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 dans notre pays (voir tableau 1 ), bien qu&#8217;on entende toujours affirmer le contraire ici et l\u00e0. Les variations observ\u00e9es entre 1991 et 1995, puis entre 1995 et 2005, sont certainement dues pour une large part \u00e0 l&#8217;\u00e9volution conjoncturelle. En p\u00e9riode de fl\u00e9chissement \u00e9conomique, on constate souvent un recul des in\u00e9galit\u00e9s salariales, lesquelles s&#8217;accentuent de nouveau lors des phases de redressement. On rel\u00e8ve, toutefois, avec int\u00e9r\u00eat qu&#8217;en Suisse, l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 a diminu\u00e9 ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, surtout dans la moiti\u00e9 inf\u00e9rieure de l&#8217;\u00e9ventail des revenus. Elle a progress\u00e9, par contre, dans la moiti\u00e9 sup\u00e9rieure, ce qui peut s&#8217;expliquer par une prise en consid\u00e9ration plus marqu\u00e9e des formations de haut niveau. Au total, on observe sur une p\u00e9riode de quinze ans une baisse du degr\u00e9 d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des salaires. Dans ce contexte, il est \u00e9galement int\u00e9ressant de noter qu&#8217;en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9carts de salaires, la Suisse se situait en 2005 imm\u00e9diatement derri\u00e8re trois \u00c9tats scandinaves tr\u00e8s \u00e9galitaires, la Norv\u00e8ge, la Su\u00e8de et la Finlande, mais devant le Danemark, les Pays-Bas et les autres pays de l&#8217;OCDE OCDE (2007). .&#13;<\/p>\n<h2>Le param\u00e8tre de la mobilit\u00e9 des revenus<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa mesure de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des revenus ou des salaires correspond toujours \u00e0 un aper\u00e7u instantan\u00e9 de la distribution. Les indicateurs d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 ne peuvent pas saisir certains processus dynamiques, comme le renforcement ou la disparition dans le temps de groupes de m\u00e9nages ou de particuliers dans l&#8217;\u00e9ventail des revenus. Or, dans une \u00e9conomie de plus en plus dynamique, la question des chances d&#8217;ascension et des risques de recul, au sein d&#8217;une distribution donn\u00e9e de revenus ou de salaires, prend pr\u00e9cis\u00e9ment toute son importance. Ces mouvements ascendants ou descendants ont une origine \u00e9conomique aussi bien que conceptuelle. Du point de vue \u00e9conomique, il est logique que les personnes les plus capables et les plus talentueuses d&#8217;une cat\u00e9gorie de revenus donn\u00e9e puissent gravir les \u00e9chelons sans \u00eatre bloqu\u00e9es ou g\u00ean\u00e9es dans leur progression par leur arri\u00e8re-plan familial ou social ou par des facteurs qui n&#8217;ont rien \u00e0 voir avec leurs capacit\u00e9s professionnelles. \u00c0 la faveur d&#8217;une configuration donn\u00e9e de facteurs incitatifs, les ressources rares (talents) d&#8217;un pays doivent trouver l&#8217;affectation la plus profitable \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Cet aspect de l&#8217;efficience montre clairement que la mobilit\u00e9 des revenus est indissociable de la croissance \u00e9conomique. Mais d&#8217;autres raisons relevant d&#8217;une certaine conception des choses ou de l&#8217;ordre social expliquent aussi que l&#8217;on mette l&#8217;accent sur la mobilit\u00e9 des revenus et des salaires. Par exemple, la garantie de l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances est une donn\u00e9e importante des institutions helv\u00e9tiques, ancr\u00e9es dans la tradition lib\u00e9rale. \u00c0 cet \u00e9gard, ce ne sont plus les r\u00e9sultats \u00e9conomiques qui priment, mais la justice et l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances. \u00a0 L&#8217;aspect le plus int\u00e9ressant de la mobilit\u00e9 des revenus est leur corr\u00e9lation dans le temps. Si elle est positive, cela peut signifier que ceux qui touchent un salaire modeste \u00e0 un moment donn\u00e9 ont de fortes probabilit\u00e9s de demeurer \u00e0 l&#8217;avenir dans leur segment de bas revenu, alors qu&#8217;une corr\u00e9lation n\u00e9gative correspond \u00e0 une inversion de