{"id":154327,"date":"2007-07-01T12:00:00","date_gmt":"2007-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/07\/arvanitis-18\/"},"modified":"2023-08-24T01:16:09","modified_gmt":"2023-08-23T23:16:09","slug":"arvanitis-18","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/07\/arvanitis-18\/","title":{"rendered":"La Suisse face \u00e0 la concurrence internationale en mati\u00e8re d&#8217;innovation"},"content":{"rendered":"<p>La croissance d&#8217;une \u00e9conomie nationale d\u00e9pend, \u00e0 long terme, de la capacit\u00e9 d&#8217;innovation de ses entreprises. Pour \u00e9valuer ce potentiel, le Centre de recherches conjoncturelles de l&#8217;EPF Zurich (KOF ETH) m\u00e8ne r\u00e9gulierement, depuis 1990, une enqu\u00eate sur l&#8217;innovation aupr\u00e8s de plus de 6000\u00a0entreprises suisses. Nous en pr\u00e9sentons ci-dessous les r\u00e9sultats, obtenus sur la base des questions suivantes: Comment la puissance d&#8217;innovation de l&#8217;\u00e9conomie suisse a-t-elle \u00e9volu\u00e9 ces quinze\u00a0derni\u00e8res ann\u00e9es? Quels facteurs ont-ils pu la freiner sur cette p\u00e9riode? Pourquoi la recherche et d\u00e9veloppement (R&amp;D) de l&#8217;\u00e9conomie helv\u00e9tique s&#8217;\u00e9tend-elle de plus en plus \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger? Quel est le degr\u00e9 d&#8217;innovation des entreprises suisses &#8211; en particulier les petites et moyennes entreprises (PME) &#8211; face \u00e0 la concurrence internationale? Enfin, comment le monde politique peut-il renforcer la capacit\u00e9 d&#8217;innovation des entreprises?&#13;<\/p>\n<h2>\u00c9volution depuis 1990<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDepuis 1991\/1993, la proportion d&#8217;entreprises innovatrices (ayant introduit de nouveaux produits sur le march\u00e9 ou de nouveaux proc\u00e9d\u00e9s dans l&#8217;entreprise) a continuellement diminu\u00e9, m\u00eame si le rythme s&#8217;est ralenti \u00e0 partir de 2000\/2002 (voir graphique 1). Du c\u00f4t\u00e9 des entreprises actives dans la R&amp;D et qui ont d\u00e9pos\u00e9 des brevets, les chiffres sont stables (\u00e0 un bas niveau, certes) d\u00e8s 1997\/1999. Il en va de m\u00eame pour les services; dans ce secteur, cependant, le pourcentage d&#8217;entreprises innovantes, demeur\u00e9 \u00e0 un haut niveau constant au cours des ann\u00e9es nonante, accuse une baisse sensible ces derniers temps.\u00a0L&#8217;\u00e9volution des performances en mati\u00e8re d&#8217;innovation des entreprises ne se juge pas seulement \u00e0 la fr\u00e9quence, mais aussi \u00e0 l&#8217;intensit\u00e9 des efforts fournis. Dans l&#8217;industrie comme dans le tertiaire, la part des d\u00e9penses d&#8217;innovation dans le chiffre d&#8217;affaires s&#8217;est nettement affaiblie en 2003\/2005 par rapport aux ann\u00e9es 1991\/1993, qui furent jusqu&#8217;ici les meilleures. Cette tendance, que l&#8217;on croyait d\u00e9finitivement stopp\u00e9e entre 1997\/1999 et 2000\/2002, a donc refait son apparition.\u00a0Au fil des ans, la structure des d\u00e9penses allou\u00e9es \u00e0 l&#8217;innovation s&#8217;est modifi\u00e9e, privil\u00e9giant vers une R&amp;D orient\u00e9e vers l&#8217;application (comme la construction et la conception) et des investissements cons\u00e9cutifs \u00e0 une innovation (p.\u00a0ex. \u00e9tudes de march\u00e9 en vue du lancement d&#8217;un nouveau produit), au d\u00e9triment de la recherche fondamentale. La part des produits novateurs dans le chiffre d&#8217;affaires (donn\u00e9es concernant uniquement l&#8217;industrie) a \u00e9volu\u00e9 plus favorablement encore, puisque, apr\u00e8s un net repli, elle est l\u00e9g\u00e8rement repartie \u00e0 la hausse depuis 2002 (voir tableau 1).