{"id":154478,"date":"2007-05-01T12:00:00","date_gmt":"2007-05-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/05\/brachinger-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:18:11","modified_gmt":"2023-08-23T23:18:11","slug":"brachinger-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/05\/brachinger-2\/","title":{"rendered":"Un recensement 2010 bas\u00e9 sur les registres: le projet du Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e9tait attendu depuis longtemps"},"content":{"rendered":"<p>Le Conseil des \u00c9tats a approuv\u00e9 le 22 mars 2007 la loi sur le recensement f\u00e9d\u00e9ral de la population. Il s&#8217;est ainsi rang\u00e9 \u00e0 l&#8217;avis du Conseil f\u00e9d\u00e9ral, contre celui des cantons. Le recensement f\u00e9d\u00e9ral de la population (RFP) de 2010 devrait mettre en place de nombreux changements esp\u00e9r\u00e9s depuis longtemps. Il se basera sur les registres des administrations et non plus sur un questionnaire distribu\u00e9 \u00e0 l&#8217;ensemble des m\u00e9nages. Il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;une d\u00e9cision \u00e0 la fois courageuse et sens\u00e9e du point de vue technique. Le Conseil national se prononcera en juin sur la question.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200705_19_Brachinger_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"230\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa variante du Conseil f\u00e9d\u00e9ral actuellement d\u00e9battue est une solution de compromis. \u00c0 l&#8217;origine, l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS) pr\u00e9voyait d&#8217;effectuer le recensement uniquement \u00e0 partir des registres. Au fil des discussions, parfois houleuses, avec la Conf\u00e9rence suisse des offices r\u00e9gionaux de statistique (Corstat), il a propos\u00e9 de compl\u00e9ter le recensement tel que d&#8217;abord pr\u00e9vu par une enqu\u00eate aupr\u00e8s d&#8217;un grand \u00e9chantillon de la population, pour collecter les donn\u00e9es qui ne figurent pas dans ces registres. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral acc\u00e8de ainsi \u00e0 la demande des services cantonaux de statistique, qui souhaitaient que l&#8217;on ne fasse pas l&#8217;impasse sur ces informations qui avaient toujours \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es auparavant.&#13;<\/p>\n<h2>Une id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue des \u00abvrais\u00bb chiffres<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOn peut ais\u00e9ment comprendre que la variante du Conseil f\u00e9d\u00e9ral soit contest\u00e9e. Elle bat en br\u00e8che une conception du travail statistique vieille de plus d&#8217;un si\u00e8cle: \u00e0 toute grandeur correspond toujours une vraie valeur, qui peut \u00eatre obtenue \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un relev\u00e9 exhaustif. Il suffirait donc de compter suffisamment longtemps et avec suffisamment de pr\u00e9cision! Le co\u00fbt de l&#8217;op\u00e9ration \u00e9tant d\u00e9termin\u00e9 par le prix de revient du questionnaire, il augmente lin\u00e9airement avec le nombre des questionnaires.\u00a0Quelques exemples simples mettent en \u00e9vidence la na\u00efvet\u00e9 de cette conception. Prenons ainsi la population r\u00e9sidante de Zurich \u00e0 la fin de l&#8217;ann\u00e9e 2010, date de r\u00e9f\u00e9rence du prochain RFP. Outre le fait qu&#8217;il faut commencer par pr\u00e9ciser qui devra \u00eatre recens\u00e9, il est impossible, par l&#8217;exp\u00e9rience, de cerner directement cette valeur, qui peut para\u00eetre \u00e9l\u00e9mentaire \u00e0 premi\u00e8re vue. Personne n&#8217;est tout simplement en mesure de compter les habitants de Zurich et, par cons\u00e9quent, de v\u00e9rifier les chiffres de la statistique publique. Le d\u00e9nombrement des derniers dix mille habitants, dont font partie tous ceux qui ne veulent pas \u00eatre recens\u00e9s, occasionne par ailleurs bien plus de travail que celui des dix premiers. Or, \u00e0 peine les derniers habitants sont-ils enfin d\u00e9nombr\u00e9s que les premiers r\u00e9sultats du recensement ne sont d\u00e9j\u00e0 plus actuels.