{"id":154422,"date":"2007-06-01T12:00:00","date_gmt":"2007-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/06\/maibach-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:17:02","modified_gmt":"2023-08-23T23:17:02","slug":"maibach-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/06\/maibach-2\/","title":{"rendered":"Quelques aspects de l&#8217;impact \u00e9conomique de l&#8217;aviation civile en Suisse"},"content":{"rendered":"<p>L&#8217;impact de l&#8217;aviation civile sur l&#8217;\u00e9conomie suisse est \u00e0 la fois divers et important. La fourniture de services a\u00e9riens cr\u00e9e, par exemple, de la valeur ajout\u00e9e et des emplois \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du pays; la demande en vols raccourcit les temps de d\u00e9placement pour les passagers, \u00e9largit les d\u00e9bouch\u00e9s des entreprises et leur ouvre des march\u00e9s d&#8217;embauche. L&#8217;aviation a, cependant, des retomb\u00e9es n\u00e9gatives, comme la pollution sonore et le rejet de gaz \u00e0 effet de serre. L&#8217;article qui suit \u00e9tudie de plus pr\u00e8s quelques aspects importants de l&#8217;impact \u00e9conomique de l&#8217;aviation civile en Suisse.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200706_04_Maibach_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL&#8217;aviation est un service d&#8217;infrastructure, au m\u00eame titre que les transports routiers et ferroviaires ou les r\u00e9seaux de communication et d&#8217;approvisionnement en \u00e9nergie, gaz ou eau: elle occupe donc une place \u00e0 part dans l&#8217;\u00e9conomie d&#8217;un pays. Les secteurs mentionn\u00e9s constituent en effet les infrastructures de base d&#8217;un pays, l&#8217;\u00e9pine dorsale d&#8217;une \u00e9conomie, ou encore le \u00ablubrifiant\u00bb qui facilite le fonctionnement de nombreux processus \u00e9conomiques et des r\u00e9seaux associ\u00e9s. Assurer le transport et les \u00e9changes internationaux de biens et de facteurs de production est une condition primordiale pour le succ\u00e8s des activit\u00e9s \u00e9conomiques d&#8217;un march\u00e9 ouvert et moderne comme la Suisse.&#13;<\/p>\n<h2>Chiffres cl\u00e9s de l&#8217;aviation civile suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn 2004, l&#8217;aviation suisse a transport\u00e9 29 millions de passagers et 326&nbsp;000 tonnes de fret en 1,4 million de vols. 40% d&#8217;entre eux \u00e9taient de nature commerciale et ont transport\u00e9 99% des passagers. Les trois a\u00e9roports nationaux de Zurich-Kloten, Gen\u00e8ve-Cointrin et B\u00e2le-Mulhouse couvrent 37% des vols, 97% des passagers et pratiquement 100% du fret a\u00e9rien. Les 63% de vols restants sont effectu\u00e9s \u00e0 partir des autres cat\u00e9gories d&#8217;a\u00e9roports. La proportion de vols non commerciaux est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e sur les a\u00e9rodromes r\u00e9gionaux (88%) et les champs d&#8217;aviation (96%) On distingue en Suisse les cat\u00e9gories d&#8217;installations a\u00e9roportuaires suivantes: a\u00e9roports nationaux (3), a\u00e9rodromes r\u00e9gionaux (10), champs d&#8217;aviation (47), h\u00e9liports (24), champs d&#8217;aviation hivernaux, places d&#8217;atterrissage en montagne. . \u00a0De 1990 \u00e0 2004, le nombre des vols sur les trois a\u00e9roports nationaux a cr\u00fb d&#8217;un bon quart et celui des passagers de 44%, malgr\u00e9 le fl\u00e9chissement d\u00fb \u00e0 l&#8217;immobilisation de la flotte de Swissair et \u00e0 la crise g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;aviation civile apr\u00e8s le 11 septembre 2001, ce qui signifie que le taux d&#8217;occupation moyen des avions a \u00e9galement augment\u00e9. Pendant la m\u00eame p\u00e9riode, le nombre des passagers a l\u00e9g\u00e8rement diminu\u00e9 sur les a\u00e9rodromes r\u00e9gionaux.&#13;<\/p>\n<h2>Effets sur la valeur ajout\u00e9e et l&#8217;emploi<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSelon la m\u00e9thode universellement reconnue du Conseil international des a\u00e9roports (ACI), les effets de l&#8217;aviation civile sur la valeur ajout\u00e9e et l&#8217;emploi peuvent \u00eatre directs, indirects, induits et catalyseurs.