&#13;<\/p>\n<h2>Une nette diminution des obstacles \u00e0 l&#8217;innovation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans la p\u00e9riode 2003\/2005, quatre groupes d&#8217;obstacles &#8211; dans l&#8217;ordre d&#8217;importance pr\u00e9sent\u00e9 ci-apr\u00e8s &#8211; ont influ\u00e9 sur les secteurs de l&#8217;industrie et des services (voir tableau 2): probl\u00e8mes li\u00e9s aux co\u00fbts et aux risques, financement, puis (\u00e0 quelque distance) manque de personnel\u00a0en R&amp;D et autres personnes qualifi\u00e9es (industrie uniquement), et r\u00e9glementations \u00e9tatiques (normes relatives \u00e0 l&#8217;am\u00e9nagement du territoire et \u00e0 la construction, l\u00e9gislation sur la protection de l&#8217;environnement, voire fiscalit\u00e9 excessive). En revanche, il semblerait que la plupart des r\u00e9glementations \u00e9tatiques &#8211; comme la limitation de l&#8217;acc\u00e8s au march\u00e9 de l&#8217;UE, les restrictions impos\u00e9es aux \u00e9trangers sur le march\u00e9 du travail, la r\u00e9glementation des march\u00e9s internes &#8211; tout comme le trop faible encouragement apport\u00e9 par l&#8217;\u00c9tat \u00e0 la recherche et \u00e0 l&#8217;innovation, n&#8217;aient que rarement une incidence d\u00e9favorable sur la capacit\u00e9 d&#8217;innovation. La diff\u00e9renciation des r\u00e9sultats selon la taille des entreprises et par branches ne permet pas de mettre en \u00e9vidence d&#8217;autres entraves. Seule exception: les difficult\u00e9s financi\u00e8res particuli\u00e8rement aigu\u00ebs que connaissent certaines petites entreprises.\u00a0\u00c0 plus long terme, l&#8217;importance des obstacles \u00e0 l&#8217;innovation a consid\u00e9rablement diminu\u00e9, exceptions mises \u00e0 part (co\u00fbts d&#8217;innovation, restrictions financi\u00e8res). \u00c9tant donn\u00e9 que l&#8217;on ne d\u00e9nombre plus aujourd&#8217;hui qu&#8217;une faible proportion d&#8217;entreprises dont les activit\u00e9s innovantes sont notablement entrav\u00e9es, on ne peut (plus) \u00e9voquer d&#8217;obstacles structurels. De plus, les probl\u00e8mes de financement encore tr\u00e8s fr\u00e9quents au moment de l&#8217;enqu\u00eate sur l&#8217;innovation de 2005 devraient s&#8217;att\u00e9nuer sensiblement \u00e0 la faveur de l&#8217;actuelle reprise. En outre, contrairement \u00e0 ce qui s&#8217;est produit par le pass\u00e9 dans des p\u00e9riodes semblables, il n&#8217;est gu\u00e8re probable que les activit\u00e9s innovantes soient s\u00e9rieusement entrav\u00e9es par le manque de personnel (hautement) qualifi\u00e9, en raison de l&#8217;application de l&#8217;accord de libre-circulation des personnes entre la Suisse et l&#8217;UE.\u00a0Sur le plan politique, cette projection plut\u00f4t optimiste ne doit pas pour autant nous dispenser de continuer \u00e0 d\u00e9manteler les obstacles \u00e0 l&#8217;innovation provenant des r\u00e8glements \u00e9tatiques et \u00e0 augmenter l&#8217;offre de ressources humaines sur le march\u00e9 suisse du travail.&#13;<\/p>\n<h2>Pourquoi la capacit\u00e9 d&#8217;innovation a-t-elle tendance \u00e0 s&#8217;affaiblir?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe recul de la capacit\u00e9 d&#8217;innovation observ\u00e9 depuis 1991\/1993 s&#8217;explique par des facteurs structurels (r\u00e9glements \u00e9tatiques, durcissement de la concurrence dans le sillage de la mondialisation, etc.) ainsi que par des facteurs conjoncturels, si l&#8217;on admet que la situation \u00e9conomique d\u00e9favorable de 1991-2005 a jou\u00e9 un r\u00f4le dans cette \u00e9volution. Quelle peut \u00eatre la signification relative de ces deux explications?