{"id":154166,"date":"2007-10-01T12:00:00","date_gmt":"2007-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/10\/hofer-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:15:13","modified_gmt":"2023-08-23T23:15:13","slug":"hofer-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/10\/hofer-6\/","title":{"rendered":"Entretien avec des Suisses employ\u00e9s par la Banque mondiale"},"content":{"rendered":"<p>Trente d\u00e9tenteurs du passeport rouge \u00e0 croix blanche travaillent actuellement au sein du Groupe de la Banque mondiale. La Vie \u00e9conomique s&#8217;est entretenue avec quatre Suisses &#8211; deux femmes et deux hommes &#8211; qui ont r\u00e9ussi \u00e0 se faire une place dans cette institution. Le d\u00e9bat a port\u00e9 sur les questions suivantes: Par quel canal obtient-on un poste \u00e0 la Banque mondiale? De quoi a-t-on besoin pour y faire carri\u00e8re? Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas davantage de ressortissants suisses au sein du groupe? <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200710_19_Hofer_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"253\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: Pourquoi avez-vous choisi de travailler \u00e0 la Banque mondiale?\u00a0Nadia Piffaretti: L&#8217;id\u00e9e de servir au sein d&#8217;une institution internationale m&#8217;a toujours attir\u00e9e. J&#8217;\u00e9tais en particulier int\u00e9ress\u00e9e par la possibilit\u00e9 de travailler \u00e0 la Banque mondiale, dont l&#8217;activit\u00e9 est centr\u00e9e sur la lutte contre la pauvret\u00e9. De plus, la mission de cette organisation est \u00e9troitement li\u00e9e aux d\u00e9fis de la mondialisation, un processus qui continuera de nous occuper ces prochaines ann\u00e9es.\u00a0Jamele Rigolini: J&#8217;avais d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 durant quelques ann\u00e9es dans d&#8217;autres institutions ou entreprises internationales. Mais la Banque mondiale est le meilleur endroit pour un \u00e9conomiste, comme moi, qui souhaite approfondir ses exp\u00e9riences internationales et faire carri\u00e8re dans la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement.\u00a0David Michaud: Il y a dix ans, j&#8217;ai fait mon travail de dipl\u00f4me d&#8217;ing\u00e9nieur \u00e0 Ouagadougou, au Burkina Faso. D\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, j&#8217;avais acquis la conviction que les probl\u00e8mes du d\u00e9veloppement ne peuvent \u00eatre r\u00e9solus par des approches principalement techniques, mais qu&#8217;il faut d&#8217;abord en aborder les aspects social et politique. Au cours des ann\u00e9es suivantes, je n&#8217;ai cess\u00e9 d&#8217;observer la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une d\u00e9marche complexe qui int\u00e8gre tous les domaines. Quand la possibilit\u00e9 m&#8217;a \u00e9t\u00e9 offerte de travailler \u00e0 la Banque mondiale, j&#8217;ai saisi l&#8217;occasion de fusionner mes divers centres d&#8217;int\u00e9r\u00eat et d&#8217;\u00eatre actif au sein de la seule institution qui ait les moyens de les appliquer \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Comment entre-t-on \u00e0 la Banque mondiale? Quelles sont les qualifications requises?\u00a0David Michaud: Je ne crois pas qu&#8217;il y ait un profil unique. Il faut \u00e9videmment savoir bien s&#8217;exprimer en anglais, oralement et par \u00e9crit. La banque travaille, toutefois, aussi en fran\u00e7ais, en espagnol ainsi que, dans une moindre mesure, en russe et en chinois. Ce qui est particuli\u00e8rement important, c&#8217;est que la personne int\u00e9ress\u00e9e fasse preuve d&#8217;excellentes connaissances dans un domaine sp\u00e9cifique. En ce qui me concerne, il s&#8217;agit des questions d&#8217;eau et d&#8217;assainissement. Dans ce secteur cl\u00e9 pour la banque, je dispose d&#8217;avantages comparatifs et peux travailler de fa\u00e7on comp\u00e9tente.\u00a0Jamele Rigolini: Il ne suffit en tout cas pas d&#8217;\u00eatre titulaire d&#8217;un dipl\u00f4me universitaire. Pour avoir la moindre chance, il faut prouver que l&#8217;on a une certaine exp\u00e9rience, si possible dans la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement.\u00a0Nadia Piffaretti: La concurrence internationale ne cesse de s&#8217;intensifier, en raison notamment du fait que les candidats originaires des pays en d\u00e9veloppement sont de mieux en mieux qualifi\u00e9s. Une licence ou un master ne suffisent de loin pas. Je suis m\u00eame d&#8217;avis qu&#8217;un doctorat ou un PhD sont toujours plus importants pour faire carri\u00e8re \u00e0 la banque.\u00a0David Michaud: Je ne suis pas d&#8217;accord. C&#8217;est peut-\u00eatre le cas dans les disciplines \u00e9conomiques. Mais dans le domaine technique et sur le terrain, le recrutement d\u00e9pend plus de l&#8217;exp\u00e9rience pratique que l&#8217;on peut faire valoir.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Vos avis divergent sensiblement au sujet des qualifications requises. Qui pourrait conseiller des candidats potentiels en Suisse et les aider \u00e0 entrer \u00e0 la Banque mondiale?\u00a0Jamele Rigolini: La Banque mondiale poss\u00e8de un bureau \u00e0 Gen\u00e8ve charg\u00e9 des relations avec les organisations onusiennes, mais il est tr\u00e8s petit et n&#8217;a que peu d&#8217;emplois \u00e0 offrir. Le mieux est de venir \u00e0 Washington et de travailler pour la Banque mondiale d&#8217;abord comme consultant, puis d&#8217;essayer d&#8217;obtenir un engagement fixe (voir encadr\u00e9 2 La Suisse est membre des institutions de Bretton Woods (Groupe de la Banque mondiale et Fonds mon\u00e9taire international) depuis 1992. Elle occupe un si\u00e8ge permanent au Conseil d\u2019administration de chacune de ces institutions. Le directeur ex\u00e9cutif suisse repr\u00e9sente \u00e9galement un groupe de pays comprenant la Pologne, la Serbie, l\u2019Azerba\u00efdjan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkm\u00e9nistan et l\u2019Ouzb\u00e9kistan. Ensemble, ce groupe dispose de 3,04% des voix, ce qui le place au 17e rang (sur 24) dans le Conseil d\u2019administration. Par le biais de ses repr\u00e9sentants \u00e0 Washington, la Suisse peut ainsi accompagner de mani\u00e8re critique et constructive l\u2019\u00e9volution institutionnelle, strat\u00e9gique et op\u00e9rationnelle de la Banque mondiale. Le nombre de Suisses employ\u00e9s par le Groupe de la Banque mondiale est relativement faible. Le bureau du directeur ex\u00e9cutif s\u2019engage activement pour rectifier cette situation. La banque exige, certes, des niveaux \u00e9lev\u00e9s de qualification et de comp\u00e9tence. Elle offre, en revanche, des possibilit\u00e9s de carri\u00e8re extr\u00eamement vari\u00e9es et des conditions d\u2019emploi tr\u00e8s attrayantes. La liste des postes \u00e0 repourvoir est r\u00e9guli\u00e8rement mise \u00e0 jour et peut \u00eatre consult\u00e9e sur le site Internet de la banque (www.worldbank.org). Pour renforcer la pr\u00e9sence suisse au sein de l\u2019institution, la Conf\u00e9d\u00e9ration a \u00e9galement pris un certain nombre de mesures, telles que le financement \u2013 limit\u00e9 dans le temps \u2013 de postes propos\u00e9s par le programme Jeunes experts associ\u00e9s (\u00abJunior Professional Officers\u00bb, JPO) ou encore l\u2019appui s\u00e9lectif \u00e0 des candidatures de qualit\u00e9. Le bureau du directeur ex\u00e9cutif se tient \u00e0 la disposition de tous ceux qui souhaitent obtenir davantage d\u2019informations et de conseils sur les possibilit\u00e9s de carri\u00e8re dans le Groupe de la Banque mondiale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nContacts:&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c0 Washington:&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nBarbara Clarke-Bader,&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nSenior Executive Assistant,&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n1818 H, NW, Washington DC 20433&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nt\u00e9l: +1 202&nbsp;458 7058&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\ne-mail: <a href=\"mailto:bclarke-bader@worldbank.org\">bclarke-bader@worldbank.org<\/a>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c0 Berne&nbsp;:&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAntonia Schaeli&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nSecr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie SECO&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEffingerstr. 