&#13;<\/p>\n<h2>Des recensements non exempts d&#8217;erreurs<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes conditions pratiques dans lesquelles s&#8217;effectue un recensement traditionnel montrent qu&#8217;il faut cesser de croire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une statistique \u00abpr\u00e9cise\u00bb. En g\u00e9n\u00e9ral, les r\u00e9sultats d&#8217;un tel d\u00e9nombrement sont tout sauf parfaits. On sait depuis longtemps que les donn\u00e9es sont d&#8217;autant plus impr\u00e9cises que le nombre d&#8217;individus \u00e0 recenser est grand. Lors du RFP 1990, un questionnaire sur cinq a d\u00fb \u00eatre \u00abcompl\u00e9t\u00e9\u00bb ou \u00abcorrig\u00e9\u00bb. En 2000, les donn\u00e9es brutes \u00e9taient encore plus lacunaires que celle de la pr\u00e9c\u00e9dente d\u00e9cennie. Quelque 30% des personnes de plus de 15 ans n&#8217;ont pas r\u00e9pondu \u00e0 la question sur le travail familial et domestique, introduite cette ann\u00e9e-l\u00e0. En Suisse romande et en Suisse italienne, la part de non-r\u00e9ponse \u00e0 cette question a m\u00eame fr\u00f4l\u00e9 les 40% chez les personnes de nationalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re. La proportion de la population qui a rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s \u00e0 comprendre le questionnaire et \u00e0 le remplir a augment\u00e9 par rapport \u00e0 1990. Il est impossible de quantifier l&#8217;ampleur de l&#8217;erreur statistique que cela entra\u00eene. \u00a0Quant \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que les co\u00fbts d&#8217;un recensement augmentent de mani\u00e8re lin\u00e9aire, elle ne tient pas non plus. Lors des relev\u00e9s pr\u00e9c\u00e9dents, le personnel des administrations communales, aid\u00e9 d&#8217;auxiliaires engag\u00e9s pour l&#8217;occasion, a d\u00fb fournir un travail important pour compl\u00e9ter les questionnaires lacunaires. Les co\u00fbts occasionn\u00e9s n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 clairement \u00e9tablis, sans parler de la qualit\u00e9 des ajouts. Il n&#8217;y a, d\u00e8s lors, rien d&#8217;\u00e9tonnant que l&#8217;opposition des associations de communes \u00e0 un recensement traditionnel soit grande. Lors du RFP 2000, celles-ci ont tout simplement cess\u00e9 de demander les informations manquantes une fois un certain plafond de co\u00fbts atteint.&#13;<\/p>\n<h2>Il n&#8217;y a pas de donn\u00e9es parfaites<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes milieux de la statistique publique ont tendance \u00e0 ne parler qu&#8217;\u00e0 mots couverts de ces imperfections. La qualit\u00e9 parfois contestable des donn\u00e9es publiques est devenue chose taboue au XIXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXe. Avec le d\u00e9veloppement des services statistiques, l&#8217;id\u00e9e s&#8217;est r\u00e9pandue que les donn\u00e9es relev\u00e9es par une autorit\u00e9 n&#8217;avaient pas \u00e0 \u00eatre remises en question, et surtout pas par ladite autorit\u00e9. Un service de statistique ne d\u00e9nombrait, en outre, que ce qui existait; autrement dit, les r\u00e9sultats d&#8217;un recensement ne pouvaient \u00eatre, par d\u00e9finition, que le reflet exact de la r\u00e9alit\u00e9. On pensait ne pouvoir corriger la mauvaise image de la statistique qu&#8217;en insistant sur l&#8217;exactitude des statistiques publiques.