{"id":154076,"date":"2007-11-01T12:00:00","date_gmt":"2007-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/11\/giordano-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:14:21","modified_gmt":"2023-08-23T23:14:21","slug":"giordano-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/11\/giordano-2\/","title":{"rendered":"Le r\u00f4le de la politique commerciale dans l&#8217;\u00e9volutionde la structure des importations en Am\u00e9rique latine"},"content":{"rendered":"<p>Les structures commerciales d&#8217;Am\u00e9rique latine ont connu des variations importantes au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Certains pays ont travers\u00e9 une p\u00e9riode d&#8217;expansion au milieu des ann\u00e9es nonante, suivie d&#8217;une descente abrupte lors de la phase de crise macro\u00e9conomique, la reprise s&#8217;imposant \u00e0 partir de 2002. Les changements dans les structures commerciales ne sont pas nouvaux en Am\u00e9rique latine. \u00c0 quoi peut-on attribuer l&#8217;\u00e9volution sectorielle et g\u00e9ographique de la structure des importations? Comment expliquer les variations r\u00e9gionales? Quels r\u00f4les les facteurs politiques, tels que la mise en place d&#8217;accords de libre-\u00e9change (ALE), ont-ils jou\u00e9s Le pr\u00e9sent article est tir\u00e9 d&#8217;une document de travail qui a contribu\u00e9 aux \u00e9tudes sur les accords pr\u00e9f\u00e9rentiels, mandat\u00e9es par le Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco, voir Estevadeordal et. al., 2007). Sa teneur refl\u00e8te l&#8217;opinion de l&#8217;auteur et ne correspond pas n\u00e9cessairement \u00e0 la position officielle de la BID, de ses pays membres ou du Seco. L&#8217;auteur remercie Kati Suominen et Augusto Stabilito de leur aide lors de sa r\u00e9daction.?&#13;<\/p>\n<h2>Des importations au comportement chaotique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne croissance \u00e9conomique solide, l&#8217;appr\u00e9ciation du taux de change pour quelques-uns des plus grands importateurs, en particulier l&#8217;Argentine et le Br\u00e9sil, et les progr\u00e8s du processus de lib\u00e9ralisation du commerce r\u00e9gional lanc\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es quatre-vingt ont contribu\u00e9 \u00e0 augmenter de mani\u00e8re significative les importations en Am\u00e9rique latine entre 1995 et 1998. Comme le montre le tableau 1, pendant cette p\u00e9riode de forte croissance, des pays qui ne sont pas situ\u00e9s dans cette r\u00e9gion, comme la Chine (+56%) et les \u00c9tats-Unis (+8,6%), ont vu leurs parts de march\u00e9 augmenter sur le sous-continent, alors que la Suisse (-23,3%), d&#8217;autres pays d&#8217;Asie (-8,9%) et l&#8217;Union europ\u00e9enne (-5,4%) ont c\u00e9d\u00e9 du terrain.\u00a0Les importations ont stagn\u00e9 entre 1999 et 2002 en raison du ralentissement de l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9gionale et de l&#8217;effondrement de l&#8217;Argentine et de l&#8217;Uruguay. Dans certains cas, cette p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une stagnation ou m\u00eame un l\u00e9ger recul de la lib\u00e9ralisation du commerce. Cette \u00e9volution a modifi\u00e9 la composition g\u00e9ographique et sectorielle du commerce, puisque les importations d&#8217;\u00e9nergie en provenance d&#8217;Am\u00e9rique latine ainsi que l&#8217;industrie manufacturi\u00e8re l\u00e9g\u00e8re d&#8217;Asie ont gagn\u00e9 en importance, aux d\u00e9pens de l&#8217;industrie lourde. Pendant cette p\u00e9riode, les partenaires extrar\u00e9gionaux comme la Chine (+105,2%) et d&#8217;autres pays asiatiques (+35,3%) ont nettement augment\u00e9 leurs parts de march\u00e9; la Suisse (+0,9%) a l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9 sa pr\u00e9sence, tandis que les \u00c9tats-Unis (-7,9%) et l&#8217;Europe (-12,2%) ont perdu du terrain sur les march\u00e9s r\u00e9gionaux. \u00a0Les ann\u00e9es 2003 \u00e0 2005 ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par une forte croissance \u00e9conomique dans la r\u00e9gion. Ce sont surtout la Chine (+42%) et d&#8217;autres pays asiatiques (+11%) qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette hausse des importations r\u00e9gionales et ont augment\u00e9 leurs parts de march\u00e9, contrairement \u00e0 la Suisse (-10%) et \u00e0 l&#8217;Union europ\u00e9enne (-1,6%), qui ont vu leur position s&#8217;\u00e9roder de nouveau sur les march\u00e9s r\u00e9gionaux d&#8217;importation.