1&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n3003 Berne&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nt\u00e9l. : + 41 31 32 30 683&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\ne-mail: <a href=\"mailto:antonia.schaeli@seco.admin.ch\">antonia.schaeli@seco.admin.ch<\/a> ).\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: \u00c0 l&#8217;heure qu&#8217;il est, la Banque mondiale n&#8217;emploie que trente ressortissants suisses. Pourquoi n&#8217;y en a-t-il pas davantage? Les Suisses sont-ils trop peu qualifi\u00e9s?\u00a0Nadia Piffaretti: Il est possible que le nombre de Suisses qualifi\u00e9s soit insuffisant, mais un autre \u00e9l\u00e9ment, plus d\u00e9terminant, entre en ligne de compte. Nous sommes un petit pays et, en tant que tel, nous n&#8217;avons pas la taille critique n\u00e9cessaire pour cr\u00e9er un r\u00e9seau et attirer des gens. La plupart du temps, une personne ne manifeste un int\u00e9r\u00eat concret pour la Banque mondiale que si elle conna\u00eet quelqu&#8217;un qui y travaille d\u00e9j\u00e0. C&#8217;est important, notamment pour \u00eatre conseill\u00e9 et soutenu. Toutefois, il est vrai que nous sommes malheureusement tr\u00e8s peu nombreux et que nous n&#8217;arrivons pas \u00e0 atteindre la taille critique n\u00e9cessaire.\u00a0Jamele Rigolini: Je suis surpris par ces propos sur l&#8217;importance d&#8217;un r\u00e9seau pour \u00eatre engag\u00e9. On dirait qu&#8217;un poste \u00e0 la Banque mondiale est une question de copinage ou que l&#8217;on peut y faire entrer \u00e0 sa guise ses parents et ses amis. Or, des directives strictes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9dict\u00e9es pour barrer la route au n\u00e9potisme. Elles excluent un engagement dans les cas o\u00f9 un parent travaille d\u00e9j\u00e0 au sein de l&#8217;organisation. \u00a0David Michaud: Avant de pr\u00e9senter ma candidature, j&#8217;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 aux \u00c9tats-Unis et c&#8217;est par hasard que j&#8217;ai particip\u00e9 \u00e0 un s\u00e9minaire d&#8217;information sur la Banque mondiale. Si j&#8217;avais voulu y travailler il y a dix ans, je n&#8217;aurais pas su du tout \u00e0 qui m&#8217;adresser.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: La Banque mondiale est-elle trop peu connue en Suisse?\u00a0Jamele Rigolini: Pratiquement \u00e0 chaque fois que les journaux en parlent, c&#8217;est pour l&#8217;associer \u00e0 de mauvaises nouvelles. D&#8217;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la presse traite rarement des aspects positifs de la Banque mondiale. C&#8217;est pourquoi de nombreuses personnes s&#8217;en font une fausse image, bien plus n\u00e9gative que celle de l&#8217;ONU, par exemple. Cela n&#8217;inspire gu\u00e8re \u00e0 y travailler.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: La Banque mondiale est-elle un employeur attrayant?\u00a0Jamele Rigolini: Du point de vue de l&#8217;activit\u00e9, il est tout \u00e0 fait passionnant de travailler pour cette institution. On peut y acqu\u00e9rir de nouvelles connaissances sur des sujets int\u00e9ressants et \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 des d\u00e9fis immenses, aussi bien au si\u00e8ge de la banque que sur le terrain. Quant au salaire, celui d&#8217;un \u00e9conomiste est comparable \u00e0 ce qu&#8217;il est dans d&#8217;autres secteurs, y compris en Suisse.