\u00a0Cette fa\u00e7on de voir explique aussi les r\u00e9serves que certains services statistiques \u00e9mettent \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des estimations faites \u00e0 partir d&#8217;\u00e9chantillons ou des analyses fond\u00e9es sur des mod\u00e9lisations. Il est, pourtant, \u00e9vident que les donn\u00e9es sont d&#8217;autant plus pr\u00e9cises que le nombre d&#8217;unit\u00e9s \u00e0 recenser est faible. Elles sont aussi disponibles plus rapidement. Bien \u00e9videmment, les r\u00e9sultats d&#8217;enqu\u00eates men\u00e9es aupr\u00e8s d&#8217;\u00e9chantillons de la population ne sont pas parfaits: il existe une erreur d&#8217;\u00e9chantillonnage due \u00e0 la s\u00e9lection au hasard des personnes interrog\u00e9es. Cette erreur peut, toutefois, se calculer, \u00e0 la diff\u00e9rence de celle \u00e9voqu\u00e9e plus haut et qui n&#8217;est pas due \u00e0 l&#8217;\u00e9chantillonnage. Enfin, les co\u00fbts des enqu\u00eates par \u00e9chantillonnage progressent effectivement de mani\u00e8re lin\u00e9aire. \u00a0Une chose est s\u00fbre: il n&#8217;y a pas de donn\u00e9es statistiques parfaites! Toute enqu\u00eate est plus ou moins entach\u00e9e d&#8217;erreurs. La qualit\u00e9 des r\u00e9sultats d\u00e9pend de l&#8217;erreur totale, qui se compose elle-m\u00eame des erreurs dues ou non \u00e0 l&#8217;\u00e9chantillonnage (voir graphique 1). La premi\u00e8re se compose principalement de l&#8217;erreur al\u00e9atoire qui r\u00e9sulte de la s\u00e9lection au hasard des personnes interrog\u00e9es. L&#8217;erreur non due \u00e0 l&#8217;\u00e9chantillonnage comprend toutes celles qui proviennent de r\u00e9ponses inexactes et d&#8217;une saisie ou d&#8217;un traitement erron\u00e9. Les deux types d&#8217;erreurs \u00e9voluent en sens contraire: les premi\u00e8res augmentent avec la taille de l&#8217;\u00e9chantillon, tandis que les secondes diminuent. M\u00eame si l&#8217;on ne saura jamais quelle est la taille optimale d&#8217;un \u00e9chantillon n, une chose est claire: si l&#8217;on consid\u00e8re l&#8217;erreur totale, la dimension id\u00e9ale d&#8217;une enqu\u00eate par \u00e9chantillonnage se situe bien en dessous de celle d&#8217;un relev\u00e9 exhaustif.&#13;<\/p>\n<h2>Une erreur d&#8217;\u00e9chantillonnage r\u00e9duite<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi l&#8217;on doit choisir entre une enqu\u00eate par \u00e9chantillonnage, comme le Conseil f\u00e9d\u00e9ral le pr\u00e9voit pour le relev\u00e9 des variables ne figurant pas dans les registres, et une enqu\u00eate exhaustive, comme le demandent les cantons, il faut s&#8217;interroger sur l&#8217;ampleur de l&#8217;erreur d&#8217;\u00e9chantillonnage de la premi\u00e8re, sachant qu&#8217;une enqu\u00eate exhaustive implique de toute mani\u00e8re des inexactitudes de grande ampleur \u00e9trang\u00e8res \u00e0 l&#8217;\u00e9chantillon choisi. Les simulations faites par l&#8217;OFS sur la base du dernier recensement montrent qu&#8217;il est possible de proc\u00e9der \u00e0 des estimations d&#8217;une grande pr\u00e9cision \u00e0 partir de 200000 observations. Les enqu\u00eates structurelles qu&#8217;il est pr\u00e9vu de r\u00e9aliser chaque ann\u00e9e aupr\u00e8s d&#8217;un tel \u00e9chantillon fourniront des r\u00e9sultats repr\u00e9sentatifs pour toutes les communes d&#8217;une certaine taille et m\u00eame pour les quartiers des grandes villes.