{"id":154176,"date":"2007-10-01T12:00:00","date_gmt":"2007-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/10\/leuthard-10\/"},"modified":"2023-08-24T01:14:47","modified_gmt":"2023-08-23T23:14:47","slug":"leuthard-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/10\/leuthard-10\/","title":{"rendered":"Lier davantage la science et l&#8217;\u00e9conomie: un entretien avec la conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale Doris Leuthard"},"content":{"rendered":"<p>La Suisse a beau \u00eatre toujours dans le peloton de t\u00eate international pour ce qui est de la cr\u00e9ation de nouvelles connaissances et du d\u00e9p\u00f4t de brevets, on constate tout de m\u00eame que la dynamique a perdu de son souffle dans ces deux domaines. C&#8217;est cette question qui a marqu\u00e9 l&#8217;entretien que La Vie \u00e9conomique a men\u00e9 avec la conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale Doris Leuthard, cheffe du D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;\u00e9conomie (DFE). Les questions ont port\u00e9 en premier lieu sur le renforcement du syst\u00e8me d&#8217;innovation suisse et l&#8217;importance des r\u00e9seaux d&#8217;\u00e9change de savoir, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME). Autre th\u00e8me abord\u00e9: la protection de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et les am\u00e9liorations \u00e0 apporter dans ce domaine face aux pays asiatiques en plein essor.<img decoding=\"async\" src=\"..\/..\/..\/..\/\/files\/images\/leuthard-foto-gs_ausschnitt.jpg\" alt=\"\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: Madame la Conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale, comment expliquez-vous l&#8217;engagement des pouvoirs publics dans le transfert de savoir et de technologie ainsi que dans la cr\u00e9ation de r\u00e9seaux d&#8217;\u00e9change de savoir?\u00a0Doris Leuthard: La Suisse est un pays pauvre en mati\u00e8res premi\u00e8res. Notre \u00e9conomie et notre prosp\u00e9rit\u00e9 reposent sur notre savoir. Il appartient donc aux responsables politiques d&#8217;accorder les ressources financi\u00e8res n\u00e9cessaires aux domaines de la formation, de la recherche et de l&#8217;innovation, de cr\u00e9er des conditions-cadres id\u00e9ales et de densifier le r\u00e9seau d&#8217;\u00e9change de savoir entre les hautes \u00e9coles et les entreprises, sachant que les PME ont plus particuli\u00e8rement besoin de ce type de r\u00e9seau. La Vie \u00e9conomique: Ramen\u00e9 au plus petit d\u00e9nominateur, comment jugez-vous le syst\u00e8me d&#8217;innovation suisse?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: Le savoir \u00e0 lui seul n&#8217;est pas l&#8217;\u00e9l\u00e9ment le plus d\u00e9cisif, l&#8217;innovation est bien plus importante. C&#8217;est le plus s\u00fbr moyen d&#8217;augmenter la productivit\u00e9 et de favoriser la croissance en g\u00e9n\u00e9ral. Les chiffres l&#8217;attestent: entre 1995 et 2005, la Suisse a cr\u00e9\u00e9, dans les secteurs \u00e0 forte capacit\u00e9 d&#8217;innovation, 85000 postes de travail, alors qu&#8217;elle en a perdu 120000 dans ceux o\u00f9 la capacit\u00e9 d&#8217;innovation \u00e9tait faible. C&#8217;est la raison pour laquelle nous avons tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 \u00eatre parmi les meilleurs sur le plan international. Si c&#8217;est le cas dans l&#8217;\u00e9laboration de nouveaux savoirs et le d\u00e9p\u00f4t de brevets, la valorisation n&#8217;est, par contre, pas notre point fort. D&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, nous devons intensifier la concurrence et lier davantage la science et l&#8217;\u00e9conomie.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: O\u00f9 voyez-vous &#8211; par rapport aux meilleurs &#8211; des potentiels d&#8217;am\u00e9lioration?