{"id":154372,"date":"2007-07-01T12:00:00","date_gmt":"2007-07-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/07\/riphahn-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:16:34","modified_gmt":"2023-08-23T23:16:34","slug":"riphahn-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/07\/riphahn-2\/","title":{"rendered":"La mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle de la formation et du revenu en Suisse: comparaison entre Suisses et immigr\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>Plus de 20% de la population suisse est \u00e9trang\u00e8re, c&#8217;est le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de l&#8217;OCDE OCDE (2004). apr\u00e8s le Luxembourg. La croissance et la structure d\u00e9mographique de la population de notre pays sont principalement influenc\u00e9es par l&#8217;immigration. Il est donc primordial de chercher \u00e0 savoir si la Suisse peut garantir l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances et l&#8217;ascension sociale des groupes ethniques les moins privil\u00e9gi\u00e9s. Les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude pr\u00e9sent\u00e9e ici montrent que les enfants issus de l&#8217;immigration et dont les parents sont faiblement qualifi\u00e9es utilisent mieux les possibilit\u00e9s de formation qui leur sont offertes que les enfants suisses. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, la mobilit\u00e9 du revenu est l\u00e9g\u00e8rement plus faible chez les \u00e9trangers que chez les Suisses.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nFavoriser et garantir une \u00e9galit\u00e9 des chances aussi grande que possible constitue un des d\u00e9fis majeurs que doivent relever la Suisse et ses institutions Article 2, chiffre 3, Constitution f\u00e9d\u00e9rale.. En fonction de leurs capacit\u00e9s, les citoyens doivent avoir les m\u00eames possibilit\u00e9s au sein de la soci\u00e9t\u00e9. Cette exigence correspond au postulat de justice, mais pas seulement. En effet, il est beaucoup plus important, d&#8217;un point de vue \u00e9conomique, que les citoyens capables et talentueux ne soient pas frein\u00e9s ou emp\u00each\u00e9s dans leur \u00e9volution en raison du contexte familial ou de leur appartenance ethnique. Ainsi, une litt\u00e9rature \u00e9conomique et sociologique toujours plus abondante se pr\u00e9occupe de savoir dans quelle mesure le statut d&#8217;une personne d\u00e9pend de celui de ses parents. Si cette corr\u00e9lation est \u00e9troite, la soci\u00e9t\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme (socialement) peu mobile.\u00a0Les r\u00e9sultats qui concernent la Suisse ont nettement montr\u00e9 jusqu&#8217;ici que les qualifications scolaires et le statut de l&#8217;enfant d\u00e9pendent fortement de la situation socio-\u00e9conomique de ses parents OCDE (2002), Joye et al. (2003), Meunier (2006).. On cherchera donc \u00e0 savoir si la Suisse est immobile en ce qui concerne la transmission h\u00e9r\u00e9ditaire de la formation et du revenu. De plus, on se concentrera sur les diff\u00e9rences \u00e9ventuelles qui peuvent exister en mati\u00e8re de mobilit\u00e9 sociale entre diff\u00e9rents groupes ethniques Bauer et Riphahn (2006a, 2006b, 2007), Bauer (2006)..&#13;<\/p>\n<h2>Donn\u00e9es et m\u00e9thode<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDiverses valeurs ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour mesurer la formation et le revenu des parents et de leurs enfants. Le recensement de la population de 2000 a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 contribution pour mesurer la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle en mati\u00e8re de formation. Afin d&#8217;obtenir l&#8217;\u00e9chantillonnage le plus repr\u00e9sentatif possible, on a pris en compte les jeunes \u00e2g\u00e9s