\u00a0Monika H\u00fcppi: Pour moi, la Banque mondiale est une exp\u00e9rience unique, et cela pour diverses raisons. D&#8217;abord, elle a la chance d&#8217;attirer des collaborateurs qui sont d&#8217;excellents sp\u00e9cialistes dans leur domaine. On y rencontre des gens du monde entier. La Banque mondiale peut en outre offrir de nombreuses missions int\u00e9ressantes. Les possibilit\u00e9s sont presque illimit\u00e9es pour quelqu&#8217;un qui a l&#8217;esprit ouvert et est dispos\u00e9 \u00e0 \u00e9largir ses connaissances, mais aussi \u00e0 travailler dur. Enfin, nous avons ici l&#8217;occasion de collaborer avec des gouvernements et d&#8217;autres partenaires dans diff\u00e9rents pays, et de constater que, dans ce cadre-l\u00e0 aussi, il est possible de r\u00e9aliser des progr\u00e8s et d&#8217;am\u00e9liorer les choses.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Des critiques reprochent souvent \u00e0 la Banque mondiale d&#8217;avoir tendance \u00e0 imposer trop durement ses politiques.\u00a0Monika H\u00fcppi: Cette critique \u00e9tait partiellement justifi\u00e9e. Toutefois, ces dix \u00e0 quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, bien des choses ont \u00e9volu\u00e9 dans le bon sens, m\u00eame si nous devons encore quelque peu apprendre. Il est impossible aujourd&#8217;hui que la Banque mondiale arrive dans un pays et d\u00e9cr\u00e8te: \u00abVoil\u00e0 la mani\u00e8re dont vous devez proc\u00e9der. C&#8217;est ainsi et pas autrement.\u00bb \u00c0\u00a0l&#8217;heure actuelle, la coop\u00e9ra-tion prend plut\u00f4t la forme d&#8217;un partenariat.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Vous sentez-vous suffisamment proches des probl\u00e8mes que rencontrent les pays b\u00e9n\u00e9ficiaires pour donner des conseils efficaces? Ou \u00eates-vous plut\u00f4t des ronds-de-cuir \u00e0 Washington?\u00a0David Michaud: En tant que conseiller externe, on en sait toujours moins sur le contexte sp\u00e9cifique d&#8217;un pays que le gouvernement partenaire. C&#8217;est pourquoi je consid\u00e8re que l&#8217;atout de la Banque mondiale n&#8217;est pas de donner des le\u00e7ons, mais d&#8217;\u00eatre une accompagnatrice critique qui apporte un soutien et observe les probl\u00e8mes sous un angle diff\u00e9rent. L&#8217;avantage qu&#8217;elle a sur ses partenaires est d&#8217;op\u00e9rer dans de nombreuses r\u00e9gions du monde et de pouvoir comparer les situations. J&#8217;ai travaill\u00e9, par exemple, dans cinq pays d&#8217;Am\u00e9rique latine. Bien souvent, les gouvernements n&#8217;ont pas l&#8217;occasion de profiter des exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es dans les pays voisins. Voil\u00e0 pourquoi, \u00e0 mon avis, nous pouvons faire beaucoup pour favoriser les \u00e9changes d&#8217;exp\u00e9riences.\u00a0Nadia Piffaretti: En fin de compte, notre travail est d&#8217;autant plus efficace que nous collaborons \u00e9troitement avec les pays partenaires et que les gouvernements locaux impliquent largement leur population. M\u00eame si la Ban-que mondiale \u00e9tait une \u00abinstitution parfaite\u00bb, il nous faudrait toujours des partenaires parfaits. Il s&#8217;agit donc d&#8217;un partenariat. Le d\u00e9veloppement est une responsabilit\u00e9 partag\u00e9e.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Jusqu&#8217;\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9cemment, la Banque mondiale avait pour pr\u00e9sident Paul Wolfowitz. Apr\u00e8s une p\u00e9riode difficile de plusieurs mois, ce dernier a d\u00e9missionn\u00e9 et c\u00e9d\u00e9 sa place \u00e0 Robert Z\u00f6llick. Dans quelle mesure cette crise a-t-elle marqu\u00e9 votre travail?\u00a0David Michaud: J&#8217;ai souvent entendu des coll\u00e8gues qui op\u00e8rent sur le terrain, en \u00e9troite collaboration avec les gouvernements partenaires, raconter combien la situation \u00e9tait mauvaise et avait des effets n\u00e9gatifs sur leur travail. Moi-m\u00eame, je n&#8217;ai presque pas senti de diff\u00e9rence. Quant \u00e0 mes interlocuteurs, ils ont fait depuis longtemps de bonnes exp\u00e9riences avec la Banque mondiale. Pour eux, cette relation ne se r\u00e9duit heureusement pas \u00e0 la personne du pr\u00e9sident. Ils consid\u00e8rent plut\u00f4t la banque comme une grande institution dot\u00e9e de plusieurs visages. De ce point de vue, j&#8217;ai plut\u00f4t not\u00e9 des manifestations de soutien que de rejet.