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: Les r\u00e9sultats de la recherche doivent d\u00e9boucher sur des projets d&#8217;innovation correspondant aux besoins du march\u00e9. Dans ce domaine, la Suisse est plut\u00f4t mal positionn\u00e9e, notamment en comparaison avec la Su\u00e8de, le Japon, les \u00c9tats-Unis ou Isra\u00ebl. Ces pays r\u00e9ussissent, entre autres, gr\u00e2ce \u00e0 la forte capacit\u00e9 de leurs entreprises \u00e0 absorber de nouvelles connaissances et de nouvelles technologies, par un financement simplifi\u00e9 des projets d&#8217;innovation et un march\u00e9 domestique davantage ouvert aux premi\u00e8res applications de solutions innovantes. C&#8217;est donc dans ces domaines que nous devons concentrer nos efforts.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: On consid\u00e8re souvent que la faiblesse du syst\u00e8me d&#8217;innovation suisse provient de la forte orientation vers les domaines traditionnels du secteur secondaire au d\u00e9triment des services. Partagez-vous ce point de vue?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: Les services prennent de l&#8217;importance dans notre \u00e9conomie. Cette tendance touche non seulement le secteur tertiaire, mais aussi et pratiquement tous les secteurs de l&#8217;industrie. Je partage le point de vue selon lequel la Suisse a plut\u00f4t du mal \u00e0 relever ce d\u00e9fi, ce que confirme, par ailleurs, le rapport que lui a consacr\u00e9 r\u00e9cemment l&#8217;OCDE. Cela pourrait avoir des cons\u00e9quences sur notre croissance.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: Comment corriger, le cas \u00e9ch\u00e9ant, cette orientation?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: L&#8217;innovation peut \u00eatre encourag\u00e9e de deux mani\u00e8res: d&#8217;une part, avec les instruments que nous avons d\u00e9j\u00e0, comme l&#8217;Agence pour la promotion de l&#8217;innovation (CTI) de la Conf\u00e9d\u00e9ration et, d&#8217;autre part, par le biais de la concurrence, qui joue un r\u00f4le catalyseur en ce domaine. La r\u00e9forme de la CTI est une excellente occasion de mettre l&#8217;accent sur les services. C&#8217;est justement dans les domaines de l&#8217;environnement et de l&#8217;\u00e9nergie ou dans celui de la science des mat\u00e9riaux qu&#8217;un grand potentiel existe encore. Cela concerne aussi toute la recherche agronomique qui b\u00e9n\u00e9ficie d&#8217;une forte renomm\u00e9e internationale, fait que l&#8217;on ignore souvent. Les d\u00e9couvertes dans ce domaine peuvent aider notre agriculture \u00e0 gagner sur les plans de l&#8217;innovation et donc de la productivit\u00e9.\u00a0Le \u00abPaysage suisse des hautes \u00e9coles\u00bb constitue un autre projet dont le but est d&#8217;am\u00e9liorer la qualit\u00e9 et la coordination entre les \u00e9tablissements sup\u00e9rieurs de formation. Davantage de concurrence et un pilotage simultan\u00e9 des points forts strat\u00e9giques devraient permettre de renforcer le secteur des services. Celui-ci comprend, entre autres, l&#8217;ensemble du march\u00e9 de la sant\u00e9 qui p\u00e8se plus de 50 milliards de francs et se caract\u00e9rise par des prestations de qualit\u00e9 tout en \u00e9tant tr\u00e8s li\u00e9 au march\u00e9 int\u00e9rieur. Nous devons r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l&#8217;ouverture de ce march\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 que la Suisse est bien plac\u00e9e dans le domaine des sciences de la vie ainsi que par sa forte industrie pharmaceutique.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: Avec le nouveau cr\u00e9dit-cadre en faveur de la formation, de la recherche et de l&#8217;innovation (FRI 2008-2011), la Conf\u00e9d\u00e9ration entend accro\u00eetre sensiblement son engagement financier. Un budget plus important ne constitue pas r\u00e9ellement, \u00e0 lui seul, une solution s&#8217;il n&#8217;est pas associ\u00e9 \u00e0 une utilisation efficace des moyens. Comment voulez-vous garantir l&#8217;utilisation efficace des moyens financiers de la Conf\u00e9d\u00e9ration?