&#13;<\/p>\n<h3>Facteurs conjoncturels<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa conjoncture et les investissements semblent tr\u00e8s \u00e9troitement corr\u00e9l\u00e9s dans les acti-vit\u00e9s d&#8217;innovation, comme le montre l&#8217;\u00e9vo-lution observ\u00e9e depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es nonante. En partant de l&#8217;hypoth\u00e8se tout \u00e0 fait plausible d&#8217;un l\u00e9ger retard par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9volution conjoncturelle, on observe que la diminution g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des ressources allou\u00e9es aux activit\u00e9s innovantes entre 1991\/1993 et 1997\/1999 a \u00e9t\u00e9 la cons\u00e9quence d&#8217;une longue p\u00e9riode de morosit\u00e9 \u00e9conomique durant les ann\u00e9es 1991\/1997. Les d\u00e9pen-ses d&#8217;innovation se sont stabilis\u00e9es entre 1997\/1999 et 2000\/2002, refl\u00e9tant, de nou-veau avec un l\u00e9ger d\u00e9calage, la reprise conjoncturelle qui a dur\u00e9 jusqu&#8217;en 2000\/2001. Le r\u00e9cent recul des d\u00e9penses d&#8217;innovation consta-t\u00e9 dans la p\u00e9riode 2000\/2002 \u00e0 2003\/2005 peut, lui aussi, \u00eatre mis en rapport avec la situation conjoncturelle qui a suivi la reprise et qui a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une r\u00e9cession assez lon-gue; l&#8217;embellie conjoncturelle observ\u00e9e \u00e0 partir du deuxi\u00e8me trimestre de 2003 a, une derni\u00e8re fois, \u00e9t\u00e9 interrompue (guerre en Irak), avant de s&#8217;imposer d\u00e9finitivement au d\u00e9but de 2005 pour d\u00e9boucher sur une croissance vigoureuse. Dans ces circonstances, le faible niveau des investissements observ\u00e9 en mati\u00e8re d&#8217;innovation en 2003\/2005 n&#8217;est gu\u00e8re surprenant, compte tenu, l\u00e0 encore, du d\u00e9calage par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9volution conjonc-turelle.&#13;<\/p>\n<h3>Facteurs structurels<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes mouvements d\u00e9crits ci-dessus expriment un lien entre la conjoncture et l&#8217;\u00e9volution &#8211; dans l&#8217;ensemble n\u00e9gative &#8211; des activit\u00e9s innovantes au cours de ces quinze\u00a0derni\u00e8res ann\u00e9es. Ils ne permettent, toutefois, pas d&#8217;exclure l&#8217;influence de certains facteurs structurels. Ainsi, les difficult\u00e9s persistantes rencontr\u00e9es depuis 1991\/1993 dans le financement des projets d&#8217;innovation pourraient provenir d&#8217;une compression structurelle des marges cons\u00e9cutive au renforcement de la concurrence mondiale, et \u00e9ventuellement de la suppression de certains obstacles \u00e0 la concurrence \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du pays. En revanche, certains changements structurels ont d\u00fb avoir des effets positifs sur les activit\u00e9s d&#8217;innovation: songeons notamment au net assouplissement des conditions d&#8217;acc\u00e8s au march\u00e9 suisse du travail pour la main-d&#8217;oeuvre \u00e9trang\u00e8re (qualifi\u00e9e), r\u00e9sultant plus particuli\u00e8rement de l&#8217;accord sur la libre circulation des personnes pass\u00e9 avec l&#8217;UE. Le fait que les autres entraves \u00e9tatiques \u00e0 l&#8217;innovation &#8211; hormis les exceptions susmentionn\u00e9es &#8211; aient perdu de leur importance devrait aussi avoir renforc\u00e9 la capacit\u00e9 des entreprises suisses en la mati\u00e8re.