\u00a0L&#8217;effet direct mesure la valeur ajout\u00e9e (chiffre d&#8217;affaires moins intrants) Le param\u00e8tre d\u00e9terminant est la valeur ajout\u00e9e brute (amortissements compris). et les emplois des entreprises qui travaillent \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport.\u00a0L&#8217;effet indirect comprend les intrants li\u00e9s \u00e0 l&#8217;effet direct et qui sont fournis par des entreprises travaillant hors du p\u00e9rim\u00e8tre des a\u00e9roports (industrie de l&#8217;aviation, fabricants de composants, soci\u00e9t\u00e9s de construction, etc.). Il est donc fonction de la fourniture de services a\u00e9riens. L&#8217;effet indirect met en \u00e9vidence le fait qu&#8217;un secteur qui se procure ses intrants uniquement \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger a un impact \u00e9conomique moindre qu&#8217;un autre qui cr\u00e9e de la valeur ajout\u00e9e \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du pays.\u00a0L&#8217;effet induit \u00e9quivaut \u00e0 la valeur ajout\u00e9e et aux emplois g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les d\u00e9penses de consommation des revenus issus des effets direct et indirect. Ce troisi\u00e8me effet est mesur\u00e9 \u00e0 titre compl\u00e9mentaire pour faire ressortir les effets \u00e9conomiques qui d\u00e9pendent de la fourniture de services a\u00e9riens. Il r\u00e9pond \u00e0 la logique \u00e9conomique des circuits, mais son lien causal avec l&#8217;aviation civile est nettement moins \u00e9troit que pour les deux premiers effets mentionn\u00e9s.\u00a0L&#8217;effet catalyseur se rapporte aux cons\u00e9quences de la meilleure atteignabilit\u00e9 des destinations. Ce seront, par exemple, les revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les d\u00e9penses des passagers \u00e9trangers en Suisse (effet catalyseur passagers) ou l&#8217;extension des d\u00e9bouch\u00e9s et les possibilit\u00e9s de collaboration offertes aux entreprises existantes ou nouvellement implant\u00e9es en Suisse \u00e0 travers le trafic a\u00e9rien (effets catalyseurs entreprises).\u00a0Les effets direct, indirect et induit se rapportent donc \u00e0 la fourniture de services a\u00e9riens (production), l&#8217;effet catalyseur \u00e0 la demande.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;impact \u00e9conomique au sens \u00e9troit et large<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nNous appelons impact \u00e9conomique au sens \u00e9troit la somme des effet direct et indirect. En 2004, l&#8217;aviation civile suisse a connu un effet direct de 5 milliards de francs de valeur ajout\u00e9e. Si l&#8217;on y ajoute la valeur ajout\u00e9e g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par les sous-traitants des entreprises travaillant dans les a\u00e9roports (effet indirect), l&#8217;impact \u00e9conomique au sens \u00e9troit a \u00e9t\u00e9 de 6,7 milliards de francs en 2004 et une source de travail pour 43000 employ\u00e9s \u00e0 plein temps, soit 1,5% du produit int\u00e9rieur brut (PIB) et 1,4% de tous les emplois de Suisse.\u00a0Depuis 1980, l&#8217;impact \u00e9conomique des six principaux a\u00e9roports (les trois a\u00e9roports nationaux plus Berne, Lugano et Saint-Gall) a augment\u00e9 relativement constamment de quelque 5% par an. En 2000, l&#8217;impact \u00e9conomique au sens \u00e9troit \u00e9tait de 7,7 milliards de francs, soit 56700 emplois \u00e0 plein temps. Apr\u00e8s les rat\u00e9s qu&#8217;a connus le trafic a\u00e9rien \u00e0 partir de 2001 (attentats terroristes, guerre d&#8217;Irak, Sras, immobilisation de la flotte de Swissair), il a chut\u00e9 de presque 20% pour la valeur ajout\u00e9e (6,2 milliards de francs) et de plus de 25% pour l&#8217;emploi (41700 emplois \u00e0 plein temps).