de 17\u00a0ans, les enfants et leurs parents pouvant ainsi \u00eatre identifi\u00e9s dans le m\u00eame m\u00e9nage. On a fait une distinction entre les Suisses et les jeunes immigr\u00e9s de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. Le niveau de formation des jeunes a \u00e9t\u00e9 class\u00e9 en trois cat\u00e9gories: \u00a0&#8211; faible: les jeunes qui n&#8217;ont pas achev\u00e9 leur scolarit\u00e9 obligatoire ou qui n&#8217;ont pas suivi d&#8217;autres \u00e9coles ou fait un apprentissage \u00e0 la fin de leur scolarit\u00e9 obligatoire;\u00a0&#8211; moyen: les jeunes qui effectuent un apprentissage ou fr\u00e9quentent une \u00e9cole ne menant pas \u00e0 la maturit\u00e9;\u00a0&#8211; \u00e9lev\u00e9: les jeunes qui fr\u00e9quentent une \u00e9cole de maturit\u00e9 ou une haute \u00e9cole.\u00a0\u00a0Le Panel suisse des m\u00e9nages (PSM) des ann\u00e9es 1999 \u00e0 2003 et l&#8217;Enqu\u00eate suisse sur la population active (Espa) de 1991 \u00e0 2003 ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour mesurer la transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle du revenu. Ce dernier pouvant varier fortement selon les p\u00e9riodes de l&#8217;existence, on a pris la moyenne du salaire annuel calcul\u00e9e sur le plus grand nombre possible d&#8217;ann\u00e9es. On a aussi \u00e9valu\u00e9 l&#8217;incidence de l&#8217;\u00e2ge. L&#8217;analyse s&#8217;est limit\u00e9e aux membres de la famille de sexe masculin. Le revenu des fils de 25 \u00e0 55 ans exer\u00e7ant une activit\u00e9 lucrative est compar\u00e9 \u00e0 celui de leurs p\u00e8res. Comme le revenu de ces derniers ne figure pas directement dans le PSM, il a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 \u00e0 l&#8217;aide des diff\u00e9rentes caract\u00e9ristiques qu&#8217;une personne a donn\u00e9es sur son p\u00e8re dans le PSM (p. ex. 8 indicateurs de formation, 9 indicateurs professionnels, nationalit\u00e9). Ces indicatons, confront\u00e9es aux liens correspondants de l&#8217;Espa, ont permis d&#8217;\u00e9tablir le revenu des p\u00e8res. Contrairement \u00e0 l&#8217;\u00e9tude sur la mobilit\u00e9 en mati\u00e8re de formation, l&#8217;appartenance ethnique d&#8217;une personne est d\u00e9termin\u00e9e par sa nationalit\u00e9 dans l&#8217;analyse qui concerne la transmission de son revenu. Il n&#8217;a donc pas \u00e9t\u00e9 possible de faire de distinction entre la premi\u00e8re et la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration dans ce cas.&#13;<\/p>\n<h2>Une mobilit\u00e9 de la formation sup\u00e9rieure chez les immigr\u00e9s de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe graphique 1 met en \u00e9vidence la probabilit\u00e9 qu&#8217;un enfant fr\u00e9quente une \u00e9cole de maturit\u00e9, en relation avec le niveau de formation de ses parents. Afin d&#8217;analyser de la mani\u00e8re la plus fiable possible l&#8217;effet de la formation des parents, on a calcul\u00e9 un grand nombre d&#8217;autres facteurs pouvant influencer la formation des enfants (p. ex. le nombre des fr\u00e8res et soeurs, le sexe de l&#8217;enfant, la religion, la situation professionnelle du p\u00e8re et de la m\u00e8re, les caract\u00e9ristiques du canton). Les facteurs contr\u00f4l\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 maintenus constants dans les pr\u00e9visions.