situation: ceux qui ont des salaires modestes dans la p\u00e9riode d&#8217;observation initiale auront des revenus \u00e9lev\u00e9s \u00e0 la p\u00e9riode suivante et r\u00e9ciproquement. \u00a0 Le graphique 2 pr\u00e9sente sch\u00e9matiquement le concept de la mobilit\u00e9 des revenus. \u00c0 partir d&#8217;une distribution saisie \u00e0 un moment donn\u00e9, il illustre les mouvements de revenus (pour les individus ou les m\u00e9nages) qui se dessinent jusqu&#8217;au moment suivant. Pour simplifier, on admet que la distribution en soi ne change pas. Et l&#8217;on voit clairement o\u00f9 sont les gagnants et les perdants. Le graphique montre quatre exemples d&#8217;\u00e9volution possible des revenus entre les temps t 0 et t 1 , le revenu (ou salaire) \u00e9tant port\u00e9 sur l&#8217;axe vertical et la fonction de densit\u00e9 f(y) sur l&#8217;axe horizontal.&#13;<\/p>\n<h2>La mobilit\u00e9 des salaires dans les ann\u00e9es nonante<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes mouvements rapport\u00e9s dans le graphique 2 peuvent \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s statistiquement par une matrice de transition comme celle du tableau 2 . Elle doit \u00eatre lue comme suit: de ceux qui se trouvaient au temps t 0 dans le premier d\u00e9cile (le segment de revenus le plus bas), 56,3% demeurent dans ce d\u00e9cile au temps t 1 , tandis que les 43,7% restants sont pass\u00e9s dans l&#8217;un ou l&#8217;autre des d\u00e9ciles sup\u00e9rieurs. La matrice de transition montre qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9chelon le plus bas comme au plus \u00e9lev\u00e9 de la distribution, les probabilit\u00e9s de demeurer dans le m\u00eame d\u00e9cile sont plus fortes que dans les zones du milieu (voir les chiffres de la diagonale). Ceux qui occupent le d\u00e9cile le plus \u00e9lev\u00e9 sont pr\u00e8s de 62% \u00e0 y demeurer. Leur probabilit\u00e9 de redescendre l&#8217;\u00e9chelle des revenus n&#8217;en est pas moins de 38%. En revanche, le risque qu&#8217;ont les sujets aux revenus les plus bas de demeurer dans le premier d\u00e9cile est un peu moins \u00e9lev\u00e9 (56,3%), de sorte qu&#8217;ils sont plus nombreux, dans cette cat\u00e9gorie, \u00e0 pouvoir esp\u00e9rer une ascension. \u00a0 Ces matrices de transition permettent de calculer divers indices de mobilit\u00e9. Une comparaison par pays montre que dans l&#8217;\u00e9ventail suisse des revenus et salaires, le degr\u00e9 de mobilit\u00e9 est relativement \u00e9lev\u00e9 puisqu&#8217;il d\u00e9passe sensiblement, par exemple, celui des \u00c9tats-Unis De Coulon et Z\u00fcrcher (2004). . Ce constat pousse notamment Markus Schneider \u00e0 parler de la Suisse comme d&#8217;une \u00abterre d&#8217;opportunit\u00e9s\u00bb Dans son ouvrage, Schneider (2007) montre de fa\u00e7on anecdotique, \u00e0 l&#8217;aide de plusieurs exemples, que les carri\u00e8res classiques ayant d\u00e9but\u00e9 par un poste de \u00ablaveur de vaisselle\u00bb ne sont pas rares en Suisse. . Il n&#8217;est pas inint\u00e9ressant de d\u00e9terminer \u00e9galement les facteurs ou les caract\u00e9ristiques personnelles qui peuvent influencer la mobilit\u00e9 individuelle dans l&#8217;\u00e9ventail des revenus.&#13;<\/p>\n<h2>Y a-t-il progression de la pr\u00e9carit\u00e9 en Suisse?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS) publie r\u00e9guli\u00e8rement les taux de pauvret\u00e9 de la population active OFS (2007). . Depuis 2001, ceux-ci fluctuent entre 7% et 9%. Dans le d\u00e9bat sur les taux de pauvret\u00e9, cependant, on n\u00e9glige parfois le fait que tous les m\u00e9nages ou les particuliers qui tombent sous un certain seuil de pauvret\u00e9 n&#8217;y demeurent pas durablement, loin de l\u00e0. Au contraire, ils parviennent souvent \u00e0 am\u00e9liorer leur situation \u00e9conomique sur une p\u00e9riode relativement br\u00e8ve. \u00a0 Streuli et Bauer (2002) ont \u00e9valu\u00e9 pour la Suisse la probabilit\u00e9 des passages entre les trois \u00e9tats \u00abnon pauvre\u00bb, \u00abpauvre\u00bb et \u00abtravailleur pauvre\u00bb (\u00abworking poor\u00bb). D&#8217;apr\u00e8s leurs calculs, plus de la moiti\u00e9 des travailleurs pauvres recens\u00e9s en