\u00a0En r\u00e9sum\u00e9, il semble bien que l&#8217;\u00e9volution conjoncturelle ait \u00e9t\u00e9 le principal facteur de recul de l&#8217;activit\u00e9 innovante entre 1991\/1993 et 2003\/2005, mais des \u00e9l\u00e9ments structurels (tel le durcissement de la concurrence) ont \u00e9galement pu jouer un r\u00f4le. Comme l&#8217;actuelle reprise conjoncturelle devrait se poursuivre quelque temps encore, il y a de fortes chances pour que l&#8217;innovation reprenne, elle aussi.&#13;<\/p>\n<h2>Activit\u00e9s de R&amp;D \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEntre 2000\/2002 et 2003\/2005, la proportion d&#8217;entreprises helv\u00e9tiques investissant \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger dans des activit\u00e9s de R&amp;D a augment\u00e9, passant de 15% \u00e0 21%. Observ\u00e9e sur le long terme, cette tendance a fait craindre, dans un premier temps, que les capacit\u00e9s en R&amp;D ne soient progressivement transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger (hypoth\u00e8se de la substitution). Aujourd&#8217;hui, d&#8217;aucuns d\u00e9fendent la th\u00e8se inverse, \u00e0 savoir que les activit\u00e9s de R&amp;D d\u00e9ploy\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger facilitent l&#8217;implantation des entreprises suisses sur ces march\u00e9s et permettent d&#8217;exploiter les savoirs sp\u00e9cifiques des p\u00f4les externes de R&amp;D (hypoth\u00e8se de la compl\u00e9mentarit\u00e9).&#13;<\/p>\n<h3>Motifs d&#8217;une pr\u00e9sence \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa forte croissance des investissements en R&amp;D \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger se justifie en premier lieu par des raisons de proximit\u00e9 des march\u00e9s. Il s&#8217;agit d&#8217;adapter \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger des produits d\u00e9velopp\u00e9s en Suisse afin qu&#8217;ils r\u00e9pondent aux exigences des march\u00e9s locaux. Ce motif pr\u00e9domine largement dans les grandes entreprises, dont les budgets consacr\u00e9s \u00e0 la R&amp;D \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger sont les plus \u00e9toff\u00e9s. Cette proximit\u00e9 des march\u00e9s, qui r\u00e9pond \u00e0 l&#8217;hypoth\u00e8se de la compl\u00e9mentarit\u00e9, a encore gagn\u00e9 en importance par rapport \u00e0 2000\/2002. Il en est, toutefois, de m\u00eame pour ce qui est des co\u00fbts, qui peuvent diminuer en effectuant la R&amp;D \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, ce qui correspond \u00e0 l&#8217;hypoth\u00e8se de la substitution. Si ce motif joue un r\u00f4le encore tr\u00e8s subalterne par rapport \u00e0 celui de la proximit\u00e9 des march\u00e9s, il n&#8217;en a pas moins pris de l&#8217;importance pour les grandes entreprises, aux yeux desquelles il \u00e9tait largement insignifiant jusque-l\u00e0. Quant au motif du savoir &#8211; autrement dit l&#8217;utilisation de connaissances sp\u00e9cifiques acquises \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger pour \u00e9largir la base des connaissances d&#8217;une entreprise install\u00e9e en Suisse -, il est certes un peu plus r\u00e9pandu que celui des co\u00fbts, mais de loin pas aussi fr\u00e9quent que celui de la proximit\u00e9 des march\u00e9s (voir tableau 3).