{"id":154191,"date":"2007-10-01T12:00:00","date_gmt":"2007-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/10\/muehlemann-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:14:50","modified_gmt":"2023-08-23T23:14:50","slug":"muehlemann-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/10\/muehlemann-6\/","title":{"rendered":"La formation d&#8217;apprentis est une activit\u00e9 rentable"},"content":{"rendered":"<p>Pour la deuxi\u00e8me fois, une \u00e9tude repr\u00e9sentative a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur le co\u00fbt et le b\u00e9n\u00e9fice de la formation des apprentis. Elle montre qu&#8217;en moyenne, \u00e0 la fin de l&#8217;apprentissage, l&#8217;entreprise formatrice peut compter sur un b\u00e9n\u00e9fice net. Des analyses plus approfondies ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9, par ailleurs, que l&#8217;\u00e9quilibre entre les co\u00fbts et les b\u00e9n\u00e9fices est primordial si l&#8217;on veut que les entreprises soient pr\u00eates \u00e0 former des apprentis. Celui-ci ne d\u00e9pend pas seulement du type de profession apprise ou des caract\u00e9ristiques de l&#8217;entreprise, mais aussi, dans une grande mesure, de la qualit\u00e9 des personnes en formation. Ces r\u00e9sultats peuvent aussi servir \u00e0 \u00e9valuer au plan \u00e9conomique &#8211; c&#8217;est une premi\u00e8re &#8211; les cons\u00e9quences de la r\u00e9forme de la formation commerciale de base Les r\u00e9sultats d\u00e9taill\u00e9s de l&#8217;\u00e9tude se trouvent dans M\u00fchlemann et al. (2007b). Elle a pu \u00eatre effectu\u00e9e gr\u00e2ce au soutien financier de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT). .<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200710_16_Muehlemann_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"255\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe Centre de recherche sur l&#8217;\u00e9conomie de l&#8217;\u00e9ducation de l&#8217;universit\u00e9 de Berne a calcul\u00e9 pour la deuxi\u00e8me fois, apr\u00e8s 2003 Voir Schweri et al. (2003) ou M\u00fchlemann et al. (2004)., le co\u00fbt et le b\u00e9n\u00e9fice de la formation des apprentis pour les entreprises. Cette \u00e9tude men\u00e9e en collaboration avec l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS) est, encore une fois, repr\u00e9sentative de toute la Suisse. Quelque 2400 entreprises formatrices et 1800 autres non formatrices ont r\u00e9pondu aux questions. Les r\u00e9sultats se rapportent \u00e0 l&#8217;automne 2004 et la date de r\u00e9f\u00e9rence se situe exactement quatre ans apr\u00e8s celle de la premi\u00e8re \u00e9tude.&#13;<\/p>\n<h2>Une confirmation des principaux r\u00e9sultats de la premi\u00e8re \u00e9tude<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa deuxi\u00e8me \u00e9tude, plus aboutie sur le plan m\u00e9thodologique, a confirm\u00e9 les principaux r\u00e9sultats obtenus lors de la premi\u00e8re \u00e9dition. Pr\u00e8s des deux tiers des apprentissages effectu\u00e9s en Suisse d\u00e9gagent un b\u00e9n\u00e9fice net pour les entreprises formatrices (voir graphique 1). Pour le dernier tiers, g\u00e9n\u00e9rateur d&#8217;un co\u00fbt net \u00e0 la fin de la formation, des revenus \u00e0 court ou moyen terme viennent dans la majorit\u00e9 des cas couvrir les d\u00e9penses de formation des entreprises:\u00a0&#8211; des revenus \u00e0 court terme sont r\u00e9alis\u00e9s par la suppression des co\u00fbts de recrutement et de mise au courant de nouveaux collaborateurs; \u00a0&#8211; des revenus \u00e0 moyen terme sont r\u00e9alis\u00e9s par la formation tr\u00e8s sp\u00e9cifique \u00e0 l&#8217;entreprise, laquelle permet \u00e0 l&#8217;employeur d&#8217;engager le personnel qualifi\u00e9 qu&#8217;il a form\u00e9 et qu&#8217;il ne pourrait recruter \u00e0 des salaires identiques sur le march\u00e9 externe du travail.