\u00a0Les r\u00e9sultats montrent, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, que l&#8217;influence de la formation des parents est plus forte chez les Suisses que chez les immigr\u00e9s de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. La probabilit\u00e9 qu&#8217;un enfant suisse issu d&#8217;une famille faiblement form\u00e9e (aucun des deux parents n&#8217;a joui d&#8217;une formation professionnelle ou dans le tertiaire) fr\u00e9quente une \u00e9cole de maturit\u00e9 est de 10,2%, celle des enfants de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de 18,6%. De m\u00eame, pour les enfants dont les parents ont un niveau de formation moyen, les chances des enfants \u00e9trangers de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration sont plus \u00e9lev\u00e9es (27%) que pour les Suisses (21%) en ce domaine. Dans le cas o\u00f9 les parents ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#8217;une formation \u00e9lev\u00e9e, l&#8217;enfant suisse a, avec 57% environ, une probabilit\u00e9 sensiblement plus importante de suivre une \u00e9cole de maturit\u00e9 qu&#8217;un autre issu d&#8217;une famille non suisse (54%).\u00a0Ces r\u00e9sultats pr\u00e9sentent deux facettes: d&#8217;une part, il semble que les enfants \u00e9trangers de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration venant des couches peu form\u00e9es &#8211; mais aussi celles de formation moyenne &#8211; tirent davantage profit de leurs chances de se former que les enfants suisses dans la m\u00eame situation. D&#8217;autre part, les chances de se former des enfants suisses et \u00e9tran-gers de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration s&#8217;\u00e9quilibrent si le niveau de formation des parents augmente. Ce dernier exerce une influence plus forte sur la r\u00e9ussite scolaire des enfants suisses que sur celle des enfants \u00e9trangers de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. Chez les Suisses, un enfant issu d&#8217;une famille au b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;une formation a 5 fois plus de chances de fr\u00e9quenter une \u00e9cole de maturit\u00e9 qu&#8217;un enfant issu d&#8217;une famille peu form\u00e9e. Le rapport est de 3 \u00e0 1 pour les enfants de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration.\u00a0Le graphique 2 refl\u00e8te les probabilit\u00e9s des nationalit\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9es. On constate que les enfants de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration provenant des quatre pays choisis dans l&#8217;UE (Allemagne, France, Italie et Espagne) sont ceux qui &#8211; quasiment sans exception &#8211; ont les plus fortes probabilit\u00e9s de fr\u00e9quenter une \u00e9cole de maturit\u00e9. Les Espagnols constituent la seule exception, puisque leurs enfants issus de m\u00e9nages bien form\u00e9s ont moins de probabilit\u00e9s (51%) de suivre une \u00e9cole de maturit\u00e9 que les Suisses (57%).\u00a0En revanche, les enfants \u00e9trangers de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration venant d&#8217;ex-Yougoslavie et de Turquie ont moins de chances d&#8217;\u00eatre form\u00e9s que les enfants suisses. Les enfants d&#8217;ex-Yougoslavie venant de m\u00e9nages peu form\u00e9s sont la seule exception: la probabilit\u00e9 qu&#8217;ils fr\u00e9quentent une \u00e9cole de maturit\u00e9 correspond \u00e0 celle des enfants suisses de m\u00eame niveau.\u00a0Pour ce qui est de l&#8217;importance qu&#8217;il convient d&#8217;accorder \u00e0 la formation des parents pour la r\u00e9ussite scolaire de leurs enfants, on peut souligner le point suivant: la formation des parents est la moins pertinente chez les enfants d&#8217;ex-Yougoslavie, d&#8217;Allemagne et d&#8217;Espagne. La probabilit\u00e9 de fr\u00e9quenter une \u00e9cole de maturit\u00e9 est ici deux fois plus \u00e9lev\u00e9e pour les couches form\u00e9es que pour les autres. Cette probabilit\u00e9 est plus de trois fois sup\u00e9rieure chez les Italiens et les Fran\u00e7ais. Par contre, on trouve de loin la plus grande influence des parents chez les enfants suisses et les Turcs de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. La probabilit\u00e9 de fr\u00e9quenter une \u00e9cole de maturit\u00e9 augmente d&#8217;un facteur 5,6 et 6,6 parmi ces deux groupes si les parents ont une formation \u00e9lev\u00e9e au lieu de faible.