&#13;<\/p>\n<h2>Les activit\u00e9s innovantes en comparaison internationale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa vue d&#8217;ensemble L&#8217;\u00e9tude comparative se limite \u00e0 l&#8217;Europe, car seule l&#8217;UE m\u00e8ne des \u00e9tudes sur l&#8217;innovation (Enqu\u00eate communautaire sur l&#8217;innovation, ECI) dont les donn\u00e9es sont comparables \u00e0 celles tir\u00e9es de notre enqu\u00eate. pr\u00e9sent\u00e9e dans le graphique 2 repose sur la moyenne des rangs occup\u00e9s par un pays pour les sept indicateurs d&#8217;innovation mentionn\u00e9s au tableau 4 (plus le rang est bas, plus grande est la capacit\u00e9 d&#8217;innovation). Les divers indicateurs pris en compte couvrent toutes les phases du processus d&#8217;innovation (indicateurs d&#8217;intrants, de r\u00e9sultats et de p\u00e9n\u00e9tration de march\u00e9). Il ressort du graphique que la Suisse &#8211; talonn\u00e9e par la Su\u00e8de et l&#8217;Allemagne &#8211; arrive en t\u00eate du peloton. Suivent la Grande-Bretagne et le Danemark, qui devancent nettement tous les pays restants. La Suisse, l&#8217;Allemagne et la Finlande sont \u00e0 la pointe dans le secteur industriel, tandis que la Grande-Bretagne, l&#8217;Italie et l&#8217;Autriche se distinguent plus particuli\u00e8rement dans le domaine des services.&#13;<\/p>\n<h3>En Suisse, beaucoup d&#8217;innovations et une forte orientation vers le march\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa domination de la Suisse provient d&#8217;abord du fait que de tr\u00e8s nombreuses entreprises innovent (2e rang), font elles-m\u00eames de la R&amp;D et confient des mandats de R&amp;D \u00e0 des tiers (1er rang dans les deux derniers cas). Les d\u00e9penses consacr\u00e9es par les entreprises \u00e0 l&#8217;innovation et \u00e0 la R&amp;D placent la Suisse un peu plus loin dans le classement (3e et 4e rangs). Les deux indicateurs de march\u00e9 repr\u00e9sentant la part des produits novateurs dans le chiffre d&#8217;affaires indiquent que la Suisse occupe de nouveau le 1er\u00a0rang en mati\u00e8re de produits nouveaux pour l&#8217;entreprise et le 3e sur le plan des innovations sur le march\u00e9.&#13;<\/p>\n<h3>Le r\u00e9seau du savoir, atout de l&#8217;innovation suisse<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;exceptionnelle capacit\u00e9 d&#8217;innovation de l&#8217;\u00e9conomie suisse repose sur un r\u00e9seau de coop\u00e9rations en R&amp;D tr\u00e8s dense au plan international. Dans ce domaine, les entreprises suisses, tout comme les soci\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises ou n\u00e9erlandaises, arrivent juste derri\u00e8re les pays scandinaves. C&#8217;est en Finlande et en Suisse que le r\u00e9seau du savoir a la dimension internationale la plus prononc\u00e9e; les partenariats entre hautes \u00e9coles et \u00e9conomie priv\u00e9e y sont d&#8217;ailleurs tr\u00e8s fr\u00e9quents. Ces deux caract\u00e9ristiques sont un atout structurel suppl\u00e9mentaire du syst\u00e8me suisse de l&#8217;innovation.&#13;<\/p>\n<h3>\u00c9volution de la position de l&#8217;\u00e9conomie suisse en mati\u00e8re d&#8217;innovation depuis 1993<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans les ann\u00e9es nonante, la Suisse a largement perdu l&#8217;avance consid\u00e9rable qu&#8217;elle avait sur les pays class\u00e9s imm\u00e9diatement derri\u00e8re elle. Notre pays a finalement c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&#8217;Allemagne la primaut\u00e9 pour le pourcentage d&#8217;entreprises innovantes aussi bien dans l&#8217;industrie que dans les services (voir tableau 5); il conserve, toutefois, la deuxi\u00e8me place (selon le classement g\u00e9n\u00e9ral du graphique 2 fond\u00e9 sur plusieurs indicateurs, il reste tout juste en t\u00eate). Dans le secteur des services, o\u00f9 les performances de la Suisse en mati\u00e8re d&#8217;innovation ont fortement recul\u00e9 depuis 2000\/2002, les pays de l&#8217;UE ont gagn\u00e9 beaucoup de terrain, alors que dans l&#8217;industrie, le rattrapage a \u00e9t\u00e9 relativement faible. Pour les deux secteurs r\u00e9unis, les grands gagnants de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es sont l&#8217;Allemagne et la Finlande, suivies \u00e0 quelque distance par la Su\u00e8de et le Danemark.