&#13;<\/p>\n<h2>Des diff\u00e9rences aussi selon la dur\u00e9e d&#8217;apprentissage<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSur la base de l&#8217;enqu\u00eate effectu\u00e9e, les diff\u00e9rences constat\u00e9es dans la dur\u00e9e de formation des diverses professions semblent justifi\u00e9es. Que l&#8217;apprentissage dure deux, trois ou quatre ans, dans tous les cas, les apprentis atteignent en derni\u00e8re ann\u00e9e un niveau de comp\u00e9tences qui \u00e9quivaut \u00e0 peu pr\u00e8s aux trois quarts de la productivit\u00e9 d&#8217;un employ\u00e9 moyen qualifi\u00e9 dans la profession apprise. Manifestement, la dur\u00e9e de la formation est choisie, sur la base des donn\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rence de la profession \u00e0 apprendre, de fa\u00e7on \u00e0 atteindre un niveau de comp\u00e9tences comparable \u00e0 la fin de l&#8217;apprentissage. Que les investissements diff\u00e8rent selon les exigences des professions est une r\u00e9alit\u00e9 qui s&#8217;exprime d\u00e9j\u00e0 dans le mod\u00e8le des co\u00fbts nets pendant l&#8217;apprentissage selon sa dur\u00e9e (voir tableau 1).\u00a0Lorsque l&#8217;apprentissage est long, les entreprises peuvent accro\u00eetre l&#8217;investissement consenti \u00e0 son d\u00e9but, car elles l&#8217;amortissent sur davantage de temps. Le fait qu&#8217;actuellement la dur\u00e9e moyenne des formations permet d&#8217;atteindre le m\u00eame niveau de comp\u00e9tences \u00e0 leur ach\u00e8vement signifie aussi que l&#8217;on ne devrait pas prolonger sans raison leur dur\u00e9e, sauf si des changements interviennent dans les professions concern\u00e9es (voir chapitre suivant). Ceux-ci doivent, toutefois, \u00eatre voulus et fix\u00e9s par le march\u00e9 du travail, faute de quoi une prolongation de l&#8217;apprentissage aurait des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur le rendement des apprentis Voir Oosterbeek et Webbink (2007)..&#13;<\/p>\n<h2>Les cons\u00e9quences de la r\u00e9forme de la formation commerciale de base<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa deuxi\u00e8me enqu\u00eate n&#8217;a pas relev\u00e9 de diff\u00e9rence significative dans les formations les plus courantes, en ce qui concerne les co\u00fbts nets. Les r\u00e9sultats de 2000 n&#8217;\u00e9taient, par contre, plus repr\u00e9sentatifs en ce qui concerne la nouvelle formation commerciale de base (NFCB), celle-ci ayant \u00e9t\u00e9 introduite de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e pendant l&#8217;ann\u00e9e 2003-2004. \u00c9tant donn\u00e9 que seules les exp\u00e9riences des deux premi\u00e8res ann\u00e9es d&#8217;apprentissage ont pu \u00eatre prises en compte au moment de l&#8217;enqu\u00eate, on ne peut repr\u00e9senter de mani\u00e8re compl\u00e8te les r\u00e9percussions de cette r\u00e9forme qui consiste \u00e0 renforcer la partie de la formation en entreprise et \u00e0 introduire un mod\u00e8le scolaire d\u00e9gressif. Comme pr\u00e9vu, la NFCB a eu pour effet de rench\u00e9rir l&#8217;apprentissage pendant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es de formation (voir graphique 2). On peut, toutefois, s&#8217;attendre, sur la base des donn\u00e9es observ\u00e9es, \u00e0 une am\u00e9lioration du b\u00e9n\u00e9fice pour les entreprises pendant la troisi\u00e8me ann\u00e9e d&#8217;apprentissage, ce qui devrait suffire \u00e0 compenser l&#8217;augmentation des co\u00fbts de formation due \u00e0 la r\u00e9forme.