&#13;<\/p>\n<h2>Une mobilit\u00e9 moindre des revenus pour les immigr\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe graphique 2 pr\u00e9sente la force de la transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle du revenu en Suisse. Les rectangles font \u00e9tat de la relation entre le revenu (logarithmique) des fils et celui de leurs p\u00e8res. Ces valeurs (\u00e9lasticit\u00e9s) indiquent le pourcentage moyen de changement du revenu des fils si celui des p\u00e8res augmente de 1% Les filles sont exclues de l&#8217;analyse pour des raisons de m\u00e9thode.. Cette valeur s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 0,46 pour l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9chantillonnage. Si l&#8217;on distingue entre les Suisses et les immigr\u00e9s, on trouve une valeur de 0,38 chez les premiers alors que la corr\u00e9lation est nettement plus \u00e9lev\u00e9e chez les immigr\u00e9s (0,55). Ceux-ci sont donc moins mobiles au niveau interg\u00e9n\u00e9rationnel que les Suisses en ce qui concerne le revenu.\u00a0Si, par la suite, on distingue suivant les nationalit\u00e9s, on constate que les Espagnols, les Portugais et les Italiens sont les moins mobiles en ce qui concerne le revenu, autrement dit la corr\u00e9lation des salaires entre les p\u00e8res et les fils est \u00e9troite. En revanche, chez les Allemands et les Europ\u00e9ens du Sud-Est, le revenu des p\u00e8res ne pr\u00e9sente qu&#8217;un faible lien avec celui des fils.\u00a0Il est, en outre, possible de diff\u00e9rencier l&#8217;analyse des divers groupes de revenu, que ce soit pour les Suisses ou pour les immigr\u00e9s. On voit qu&#8217;il existe une m\u00eame corr\u00e9lation entre les revenus des fils et des p\u00e8res \u00e0 tous les niveaux de revenu (voir graphique 3). Les \u00e9lasticit\u00e9s dans les classes sup\u00e9rieures de revenu augmentent quelque peu chez les \u00e9trangers: cela signifie que la mobilit\u00e9 des personnes gagnant bien leur vie se situe au-dessous de la moyenne. \u00c0 l&#8217;exception du 10e\u00a0quantile (10% des revenus les plus bas), les \u00e9trangers ont une persistance de revenu plus \u00e9lev\u00e9e dans tous les quantiles, leur mobilit\u00e9 en la mati\u00e8re est donc inf\u00e9rieure \u00e0 celle des Suisses. La mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle consid\u00e9r\u00e9e \u00e0 travers la r\u00e9partition du revenu s&#8217;av\u00e8re relativement uniforme pour les Suisses et les personnes ayant un p\u00e8re suisse. Chez les immigr\u00e9s, ce sont les personnes issues des couches de revenu les plus basses qui pr\u00e9sentent la mobilit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e. Pour ce qui est des immigr\u00e9s de tous les autres groupes de revenu, la corr\u00e9lation entre le revenu des enfants et celui des parents est \u00e9troite et la mobilit\u00e9 est faible.&#13;<\/p>\n<h2>\u00c2ge de r\u00e9partition et mobilit\u00e9 en mati\u00e8re de formation<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn plus des r\u00e9sultats d\u00e9crits, on a tent\u00e9 de mesurer les m\u00e9canismes qui influencent la mobilit\u00e9. Nous pr\u00e9senterons ici un seul facteur exer\u00e7ant une influence sur la mobilit\u00e9 en mati\u00e8re de formation, qui est significatif pour la politique \u00e9ducative, \u00e0 savoir l&#8217;\u00e2ge auquel les \u00e9coliers sont r\u00e9partis dans les diverses fili\u00e8res scolaires (\u00e2ge de r\u00e9partition). On suppose que si on s\u00e9pare les \u00e9l\u00e8ves pr\u00e9cocement dans des classes homog\u00e8nes du point de vue des qualifications, il est plus difficile de mesurer les capacit\u00e9s r\u00e9elles des enfants; de m\u00eame, l&#8217;influence des parents lors de cette d\u00e9cision p\u00e8se davantage que si l&#8217;on proc\u00e8de \u00e0 une r\u00e9partition plus tardive. Une r\u00e9partition plus pr\u00e9coce aurait pour cons\u00e9quence une mobilit\u00e9 plus faible en mati\u00e8re de formation.