&#13;<\/p>\n<h2>La lib\u00e9ralisation du commerce, une variable-cl\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa lib\u00e9ralisation du commerce est une variable-cl\u00e9 qui a jou\u00e9 un r\u00f4le particuli\u00e8rement important dans la structure du commerce en Am\u00e9rique latine. Les diff\u00e9rentes \u00e9conomies du sous-continent ont poursuivi une strat\u00e9gie d&#8217;int\u00e9gration multipolaire au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, en ouvrant leurs march\u00e9s unilat\u00e9ralement, en lib\u00e9ralisant le commerce multilat\u00e9ral sous les auspices de l&#8217;Organisation mondiale du commerce (OMC) et en proc\u00e9dant \u00e0 une int\u00e9gration sous-r\u00e9gionale par le biais d&#8217;associations telles que la Communaut\u00e9 andine, le March\u00e9 commun d&#8217;Am\u00e9rique centrale (MCAC), le March\u00e9 commun du Sud (Mercosur) ou de dizaines d&#8217;accords d&#8217;ALE r\u00e9gionaux et extra-r\u00e9gionaux.\u00a0Le programme de lib\u00e9ralisation du commerce unilat\u00e9ral et multilat\u00e9ral en place en Am\u00e9rique latine a eu pour r\u00e9sultat une r\u00e9duction importante de la moyenne des tarifs externes, qui sont pass\u00e9s de plus de 40% dans les ann\u00e9es quatre-vingt \u00e0 moins de 12% dans les ann\u00e9es nonante, puis \u00e0 10% en 2000 BID (2000).. Toutefois, c&#8217;est la lib\u00e9ralisation des tarifs pr\u00e9f\u00e9rentiels, dans le contexte des accords commerciaux r\u00e9gionaux (ACR) &#8211; les ALE et les unions douani\u00e8res plus \u00e9tendus &#8211; qui pourrait d\u00e9terminer dans une plus large mesure la structure commerciale de l&#8217;Am\u00e9rique latine: les tarifs ont \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9s \u00e0 z\u00e9ro dans de nombreux accords parmi les plus anciens et baissent rapidement dans ceux conclus plus r\u00e9cemment.\u00a0Il est clair que les ACR d&#8217;Am\u00e9rique latine d\u00e9vient par rapport \u00e0 la tendance g\u00e9n\u00e9rale, comme c&#8217;est le cas dans d&#8217;autres r\u00e9gions. En effet, certaines parties aux ACR (souvent dans le cas d&#8217;accords Sud-Sud) et certaines cat\u00e9gories de produits (en particulier dans des secteurs sensibles tels que les produits agricoles, les pr\u00e9parations alimentaires, le textile, l&#8217;habillement et les chaussures) ne permettent pas une lib\u00e9ralisation compl\u00e8te. D&#8217;ailleurs, les ACR contiennent des clauses comme les contingents tarifaires, les exceptions et les r\u00e8gles d&#8217;origine restrictives qui pourraient restreindre la lib\u00e9ralisation.\u00a0Cependant, dans l&#8217;ensemble, l&#8217;\u00e9tat des lieux de l&#8217;int\u00e9gration commerciale est tr\u00e8s encourageant dans la r\u00e9gion, comme le montre le tableau 2. Le continent am\u00e9ricain est l&#8217;une des r\u00e9gions les plus int\u00e9gr\u00e9es du monde. La lib\u00e9ralisation dans les ACR est tr\u00e8s avanc\u00e9e et de nombreux pays se sont connect\u00e9s avec la plupart des autres de la r\u00e9gion et, de plus en plus, avec des partenaires en Europe et en Asie BID (2006)..\u00a0La rupture spectaculaire avec le protectionnisme du pass\u00e9 et l&#8217;augmentation du nombre des ACR ont accentu\u00e9 l&#8217;importance du commerce dans les \u00e9conomies d&#8217;Am\u00e9rique latine; on pourrait aussi avancer l&#8217;hypoth\u00e8se selon laquelle elles auraient exerc\u00e9 une influence sur la composition g\u00e9ographique et sectorielle des structures commerciales r\u00e9gionales.