\u00a0D&#8217;autres \u00e9tapes de la r\u00e9forme de la formation commerciale de base, comme le remplacement de l&#8217;apprentissage de bureau de deux ans par celui de trois ans de profil B, se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es conformes aux attentes et aux r\u00e9sultats escompt\u00e9s selon les analyses co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice. La formation de profil B se rapproche des apprentissages de trois ans dans ses flux co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice observ\u00e9s sur la dur\u00e9e de formation: une p\u00e9riode de formation allong\u00e9e permet, en effet, aux employeurs d&#8217;accro\u00eetre de mani\u00e8re significative les investissements consentis pour les apprentis de premi\u00e8re ann\u00e9e, voire d&#8217;accepter des co\u00fbts nets. \u00c0 titre de comparaison, dans les apprentissages de bureau, les investissements des employeurs \u00e9taient moindres lors de la premi\u00e8re ann\u00e9e et le travail des apprentis \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus fortement ax\u00e9 sur les activit\u00e9s productives.&#13;<\/p>\n<h2>La qualit\u00e9 des personnes en formation joue aussi un r\u00f4le<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes enqu\u00eates effectu\u00e9es jusqu&#8217;ici en Suisse et \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger sur le rapport co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice de la formation des apprentis (pour les entreprises) ont montr\u00e9 que celui-ci peut consid\u00e9rablement varier d&#8217;une entreprise \u00e0 l&#8217;autre, m\u00eame pour des \u00e9tablissements comparables et au sein d&#8217;une formation en apprentissage donn\u00e9e. On peut, certes, imputer ces diff\u00e9rences \u00e0 des erreurs de calcul ou \u00e0 des diff\u00e9rences non observables entre les entreprises, mais l&#8217;on peut aussi supposer en toute logique que les personnes en formation pourraient jouer un r\u00f4le. Les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 ce jour ne se sont jamais r\u00e9ellement pench\u00e9es sur les qualifications et la qualit\u00e9 des personnes en formation et aucun avis sur cette hypoth\u00e8se ne peut donc \u00eatre \u00e9mis. Cette lacune est d\u00e9sormais combl\u00e9e avec l&#8217;ach\u00e8vement de cette deuxi\u00e8me \u00e9tude co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice.\u00a0Les qualifications des personnes en formation ne pourraient pas expliquer les diff\u00e9rences de co\u00fbts nets d&#8217;une entreprise \u00e0 l&#8217;autre si elles se r\u00e9partissaient de mani\u00e8re strictement al\u00e9atoire entre les entreprises formatrices. Or, les r\u00e9ponses aux questions concernant la politique de recrutement et de s\u00e9lection de ces entreprises indiquent qu&#8217;elles aspirent \u00e0 recruter des apprentis qui correspondent le plus possible \u00e0 leurs exigences et \u00e0 leurs attentes. M\u00eame les entreprises (ou les formations) les moins pris\u00e9es par les \u00e9coliers, et qui disposent donc d&#8217;un choix plus restreint lors de la s\u00e9lection &#8211; les meilleurs candidats ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s par des entreprises plus attirantes &#8211; r\u00e9unissent g\u00e9n\u00e9ralement des groupes tr\u00e8s homog\u00e8nes d&#8217;apprentis. L&#8217;enqu\u00eate montre donc que, par rapport \u00e0 la formation scolaire pr\u00e9alable, la majorit\u00e9 des entreprises recrutent des groupes d&#8217;apprentis assez homog\u00e8nes et que beaucoup d&#8217;entre elles sont pr\u00eates \u00e0 effectuer des d\u00e9penses importantes dans le processus de recrutement et de s\u00e9lection. Les premi\u00e8res \u00e9valuations indiquent, toutefois, que pour une m\u00eame formation en apprentissage, les qualifications scolaires, sociales et en entreprise des personnes en formation pr\u00e9sentent un degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de corr\u00e9lation positive. Les qualifications scolaires ne sont donc pas les seuls crit\u00e8res de s\u00e9lection d\u00e9terminants pour une entreprise.