\u00a0Le graphique 4 montre la corr\u00e9lation qui existe entre l&#8217;\u00e2ge auquel les \u00e9coliers sont r\u00e9partis dans les \u00e9coles secondaires, avec la diversit\u00e9 de leurs exigences acad\u00e9miques, et l&#8217;importance de la formation des parents dans la r\u00e9ussite scolaire de leurs enfants. Par analogie \u00e0 l&#8217;analyse des chances en mati\u00e8re de formation rapport\u00e9e ci-dessus, on a fait une distinction selon le niveau de formation des parents. Si on compare la probabilit\u00e9 de fr\u00e9quenter une \u00e9cole de maturit\u00e9 en fonction de l&#8217;\u00e2ge de la r\u00e9partition, on constate qu&#8217;elle est toujours plus \u00e9lev\u00e9e lorsque les enfants sont r\u00e9partis plus tard &#8211; soit apr\u00e8s 8 ans d&#8217;\u00e9cole au lieu de 5 &#8211; dans les diff\u00e9rentes fili\u00e8res scolaires. On trouve la plus grande diff\u00e9rence de probabilit\u00e9 chez les enfants dont les parents ont un niveau de formation moyen. Ici, la probabilit\u00e9 de fr\u00e9quenter une \u00e9cole de maturit\u00e9 est environ un tiers plus \u00e9lev\u00e9e et passe \u00e0 20% lors d&#8217;une s\u00e9lection apr\u00e8s cinq ans et \u00e0 30% lors d&#8217;une r\u00e9partition apr\u00e8s 8\u00a0ann\u00e9es scolaires. Dans l&#8217;ensemble, les effets de la formation sur l&#8217;\u00e2ge de la r\u00e9partition sont distincts de z\u00e9ro d&#8217;un point de vue statistique si l&#8217;on consid\u00e8re les diff\u00e9rences relatives. Ainsi, comme on pouvait s&#8217;y attendre, l&#8217;\u00e2ge de la r\u00e9partition semble exercer une influence sur la r\u00e9ussite des \u00e9tudes des enfants en fonction du niveau de formation de leurs parents. Plus les enfants sont r\u00e9partis tardivement dans les fili\u00e8res scolaires, moins l&#8217;influence de la formation de leurs parents se fait sentir lors du choix de la fili\u00e8re.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9sultats montrent une nette d\u00e9pendance entre la r\u00e9ussite des jeunes en mati\u00e8re de formation et le statut de leurs parents. Ils confirment les \u00e9tudes ant\u00e9rieures qui indiquaient que le contexte familial exer\u00e7ait une influence d\u00e9cisive sur la r\u00e9ussite de la formation et de l&#8217;emploi des jeunes. Pour ce qui est de la mobilit\u00e9 de la formation, les enfants de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration ne sont, en g\u00e9n\u00e9ral, pas d\u00e9favoris\u00e9s. Au contraire, ce sont en particulier les enfants d&#8217;Allemagne, de France, d&#8217;Italie ou d&#8217;Espagne de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration issus de parents ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#8217;une faible formation qui tirent le plus profit de leurs possibilit\u00e9s, davantage que les enfants suisses dont les parents sont dans le m\u00eame cas.\u00a0D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle du revenu est plus faible parmi les immigr\u00e9s que parmi les indig\u00e8nes. On a trouv\u00e9 des liens particuli\u00e8rement forts entre le revenu des parents et celui des enfants chez les immigr\u00e9s venant d&#8217;Italie, d&#8217;Espagne et du Portugal. On peut imaginer que la forte mobilit\u00e9 en mati\u00e8re de formation des immigr\u00e9s \u00e2g\u00e9s de 17 ans \u00e0 l&#8217;\u00e9poque et mesur\u00e9e avec les donn\u00e9es du recensement de la population de 2000 a pour effet d&#8217;augmenter celle qui concerne les revenus au sein des immigr\u00e9s d\u00e8s que cette g\u00e9n\u00e9ration est active sur le march\u00e9 du travail.