\u00a0Effectivement, on peut dire que les ACR ont fa\u00e7onn\u00e9 la structure des importations r\u00e9gionales en termes de:\u00a0&#8211; volume pur (\u00e0 cause de la lib\u00e9ralisation av\u00e9r\u00e9e dans de nombreux ACR, notamment au Mexique et au Chili);\u00a0&#8211; sources g\u00e9ographiques d&#8217;importation (avec des partenaires d&#8217;ACR gagnant une marge pr\u00e9f\u00e9rentielle);\u00a0&#8211; composition sectoriel des importations (affect\u00e9e par des diff\u00e9rences de lib\u00e9ralisation d&#8217;un secteur \u00e0 l&#8217;autre suivant les ACR et par le caract\u00e8re restrictif des r\u00e8gles d&#8217;origine pour les produits finals, qui peut mener \u00e0 un d\u00e9tournement des \u00e9changes des produits interm\u00e9diaires).&#13;<\/p>\n<h2>Le r\u00f4le des facteurs structuraux et politiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;analyse structurel-r\u00e9siduel (\u00abshift-share\u00bb) aide \u00e0 d\u00e9m\u00ealer la composition g\u00e9ographi-que et sectorielle des importations et donne un aper\u00e7u du r\u00f4le que jouent les facteurs structurels et politiques, tels que la politique commerciale, en fa\u00e7onnant les flux commerciaux de l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9gionale et les parts de march\u00e9 des partenaires Pour davantage de d\u00e9tails, voir Cheptea, Gaulier et Zignago (2005) et Estevadeordal et. al. (2007).. Deux conclusions ressortent de cette analyse.\u00a0D&#8217;une part, la composition g\u00e9ographique et sectorielle des importations des pays d&#8217;Am\u00e9rique latine s&#8217;est harmonis\u00e9e de 1995 \u00e0 2002. Les facteurs structurels en lien avec la composition g\u00e9ographique et sectorielle initiale des importations semblent avoir pris le dessus sur les variables politiques.\u00a0D&#8217;autre part, les variables politiques \u00e9taient particuli\u00e8rement fortes dans les cas du Costa Rica, du Guatemala et du Mexique, qui suivent un programme d&#8217;int\u00e9gration commerciale tr\u00e8s actif. Elles \u00e9taient moins marqu\u00e9es en Bolivie, au Chili Le Chili a suivi un agenda commercial tr\u00e8s dynamique durant la p\u00e9riode analys\u00e9e. D\u00e8s lors, il peut sembler contraire \u00e0 l&#8217;intuition que les facteurs structurels l&#8217;emportent sur les facteurs politiques. Il est probable que les ACR auront un r\u00f4le plus important \u00e0 jouer dans l&#8217;\u00e9volution de la structure commerciale, puisque les clauses obligatoires entrent progressivement en vigueur., en Colombie, au Honduras, au Panama, au P\u00e9rou, en Uruguay et au Venezuela. Chez les partenaires les plus importants du Mercosur &#8211; le Br\u00e9sil et l&#8217;Argentine -, les variables politiques ont exerc\u00e9 une influence moindre, ce qui peut s&#8217;expliquer par le fait que ces pays \u00e9taient relativement moins engag\u00e9s dans l&#8217;ouverture commerciale pr\u00e9f\u00e9rentielle.\u00a0Le r\u00f4le des variables politiques doit \u00eatre compris dans le contexte des trois variables ind\u00e9pendantes pr\u00e9sum\u00e9es qui se trouvaient derri\u00e8re la structure des importations en Am\u00e9rique latine durant la p\u00e9riode s&#8217;\u00e9coulant entre 1995 et 2002: la croissance \u00e9conomique (en particulier la croissance n\u00e9gative dans le Mercosur), la d\u00e9pr\u00e9ciation des taux de change (un autre aspect particulier du Mercosur), la politique commerciale et l&#8217;int\u00e9gration r\u00e9gionale (de nombreux pays avec un terme positif \u00e9taient aussi parmi ceux qui lib\u00e9ralisaient le plus et &#8211; le Chili mis \u00e0 part &#8211; certainement parmi les plus enclins \u00e0 davantage d&#8217;int\u00e9gration).\u00a0Ces r\u00e9sultats ne doivent pas \u00eatre pris au pied de la lettre \u00e9tant donn\u00e9 les limites de l&#8217;analyse structurel-r\u00e9siduel: le fait d&#8217;\u00e9tablir l&#8217;importance de la politique commerciale et des ACR en particulier, au lieu de juste faire la relation avec la structure des importations en Am\u00e9rique latine, exigerait une application \u00e9conom\u00e9trique.