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: Nous disposons, pour 2006, d&#8217;un rapport sur l&#8217;\u00e9ducation qui livre des conclusions relatives \u00e0 l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;ensemble du syst\u00e8me suisse. En collaboration avec les cantons, nous allons fixer les priorit\u00e9s en nous basant sur ce rapport, afin d&#8217;am\u00e9liorer l&#8217;efficacit\u00e9 dans chaque domaine de formation.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: Selon vous, quelle est la fonction des r\u00e9seaux d&#8217;\u00e9change de savoir au sein du syst\u00e8me d&#8217;innovation suisse?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: Les r\u00e9seaux d&#8217;\u00e9change de savoir doivent jeter des ponts entre la science et la pratique, car les hautes \u00e9coles sont tr\u00e8s actives dans la recherche fondamentale alors que les innovations, elles, viennent de l&#8217;\u00e9conomie. Les r\u00e9seaux d&#8217;\u00e9change aident, par exemple, les entreprises \u00e0 trouver des partenaires qui leur conviennent parmi les hautes \u00e9coles.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: Les plateformes destin\u00e9es au transfert de savoir et de technologie (CTI TT) de la Conf\u00e9d\u00e9ration agissent en tant qu&#8217;interm\u00e9diaires entre les entreprises et les institutions de formation. Quels enseignements cet instrument relativement r\u00e9cent a-t-il fournis?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: Cela fait d\u00e9j\u00e0 un an et demi que les cinq consortiums TT de la CTI soutiennent les entreprises, en leur permettant principalement de profiler leurs exigences et de mettre sur pied des projets de coop\u00e9ration. Il serait, toutefois, un peu pr\u00e9matur\u00e9 de dresser un bilan global maintenant. C&#8217;est surtout le renforcement de l&#8217;approche ax\u00e9e sur la demande et l&#8217;int\u00e9gration au niveau international qui passent au premier plan. Nous disposons d\u00e9j\u00e0 de quatre plateformes qui agissent en ce sens et c&#8217;est justement pour renforcer leur positionnement que la constitution du groupe d&#8217;experts s&#8217;est faite, elle aussi, au niveau international.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: Dans quelle mesure les PME profitent-elles de ces consortiums?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: La collaboration entre les entreprises et les hautes \u00e9coles en mati\u00e8re de recherche et d\u00e9veloppement (R&amp;D) devra \u00eatre simplifi\u00e9e; cela profitera surtout aux PME et plus encore \u00e0 celles qui, m\u00eame si elles r\u00e9unissent les conditions pour le faire, n&#8217;ont encore jamais travaill\u00e9 en partenariat avec des hautes \u00e9coles. Pour la prochaine l\u00e9gislature, la CTI a re\u00e7u le mandat d&#8217;accro\u00eetre massivement le nombre de PME participant aux projets TT. Cela ne peut r\u00e9ussir que si l&#8217;on montre aux PME, avec davantage de clart\u00e9, le profit qu&#8217;elles peuvent retirer de ces partenariats. Pour ce faire, nous avons aussi besoin &#8211; en dehors des efforts de la CTI &#8211; de l&#8217;aide des associations \u00e9conomiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: En participant au processus TT, de nombreuses universit\u00e9s et hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es jouent un r\u00f4le nouveau. Est-ce qu&#8217;il n&#8217;y a pas l\u00e0 un risque de surcharge?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: Le risque est faible, car la recherche au sein des deux EPF devait, d\u00e8s le d\u00e9part, b\u00e9n\u00e9ficier aux entreprises. Nos chercheurs ont prouv\u00e9, notamment par la forte densit\u00e9 des brevets d\u00e9pos\u00e9s, qu&#8217;ils y sont parvenus, et ce, sans parrainage, sans financement de d\u00e9marrage ou de capital-risque, comme cela est souvent le cas aux \u00c9tats-Unis. Les entreprises sont fortement impliqu\u00e9es dans la recherche appliqu\u00e9e, notamment dans l&#8217;industrie chimique et pharmaceutique.