&#13;<\/p>\n<h2>Les lacunes scolaires r\u00e9duisent la disponibilit\u00e9 des entreprises \u00e0 former des apprentis<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nFace aux lacunes scolaires de leurs apprentis, de nombreuses entreprises sont contraintes d&#8217;investir davantage d&#8217;heures dans leur formation ou de prendre le risque de devoir interrompre l&#8217;apprentissage (voir encadr\u00e9 1 Trois strat\u00e9gies s&#8217;offrent aux entreprises pour g\u00e9rer les diff\u00e9rents niveaux de qualification des apprentis: &#8211; premi\u00e8rement, traiter tous les apprentis de la m\u00eame fa\u00e7on; &#8211; deuxi\u00e8mement, encourager les apprentis dot\u00e9s d&#8217;un faible niveau scolaire, leur permettant ainsi de rattraper leur retard sur les meilleurs (dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e, on qualifie cette approche de \u00abstrat\u00e9gie de compensation\u00bb);- troisi\u00e8mement, miser davantage sur les meilleurs apprentis pour accro\u00eetre le rendement des investissements consentis dans la formation (\u00abstrat\u00e9gie d&#8217;efficience\u00bb).On suppose que le choix de la meilleure strat\u00e9gie de formation n&#8217;est pas totalement fortuit: les entreprises qui escomptent un revenu net pendant la dur\u00e9e de formation optent pour la strat\u00e9gie de compensation, tandis que celles qui s&#8217;attendent \u00e0 des co\u00fbts nets pendant cette m\u00eame p\u00e9riode s&#8217;orientent plut\u00f4t vers la strat\u00e9gie d&#8217;efficience. Ces derni\u00e8res ne sont pr\u00eates \u00e0 assumer les co\u00fbts nets de la formation que si elles peuvent ensuite engager les apprentis qu&#8217;elles ont form\u00e9s comme personnel qualifi\u00e9. Dans ce contexte, on comprend ais\u00e9ment que la tentation existe d&#8217;investir avant tout dans les meilleurs apprentis. Les r\u00e9sultats de l&#8217;enqu\u00eate confirmeront cette hypoth\u00e8se.Afin de rendre comparables les r\u00e9sultats empiriques, on a confront\u00e9 deux groupes d&#8217;apprentissage: d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, la formation commerciale de base qui g\u00e9n\u00e8re en moyenne un revenu net \u00e0 la fin de l&#8217;apprentissage pour l&#8217;entreprise formatrice et de l&#8217;autre, des formations de quatre ans dans le domaine technico-industriel qui impliquent g\u00e9n\u00e9ralement des co\u00fbts nets \u00e9lev\u00e9s. On peut d\u00e9montrer que, dans la formation commerciale de base, les entreprises qui ont engag\u00e9 des apprentis d&#8217;un faible niveau scolaire investissent nettement plus d&#8217;heures que d&#8217;autres comparables disposant d&#8217;apprentis avec un bon niveau scolaire. Dans les professions technico-industrielles, on constate la tendance inverse. Par cons\u00e9quent, l&#8217;am\u00e9lioration de la formation commerciale de base permet de diminuer de mani\u00e8re significative le taux d&#8217;abandon dans l&#8217;apprentissage. Dans les professions technico-industrielles, ce n&#8217;est pas le cas, car les entreprises de ce secteur investissent g\u00e9n\u00e9ralement beaucoup dans la formation et elles recrutent des apprentis d&#8217;un niveau sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne.La situation est diff\u00e9rente en ce qui concerne les examens de fin d&#8217;apprentissage. Ici, ce sont les heures de formation suppl\u00e9mentaires pour les apprentis particuli\u00e8rement dou\u00e9s dans les professions technico-industrielles qui exercent une influence b\u00e9n\u00e9fique sur les r\u00e9sultats des examens de fin d&#8217;apprentissage, tandis que les mesures d&#8217;encouragement compensatoires pour les apprentis d&#8217;un niveau plut\u00f4t faible n&#8217;ont aucun effet significatif sur la formation commerciale de base. Cela ne signifie pas obligatoirement que ce dernier type d&#8217;apprentis auraient obtenu d&#8217;aussi \u00abbons\u00bb r\u00e9sultats sans cette aide suppl\u00e9mentaire. Les r\u00e9sultats laissent plut\u00f4t supposer qu&#8217;ils n&#8217;auraient, dans ce cas, m\u00eame pas pass\u00e9 les examens.). Dans la formation commerciale de base, par exemple, les entreprises consacrent