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Qui fixe v\u00e9ritablement l&#8217;agenda de l&#8217;institution? On entend souvent dire que la banque serait pilot\u00e9e par les \u00c9tats-Unis et que la Suisse n&#8217;a pratiquement aucune chance d&#8217;y faire valoir ses propres th\u00e8mes et opinions. Qui la gouverne donc?\u00a0Jamele Rigolini: Il y a deux niveaux. Au n\u00f4tre, le travail est assez technique. Une fois que la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise d&#8217;accorder un cr\u00e9dit \u00e0 tel ou tel pays, nous jouons notre r\u00f4le pr\u00e9d\u00e9fini et d\u00e9terminons par notre travail le r\u00e9sultat de l&#8217;effort de d\u00e9veloppement envisag\u00e9. Au niveau sup\u00e9rieur, les jeux de pouvoir politiques exercent, en revanche, plus d&#8217;influence, et cela de mani\u00e8re tr\u00e8s diverse.\u00a0Monika H\u00fcppi: Je ne pense pas que la Banque mondiale d\u00e9fende uniquement les int\u00e9r\u00eats des \u00c9tats-Unis. La crise des deux derniers mois a peut-\u00eatre soulev\u00e9 des questions importantes sur la structure de sa gouvernance, ce qui n&#8217;est certainement pas un mal. D&#8217;un point de vue purement technique, les \u00c9tats-Unis disposent effectivement de davantage de votes que les autres pays. Toutefois, dans le travail quotidien, tout d\u00e9pend des individus, du mode op\u00e9ratoire ou de la mani\u00e8re dont on r\u00e9alise les projets. Le Conseil ex\u00e9cutif prend ses d\u00e9cisions collectivement et la Suisse occupe l&#8217;un de ses 24 si\u00e8ges, tout comme les \u00c9tats-Unis. En ce moment, la discussion porte sur les orientations strat\u00e9giques de la banque au cours des prochaines ann\u00e9es. Les \u00c9tats-Unis ne monopolisent absolument pas le d\u00e9bat, bien au contraire. Il s&#8217;agit d&#8217;un long processus de consultation, qui se d\u00e9roule \u00e0 plusieurs niveaux et qui n&#8217;est pas dict\u00e9 unilat\u00e9ralement. \u00a0Nadia Piffaretti: Les \u00c9tats-Unis jouent certes un r\u00f4le important, mais c&#8217;est aussi le cas d&#8217;autres acteurs et de structures politiques comme le G8 ou l&#8217;Union europ\u00e9enne. M\u00eame des petits pays, qui ont des agendas diff\u00e9rents, exercent une influence au sein du Conseil ex\u00e9cutif et participent au consensus. Il serait donc erron\u00e9 de pr\u00e9tendre qu&#8217;un seul acteur mondial a son mot \u00e0 dire.\u00a0David Michaud: Une chose me d\u00e9range surtout, c&#8217;est le fait que les \u00c9tats-Unis fournissent toujours automatiquement le pr\u00e9sident de la Banque mondiale. Cela leur conf\u00e8re un pouvoir disproportionn\u00e9.\u00a0Nadia Piffaretti: Je dois constater qu&#8217;il y a un probl\u00e8me s\u00e9rieux en Suisse si, quinze ans apr\u00e8s avoir vot\u00e9 en faveur de l&#8217;adh\u00e9sion aux institutions de Bretton Woods, nous en sommes toujours \u00e0 nous interroger sur le bien-fond\u00e9 de cette participation. La Suisse a pris des engagements importants, non seulement envers elle-m\u00eame, mais surtout vis-\u00e0-vis de toute une s\u00e9rie de pays situ\u00e9s pour la plupart en Asie centrale, dont elle est la repr\u00e9sentante. Nous avons l\u00e0 une t\u00e2che capitale \u00e0 remplir, non seulement pour nous, mais aussi pour la coop\u00e9ration internationale au d\u00e9veloppement. La Suisse joue un r\u00f4le important.\u00a0Monika H\u00fcppi: La Banque mondiale peut tr\u00e8s bien se passer de la Suisse. En revanche, cette derni\u00e8re a tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sente sur la sc\u00e8ne internationale. De cette mani\u00e8re, notre pays peut autant influer sur les programmes multilat\u00e9raux que profiter du r\u00f4le de coordination et des \u00e9tudes techniques de la Banque mondiale. Cela se retrouve, par exemple, dans son programme d&#8217;aide budg\u00e9taire directe, qui est un succ\u00e8s. La Suisse peut et doit, toutefois, fournir une contribution financi\u00e8re, surtout lors de la reconstitution des ressources de l&#8217;Association internationale de d\u00e9veloppement (AID).