\u00a0En ce qui concerne les hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es, qui en sont encore au stade du d\u00e9veloppement, j&#8217;ai \u00e9galement moins de craintes, car les ing\u00e9nieurs qui y travaillent connaissent tr\u00e8s bien, de par leur formation, les besoins de l&#8217;\u00e9conomie. Les efforts d&#8217;am\u00e9lioration doivent porter sur la cr\u00e9ation de fili\u00e8res r\u00e9gionales gravitant autour des hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es. Le \u00abNano Cluster\u00bb sp\u00e9cialis\u00e9 dans les nanotechnologies et le \u00abVerpackungscluster\u00bb dans l&#8217;emballage &#8211; tous deux proches du lac de Constance &#8211; ont dans ce domaine valeur de mod\u00e8les. Cet exemple montre comment la politique r\u00e9gionale doit \u00eatre reli\u00e9e \u00e0 la politique de formation et d&#8217;innovation. De nombreuses initiatives vont \u00e9galement dans la bonne direction.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: Quels sont les points communs et les diff\u00e9rences entre les EPF, les universit\u00e9s et les hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es au sein du processus TT?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nD. Leuthard: La nouvelle loi sur les hautes \u00e9coles, qui a \u00e9t\u00e9 mise en consultation par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral le 12 septembre 2007, fixe les conditions-cadres \u00e0 ce sujet. Son axe principal est le pilotage commun du domaine des hautes \u00e9coles, le but \u00e9tant de permettre une planification strat\u00e9gique pour l&#8217;ensemble de la Suisse. L&#8217;objectif de ce projet n&#8217;est, toutefois, pas l&#8217;uniformisation. Les hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es conserveront leur sp\u00e9cificit\u00e9 en se consacrant plus particuli\u00e8rement \u00e0 la recherche appliqu\u00e9e et au d\u00e9veloppement (Ra&amp;D) et en \u00e9tant plus fortement li\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9gionale. Les EPF ont, quant \u00e0 elles, mission de poursuivre leurs activit\u00e9s dans la recherche fondamentale. Cette r\u00e9partition des t\u00e2ches a fait ses preuves et sera maintenue. Les instituts peuvent, n\u00e9anmoins, d\u00e9gager directement des synergies avec l&#8217;\u00e9conomie \u00e0 travers le parrainage et les contributions allou\u00e9es par les entreprises \u00e0 la recherche.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: L&#8217;initiative \u00abCTI TT\u00bb est un instrument important de la nouvelle politique r\u00e9gionale (NPR). Quelles sont les attentes dans ce domaine?\u00a0D. Leuthard: Le premier objectif de la NPR est de cr\u00e9er de la valeur ajout\u00e9e et des postes de travail dans les r\u00e9gions. Il est \u00e9vident que la recherche et les innovations jouent un r\u00f4le \u00e0 ce niveau. La Conf\u00e9d\u00e9ration ne prescrit rien dans ce domaine et ne lance aucun projet. Chaque r\u00e9gion doit analyser ses points forts et exploiter le potentiel existant en termes de valeur ajout\u00e9e dans le cadre du transfert de savoir vers les PME locales. Cela permettra, entre autres, de soutenir dans les r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques les initiatives ax\u00e9es sur la cr\u00e9ation de valeur et les exportations.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Abordons maintenant, si vous le voulez bien, des questions concernant l&#8217;\u00e9conomie internationale et les relations avec les pays \u00e9mergents: la protection de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle est au coeur des pr\u00e9occupations des pays fortement d\u00e9velopp\u00e9s, soucieux de prot\u00e9ger leur syst\u00e8me d&#8217;innovation. Les m\u00e9dias rendent r\u00e9guli\u00e8rement compte des actes de piratage et d&#8217;atteinte \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle qui ont lieu dans les r\u00e9gions asiatiques en plein essor. Quelle est votre position face \u00e0 ce danger?