environ une heure de plus par semaine aux apprentis pr\u00e9sentant un faible niveau scolaire, ce qui rench\u00e9rit la formation de plus de 6000 francs en moyenne sur la dur\u00e9e compl\u00e8te de l&#8217;apprentissage. En g\u00e9n\u00e9ral, les entreprises formatrices peuvent encore supporter ces co\u00fbts suppl\u00e9mentaires sans que l&#8217;apprentissage ne provoque un d\u00e9couvert financier. Mais si les d\u00e9penses sont plus importantes ou dans le cas d&#8217;une formation en apprentissage pour laquelle on s&#8217;attend d\u00e8s le d\u00e9part \u00e0 des co\u00fbts nets \u00e9lev\u00e9s, il est clair que des lacunes scolaires chez les candidats \u00e0 l&#8217;apprentissage vont nettement dissuader les entreprises de former des apprentis Voir M\u00fchlemann et Wolter (2007)..&#13;<\/p>\n<h2>Les types de formation non traditionnels restent des exceptions<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa premi\u00e8re \u00e9tude s&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pench\u00e9e sur la question des nouveaux mod\u00e8les de formation Voir Walther et al. (2005).. L&#8217;apprentissage traditionnel avec son lien direct entre le ma\u00eetre et l&#8217;apprenti a \u00e9t\u00e9 en partie remplac\u00e9, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, par des \u00e9tablissements de formation internes, et pas seulement dans les grandes entreprises. Dans le m\u00eame temps, des centres de formation externes ont aussi vu le jour. Ils se consacrent professionnellement et exclusivement \u00e0 la formation des apprentis, \u00e0 la demande des entreprises membres de ces centres.\u00a0Parce que la formation professionnelle a besoin de nouveaux mod\u00e8les innovants pour survivre face \u00e0 l&#8217;\u00e9volution, la deuxi\u00e8me \u00e9tude a analys\u00e9 une nouvelle fois ces derniers de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e. En dehors du fait que, pendant les quatre ann\u00e9es qui se sont \u00e9coul\u00e9es entre les deux \u00e9tudes, ces nouveaux types de formation ont pris une forte ampleur &#8211; que ce soit au plan quantitatif ou dans les professions en apprentissage concern\u00e9es -, les autres r\u00e9sultats ont aussi pu \u00eatre confirm\u00e9s dans une large mesure. Les centres de formation internes et externes dispensent un enseignement nettement plus on\u00e9reux que les formations duales traditionnelles. L&#8217;entreprise peut, toutefois, compenser ces surco\u00fbts nets \u00e0 moyen terme si elle engage les apprentis apr\u00e8s leur formation. Pour les \u00e9tablissements de formation internes, cela provient du fait que leurs formations sont nettement ax\u00e9es sur les sp\u00e9cificit\u00e9s de l&#8217;entreprise, tandis que, en ce qui concerne les centres externes, cela est d\u00fb \u00e0 la grande difficult\u00e9 de recruter du personnel hautement qualifi\u00e9 sur le march\u00e9 du travail. Les centres de formation investissent des sommes importantes dans la s\u00e9lection des apprentis et leur formation, afin de proposer aux entreprises associ\u00e9es un choix de collaborateurs hautement qualifi\u00e9s, gage de rentabilisation des co\u00fbts de formation sur\u00e9lev\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Davantage que de la comptabilit\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa r\u00e9p\u00e9tition de l&#8217;analyse co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice de la formation des apprentis est bien plus qu&#8217;un simple exercice d&#8217;habilet\u00e9 comptable. Les analyses rendues possibles \u00e0 l&#8217;aide des donn\u00e9es collect\u00e9es Voir M\u00fchlemann et al. (2007). ont clairement d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 quel point le rapport co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice est important pour une offre de formation suffisamment vaste. Cependant, l&#8217;\u00e9quilibre