\u00a0Un \u00e9chantillon de cette taille peut d\u00e9j\u00e0 permettre de s&#8217;exprimer avec suffisamment d&#8217;exactitude sur des \u00e9l\u00e9ments comme la langue, l&#8217;appartenance religieuse ou le statut sur le march\u00e9 du travail des groupes de 15000 personnes, soit environ 0,2% de la population suisse. La mise en \u00abpool\u00bb des donn\u00e9es collect\u00e9es pendant plusieurs ann\u00e9es d&#8217;affil\u00e9e accro\u00eetra encore la pr\u00e9cision. Le groupage des donn\u00e9es sur trois ans permet de ramener la taille des groupes \u00e0 5000 individus; \u00e0 3000 apr\u00e8s cinq ans.\u00a0Une autre mani\u00e8re de mesurer le degr\u00e9 de pr\u00e9cision consiste \u00e0 se concentrer sur l&#8217;estimation et la d\u00e9couverte de petits groupes. Les \u00e9tudes de l&#8217;OFS ont montr\u00e9 que, pour un \u00e9chantillon net de 200000 personnes, la taille minimale d&#8217;un groupe pouvant \u00eatre mis en \u00e9vidence sans trop d&#8217;erreur est de 140 personnes. Au bout de cinq ans, on disposera de donn\u00e9es qui, mises en \u00abpool\u00bb, permettront m\u00eame d&#8217;estimer des groupes de 30 personnes. On peut d\u00e8s lors tabler sur le fait que l&#8217;erreur totale d\u00e9coulant de la proposition du Conseil f\u00e9d\u00e9ral sera beaucoup plus faible que celle r\u00e9sultant de la variante des cantons.\u00a0Un autre \u00e9l\u00e9ment, mis en avant par la Commission \u00e9conomique pour l&#8217;Europe des Nations Unies dans ses recommandations pour les recensements de 2010, plaide en faveur d&#8217;enqu\u00eates par \u00e9chantillonnage: c&#8217;est l&#8217;actualit\u00e9 des donn\u00e9es, qui contribue largement \u00e0 leur caract\u00e8re informatif. L&#8217;intervalle qui s\u00e9pare la collecte des donn\u00e9es de leur publication devrait \u00eatre aussi court que possible. Pour rappel, le rapport final du recensement de 2000 a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 cinq ans plus tard. Les r\u00e9sultats des enqu\u00eates structurelles pr\u00e9vues par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral devraient en revanche \u00eatre disponibles un an apr\u00e8s la collecte des donn\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;utilit\u00e9 informationnelle<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuelle est \u00e0 pr\u00e9sent l&#8217;utilit\u00e9 informationnelle de l&#8217;une et l&#8217;autre variante? Dans le cas d&#8217;enqu\u00eates statistiques, elle d\u00e9pend bien \u00e9videmment du nombre d&#8217;unit\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es. Si la taille de l&#8217;\u00e9chantillon est tr\u00e8s petite, cette utilit\u00e9 est faible. Exempte d&#8217;erreur, elle augmenterait lin\u00e9airement avec la taille de l&#8217;\u00e9chantillon. Toutefois, l&#8217;utilit\u00e9 d&#8217;un \u00e9chantillon doit \u00eatre diminu\u00e9e de l&#8217;erreur totale qui lui est inh\u00e9rente. Comme celle-ci commence par diminuer fortement, l&#8217;utilit\u00e9 de petits \u00e9chantillons s&#8217;accro\u00eet \u00e0 mesure que les rendements marginaux augmentent. Puis, une fois que l&#8217;\u00e9chantillon a atteint une taille qui implique l&#8217;erreur totale la plus faible, cette derni\u00e8re cro\u00eet \u00e0 nouveau. En d&#8217;autres termes, l&#8217;utilit\u00e9 informationnelle d&#8217;une enqu\u00eate continue, certes, de progresser, mais les rendements marginaux diminuent (voir graphique 2). Les enqu\u00eates statistiques ob\u00e9issent aussi \u00e0 la loi du rendement marginal, que l&#8217;on conna\u00eet de la th\u00e9orie de l&#8217;entreprise.