\u00a0En outre, les r\u00e9sultats montrent qu&#8217;il y a un lien entre une mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle \u00e9lev\u00e9e en mati\u00e8re de formation et la r\u00e9partition tardive des \u00e9l\u00e8ves dans les diverses fili\u00e8res scolaires. Dans le but d&#8217;obtenir une plus grande \u00e9galit\u00e9 des chances, la r\u00e9partition des enfants en diff\u00e9rentes classes devrait avoir lieu le plus tard possible selon des crit\u00e8res de qualification.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abInfluence de l&#8217;origine et du niveau de formation des parents sur la mobilit\u00e9 en mati\u00e8re de formation en Suisse. Probabilit\u00e9 de fr\u00e9quenter une \u00e9cole de maturit\u00e9 en&nbsp;%\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abMobilit\u00e9 en mati\u00e8re de revenu en Suisse selon l&#8217;origine. Hausse du salaire du fils en&nbsp;% en cas de hausse du salaire du p\u00e8re de 1%\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abMobilit\u00e9 en mati\u00e8re de revenu en Suisse, selon l&#8217;origine et la position dans la r\u00e9partition des revenus. Hausse du salaire du fils en&nbsp;% en cas de hausse de celui du p\u00e8re de 1%\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4 \u00abInfluence de l&#8217;\u00e2ge de r\u00e9partition et du niveau de formation des parents sur la mobilit\u00e9 en mati\u00e8re de formation en Suisse. Probabilit\u00e9 de fr\u00e9quenter une \u00e9cole de maturit\u00e9 en&nbsp;%\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: PNR 52 \u00abL&#8217;enfance, la jeunesse et les relations entre g\u00e9n\u00e9rations dans une soci\u00e9t\u00e9 en mutation\u00bb<\/b>&#13;<br \/>\nLe Programme national de recherche PNR 52 \u00abL&#8217;enfance, la jeunesse et les relations entre g\u00e9n\u00e9rations dans une soci\u00e9t\u00e9 en mutation\u00bb s&#8217;est fix\u00e9 comme objectif d&#8217;analyser les conditions de vie des enfants, des jeunes et de leurs familles en relation avec l&#8217;alliance des g\u00e9n\u00e9rations. Il convient d&#8217;examiner les mesures \u00e0 prendre en politique et dans l&#8217;administration et de poser les bases d&#8217;une politique de la famille moderne. Ce programme renferme 29 projets de recherche et sera achev\u00e9 en 2008. Le PNR 52 pr\u00e9voit la publication de trois rapports:- celui sur les g\u00e9n\u00e9rations (parution au printemps 2008) sera une synth\u00e8se des r\u00e9sultats de la recherche en relation avec les g\u00e9n\u00e9rations, obtenus dans le cadre du PNR 52 et enrichis de donn\u00e9es suppl\u00e9mentaires sur divers aspects (les g\u00e9n\u00e9rations dans la politique et l&#8217;\u00e9conomie);- le rapport sur la situation des enfants et des adolescents est con\u00e7u comme un approfondissement des r\u00e9sultats de la recherche du PNR 52 et fournit des donn\u00e9es suppl\u00e9mentaires sur l&#8217;enfance et la jeunesse \u00e0 l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), au Panel suisse des m\u00e9nages (PSM) et \u00e0 l&#8217;enqu\u00eate zurichoise sur les enfants et les jeunes (paru au printemps 2007);- l&#8217;agenda politique sera un r\u00e9sum\u00e9 des exigences politiques et des recommandations du programme. Les messages du PNR 52 seront transmis aux d\u00e9cideurs de fa\u00e7on compacte et facilement compr\u00e9hensible (parution \u00e0 la fin juin 2007, commande aupr\u00e8s de www.nfp.52).Pour de plus amples informations: Dominik B\u00fcchel, charg\u00e9 de valorisation PNR 52, Advocacy AG, B\u00e2le, buechel@advocacy.ch, 061&nbsp;268 99 99.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Bibliographie<\/b>&#13;<br \/>\n&#8211; Bauer Philipp et Riphahn Regina T., \u00abHeterogeneity in the Intergenerational Transmission of Educational Attainment: Evidence from Switzerland on Natives and Second Generation Immigrants\u00bb, Journal of Population Economics, 20(1), 2007, p. 121-148.