\u00a0D. Leuthard: Il est capital pour notre \u00e9conomie que le cadre juridique en place &#8211; autrement dit une l\u00e9gislation forte sur les brevets et l&#8217;Accord g\u00e9n\u00e9ral sur le commerce des services (AGCS) de l&#8217;OMC &#8211; soit respect\u00e9. Nous rencontrons des probl\u00e8mes principalement avec les pays \u00e9mergents dans lesquels je me suis rendue cet \u00e9t\u00e9, \u00e0 savoir la Chine, le Vietnam et l&#8217;Inde. Pour moi, il \u00e9tait tr\u00e8s important d&#8217;arriver \u00e0 des accords avec les deux premiers pays, afin d&#8217;aborder les probl\u00e8mes concrets de mani\u00e8re pragmatique. Des groupes de travail sont maintenant charg\u00e9s de se rendre dans les entreprises et de d\u00e9cider avec elles de sanctions destin\u00e9es \u00e0 lutter contre la piraterie et les contrefa\u00e7ons. Je pense que les \u00e9conomies de la Chine et de l&#8217;Inde ont atteint un niveau qui leur permet, \u00e0 leur tour, de d\u00e9velopper des produits. Elles ont donc tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que le cadre juridique n&#8217;existe pas seulement sur le papier, mais fonctionne aussi dans les faits. J&#8217;ai bon espoir que la s\u00e9curit\u00e9 juridique augmente dans ces pays. Il est, toutefois, clair que la situation ne va pas changer du jour au lendemain, m\u00eame si nous y travaillons dans notre propre int\u00e9r\u00eat. Nous devons continuer \u00e0 prot\u00e9ger nos entreprises et \u00e0 sensibiliser les pays concern\u00e9s au fait que de telles pratiques faussent les r\u00e8gles de la concurrence et nuisent aux investissements dans les domaines li\u00e9s \u00e0 l&#8217;innovation.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: D&#8217;ici \u00e0 la fin f\u00e9vrier 2008, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral va se prononcer sur un \u00e9ventuel regroupement des t\u00e2ches de formation et de recherche dans un m\u00eame d\u00e9partement. Quels avantages esp\u00e9rez-vous retirer d&#8217;une telle mesure pour l&#8217;espace suisse de la formation et de l&#8217;innovation?\u00a0D. Leuthard: Tous les membres du Conseil f\u00e9d\u00e9ral sont d&#8217;avis qu&#8217;un tel regroupement pr\u00e9senterait des avantages. La cr\u00e9ation du Paysage des hautes \u00e9coles implique un besoin de coordination plus important et le pilotage unique devient une n\u00e9cessit\u00e9.\u00a0Que ce dernier se situe dans un d\u00e9partement ou dans un autre, l\u00e0 n&#8217;est pas l&#8217;essentiel, m\u00eame si je souhaiterais en toute logique que la formation soit rattach\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie. Je suis fermement convaincue que le march\u00e9 du travail, la formation et le syst\u00e8me d&#8217;innovation sont tr\u00e8s \u00e9troitement li\u00e9s. On a l&#8217;habitude de dire que l&#8217;un des principaux atouts de notre \u00e9conomie r\u00e9side dans le haut niveau de qualification du personnel et la flexibilit\u00e9 du march\u00e9 du travail. Il est donc dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat des entreprises de pouvoir compter \u00e0 long terme sur un nombre suffisant de dipl\u00f4m\u00e9s des hautes \u00e9coles et sur des professionnels hautement qualifi\u00e9s. L&#8217;\u00e9volution d\u00e9mographique nous oblige \u00e9galement \u00e0 une r\u00e9flexion sur le long terme, car le nombre de jeunes arrivant en fin de scolarit\u00e9 obligatoire ira en diminuant \u00e0 partir de 2008. \u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Madame la Conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale, nous vous remercions de cet entretien.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDirection de l&#8217;entretien et r\u00e9daction: Geli Spescha, r\u00e9dacteur en chef de La Vie \u00e9conomique&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTranscription de l&#8217;entretien: Simon D\u00e4llenbach, r\u00e9dacteur \u00e0 La Vie \u00e9conomique<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Suisse a beau \u00eatre toujours dans le peloton de t\u00eate international pour ce qui est de la cr\u00e9ation de nouvelles connaissances et du d\u00e9p\u00f4t de brevets, on constate tout de m\u00eame que la dynamique a perdu de son souffle dans ces deux domaines. 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