\u00a0Dans le cas du recensement de la population, c&#8217;est surtout le rapport co\u00fbt-utilit\u00e9 qui int\u00e9resse les milieux politiques. La d\u00e9monstration a \u00e9t\u00e9 faite plus haut que les co\u00fbts d&#8217;une enqu\u00eate commencent par augmenter de mani\u00e8re lin\u00e9aire avant de suivre une courbe exponentielle. Si l&#8217;utilit\u00e9 informationnelle s&#8217;accro\u00eet d&#8217;abord progressivement avant que sa croissance ne ralentisse apr\u00e8s avoir atteint un certain seuil, il en r\u00e9sulte que le co\u00fbt de chaque unit\u00e9 d&#8217;enqu\u00eate suppl\u00e9mentaire commence par diminuer, puis augmente, et ce de plus en plus rapidement. En d&#8217;autres termes, l&#8217;utilit\u00e9 suppl\u00e9mentaire produite par chaque franc investi dans une enqu\u00eate commence par s&#8217;accro\u00eetre avant de d\u00e9cro\u00eetre de plus en plus vite. Ce raisonnement ne nous dit toujours pas o\u00f9 se situe la taille optimale de l&#8217;\u00e9chantillon, mais une chose est s\u00fbre: si l&#8217;on tient aussi compte du rapport co\u00fbt-utilit\u00e9, on constate que la solution du Conseil f\u00e9d\u00e9ral est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 celle des cantons.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;harmonisation des registres<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;OFS et la Corstat s&#8217;accordent \u00e0 dire qu&#8217;il faudra utiliser les registres existants lors du recensement de 2010. Il est d\u00e8s lors dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de tous que l&#8217;harmonisation des registres cantonaux et communaux des habitants se fasse le plus rapidement possible. La loi sur l&#8217;harmonisation des registres (LHR), entr\u00e9e en vigueur le 1er novembre 2006, en fournit la base l\u00e9gale. Les cantons devront tr\u00e8s rapidement arr\u00eater des dispositions d&#8217;ex\u00e9cution pour assurer pleinement la s\u00e9curit\u00e9 du droit. Cette harmonisation des registres consiste pour l&#8217;essentiel \u00e0 faire figurer au minimum les donn\u00e9es correspondant aux identificateurs et aux caract\u00e8res \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&#8217;art. 6 LHR, dans tous les registres des habitants.\u00a0Entre la date d&#8217;entr\u00e9e en vigueur de la LHR et celle du recensement de la population \u00e0 partir des registres, \u00e0 la fin de 2010, il reste quatre ans. L&#8217;inscription du nouveau num\u00e9ro d&#8217;assurance sociale (NAS), de l&#8217;identificateur de b\u00e2timent (Egid) et de l&#8217;identificateur de logement (Ewid) pose le plus de probl\u00e8mes. Il sera possible d&#8217;inscrire le NAS dans les registres de personnes \u00e0 partir du 1er janvier 2008, lorsque les dispositions correspondantes de la LHR seront entr\u00e9es en vigueur. Alors qu&#8217;il reste \u00e0 r\u00e9gler certains d\u00e9tails techniques pour reprendre le NAS dans les registres des habitants, on peut s&#8217;attendre \u00e0 ce que ce soit chose faite d&#8217;ici \u00e0 2010.\u00a0En 2006, l&#8217;OFS a effectu\u00e9 un sondage aupr\u00e8s des communes pour \u00e9valuer l&#8217;avancement de l&#8217;harmonisation. Il en est ressorti qu&#8217;un assez grand nombre de registres des habitants contenait d\u00e9j\u00e0 l&#8217;Egid. Il est donc possible de l&#8217;int\u00e9grer d&#8217;ici 2010. Ce sondage a, toutefois, montr\u00e9 que les travaux ne sont pas aussi avanc\u00e9s en ce qui concerne l&#8217;Ewid. Compte tenu de la r\u00e9alit\u00e9 communale, il ne faut gu\u00e8re s&#8217;attendre \u00e0 voir cet identificateur figurer dans tous les registres d&#8217;ici \u00e0 2010.