&#13;<\/p>\n<h3>Entraves \u00e0 l&#8217;innovation: les particularit\u00e9s suisses sont peu nombreuses<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nEn mati\u00e8re d&#8217;obstacles \u00e0 l&#8217;innovation, les diff\u00e9rences sont dans l&#8217;ensemble minimes tant entre les pays de l&#8217;UE qu&#8217;entre la Suisse et l&#8217;UE. Seuls la Finlande et les Pays-Bas jouissent d&#8217;un climat sensiblement plus favorable qu&#8217;ailleurs. Dans tous les pays, ce sont surtout les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s de l&#8217;innovation et le manque de ressources financi\u00e8res (internes) qui font obstacle \u00e0 son d\u00e9veloppement. En Suisse, les difficult\u00e9s sont essentiellement li\u00e9es aux probl\u00e8mes de financement. La situation de notre pays est relativement favorable en ce qui concerne la disponibilit\u00e9 du personnel hautement qualifi\u00e9 (gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;immigration).&#13;<\/p>\n<h2>Conclusions au plan politique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes points suivants, qui se d\u00e9gagent de l&#8217;analyse, doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans toute d\u00e9marche visant \u00e0 am\u00e9liorer la capacit\u00e9 d&#8217;innovation des entreprises suisses.\u00a0En Suisse, les conditions-cadres sont fondamentalement con\u00e7ues pour favoriser la capacit\u00e9 d&#8217;innovation.\u00a0L&#8217;ouverture de march\u00e9s jusqu&#8217;ici prot\u00e9g\u00e9s constitue un aspect essentiel de l&#8217;am\u00e9lioration des conditions-cadres. Elle a permis de lib\u00e9rer des ressources qui, pour autant qu&#8217;elles soient employ\u00e9es \u00e0 financer des \u00abinvestissements du futur\u00bb, pourront contribuer \u00e0 am\u00e9liorer les performances de l&#8217;\u00e9conomie suisse en mati\u00e8re d&#8217;innovation.\u00a0Bien que de notables am\u00e9liorations aient \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es dans certains secteurs, des dispositions restrictives font toujours obstacle \u00e0 l&#8217;innovation (songeons par exemple \u00e0 la l\u00e9gislation sur l&#8217;am\u00e9nagement du territoire et la protection de l&#8217;environnement). Des am\u00e9liorations sont souhaitables d&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale et dans ces domaines en particulier. Il faudra pour cela recourir \u00e0 des instruments conformes au march\u00e9 et \u00e0 des proc\u00e9dures administratives simplifi\u00e9es.\u00a0Le manque de personnel hautement qualifi\u00e9, facteur de frein \u00e0 l&#8217;innovation, semble avoir perdu de son acuit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;immigration (libre circulation des personnes avec l&#8217;UE). La Suisse commettrait, toutefois, une erreur en n\u00e9gligeant de renforcer son propre capital humain.