\u00a0Entre 2002 et 2004, la valeur ajout\u00e9e des m\u00eames a\u00e9roports a de nouveau progress\u00e9 de 5% (300 millions de francs par an); un cinqui\u00e8me du recul de 2000-2002 a ainsi pu \u00eatre regagn\u00e9 jusqu&#8217;en 2004. L&#8217;emploi a, toutefois, connu une l\u00e9g\u00e8re diminution durant la m\u00eame p\u00e9riode, ce qui d\u00e9montre les efforts entrepris pour am\u00e9liorer la productivit\u00e9 et la comp\u00e9titivit\u00e9. L&#8217;\u00e9crasante majorit\u00e9 de l&#8217;effet induit (plus de 95% pour la valeur ajout\u00e9e) a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9e sur les sites des a\u00e9roports nationaux (Zurich, Gen\u00e8ve, B\u00e2le). La participation des a\u00e9rodromes r\u00e9gionaux s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 un bon 3% (voir graphique 1). \u00a0L&#8217;effet induit montre, par ailleurs, que la fourniture de services a\u00e9riens est li\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie globale par le biais de l&#8217;utilisation des revenus au sens large Les chiffres indiqu\u00e9s sont nettement plus \u00e9lev\u00e9s que ceux figurant dans les statistiques officielles de la valeur ajout\u00e9e et du PIB. Dans la comptabilit\u00e9 nationale (CN), seule compte en effet\u00a0&#8211; \u00e0 juste titre\u00a0&#8211; la somme des valeurs ajout\u00e9es des domaines \u00abairline-related\u00bb et \u00abairport-related\u00bb (effet direct) pour mesurer la part de l&#8217;aviation civile dans le PIB, mais ce point de vue est trop \u00e9troit pour notre approche fonctionnelle et ce param\u00e8tre ne permet pas de tirer des conclusions quant \u00e0 l&#8217;imbrication de l&#8217;aviation avec l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9conomie suisse. . En 2004, cet effet s&#8217;\u00e9levait \u00e0 9,8 milliards de francs.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;effet catalyseur<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nTout comme les autres syst\u00e8mes de transport, le trafic a\u00e9rien joue un r\u00f4le de lubrifiant dans le fonctionnement des secteurs \u00e9conomiques \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;un pays ainsi que dans la division internationale du travail et les activit\u00e9s commerciales de chaque nation. En 2004, les d\u00e9penses des passagers a\u00e9riens \u00e9trangers ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une valeur ajout\u00e9e de 7,8 milliards de francs en Suisse, soit 1,7% de son PIB. Cet effet catalyseur passagers est donc l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieur \u00e0 l&#8217;impact \u00e9conomique de l&#8217;aviation au sens \u00e9troit. Les a\u00e9roports nationaux continuent de figurer en t\u00eate en ce qui concerne l&#8217;impact \u00e9conomique au sens large (96% du total).\u00a0Le trafic a\u00e9rien g\u00e9n\u00e8re aussi un effet catalytiseur entreprises qui ne peut \u00eatre chiffr\u00e9 exactement. Celui-ci traduit l&#8217;impact de l&#8217;aviation sur l&#8217;attrait que peux exercer un site (\u00e0 l&#8217;\u00e9chelle europ\u00e9enne ou mondiale), notamment sur les grands acteurs \u00e9conomiques mondiaux (quartiers g\u00e9n\u00e9raux de services financiers, compagnies chimiques, industries des biens d&#8217;investissement, centres de recherche et d\u00e9veloppement, services touristiques, etc.). Parmi de tels atouts, citons:\u00a0&#8211; l&#8217;\u00e9largissement des d\u00e9bouch\u00e9s et l&#8217;exploitation des effets d&#8217;\u00e9chelle;\u00a0&#8211; l&#8217;extension du march\u00e9 du travail, donc la possibilit\u00e9 de recruter plus facilement de la main-d&#8217;oeuvre sp\u00e9cialis\u00e9e et hautement qualifi\u00e9e;\u00a0&#8211; la division pouss\u00e9e du travail, indispensable \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie ouverte d&#8217;un petit pays comme la Suisse pour en assurer la prosp\u00e9rit\u00e9;\u00a0&#8211; le haut niveau de la recherche et du d\u00e9veloppement de nouvelles technologies (le trafic a\u00e9rien favorise les \u00e9changes mondiaux concernant les m\u00e9thodes de recherche, le savoir et les chercheurs de m\u00eame qu&#8217;il encourage l&#8217;innovation.