une ann\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e sont pass\u00e9s l&#8217;ann\u00e9e suivante dans la cat\u00e9gorie \u00abnon pauvre\u00bb. Certes, le risque de stagner \u00e0 ce niveau est relativement \u00e9lev\u00e9, mais il reste tout de m\u00eame inf\u00e9rieur, d&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 la probabilit\u00e9 de se hisser \u00e0 un degr\u00e9 sup\u00e9rieur. Selon nos calculs fond\u00e9s sur ceux de Streuli et Bauer, la dur\u00e9e moyenne de r\u00e9manence dans l&#8217;\u00e9tat de travailleur pauvre est de 13 \u00e0 14 mois. L&#8217;analyse des probabilit\u00e9s de transition, c&#8217;est-\u00e0-dire de la mobilit\u00e9, montre en outre que lorsqu&#8217;il y a transition, la probabilit\u00e9 de passer directement de l&#8217;\u00e9tat de travailleur pauvre \u00e0 celui de \u00abnon pauvre\u00bb est sup\u00e9rieure \u00e0 85%. Ces chiffres soulignent clairement que la pauvret\u00e9 n&#8217;est, le plus souvent, qu&#8217;un \u00e9tat passager dont on a de fortes chances de se sortir. En foi de quoi, il semble incorrect de conclure \u00e0 l&#8217;existence en Suisse d&#8217;un socle permanent de couches sociales d\u00e9favoris\u00e9es, voire \u00e0 l&#8217;aggrava-tion de la pr\u00e9carit\u00e9. \u00a0 Pourquoi certains particuliers ou m\u00e9nages r\u00e9ussissent-ils mieux que d&#8217;autres \u00e0 s&#8217;extirper de la pauvret\u00e9? Des m\u00e9thodes statistiques permettent de d\u00e9terminer l&#8217;influence de certains atouts personnels (comme le niveau de formation et l&#8217;exp\u00e9rience professionnelle) ou de variables contextuelles (p. ex. l&#8217;appartenance \u00e0 telle ou telle branche ou la dimension de l&#8217;entreprise). Les \u00e9tudes empiriques sur le sujet mettent encore et toujours en \u00e9vidence l&#8217;importance capitale d&#8217;une bonne formation initiale. Ce facteur-cl\u00e9 peut \u00e9viter \u00e0 son b\u00e9n\u00e9ficiaire de tomber dans la pauvret\u00e9 ou l&#8217;encourager \u00e0 en sortir.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl va sans dire que tous les aspects de cette th\u00e9matique n&#8217;ont pas pu \u00eatre abord\u00e9s ou trait\u00e9s en profondeur dans le cadre du pr\u00e9sent article. Nous n&#8217;avons, par exemple, pas mentionn\u00e9 le d\u00e9bat actuel sur la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle des revenus, autrement dit sur \u00abl&#8217;h\u00e9ritage\u00bb que les parents laissent \u00e0 leurs enfants en mati\u00e8re de formation et de statut social Bauer et Riphahn (2007). . L&#8217;article ne s&#8217;est pas \u00e9tendu non plus sur la distribution et la mobilit\u00e9 touchant la fortune, un aspect o\u00f9 la Suisse occupe une position nettement moins favorable que pour la distribution et la mobilit\u00e9 des revenus. De m\u00eame, la mobilit\u00e9 entre divers r\u00e9gimes d&#8217;occupation sur le march\u00e9 du travail (temps partiel, plein emploi, ch\u00f4mage, etc.) n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 plus cern\u00e9e que la mobilit\u00e9 biographique, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;ascension dans l&#8217;\u00e9chelle des revenus et salaires favoris\u00e9e par le curriculum vitae. Il conviendrait d&#8217;\u00e9tudier \u00e9galement l&#8217;influence des tendances d\u00e9mographiques sur la dispersion et plus particuli\u00e8rement sur la mobilit\u00e9 des revenus. Enfin, la question des cas de pauvret\u00e9 a d\u00fb, elle aussi, \u00eatre laiss\u00e9e de c\u00f4t\u00e9. \u00a0 L&#8217;article fait, cependant, appara\u00eetre que dans un milieu social pluraliste et lib\u00e9ral, il importe aussi de prendre en compte la dynamique des revenus au sein d&#8217;une distribution donn\u00e9e, ne serait-ce que pour compl\u00e9ter l&#8217;analyse des termes de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9. C&#8217;est ainsi que, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la mobilit\u00e9 r\u00e8gne, on tol\u00e8re un degr\u00e9 d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 que dans un syst\u00e8me rigide, car on peut la consid\u00e9rer comme un moteur de croissance, permettant de surmonter toute progression \u00e9ventuelle