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa structure des importations s&#8217;est consid\u00e9rablement transform\u00e9s durant les dix derni\u00e8res ann\u00e9es en Am\u00e9rique latine. Les importations issues de l&#8217;industrie manufacturi\u00e8re lourde de la r\u00e9gion se sont accentu\u00e9es bien qu&#8217;elles aient connu de nettes variations durant chaque sous-p\u00e9riode. D&#8217;un point de vue g\u00e9ographique, les \u00c9tats-Unis restent le partenaire commercial principal dans la plupart des r\u00e9gions mais les pays asiatiques, notamment la Chine, ont acquis de l&#8217;importance. Pendant toute cette p\u00e9riode, la Suisse et l&#8217;Europe en g\u00e9n\u00e9ral ont c\u00e9d\u00e9 des parts de march\u00e9, surtout durant les p\u00e9riodes o\u00f9 les importations d&#8217;Am\u00e9rique latine sont mont\u00e9es en fl\u00e8che.\u00a0Un examen minutieux r\u00e9v\u00e8le des diff\u00e9rences en Am\u00e9rique latine. Celles-ci peuvent s&#8217;expliquer par l&#8217;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de la croissance \u00e9conomique r\u00e9gionale, par les taux de change et par la lib\u00e9ralisation du commerce. L&#8217;analyse de la couverture et de l&#8217;\u00e9tendue des clauses de lib\u00e9ralisation dans les zones de libre-\u00e9change et les unions douani\u00e8res d&#8217;Am\u00e9rique latine montrent de fortes variations. Les ACR peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme ayant fa\u00e7onn\u00e9 les mod\u00e8les d&#8217;importation de la r\u00e9gion en termes de volume, de sources g\u00e9ographiques d&#8217;importation et de composition sectorielle.\u00a0Pour terminer, l&#8217;analyse structurel-r\u00e9siduel montre que, en moyenne, les facteurs structurels en rapport avec la composition g\u00e9ographique et sectorielle initiale des importations semblent avoir pris le pas sur les variables politiques, y compris les ouvertures commerciales pr\u00e9f\u00e9rentielles. Cependant, dans le cas des des pays les plus enclins \u00e0 l&#8217;int\u00e9gration, la politique commerciale a eu un impact sur les parts de march\u00e9 relatives des pays partenaires.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abAm\u00e9rique latine: croissance des parts de march\u00e9 de partenaires s\u00e9lectionn\u00e9s\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2 \u00abAccords commerciaux sur le continent am\u00e9ricain, \u00e9tat en 2006\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Bibliographie &#8211; Cheptea A., Gaulier G. et Zignago S., World Trade Competitiveness: A Disaggregated View by Shift-Share Analysis, Centre d&#8217;\u00e9tudes prospectives et d&#8217;informations internationales (Cepii), 2005.- Estevadeordal A., Giordano P., Stabilito A. et Suominen K., Shifting import patterns in Latin America: the role of structural and policy determinants, document de discussion \u00e9labor\u00e9 en coordination avec le Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) et l&#8217;\u00abIntegration and Trade Sector\u00bb de la BID, Washington D.C., 2007.- Banque interam\u00e9ricaine de d\u00e9veloppement, Beyond Borders: The New Regionalism in Latin America. IPES. Washington, D.C., 2002.- Banque interam\u00e9ricaine de d\u00e9veloppement, Market Access Provisions in RTAs, document \u00e9labor\u00e9 pour la rencontre des experts \u00abRegional Rules in the Global Trading System\u00bbdu programme conjoint de recherche BID-OMC, 26-27 juillet 2006, Integration and Regional Programs Department, Washington D.C.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les structures commerciales d&#8217;Am\u00e9rique latine ont connu des variations importantes au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Certains pays ont travers\u00e9 une p\u00e9riode d&#8217;expansion au milieu des ann\u00e9es nonante, suivie d&#8217;une descente abrupte lors de la phase de crise macro\u00e9conomique, la reprise s&#8217;imposant \u00e0 partir de 2002. 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