&#13;<\/p>\n<h2>Un identificateur de logement qui pose probl\u00e8me<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQu&#8217;est-ce que cela implique? L&#8217;Ewid sert \u00e0 reconstituer les m\u00e9nages: toutes les personnes dot\u00e9es du m\u00eame Ewid en forme un. Si l&#8217;on ne dispose pas de tous les Ewid, il est difficile de mener \u00e0 bien une telle reconstitution. Le rapport final de l&#8217;OFS nous apprend que celle-ci ne s&#8217;est pas faite de mani\u00e8re satisfaisante lors du RFP 2000 et que les objectifs qualitatifs n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 atteints. Il pr\u00e9cise encore que, pour les prochains recensements, il faudra recourir \u00e0 des identificateurs de b\u00e2timent et de logement qui devront figurer dans les registres des habitants et \u00eatre tenus \u00e0 jour. De toute \u00e9vidence, les progr\u00e8s restent insuffisants sur ce plan si l&#8217;on pense \u00e0 l&#8217;\u00e9ch\u00e9ance 2010. On peut, toutefois, faire remarquer qu&#8217;il est aussi possible de reconstituer les m\u00e9nages en proc\u00e9dant \u00e0 des contr\u00f4les de plausibilit\u00e9.\u00a0C&#8217;est donc en toute connaissance de cause que le l\u00e9gislateur a pr\u00e9vu, \u00e0 l&#8217;article 19, alin\u00e9a 2, de la LHR, la possibilit\u00e9 pour le Conseil f\u00e9d\u00e9ral de prolonger le d\u00e9lai d&#8217;introduction de l&#8217;Ewid au-del\u00e0 du recensement de 2010. Cependant, les acteurs impliqu\u00e9s, notamment les villes, sont bien d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 mener \u00e0 bien cette harmonisation. Divers statisticiens des services cantonaux ou communaux ont d\u00e9j\u00e0 fait savoir que, pour eux, 2010 \u00e9tait une \u00e9ch\u00e9ance r\u00e9aliste. Ce ne sera, toutefois, pas une catastrophe si les m\u00e9nages ne sont pas reconstitu\u00e9s \u00e0 cent pour cent en 2010; c&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas en 2000.&#13;<\/p>\n<h2>Un prix trop \u00e9lev\u00e9 \u00e0 payer<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUn projet de recensement de la population doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 de mani\u00e8re pragmatique, en tenant compte de ses diff\u00e9rents aspects qui incluent: d\u00e9ranger le moins possible les personnes interrog\u00e9es, fournir des donn\u00e9es aussi actuelles et informatives que possibles, \u00e0 un niveau g\u00e9ographique suffisamment d\u00e9taill\u00e9, tout en garantissant l&#8217;erreur totale la plus faible possible, le rapport co\u00fbt-utilit\u00e9 le plus avantageux et la meilleure faisabilit\u00e9 technique r\u00e9alisable. Pour ce qui du degr\u00e9 de d\u00e9tail g\u00e9ographique, la variante des cantons est indubitablement sup\u00e9rieure, puisqu&#8217;elle implique une enqu\u00eate exhaustive. Celle du Conseil f\u00e9d\u00e9ral l&#8217;emporte au regard de tous les autres crit\u00e8res.\u00a0On ne privil\u00e9giera la variante des cantons que si l&#8217;on accorde une importance extr\u00eame au degr\u00e9 de d\u00e9tail g\u00e9ographique. Mais il faudra alors compter avec un rapport co\u00fbt-utilit\u00e9 nettement plus d\u00e9favorable, une erreur totale impossible \u00e0 chiffrer pr\u00e9cis\u00e9ment et un travail bien plus important pour la population de notre pays. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral juge, non sans raison, que dans ce cas le prix \u00e0 payer serait trop \u00e9lev\u00e9.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abNombre optimal d&#8217;\u00e9chantillons repr\u00e9sentatifs dans les relev\u00e9s statistiques au regard de l&#8217;erreur totale\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00ab\u00c9volution de l&#8217;utilit\u00e9 informationnelle et des co\u00fbts de relev\u00e9 suivant la taille de l&#8217;\u00e9chantillon\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Conseil des \u00c9tats a approuv\u00e9 le 22 mars 2007 la loi sur le recensement f\u00e9d\u00e9ral de la population. Il s&#8217;est ainsi rang\u00e9 \u00e0 l&#8217;avis du Conseil f\u00e9d\u00e9ral, contre celui des cantons. Le recensement f\u00e9d\u00e9ral de la population (RFP) de 2010 devrait mettre en place de nombreux changements esp\u00e9r\u00e9s depuis longtemps. 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