&#13;<\/p>\n<h2>Impact r\u00e9gional: concentration de la production, dispersion des b\u00e9n\u00e9ficiaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;impact r\u00e9gional de la fourniture de services a\u00e9riens (effets direct et en partie indirect) se concentre sur les cantons qui h\u00e9bergent les trois a\u00e9roports nationaux. Dans ceux de Zurich et Gen\u00e8ve, la part de la valeur ajout\u00e9e par effet direct constitue plus de 2% de la valeur ajout\u00e9e totale. Toutefois, les petits a\u00e9rodromes et champs d&#8217;aviation permettent aussi au trafic a\u00e9rien de participer au revenu d&#8217;autres cantons (en particulier dans les r\u00e9gions de montagne, voir graphique 2). Cet impact r\u00e9gional est encore plus manifeste si l&#8217;on consid\u00e8re le domicile des passagers des grands a\u00e9roports. Ainsi, seul un tiers des passagers de celui de Zurich proviennent du canton. Les autres se r\u00e9partissent sur le reste du territoire et mettent donc en \u00e9vidence son utilit\u00e9 pour l&#8217;ensemble de la population.&#13;<\/p>\n<h2>Le trafic a\u00e9rien provoque aussi des nuisances<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn \u00e9conomie, on ne tient pas compte seulement des effets positifs sur la valeur ajout\u00e9e et l&#8217;emploi. Certains effets (partiellement externalis\u00e9s) de l&#8217;aviation suscitent le d\u00e9bat politique et ont un impact significatif, notamment la pollution sonore et les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, li\u00e9s au changement climatique.&#13;<\/p>\n<h3>Pollution sonore<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes plafonds sonores sont d\u00e9pass\u00e9s surtout aux alentours des trois grands a\u00e9roports nationaux, tandis que les a\u00e9rodromes r\u00e9gionaux et les champs d&#8217;aviation ne sont affect\u00e9s que tr\u00e8s occasionnellement. \u00c0 l&#8217;heure qu&#8217;il est, 35100 personnes sont expos\u00e9es \u00e0 un bruit d&#8217;avions excessif le jour et 38000 la nuit. 11300 ha subissent une pollution sonore de plus de 60 dB\u00a0(A) Aviation civile; Leq (16). Indications fournies par l&#8217;Empa et Unique Airport. . Ces d\u00e9passements entra\u00eenent, entre autres, une d\u00e9valuation des immeubles.\u00a0Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les nuisances sonores \u00abobjectives\u00bb caus\u00e9es par le trafic a\u00e9rien ont diminu\u00e9, mais les nuisances \u00absubjectives\u00bb, dues \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements impr\u00e9vus, ont augment\u00e9. Ce sont surtout les faits isol\u00e9s tr\u00e8s bruyants qui ont pu \u00eatre r\u00e9duits fortement. Parall\u00e8lement, le nombre des vols aux heures critiques du d\u00e9but et de la fin du jour s&#8217;est accru, ce qui laisse entrevoir un conflit avec la politique de plateforme a\u00e9roportuaire (\u00abhub\u00bb), particuli\u00e8rement \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport de Zurich. La pollution sonore peut \u00eatre att\u00e9nu\u00e9e par une strat\u00e9gie active de constructions anti-bruit, l&#8217;am\u00e9lioration des approches, l&#8217;am\u00e9nagement du territoire et des mesures destin\u00e9es \u00e0 renforcer la confiance.&#13;<\/p>\n<h3>Rejets de gaz \u00e0 effet de serre<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 part le bruit, les effets environnementaux globaux du trafic a\u00e9rien sur le climat, qui r\u00e9sultent de la consommation d&#8217;\u00e9nergie d&#8217;origine fossile et du rejet de gaz \u00e0 effet de serre, peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme son probl\u00e8me majeur. En Suisse, les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre dues au trafic a\u00e9rien constituent 6,4% des rejets totaux (Inventaire des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, Ofefp 2005, principe du march\u00e9 int\u00e9rieur). L&#8217;impact climatique doit, cependant, \u00eatre multipli\u00e9 par 1,5, voire 3, car en raison d&#8217;autres effets, les gaz rejet\u00e9s par le trafic a\u00e9rien ont plus d&#8217;impact climatique que le dioxyde de carbone \u00e9mis au sol (for\u00e7age radiatif). 90% des gaz \u00e0 effet de serre et du k\u00e9ros\u00e8ne consomm\u00e9 sont le fait des vols r\u00e9guliers et des charters.