\u00a0L&#8217;encouragement \u00e0 l&#8217;innovation devrait encore davantage viser les petites entreprises. Ce sont surtout elles qui, en raison des imperfections du march\u00e9 des capitaux, souffrent de probl\u00e8mes structurels de financement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abActivit\u00e9s innovantes de 1988\/1990 \u00e0 2003\/2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abRang moyen bas\u00e9 sur les indicateurs d&#8217;innovation disponibles\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abPourcentage de produits novateurs dans le chiffre d&#8217;affaires de l&#8217;industrie, de 1994\/1996 \u00e0 2003\/2005 Base: entreprises innovantes\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2 \u00abObstacles \u00e0 l&#8217;innovation, 1988-1990 \u00e0 2003-2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 3 \u00abMotifs d&#8217;activit\u00e9s en R&amp;D \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, 2003-2005 Pourcentage d&#8217;entreprises accordant une grande importance au motif consid\u00e9r\u00e9; valeurs 4 et 5 sur une \u00e9chelle de Likert \u00e0 5 degr\u00e9s\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 4 \u00abL\u2019innovation en comparaison internationale\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 5 \u00abVariation des performances innovantes, 1993\u20132004\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Rapport de l&#8217;enqu\u00eate sur l&#8217;innovation<\/b>&#13;<br \/>\nLe pr\u00e9sent article se fonde sur le rapport relatif \u00e0 la 6e enqu\u00eate sur l&#8217;innovation que le KOF ETH a r\u00e9alis\u00e9e avec son panel d&#8217;entreprises pour le compte du Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) en automne\/hiver 2005\/06. Source: wp-sekretariat@seco.admin.ch. Arvanitis S., Hollenstein H., Kubli U., Sydow N. et W\u00f6rter M., Innovationsaktivit\u00e4ten in der Schweizer Wirtschaft. Eine Analyse der Ergebnisse der Innovationserhebung 2005, Strukturberichterstattung, n\u00b0 34, Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco), Berne, 2007.Pour compl\u00e9ter:Arvanitis S. et Hollenstein H., \u00abDeterminants of Swiss Firms&#8217; R&amp;D Activities at Foreign Locations: An Empirical Analysis Based on Firm-level Data\u00bb, dans G.R.G. Benito et H.R. Greve (\u00e9d.), Progress in International Business Research, Amsterdam, 2007, Elsevier.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Les PME ne sont nulle part aussi novatrices qu&#8217;en Suisse<\/b>&#13;<br \/>\nEn comparaison internationale, la Suisse fait particuli\u00e8rement bonne figure en ce qui concerne les innovations de ses PME. Elle arrive en t\u00eate aussi bien pour les petites que pour les moyennes entreprises et se situe plut\u00f4t en queue du champ m\u00e9dian en ce qui concerne les entreprises de plus grande taille. Cela signifie qu&#8217;en Suisse, beaucoup d&#8217;entreprises sont capables, \u00e0 partir de leurs propres activit\u00e9s innovantes, de s&#8217;approprier un savoir ext\u00e9rieur et de l&#8217;int\u00e9grer \u00e0 leurs nouveaut\u00e9s. D&#8217;autre part, nombre d&#8217;entre elles peuvent occuper des cr\u00e9neaux sur le march\u00e9 mondial en lan\u00e7ant des sp\u00e9cialit\u00e9s technologiques de grande valeur. La combinaison d&#8217;un secteur de PME tr\u00e8s novateur en comparaison internationale et de quelques grandes entreprises multinationales constitue l&#8217;un des atouts structurels de la \u00abSuisse innovante\u00bb.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La croissance d&#8217;une \u00e9conomie nationale d\u00e9pend, \u00e0 long terme, de la capacit\u00e9 d&#8217;innovation de ses entreprises. Pour \u00e9valuer ce potentiel, le Centre de recherches conjoncturelles de l&#8217;EPF Zurich (KOF ETH) m\u00e8ne r\u00e9gulierement, depuis 1990, une enqu\u00eate sur l&#8217;innovation aupr\u00e8s de plus de 6000\u00a0entreprises suisses. 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