de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9. Il convient donc d&#8217;accorder encore plus de poids \u00e0 l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances dans la d\u00e9finition des politiques \u00e9conomique et sociale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abIndice de Gini et in\u00e9galit\u00e9 de la distribution des revenus, 2000\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abMobilit\u00e9 des revenus entre deux moments\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abIn\u00e9galit\u00e9 des salaires, 1991-2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2 \u00abProbabilit\u00e9s de transition moyenne sur 2 ans, salaires, 1994-1998\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Bibliographie &#8211; Bauer Philippe C. et Riphahn Regina T., \u00abLa mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle de la formation et du revenu en Suisse: comparaison entre Suisses et immigr\u00e9s\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 7\/8-2007, p. 18-21.- Beck Ulrich, Risikogesellschaft. Auf dem Weg in eine andere Moderne, Francfort s. M., 1986.- Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, La pauvret\u00e9 des personnes en \u00e2ge de travailler. Taux de pauvret\u00e9 et de working poor parmi les personnes \u00e2g\u00e9es de 20 \u00e0 59 ans, en Suisse, entre 2000 et 2005, Neuch\u00e2tel, 2007.- Schneider Markus, Klassenwechsel. Aufsteigen und Reichwerden in der Schweiz: Wie Kinder es weiterbringen als ihre Eltern, B\u00e2le, 2007. &#8211; Streuli Elisa et Bauer Tobias, Les working poor en Suisse. \u00c9tude de la probl\u00e9matique, de l&#8217;ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne et de ses causes, Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, Neuch\u00e2tel, 2002.- De Coulon Augustin et Z\u00fcrcher Boris A., \u00abLow Pay Mobility in the Swiss Labour Market\u00bb, dans Minimum Wages, Low Pay and Unemployment, D. E. Meulders, R. Plasman et F. Rycx (\u00e9d.), Palgrave McMillan, 2004. &#8211; D&#8217;Addio Anna, Intergenerational Transmission of Disadvantage: Mobility or Immobility across Generations? A Review of the Evidence for OECD Countries, Document de travail n\u00b0 52 de l&#8217;OCDE sur les questions sociales, les emplois et les migrations, 2007.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les soci\u00e9t\u00e9s modernes se caract\u00e9risent par un niveau de revenu et de fortune qui ne d\u00e9pend plus de la naissance de leurs membres. Dans le d\u00e9bat sur l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des revenus (ou des salaires), cet aspect n&#8217;est pas suffisamment pris en consid\u00e9ration. On se focalise trop souvent sur les donn\u00e9es statiques de la distribution des revenus [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2695,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2695,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Dr. rer. pol., Leiter der Direktion f\u00fcr Arbeit, Staatssekretariat f\u00fcr Wirtschaft (Seco), Bern","seco_author_post_occupation_fr":"Chef de la Direction du travail, Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), Berne","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":154049,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"9758","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55b9c19c668eb"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154046"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2695"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=154046"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154046\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189971,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154046\/revisions\/189971"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2695"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=154046"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=154046"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=154046"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=154046"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=154046"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=154046"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}