\u00a0En \u00e9conomie, les dommages \u00e0 long terme provoqu\u00e9s par le rejet de gaz \u00e0 effet de serre constituent un cas classique d&#8217;effets externes n\u00e9gatifs: le pollueur n&#8217;est pas tenu de payer pour ses rejets nuisibles et les dommages caus\u00e9s. Du point de vue de l&#8217;\u00e9conomie nationale et compte tenu des propri\u00e9t\u00e9s du march\u00e9, il faut donc admettre que l&#8217;intensit\u00e9 actuelle du trafic a\u00e9rien est trop \u00e9lev\u00e9e. On peut postuler qu&#8217;elle diminuerait si tous les syst\u00e8mes de transport \u00e9taient tenus de couvrir les co\u00fbts externes provoqu\u00e9s par leur rejets de gaz \u00e0 effet de serre.&#13;<\/p>\n<h2>Coup d&#8217;oeil sur l&#8217;avenir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDu point de vue \u00e9conomique, on peut constater que le trafic a\u00e9rien forme avec les autres syst\u00e8mes de transport\u00a0une cheville essentielle de l&#8217;\u00e9conomie suisse et qu&#8217;il joue un r\u00f4le important non seulement en mati\u00e8re de valeur ajout\u00e9e et d&#8217;emploi, mais aussi \u00e0 cause de ses effets catalyseurs sur les entreprises. \u00a0En Suisse, les d\u00e9bats actuels sur le niveau souhaitable des activit\u00e9s a\u00e9riennes opposent les retomb\u00e9es \u00e9conomiques positives d&#8217;une croissance du trafic et les cons\u00e9quences n\u00e9gatives dues \u00e0 l&#8217;accroissement du bruit et des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. La pol\u00e9mique va certainement s&#8217;amplifier, mais il convient de ne pas donner dans le manich\u00e9isme. Du point de vue \u00e9conomique, l&#8217;objectif est de prendre en compte les co\u00fbts externes de tous les syst\u00e8mes de transport. On \u00e9vitera ainsi que des prix absolus ou relatifs, mais fauss\u00e9s, ne d\u00e9bouchent sur des cadences insatisfaisantes en termes de trafic, nuisibles \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie et provoquant une allocation inefficace des ressources travail, capital et environnement.\u00a0Dans le cas de l&#8217;a\u00e9roport de Zurich, une \u00e9tude cantonale Cf. AfV 2005. a \u00e9valu\u00e9 divers sc\u00e9narios de d\u00e9veloppement sous l&#8217;angle \u00e9conomique. Elle a montr\u00e9 que plafonner les vols au niveau actuel entra\u00eenerait des pertes tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es par rapport au b\u00e9n\u00e9fice escompt\u00e9. La comparaison des co\u00fbts et b\u00e9n\u00e9fices des diff\u00e9rents sc\u00e9narios peut servir \u00e0 \u00e9valuer la meilleure strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement, \u00e9conomiquement parlant. Il faut, cependant, tenir aussi compte des effets de redistribution en termes de b\u00e9n\u00e9fices comme de co\u00fbts. Seule une analyse exhaustive, incluant les aspects \u00e9conomiques, \u00e9cologiques et sociaux, permettra de rendre justice \u00e0 la complexit\u00e9 des rapports dans le trafic a\u00e9rien.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abEffet direct: valeur ajout\u00e9e par cat\u00e9gorie d&#8217;installation a\u00e9roportuaire en&nbsp;%, 2004\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abValeur ajout\u00e9e relative de l&#8217;aviation civile par canton (effet direct), 2004\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Sources Aerosuisse, Office f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;aviation civile (Ofac), Swiss International Airports Association (SIAA), Volkswirtschaftliche Bedeutung der Luftfahrt in der Schweiz, r\u00e9dig\u00e9 par Infras (Martin Peter, Daniel Sutter, Tobias Vogel et Markus Maibach), Zurich, 2006.Amt f\u00fcr Verkehr Kanton Z\u00fcrich (AfV), Volkswirtschaftliche Bedeutung des Flughafens Z\u00fcrich &#8211; Auswirkungen verschiedener Entwicklungsszenarien, r\u00e9dig\u00e9 par Infras (Martin Peter, Daniel Sutter et Markus Maibach), Zurich, 2005.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;impact de l&#8217;aviation civile sur l&#8217;\u00e9conomie suisse est \u00e0 la fois divers et important. 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