co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice ne va pas de soi. Il d\u00e9pend, outre les facteurs d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9s que sont les conditions de formation dans l&#8217;entreprise et les personnes en formation elles-m\u00eames, des conditions institutionnelles qui changent, influenc\u00e9es en permanence par la politique de la formation professionnelle et par les partenaires sociaux. C&#8217;est pourquoi il est indispensable que les d\u00e9cisions de pilotage se prennent sur la base de donn\u00e9es fiables en mati\u00e8re de cons\u00e9quences \u00e9conomiques, que ce soit pour l&#8217;exemple cit\u00e9 ici de la r\u00e9forme de la formation commerciale de base ou pour l&#8217;introduction de la maturit\u00e9 professionnelle Voir Wolter et Schweri (2004).. Faute de quoi, un pilotage \u00e0 vue de la politique de la formation risque de freiner la cr\u00e9ation de places d&#8217;apprentissage au lieu de la favoriser. Si l&#8217;on veut \u00e9valuer les effets des r\u00e9formes non seulement a posteriori, mais d\u00e9j\u00e0 lors de leur conception et les adapter de mani\u00e8re optimale aux conditions \u00e9conomiques, il est recommand\u00e9 d&#8217;effectuer des relev\u00e9s p\u00e9riodiques, comme le fait la pr\u00e9sente \u00e9tude.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abR\u00e9partition des co\u00fbts nets de la formation des apprentis en 2004\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abCo\u00fbts nets pendant l&#8217;apprentissage pour la formation commerciale de base\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abCo\u00fbt (b\u00e9n\u00e9fice) net pendant l&#8217;apprentissage selon sa dur\u00e9e (arrondi)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Compensation ou efficience? Trois strat\u00e9gies s&#8217;offrent aux entreprises pour g\u00e9rer les diff\u00e9rents niveaux de qualification des apprentis: &#8211; premi\u00e8rement, traiter tous les apprentis de la m\u00eame fa\u00e7on; &#8211; deuxi\u00e8mement, encourager les apprentis dot\u00e9s d&#8217;un faible niveau scolaire, leur permettant ainsi de rattraper leur retard sur les meilleurs (dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e, on qualifie cette approche de \u00abstrat\u00e9gie de compensation\u00bb);- troisi\u00e8mement, miser davantage sur les meilleurs apprentis pour accro\u00eetre le rendement des investissements consentis dans la formation (\u00abstrat\u00e9gie d&#8217;efficience\u00bb).On suppose que le choix de la meilleure strat\u00e9gie de formation n&#8217;est pas totalement fortuit: les entreprises qui escomptent un revenu net pendant la dur\u00e9e de formation optent pour la strat\u00e9gie de compensation, tandis que celles qui s&#8217;attendent \u00e0 des co\u00fbts nets pendant cette m\u00eame p\u00e9riode s&#8217;orientent plut\u00f4t vers la strat\u00e9gie d&#8217;efficience. Ces derni\u00e8res ne sont pr\u00eates \u00e0 assumer les co\u00fbts nets de la formation que si elles peuvent ensuite engager les apprentis qu&#8217;elles ont form\u00e9s comme personnel qualifi\u00e9. Dans ce contexte, on comprend ais\u00e9ment que la tentation existe d&#8217;investir avant tout dans les meilleurs apprentis. Les r\u00e9sultats de l&#8217;enqu\u00eate confirmeront cette hypoth\u00e8se.Afin de rendre comparables les r\u00e9sultats empiriques, on a confront\u00e9 deux groupes d&#8217;apprentissage: d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, la formation commerciale de base qui g\u00e9n\u00e8re en moyenne un revenu net \u00e0 la fin de l&#8217;apprentissage pour l&#8217;entreprise formatrice et de l&#8217;autre, des formations de quatre ans dans le domaine technico-industriel qui impliquent g\u00e9n\u00e9ralement des co\u00fbts nets \u00e9lev\u00e9s. On peut d\u00e9montrer que, dans la formation commerciale de base, les entreprises qui ont engag\u00e9 des apprentis d&#8217;un