- Bauer Philipp et Riphahn Regina T., \u00abEducation and its Intergenerational Transmission: Country of Origin-Specific Evidence for Natives and Immigrants from Switzerland\u00bb, Portuguese Economic Journal, 5(2), Special Issue on Contemporary Labor Economics, 2006a, p. 89-110.- Bauer Philipp et Riphahn Regina T., \u00abTiming of School Tracking as a Determinant of Intergenerational Transmission of Education\u00bb, 2006b, Economics Letters, 91(1), p. 90-97.- Bauer Philipp, The Intergenerational Transmission of Income in Switzerland: A Comparison between Natives and Immigrants, WWZ Discussion Paper 0601, 2006.- Constitution f\u00e9d\u00e9rale de la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse, 1999, CJ\/CPO, Berne.- Joye Dominique, Bergman Manfred Max et Lambert, Paul S., \u00abIntergenerational Educational and Social Mobility in Switzerland\u00bb, Swiss Journal of Sociology, 29(2), 2003, p. 263-291- Meunier Muriel, \u00abFonctions de production \u00e9ducationnelle: le cas de la Suisse\u00bb, Swiss Journal of Economics and Statistics, 142(4), 2006, p. 579-615.- OCDE, Education at a Glance, OECD Indicators, 2002, Paris.- OCDE, Trends in International Migration. Continuous Reporting System on Migration: Annual Report (Sopemi), OCDE, 2004, Paris.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus de 20% de la population suisse est \u00e9trang\u00e8re, c&#8217;est le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de l&#8217;OCDE OCDE (2004). apr\u00e8s le Luxembourg. La croissance et la structure d\u00e9mographique de la population de notre pays sont principalement influenc\u00e9es par l&#8217;immigration. Il est donc primordial de chercher \u00e0 savoir si la Suisse peut garantir l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3025,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[90],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3025,"seco_co_author":[3026,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Lehrstuhl f\u00fcr Statistik und empirische Wirtschaftsforschung, Universit\u00e4t Erlangen-N\u00fcrnberg","seco_author_post_occupation_fr":"Chaire de Statistique et de recherche empirique en \u00e9conomie, universit\u00e9 d'Erlangen-Nuremberg","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":3026,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Abteilung Statistik und \u00d6konometrie, Wirtschaftswissenschaftliches Zentrum der Universit\u00e4t Basel","seco_co_author_post_occupation_fr":"D\u00e9partement de Statistique et d'\u00e9conom\u00e9trie, Wirtschaftswissenschaftliches Zentrum, universit\u00e9 de B\u00e2le"}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":154375,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"9616","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55bb349a5ef41"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154372"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3025"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=154372"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154372\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190039,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154372\/revisions\/190039"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3026"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3025"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=154372"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=154372"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=154372"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=154372"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=154372"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=154372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}