\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: La Suisse devrait-elle favoriser davantage la coop\u00e9ration multilat\u00e9rale au d\u00e9veloppement, par exemple \u00e0 travers la Banque mondiale, ou pr\u00e9f\u00e9rer la voie bilat\u00e9rale?\u00a0Nadia Piffaretti: Il faut souligner que la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale est financ\u00e9e uniquement par l&#8217;argent du contribuable, tandis que les fonds de la Banque mondiale proviennent de diff\u00e9rentes sources, au niveau multilat\u00e9ral, et notamment des march\u00e9s financiers. C&#8217;est l\u00e0 un avantage \u00e9vident du multilat\u00e9ralisme.\u00a0La coordination des diff\u00e9rentes institutions de d\u00e9veloppement peut s&#8217;effectuer au niveau multilat\u00e9ral. Cette t\u00e2che prend de plus en plus d&#8217;importance alors que, dans de nombreux pays, les donateurs bilat\u00e9raux travaillent simultan\u00e9ment dans les m\u00eames secteurs. \u00c9tant donn\u00e9 le volume limit\u00e9 des ressources et des capacit\u00e9s, il faut tout faire pour \u00e9viter les doublons. La Banque mondiale est la mieux plac\u00e9e pour assumer le r\u00f4le de coordinatrice. La coop\u00e9ration multilat\u00e9rale n&#8217;est sans doute pas facile, mais il est encore beaucoup plus compliqu\u00e9 de coordonner l&#8217;aide bilat\u00e9rale au niveau international. \u00a0Monika H\u00fcppi: Je partage enti\u00e8rement cet avis. Il faut cependant une formule \u00e9quilibr\u00e9e, qui fasse place \u00e0 l&#8217;une et \u00e0 l&#8217;autre. Le probl\u00e8me des capacit\u00e9s est particuli\u00e8rement aigu dans les pays \u00e0 faible revenu. L\u00e0, il faut fournir de l&#8217;aide. Si, dans un tel pays, 25 bailleurs de fonds veulent voir le ministre des Finances en m\u00eame temps, cela pose un probl\u00e8me. Il n&#8217;est pas \u00e9tonnant que celui-ci se plaigne de devoir consacrer toute sa journ\u00e9e \u00e0 recevoir des d\u00e9l\u00e9gations, d&#8217;autant que chacune vient avec un agenda compl\u00e8tement diff\u00e9rent. Combien de temps lui reste-t-il alors pour faire progresser le pays? Il faut qu&#8217;une institution assure la coordination. Au niveau bilat\u00e9ral, en revanche, la Suisse peut, par exemple, disposer dans certains secteurs de sp\u00e9cialistes chevronn\u00e9s, capables de contribuer notablement au d\u00e9veloppement d&#8217;un pays. Mais il lui est impossible d&#8217;\u00eatre pr\u00e9sente dans tous les pays \u00e0 la fois, en particulier dans le domaine technique.\u00a0Jamele Rigolini: Cela mis \u00e0 part, les institutions multilat\u00e9rales savent exactement o\u00f9 l&#8217;argent est engag\u00e9. En dehors de la Banque mondiale, il n&#8217;existe gu\u00e8re d&#8217;autre institution qui soit dot\u00e9e d&#8217;un syst\u00e8me de suivi et d&#8217;\u00e9valuation aussi rigoureux.\u00a0Monika H\u00fcppi: Ces \u00e9valuations s&#8217;effectuent \u00e0 diff\u00e9rents stades. Premi\u00e8rement, avant d&#8217;entamer un projet dans un pays, nous faisons de nombreuses \u00e9tudes pr\u00e9alables. Il s&#8217;agit de comprendre vraiment ce qui se passe dans le secteur vis\u00e9, par exemple celui de l&#8217;approvisionnement en eau. O\u00f9 sont les probl\u00e8mes pr\u00e9cis et comment proc\u00e9der pour stimuler le d\u00e9veloppement? Souvent, les bailleurs bilat\u00e9raux n&#8217;ont pas les ressources n\u00e9cessaires pour faire ce travail sur un vaste territoire. Au deuxi\u00e8me stade, les op\u00e9rations rigoureuses de suivi &#8211; nous l&#8217;avons vu\u00a0&#8211; prennent la rel\u00e8ve. Elles comportent des crit\u00e8res tr\u00e8s pr\u00e9cis quant \u00e0 la mani\u00e8re d&#8217;engager les fonds et de contr\u00f4ler les flux financiers. Troisi\u00e8mement, \u00e0 chaque fois qu&#8217;un projet s&#8217;ach\u00e8ve, on proc\u00e8de \u00e0 une \u00e9valuation finale pour mettre en \u00e9vidence les r\u00e9sultats obtenus. Il y a enfin les analyses ex post r\u00e9alis\u00e9es par le Groupe d&#8217;\u00e9valuation ind\u00e9pendant, qui rend compte directement au Conseil ex\u00e9cutif de l&#8217;efficacit\u00e9 du travail fourni dans divers domaines.