faible niveau scolaire investissent nettement plus d&#8217;heures que d&#8217;autres comparables disposant d&#8217;apprentis avec un bon niveau scolaire. Dans les professions technico-industrielles, on constate la tendance inverse. Par cons\u00e9quent, l&#8217;am\u00e9lioration de la formation commerciale de base permet de diminuer de mani\u00e8re significative le taux d&#8217;abandon dans l&#8217;apprentissage. Dans les professions technico-industrielles, ce n&#8217;est pas le cas, car les entreprises de ce secteur investissent g\u00e9n\u00e9ralement beaucoup dans la formation et elles recrutent des apprentis d&#8217;un niveau sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne.La situation est diff\u00e9rente en ce qui concerne les examens de fin d&#8217;apprentissage. Ici, ce sont les heures de formation suppl\u00e9mentaires pour les apprentis particuli\u00e8rement dou\u00e9s dans les professions technico-industrielles qui exercent une influence b\u00e9n\u00e9fique sur les r\u00e9sultats des examens de fin d&#8217;apprentissage, tandis que les mesures d&#8217;encouragement compensatoires pour les apprentis d&#8217;un niveau plut\u00f4t faible n&#8217;ont aucun effet significatif sur la formation commerciale de base. Cela ne signifie pas obligatoirement que ce dernier type d&#8217;apprentis auraient obtenu d&#8217;aussi \u00abbons\u00bb r\u00e9sultats sans cette aide suppl\u00e9mentaire. Les r\u00e9sultats laissent plut\u00f4t supposer qu&#8217;ils n&#8217;auraient, dans ce cas, m\u00eame pas pass\u00e9 les examens.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Bibliographie &#8211; M\u00fchlemann Samuel et Wolter Stefan C., \u00abBildungsqualit\u00e4t, demographischer Wandel, Struktur der Arbeitsm\u00e4rkte und die Bereitschaft von Unternehmen, Lehrstellen anzubieten\u00bb. Wirtschaftspolitische Bl\u00e4tter, 54, 1\/2007.- M\u00fchlemann Samuel, Schweri J\u00fcrg et Wolter Stefan C., \u00abPourquoi les entreprises ne forment pas d&#8217;apprentis et que faire pour y rem\u00e9dier\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 9\/2004, p. 43-48.- M\u00fchlemann Samuel, Schweri J\u00fcrg et Wolter Stefan C., \u00abWarum einige Firmen Lehrlinge ausbilden &#8211; viele aber nicht\u00bb, dans Chaponni\u00e8re M. et al. (\u00e9d.), Formation et emploi &#8211; articles de la conf\u00e9rence internationale \u00e0 Berne, \u00e9ditions R\u00fcegger, Zurich\/Coire, p. 317-330, 2007a.- M\u00fchlemann Samuel, Wolter Stefan C., Fuhrer Marc et W\u00fcest Adrian, Lehrlingsausbildung &#8211; \u00f6konomisch betrachtet, Coire, Zurich, R\u00fcegger, 2007b.- Oosterbeek Hessel et Dinand Webbink H., \u00abWage Effects of an Extra Year of Basic Vocational Education\u00bb, Economics of Education Review, 26 (4), 2007, p. 408-419.- Schweri J\u00fcrg, M\u00fchlemann Samuel, Pescio Yasmina, Walther Belinda, Wolter Stefan C. et Z\u00fcrcher Lukas, Co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice de la formation des apprentis pour les entreprises suisses. Coire, Zurich, R\u00fcegger, 2003.- Walther Belinda, Schweri J\u00fcrg et Wolter Stefan C., \u00abShall I Train Your Apprentice? An Empirical Investigation of Outsourcing of Apprenticeship Training in Switzerland\u00bb, Education + Training, 47 (4\/5), 2005, p. 251-269.- Wolter Stefan C. et Schweri J\u00fcrg, \u00abCo\u00fbt et b\u00e9n\u00e9fice de la maturit\u00e9 professionnelle\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 4\/2004, p. 26-29.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour la deuxi\u00e8me fois, une \u00e9tude repr\u00e9sentative a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur le co\u00fbt et le b\u00e9n\u00e9fice de la formation des apprentis. Elle montre qu&#8217;en moyenne, \u00e0 la fin de l&#8217;apprentissage, l&#8217;entreprise formatrice peut compter sur un b\u00e9n\u00e9fice net. 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