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Une derni\u00e8re question concernant notre avantage comparatif par rapport \u00e0 d&#8217;autres pays membres de la Banque mondiale. O\u00f9 la Suisse peut-elle faire la diff\u00e9rence?\u00a0Nadia Piffaretti: En plus de sa contribution financi\u00e8re, elle peut s&#8217;av\u00e9rer un m\u00e9diateur tr\u00e8s respectable, en tant que pays neutre et sans pass\u00e9 colonial. Le fait que notre groupe de vote compte surtout des pays en d\u00e9veloppement contribue aussi \u00e0 ce que notre voix soit entendue et respect\u00e9e. La Suisse peut, ainsi, exercer une fonction de passerelle.\u00a0Par ailleurs, elle a d\u00e9j\u00e0 pris certaines initiatives afin de restituer des fonds ill\u00e9gaux provenant des pays en d\u00e9veloppement et peut \u00eatre fi\u00e8re d&#8217;avoir jou\u00e9 en la mati\u00e8re un r\u00f4le de pionni\u00e8re par rapport \u00e0 d&#8217;autres pays.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Mesdames et Messieurs, je vous remercie de cet entretien.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Portraits Nadia Piffaretti&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c9conomiste au service de la Banque mondiale depuis 2004, elle a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 consultante avant d\u2019occuper son poste actuel de conseill\u00e8re aupr\u00e8s de l\u2019\u00e9conomiste en chef. De 2001 \u00e0 2004, elle a \u00e9t\u00e9 la collaboratrice personnelle et responsable de la politique sociale de la cheffe du D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de justice et police.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nJamele Rigolini&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c9conomiste au service de la Banque mondiale depuis 2005, il est attach\u00e9 \u00e0 la division S\u00e9curit\u00e9 sociale de la r\u00e9gion Asie de l\u2019Est et Pacifique. Il est titulaire d\u2019un bachelor en physique (EPF Zurich), d\u2019un master en \u00e9conomie (universit\u00e9 de Lausanne) et d\u2019un doctorat en \u00e9conomie (universit\u00e9 de New York). Avant d\u2019entrer \u00e0 la Banque mondiale, Jamele Rigolini \u00e9tait professeur assistant d\u2019\u00e9conomie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Warwick. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 consultant aupr\u00e8s de la Banque interam\u00e9ricaine de d\u00e9veloppement, de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et de McKinsey &amp; Co.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDavid Michaud&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nIng\u00e9nieur au service de la Banque mondiale depuis 2005, il a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 jeune expert durant une ann\u00e9e dans la division centrale Approvisionnement en eau et assainissement, et s\u2019occupe aujourd\u2019hui de la r\u00e9gion Am\u00e9rique latine au sein de la division du d\u00e9veloppement durable. Cette derni\u00e8re traite des domaines classiques de l\u2019infrastructure (transports, \u00e9nergie, eau, etc.), de l\u2019environnement, ainsi que des aspects sociaux et ruraux du d\u00e9veloppement. Avant d\u2019entrer \u00e0 la Banque mondiale, David Michaud \u00e9tait chef de projet dans un bureau suisse d\u2019ing\u00e9nieurs. Il a gagn\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience en Afrique et au Moyen- Orient.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nMonika H\u00fcppi&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c9conomiste au service de la Banque mondiale depuis 1988, elle a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 consultante \u00e0 Washington pendant plusieurs ann\u00e9es dans diverses divisions, puis jeune experte en Asie de l\u2019Est. Elle a, ensuite, pass\u00e9 dix ans dans divers bureaux de la Banque mondiale sur le terrain, en Moldavie, en Turquie et, plus tard, dans les Balkans o\u00f9 elle s\u2019est occup\u00e9e de d\u00e9veloppement humain. Depuis une ann\u00e9e, Monika Huppi travaille dans le Groupe ind\u00e9pendant d\u2019\u00e9valuation (GIE), une instance de contr\u00f4le qui n\u2019est pas subordonn\u00e9e au pr\u00e9sident de la Banque mondiale, mais rapporte directement au Conseil ex\u00e9cutif.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: La Suisse dans le Groupe de la Banque mondiale La Suisse est membre des institutions de Bretton Woods (Groupe de la Banque mondiale et Fonds mon\u00e9taire international) depuis 1992. Elle occupe un si\u00e8ge permanent au Conseil d\u2019administration de chacune de ces institutions. Le directeur ex\u00e9cutif suisse repr\u00e9sente \u00e9galement un groupe de pays comprenant la Pologne, la Serbie, l\u2019Azerba\u00efdjan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkm\u00e9nistan et l\u2019Ouzb\u00e9kistan. Ensemble, ce groupe dispose de 3,04% des voix, ce qui le place au 17e rang (sur 24) dans le Conseil d\u2019administration. Par le biais de ses repr\u00e9sentants \u00e0 Washington, la Suisse peut ainsi accompagner de mani\u00e8re critique et constructive l\u2019\u00e9volution institutionnelle, strat\u00e9gique et op\u00e9rationnelle de la Banque mondiale. Le nombre de Suisses employ\u00e9s par le Groupe de la Banque mondiale est relativement faible. Le bureau du directeur ex\u00e9cutif s\u2019engage activement pour rectifier cette situation. La banque exige, certes, des niveaux \u00e9lev\u00e9s de qualification et de comp\u00e9tence. Elle offre, en revanche, des possibilit\u00e9s de carri\u00e8re extr\u00eamement vari\u00e9es et des conditions d\u2019emploi tr\u00e8s attrayantes. La liste des postes \u00e0 repourvoir est r\u00e9guli\u00e8rement mise \u00e0 jour et peut \u00eatre consult\u00e9e sur le site Internet de la banque (www.worldbank.org). Pour renforcer la pr\u00e9sence suisse au sein de l\u2019institution, la Conf\u00e9d\u00e9ration a \u00e9galement pris un certain nombre de mesures, telles que le financement \u2013 limit\u00e9 dans le temps \u2013 de postes propos\u00e9s par le programme Jeunes experts associ\u00e9s (\u00abJunior Professional Officers\u00bb, JPO) ou encore l\u2019appui s\u00e9lectif \u00e0 des candidatures de qualit\u00e9. Le bureau du directeur ex\u00e9cutif se tient \u00e0 la disposition de tous ceux qui souhaitent obtenir davantage d\u2019informations et de conseils sur les possibilit\u00e9s de carri\u00e8re dans le Groupe de la Banque mondiale.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nContacts:&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c0 Washington:&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nBarbara Clarke-Bader,&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nSenior Executive Assistant,&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n1818 H, NW, Washington DC 20433&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nt\u00e9l: +1 202&nbsp;458 7058&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\ne-mail: <a href=\"mailto:bclarke-bader@worldbank.org\">bclarke-bader@worldbank.org<\/a>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n\u00c0 Berne&nbsp;:&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAntonia Schaeli&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nSecr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie SECO&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEffingerstr. 1&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n3003 Berne&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nt\u00e9l. : + 41 31 32 30 683&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\ne-mail: <a href=\"mailto:antonia.schaeli@seco.admin.ch\">antonia.schaeli@seco.admin.ch<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trente d\u00e9tenteurs du passeport rouge \u00e0 croix blanche travaillent actuellement au sein du Groupe de la Banque mondiale. La Vie \u00e9conomique s&#8217;est entretenue avec quatre Suisses &#8211; deux femmes et deux hommes &#8211; qui ont r\u00e9ussi \u00e0 se faire une place dans cette institution. 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